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Perche

Définitions du mot « perche »

Trésor de la Langue Française informatisé

PERCHE1, subst. fém.

Poisson d'eau douce carnassier, muni de deux nageoires dorsales, à corps allongé, verdâtre, avec des bandes verticales brunes et dont certaines espèces sont très estimées pour leur chair. Perche argentée, dorée, soleil; filets de perche. Il est honnête, mais médiocre et d'un caractère épineux : C'est comme la perche, blanche, saine, mais insipide et pleine d'arêtes (Chamfort, Caract. et anecd.,1794, p. 146).Une perche, zèbre de l'eau, lève la tête, se cabre, et se tient droite dans son fourreau de barres (Renard, Journal,1889, p. 26).
Perche noire, perche truite. V. black-bass.
Perche goujonnière. Synon. de grémille.La perche goujonnière affectionne les graviers et les sables des eaux lentes (Pollet1970).
Perche arc-en-ciel. Poisson voisin de la perche, originaire des États-Unis, remarquable par ses reflets irisés. Voir Duborgel, La Pêche et les poissons de rivière, Paris, Le Livre de Poche, 1955, p. 233.
REM.
Perchette, subst. fém.Jeune perche. Chacun est suspendu aux nouvelles télégraphiques et frétille d'horreur ou d'avidité comme la perchette à l'hameçon (Amiel, Journal,1866, p. 285).
Prononc. et Orth. : [pε ʀ ʃ]. Homon. perche2. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1170 (Chrétien de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 4239). Du lat. perca « id. » empr. au gr. π ε ́ ρ κ η. Bbg. Jud (J.). Les N. des poissons du lac Léman. Bull. du Gloss. des patois de la Suisse Romande. 1912, t. 11, p. 33.

PERCHE2, subst. fém.

I.
A.− Longue pièce de bois ou de métal mince, à peu près ronde et de faible section. Perche à houblon, à haricots; perche d'échafaudage. À des perches sortant des étendoirs de teinturiers pendaient, en longs festons, des banderoles d'étamine rouges et bleues (Pourrat, Gaspard,1930, p. 93).Sur le bord du fossé, près des liserons mauves enroulés aux perches de la clôture, un homme dormait, couché à plat ventre (Guèvremont, Survenant,1945, p. 233):
1. Nous remontons en baleinière, mais nous avons le vent contre nous. Pas de rames : Rien que des perches pour pousser, mais ici, par miracle, l'eau est profonde et l'on est presque à bout de bras avant que la perche ne touche le fond. Gide, Voy. Congo,1927, p. 837.
Loc. Planté comme une perche, droit comme une perche. Nous sommes ruinés, noyés, égorgés... Et toi, toi planté comme une perche, que dis-tu? Parle, parle (Lemercier, Pinto,1800, iii, 20, p. 109).[Il] recevait les reproches, droit comme une perche, les yeux fixés sur la terre battue (Queffélec, Recteur,1944, p. 137).
Tendre la perche à qqn qui se noie. Tendre la perche à quelqu'un pour le sauver. P. métaph. Je descends dans l'auditoire. − Vous voulez dire, Monsieur Gémier, que vous descendez mentalement dans l'auditoire. (...) mentalement, constituait évidemment de toute évidence la perche qu'il tendait à Gémier, en recours suprême pour qu'il ne se noyât pas définitivement (Du Bos, Journal,1922, p. 78):
2. De nos jours, les prêtres sont tellement occupés de « questions sociales » qu'ils songent moins à sauver les âmes, comme cela se pratiquait jadis. Ils sont plus discrets, me dit-on. Je ne puis trouver admirable que par discrétion on néglige de tendre la perche à un homme qui se noie! Green, Journal,1950, p. 361.
Expr. fig. Tendre la perche à qqn. Venir en aide à quelqu'un, lui donner l'occasion de se tirer d'embarras. Votre vers est trop nouveau. Il ne se rattache en rien à mes vieilles habitudes d'être ému par le vers. Vous ne me tendez pas la perche. Je ne vous comprends pas (Renard, Journal,1898, p. 460).C'est lui Parapine qui m'a tendu finalement la bonne perche avec une petite place qu'il a découverte pour moi dans l'asile, précisément, où il travaillait et depuis des mois déjà (Céline, Voyage,1932, p. 509).Faites la moindre réserve au sujet de l'œuvre de Cézanne, et vous tendez la perche à tous les officiels prêts à profiter de l'ignorance de la masse (Lhote, Peint. d'abord,1942, p. 127).Saisir la perche (qu'on vous tend). Profiter de l'occasion pour se tirer d'affaire. Cependant le prince d'Agrigente, ayant entendu les mots « je ne suis pas intelligente », trouvait de son devoir de protester, mais il n'avait pas d'esprit de repartie. « Taratata, s'écriait MmeBontemps, « Qu'est-ce que j'entends? » disait le prince en saisissant cette perche (...) » (Proust, J. filles en fleurs,1918, p. 604).
P. anal., fam. Une (grande) perche. Une personne grande et maigre. Philippe parla du prochain mariage de Daguenet avec cette perche d'Estelle (Zola, Nana,1880, p. 1378).Louise examina son nouveau locataire : un fantôme, une grande perche, squelettique et dégingandé, avec un visage hâve et des yeux fiévreux (Dabit, Hôtel Nord,1929, p. 155).
B.− Spécialement
1.
a) CIN., TÉLÉV. Longue tige au bout de laquelle est suspendu le micro que le perchiste (v. ce mot B) tend au-dessus de la personne qui parle, pendant le tournage d'un film, une émission de télévision. En bas, le perchman, l'extrémité de la perche articulée dans la main gauche (Panoramique sur le 7meart, Paris, éd. universitaires, 1968, p. 98).
b) CIRQUE. Longue tige servant à divers exercices d'équilibre et de voltige. Perche au porteur, perche au sol. Artiste travaillant avec un partenaire. L'un porte une perche sur l'épaule ou sur la tête. L'autre, à l'extrêmité [sic] de cette perche, exécute différents exercices acrobatiques (HotierCirque1972, p. 65).
c) SPORTS. Tige flexible et résistante en bois, en métal, ou, plus récemment, en fibre de verre, utilisée par les athlètes qui pratiquent un exercice de saut en hauteur :
3. Il s'agit pour l'athlète de transformer la vitesse acquise par la course d'élan en force ascensionnelle, en utilisant le levier offert par la perche en flexion pour se « catapulter », jambes à la verticale, par-dessus la barre à franchir... Petiot1982.
Saut à la perche, p. ell. perche. Exercice d'athlétisme consistant à franchir une barre placée en hauteur à l'aide de cette tige. Je m'acharnais à faire l'éloge de notre pugilat et de nos sauteurs à la perche! (Giraudoux, Simon,1926, p. 48).L'emploi de la fibre de verre a bouleversé la technique de la perche (Amsler1971).
d) SKI. Synon. de remonte-pente, tire-fesses (fam.).Tenez les bâtons d'une seule main, de l'autre saisissez la perche, le bras replié pour amortir le choc quand elle se déclenchera (J.-Cl. Killy, Skiez avec Killy,1969, p. 176).
e) TRANSP. Perche (de prise de courant). Longue tige métallique fixée sur le toit d'un tramway ou d'un trolley-bus, servant à transmettre le courant d'un câble conducteur. Il parlait de Sérianne, des tramways qu'il s'agissait de transformer, le vieux système à perche était condamné, voyons, l'autobus est un progrès incontestable sur le tram (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 276).
2. VÉN. [En parlant du cerf, du daim, du chevreuil] Chacune des deux tiges principales des bois qui supporte les andouillers. Synon. merrain.Les bois des Cervidés (...) comportent un axe osseux (« perche ») portant des andouillers, relié directement à l'os frontal (Zool.,t. 4, 1974, p. 737 [Encyclop. de la Pléiade]).
II.− MÉTROLOGIE
A.− Ancienne mesure de longueur de dix-huit, vingt ou vingt-deux pieds, selon les provinces. (Dict. xixeet xxes.).
B.− Ancienne mesure agraire, centième partie de l'arpent. Une perche de vigne, six perches de pré (Ac.).Chacun (...) s'inquiétait de savoir (...) s'il vendrait de sa terre cent francs la perche à la commune (Zola, Terre,1887, p. 161):
4. En Normandie le mot hectare est tout à fait incompris, hormis des instituteurs primaires : là, comme sans doute dans les autres provinces, le champ du paysan s'évalue en acres, arpents, journaux, perches, toises, verges et vergées. Gourmont, Esthét. lang. fr.,1899, p. 53.
Prononc. et Orth. : [pε ʀ ʃ]. Homon. perche1. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. Début xiies. « longue gaule de bois » (Voyage de Saint-Brendan, éd. E. G. R. Waters, 1212); a) ca 1165 « barre servant à suspendre les vêtements » (Marie de France, Lais, Guigemar, 595, éd. J. Rychner); b) 1170 « bâton horizontal sur lequel se reposent les oiseaux » (Chrétien de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 577); c) 1316 « perche servant à attacher les échalas dans les vignes » (Comptes de Volnay, 9 ds IGLF); d) 1remoitié xives. perche a pescheur (Roques t. 1, Vatican Lat. 2748, 1. 674); e) 1419 banc a perche (Inv. Nicolas de Baye, 51 ds IGLF); f) 1869 « perche utilisée dans des exercices de cirque » (Malot, R. Kalbris, p. 149); 1893 « perche utilisée dans des exercices de gymnastique » (Courteline, Article 330, p. 286); 2. 1640 fig. une grande perche « personne grande et mince » (Oudin Ital.-Fr.); 3. 1867 fig. tendre la perche à qqn (Taine, Notes Paris, p. 271). B. Ca 1165 vén. perches de cerf (Marie de France, op. cit., 92). C. 1294, 5 janv. « mesure agraire » perques (La Ville d'Eu, son histoire, ses institutions, éd. S. Deck, bibliothèque des Hautes Études, 243 fasc., p. 247). Du lat. pertica « perche, gaule ».
DÉR.
Perchette, subst. fém.a) Petite perche qui sert à soutenir un jeune arbre. (Dict. xixeet xxes.). b) Pêche. Synon. de balance (ibid.).− [pε ʀ ʃ εt]. − 1resattest. a) 1225-30 « petite barre de bois sur laquelle on plaçait les vêtements » percheite (Guillaume de Lorris, Roman de la Rose, éd. F. Lecoy, 213), b) 1842 « petite perche qui sert à soutenir un jeune arbre » (Ac. Compl.); de perche, suff. -ette (-et*).
STAT. − Perche1 et 2. Fréq. abs. littér. : 330. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 438, b) 595; xxes. : a) 395, b) 472.
BBG. − Baulig (H.). La Perche et le sillon. In : [Mél. Hoepffner (E.)] Paris, 1949, p. 143. − Lenoble-Pinson (M.). Le Lang. de la chasse. Bruxelles, 1977, pp. 106-107; p. 122, 132. − Uren (O.). Le Vocab. du cin. fr. Fr. mod. 1952, t. 20, p. 214.

Wiktionnaire

Nom commun 1

perche \pɛʁʃ\ féminin

  1. (Ichtyologie) Poisson de la famille des percidés, de nom scientifique Perca fluviatilis, aussi appelée perche commune.
    • Leguay tournait autour de Waldeck immobile, sa cigarette au coin du bec, sans que Waldeck eût l’air d’y faire plus attention qu’un brochet à une vieille perche trop coriace. — (Léon Daudet, Souvenirs littéraires – Devant la douleur, Grasset, 1915, réédition Le Livre de Poche, page 110)
    • Parfois, en scrutant davantage le fond de l’eau, Anne apercevait le dos vert sombre d’une perche, rayé de noir comme le dos d’un tigre. — (Pierre Benoit, Mademoiselle de la Ferté, Albin Michel, 1923, Cercle du Bibliophile, page 71)
    • Entre deux eaux, dans les couches baignées de soleil, leurs nageoires rouges ouvertes et bien tendues sur leur piquants, des Perches passaient comme des jonques chinoises. — (Léonce Bourliaguet, Les aventures du petit rat Justin, Société universitaire d’Éditions et de Librairie, 1935, page 113)
  2. (Par extension) Autre poisson osseux ressemblant à cette perche commune.

Nom commun 2

perche \pɛʁʃ\ féminin

  1. Longue pièce de bois.
    • Tendez à un homme qui se noie une perche grosse comme une canne, il y voit une route royale de première classe. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Sur des perches partant du haut des greniers, des écheveaux de coton séchaient à l’air. — (Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857)
    • Il ne reste plus qu’à faire sécher l’écorce sur un lit de perches disposées en plan incliné, […]. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 174)
    • La rainette, atteinte en plein flanc, écartait les pattes […].
      — Faut l’attraper, proposa Lebrac. Avec une perche on l’amènera tout doucement jusqu’au bord : ensuite de quoi on la déculottera et on la fera cuire sur la braise pour la boulotter.
      — (Louis Pergaud, Un sauvetage, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Puis ils ont connu les privations de liberté et la misère économique. Les appréhensions de ceux qui ont vécu cette misère devraient être entendues comme une expérience de vie plutôt que comme une déviation politique. Pas avec une perche de 100 pieds ! (...) Mais je constate que ceux qui ont connu les révolutions gauchistes de près ne veulent rien savoir. — (Mario Dumont, « Les Latinos méfiants », Le journal de Montréal, 6 novembre 2020)
  2. (Par extension) Longue tige au bout de laquelle est fixé un microphone pour capter du son.
  3. (Sylviculture) (France) Arbre dont le diamètre à 1,30 mètre est compris entre 7,5 et 17,5 cm.
    • Il peut arriver que la structure des peuplements s’organise en bouquets, notamment avec l’épicéa et surtout le pin sylvestre qui exigent plus de lumière pour se régénérer. Cette structuration est d’ailleurs plutôt à favoriser car elle permet une meilleure qualification des perches. — (Thierry Sardin, Massif Vosgien : sapin, épicéa et pin sylvestre, Office national des forêts, 2012, ISBN 978-2-84207-356-5)
  4. Autre nom de l’age de la charrue.
  5. (Par analogie) (Figuré) (Familier) Personne dont la taille est haute et grêle.
    • C’est une grande perche.
    • cette perche d’Estelle, au contraire, semblait plus effacée encore, muette et gauche. — (Émile Zola, Nana, 1881)
  6. (Métrologie) Ancienne mesure de longueur (symbole : per).
    • Mesurer à la perche.
    • La perche pour mesurer les bois était de vingt-deux pieds.
  7. (Métrologie) (Par ellipse) Superficie d’une perche carrée qui équivalait au centième de l’arpent.
    • Une perche de vigne.
    • Six perches de pré.
  8. (Chasse) Bois du cerf, du daim, du chevreuil, qui porte plusieurs andouillers.
  9. (Sport) (Par ellipse) Athlétisme, saut à la perche.
    • Il possède en lui ce désir constant de progresser et ne connaît pas le doute. La perche, c’est sa vie. — (Arnaud Bevilacqua – Renaud Lavillenie saute plus haut que 6,16 mètres – Journal La Croix, page 17, 31 décembre 2014)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PERCHE. n. f.
Poisson d'eau douce, à nageoires épineuses, dont la chair est blanche et ferme.

Littré (1872-1877)

PERCHE (pèr-ch') s. f.
  • Poisson d'eau douce à nageoires épineuses (perca fluviatilis, L).

    Perche goujonnière, ou perche gardonnée, ou gremille, nom d'une espèce de perche de rivière.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PERCHE, s. f. perca (Hist. nat. Ichtiolog.) on a donné ce nom à un poisson d’eau douce & à un poisson de mer, qui different l’un de l’autre. La perche d’eau douce a le corps large, fort applati pour un poisson de riviere, & couvert de petites écailles ; les nageoires & la queue sont rouges : elle a sur le dos deux nageoires dont la premiere est la plus grande, deux aux ouies, deux sous le ventre, & une au-dessous de l’anus : la bouche est petite & dépourvue de dents. La chair de ce poisson est dure & difficile à digérer. Rondelet, histoire nat. des poissons, II. partie, ch. xix.

La perche de mer est rousse, elle a la bouche petite & les dents fort pointues. Les côtés du corps sont traversés par des traits dont les uns sont rouges & les autres noirs ; la partie antérieure du ventre est beaucoup plus pendante que la postérieure : il y a une longue nageoire sur le dos, deux aux ouies, deux au ventre, & une longue au-dessous de l’anus qui se trouve situé presqu’au milieu du ventre. Ce poisson a la chair d’un meilleur suc que la perche de riviere ; elle est tendre, molle, friable & facile à digérer. Rondelet, hist. nat. des poissons, premiere part. liv. VI. ch. viij. Voyez Poisson.

Perche, s. f. (Arpent.) longue mesure dont on se sert dans l’arpentage, ou la mesure des terrains. Voyez Mesure.

Chez les anciens Romains la perche, pertica, étoit de 10 piés ; & encore aujourd’hui beaucoup de géometres lui donnent cette même longueur : on l’appelle autrement catena, funis, & decempeda.

En Angleterre, la perche d’ordonnance, ou établie par la loi est de 16 piés & demi, & pour le bois taillis, &c. elle est de 18 piés. 40 perches quarrées font une vergée ou un quart d’arpent, & 160 font un arpent. Voyez Arpent.

En France la perche ordinaire varie suivant les différentes provinces, ou les différentes coutumes ; c’est à celui qui va faire des arpentages dans un pays, d’en prendre connoissance chez le juge du lieu : à Paris la perche contient trois toises ou 18 piés ; pour les travaux royaux elle a 22 piés. Ainsi la perche quarrée, mesure de Paris, est un quarré qui a trois toises de long sur trois de large. L’arpent contient 100 perches quarrées, c’est-à-dire, en le considérant comme un quarré, qu’il contient 10 perches de longueur sur 10 perches de largeur. Chambers. (E)

Perche d’Arpenteur, s. m. (Arpent.) instrument composé de deux regles qui peuvent s’étendre jusqu’à 10 piés. Ces regles divisées en piés & en pouces, sont accompagnées d’une pinnule mobile : & sur leurs bords on marque les chaînons de la chaîne dont on fait usage. Cet instrument, qui n’est guere en usage qu’en Angleterre, sert dans l’arpentage a prendre aisément ces distances. (D. J.)

Perche, s. f. on appelle ainsi dans le nivellement des bâtons bien droits, équarris par en haut, & armés d’un carton coupé à l’équerre. On nomme encore perche une mesure employée dans l’arpentage des terres, & dont la longueur vaut 20, 22 piés courans en plusieurs jurisdictions, & 18 seulement dans le Parisis. (K)

Perche, le, (Géog. mod.) petite province de France, bornée au nord par la Normandie ; au midi par le Dunois & le Maine, au levant par la Beauce ; & au couchant par la riviere de Sarte. Elle n’a que 15 lieues de longueur sur 12 de largeur.

Ce pays a pris son nom d’une grande forêt appellée Perticus saltus, dont il est fait mention dans plusieurs auteurs, jusqu’à l’an 1000. L’histoire de ses comtes est embrouillée ; mais c’est assez de dire ici, que Jacques de Château-Gontier céda ses droits du comté de Perche à S. Louis, qui par cette cession réunit cette petite province à la couronne de France. Une chose bisarre, c’est qu’elle se trouve de trois différens dioceses, de celui du Mans, de celui de Chartres, & pour la plus grande partie, de celui de Séez, mais pour la justice, le Perche releve entierement du parlement de Paris : sa coutume a été rédigée premierement en 1505, & secondement en 1558.

Les lieux principaux du Perche sont Mortagne, Bellime, & Nogent-le-Rotrou.

C’est dans le Perche, je ne sai où, que naquît vers le milieu du xvj. siecles Jacques de Lorens, poëte françois, riche & curieux en tableaux, mais malheureux en ménage, n’ayant jamais pu s’accorder avec sa femme. Il lui fit après sa mort cette épitaphe :

Ci gît ma femme : ô qu’elle est bien !
Pour son repos & pour le mien.


(D. J.)

Perche, col de la, (Géog. mod.) c’est l’un des passages de France en Espagne par les montagnes. On entre du Roussillon dans la Sardaigne par le col de la Perche. Louis XIV. y fit bâtir une forteresse qu’il appella de son nom le Mont-Louis.

Perches, s. f. pl. (Archit.) ce sont dans l’Architecture gothique certains piliers ronds, menus & fort hauts, qui joints trois ou cinq ensemble, portent de fond & se courbent par le haut pour former des arcs & nefs d’ogives qui retiennent les pendentifs. Voyez ces mots. Ces perches sont imitées de celles qui servoient à la construction des premieres tentes & cabanes.

Perches a feu, (Artificier.) Voyez Lance a feu.

Perche, Porte-perches, Passer a la perche, terme de manufacture en laine, voyez l’article Laine. & l’article suiv.

Perche, (Lainage.) c’est un certain morceau de bois de la grosseur du bras, long d’environ quinze piés, pendu en l’air par les deux bouts, sur lequel les emplaigneurs ou laineurs étendent l’étoffe pour la lainer ou tirer à poil. On dit tirer un drap à la perche, pour dire, le lainer, en tirer le poil avec les chardons sur la perche.

Perche de lisses, (Hautelisserie.) long morceau de bois rond fait au tour, de trois pouces de diametre, & de toute la longueur du métier. Cette perche pose des deux bouts sur les fiches & crochets de fer qu’on nomme des hardilliers ; elle sert à ouvrir & croiser la chaîne de l’ouvrage par le moyen des lisses qui y sont enfilées.

Perche, (Jardinage.) est un long bâton qui sert à soutenir les arbres de haute tige, à faire des treillages, des haies, des paillassons. On se sert dans le nivellement & dans les grands alignemens de perches armées de cartons blancs coupés à l’équerre.

Perche, s. f. (Commerce de bois.) morceau ou piece de bois long, en forme de grosse gaule, ayant un bout beaucoup plus menu que l’autre. Les perches sont ordinairement de bois de châtaignier, ou de bois d’aulne. Elles servent à faire des espaliers, des treilles & des perchis, ou clôtures de jardins. On les vend à la botte, chaque botte composée d’un certain nombre, suivant qu’elles sont plus ou moins grosses.

Perches d’avalans, sont parmi les Marchands de bois, des perches qui servent à conduire les trains. Il en faut six pour un train, quatre de 14 à 15 piés, & deux de 17 à 18, toutes d’environ 10 pouces de circuit. On fait une coche à une de leurs extrémités pour s’en servir avec plus de facilité, & l’autre bout s’aiguise & se garnit d’un fer qui a deux cornes recourbées en-dehors.

Perche, (Teinturier.) ce mot se dit de certains longs bâtons placés en l’air pour y poser les choses que l’on veut faire sécher. Les Teinturiers ont des perches à leurs fenêtres pour y faire sécher les étoffes, les soies, les laines & les fils qu’ils ont teints. Les Blanchisseurs d’étoffes en ont aussi pour étendre leurs draps & leurs serges, après les avoir blanchis. Les statuts des uns & des autres reglent la hauteur à laquelle leurs perches doivent être placées lorsqu’elles sont sur la rue.

Perche, (instrument de Tourneur.) l’arc ou la perche est au tourneur ce qu’est la plume à un écrivain ; c’est-à-dire, si nécessaire, qu’il est impossible de s’en passer. On peut se servir de l’un ou de l’autre en les attachant par-dessus le tour. La perche doit être à-peu-près perpendiculaire au milieu des jumelles, & l’extrémité du côté du tourneur doit avancer tant-soit-peu au-delà des mêmes jumelles. On fait ordinairement ces perches de bois de frêne, de fau, d’if, d’érable, & particulierement de buis, qui est toujours le meilleur, sur-tout si on en trouve sans nœud. La perche doit donc être une piece de bois de plante droite, de la longueur de 7 à 8 piés, de l’épaisseur du bras en son gros bout, allant en diminution jusqu’à l’autre, & un peu planée par-dessous à la maniere d’un cerceau. On la perce par son gros bout, & on l’arrête avec une fiche de fer ronde à une piece de bois attachée au plancher, de maniere qu’elle puisse tourner. Elle doit être supportée environ vers la troisieme partie de sa longueur sur une tringle de bois un peu plus grosse que le bras, longue environ de deux piés, & arrêtée horisontalement à deux montans de bois attachés au plancher. P. Plumier, élem. du tour. p. I. c. ij. (D. J.)

Perche, s. f. (terme de Chasse.) on appelle perches, les deux grosses tiges du bois, ou de la tête du cerf, du daim, du chevreuil, &c. où sont attachés les andouillers. Quand le cerf entre dans sa seconde année, il pousse ses deux petites perches, & dans sa troisieme année les perches qu’il pousse sont semées d’andouillers.

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Phonétique du mot « perche »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
perche pɛrʃ

Citations contenant le mot « perche »

  • Une trentaine de perches infestées par un parasite qui n’avait pas encore été observé en France ont été prélevées par la fédération de pêche du Jura fin décembre. France 3 Bourgogne-Franche-Comté, Jura : un parasite jamais observé en France infeste des perches

Traductions du mot « perche »

Langue Traduction
Anglais pole
Espagnol polo
Italien polo
Allemand pole
Chinois
Arabe عمود
Portugais pólo
Russe столб
Japonais ポール
Basque zutoina
Corse polu
Source : Google Translate API

Synonymes de « perche »

Source : synonymes de perche sur lebonsynonyme.fr

Perche

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