Pitance : définition de pitance


Pitance : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PITANCE, subst. fém.

A. − Vx. Portion, ration de pain, de vin, de viande, distribuée à chaque repas dans une communauté (en particulier religieuse). Bonne, maigre pitance; double pitance; retrancher (de) la pitance. Tout chef qu'il était, Rancé ne s'accorda aucune des préférences de ses devanciers, il se contentait de la pitance commune (Chateaubr., Rancé, 1844, p.151).Il trouva là le frère oblat, partageant la pitance du couvent avec sa maîtresse (Sand, Beaux MM. Bois-Doré, t.2, 1957, p.53).V. pitancier rem. infra ex.
B. − P. ext., vieilli, fam. et de nos jours péj., iron. ou littér. Nourriture nécessaire à la subsistance; ration, portion de chacun pour un repas, une journée. Synon. part. pitance quotidienne.Un pauvre diable qui, après avoir mangé sa maigre pitance, achevait de dîner en dévorant des yeux le festin pantagruélique de son voisin (Hugo, Rhin, 1842, p.235).Mon départ augmentait la pitance de chacun de mes frères (About, Roi mont., 1857, p.9).C'est en implorant sa puissance [du nom de la Vierge] que les mendiants tendent la main, et que les jeunes clercs s'en vont de maison en maison quêter leur pitance journalière (Tharaud, Passant Éthiopie, 1936, p.147).
P. métaph. Balzac (...) attendait en affamé sa ration et comme sa pitance d'éloges (Sainte-Beuve, Port-Royal, t.2, 1842, p.50):
. Certains lisent méthodiquement. D'autres oublient de vivre pour prendre des notes savantes (...). D'autres encore vivent dans la fiction. Tous, nous sommes dans l'imaginaire et quel drôle de cortège qui défile clopin-clopant et parade, des esprits très divers, mais tous avançant au pas du canard chinois et barbotant du bec à la recherche de Dieu sait quelle maigre pitance mentale... Cendrars, Bourlinguer, 1948, p.385.
[En parlant d'un animal] À voir comme il [le grand aigle] s'acharnait goulûment sur sa douloureuse pitance, le pauvre oiseau semblait n'avoir pas mangé de trois jours (Gide, Prométhée, 1899, p.314).Le perdreau gris passe la nuit en compagnie, dans une éteule ou dans un labour, on le surprendra là au matin alors qu'il cherche sa pitance, composée de grains, d'insectes ou de vers (Vidron, Chasse, 1945, p.8).
C. − En partic., fam., vieilli. Le poisson, la viande par opposition au pain et au vin. Il donne sur la pitance beaucoup plus que sur le pain (Besch.1845).Il y en avait [des oiseaux] sur la maie, et Norine les posait à terre avec d'infinies précautions quand elle voulait prendre le pain ou la pitance (Genevoix, Raboliot, 1925, p.120).
REM.
Pitancier, subst. masc.Moine qui, dans une communauté religieuse, était chargé de distribuer la pitance (supra A). Un fonctionnaire nommé Pitancier qui distribuait aux moines la pitance ou portion monacale (Bouillet1859).On note le fém. pitancière. (Ds DG, Quillet 1965).
Prononc. et Orth.: [pitɑ ̃:s]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist.1. 1remoit. xiies. «pitié» (Psautier Oxford, XX, 7, p.274 ds T.-L.); 2. 1178 «portion de nourriture» (Renart, éd. M. Roques, 13221 et 13226). Empr. au lat. médiév. pietantia «nourriture donnée aux moines» (att. dès 1124 sous la forme pidantia, v. Du Cange, s.v. pictantia), dér. de *pietare (cf. pietari att. ds le Psalterium Casinense, v. FEW t.8, p.442a, note 13), lui-même dér. de pietas (piété*/pitié*), les distributions de vivres ayant alors souvent été assurées par des fondations pieuses. Fréq. abs. littér.: 80. Bbg. Chautard Vie étrange Argot 1931, p.533. _Van Dijk (W.-C.). Le Vocab. des Capucins. Foi Lang. 1977, no3, p.212.

Pitance : définition du Wiktionnaire

Nom commun

pitance \pi.tɑ̃s\ féminin

  1. (Vieilli) Portion de pain, de vin, de viande, etc., qu’on donne à chaque repas dans les communautés religieuses.
    • Elle apportait de temps en temps quelque pitance au misérable pénitent, regardait par le trou s’il vivait encore. — (Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831)
    • Si on avait permis aux catholiques d’assurer, sous le contrôle de l’État bien entendu, la pitance des curés, beaucoup de difficultés eussent été évitées. — (Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
  2. (Par extension) Ce qu’il faut pour la subsistance d’une personne.
    • Certain chien, qui portait la pitance au logis. — (La Fontaine, Fables, VIII, 7)
    • On m’apporta ma pitance, que je commençai à expédier avec beaucoup d’appétit. — (Lesage, Gil Blas)
    • Je ne demande pour tous gages que la niche et la pitance. — (Michel Zévaco, Le Capitan, 1906, Arthème Fayard, coll. « Le Livre populaire » no 31, 1907)
    • Il mangeait une maigre et puante pitance, faite de créton et d’eau sale qu’on lui apportait le matin, dans une écuelle de grès ébréché. — (Octave Mirbeau, « La Mort du chien » dans Lettres de ma chaumière, 1886)

Nom commun

pitance \Prononciation ?\ féminin

  1. Pitié.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  2. Service religieux, pieuse commémoration.
  3. Nourriture, aumône charitable donnée sous forme de nourriture.
    • Je Gauchiers de Thorote ay donné en pure et perdurable aumone au couvent de S. Eloy de Noion un muy de blei à pitanche.
    • Item à l'hopital de Saint Esprit de Besançon pour la pedance des pauvres, deix livres.
    • Moult oi [j'eus] cel soir povre pitance.
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Pitance : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PITANCE. n. f.
La portion de pain, de vin, de viande, etc., qu'on donne à chaque repas dans les communautés. Bonne pitance. Maigre pitance. Double pitance. Régler la pitance. Retrancher de la pitance. Il est vieux en ce sens. Il se dit, par extension, familièrement et avec une nuance de plaisanterie, de Ce qu'il faut pour la subsistance d'une personne. Il a sa pitance assurée.

Pitance : définition du Littré (1872-1877)

PITANCE (pi-tan-s') s. f.
  • 1La portion qu'on donne à chacun à chaque repas, dans les communautés. La belle Agnès [Sorel] laissa un fonds pour la pitance d'œufs, au jour de son anniversaire, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuvr. t. III, p. 229, dans POUGENS.

    Populairement. Aller à la pitance, aller chercher les provisions.

  • 2 Par extension, ce qu'il faut pour un repas d'une personne. Certain chien, qui portait la pitance au logis, La Fontaine, Fabl. VIII, 7. On m'apporta ma pitance, que je commençai à expédier avec beaucoup d'appétit, Lesage, Gil Blas, VII, 9.
  • 3 Populairement. La chair ou le poisson qu'on mange dans le repas outre le pain. Il donne sur la pitance.

HISTORIQUE

XIIIe s. Je Gauchiers de Thorote ay donné en pure et perdurable aumone au couvent de S. Eloy de Noion un muy de blei à pitanche, Du Cange, pictantia. Et vont disant que povres son, Et les grasses pitances ont, Et les grans deniers en tresor, la Rose, 8146. Moult oi [j'eus] cel soir povre pitance, Rutebeuf, II, 26.

XIVe s. Item à l'hopital de Saint Esprit de Besançon pour la pedance des pauvres, deix livres, Du Cange, pictantia.

XVIe s. Il luy fut donné le revenu de trois villes pour son pain, son vin et sa pitance, Amyot, Thém. 53.

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Pitance : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

PITANCE, s. f. (terme monastique.) c’est ce qu’on donne à chaque religieux pour son repas ; mais ce mot est vieux, & l’on dit aujourd’hui portion. Les Bourguignons disent encore pitainche, que M. de la Monnoye explique dans ses noëls bourguignons par boisson de vin.

Le P. Labbe dérive pitance de pitancium mot usité dans les écrits de l’un & l’autre Hinemar, pour une table enduite de poix où l’on mangeoit, d’autant que personne ne recevoit sa portion de pain, de vin, de viande, de poisson, ni autre chose nécessaire à la vie, que ceux qui étoient écrits dans la matricule.

Cet usage étoit pris des Romains, qui tiroient des greniers publics la subsistance de leurs soldats. Leur portion, pitacium, étoit réglée, & chacun étoit obligé d’aller la prendre avec un billet qui lui étoit donné par un greffier, lequel billet contenoit la quantité de l’étape pour chacun, s’il m’est permis de me servir de ce terme. Le fait que j’avance est prouvé par la loi vj. du titre de erogatione militaris annonæ, cod. Theodos. où il dit : Susceptor, antequam diurnum pitacium authenticum ab actuarus susceperit, non eroget ; quod si absque pitacio fuerit erogatio, id quod expensum est, damni ejus supputetur. (D. J.)

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Étymologie de « pitance »

Étymologie de pitance - Littré

Bourguig. Berry et genev. pidance ; provenç. piatansa, piedansa, pidanza, pitansa, pitié, miséricorde ; espagn. pitanza ; ital. pietanza ; lombard, pitansa ; bas-lat. pictancia. La forme pietanza a fait supposer que le mot venait du latin pietas, et signifiait œuvre charitable ; piteux prouvant que le radical piet peut devenir pit. D'autres ont indiqué pittacium, billet, pitance signifiant dans cette hypothèse la remise d'aliments en échange d'un billet. Diez y a vu le radical pit qui signifie petit ; de sorte que pitance serait la petite portion. Mais la présence du bas latin pictantia paraît donner raison à du Cange, qui le tire de picta, pite, sorte de petite monnaie ; une pitance de moine, sens primitif du mot, étant estimée une pite. D'un autre côté, il faut admettre que pietas a agi pour modifier au sens de charité la forme du mot. Pitance paraît signifier la viande ou en général le mets par opposition au pain, au potage, au vin.

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Étymologie de pitance - Wiktionnaire

De piteer (« avoir pitié ») ; voir pite.
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Étymologie de pitance - Wiktionnaire

(1178) En ancien français pitance, pietance (→ voir pitié et piété au sujet de /piet/ → /pit/), attesté en latin médiéval sous la forme pietantia, pour l’ancien français, c’est proprement le dérivé de pitier, piteer, pitoyer (« avoir pitié, s’apitoyer »), latin *pietare. Le sens de « portion de nourriture » provient du fait que les distributions de vivres ayant alors souvent été assurées par des fondations pieuses.
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Phonétique du mot « pitance »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pitance pitɑ̃s play_arrow

Citations contenant le mot « pitance »

  • Bref, le parti ultra, mega, giga majoritaire du marigot politique ivoirien. Vous comprenez donc ma surprise lorsque je constate qu’avec tous ces superlatifs vous en êtes réduits à implorer que M. Ouattara se déculotte en reniant, sans vergogne, sa parole d’hier, juste pour garantir votre pitance quotidienne ? En réalité, c’est de cela qu’il s’agit. Le départ de Ouattara ouvre dans votre clan, repu, une période d’incertitude qui pourrait fermer le robinet intarissable de l’abondance alimentaire mais aussi de la suffisance et de l’arrogance politique. Si cela peut vous rassurer, sachez que le PDCI a lui aussi connu en décembre 1999 cette situation des lendemains incertains suite au coup de force militaire qui a renversé le Pdt Bedié du pouvoir. Il en a été de même pour le FPI à la chute du Pdt Gbagbo et de son extradition à la CPI en 2011. Afriksoir, Lettre à Kandia : "Vous en êtes réduits à implorer que Ouattara se déculotte en reniant, sans vergogne, sa parole d’hier, juste pour garantir votre pitance quotidienne ?" - Afriksoir
  • Implantés sous les lèvres des causses, surplombant la Tarn, la Dourbie ou la Jonte, tous ont longtemps bénéficié de la protection des seigneuries locales qui "contre pitance" offraient, derrière les murs d’enceinte de ces places fortes, un refuge de circonstance. Des Templiers aux Hospitaliers, le Sud reste marqué par cette histoire. Une région à la croisée des civilisations. À l’heure d’un monde en proie à des bouleversements majeurs, la plongée, même rapide, dans ce passé n’est pas inutile pour s’ouvrir des perspectives. centrepresseaveyron.fr, Les villages perchés du Sud-Aveyron - centrepresseaveyron.fr
  • Pour défendre sa pitance, Damien Castelain à plusieurs arguments. Il met d’abord en avant l’abandon des frais de représentations qui lui ont valu, au cours du dernier mandat, de faire l’objet d’une enquête pour détournement de fonds publics. « Passer vos frais de représentation sur cette augmentation induit un manque de transparence », a rétorqué Isabelle Mariage-Desreux, conseillère métropolitaine. , Lille : Le président de la métropole obtient une augmentation de son indemnité de 40 %
  • En témoigne la fameuse « ruelle du cul-de-lampe » bordée de buis taillés en boule. Et elle grimpe tout droit à l'abbaye. « Les moines bénédictins l'empruntaient pour rejoindre la pitance », détaille Mégane Perlot, guide touristique. Mais aujourd'hui plus question de visiter cette ancienne abbaye. Rachetée en 1823 par la maison Moët & Chandon (filiale de LVMH, propriétaire du « Parisien » - « Aujourd'hui en France », NDLR), c'est devenu un lieu privé et réservé à des réceptions VIP. Car Dom Pérignon s'est mué en une marque de prestige connue dans le monde entier. leparisien.fr, Le village où dom Pérignon a inventé le champagne - Le Parisien
  • Dernièrement, le bureau du Point info s’est réuni afin de planifier les animations estivales à venir. Maigre pitance en cette période de vacances ; les festivités de l’été sont réduites comme peau de chagrin, la Covid-19 n’étant point confinée, difficile de prévoir des activités aussi diverses que variées. Une véritable saison de disette de par les contraintes liées au respect des règles sanitaires afin de contrer la propagation du virus, notamment lors d’animations en milieu clos et rassemblant de nombreux participants. Malgré ce fait, quelques événements prennent corps, avec en figure de proue, la semaine de la nature programmée du lundi 3 au vendredi 7 août, axée pour cette septième édition, sur la biodiversité. Activités gratuites à destination des vacanciers, intervenants naturalistes, expositions photos, conférences et débats, sorties à thème occuperont l’espace, le temps d’une évasion au cœur d’une nature apaisée, loin des vicissitudes du quotidien. lindependant.fr, Destination nature avec le Point info de Matemale - lindependant.fr

Traductions du mot « pitance »

Langue Traduction
Corse putenza
Basque pittance
Japonais 苦手
Russe гроши
Portugais ninharia
Arabe أجر زهيد
Chinois 轻度
Allemand almosen
Italien miseria
Espagnol miseria
Anglais pittance
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Synonymes de « pitance »

Source : synonymes de pitance sur lebonsynonyme.fr


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