Plébéien : définition de plébéien, plébéienne


Plébéien, plébéienne : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PLÉBÉIEN, -IENNE, adj. et subst.

I. − Substantif
A. − HIST. ROMAINE. Personne qui appartenait à la plèbe (p.oppos. à patricien). Dans la Rome primitive, le plébéien pouvait librement entreprendre toutes les fonctions qui n'étaient pas exclusivement réservées aux patriciens (Durkheim, Divis. trav.,1893, p.319).V. plébiscite ex. 1 et infra ex. 4:
1. ... à Rome nul ne peut exercer le droit de propriété s'il n'est citoyen; or le plébéien, dans le premier âge de Rome, n'est pas citoyen. Le jurisconsulte dit qu'on ne peut être propriétaire que par le droit des Quirites; or le plébéien n'est pas compté d'abord parmi les Quirites. À l'origine de Rome l'ager romanus a été partagé entre les tribus, les curies et les gentes; or le plébéien, qui n'appartient à aucun de ces groupes, n'est certainement pas entré dans le partage. Ces plébéiens, qui n'ont pas la religion, n'ont pas ce qui fait que l'homme peut mettre son empreinte sur une part de terre et la faire sienne. Fustel de Coul., Cité antique,1864, p.301.
B. − P. ext., littér. Personne qui appartient à la foule anonyme, à la masse populaire. John Bull est la personnification du plébéien anglais (Mérimée, Ét. litt. russe,t.2, 1870, p.245).V. plébéianisme dér. infra ex. de Barrès:
2. Ils avaient à peu près le même âge. Tous deux étaient des fils d'artisans, des plébéiens, mais l'espérance était aussi naturelle à l'un qu'à l'autre l'impatience. Le père de Diderot était riche, le père de Jean-Jacques avait gaspillé son bien. Guéhenno, Jean-Jacques,1948, p.167.
C. − Littér., péj. Personne qui appartient au commun du peuple et porte la marque d'une certaine vulgarité:
3. En le regardant bien il aurait pu passer à la rigueur, l'abbé Protiste, pour une manière d'employé d'étalage, comme les autres, peut-être même pour un chef de rayon, mouillé, verdâtre et resséché cent fois. Il était véritablement plébéien par l'humilité de ces insinuations. Par l'haleine aussi. Céline, Voyage,1932, p.419.
II. − Adjectif
A. − HIST. ROMAINE. De la plèbe, des plébéiens. Famille plébéienne; mariage plébéien. Proposer de créer des consuls plébéiens, c'était vouloir supprimer la religion de la cité (Fustel de Coul., Cité antique,1864p.394):
4. ... la montagne plébéienne, (...) l'Aventin, lieu commun aux Romains et aux Latins, où les plébéiens, c'est-à-dire les Latins récemment admis dans la cité, cherchèrent plus tard un refuge contre la tyrannie des patriciens... Michelet, Hist. romaine,t.1, 1831, p.73.
B. − Vieilli. Du peuple. Nom plébéien; origine, vertu plébéienne. Le sentiment qui domine dans tous les ouvrages de Rousseau est une certaine colère plébéienne qui s'irrite contre toute espèce de supériorité (J. de Maistre, Souveraineté,1821, p.457):
5. ... Mmede Chevreuse avait cru pouvoir dominer dans une cour sortie des camps. Cette cour cherchait, il est vrai, à s'instruire des airs de jadis, dans l'espoir de couvrir sa récente origine: mais l'allure plébéienne était encore trop rude pour recevoir des leçons de l'impertinence aristocratique. Chateaubr., Mém.,t.3, 1848, p.353.
C. − Parfois péj. Vulgaire, commun; qui manque d'élévation. Âme plébéienne; goûts plébéiens. En parlant aux sous-officiers, je reprenais toujours un accent plébéien (Abellio, Pacifiques,1946, p.17).
Prononc. et Orth.: [plebejε ̃], fém. [-jεn]. Ac. 1718: plebeien; 1740: plébéien; 1762: -béïen; dep. 1798: -béien. Étymol. et Hist. Ca 1355 adj. (Bers., Tit.-Liv., B. N. 20312ter, fo3 ds Gdf. Compl.); fin xives. subst. plebeyen (Songe du vergier, éd. M. Schnerb-Lièvre, I, 150, 14, t.1, p.299). Dér. de plèbe*; suff. -ien*, v. patricien, d'apr. le lat. plebeius «de la plèbe, non patricien» et «du commun, du peuple» également att. comme subst. en ces sens, dér. de plebs, -bis «plèbe». Cf. en m. fr. les adj. plebeique 1492 (N. Gilles, Ann., fo22 rods Gdf.) −xvies. ds Hug., et plebee adj. gén. fém. 1536 (ds Isambert, Rec. gén. des anc. lois fr., t.12, p.531: gens plébées) −1788, Fér. Crit. Fréq. abs. littér.: 492. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1101, b) 1381; xxes.: a) 353, b) 199.
DÉR.
Plébéianisme, subst. masc.,rare et littér. État de plébéien (supra I B), d'homme du peuple; caractère qui lui est propre. Plus tard, devenu prêtre à son tour, prêtre à demi voilé du plébéianisme grandissant (...) le voilà [M. Ballanche] qui marche et continuera, à travers tout, de marcher vers l'avenir (Sainte-Beuve, Portr. contemp.,t.2, 1834, p.11).Le plébéianisme. Ce que je vois en Lorraine, ce que j'entends, c'est le paysan, la parole du paysan. En sorte que certains caractères qui me choquent sont ceux de toute race où ne survivent que les fils de plébéiens (ou d'immigrés), parce que les nobles sont partis, les fiers, les intrépides, morts, et que d'eux rien ne reste (Barrès, Cahiers,p.2, 1901, p.236). [plebejanism̭]. 1reattest. 1795 (Babeuf, Tribun du peuple, no35, p.106); dér. sav. de plébéien, suff. -isme*. Cf. l'angl. plebeianism de même sens dep. 1775 ds NED.
BBG.Dub. Pol. 1962, pp.376-377, p.376 (s.v. plébéianisme). _Vardar Soc. pol. 1973 [1970], p.286.

Plébéien, plébéienne : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PLÉBÉIEN, -IENNE, adj. et subst.

I. − Substantif
A. − HIST. ROMAINE. Personne qui appartenait à la plèbe (p.oppos. à patricien). Dans la Rome primitive, le plébéien pouvait librement entreprendre toutes les fonctions qui n'étaient pas exclusivement réservées aux patriciens (Durkheim, Divis. trav.,1893, p.319).V. plébiscite ex. 1 et infra ex. 4:
1. ... à Rome nul ne peut exercer le droit de propriété s'il n'est citoyen; or le plébéien, dans le premier âge de Rome, n'est pas citoyen. Le jurisconsulte dit qu'on ne peut être propriétaire que par le droit des Quirites; or le plébéien n'est pas compté d'abord parmi les Quirites. À l'origine de Rome l'ager romanus a été partagé entre les tribus, les curies et les gentes; or le plébéien, qui n'appartient à aucun de ces groupes, n'est certainement pas entré dans le partage. Ces plébéiens, qui n'ont pas la religion, n'ont pas ce qui fait que l'homme peut mettre son empreinte sur une part de terre et la faire sienne. Fustel de Coul., Cité antique,1864, p.301.
B. − P. ext., littér. Personne qui appartient à la foule anonyme, à la masse populaire. John Bull est la personnification du plébéien anglais (Mérimée, Ét. litt. russe,t.2, 1870, p.245).V. plébéianisme dér. infra ex. de Barrès:
2. Ils avaient à peu près le même âge. Tous deux étaient des fils d'artisans, des plébéiens, mais l'espérance était aussi naturelle à l'un qu'à l'autre l'impatience. Le père de Diderot était riche, le père de Jean-Jacques avait gaspillé son bien. Guéhenno, Jean-Jacques,1948, p.167.
C. − Littér., péj. Personne qui appartient au commun du peuple et porte la marque d'une certaine vulgarité:
3. En le regardant bien il aurait pu passer à la rigueur, l'abbé Protiste, pour une manière d'employé d'étalage, comme les autres, peut-être même pour un chef de rayon, mouillé, verdâtre et resséché cent fois. Il était véritablement plébéien par l'humilité de ces insinuations. Par l'haleine aussi. Céline, Voyage,1932, p.419.
II. − Adjectif
A. − HIST. ROMAINE. De la plèbe, des plébéiens. Famille plébéienne; mariage plébéien. Proposer de créer des consuls plébéiens, c'était vouloir supprimer la religion de la cité (Fustel de Coul., Cité antique,1864p.394):
4. ... la montagne plébéienne, (...) l'Aventin, lieu commun aux Romains et aux Latins, où les plébéiens, c'est-à-dire les Latins récemment admis dans la cité, cherchèrent plus tard un refuge contre la tyrannie des patriciens... Michelet, Hist. romaine,t.1, 1831, p.73.
B. − Vieilli. Du peuple. Nom plébéien; origine, vertu plébéienne. Le sentiment qui domine dans tous les ouvrages de Rousseau est une certaine colère plébéienne qui s'irrite contre toute espèce de supériorité (J. de Maistre, Souveraineté,1821, p.457):
5. ... Mmede Chevreuse avait cru pouvoir dominer dans une cour sortie des camps. Cette cour cherchait, il est vrai, à s'instruire des airs de jadis, dans l'espoir de couvrir sa récente origine: mais l'allure plébéienne était encore trop rude pour recevoir des leçons de l'impertinence aristocratique. Chateaubr., Mém.,t.3, 1848, p.353.
C. − Parfois péj. Vulgaire, commun; qui manque d'élévation. Âme plébéienne; goûts plébéiens. En parlant aux sous-officiers, je reprenais toujours un accent plébéien (Abellio, Pacifiques,1946, p.17).
Prononc. et Orth.: [plebejε ̃], fém. [-jεn]. Ac. 1718: plebeien; 1740: plébéien; 1762: -béïen; dep. 1798: -béien. Étymol. et Hist. Ca 1355 adj. (Bers., Tit.-Liv., B. N. 20312ter, fo3 ds Gdf. Compl.); fin xives. subst. plebeyen (Songe du vergier, éd. M. Schnerb-Lièvre, I, 150, 14, t.1, p.299). Dér. de plèbe*; suff. -ien*, v. patricien, d'apr. le lat. plebeius «de la plèbe, non patricien» et «du commun, du peuple» également att. comme subst. en ces sens, dér. de plebs, -bis «plèbe». Cf. en m. fr. les adj. plebeique 1492 (N. Gilles, Ann., fo22 rods Gdf.) −xvies. ds Hug., et plebee adj. gén. fém. 1536 (ds Isambert, Rec. gén. des anc. lois fr., t.12, p.531: gens plébées) −1788, Fér. Crit. Fréq. abs. littér.: 492. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1101, b) 1381; xxes.: a) 353, b) 199.
DÉR.
Plébéianisme, subst. masc.,rare et littér. État de plébéien (supra I B), d'homme du peuple; caractère qui lui est propre. Plus tard, devenu prêtre à son tour, prêtre à demi voilé du plébéianisme grandissant (...) le voilà [M. Ballanche] qui marche et continuera, à travers tout, de marcher vers l'avenir (Sainte-Beuve, Portr. contemp.,t.2, 1834, p.11).Le plébéianisme. Ce que je vois en Lorraine, ce que j'entends, c'est le paysan, la parole du paysan. En sorte que certains caractères qui me choquent sont ceux de toute race où ne survivent que les fils de plébéiens (ou d'immigrés), parce que les nobles sont partis, les fiers, les intrépides, morts, et que d'eux rien ne reste (Barrès, Cahiers,p.2, 1901, p.236). [plebejanism̭]. 1reattest. 1795 (Babeuf, Tribun du peuple, no35, p.106); dér. sav. de plébéien, suff. -isme*. Cf. l'angl. plebeianism de même sens dep. 1775 ds NED.
BBG.Dub. Pol. 1962, pp.376-377, p.376 (s.v. plébéianisme). _Vardar Soc. pol. 1973 [1970], p.286.

Plébéien, plébéienne : définition du Wiktionnaire

Nom commun

plébéien \ple.be.jɛ̃\ masculin (pour une femme on dit : plébéienne)

  1. (Antiquité romaine) Citoyen appartenant au populus, mais ne jouissant pas des droits réservés aux patriciens.
    • Le jurisconsulte dit qu’on ne peut être propriétaire que par le droit des Quirites ; or le plébéien n’est pas compté d’abord parmi les Quirites […] Ces plébéiens, qui n’ont pas la religion, n’ont pas ce qui fait que l’homme peut mettre son empreinte sur une part de terre et la faire sienne. — (Fustel de Coulanges, La Cité antique, 1864)
    • Et si les plébéiens se plaignent d’être par ces expédients illégalement écartés du consulat, où donc était le pouvoir en mesure de leur faire justice ? — (Gustave Bloch, La République romaine, Flammarion, 1913)
  2. (Par extension) (sens moderne) Homme du peuple. Citoyen qui n’appartient pas à la classe dirigeante.
    • Mais je vais certainement vous décevoir : je suis un plébéien et je ne fume que la pipe. — (Jean Ray, Harry Dickson, L'Affaire Bardouillet, 1935)
    • Cette réflexion, parce qu’elle me paraît naturelle et paraîtra telle à tous les plébéiens de l’armée, sera affligeante pour nos beaux Messieurs s’ils me lisent. — (Alain, Souvenirs de guerre, Hartmann, 1937, p. 120)
    • À travers la figure du plébéien, c’est donc une contre-histoire de la modernité qui s’écrit. Face aux promesses trahies de l’« idéal démocratique », le plébéien est celui qui s’acharne à en demander les comptes. — (Alain Brossat, Le Plébéien enragé, 2013)
    • [En parlant de L’Amant de Lady Chatterley] Dans ce grand moment d’abolition des castes, l’adultère entre Constance et Mellors —entre l’aristocrate et le plébéien— devient donc un véritable attentat à la norme —à la norme politique plus qu’à la norme morale pour l’aristocratie de l’époque ! — (Alain Brossat, Télérama du 5 février 2014)

Adjectif

plébéien \ple.be.jɛ̃\

  1. Relatif à la plèbe ; n’appartenant pas à l’aristocratie.
    • Magistrat plébéien ; une famille plébéienne illustre.
    • L’influent tribun de la plèbe devait obligatoirement être plébéien.
  2. Relatif au peuple.
    • [Julien Sorel, dans Le Rouge et le Noir] Mais cette découverte est vite contrariée par tout ce qui enchaîne le héros plébéien à son espèce et le renvoie à ses origines sociales : quoi qu’il fasse, il ne sera jamais qu’un petit gars issu d’un milieu rural et rustre… — (Alain Brossat, Télérama du 5 février 2014)
    • — Qu’adviendrons-nous demain ? se demandait à haute voix le vieux banquier dont le parler conservait les mauvaises tournures de ses origines plébéiennes. — (Camille Pascal, L'Été des quatre rois : Juillet-août 1830, Éditions Plon, 2018)

Nom commun

plébéienne \ple.be.jɛn\ féminin

  1. Femme des classes populaires (équivalent de plébéien, mais pour une femme).

Forme d’adjectif

plébéienne \ple.be.jɛn\

  1. Féminin singulier de plébéien.

Nom commun

plébéienne \ple.be.jɛn\ féminin

  1. Femme des classes populaires (équivalent de plébéien, mais pour une femme).

Forme d’adjectif

plébéienne \ple.be.jɛn\

  1. Féminin singulier de plébéien.

Nom commun

plébéienne \ple.be.jɛn\ féminin

  1. Femme des classes populaires (équivalent de plébéien, mais pour une femme).

Forme d’adjectif

plébéienne \ple.be.jɛn\

  1. Féminin singulier de plébéien.

Nom commun

plébéienne \ple.be.jɛn\ féminin

  1. Femme des classes populaires (équivalent de plébéien, mais pour une femme).

Forme d’adjectif

plébéienne \ple.be.jɛn\

  1. Féminin singulier de plébéien.

Nom commun

plébéienne \ple.be.jɛn\ féminin

  1. Femme des classes populaires (équivalent de plébéien, mais pour une femme).

Forme d’adjectif

plébéienne \ple.be.jɛn\

  1. Féminin singulier de plébéien.
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Plébéien, plébéienne : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PLÉBÉIEN, IENNE. n.
Il se dit de Ceux qui étaient de l'ordre du peuple chez les anciens Romains. Il n'y avait que les plébéiens qui pussent être tribuns du peuple. Clodius se fit adopter par un plébéien. Ce patricien avait épousé une plébéienne. Il se dit, par allusion, de Ceux qui, dans les États modernes, font partie des classes populaires. Le père de cet homme titré était un honnête plébéien. Il est quelquefois adjectif. Magistrat plébéien. Il était de famille plébéienne, de race plébéienne. Il a des goûts plébéiens.

Plébéien, plébéienne : définition du Littré (1872-1877)

PLÉBÉIEN (plé-bé-iin, iè-n') s. m.
  • 1Celui, celle qui était de l'ordre de la plèbe chez les anciens Romains. On sait qu'à Rome, quoique le peuple se fût donné le droit d'élever aux charges les plébéiens, il ne pouvait se résoudre à les élire, Montesquieu, Esp. II, 2. Par une maladie éternelle des hommes, les plébéiens, qui avaient obtenu des tribuns pour se défendre, s'en servirent pour attaquer, Montesquieu, Rom. 8.

    Adj. Magistrat plébéien.

    Jeux plébéiens, jeux que l'on célébrait à Rome en mémoire de la paix conclue entre le peuple et les sénateurs.

  • 2Dans les sociétés modernes, celui celle qui n'appartient pas à la noblesse.

    Adjectivement. Il ne faut pas que je laisse échapper ce cavalier de race plébéienne, lequel fend la presse en tranchant de l'homme de condition, Lesage, Diable boit. t. II, ch. 7, éd. 1737. Le beau-frère a l'âme plébéienne ; Par sa façon de vivre il a jugé la mienne, Al. Duval, Fille d'honneur, III, 5.

  • 3 S. m. pl. Terme de zoologie. Famille d'insectes, comprenant les plus petits papillons du jour.

HISTORIQUE

XIVe s. Et ses juges apeloit li plebe tribuns plebeiens, Bercheure, f° 3. Mettons une exemple : ung pleboyen ou ung villain devient homme riche et puissant, Le songe du vergier, I, 150. Les communs et plebeins des villes de Gimont et de Simorra en la seneschaucie de Thoulouse, Du Cange, plebeius.

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Plébéien, plébéienne : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

PLÉBÉIEN, adj. & subst. (Hist. rom.) on nommoit plébéiens tous ceux qui ne descendoient pas de premiers sénateurs dont Romulus forma le sénat, & de ceux qui y furent appellés par les rois qui succéderent à Romulus. Un plebéien pouvoit devenir sénateur par le choix des censeurs, lorsqu’il avoit la quantité de biens ordonnée par les lois pour être du corps du sénat ; mais il ne cessoit pas d’être plébéien, puisqu’il ne descendoit pas des anciens sénateurs. De même un patricien qui n’avoit pas assez de bien pour être sénateur pouvoit être mis par les censeurs dans l’ordre des chevaliers, & ne cessoit pas pour cela d’être patricien, puisqu’il sortoit de famille patricienne. Enfin un patricien qui n’étoit ni chevalier, ni sénateur, étoit nécessairement du peuple sans être plébéien ; de sorte qu’un citoyen pouvoit être en même tems patricien & du peuple, sénateur & plébéien. patricien & sénateur, ou tout ensemble patricien, sénateur & chevalier, ou plébéien, sénateur & chevalier, ou plébéien & du peuple, &c.

Originairement les seuls patriciens faisoient le corps de la noblesse romaine ; mais dans la suite les plébéiens qui furent admis aux grandes charges de la république devinrent nobles en même tems, & eurent le droit d’avoir les images & les portraits de leurs ancêtres. Enfin, ceux qui n’en avoient point ni de leurs ancetres, ni de leur chef, comme les nouveaux nobles qui étoient appellés novi, ceux, dis-je, qui n’avoient ni les unes, ni les autres, étoient ce que nous appellons aujourd’hui roturiers.

Comme depuis la seizieme année du bannissement de Tarquin on ne voyoit plus dans la république romaine que des disputes continuelles ; ces disputes, qui durerent plus de quarante ans, donnerent lieu à la demande que firent les plébéiens d’un corps de droit selon lequel ils pussent être gouvernés, & être à l’abri des vexations des patriciens.

Il paroît par ce que disent Tite-Live & Denis d’Halicarnasse que les plébéiens se plaignoient de deux choses ; savoir, de ce qu’on violoit leurs privileges dans toutes les occasions, & de ce que dans le gouvernement les patriciens suivoient plutôt leur volonté que les loix. Ces plaintes donnerent occasion à de grands troubles, & à la création des tribuns dont l’autorité s’éleva sur celle des patriciens, & les força d’accorder aux plébéiens les loix qu’ils demandoient. Je suis entré dans les principes de ces révolutions au mot Patricien. (D. J.)

Plébéiens jeux, (Antiq. rom.) c’étoient des jeux que le peuple romain célebroit en mémoire de la paix qu’il fit avec les sénateurs après qu’il fut rentré dans la ville d’où il étoit sorti, pour se retirer sur le mont Aventin. D’autres disent, que ce fut après sa premiere reconciliation au retour du mont Sacré, l’an 261 de la fondation de Rome, & 493 avant Jesus-Christ. Quelques-uns veulent que ces jeux aient été institués pour témoigner une réjouissance publique de ce que les rois avoient été chassés de Rome l’an 245, & 509 avant J. C. après la victoire remportée par le dictateur Posthumius au lac Regille sur les Latins, & de ce que le peuple avoit commencé alors de jouir de la liberté. On les faisoit dans le cirque pendant trois jours, & on les commençoit le 17 avant les calendes de Décembre, qui répond au 15 de Novembre. Leur nom latin étoit ludi plebeii. Adrien institua des jeux plébéiens du cirque l’an 874 de la fondation de Rome, c’est-à-dire, la 121 année de l’ere chrétienne. (D. J.)

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Étymologie de « plébéien »

Étymologie de plébéien - Littré

Lat. plebs, plèbe. Au XVIe siècle et au commencement du XVIIe, on a dit plébée : Ceux qui sont sortis d'une gent vile et plebée, Sully, Mém. t. III, p. 436.

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Étymologie de plébéien - Wiktionnaire

(Vers 1355) [1] Dérivé du latin plebeius ( « 1- de la plèbe, 2- du commun, 3- commun, banal, courant » ) [2] avec le suffixe -ien.
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Phonétique du mot « plébéien »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
plébéien plebejɛ̃ play_arrow

Citations contenant le mot « plébéien »

  • La prude Lucrèce se soumet, mais, dès le lendemain, convoque père et mari, qu’accompagne Lucius Brutus, ami de la famille. Après leur avoir confié son désarroi et fait jurer qu’elle serait vengée, elle sort un poignard de sa robe et se porte un coup en plein cœur. Homme d’armes membre d’une famille plébéienne, Lucius Brutus dépose le corps de la malheureuse au milieu du Forum et harangue le peuple de Rome, qu’il appelle à se soulever contre la dynastie honnie qui s’est déshonorée par le viol d’une femme. Le Monde.fr, « Sexe et pouvoir » : le viol de Lucrèce, mythe fondateur de la République romaine
  • Pour Martin Breaugh, la plèbe n’est ni une multitude sans direction, ni une simple force de résistance. Les révoltes plébéiennes produisent de la liberté en abolissant les hiérarchies. Elles s’emparent du pouvoir parce qu’elles jugent que les élections finissent toujours par être une trahison. , Le pouvoir au peuple - La Vie des idées
  • Dickens est apparu au public au milieu des années 1830 comme un auteur de fiction sérieux et comme un chroniqueur de la vie urbaine, y compris de la vie urbaine plébéienne. Il avait derrière lui de nombreuses personnalités illustres en Grande-Bretagne, dont Daniel Defoe, Tobias Smollett, Laurence Sterne, Henry Fielding, Samuel Richardson, Fanny Burney et Walter Scott, mais il écrivait un nouveau type de roman social. Combien de guides a-t-il eus avant lui pour lui montrer le «bon» chemin? Nos critiques contemporains ne se posent jamais cette question. , La campagne de diffamation qui tente de faire de Charles Dickens un raciste - World Socialist Web Site
  • Plusieurs historiens, parmi lesquels Margaret DeLacey and Roy Porter, ont déjà souligné le rôle moteur joué par la fièvre des prisons dans la réforme pénale, et Siena en a conscience. Mais la question fait l’objet d’un traitement bien plus approfondi ici. L’auteur prend non seulement en compte la période bien documentée de la réforme des prisons à la fin du siècle (sur laquelle nous allons nous concentrer à présent), mais également les débats des années 1720 autour du sort à réserver aux débiteurs. Cette catégorie de délinquants fait l’objet d’une étude de cas – intéressante pour la thèse de Siena – sur l’importance de la classe dans les débats sur la contagion épidémique. Car malgré son association axiomatique aux corps plébéiens, à la souillure et à l’indigence, la prison du XVIIIe siècle comptait également un nombre important de possédants. Les débiteurs constituaient en effet la catégorie la plus importante de la population carcérale à cette époque. Siena soutient que la proximité forcée, pour le débiteur « liminal », avec les corps plébéiens putrides, « frappait au cœur d’une anxiété bourgeoise tangible au début du XVIIIe siècle » (p. 93), avec des conséquences plus larges (y compris dans le domaine législatif) que celles envisagées jusqu’à présent. , Contagion, une histoire culturelle - La Vie des idées
  • Il faut distinguer le républicanisme jacobin de Robespierre du républicanisme plébéien des dits « Enragés » tels que Jacques Roux [4], porté sur une vision davantage matérialiste du monde. D’autre part, le discours anti-théiste a aussi séduit durant la Révolution, incarné notamment par le célèbre marquis de Sade [5]. Le Vent Se Lève, La République jusqu'au bout : retour sur le culte de l'Être suprême
  •     Ecoute-moi, je ne suis plus ce timide asservi qui servit sans être aussi servi. Je ne suis un captif mais un homme libre. Je ne suis un patricien mais un plébéien. Mes cris résonnent, articulent comme ils griffonnent en émettant des huée sarcastiques. Je veux te révéler en discrétion pour qu’ils oient tel un adolescent révolté. Tu sais, chez moi, on n’oit des coassements des foules mais le murmure des lobbies. Mais c’est toi que je voudrais tout dire, tout seul pour qu’ils sachent la terreur de mon algie. Je ne suis pas hébété, mais indigné. Quand tu y arriveras, le peuple sous l’ardent soleil qui darde, se confessera, certainement, de son désenchantement, exhibera la douleur de ces blessures saignantes. Dis le que je ressens ce que souffre dans mon appartement limougeaud. Il est ce chevalier battu qui s’est fait larguer par la brèche de son bouclier. kalenews, Tribune : La grogne d’un écrivain – kalenews
  • « Mahler divisa fortement les esprits, il suscita des partisans enthousiastes et des adversaires acharnés », signale Vignal pour qui les constantes références du compositeur au recueil de poésies et de chants populaires, Le cor merveilleux de l’enfant (de Achim von Arnim), font de lui le chantre d’un romantisme pittoresque et légendaire assez séduisant, mais aussi et surtout d’un monde douloureux, cruel, grotesque, inhumain. « Mahler a largement recours à la citation, imaginaire ou non, sa musique contient des objets trouvés de toute sorte. Ils la plongent sans crier gare dans le bas étage, le plébéien : lui-même, comme jadis un certain Haydn, fait de ces traits sa langue maternelle. » Mais pour ses détracteurs, sa musique aux « sentiments volontiers exacerbés », typiques de la Vienne des environs de 1900, manquait de distinction, « ils la trouvaient faite de bric et de broc ». « Pour Alhambras ou Moulins-Rouges, pas pour salles de concerts symphoniques », jugeait en 1914 le compositeur français Vincent d’Indy. L'Orient-Le Jour, Gustav Mahler : son temps est-il finalement venu ? - L'Orient-Le Jour
  • Au cours du XVIIIe siècle, l’émergence d’une nouvelle forme de héros marque une étape cruciale dans l’histoire de la tragédie et du drame, entre la représentation de l’homme de guerre féodal au début du Grand Siècle et celle du bandit révolté dans le théâtre romantique du XIXe siècle. Le héros plébéien des Lumières s’éveille dans les textes et sur la scène tout en se distinguant nettement du « grand homme », l’autre grande figure du théâtre des philosophes. Il s’illustre, non pas par sa naissance et sa fortune, mais uniquement par son mérite personnel et une puissance de contestation ardente et brusque jusqu’à la fureur. Par ses diverses incarnations sur la scène, il donne ainsi une première forme visible au désir d’émancipation sociale sans idéalisme et témoigne du passage déterminant en littérature d’un ordre symbolique hiérarchique à un ordre symbolique égalitaire. , R. Bret-Vitoz, L'Éveil du héros plébéien (1760-1794)
  • « Ouvriers et paysans sont sous représentés dans la littérature de guerre. Dans ce livre, on revient sur le carnet d’un plébéien, un journal de blessé. Ce qui est moins courant, c’est la notion de récupéré qui est sous-traité dans l’historiographie globale. » L’éditeur Yann Prouillet vient d’ajouter un nouveau titre au catalogue déjà bien fourni d ’Edhisto avec la publication de son dernier livre « La Grande Guerre d’un récupéré. Journal et correspondances de Lucien Lanois de 1914 à 1918 ». , Défense - Guerre - Conflit | Les éditions Edhisto de Senones publient le journal de guerre d’un récupéré

Traductions du mot « plébéien »

Langue Traduction
Corse plebei
Basque plebeian
Japonais 平民
Russe плебей
Portugais plebeu
Arabe بلبيان
Chinois 平民
Allemand plebejer
Italien plebeo
Espagnol plebeyo
Anglais plebeian
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Synonymes de « plébéien »

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Antonymes de « plébéien »



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