La langue française

Pigeon

Définitions du mot « pigeon »

Trésor de la Langue Française informatisé

PIGEON, subst. masc.

A. − ORNITHOLOGIE
1. Oiseau domestique granivore de la famille des Colombidés (s.v. colombe1dér.), au bec grêle, renflé et courbé, aux ailes courtes, au vol rapide et facile, au plumage abondant et varié selon les espèces et dont la chair est savoureuse. Pigeon mâle, femelle; pigeon domestique, sauvage; pigeon de volière, de colombier; femelle, petit du pigeon. Tout pelotonné sur le toit Que l'atmosphère mouille et plombe, Le pigeon transi par le froid Grelotte auprès de sa colombe (Rollinat,Névroses, 1883, p.244):
1. ... nous commencions à jouer sur la pelouse, faisant envoler les pigeons dont les beaux corps irisés qui ont la forme d'un coeur et sont comme les lilas du règne des oiseaux, venaient se réfugier comme en des lieux d'asile... Proust,Swann, 1913, p.408.
SYNT. Roucoulement, sautillement du pigeon; oeuf de pigeon; fiente de pigeon; chasse du pigeon; tir au(x) pigeon(s); envol, lâcher de pigeons; une volée de pigeons; une compagnie de pigeons; gros comme un oeuf/des oeufs de pigeon; de la grosseur, de la forme d'un oeuf de pigeon.
P. méton. Chair comestible, viande de cet animal. Pigeon tout plumé; pigeon piqué, bardé. Des pigeons de volière gras, bardés et cuits à propos (Brillat-Sav.,Physiol. goût, 1825, p.167).Ce jour-là, la belle Lisa trouva Marjolin au milieu de la volaille (...). Sur la table d'étalage (...) des pigeons, serrés sur des claies d'osier, avaient des peaux nues et tendres d'innocents (Zola,Ventre Paris, 1873, p.789).
ART CULIN. La chair de cet animal cuit et accommodée d'une certaine façon. Pigeon à la crapaudine, au gratin; manger une couple de pigeons, des pigeons aux olives, cuits en pâté; pigeons farcis, rôtis; terrine de pigeons. Dites-moi si la petite demoiselle aime les pigeons aux petits pois et la crème à la vanille (A. France,Bonnard, 1881, p.442).
Rem. Lav. Diffic. 1846 note: ,,Quand on parle de pigeons vivants et qui sont appariés, on dit une paire de pigeons: quand on parle de pigeons pour manger, on dit une couple de pigeons``.
Pigeon colombin (v. colombin1); pigeon de roche ou pigeon sauvage. Synon. de pigeon biset*:
2. −Quels sont donc ces oiseaux? demanda Pencroff. (...) −(...) ce sont des pigeons sauvages, ou pigeons de roche, répondit Harbert. Je les reconnais à la double bande noire de leur aile, à leur croupion blanc, à leur plumage bleu-cendré. Verne,Île myst., 1874, p.34.
Pigeon(-)paon. Pigeon blanc avec la queue en éventail. Des pigeons-paons blancs se posent et volent çà et là (Claudel,Violaine, 1892, i, p.493).Le pigeon paon ou trembleur doit son nom de paon à la propriété qu'il possède d'étaler les plumes de sa queue à la façon de celles du paon (Coupin,Animaux de nos pays, 1909, p.62).
Pigeon(-)ramier (v. ramier). Synon. de palombe.
Pigeon(-)voyageur, pigeon(-)messager. Pigeon à vol très rapide, dressé pour porter des messages étant donné son remarquable sens de l'orientation et sa grande résistance (surtout pour ceux de la race belge). Service régulier de dépêches par pigeon(s)-voyageur(s); (succursales) reliées par pigeons voyageurs; l'élevage des pigeons voyageurs est réglementé. Le pigeon voyageur à qui Dagron confiait pendant le siège de 1870 un petit rouleau de photographies lilliputiennes reproduisant 50000 dépêches, a été remplacé par (...) l'avion (Prinet,Phot., 1945, p.89).Potin (...) bouleversa le commerce si décrié de l'épicerie par la pratique des prix [bas] (...), la multiplication des succursales ravitaillées par des dizaines de voitures légères (...) et même reliées par pigeons voyageurs aux entrepôts de Pantin (Lesourd, Gérard,Hist. écon., 1966, p.384):
3. La première [agence] en date de ces grandes entreprises fut créée par Charles Havas (...) [qui] accrut la vitesse de ces informations en se servant des pigeons voyageurs. Porteurs des nouvelles parues dans les journaux londoniens du matin, ceux-ci quittaient Londres à 8 h et arrivaient à 2 h à Paris. Civilis. écr., 1939, p.40-8.
P. ell. Nos renseignements nous arrivent par ballons et par pigeons (Flaub.,Corresp., 1870, p.159).
[P. allus. à la fable de La Fontaine, Les Deux pigeons (IX, 2) et aux héros de Shakespeare, Roméo et Juliette, symbole de l'amitié et surtout de l'amour, représentés particulièrement par le couple de pigeons] Un vivant exemple de la fable des Deux pigeons (Balzac,Cous. Pons, 1847, p.49).Le pigeon est (...) poétiquement un symbole de l'amour (...). Le symbolisme de l'amour s'explicite mieux par le couple de pigeons (...) d'autant que, ici, le mâle couve les oeufs (Symboles1969).
P. métaph. Oh! comme je serai fier de vous revoir, n'ayant plus ces terribles dettes, et ne devant plus qu'une centaine de mille francs, à trois ou quatre personnes, et possédant les Jardins et les arrangeant pour y vivre en pigeons heureux (Balzac,Lettres Étr., t.2, 1844, p.268).Vous allez me trouver bien égoïste, ma pauvre amie, moi qui vous parle ainsi de ma solitude de vieux pigeon roucoulant, alors que vous pleurez (Maupass.,Fort comme la mort, 1889, p.168).
[P. anal. avec le symbole de la colombe, notamment dans l'oppos. faucon/colombe, ici p. oppos. à épervier] Symbole de paix. Le marquis: Et moi qui vous donnais des conseils! C'est le pigeon qui couve un épervier! Vernouillet: Non pas! Sans vous je me laissais étouffer (Augier,Effrontés, 1861, p.294).
2. Pigeon de mer, pigeon plongeur. Nom vulgaire du pétrel* damier. (Dict. xixeet xxes.).
B. − P. compar.
1. [Dans le domaine des couleurs]
(Couleur) gorge(-)de(-)pigeon. V. gorge.
MINÉR. Sang de pigeon. Couleur rubis. Mais la principale attraction sont les cadeaux envoyés à Miss Isadora On remarque surtout un rubis «sang de pigeon» dont la grosseur et l'éclat sont incomparables (...). D'habiles détectives mêlés à la foule des invités veillent sur cette gemme et la protègent (Cendrars,Du Monde entier, Documentaires, 1924, p.128):
4. Il n'y a qu'un rubis. Sa teinte chaude et caressante est due à des traces d'oxyde de chrome dans l'oxyde d'aluminium constituant le corindon; la nuance favorite est le «sang de pigeon», un carmin tirant un peu sur le lie-de-vin; la couleur dite «sang de boeuf» rappelle la gelée de groseille. Metta,Pierres préc., 1960, p.72.
2. [Dans le domaine de la forme]
a) HORTIC. Variété de prune ronde et de cerise. (Dict. xixeet xxes.).
Coeur de pigeon. V. coeur I A 1 b spéc.
b) COIFFURE. Aile* de pigeon.
C. − P. anal.
1. Au sing.
a) DANSE. Ailes de pigeon. Sauts en hauteur où les jambes imitent un battement d'ailes. Vairon avait pris Sulphart par la taille et dansait une java, avec des grâces de bal-musette, tandis que Lemoine, se croyant à la fête du pays, exécutait des ailes de pigeon en faisant claquer ses talons cloutés (Dorgelès,Croix bois, 1919, p.14):
5. ... Leclair qui avait appris le violon dans sa jeunesse fut d'abord danseur au théâtre de Rouen, puis maître de ballet à Turin. C'est alors qu'il composa quelques airs de danse que l'on trouva charmants, et qu'il abandonna les entrechats et les ailes de pigeon pour se livrer sérieusement à l'étude du violon... Grillet,Ancêtres violon, t.2, 1901, p.125.
b) JEUX. Pigeon(-)vole! Jeu d'enfants où l'un des participants, le meneur de jeu, placé au centre de ses camarades disposés en cercle, énonce un objet en le faisant suivre de vole; selon que cet objet est susceptible ou non de voler, les autres joueurs doivent, sous peine de gages, lever la main ou se lever si la chose citée vole effectivement. Jouer à pigeon vole. Gontran, plusieurs fois, avait essayé de l'embrasser à la suite de gages donnés dans une partie de pigeon-vole (Maupass.,Mont-Oriol, 1887, p.190):
6. Le jeu de pigeon vole est le premier des jeux de la toute petite enfance (...), consiste à trouver rapidement une série de noms dans lesquels se trouvent placés les éléments les plus divers, tels qu'un oiseau, un poisson, un reptile, etc. Pour donner plus d'attrait à ce jeu, on entremêle à la nomenclature, des choses qui ne volent qu'accidentellement... D'Allemagne,Récr. et passe-temps, 1904, p.198.
c) TECHNOLOGIE
,,Petite pièce de bois, carton, métal (...) placée dans une rainure, sur les onglets, afin de fermer le jour qui se produit par retrait du bois`` (Barb.-Cad. 1971).
CONSTR. [Dans les ouvrages de plâtre pur: tuyaux, coffres, hottes de cheminées] Poignée (de plâtre pétri). (Dict. xixeet xxes.). ,,Lever le plâtre par pigeons. (...) le lever avec la main et la truelle, et l'employer sans le plaquer ni le jeter, sans pierre, sans lattes ni bois d'aucune sorte`` (Jossier1881).Synon. pigeonner.
,,Morceau de pierre dans la chaux`` (Jossier 1881).
2. Au plur.
a) ÉCON. RURALE. Clous à pigeons. ,,Grands clous à crochet qui servent à attacher, dans les volets et colombiers, les paniers où l'on met pondre et couver les pigeons`` (Chesn. t.2 1858).
b) PÊCHE. ,,Anses longues par lesquelles les mailleurs commencent quelquefois leur filets`` (Baudr. Pêches 1827).
c) TIR. Pigeons d'argile. On ne se sert aujourd'hui de Pigeons vivants que pour les compétitions organisées par quelques stations touristiques ou thermales de grande classe: Vichy, Deauville (sans oublier Paris). Mais, pour le tir d'entraînement, le ball-trap (...), on n'utilise que les «Pigeons» d'argile, petits disques creux, noirs parfois cerclés de blanc, fragiles au point qu'un seul plomb les brise (Burn.1970).
D. − Familier
1. Mon (petit) pigeon; mes pigeons. [Avec une valeur hypocor. comme terme d'affection] ,,Eh bien, mes pigeons``, ricana le bonhomme, «vous avez une fière chance de ne pas être tombés sur le vieux, parce qu'il n'aime pas la rigolade, lui (...)» (Martin du G.,Thib., Cah. gr., 1922, p.635).Et quant à votre fameuse MmeAlfieri, mon... petit pigeon, peut-être qu'elle vaut mieux que toute la maison ensemble (Bernanos,Mauv. rêve, 1948, p.885).
2. Personne crédule qui se laisse facilement duper au jeu ou en amour. Synon. dupe, gogo.La scène était préparée entre eux, comme les joueurs préparent les cartes pour une partie où l'on ruinera quelque pigeon (Balzac,Contrat mariage, 1835, p.260).Ils forment avec lui le trio classique de malfaiteurs qui, lorsqu'ils ne «cassent» pas, attirent les «pigeons» au jeu et les plument à l'aide de faux dés (Carco,Nostalgie Paris, 1941, p.98):
7. Mettez vos faux cheveux, cocottes! J'apporte à vos blanches quenottes Toute une fortune à croquer! Le pigeon vient! Plumez, plumez... Prenez mes dollars, mes bank-notes... Meilhac, Halévy,Vie paris., 1867, I, 12, p.18.
Loc. verb. Prendre (qqn) pour un pigeon. Prendre quelqu'un pour un naïf facile à duper, une victime à plumer (d'apr. Sandry-Carr. 1963).
REM.
Pigeonne, subst. fém.a) Femelle du pigeon. Les couvées réussirent à merveille; mais les pigeons mâles ne tardèrent pas à se montrer jaloux des petits; ils poursuivaient les pigeonnes et tâchaient de les empêcher d'approcher des nids (Gide,Journal, 1914, p.443).Les pigeons ne sont pas des canards! Il vaut mieux rester à la maison comme le pigeon auprès de sa pigeonne (Claudel,Chr. Colomb, 1929, 1repart., p.1152).En appos. La mère pigeonne aime également tous ses petits; mais Darwin prélève les pigeons pattus, et fait les mariages (Alain,Propos, 1933, p.1152).P. compar. Car ça le gênait d'abord (...) l'exaspérait enfin d'avoir une telle créature, (...) à son côté, (...) après ce qui était arrivé, presque en pareille compagnie et parmi tout cet ensorcellement de pigeonne, ce roucoulemement qu'elle avait (Verlaine,OEuvres posth., t.1, Hist. comme ça, 1896, p.332).L'enfant rit, gonfla sa gorge de pigeonne où la croix d'or disparut (La Varende,Nez-de-Cuir, 1936, p.47).P. métaph. [P. allus. à l'image du couple de pigeons amoureux] En ce moment, nous tenons Borie et sa jeune femme, un gros tourtereau avec sa pigeonne fluette et sérieuse (Sand,Corresp., t.4, 1861, p.298).La Sauveterre: −Laisse-moi tendre mes filets et, quand la pigeonne sera prise, tu l'accommoderas, espèce d'ogre, à ta fantaisie (L. Daudet,Entremett., 1921, p.140).b) Région. (Canada). α) ,,Femme jalouse`` (Dionne 1909). β) Mauvais sort. Donner des pigeonnes = jeter un sort, jeter un mauvais sort (Canada1930).Il m'a jeté une pigeonne (Bél.1974). γ) Au plur. Artifices, tours de passe-passe. Tu ne me prendras pas avec tes pigeonnes (Bél.1974).
Prononc. et Orth.: [piʒ ɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Déb. xiiies. pijon «petit d'un oiseau» (Maurice de Sully, Homélies, éd. C. A. Robson, 54, p.177, ligne 14: e deux tortereles e deus pijons de colons); ca 1330 pigeons (Nicole bozon, Contes moralisés, 69 ds T.-L.), en a. et m. fr.; b) fin xiiies. pijon «oiseau de la famille des Colombidés» (Les Crieries de Paris, 23 ds Fabliaux, éd. Barbazan et Méon, II, 278); 1530 pigeons (Palsgr., p.911); en partic. 1838 pigeon voyageur (Barb. d'Aurev., Memor. 2, p.268); c) 1810 pigeon vole refrain de chanson (Duval et Auguste, Monsieur Mouton, p.8 [Barba] ds Quem. DDL t.21); 1828 terme de jeux jouer à Pigeon-vole (J. B. Sauvage, Proverbes dramatiques, vii [Ponthieu], ibid.); d) 1835 pigeons de mer (Lamart., Voy. Orient, t.1, p.54); 2. a) av. 1488 pigon «homme naïf, facile à duper» (Rec. Trepperel, éd. E. Droz, Sotties, IX, 60); b) 1736 mon pigeon terme affectueux (Marivaux, Télémaque trav., 184); 3. p.compar. a) 1690 coeur de pigeon «sorte de cerise» (La Quintinie, Instruction pour les jardins fruitiers et potagers); b) 1690 gorge de pigeon «couleur changeante» (Fur.); c) 1798 aile de pigeon (Ac.); 4. a) 1694 «poignée de plâtre gâché que l'ouvrier lève à la main ou à la truelle et qu'il dépose sans le plaquer ou le lancer» (Corneille (Th.)); b) 1769 «chacune des demi-mailles par lesquelles on commence un filet de pêche» (Duhamel du Monceau, Traité génér. des pêches); c) 1841 «morceau de pierre dans la chaux» (Ann. chim., 3esérie, II, 431); d) 1842 «petit morceau de bois ou de métal qu'on place dans l'onglet d'un cadre pour le renforcer» (Ac. Compl.). Du b. lat. pīpiōnem, acc. de pīpīo «pigeonneau», ives. (lui-même dér. des verbes pīpĭare «pousser des vagissements», pīpīre «piauler» d'orig. onomat.) par l'intermédiaire d'une forme dissimilée *pīvio (cf. aussi les formes du nord de l'Italie, p. ex. le piémontais pivun v. FEW t.8, p.558a); pigeon, qui signifiait à l'orig. «petit d'un oiseau» (supra) en partic. «pigeonneau» encore att. en ce sens fin xiiie(v. T.-L.), a refoulé l'anc. mot coulomb* «colombe, pigeon» parce qu'on préférait au marché les pigeonneaux aux pigeons; coulomb réputé ,,vieux`` dep. Trév. 1704 n'est usité auj. que dans les parlers excentriques du Nord-Est, de l'Est, du Sud-Est et en cat. (v. FEW t.2, 2, p.930b). Fréq. abs. littér.: 909. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 762, b) 1873; xxes.: a) 1498, b) 1310. Bbg. Quem. DDL t.21. _Sain. Arg. 1972 [1907] p.109. _Salvioni (C.). Opiniâtre, pigeon. Z. fr. Spr. Lit. 1909, t.35, pp.147-148.

Wiktionnaire

Nom commun

pigeon \pi.ʒɔ̃\ masculin (pour la femelle on dit : pigeonne)

  1. (Génériquement) Oiseau de la famille des columbidés vivant en plaine et dans les villes, et se nourrissant principalement de graines.
    • Comment faire imaginer, par exemple, une ville sans pigeons ? — (La Tête en friche)
    • Tout autour de la jeune femme, les pigeons voletaient, roucoulaient. Les mâles, empressés, la gorge gonflée, saluaient jusqu’à terre les femelles. — (Out-el-Kouloub, Zaheira, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
    • […] ; par ses déprédations, le pigeon — si charmant soit-il - pose lui aussi un gros problème - humain -, non contraire, semble-t-il, aux règles de la SPA, le procédé de dépigeonnisation des mêmes Laboratoires AUFRA parait à cet égard digne d'être noté. — (Informations sociales, vol. 21, Union nationale des caisses d'allocations familiales, 1967, page 121)
    • La dépigeonnisation, c'est moins sévère que la dératisation. Ce qui est gênant avec les pigeons, c'est tout ce guano frais qu'ils posent sur les bancs. — (Pierre Lagorce, Élie, mon nom secret : et autres pièces, éd. L'Harmattan, 2015, page 13)
    • Elles mangent des sandwichs, des wraps et des chips, rient avec leurs collègues et amis, qui sont parfois au bout du fil. Et visiblement désopilants. Des écureuils et des pigeons attendent qu'on leur donne les restes. — (Justin Cartwright, Au paradis par la voie des eaux, traduit de l'anglais par France Camus-Pichon, Éditions Jacqueline Chambon (Actes Sud), 2017, chap. 8)
  2. (Ornithologie) (Spécifiquement) Nom donné à trois genres d'oiseaux bien définis au sein de l'ordre des columbiformes, appellation qui a fait l'objet d'une normalisation par des ornithologues francophones, et dont la liste des espèces pertinentes est donnée plus bas (cf. "hyponymes"); de façon générale, on nomme pigeon tout oiseau du genre Columba par voie de préséance puisqu'il s'agit de celui dont toutes les races d'élevage descendent (et plus précisément, le pigeon biset, Columba livia), ainsi que les deux genres très voisins Patagioenas (les 'Columba" du Nouveau Monde) et Nesoenas (les "Columba" des îles Mascareignes).→ voir columbidés
  3. (Figuré) Personne à qui l’on joue un tour, que l’on escroque ou dupe.
    • Je soupçonne Max et la Rabouilleuse d’avoir formé le plan de chipper les cinquante mille francs de rente sur le Grand-Livre, et de s’en aller se marier je ne sais où, après avoir tiré cette aile à leur pigeon. — (Honoré de Balzac, La Rabouilleuse, Furne, Paris,1843)
    • Il sait que tel convoi arrive à telle heure, de telle ou telle ville et, à la tête du type qui sort, il voit si le pigeon est bon à plumer ou non. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
  4. (Chasse) Cible de ball-trap.
  5. (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Il est généralement représenté de profil, ailes repliées. Il peut adopter différentes couleurs mais on parlera plutôt de colombe quand il est d’argent ou de tourterelle quand il est de sable mais il ne s’agit pas d'une règle bien établie. Il y a donc un risque de confusion entre ces différents oiseaux.
    • Taillé : au 1) d’or à l’arbre arraché au naturel, au 2) de gueules au pigeon contourné d’or perché sur une branche de sable ; à la barre de sinople brochant sur la partition, qui est de Folembray de l’Aisne → voir illustration « armoiries avec un pigeon »
  6. (Familier) (Argot militaire) (Argot poilu) Torpille aérienne à ailettes française.
    • Il y a trois grandeurs de pigeons, mais tous sont terminés par un manchon cylindrique de même calibre qui permet de les lancer indistinctement avec le canon de 58. — (François Déchelette, L'argot des poilus : dictionnaire humoristique et philologique, Les Editions de Paris, 2004, p.158-159)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PIGEON. n. m.
Oiseau domestique qu'on élève dans les colombiers, dans les basses-cours, etc. Pigeon de colombier. Pigeon de volière. Pigeon cauchois. Pigeon pattu. Pigeon femelle. Gros comme un œuf de pigeon. Une volée de pigeons. Pigeon ramier, Espèce de pigeon sauvage, qui perche sur les arbres. Pigeon voyageur, Pigeon que l'on dresse à revenir tout seul au pigeonnier et que l'on utilise pour faire parvenir des messages. Une paire de pigeons, Deux pigeons vivants et appariés. Une couple de pigeons, Deux pigeons. Aile de pigeon se dit d'une Certaine disposition des cheveux qui figure une aile à chaque côté de la tête. Frisure en ailes de pigeon. Coiffé en ailes de pigeons. Couleur gorge-de-pigeon, Couleur changeante comme celle de la gorge des pigeons. Du taffetas gorge-de-pigeon. Pigeon vole! Nom d'un jeu d'enfants.

PIGEON se dit, figurément et familièrement, d'un Homme qu'on attire par adresse pour le duper. C'est pour eux un bon pigeon à plumer.

Littré (1872-1877)

PIGEON (pi-jon) s. m.
  • 1Oiseau de basse-cour, qu'on élève dans un colombier. Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre ; L'un d'eux, s'ennuyant au logis, Fut assez fou pour entreprendre Un voyage en lointain pays, La Fontaine, Fabl. IX, 2. Peu de Moscovites osaient manger du pigeon, parce que le Saint-Esprit est peint en forme de colombe, Voltaire, Charles XII, 1. Pietro della Valle dit qu'en Perse le pigeon messager fait en un jour plus de chemin qu'un homme de pied ne peut en faire en six, Buffon, Ois. t. I, p. 44. Pigeons, vous que la muse antique Attelait au char des amours, Où volez-vous ? Las ! en Belgique Des rentes vous portez le cours, Béranger, Les pigeons de la Bourse. Dans les créneaux consacrés au carnage, Les blancs pigeons ont abrité leurs nids, P. Lebrun, Poés. t. I, p. 5.

    Une paire de pigeons, deux pigeons vivants et appariés.

    Une couple de pigeons, deux pigeons destinés à être mangés.

    Pigeon pattu, voy. PATTU. De ces souliers mignons, de rubans revêtus, Qui vous font ressembler à des pigeons pattus, Molière, Éc. des maris, I, 1.

    Pigeon cauchois, sorte de pigeon plus gros que les autres. Je riais de le voir, avec sa mine étique… En lapins de garenne ériger nos clapiers, Et nos pigeons cauchois en superbes ramiers, Boileau, Sat. III.

    Pigeons bisets ou de colombier, et pigeons de fantaisie ou de volière, Projet de code rural, session 1868, p. 88.

    Pigeon de volière, pigeon nourri à la main et élevé dans une volière.

    Il est logé comme les pigeons, il demeure au plus haut étage du logis.

    Les pigeons ou colombides forment une famille de l'ordre des gallinacés. Principaux : pigeon ramier, ou pigeon massart, columba palumbus, L. ; pigeon sauvage, petit ramier, petit massart, columba oenas, L. ; pigeon biset, pigeon de rocher, columba livia, Brisson ; le pigeon messager ou pigeon volant en est une variété domestiquée. On distingue aussi parmi les pigeons domestiqués le pigeon grosse gorge, le pigeon culbutant, le pigeon tournant, le pigeon nonnain, le pigeon à cravate, le pigeon polonais, le pigeon romain, le pigeon paon, etc.

    Pigeon de passage, columba migratoria, L., qui vit par troupes immenses en Amérique.

  • 2Aile de pigeon, disposition des cheveux qui figure une aile de chaque côté de la tête. Le vent a dérangé ses ailes de pigeon.
  • 3Couleur gorge de pigeon, couleur à reflets comme celle de la gorge des pigeons.
  • 4Pigeon vole, jeu d'enfants, qui consiste à lever un doigt en nommant le pigeon ou tout autre animal volant ; le partner doit alors aussi lever le doigt ; mais, si on nomme un animal qui ne vole pas et que le partner lève le doigt, il donne un gage ou fait quelque pénitence.
  • 5Cœur de pigeon, nom d'une espèce de prune, qui a la figure ronde et presque plate.

    Il y a une variété de pomme à manger qui se nomme aussi pigeon, pomme de pigeon, ou pigeonnet.

  • 6L'ordre militaire du Pigeon, qui dura peu, fut institué, en 1579, par Jean I, roi de Castille ; la marque en était un pigeon d'or, émaillé de blanc, qui pendait d'une chaîne ornée de rayons solaires.
  • 7 Fig. et familièrement. Homme qu'on attire ou qu'on ne veut pas laisser aller, afin d'en tirer quelque profit. Éraste n'est pas homme à laisser échapper ; Un semblable pigeon ne se peut rattraper ; Il a deux fois le bien de l'autre, et davantage, Corneille, Mél. IV, 1. Une fameuse courtisane de Paris… se voulut servir de fard, pour attirer les pigeons au colombier de Cypris, Le facétieux réveille-matin des esprits mélancholiques, dans FR. MICHEL, Argot.

    C'est un pigeon, c'est une bonne dupe qui se laisse attraper comme on prend des pigeons à la trappe.

    Plumer le pigeon, voler, dépouiller quelque dupe.

  • 8 Fig. Pigeon privé, homme qu'on fait entrer dans quelque complot pour trahir ceux qui y prennent part ; on dit aujourd'hui plutôt mouton. M. d'Aumont, qui tôt après ne se cacha plus guère d'avoir été un pigeon privé, Saint-Simon, 378, 106.
  • 9Pigeon de mer, pigeon plongeur, le pétrel damier. La mouette cendrée se dit aussi pigeon de mer.

    Pigeon blanc, pigeon blanc papyracé, pigeon fauve, coquilles du genre strombe.

  • 10 Terme de maçonnerie. Pigeon se dit pour poignée. Lever le plâtre par pigeons, c'est le lever avec la main et la truelle, sans le plaquer et le jeter ; ce qui se fait dans les ouvrages qui sont de plâtre pur.

    Clous à pigeons, gros clous à crochet nommés aussi becs de canne.

  • 11Sorte de papier de petit format.
  • 12Petit morceau de bois, qu'on place dans l'onglet d'un cadre.
  • 13Tumeur qui survient à la jambe des bœufs.
  • 14 S. m. pl. Terme de pêche. Anses très longues, par lesquelles les mailleurs commencent quelquefois leurs filets.
  • 15Au fém. Se dit, par plaisanterie, d'une jeune femme, comme colombe. Adieu pour jamais, mignonne ; Périssent tous les jaloux ; Pleurez, amour, avec nous, Pleurez l'aimable pigeonne, Pellisson, dans RICHELET.

    PROVERBE

    Il ne faut pas laisser de semer pour crainte des pigeons, c'est-à-dire il ne faut pas que la crainte de quelque mal éventuel empêche de faire ce qui est utile.

HISTORIQUE

XIVe s. Se la dolour ne soit apaisiée, soient fendus les petits pignons [sic] du coulomb [pulli columbini] et tantost soient appliquiés, H. de Mondeville, f° 84.

XVe s. On parle de paons rostis, De turterelles, de pigons, Deschamps, Poés. mss. f° 345. Le fermier goira [jouira] du coulombier, et ara à son pourfit tous les penjons du dit coulombier, Du Cange, pigio.

XVIe s. Ils connurent qu'il y auroit de l'affaire à chasser les pigeons de ce colombier, Lanoue, 581. Ce fut lors [au siége de Harlem] qu'on inventa la maniere d'emporter des pigeons de leurs nids dans les villes de Leiden et Harlem, lesquels on laissoit aller avec des billets pour porter nouvelles, D'Aubigné, Hist. II, 95. Le Mas aiant dit les derniers propos de son pigeon [dupe]…, D'Aubigné, ib. II, 343. Qui veut tenir nette sa maison, il n'y faut prestre ni pigeon, Cotgrave Pigeon saoul trouve les cerises ameres, Cotgrave Les medecins mesme entr'eux ont accoustumé, par maniere de rire, appeller leurs malades pigeons ; et, s'ils en ont aucun qui ayt une grosse et longue maladie, et avec lequel par ce moyen il y ayt bien à gaigner, ils disent qu'ils ont un bon pigeon, l'Amant ressuscité, p. 346, dans LACURNE.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PIGEON, COULON, COLOMBE privée, PIGEON domestique, s. m. (Hist. nat. Ornitholog.) columba domestica, seu vulgaris, Wil. oiseau très-familier qu’on éleve dans des colombiers, dans les basses-cours, & même dans les chambres que l’on habite. Sa couleur varie comme celle de tous les autres oiseaux domestiques : la plupart sont d’une couleur grise-bleuâtre, ils ont le col d’un verd doré éclatant & changeant, qui paroît de couleur de cuivre de rosette à certains aspects. On éleve cette derniere sorte de pigeon dans des colombiers : ils sont moins familiers que les autres ; ils vont chercher leur nourriture dans la campagne. Il y a peu de variétés dans les couleurs des pigeons des colombiers ; on en voit cependant de blancs, d’autres noirâtres ou bruns ; enfin il y en a qui ont plusieurs de ces couleurs, & d’autres les réunissent toutes : ils ont tous, de quelque couleur qu’ils soient, la partie inférieure du dos blanche ; le bec est brun, & la membrane des narines est couverte d’une matiere farineuse qui la fait paroître blanchâtre ; les piés sont rouges & les ongles noirs. Le pigeon domestique a environ un pié un pouce de longueur depuis la pointe du bec, jusqu’à l’extrémité de la queue, & dix à douze pouces jusqu’au bout des ongles : l’envergure est de plus de deux piés, lorsque les aîles sont pliées, elles s’étendent au-delà du bout de la queue, environ d’un pouce. Toutes les différentes especes de pigeons vivent de graines & de semences dures qu’ils avallent sans les casser. La femelle ne pond ordinairement que deux œufs : le mâle & la femelle les couvent chacun à leur tour ; ils nourrissent leurs petits en leur dégorgeant dans le bec, des grains qu’ils gardent quelque tems dans leur jabot, pour les ramollir, & pour en faciliter la digestion à leurs petits. Communément il se trouve dans chaque couvée un mâle & une femelle qui s’appareillent ensemble dans la suite : ils font plusieurs pontes chaque année. M. Brisson, Ornit. vol. I. On va rapporter d’après cet auteur les différentes especes de pigeons dont il a donné la description, & les seize diverses sortes de pigeons domestiques qu’on éleve dans les basses-cours, & qu’il regarde comme des variétés du pigeon romain. Les descriptions de ces seize variétés sont numerotées, pour empêcher qu’on ne les confonde avec les vraies especes.

Pigeon verd d’amboine, columba viridis amboinensis, Bris. ce pigeon est à-peu-près de la grosseur d’une tourtelle. Il a le dessus de la tête gris ; cette couleur est claire du côté du bec, & foncée vers le derriere de la tête. Les côtés de la tête, la gorge, le cou, la poitrine, le ventre, les côtés du corps, les jambes, le croupion & la face supérieure des plumes de la queue sont d’un verd d’olive, qui est jaunâtre sur la partie inférieure du cou & sur la poitrine. Les plumes de la queue sont noires en-dessous à leur origine, & d’un gris-blanc à leur extrémité ; celles qui se trouvent sous la queue ont une couleur blanche sale & jaunâtre. Les petites plumes de l’aîle sont noires ou noirâtres ; il y a sur chaque aîle une large bande jaune & transversale, parce que la plûpart des petites plumes ont leur extrémité de cette couleur. Les grandes plumes & les moyennes sont noires en-dessus & grises en-dessous, & elles ont le bord extérieur jaune. Le dos est de couleur de marron ; les piés sont gris & le bec est verdâtre. On trouve cet oiseau à Amboine. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon de barbarie, columba barbarica seu numidica, Wil. ce pigeon a le bec très-court, & les yeux sont entourés d’une large bande de peau unie, qui a des mamellons farineux comme celle du pigeon messager.

Pigeon batteur, columba percussor, Wil. ce pigeon tourne en rond lorsqu’il vole, & il bat des aîles avec force, & il fait plus de bruit que si on frappoit deux planches l’une contre l’autre ; aussi les plumes de ses aîles se trouvent souvent rompues.

Pigeon cavalier, columba eques, Wil. ce pigeon est le produit du pigeon à grosse gorge & du pigeon messager. La membrane des narines est fort épaisse ; elle s’étend comme dans le pigeon messager jusqu’à la moitié de la longueur du bec, & elle est couverte de tubercules farineux, de même que le tour des yeux ; il a aussi la faculté d’enfler son jabot en inspirant de l’air, comme le pigeon à grosse gorge.

Pigeon roux de cayenne, perdix montana, Rai. synop. ce pigeon est plus petit que le pigeon ramier, il a toute la face supérieure du corps d’un roux tirant sur le pourpre ; la gorge, la face inférieure du cou & la poitrine sont de couleur de chair ; le ventre, les côtés du corps & les jambes ont une couleur roussâtre. Les grandes plumes des aîles, celles de la face inférieure & de la queue sont rousses. Il y a autour des yeux de petits mamellons charnus d’un très beau rouge ; l’iris est de cette même couleur ; le bec & les piés sont moins rouges. On trouve cet oiseau à Cayenne. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon à la couronne blanche, Voyez Rocheraye de la Jamaïque.

Pigeon cuirassé, columba galeata, Wil. ce pigeon a les grandes plumes des aîles & celles de la queue d’une même couleur, ou blanche ou noire, &c. mais toujours différente de celle du reste du corps.

Pigeon culbutant, columba gyratrix seu vertaga, Wil. ce pigeon est petit & de différentes couleurs. Il se donne divers mouvemens en volant, & il tourne sur lui-même comme une boule qu’on jette en l’air.

Pigeon frisé, columba crispa, ce pigeon est blanc en entier, à l’exception des doigts qui sont rouges ; tout le reste de son corps est couvert de plumes frisées.

Pigeon fuyard, on a donné ce nom aux pigeons qu’on éleve dans des colombiers, & qui vont chercher leur nourriture dans la campagne.

Pigeon à gorge frisée, columba turbila dicta, Wil. ce pigeon a, comme les deux précédens, le bec très-court, mais on le distingue aisément par les plumes de la poitrine qui sont comme frisées. Le sommet de la tête est applati.

Pigeon à grosse gorge ou Pigeon grand gosier, columba gutturosa, Wil. il est de la grosseur du pigeon romain, & ses couleurs varient de même ; il enfle tellement son jabot en inspirant beaucoup d’air, que cette partie paroît plus grosse que tout le reste du corps.

Pigeon de guinée, columba guineensis, Klein. avi. ce pigeon est de la grosseur du pigeon romain ; il a la tête, la gorge, la poitrine, le ventre, les côtés du corps & les jambes d’une couleur cendrée claire ; les plumes du cou finissent en pointe ; le milieu de chacune de ces plumes est aussi d’une couleur cendrée claire & les bords sont rougeâtres. La partie antérieure du dos est un brun tirant sur le pourpre ; cette couleur paroît violette à certains aspects. Les trois plumes inférieures du premier rang des petites plumes des aîles & toutes celles des autres rangs, sont de la même couleur pourprée, & ont chacune à leur extrémité une tache blanche triangulaire ; les autres plumes des aîles sont noires, & ont le bord extérieur d’un cendré clair. La partie postérieure du dos & le croupion sont blancs ; les plumes qui couvrent la racine de la queue, tant en-dessus qu’en dessous, ont une couleur cendrée claire : celles de la queue sont d’un cendré obscur, à l’exception de l’extrémité qui est noire. Les yeux sont entourés d’une peau rouge dégarnie de plumes : l’iris des yeux est d’une belle couleur orangée ; celle du bec est noirâtre, & les piés sont d’un rouge-pâle. On trouve cet oiseau dans les parties méridionales de la Guinée. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon hupé, columba cristata, ce pigeon a une hupe formée par les plumes du derriere de la tête qui sont dirigées en-haut.

Pigeon de la jamaïque, columba minor jamaycensis, Rai. synop. avi. ce pigeon a neuf pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue. Le sommet de la tête & toute la face inférieure de l’oiseau sont blancs ; la face supérieure du cou est mêlée de bleu & de pourpre. Le dos, le croupion & les aîles sont d’un brun tirant sur le pourpre, & mêlée d’une légere teinte de rouge. La queue est bleue, & elle a à son extrémité une petite bande blanche. On trouve cet oiseau au mois de Janvier à la Jamaïque dans les savannes ou dans les plaines. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon à queue annelée de la jamaïque, columba, caudâ fasciâ notatâ, Rai. synop. avi. ce pigeon a un pié trois pouces de longueur, depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue. La tête, la partie inférieure du cou & la poitrine sont de couleur de pourpre ; la partie supérieure du cou est d’un pourpre changeant, qui paroît verd à certains aspects. Les plumes du dos, du croupion, & celles qui recouvrent le dessus de la racine de la queue sont d’un bleu pâle. La queue, qui est de la même couleur bleue que le dos, a une large bande transversale noire. La membrane qui est au-dessus des narines forme deux tubercules auprès de la racine du bec. On trouve cet oiseau à la Jamaique. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon des indes, columba indica susca, Klein. avi. ce pigeon est à-peu-près de la grosseur de la tourterelle. Il a la partie antérieure de la tête, les joues, la gorge, la partie inférieure du cou & la poitrine d’un brun roussâtre clair ; le derriere de la tête & la partie supérieure du cou sont d’un brun plus obscur ; il y a de chaque côté au-dessous des oreilles une tache noire transversale. La partie antérieure du dos & la plûpart des petites plumes des aîles sont en entier d’un brun obscur & roussâtre, mêlé d’un peu de bleu ; les autres ont le côté extérieur & l’extrémité blancs ; la partie inférieure du dos & le croupion sont d’un cendré obscur ; le ventre, les côtés du corps, les jambes, les plumes du dessous de la queue & celles de la face inférieure de l’aîle ont une couleur cendrée claire & bleuâtre : les grandes plumes des aîles sont noires, à l’exception du bord extérieur qui est d’une couleur plus claire ; les deux plumes du milieu de la queue ont la même couleur que la partie antérieure du dos ; les autres sont d’un cendré obscur, à l’exception de l’extrémité qui est blanche. Les yeux sont entourés d’une peau nue, qui a une belle couleur bleue. L’iris est d’un rouge vif. Le bec est noir, & les piés ont une couleur rouge. Cet oiseau remue fréquemment la queue, comme les bergeronnettes. On le trouve aux Indes orientales. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon de la Martinique, columba martinicana, on donne à ce pigeon le nom de perdrix à la Martinique, il est à-peu-près de la grosseur du pigeon domestique : il a la tête, le cou, la gorge & la poitrine d’un marron tirant sur le pourpre ; les plumes de la partie inférieure du cou sont d’un violet doré très-éclatant, & forment une sorte de collier ; le dos, le croupion & les petites plumes des aîles ont une couleur brune tirant sur le roux : le ventre, les jambes & les plumes du dessous de la queue sont d’un fauve-clair, mêlé de violet : les côtés du corps & la face inférieure des aîles ont une couleur cendrée ; les grandes plumes des aîles sont noirâtres ; les deux plumes du milieu de la queue sont en entier d’un brun roussâtre ; les autres ont cette couleur sur la plus grande partie de leur étendue seulement du côté extérieur, & le côté intérieur est d’un cendré foncé ; elles ont une bande noire transversale près de leur extrémité qui est d’un gris blanc : les piés sont rouges. On trouve cet oiseau à la Martinique. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon violet de la Martinique, columba violacea martinicana, Bris. le pere du Tertre, hist. des Ant. a donné à ce pigeon le nom de perdrix rousse. Il est à-peu-près de la grosseur de la tourterelle, & il a la tête, le cou, la poitrine, le dos, le croupion, les petites plumes des aîles, & la queue de couleur de marron, qui change à différens aspects en violet : le ventre, les jambes, & les plumes du dessous de la queue sont roussâtres ; les côtés du corps & la face inférieure de l’aile, ont une couleur rousse ; les grandes plumes de l’aile ont le côté extérieur & l’extrémité de même couleur que le dos ; le côté intérieur est roux ; les yeux sont entourés de petits mamellons charnus d’un très-beau rouge ; l’iris est de cette même couleur ; le bec & les piés sont d’un rouge moins foncé. On trouve cet oiseau à la Martinique. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon messager, columba tabellaria, Wil. Ce pigeon ressemble beaucoup au précédent ; il est d’un bleu foncé ou noirâtre : la membrane qui entoure les yeux, & celle qui couvre les narines, sont fort épaisses & couvertes de tubercules farineux blanchâtres : le bec est d’une moyenne longueur & noirâtre. On a donné à ces sortes de pigeons le nom de messager, parce qu’on leur fait porter des lettres d’un endroit à un autre : on les style à ce service quand ils sont jeunes.

Pigeon du mexique, Cehoilotl, columba sylvestris, Rai, synop. avi. Ce pigeon a toutes les parties du corps couvertes de plumes brunes, excepté la poitrine & les extrémités des ailes qui sont blanches ; le tour des yeux est d’un rouge vif, & l’iris est noir ; les piés sont rouges : on le trouve au Mexique. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon bleu du mexique, tlacahoilotl, columbæ sylvestris species, Rai, synop. avi. Ce pigeon est à-peu-près de la grosseur du pigeon domestique : la tête, le cou, le dos, le croupion, & les jambes sont bleues. Il y a aussi quelques plumes rouges sur la tête & sur le cou, principalement à sa partie inférieure ; les grandes plumes des ailes & celles de la queue sont bleues ; les plumes de la poitrine, du ventre, des côtés du corps, les petites des ailes, & celles du dessous de la queue, ont une couleur rouge, de même que l’iris des yeux, le bec & les piés : on trouve cet oiseau au Mexique. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon de montagne du mexique, columba mexicana, montana maxima, Rai. Ce pigeon est presqu’aussi grand que le pigeon romain, & entierement d’un roux tirant sur le pourpre, excepté les petites plumes des ailes qui sont blanches ; le bec & les piés sont d’un très-beau rouge. Il y a des individus de cette espece qui ont une couleur fauve claire, au lieu d’être roux : on trouve cet oiseau sur les montagnes du Mexique. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon nonain, pigeon a chaperon, pigeon paté, jacobin, columba cucullata, sive jacobina, Wil. Celui-ci a comme le pigeon de Barbarie le bec très-court ; les plumes du derriere de la tête & celles de la partie supérieure du cou, sont dirigées en-haut, & disposées de façon qu’elles forment une sorte de capuchon semblable à celui d’un moine ; c’est ce qui lui a fait donner le nom de pigeon nonain.

Pigeon de nincombar, columba Nincombar, indica. Klein avi. Ce pigeon est un peu plus grand que le pigeon romain. Il a la tête & la gorge d’un noir bleuâtre ; les plumes du cou qui sont longues & étroites, & celles du dos & du croupion, ont différentes couleurs, telles que le bleu, le rouge, le pourpre & le jaune, & elles sont toutes antées d’un très beau verd. La poitrine, le ventre, les côtés du corps & les jambes, ont une couleur brune obscure ; les petites plumes des ailes sont toutes vertes, excepté les trois extérieures du premier rang, dont la couleur est bleue ; les trois premieres des grandes ont cette même couleur bleue, & les autres sont en partie brunes & en partie rousses ; la queue est blanche, les piés sont bruns en-dessus & jaunes en-dessous : l’iris des yeux est rouge ; la femelle differe du mâle, en ce qu’elle n’a pas des couleurs aussi brillantes, & que les plumes du cou sont moins longues : on trouve cet oiseau dans les îles de Nincombar. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon de norvege, columba norvegica. Ce pigeon a presque la grosseur d’une poule ; il est d’un très-beau blanc ; ses piés sont couverts de plumes, & il a une huppe sur le sommet de la tête.

Pigeon paon, pigeon a large queue, columba tremula laticauda, Wil. On a donné à ce pigeon le nom de pigeon paon, parce qu’il étend & qu’il étale sa queue, en la portant élevée, comme le paon & le coq d’Inde ; il a un plus grand nombre de plumes dans la queue que les autres pigeons. On l’a aussi nommé le trembleur, parce qu’il remue presque sans cesse la tête & le cou de côté & d’autre.

Pigeon patu, columba hirsutis pedibus, Wil. Ce pigeon ne differe des autres, qu’en ce qu’il a les piés couverts de plumes jusqu’au bout des doigts.

Pigeon verd des philippines, columba maderaspatana, variis coloribus eleganter depicta, Rai, synop. av. Ce pigeon est un peu plus gros que notre tourterelle : il a la tête & la gorge d’un verd d’olive mêlé de brun ; le cou est de couleur de marron clair ; les plumes du dos, du croupion, des côtés du corps & celles du dessus de la queue, sont d’un verd d’olive ; les grandes plumes des ailes ont à leur extrémité une bande jaune de couleur de soufre ; la poitrine est orangée ; le ventre & les jambes sont d’un verd d’olive clair & tirant sur le jaune ; cette couleur s’éclaircit & devient d’autant plus jaune, qu’elle se trouve plus près de l’anus, qui est entierement jaune. Les plumes qui sont sous la queue ont autant de longueur que celles de la queue même, & leur couleur est rousse ; les plumes de l’aile sont noirâtres en-dessus & cendrées en-dessous, à l’exception des bords extérieurs, qui ont une couleur jaune claire ; celles de la queue sont au contraire cendrées en-dessus & noirâtres en-dessous : on trouve cet oiseau aux îles Philippines. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon ramier, voyez Ramier.

Pigeon de roche, voyez Rocheraye.

Pigeon romain, columba domestica major, Wil. Le pigeon romain est beaucoup plus grand que le pigeon domestique ; il a environ quinze pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue ; ses couleurs varient ; on en voit de blancs, de noirs, de roux, de cendrés ; d’autres ont plusieurs de ces couleurs mélées ; enfin, il y en a qui les réunissent toutes les quatre ; le bec est noir dans les uns, & rouge ou de couleur de chair dans les autres ; ils ont tous la membrane, qui est au-dessus des narines, couverte d’une matiere farineuse qui la fait paroître blanchâtre ; les piés sont rouges & les ongles noirs, & quelquefois blanchâtres. M. Brisson dans son Ornithologie, fait de ce pigeon une espece particuliere, & il regarde comme des variétés de cette espece les pigeons dont il a été fait mention au nombre de seize.

Pigeon sauvage, oenas seu vinago, Wil. Ce pigeon est un peu plus gros que le pigeon domestique : il a un pié deux pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue, & deux piés deux pouces d’envergure ; la tête est cendrée ; la face supérieure & les côtés du cou sont d’un verd doré qui paroît de couleur de cuivre de rosette à certains aspects ; la partie antérieure du dos & les petites plumes des ailes, ont une couleur cendrée obscure ; les plumes qui couvrent le dessus de la racine de la queue, le croupion & la partie postérieure du dos, sont d’un cendré clair ; la face inférieure du cou depuis la tête jusqu’à environ le milieu de sa longueur, le reste du cou & la poitrine, sont d’un violet rougeâtre ou pourpré ; le ventre, les côtés du corps, les jambes, & les plumes du dessous de la queue, ont une couleur cendrée claire ; les quatre ou cinq premieres grandes plumes des ailes sont noires, à l’exception du bord extérieur qui est blanc ; toutes les autres, & celles du premier rang, sont cendrées à leur racine & noirâtres vers l’extrémité. Il y a encore sur chaque aile deux taches noires ; toutes les plumes de la queue sont cendrées depuis leur origine jusqu’à environ les deux tiers de leur longueur. & le reste est noir, excepté la moitié des barbes extérieures de la premiere plume de chaque côté qui est blanche ; les piés sont rouges, & le bec est d’un rouge pâle, selon Belon : ce pigeon fait son nid sur les rochers escarpés. Ornit. de M. Brisson, tome I. Voyez Oiseau.

Pigeon sauvage d’amérique, columbus palumbus carolinensis. Klein. avi. ce pigeon est de la grosseur de notre pigeon sauvage ; il a la face supérieure du corps de couleur cendrée, & l’inférieure d’un violet rougeâtre ; les plumes des aîles sont d’un brun noirâtre, & les grandes ont le bord extérieur blanchâtre, le tour des yeux & les piés sont rouges. On trouve cet oiseau en Amérique. Ornit. de M. Brisson, tom. I. Voyez Oiseau.

Pigeon sauvage du méxique, columba mexicana hoilotl dicta hernandesii, Rai, synop. avi. ce pigeon est de la grandeur du pigeon domestique ; il a la tête, le cou, le dos, le croupion, les aîles & la queue d’une couleur brune mêlée de taches noires, excepté les grandes plumes des aîles & la queue qui n’ont point de ces taches ; la poitrine, le ventre & les jambes, sont d’un fauve clair, le bec est noir & les piés sont rouges. On trouve cet oiseau au Méxique dans les forêts & dans les endroits frais. Ornit. de M. Brisson, tom. I. Voyez Oiseau.

Pigeon vert de l’isle saint thomas, columba sylvestris ex insula sancti Thomæ, Marcgravii, Wil. ce pigeon est entierement vert à l’exception des plumes du dessous de la queue qui sont jaunes ; les plumes des aîles & l’extrémité de celles de la queue, ont une couleur verte tirant sur le brun ; les yeux sont noirs & entourés d’un cercle bleu ; le bec est d’un rouge de sang depuis sa racine jusqu’à la moitié de sa longueur, & le reste a une couleur bleue mêlée de blanc & de jaune ; les piés sont d’un jaune de safran. On trouve cet oiseau dans l’île saint Thomas. Ornit de M. Brisson, tom. I. Voyez Oiseau.

Pigeon trembleur, columba tremula angusti cauda seu acuticanda, Wil. ce pigeon ressemble au pigeon paon par les mouvemens continuels qu’il se donne, mais il en differe en ce qu’il a la queue étroite.

Pigeon turc, columba turcica seu persica, Wil. la couleur de ce pigeon varie moins que celle de la plûpart des autres pigeons ; il est noirâtre ou d’un jaune rougeâtre ou obscur : la membrane qui entoure les yeux & celle qui se trouve au-dessus des narines sont rouges & fort épaisses : le bec est jaune & les piés sont d’un rouge pâle.

Pigeon de voliere, (Econom. rustiq.) c’est un pigeon nourri à la main & élevé à la maison dans une voliere, & qui n’en sort que pour s’égayer. Les pigeons de voliere sont plus chers que les autres, parce qu’ils sont meilleurs, & surtout quand ils ne mangent que du chénevi & du millet ; les pigeons, soit de voliere ou autres, couvent leurs œufs dix-huit jours, le mâle & la femelle tour-à-tour pendant la journée, mais la femelle toute la nuit ; ils font ordinairement des petits tous les mois ; ils les nourissent un mois durant, mais dès que leurs petits ont dix ou douze jours, ils commencent à se tirer le bec & à se cocher. Leurs petits mangent seuls, lorsqu’ils ont trois semaines ; ils roucoulent à deux mois, & à six ou environ, ils commencent à profiter & à se préparer pour faire des petits. (D. J.)

Pigeon, (Diete & Mat. méd.) l’usage très-commun que nous faisons du pigeon dans nos alimens, est une chose assez connue ; on ne mange presque que le pigeonneau ; la chair du vieux pigeon est seche & dure, elle fournit pourtant un assez bon suc lorsqu’on la fait bouillir avec d’autres viandes pour en préparer des potages. Le pigeonneau de voliere ne differe du pigeonneau de colombier, qu’en ce que le premier est communément plus gros & toujours plus gras & par conséquent d’une chair plus délicate, plus fondante.

Le pigeonneau se mange dans deux états ou deux âges qui le font différer essentiellement : 1°, lorsqu’il commence à peine à pousser les tuyaux des plumes de la queue & des aîles, ce qui lui arrive lorsqu’il a environ quinze ou seize jours, ou lorsqu’il est presqu’entierement couvert de plumes, ce qui lui arrive à-peu-près à l’âge d’un mois ; dans le premier état, la chair en est absolument sucrée, elle n’est point faite, ce n’est presque qu’une gelée ; elle est en général peu saine quoiqu’elle soit regardée comme plus délicate ; dans le second état, la chair a une certaine consistence, quoiqu’elle soit tendre encore & pleine de suc ; elle est généralement beaucoup plus salutaire ; on peut l’accorder à presque tous les sujets, aux tempéramens les plus délicats, aux convalescens : la premiere leur doit être interdite.

Quant aux usages pharmaceutiques du pigeon, son sang est compté avec raison parmi les remedes adoucissans externes les plus éprouvés. C’est un bon remede contre les ophtalmies douloureuses, & contre les plaies de l’œil, que de saigner un pigeonneau sous l’aîle, & de faire tomber sur le champ quelques gouttes de son sang dans l’œil. Un pigeon en vie ouvert par le milieu, & appliqué tout chaud sur la tête des phrénétiques ou sur le côté des pleurétiques, lorsque les calmans & résolutifs externes sont indiqués, produit quelquefois de très-bons effets ; c’est un remede que les anciens médecins ont beaucoup employé ; les médecins modernes au contraire paroissent trop négliger ces sortes d’applications. Voyez Topique. Il faut observer néanmoins que le pigeon ne mérite aucune préférence sur les autres animaux.

Celse recommande le foie du pigeon récent & crud, mangé pendant long-tems, contre l’ictere. Le cerveau de pigeon passe pour aphrodisiaque.

Les auteurs de Chimie & de Matiere médicale, disent que la fiente de pigeon est éminemment nitreuse ; Forestus conclut de cette observation, que cette fiente prise intérieurement, est un très-bon diurétique contre l’hydropisie ; cette même fiente est vantée encore contre la pleurésie, à la guérison de laquelle le nitre paroît aussi être très-propre. La fiente de pigeon est aussi recommandée contre la supression des regles. Ces vertus ne paroissent pas avoir été attribuées à la fiente de pigeon aussi légerement que celles qu’on trouve attribuées dans les livres à beaucoup de matieres semblables ; ce remede paroît au contraire mériter d’être tenté dans ces divers cas.

Dioscoride, Galien, Pline & plusieurs auteurs modernes recommandent aussi l’usage extérieur de la fiente de pigeon, à laquelle ils accordent une puissante vertu discussive, résolutive, répercussive, cicatrisante, &c. Jean Becler dit qu’on trouve quelquefois dans les boutiques le musc falsifié avec du sang de pigeon. La tourterelle & les deux especes de ramier, savoir le petit ramier & le gros ramier ou palombe, sont évidemment des especes de pigeon ou du-moins des animaux, on ne peut pas plus, analogues au pigeon ; quant à leurs qualités diététiques & pharmaceutiques, les ramiers ont seulement la chair un peu plus ferme & un peu plus noire, & le goût beaucoup plus relevé.

Au pié des Pyrénées, où l’on prend au commencement de l’automne une quantité prodigieuse de ces oiseaux ; on les mange communément à la broche presque cruds, du moins c’est de toutes les viandes celle que j’ai vû servir la plus saignante ; elle est délicieuse dans cet état, & il est rare qu’elle incommode. (b)

Pigeon, (Hist. des inventions.) dans l’orient surtout en Syrie, en Arabie & en Egypte, on dresse des pigeons à porter des billets sous leurs aîles, & à rapporter la réponse à ceux qui les ont envoyés. Le mogol fait nourrir des pigeons qui servent à porter les lettres dans les occasion où l’on a besoin d’une extrème diligence. Le consul d’Aléxandrette s’en sert pour envoyer promptement des nouvelles à Alep. Les caravanes qui voyagent en Arabie, font savoir leur marche aux souverains Arabes, avec qui elles sont alliées, par le même moyen : ces oiseaux volent avec une rapidité extraordinaire, & reviennent avec une nouvelle diligence, pour se rendre dans le lieu où ils ont été nourris, & où ils ont leurs nids. On voit quelquefois de ces pigeons couchés sur le sable & le bec ouvert, attendant la rosée pour se rafraichir & reprendre haleine. Au rapport de Pline, on s’étoit déja servi de pigeons pour faire passer des lettres dans Modène assiégé par Marc-Antoine. On en renouvella l’usage en Hollande en 1574 au siége de Harlem & au siége de Leyde en 1575 ; le prince d’Orange après la levée du siége de cette derniere place, voulut que ces pigeons fussent nourris aux dépens du public, dans une voliere faite exprès, & que lorsqu’ils seroient morts, on les embaumât pour être gardés à l’hôtel-de-ville, en signe de reconnoissance perpétuelle. (D. J.)

Pigeon, clou à, (Clouterie.) les clous à pigeon sont des grands clous à crochet, qu’on nomme autrement bec-de-canne ; ils servent à attacher dans les volets & colombiers, les paniers où l’on met pondre & couver les pigeons. (D. J.)

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Étymologie de « pigeon »

Wallon, pîvion, pûvion ; picard et haut-normand, pingeon ; provenç. pijon ; espagn. pichon ; ital. piccione ; du lat. pipionem, qui vient de pipire, piauler.

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Ancien français pijon, qui remonte à un latin populaire *pībiōnem, issu par dissimilation du latin pīpiō « pigeonneau », proprement « petit oiseau qui pépie ».
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Phonétique du mot « pigeon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pigeon pidʒœn

Citations contenant le mot « pigeon »

  • Dans une bonne affaire, il y a toujours un pigeon ; si vous ne savez pas qui c’est, c’est que c’est vous ! De Anonyme
  • Le pigeon a été surnommé Dardo, dard en italien. , Italie : un pigeon avec une aiguille plantée dans le crâne sauvé d'une mort certaine
  • Si vous êtes à une table de poker et que vous n’arrivez pas à savoir lequel de vos adversaires va être le pigeon de la soirée, c’est qu’il y a de bonnes chances que ce soit vous. De Paul Newman
  • Je hais les pigeons. Surtout les parisiens. D'abord, ils sont laids, gris et prétentieux. De Pierre Etaix / Je hais les pigeons (Seuil, 1996)
  • La télé, c'est tellement con que même les pigeons ne se posent plus sur les antennes. De Jean-Marie Gourio / Brèves de comptoir
  • Les mouettes, c'est pas comme les pigeons. On dirait que c'est moins con. Mais va savoir. De Olivier Mau / Un bon petit gars
  • Je crois que les gens devraient rester ensemble toute leur vie, comme les pigeons. Ou les catholiques. De Woody Allen / Manhattan
  • Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre. Moralité : l’un deux s’ennuyait au logis. De Tristan Bernard / Contes, répliques et bons mots
  • Quand on voit ce que les pigeons ont fait sur ce banc, il faut remercier Dieu de n'avoir pas donné d'ailes aux vaches. De Régis Hauser / Les murs se marrent
  • Ils sont plusieurs Bouillonais (es) à avoir assisté à cette scène aussi surprenante que dramatique dimanche dernier: des pigeons tombant du ciel, pris de tremblements, qui sont morts quelques instants plus tard, comme l’indique nos confrères de La Meuse. Une trentaine au total! Communes, régions, Belgique, monde, sports – Toute l'actu 24h/24 sur Lavenir.net, Une trentaine de pigeons tombent du ciel, tremblent et décèdent à Bouillon (Bouillon)
  • C'est officiel, la chasse à la grive et au pigeon sera interdite cette année aux Antilles. Une bonne nouvelle pour ces deux oiseaux menacés d'extinction. POSITIVR, Chasse : aux Antilles, les grives et les pigeons seront tranquilles cette année
  • Contrairement aux espèces de pigeons actuelles qui vivent au Tonga, le Tongoenas burleyi qui se sustentait de très gros fruits, était donc capable d’éparpiller les graines à travers les six îles. Fredzone, Faîtes connaissance avec le Tongoenas burleyi, une espèce de pigeon géant qui a autrefois vécu au Tonga
  • Gardez votre ville propre, mangez du pigeon ! De Victor Blin
  • Plus con qu’un pigeon : une boîte périmée de petits pois. De José Artur
  • Yersin s'attaque au pigeon… Le pigeon est un peu le rat du ciel, un rat auquel on aurait greffé des ailes avant de le repeindre en gris. De Patrick Deville
  • Un pigeon, c'est plus con qu'un dauphin, d'accord... mais ça vole. De Michel Audiard / Faut pas prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages
  • Vois comme Dieu fait bien les choses quelquefois ! Le pigeon n'est fameux qu'au temps des petits pois. De Raoul Ponchon
  • Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre. Moralité L'un d'eux s'ennuyait au logis. Paul, dit Tristan Bernard, Contes, Répliques et Bons Mots, Livre-Club du Libraire
  • Deux pigeons s'aimaient d'amour tendre. Jean de La Fontaine, Fables, les Deux Pigeons
  • Alliance au doigt : on est un pigeon bagué. De André Birabeau
  • La Ville et le groupe Soufflet s’allient afin de lutter contre le fléau des pigeons en centre-ville. Une campagne va bientôt être lancée, avec l’installation d’une quarantaine de cages. Journal L'Est Éclair abonné, Une opération de lutte contre les pigeons à Nogent-sur-Seine
  • La collectivité avait alors pris le problème très au sérieux en missionnant une société privée afin de créer des ouvertures de deux mètres de long dans les filets pour libérer les pigeons prisonniers... Avant de les enlever en totalité cette semaine. www.paris-normandie.fr, À Rouen, les filets qui piégeaient les pigeons sous le pont Boieldieu ont été retirés
  • Le héros, un renard, vit dans les pages d’un livre. Au fur et à mesure que le narrateur lit, l’animal à poils s’exécute, suivant ses ordres, jusqu’à ce qu’il croise la route d’un pigeon qui veut à tout prix goûter à la glace qu’il vient à peine de s’offrir. La bataille entre les deux animaux fait rage, quand le duo décide de prendre sa liberté en écrivant sa propre histoire loin des injonctions du narrateur. Ce court métrage de fin d’études réalisé par Michelle Chua, étudiante à la Faculty of Animation du Sheridan College au Canada, mêle avec finesse 3D et 2D dans un scénario à la plume bien aiguisée. Plutôt destinée à un public familiarisé avec l’anglais, cette fable légère, véritable ode à la liberté, mérite son premier prix au festival d’Annecy dans la catégorie YouTube. Télérama, Sur YouTube, maître pigeon, le renard et la glace
  • En effet, la candidate malheureuse en mars dernier avance qu’à Brionne, les pigeons seraient capturés et euthanasiés au mépris de leur souffrance, et ce sur ordre de la municipalité. www.paris-normandie.fr, À Brionne, l’opposition monte au front contre la majorité sur la gestion des pigeons en ville

Images d'illustration du mot « pigeon »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « pigeon »

Langue Traduction
Anglais pigeon
Espagnol paloma
Italien piccione
Allemand taube
Chinois 鸽子
Arabe حمامة
Portugais pombo
Russe голубь
Japonais
Basque uso
Corse culomba
Source : Google Translate API

Synonymes de « pigeon »

Source : synonymes de pigeon sur lebonsynonyme.fr

Pigeon

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