Pécher : définition de pécher


Pécher : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

PÉCHER, verbe intrans.

A. − RELIG. [Dans les relig. monothéistes, en partic., dans la tradition judéo-chrétienne] Commettre un péché, des péchés. Pécher contre Dieu, son prochain, les commandements de Dieu, de l'Église; pécher en pensée, en parole, par omission; pécher gravement. Boire le vin et contempler le visage des femmes, pour le musulman c'est pécher deux fois (Lamart.,Voy. Orient, t.2, 1835, p.70).Comme tous ont péché dans le premier Adam, tous ressusciteront dans le nouvel Adam, dans le Christ glorieux (J. Vuillemin,Essai signif. mort, 1949, p.260):
1. ... le monde moderne a péché surtout contre l'amour, offensé en soi-même l'image de la Trinité en essayant d'imposer aux choses une forme stérile (...). Dans sa période de libéralisme c'est surtout en essayant de répandre sur les choses un amour qui ne procède pas de la vérité, qu'il a offensé en soi l'image de Dieu, péchant alors contre le Verbe, c'est-à-dire contre le principe de l'amour. Maritain,Primauté spirit., 1927, p.151.
Absol. [Le prêtre] dit: −(...) Répétez avec moi: «Mon père, bénissez-moi parce que j'ai péché» (Duhamel,Journal Salav., 1927, p.155).
Pécher contre l'Esprit*, contre le Saint-Esprit*.
Pécher avec qqn.Commettre le péché de la chair. Il a péché avec cette jeune fille. Il doit l'épouser (Aymé,Cléramb., 1950, iv, 9, p.237).
B. − P. ext. [Le plus souvent avec un compl.]
1. [Le suj. désigne une ou des pers.]
a) Pécher contre qqc.Se mettre en contradiction avec une règle morale ou sociale; commettre une faute, une erreur. Synon. contrevenir (à), manquer (à), enfreindre, offenser, transgresser, violer.Pécher contre la bienséance, les bonnes moeurs, les convenances, les règles de la politesse; pécher contre la grammaire. Je pourrais continuer ainsi sans pécher le moins du monde contre les règles de la clarté et de la lucidité (M. de Guérin,Corresp., 1835, p.189).La plupart des auteurs pèchent tantôt contre le bon sens et tantôt contre le goût (Duhamel,Désert Bièvres, 1937, p.147).
b) Pécher par qqc.Commettre une faute, une erreur qui consiste en. Pécher par excès de, par défaut de qqc.:
2. ... c'est par excès d'activité et de confiance en elles-mêmes que pèchent ces nouvelles administrations; elles sont toutes remplies d'un zèle inquiet et perturbateur qui les porte à vouloir changer tout à coup les anciennes méthodes et corriger à la hâte les plus vieux abus. Tocqueville,Anc. Rég. et Révol., 1856, p.304.
Ce n'est pas par là qu'il pèche. Ce n'est pas son défaut majeur. (Dict.xixeet xxes.).
Loc. verb. Punir qqn par où il a péché. Faire que quelqu'un trouve sa punition dans la faute même qu'il a commise. On est puni par où l'on a péché. Il donna de rudes leçons aux ennemis de l'ordre en les punissant par où ils avaient péché (About,Roi mont., 1857, p.28).
2. [Le suj. désigne une chose] Présenter un défaut, des insuffisances. Raisonnement qui pèche par la base, sur un point, contre les règles de la logique. Ces basiliques aux clochetons multiples, lesquelles pèchent contre les règles de l'art, mais n'en représentent pas moins la majesté de la religion et la puissance des siècles (Chateaubr.,Mém., t.2, 1848, p.381):
3. ... quand elle mentait, son récit péchait soit par insuffisance, omission, invraisemblance, soit par excès, au contraire, de petits faits destinés à le rendre vraisemblable. Proust,Prisonn., 1922, p.179.
Prononc. et Orth.: [peʃe], (il) pèche [pε ʃ]. Homon. (un) pêcher. Ac. 1694, 1718: pecher; dep. 1740: pé-. Étymol. et Hist.1. Ca 1050 «commettre un péché» (Alexis, éd. Chr. Storey, 546: Ki ad pechét); 2. a) ca 1215 «faillir, faire défaut» (Raoul de Houdenc, Eles, 609 ds A. Scheler, Trouvères belges, t.2, p.269: amurs, ki de riens n'i pece); 1370-72 (Oresme, Éthiques, éd. A. D. Menut, I, 11, p.125: de tous ces opinions il n'est pas vraysemblable [...] que il pechent en toutes choses); 1663 (Molière, Critique de l'École des Femmes, scène VI ds OEuvres complètes, éd. R. Bray, t.2, p.331: cette Comedie peche contre toutes les regles de l'art); 1682 pécher par excès (La Fontaine, Matrone d'Ephèse, 41 ds OEuvres, éd. H. Régnier, t.6, p.72: de tels regrets Pourroient pécher par leur excès); b) 1314 anc. méd. (Chirurgie Henri de Mondeville, éd. A. Bos, § 1507: Se humeurs en qualité ou en quantité [...] pechent en tout le cors); c) 1694 du vin peche en couleur (Ac.). Du lat. chrét. peccare «commettre une faute contre la loi divine, pécher», lat. class. «commettre une faute, faillir, faire mal; être fautif, défectueux». Fréq abs. littér.: 377. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 447, b) 483; xxes.: a) 593, b) 603.

Pécher : définition du Wiktionnaire

Verbe

pécher \pe.ʃe\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Transgresser la loi divine ou religieuse.
    • Il sera d'autant plus libre, qu'il échangera par sa délivrance l'attrait de pécher contre l’indéclinable attrait de ne plus pécher. — (Augustin d'Hippone, La Cité de Dieu, traduction de L. Moreau, Paris : Vaton, 1845, vol. 2, page 547)
    • Il semble que l'homme ne puisse pas d'abord pécher contre l'Esprit-Saint, sans avoir fait préalablement d'autres fautes. — (La Somme théologique de Saint Thomas, traduction et notes de l'abbé Drioux, Paris : Belin, 1852, vol.4, page 128)
    • L'occasion prochaine se divise en occasion prochaine per se, et en occasion prochaine per accidens. La première est celle qui, vu la fragilité humaine, entraîne, pour tous les hommes, un danger probable de pécher. — (Jacques Valentin, Le Prêtre juge et médecin au tribunal de la pénitence, ou Méthode pour bien diriger les âmes, Bruxelles : M. Vanderborght, 1845, page 46)
    • Pourtant, pécher veut dire simplement viser à côté, rater sa cible; en d'autres mots, ne pas cibler Dieu, mais se mettre soi-même au premier plan : mon intérêt, mes principes, mes avantages et mes convictions passent en premier. — (Robert Henckes, Au rendez-vous de Cana, éditions Fidélité, Namur, 1999, page 129)
  2. Faillir contre quelque règle de morale.
    • Pécher contre les bonnes mœurs. Pécher contre l’honneur. Pécher contre la bienséance.
    • Le scandale du monde est ce qui fait l’offense,
      Et ce n’est pas pécher que pécher en silence.
      — (Molière, Le Tartuffe, Acte IV, scène 5)
  3. (Par extension) Faillir contre quelque autre règle que ce soit.
    • Vous avez péché contre les règles de l’art.
    • Pécher contre le bon sens, contre la vraisemblance, contre les règles de la logique, de la grammaire, de la versification.
    • Cet acte pèche par la forme.
    • Ce raisonnement pèche par la base.
    • Son dialogue en prose semble imité des mélodrames modernes français et pèche par la lourdeur et l’emphase. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, 1840, édition Charpentier, 1859)
  4. Mal user d’une bonne qualité ou d’une bonne intention, la porter trop loin, en avoir l’excès.
    • Il a péché par trop de précaution, par trop de zèle.
    • Il a péché pour vouloir trop bien faire, par trop bien faire.
    • Cela pèche par trop de soin.
    • Cet ouvrage ne pèche que par trop d’esprit.
  5. (Familier) Ce n’est pas par là qu’il pèche : ce n’est pas là son défaut principal ; cette qualité n'est pas celle dont il manque le plus.
    • Vous ne direz pas qu’il est trop conciliant : ce n’est pas par là qu’il pèche.
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Pécher : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PÉCHER. v. intr.
Transgresser la loi divine ou religieuse. Pécher mortellement. Pécher véniellement. Pécher légèrement. Ève fit pécher Adam. Pécher contre le Saint-Esprit. Pécher contre les commandements de Dieu, contre les commandements de l'Église. Prov., Qui perd pèche, On est porté à donner tort à celui qui perd, qui ne réussit pas.

PÉCHER signifie aussi Faillir contre quelque règle de morale. Pécher contre les bonnes mœurs. Pécher contre l'honneur. Pécher contre la bienséance. Il signifie, par extension, Faillir contre quelque autre règle que ce soit. Vous avez péché contre les règles de l'art. Pécher contre le bon sens, contre la vraisemblance, contre les règles de la logique, de la grammaire, de la versification. Cet acte pèche par la forme. Ce raisonnement pèche par la base. Il signifie aussi Mal user d'une bonne qualité ou d'une bonne intention, la porter trop loin, en avoir l'excès. Il a péché par trop de précaution, par trop de zèle. Il a péché pour vouloir trop bien faire, par trop bien faire. Cela pèche par trop de soin. Cet ouvrage ne pèche que par trop d'esprit. Fam., Ce n'est pas par là qu'il pèche, Ce n'est pas là son défaut; cette qualité est celle dont il manque le plus. Vous ne direz pas qu'il est trop conciliant : ce n'est pas par là qu'il pèche.

Pécher : définition du Littré (1872-1877)

PÉCHER (pé-ché. La syllabe pé prend un accent grave quand la syllabe qui suit est muette : je pèche ; excepté au futur et au conditionnel : je pécherai, je pécherais) v. n.
  • 1Transgresser la loi religieuse. Celui n'a point péché de qui la repentance Témoigne la surprise et suit de près l'offense, Rotrou, St Gen. II, 8. Si un homme pèche contre un homme, on peut lui rendre Dieu favorable ; mais, si un homme pèche contre le Seigneur, qui priera pour lui ? Sacy, Bible, Rois, I, II, 25. Tel pèche de la langue qui ne pèche point de cœur, Sacy, ib. Ecclésiastiq. XIX, 16. Le scandale du monde est ce qui fait l'offense, Et ce n'est point pécher que pécher en silence, Molière, Tart. IV, 7. J'essaye autant que je puis de ne m'affliger de rien, et de prendre tout ce qui arrive pour le meilleur ; je crois que c'est un devoir, et qu'on pèche en ne le faisant pas, Pascal, Lett. à Mlle de Roannez, 5. Siècle vainement subtil, où l'on veut pécher avec raison, où la faiblesse veut s'autoriser par des maximes…, Bossuet, Anne de Gonz. Quiconque pèche en un seul article, viole l'autorité de tous les autres, Bossuet, Sermons, Respect vérité, 1. Nos pères ont péché, nos pères ne sont plus, Et nous portons la peine de leurs crimes, Racine, Esth. I, 5.
  • 2 Par extension, faillir contre quelque règle de morale. Pécher contre l'honneur. Ce que j'ai dit suffit pour faire voir combien vous péchez contre la vérité et la discrétion tout ensemble, Pascal, Prov. X.

    Ce n'est pas par là qu'il pèche, c'est-à-dire ce n'est pas là son défaut.

  • 3Faillir contre quelque autre règle que ce soit. Je pèche contre le sens commun, Pascal, Prov. II. N'êtes-vous pas étonné qu'il [l'Arioste] ait pu faire un poëme de plus de quarante mille vers, dans lequel il n'y a pas un morceau ennuyeux, et pas une ligne qui pèche contre la langue ? Voltaire, Lett. Champfort, 16 nov. 1774. Lebrun, disciple de Vouet, n'a péché que dans le coloris, Voltaire, Temple du Goût. On pèche toujours en physique lorsqu'on multiplie les êtres sans nécessité, Buffon, Min. t. I, p. 351.

    Il se dit aussi des choses. Sa comédie pèche contre toutes les règles de l'art, Molière, Crit. 7. Apercevoir par où un raisonnement pèche, Condillac, Conn. hum. II, 7. Chaque climat, par ses influences et par celles de la nourriture, donne une certaine conformation qui pèche par quelque excès ou par quelque défaut, Buffon, Quadrup. t. I, p. 76.

    Ce vin pèche en couleur, par la couleur, il n'a pas sa couleur naturelle.

    Être peccant, en parlant des humeurs. Arrière les humeurs, qu'elles pèchent ou non ; La fièvre est un levain qui subsiste sans elles, La Fontaine, Quinquina, II.

  • 4Pécher, joint à un nom qui exprime quelque chose de favorable, prend le sens de porter trop loin une bonne intention, une bonne qualité : Cet écrivain ne pèche que par trop d'exactitude. Cet ouvrage pèche par trop d'esprit. De tels regrets Pourraient pécher par leur excès, La Fontaine, Matr.

PROVERBES

Celui qui pèche ignore, il ne connaît pas le vrai bien.

Autant pèche celui qui tient le sac que celui qui met dedans, le complice est aussi coupable que l'auteur principal.

Qui perd pèche, se dit de celui à qui une perte fait commettre quelque péché, comme de penser mal de son prochain au sujet de la perte essuyée ; se dit aussi pour signifier qu'on donne tort à celui qui perd.

HISTORIQUE

XIIe s. Mult fuissent à pecher li pluisur deslié, Quant autrement ne fussent destraint par le clergié, Th. le mart. 59.

XIIIe s. Et ses maris [le mari de Lucrèce] meïsmement… s'estudioit à trover Vives raisons por li prover Que ses cors n'avoit pas pechié, Quant li cuers ne volt le pechié, la Rose, 8667. Et se je ne le fes, je peque et sui tenus à rendre ce que je disme malvesement, Beaumanoir, XI, 39.

XIVe s. Il n'est pas vraysemblable ou raisonnable que il pechent en toutes choses et soient faux universelment, Oresme, Eth. 17.

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Étymologie de « pécher »

Étymologie de pécher - Littré

Wallon, péché ; provenç. peccar, pequar ; espagn. pecar ; ital. peccare ; du lat. peccare.

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Étymologie de pécher - Wiktionnaire

(Date à préciser) Du latin peccare (« fauter, pécher »).
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Phonétique du mot « pécher »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pécher peʃe play_arrow

Conjugaison du verbe « pécher »

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Images d'illustration du mot « pécher »

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Traductions du mot « pécher »

Langue Traduction
Corse piscà
Basque arrantzatu
Japonais 魚釣りをすること
Russe рыбачить
Portugais pescar
Arabe لصيد السمك
Chinois 钓鱼
Allemand fischen
Italien pescare
Espagnol para los peces
Anglais to fish
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Synonymes de « pécher »

Source : synonymes de pécher sur lebonsynonyme.fr


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