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Nous

Définitions de « nous »

Trésor de la Langue Française informatisé

NOUS, pron. pers.

I. − Pron. pers. de la 1repers. du plur.
A. − Valeurs sém. [Le locuteur est le terme constant de l'addition de la première personne et d'une autre ou d'autres personnes; la ou les personnes qu'il associe à lui sont, dans son esprit, déterminées individuellement ou collectivement; elles ne sont pas nécessairement présentes, mais toutes sont concernées au même titre que le locuteur lui-même]
1. [Désigne le locuteur associé à une ou à plusieurs autres pers., dans un groupe restreint]
a) [Nous = je + tu (ou + vous de politesse), toi et moi]
[Le tu est déterminé, le locuteur place l'interlocuteur sur le même plan que lui] Il est parti! dit-il. −Alors, nous pouvons causer, mon cher. −Tout à notre aise (Ponson du Terr.,Rocambole,t.3, 1859, p.118).
[Le locuteur s'adresse à un animal ou (littér.) à un objet personnifié] −«Voulez-vous venir avec nous aux bains de mer?» −«Qui cela, nous!» −«Moi et mon oiseau (...)» (Flaub.,Éduc. sent.,t.2, 1869, p.74):
1. Mon beau navire ô ma mémoire Avons-nous assez navigué Dans une onde mauvaise à boire Avons-nous assez divagué De la belle aube au triste soir... Apoll.,Alcools,1913, p.47.
[Le tu est indéterminé, l'auteur associe à lui le lecteur] Représentons-nous donc la lune fixée à l'extrémité du rayon de son orbite terrestre (Bern. de St.-P.,Harm. nat.,1814, p.371).V. entendre II A 2 b α ex. de Thibaudet.
b) [Nous = je + il (ou + elle)] Mes enfants, je suis obligé de vous mettre au collège. Votre mère et moi, nous pensons qu'un précepteur, si dévoué soit-il, ne peut plus vous suffire (H. Bazin,Vipère,1948, p.270).
Fam. et pop. [Nous deux + subst. désignant la pers. que le locuteur unit à lui] Avec cette personne, cette personne et moi. Ça nous ira [ce genre de vie] à nous deux ma femme (Sue,Myst. Paris,t.9, 1843, p.360).V. deux I A 2 a loc. fam.
c) [Nous = je + ils (ou + elles); le groupe désigné par ils (elles) est déterminé individuellement ou collectivement] Elle: Nous devrions être couchés à cette heure-ci! Jean: Nous, madame? Elle: Non, je dis: «nous»... mes amis et moi! (Guitry,Veilleur,1911, i, p.5).Nous demeurions là, des après-midi, coude à coude, le commissaire au milieu, à bercer ensemble nos secrets, nos craintes, et nos espoirs (Céline,Voyage,1932, p.98).
d) [Nous = je + tu (ou + vous) + il(s) (ou + elle(s))] Nous étions toujours contents, elles et nous, de marquer notre amitié (Abellio,Pacifiques,1946, p.16).
2. [Désigne une collectivité plus large dans laquelle s'inclut le locuteur, notamment province, quartier, pays, patrie; nous = je + ils collectif] Nous devons à Napoléon notre Code criminel, qui, plus que le Code civil (...) sera l'un des plus grands monuments de ce règne si court (Balzac,Splend. et mis.,1846, p.379).Êtes-vous du pays? Notre langue, Monsieur, est si belle, que, lorsque nous l'entendons en pays étranger, cela nous fait tressaillir (Mérimée,Carmen,1847, p.35).Ce sont les yeux de l'autorité qui ont «flanché», comme nous disons à Ménilmontant (Frapié,Maternelle,1904, p.77).
3. [Désigne l'humanité en général, la condition humaine, le locuteur et ses contemporains; nous = je + tu (ou + vous) + il(s) + tous; dans ce sens, peut servir de régime à on] Dans quel temps vivons-nous! (Balzac,Illus. perdues,1843, p.610).À partir d'un certain âge, les enfants nous échappent (Gide,Faux-monn.,1925, p.1114):
2. Nous ne sommes pas plus forts que la vie. Interrogeons-la docilement; il ne convient pas de l'interrompre dès que nous avons saisi une, et une seule, de ses paroles: elle a encore beaucoup à nous dire, et nous beaucoup à en apprendre. Huyghe,Dialog. avec visible,1955, p.102.
[Pour exprimer la date] Nous sommes le dix; nous sommes jeudi. −Quel jour sommes-nous, aujourd'hui? −Samedi 15 mars (Mille,Barnavaux,1908, p.71).Louise: Quelle date sommes-nous? Brotonneau: Le 7 mai (Flers, Caillavet,M. Brotonneau,1923, ii, 2, p.11).
4. Valeur de sing. (syllepse de pers.)
a) [Employé pour je]
α) Plur. dit de majesté
[Le nous «autoritaire», des actes officiels] Nous, préfet de la Seine, ordonnons...:
3. Ordonnance créant l'Ordre de la Libération. Au nom du Peuple et de l'Empire français, Nous, Général De Gaulle, Chef des Français Libres, Vu notre Ordonnance no1 du 27 octobre 1940, organisant les pouvoirs publics durant la guerre et instituant un Conseil de Défense de l'Empire... De Gaulle,Mém. guerre,1954, p.323.
[Le nous «emphatique», sans idée d'autorité, ou le nous de pudeur, pour ne pas dire je/moi] «Tenons-nous bien!» pensait le héros... «il va m'arriver quelque chose!» (A. Daudet,Tartarin de T.,1872, p.83).La gouvernante: Ne serait-il point décent que Sa Majesté nous accordât le loisir de nous vêtir? Le cardinal: Recouchez-vous, Madame (...). Les matins sont froids (Audiberti,Mal court,1947, ii, p.154).
β) Plur. dit de modestie. [Le nous d'auteur. ,,C'est par modestie que les écrivains de Port-Royal l'avaient mis à la mode, pour éviter, disaient-ils, la vanité du moi`` (Besch. 1845)] Le lecteur nous permettra donc de ne pas nous occuper plus, à présent, de quelqu'un qu'il reverra suffisamment dans la suite (Gide,Prométhée,1899, p.303).
b) Fam. [Employé pour tu (ou vous de politesse), ou pour la 3epers., même du sing.; pour s'adresser à une ou des pers. ou parler d'elles et exprimer certaines nuances de sentiment (sympathie, condescendance, reproche affectueux, parfois ironie)] Le prince est mon ami, capitaine. −Bon! bon! Ne nous fâchons pas... Vous ne prenez pas une absinthe? (A. Daudet,Tartarin de T.,1872, p.98).Marc: Hé! c'est notre amie Vivette... Où allons-nous donc de si bonne heure, miss Vivette, avec ces gros paquets? (A. Daudet,Arlésienne,1872, ii, tabl. iii, p.404):
4. Assise sur son séant, la mère l'emmaillota largement, de ses mains expertes, plaisantant, répondant à chacun de ses cris: −Oui, oui, je sais, nous avons très faim, très faim... Ça va venir, la soupe est au feu... Zola,Fécondité,1899, p.229.
c) [Employé pour il (ou elle) lorsque le locuteur (mandataire officiel, avocat, notaire) parle en tant que représentant des intérêts de son client, dans le style officiel] Le délégué: Nous prions humblement Votre Seigneurie de nous rendre notre parole (Claudel,Chr. Colomb,1929, p.1166).
B. − Fonctionnement syntaxique
1. [Nous atone, non prédicatif, en fonction de]
a) [Suj.] Depuis que nous avons appris la grande nouvelle de ton transfert dans l'infanterie (...), nous n'avons rien su de toi et nous nous en étonnons (Rivière,Corresp.[avec Alain-Fournier], 1907, p.304).[En concurrence avec on] Nous avions quelquefois des bouffées d'opulence pendant lesquelles l'argent se dépensait avec une ridicule prodigalité; puis, pendant longtemps, on retombait dans un état voisin de l'indigence (Karr,Sous tilleuls,1832, p.270).
[Suj. d'une «prop. infinitive»] Elle nous fit traverser des salles aux plafonds effondrés (G. Leroux,Parfum,1908, p.41).
[Devant voici, voilà] Nous voilà!... Nous arrivons! (Erckm.-Chatr.,Hist. paysan,t.2, 1870, p.14).Nous voici partis tous trois, maman, le curé et moi, pour administrer mon oncle (Maupass.,Contes et nouv.,t.2, Marquis de F., 1886, p.67).
b) [Compl. d'obj. dir.] Ce déluge de la réalité qui nous submerge (Proust,Sodome,1922, p.1115).
c) [Compl. d'obj. indir. ou compl. d'attribution] Elles vagirent comme des enfants: «Ouvrez-nous! Ouvrez-nous!» (Louys,Aphrodite,1896, p.189):
5. Paris nous paraît gris, les femmes nous semblent laides, les roues des voitures nous semblent avoir des chaussons de lisière. Rien de la patrie ne nous sourit, pas même notre intérieur. Goncourt,Journal,1860, p.818.
d) [En emploi pronom., réfl., réciproque ou essentiellement pronom.; compl. d'obj. dir. ou indir.]
[réfl.] Nous feignions, pour ainsi dire, de ne pouvoir nous fixer sur rien (Musset,Confess. enf. s.,1836, p.284).Nous saisirons les ambassades anglaise et russe. Et nous nous laverons les mains du reste (Farrère,Homme qui assass.,1907, p.344).
[réciproque] Nous aurons le loisir de nous connaître et de nous apprécier; nous en viendrons peut-être à nous aimer (Sandeau,Mllede La Seiglière,1848, p.133).Nous sommes rentrées chacune dans notre chambre sans nous rien dire (Hugo,Misér.,t.1, 1862, p.104).
[essentiellement pronom.] Vivons chacun de notre côté et puis, nous nous en irons un jour chacun du nôtre (Goncourt,Journal,1858, p.503).
e) [Compl. d'intérêt, datif éthique, nous soulignant l'intérêt ou l'importance qu'a pour les pers. désignées par nous l'action exprimée par le verbe] Tais-toi, tu vas nous la tuer (Bernanos,Soleil Satan,1926, p.74).Peut-être ben que le Survenant est allé au Congrès eucharistique et qu'il va nous revenir avec une foule de nouvelles à raconter (Guèvremont,Survenant,1945, p.266).
2. [Nous tonique, prédicatif, en fonction de]
a) [Suj. accentué]
[Suj. ou thème d'une prop. infinitive] Et nous de rire, et Bertrand de se fâcher (Sénac de Meilhan,Émigré,1797, p.1726).Vous comprenez, nous, aller nous bagarrer avec ces types-là, qui ne nous ont rien fait, en somme (Malraux,Espoir,1937, p.496).
[Suj. d'une prop. ell.] La mer fut un instant très méchante, et nous fort malades (Michelet,Journal,1834, p.141).
b) [Attribut, notamment après c'est] Ils prétendent posséder une bonne, une excellente physique. «C'est nous les savants!» s'écrient-ils (A. France,P. Nozière,1899, p.165).
c) [Appos. à un subst. ou un pron., notamment le pron. nous atone ou (fam.) le pron. on] Tu es trop jeune. Vingt ans, vous ne vous rappelez pas... Nous, au contraire, on se rappelle (Ramuz,Gde peur mont.,1926, p.6).Chaque famille a ses petits secrets: nous en savons quelque chose, nous! (Bernanos,Joie,1929, p.654).Nous, la délégation −et les gars −on a réfléchi, de notre côté (Malraux,Espoir,1937, p.661).
[Suivi d'une prop. rel.] Nous cependant, qui écrivons ceci, nous tirons notre chapeau à ce cul-de-jatte (Montherl.,Célibataires,1934, p.758).
[Suivi d'une appos.] Une élite dans laquelle, pourtant, nous Français étions admis (Larbaud,F. Marquez,1911, p.11).
d) [En coordination avec un subst. ou un pron. tonique, prédicatif] On s'est habitué, ces lieux et nous, à être ensemble (Barbusse,Feu,1916, p.98).
e) [Compl. prép. (sauf les prép. temporelles durant, pendant, passé, etc.)] Grand saint Joseph, priez pour nous (Hémon,M. Chapdelaine,1916, p.53).
[À nous renforçant le poss. notre, nos] Le temps, c'est notre champ de bataille, à nous. Mieux, c'est notre allié (Bourget,Sens mort,1915, p.135).
[En emploi d'insistance, à la place d'un nous atone] Vous disiez ceci à l'Allemagne; pourquoi ne pas le dire à nous? (Maurras,Kiel et Tanger,1914, p.120).
f) [Compl. de compar.] La ville commence à se remuer autant que nous (Colette,Cl. école,1900, p.265).
g) Loc. et expr. avec nous tonique prép. À nous deux! V. deux ex. 5.Chez nous. V. chez ex. 8, 10 et A 1 ex. de Ringuet.Entre nous (soit dit). V. entre II A.
Malheur* à nous! Misère* de nous! Pauvre de* nous! Ce que c'est que de* nous!
h) [Nous tonique renforcé par]
[autre, fréq. dans l'Ouest et au Canada] Nous autres. V. autre I B 3.
[même] Nous-même(s). V. même II A 2.
Sens réfl.:
6. ... ce qui distingue uniquement la mémoire de la sensation en général, c'est que, dans la mémoire, nous avons conscience que cet objet présent est nous-même, le sujet, à un état antérieur de manifestation. Nous voyons de nous-même, objectivement, une certaine image. P. Leroux,Humanité,1840, p.278.
En partic. En personne. Nous leur donnâmes nous-même une poignée de piastres turques que les jeunes filles se partagèrent (Lamart.,Voy. Orient,t.2, 1835, p.90).
De nous-mêmes. De notre propre initiative, spontanément. V. de1I C ex. 4.
[seul(s), tous] Nous tous ici qui gagnons notre vie péniblement (Mirbeau, Journal femme ch.,1900, p.40).Notre sort dépend donc de nous seuls! Nous sommes les maîtres de notre destin (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p.493).
[un adj. numéral cardinal] V. aussi supra g à nous deux! et supra A 1 b (pop.) nous deux mon frère.Il nous restait environ un kilo de pain à nous quatre (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936p.369).
3. Mécanismes syntaxiques (place, accord, constr., ell.)
a) [En emploi non prédicatif, est antéposé au verbe, sauf]
[en phrase interr. comme suj. (lang. écrite; lang. soutenue)] Ne sommes-nous pas leurs représentants ici? (Giraudoux,Intermezzo,1933, iii, 1, p.157).
[en phrase impérative positive comme compl.] Rends-le-nous. Allons-nous en, la femme nous attend pour la soupe (Aymé,Jument,1933, p.192).
Rem. Ds la lang. fam., parfois, le/la/les sont placés après nous obj. indir. Rends-nous-le, dis-nous-le. Voir Grevisse, Le Fr. correct, Gembloux, Duculot, 1973, p.188.
b) [Le verbe s'accorde]
α) [à la 3epers. du plur. ou du sing. lorsque nous tonique est compl. partitif] C'est elle qui voulait mourir. Aucun de nous n'était assez fort pour la décider à vivre (Anouilh,Antig.,1946, p.196).
β) [à la 1repers. du plur. après c'est nous] Ce n'est pas nous qui avons commencé (Beauvoir,Mandarins,1954, p.223).
γ) [au sing. (ainsi que les subst., adj., part. et appos.) avec un nous = «je» (de majesté, d'auteur, de modestie)] Nous, maire de la commune, convaincu que... Quant à nous, adonné à la lecture heureuse, nous ne lisons, nous ne relisons que ce qui nous plaît (Bachelard,Poét. espace,1957, p.9).
Rem. Lorsque nous désigne une femme, l'accord du part. passé se fait au fém.: Nous nous trouvions placée devant une double impasse (I. Tamba-Mecz, Le Sens fig., Paris, P.U.F., 1981, p.17).
c) [Ell. de nous atone suj. dans une suite de verbes coordonnés ou juxtaposés à la 1repers. du plur.] Nous nous levâmes et prîmes congé (A. France,Vie fleur,1922, p.301).
[Avec une appos. sans reprise de nous tonique] Nous, gens de village, sommes tenus de parler français, pour n'être point repris (Courier,Pamphlets pol.,Au réd. la Quotidienne, 1823, p.205).
[avec deux suj. coordonnés] V. moi, toi, vous.
d) Constr. partic.
Il nous laisse reposer; il nous fait asseoir (ell. du pronom. avec les auxil. factitifs faire, laisser...). Mademoiselle nous laisse un peu reposer, de peur que nous ne soyons trop défraîchies pour le grand jour (Colette, Cl. école,1900, p.279).
Fam. Un ami à nous. Un de nos amis. Il est là-bas chez des amis à nous (Montherl.,Bestiaires,1926, p.502).
Littéraire
Une lettre à nous adressée (antéposition de nous prép. devant un part. passé). L'éditeur Lemerre (à qui nous devons les oeuvres de poésie par nous étudiées à l'instant) (Mallarmé,Dern. mode,1874, p.804).
Il nous veut + inf. (nous antéposé à l'auxil. suivi d'un inf.).Il nous veut terrasser: plions les reins, mais avec élégance (Boylesve,Leçon d'amour,1902, p.178).
II. − Emploi subst. masc. sing. [Avec déterm.] Le nous. La communauté de deux ou plusieurs êtres humains ayant des relations interpersonnelles et des intérêts communs. Elle avait cessé de s'occuper du moi, ou de l'homme individu, de l'homme abstrait, pour s'éprendre du nous, ou de l'humanité (P.Leroux,Humanité,1840, p.140).
PHILOSOPHIE
Dans le platonisme, l'esprit en tant qu'il saisit intuitivement la réalité des choses, l'«Idée» au delà des apparences sensibles (d'apr. Logos). Aristote utilise l'intelligence contre l'affectivité, le nous contre l'éros de Platon (Choisy,Psychanal.,1950, p.227).
,,Chez les existentialistes, «le Nous» désigne un groupe humain caractérisé par des relations authentiques et non pas anonymes. Les membres du groupe gardent chacun une disponibilité spontanée à l'égard d'autrui, et pourtant ils participent à l'obligation collective. Contrairement à l'inauthenticité du «On», le «Nous» sauvegarde l'intimité et le pouvoir de décision des individus`` (Thinès-Lemp. 1975).
Prononc. et Orth.: [nu]. Homon. noue et formes de nouer. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. Pron. pers. 1repers. du plur. tonique et atone A. cas régime direct 1. atone ca 881 précède le verbe (Ste Eulalie, 28 ds Henry Chrestomathie, p.3: ... et a lui [Christus] nos laist venir); 2emoitié xes. (St Léger, éd. J. Linskill, 239: Il [Lethgiers] nos aiud ob ciel Senior); ca 1050 régime d'un inf., lui-même régime d'un autre verbe, nus se place non devant l'inf. mais devant cet autre verbe (St Alexis, éd. Chr. Storey, 11: Puis icel tens que Deus nus vint salver); ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 1149: Li emperere nos devreit ben venger; 1744); 2. tonique a) ca 1100 (ibid., 1747-48: Nostre Franceis ... Truverunt nos e morz e detrenchez, Leverunt nos en bieres sur sumers); b) id. après un verbe à l'impér. en début de prop. (ibid., 1906-07: Paien escrient: ,,Aïe nos, Mahum! Li nostre deu, vengez nos de Carlun!...``). B. Cas régime indirect 1. tonique a)ca 881 après une prép. (Ste Eulalie, 26-27, p.3: Tuit oram que por nos degnet preier [Eulalia] Qued auuisset de nos Christus mercit); fin xes. (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 502: contra nos eps [nos ipsos; a. prov.] pugnar devem); 1365 chiés nous (Froissart, Meliador, éd. A.Longnon, 633); b) après un impér. en début de phrase, fin xes. (Passion, 188: ,,Di nos, prophete, chi t'o fisdret?``); ca 1100 le pron. pers. régime direct précède nus régime indirect (Roland, 2560: ,,Sire, rendez le nus! ...``); 2. atone fin xes. précède le verbe (Passion, 11: La sua morz vida nos rend; 307); ca 1100 le pron. pers. régime direct précède nus régime indirect (Roland, 1008: Respont Rollant: ,,E! Deus la nus otreit!...``; 3013). C. Cas suj. 1. atone 2emoitié xes. plur. de narration représentant l'auteur et ses lecteurs (St Léger, 6: Et or es temps et si est biens Quae nos cantumps de sant Lethgier); fin xes. (Passion, 305: O Deus... Nos te laudam e noit e di); ca 1100 le compl. étant placé en tête de la phrase, le verbe se place entre ce compl. et le suj. (Roland, 77: Dient paien: ,,De ço avun nus asez!``); xiiies. en prop. interr., le verbe précède le pron. (Aucassin et Nicolette, éd. M. Roques, 27, 10, p.29: En quel tere en irons nous?); 2. tonique fin xes. (Passion, 291: El mor a tort, ren non forsfist; Mais nos a dreit per colpas granz Esmes oidi en cest ahanz; 501); fin xiies. nos meïsmes (Béroul, Tristan, éd. A. Ewert, 599). II. Nous peut désigner le locuteur seul, non associé à d'autres personnes A. Ca 1200 (Auberée, 165 ds T.-L.: Se riens vous faut, dites le nous [= moi]); 2emoitié xiiies. (Blancandin, 561, ibid.). B. Ca 1213 nous dit ,,de modestie`` désignant l'auteur parlant à la 1repersonne (Fet des Romains, éd. K. Sneyders de Vogel, IV, 2, 17, t.1, p.726). C. 1241, nous dit ,,de majesté`` par lequel se désigne lui-même un grand personnage dans un acte officiel (Charte de Thibaud, roi de Navarre et comte de Champagne ds Layettes du Trésor des chartes, éd. A. Teulet, t.2, p.447a: Nos Tiebauz...Sachent tuit...que...nostre ami...). III. Emploi subst. 1674 «ensemble formé par deux ou plusieurs personnes» ici, les Muses (La Fontaine, Poèmes, Clymène ds OEuvres, éd. P. Clarac, 1968, t.2, p.35); 1751 (D'Alembert, Discours préliminaire de l'Encyclop. ds OEuvres, éd. Paris, A. Belin, t.1, 1821, p.22). Du lat. nos, pron. pers. de la 1repers. du plur. tonique et atone, quelquefois employé au sens de ego, notamment pour accentuer une opposition (Virgile, Bucoliques, I, 3, 4). Depuis le haut Moy. Âge (Léon le Grand), nos s'emploie comme plur. dit ,,de majesté`` (cf. ixes. Raban Maur [pour une autorité relig.]; id. Dipl. Arnulfi [autorité civile] ds Nov. gloss.) et comme plur. ,,de narration`` pour représenter l'auteur qui s'exprime (2emoitié viiies., Liutger) ou l'auteur et ses lecteurs (xes., ibid.). Fréq. abs. littér.: 334508. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 488618, b) 434681; xxes.: a) 447815, b) 503474. Bbg. Eringa (S.). La Signif. du pron. nous en fr. J. de psychol. normale et pathol. 1950, t.43, pp.171-179. _Furukawa (N.). Le Nombre gramm. en fr. contemp. Tokyo, 1977, pp.122-125. _ Giscard d'Estaing-Mitterand: 54774 mots pour convaincre. Par J.-M. Cotteret, et alii. Paris, 1976, pp.203-213. _Gougenheim (G.).Le Nous de solidarité et de substitution. R. Philol. fr. 1933, t.45, pp.109-117. _Grafström (Å.). On remplaçant nous en fr. R. Ling. rom. 1969, t.33, pp.270-298. _ Hausmann (F. J.). Wie alt ist das gesprochene Französisch? Rom. Forsch. 1979, t.91, pp.431-444. _Loffler-Laurian (A.-M.). L'Expr. du locuteur ds les discours sc. R.Ling. rom. 1980, t.44, pp.135-157. _Spitzer (L.). Vous et nous régimes atones de on. Fr. mod. 1940, t.8, pp.323-343.

Wiktionnaire

Pronom personnel - ancien français

nous \Prononciation ?\

  1. Variante tardive de nos.

Nom commun - français

nous \nu\ masculin singulier

  1. (Rare) Collectivité, souvent nationale, vue par ses propres membres, par opposition à un ou plusieurs groupes perçus comme extérieurs ou étrangers.
    • Dans tout cela, une véritable réflexion sur le nous québécois, sur le nous qu’on est ou qu’on croit être devenu, est absente […]. — (Sébastien Mussi, Le nous absent, Liber, Montréal, 2018, page 50)

Pronom personnel - français

nous \nu\ masculin et féminin identiques pluriel

  1. Pronom de la première personne du pluriel, incluant le locuteur ainsi que d’autres personnes au nom de qui il parle, utilisable en sujet, en complément d’objet, ou en tant que pronom tonique pour marquer l’insistance sur la personne.
    • Nous sommes contents. (masculin ou mixte)
    • Nous sommes heureuses. (féminin)
    • Vous et moi, nous sommes dans le même cas.
    • Toi, lui et moi, nous avons été heureux de nous rencontrer à cette occasion.
    • Ils nous aiment. (complément d’objet direct)
    • Il nous l’a dit. (complément d’objet indirect)
    • Il parle de nous.
    • Il est contre nous.
    • La victoire est à nous.
    • Nous, nous n’oserions pas faire cela.
    • Nous prétendons, nous, ne pas le faire.
  2. Se dit souvent pour désigner une collectivité dont fait partie la personne qui parle, qu’il s’agisse de l’humanité, d’un pays, d’une province, d’une famille, ou encore de gens ayant en commun des idées, des croyances, une formation, des habitudes, etc.
    • La Grèce et Rome nous ont apporté la civilisation.
    • L’administration que l’Europe nous envie.
  3. Il s’emploie aussi quelquefois, dans le registre familier, au lieu du pronom personnel il ou elle.
    • On lui a fait remarquer plusieurs fois sa faute, mais nous sommes opiniâtre, nous ne voulons pas nous corriger.
  4. À l’époque des rois, remplaçait le singulier je ou moi dans les lois, dans les ordonnances, etc. Note : Il s’emploie encore par les évêques dans leurs mandements, et en général par les personnes qui ont caractère et autorité (voir nous de majesté).
    • Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit.
    • (Par plaisanterie) Alors comme ça, nous ne voulons pas ranger notre chambre ?
  5. Dans les romans, essais, travaux universitaires, remplace les pronoms je, me, moi pour désigner l'auteur du texte (voir nous de modestie).
    • En écrivant ces passages dont nous sommes presque effrayé, nous n'avons pu échapper à une sorte de serrement de cœur... — (Eugène Sue, Les Mystères de Paris, Première partie, chap. I, 1842.)
    • Pendant que les scènes que nous venons de décrire se passaient dans l’autre partie du château, la juive Rébecca attendait son sort dans une tourelle éloignée et isolée. — (Walter Scott, Ivanhoé, ch. XXIV, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

NOUS. Pronom personnel des deux genres
, de la première personne du pluriel. Il s'emploie comme sujet, comme attribut et comme complément avec ou sans préposition. Nous, sujet, se place avant le verbe, sauf dans les phrases interrogatives où il le suit. Nous partons. Où allons-nous? Nous peut être attribut : C'est nous. Nous, complément direct ou complément indirect sans préposition, se place avant le verbe. Il nous regarde. Il nous parle. Nous regarde-t-il? Nous parle-t-il? Ne nous regardez pas. Ne nous parlez pas. Toutefois, dans les phrases impératives sans négation, il se place après le verbe. Regardez-nous. Parlez-nous. Nous, complément précédé d'une préposition, se met toujours après le verbe, l'adjectif ou l'adverbe auquel il se rapporte. Il parle de nous. Il est contre nous. On est content de nous. Il n'a rien dit relativement à nous. Je vous l'avouerai entre nous. Mais on dit familièrement, dans le sens de cette dernière phrase, Entre nous soit dit. Nous se répète lorsqu'on veut insister sur la personne, donner plus d'énergie à la phrase. Nous, nous n'oserions pas faire cela. Nous prétendons, nous, ne pas le faire. On nous a insultés, nous! On nous a fait cela, à nous! Il se place par répétition après deux ou plusieurs pronoms sujets du verbe et dont l'un est à la première personne. Vous et moi, nous sommes dans le même cas. Toi, lui et moi, nous avons été heureux de nous rencontrer à cette occasion. Nous se dit souvent pour désigner une Collectivité dont fait partie la personne qui parle, qu'il s'agisse de l'humanité, d'un pays, d'une province, d'une famille, ou encore de gens ayant en commun des idées, des croyances, une formation, des habitudes, etc. La Grèce et Rome nous ont apporté la civilisation. L'administration que l'Europe nous envie. Chez nous, À la maison, dans notre province, dans notre pays. Fam., Nous autres, Nous, de notre côté, Nous, tant que nous sommes de personnes du même côté, du même avis, du même rang. Vous allez jouer, nous autres nous allons à la promenade. Vous désirez une grande opulence, nous autres nous sommes contents d'avoir le nécessaire. Nous-mêmes. Voyez MÊME. Nous s'employait, au lieu du singulier Je ou Moi, par le roi dans les lois, dans les ordonnances, etc. : Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit. Il s'emploie encore par les évêques dans leurs mandements, et en général par les personnes qui ont caractère et autorité : Nous N., certifions. Nous N., déclarons. Un auteur, un orateur le dit quelquefois en parlant de lui-même. Dans cet emploi de Nous, l'adjectif ou le participe qui s'y rapporte se met au singulier. Il s'emploie aussi quelquefois, dans le style familier, au lieu du pronom personnel Il ou Elle. On l'a fait apercevoir plusieurs fois de sa faute, mais nous sommes opiniâtre, nous ne voulons pas nous corriger.

Littré (1872-1877)

NOUS (noû ; l's se lie : noû-z avons), pronom de la première personne au pluriel, qui est des deux genres, et qui sert soit de sujet soit de régime.
  • 1Nous sujet se place avant le verbe, excepté dans les phrases interrogatives. Nous partirons demain. Partirons-nous demain ? Soit que nous nous élevions, pour parler métaphoriquement, jusque dans les cieux ; soit que nous descendions dans les abîmes, nous ne sortons point de nous-mêmes ; et ce n'est jamais que notre propre pensée que nous apercevons, Condillac, Conn. hum. I, 1. Le singe, ayant des bras et des mains, s'en sert comme nous, mais sans songer à nous, Buffon, Quadrup. t. VII, p. 54.
  • 2Quelquefois, par une répétition qui donne de l'énergie à la phrase, on place nous, sujet, avant et après le verbe. Nous voulons, nous, que telle chose se fasse.
  • 3Nous, régime direct ou indirect, se place avant le verbe. Il nous conduit. Il nous a conduits. Il nous parlera. Il nous a parlé. Ne nous parlez pas. Ne nous reconduisez pas. Tout est en feu jusque sur les bords de la rivière de l'Oise ; nous pouvons voir de nos faubourgs [de Paris] la fumée des villages qu'ils [les ennemis] nous brûlent, Voltaire, Lett. 74.

    Il faut en excepter les phrases impératives sans négation. Parlez-nous. Regardez-nous.

  • 4Quand le verbe est réfléchi, nous régime se met avant le verbe. Nous nous convenions. Nous ne nous convenons pas. Ne nous fatiguons pas.

    Il faut excepter les phrases impératives sans négation. Aimons-nous.

  • 5Nous est aussi régime des prépositions. On est injuste envers nous. Une averse est tombée sur nous. Tout tourne contre nous. Entre nous soit dit. Nous plaignons le sort de l'enfance, et c'est le nôtre qu'il faudrait plaindre, nos plus grands maux nous viennent de nous, Rousseau, Émile, I.
  • 6Nous se dit collectivement pour exprimer nos compatriotes dans le présent et dans le passé. Plus d'un écrivain… ne fait point de difficulté de dire nous, nos aïeux, nos pères, quand il parle des Francs qui vinrent des marais delà le Rhin et la Meuse piller les Gaules et s'en emparer ; l'abbé Vély dit nous ; hé ! mon ami, est-il bien sûr que tu descendes d'un Franc ? pourquoi ne serais-tu pas d'une pauvre famille gauloise ? Voltaire, Pol. et législ. Comm. Espr. des lois, XXXIX. Rome autrefois nous [les habitants de la Gaule] trompa, nous désunit, nous massacra, nous enchaîna, Voltaire, Dict. phil. César.
  • 7 Familièrement. Nous autres, ce que nous sommes de personnes du même côté, du même avis, du même rang. Vous allez jouer ; nous autres nous allons à la promenade.

    Nous deux, vous et moi, lui et moi. De nous deux à l'instant que le coupable expire, Voltaire, Mahomet, V, 4.

  • 8Il s'emploie par répétition, avec deux pronoms dont l'un est de la première personne et l'autre de la deuxième ou de la troisième personne ou un substantif. Vous et moi nous partirons ensemble. Lui et moi nous parlerons pour vous. Mon ami et moi nous restons à la campagne. Il nous cherche vous et moi. Ma gloire loin d'ici vous et moi nous appelle, Racine, Mithr. II, 4. Songez-vous quel serment vous et moi nous engage ? Racine, Iphig. V, 2.
  • 9Lorsque nous, employé comme sujet ou comme régime, est joint à un autre nom qui concourt avec ce pronom à former le sujet ou le régime, il faut d'abord mettre nous avant le verbe, puis le répéter après ce verbe, sans préposition s'il est sujet ou régime direct, avec une préposition s'il est régime indirect, afin de le lier avec le nom qui concourt à former le sujet ou le régime. Nous partirons demain, nous et nos domestiques. Il nous a bien traités, nous et nos amis. Il nous a donné de l'argent, à nous et à nos compagnons.
  • 10Quand nous est suivi de qui, on accorde avec nous le verbe dont qui est le sujet. Quand nous, qui vivons sous des lois civiles, sommes contraints à faire quelque contrat que la loi n'exige pas, nous pouvons, à la faveur de la loi, revenir contre la violence, Montesquieu, Espr. XXVI, 20.
  • 11Il se prend dans un sens indéterminé. Il faut laisser ici des gens honnêtes, doux, Par nous-même choisis, qui dépendent de nous, Qui soient à nous, de nous qui lui parlent sans cesse, Collin D'Harleville, Vieux célib. II, 6.

    Dans ce sens, il peut se construire avec on. Au moins en pareil cas est-ce un bonheur bien doux, Quand on sait qu'on n'a point d'avantage sur nous, Molière, le Dép. II, 4. Et qu'on s'aille former un monstre plein d'effroi De l'affront que nous fait son manquement de foi, Molière, Éc. des f. IV, 8.

  • 12 Familièrement. Ce que c'est que de nous ! c'est-à-dire voyez quelle est la chétive condition de l'humanité. Il [un cheval] s'est jeté comme un furieux par-dessus les barres, et s'est crevé le cœur ; j'ai dit en le voyant mort, comme M. de Montbazon : voyez ce que c'est de nous, Sévigné, 460. Ce que c'est que de nous ! moi, cela me confond, Regnard, le Légat. V, 7. Avez-vous vu comme il parlait tout seul ? ce que c'est que de nous ! Beaumarchais, Barb. de Sév. III, 12.
  • 13Il s'emploie au lieu de je ou moi par les personnes qui ont caractère et autorité. Nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit. Dire nous, quoiqu'on ne soit qu'un, lorsque celui qui parle est un souverain ou une personne constituée en dignité, et qu'elle fait un acte solennel de sa volonté ou de son autorité : usage qui, je crois, prit naissance chez les empereurs romains, lorsqu'ils faisaient semblant de prendre conseil du sénat, et d'exprimer dans leurs édits une volonté collective, Marmontel, Élém. litt. Œuv. t. X, p. 365, dans POUGENS.

    Alors l'adjectif ou le participe qui y a rapport se met au singulier : Nous, juge de paix soussigné, sommes convaincu, etc.

    Il se dit aussi pour je ou moi par une sorte d'emphase, et sans qu'il s'y attache aucune idée d'autorité. De notre grandeur seule ayons des cœurs jaloux, Ne vivons que pour nous, et ne pensons qu'à nous, Corneille, Oth. II, 4. …Taisez-vous ; Je vous apprendrai bien s'il faut sortir sans nous, Molière, Éc. des mar. I, 2. Pyrrhus revient à nous ; eh bien, chère Cléone, Conçois-tu les transports de l'heureuse Hermione ? Racine, Andr. III, 3. C'est vous qu'on demande. - Eh bien, que nous veut-on ? Montfleury, Femme juge et part. III, 8. Je demande pourquoi, dans un écrit qui est l'ouvrage d'un seul homme, l'auteur, en parlant de lui-même, se croit obligé de dire nous, Marmontel, Élém. litt. Œuv. t. X, p. 371.

  • 14 Familièrement, il s'emploie au lieu de il ou elle. On l'a fait apercevoir de sa faute, mais nous ne voulons pas nous corriger, nous sommes opiniâtre.
  • 15 Interrogativement, il se dit pour consulter la ou les personnes avec qui l'on est. Célimène : Voulons-nous nous asseoir ? - Arsinoé : Il n'est pas nécessaire, Molière, Misanthr. III, 4.
  • 16Nous-mêmes, voy. MÊME.

    Substantivement, d'autres nous-mêmes, voy. MÊME.

  • 17Dans les phrases où se trouvent en ou y, nous se met avant ces particules et le verbe. Il nous en donnera. Il nous y a conduits. Ne nous en donnez pas. Ne nous y conduisez pas.

    Si la phrase est impérative sans négation, nous se met après le verbe. Menez-nous-y. Donnez-nous-y une place. Donnez-nous-en.

  • 18Chez nous, dans notre maison, dans notre société, dans notre pays. Il est vrai, notre ami ; peut-être que chez vous Vous trouvez des sujets de craindre pour chez nous, Molière, Éc. des femmes, I, 1. Mon cher philosophe militaire, vous m'aviez mandé, il y a deux mois, que vous passeriez chez nous, et je vous attendais, Voltaire, Lett. d'Argence, 3 août 1770.
  • 19 S. m. Le nous. Calliope : Tu devrais l'obliger, pour l'honneur de ton temple, D'aimer ainsi que nous - Uranie : Les Muses n'aiment pas. - Calliope : Et qui les en soupçonne ? Ce nous n'est pas pour nous ; je parle, en la personne Du sexe en général, des dévotes d'amour, La Fontaine, Climène, comédie. Ils commençaient à dire nous ; ah ! qu'il est touchant ce nous prononcé par l'amour ! Staël, Corinne, IV, 1.

    Nous s'emploie quelquefois dans le même sens que l'on dit le moi. Cet être appelé nous est formé de deux principes de différente nature, tellement unis, qu'il règne entre les mouvements et les affections de l'un et de l'autre une correspondance que nous ne saurions ni surprendre ni altérer, et qui les tient dans un assujétissement réciproque, D'Alembert, Disc. prélim. Encycl. Œuv. t. I, p. 192, dans POUGENS.

REMARQUE

Nous se joint par un trait d'union au verbe et aux particules en et y dans les phrases impératives.

HISTORIQUE

Xe s. Tut oram [prions tous] que por nos [elle] degnet preier, Eulalie.

XIe s. Seignor, que faites ? ço dist li apostolie [le pape], Que valt cist crit, cist dol [deuil] en ceste noise ? Chi chi se doilet, à nos otros [à nous autres] est il goie [joie], St Alexis, CI. Nus [à nous] ne semble pas raison que…, Lois de Guill. 44.

XVIe s. Les reproches que nous faisons les uns aux aultres, Montaigne, IV, 45. Voilà la huguenotaille à gronder, chacun à part, sans pouvoir dire nous, D'Aubigné, Conf. II, 111.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

NOUS. - REM. Ajoutez :
2Pour l'emploi de nous comme pronom réfléchi, voy. SE, Rem. 3, 4, 5, 7, 8, 9 et 10.
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Étymologie de « nous »

Bourguig. no ; picard, nos ; wallon, noisez ; provenç. nos ; espagn. et portug. nos ; ital. noi ; du latin nos ; grec au duel, νῶϊ ; sanscr. nas.

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Du latin nōs.
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Phonétique du mot « nous »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
nous nu

Citations contenant le mot « nous »

  • Le bonheur n'est pas un luxe ; il est en nous comme nous-mêmes. Paul Claudel, La Ville (2e version), III, Cœuvre , Mercure de France
  • Nous restons au bord de nous-mêmes. Marcel, dit Jean Guéhenno, La Foi difficile, Grasset
  • De tout ce qui fut nous, presque rien n'est vivant. Victor Hugo, Les Rayons et les Ombres, Tristesse d'Olympio
  • Nous nous pouvons dire en quelque sorte citoyens de nous-mêmes et de notre propre cœur. Pierre Nicole, Essais de morale, Des moyens de conserver la paix avec les hommes
  • Souvent il est plus facile de vivre avec tout le monde extérieur qu'avec ce peuple intérieur que nous portons en nous-mêmes. Pierre Nicole, Essais de morale, Des moyens de conserver la paix avec les hommes
  • L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous. Jean-Paul Sartre, Saint Genet, comédien et martyr, Gallimard
  • Dieu ? Nous nous saluons, mais nous ne nous parlons pas. De Voltaire / Correspondance
  • Nous sommes beaux quand nous nous connaissons et laids quand nous nous ignorons. De Plotin
  • Nous respectons malgré nous ceux que nous voyons respectés. De Joseph Joubert / Pensées
  • Nous nous consolons rarement des grandes humiliations ; nous les oublions. De Vauvenargues / Réflexions
  • Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. De Paul Valéry
  • Nous nous cachons dans la musique afin de nous dévoiler. De Jim Morrison / Personne ne sortira d’ici vivant
  • Ainsi nous tenons à tout, nous nous accrochons à tout. De Jean-Jacques Rousseau / Emile ou de l'éducation
  • Nous nous battrons avec nos rêves. De Michel Jeury
  • Nous avons les souvenirs que nous méritons. De Gérard Bauër / Chroniques
  • Nous sommes un mystère à nous-mêmes. De Jean-Baptiste Massillon
  • Nous parlons plutôt que nous ne pensons. De La Bible
  • Nous ne vivons pas, nous mourons. De Henry Muller / Retours de mémoire
  • Tout nous trahit lorsque nous trahissons. De Sacha Guitry / Quadrille
  • Ce qui nous manque nous instruit. De Proverbe allemand
  • Nous avons notre ancre en nous-mêmes. De Victor Hugo / Philosophie prose
  • Vous pouvez nous faire parvenir vos photos par mail ([email protected]) en indiquant votre prénom, votre nom et l'endroit où vous avez fait vos clichés. Nous les mettrons en ligne sur notre site www.lejsl.com , Région creusotine et autunoise. Neige : envoyez nous vos photos
  • Un complotiste sommeille-t-il en chacun de nous ? Le Monde.fr, Daniel Ziblatt : « Nous avons peut-être assisté à la naissance d’un mouvement au Capitole »
  • Déjà impactée par la crise du Covid-19, la filière canards et foie gras subit de plein fouet ce nouvel épisode d'Influenza aviaire. Car les chiffres ont de quoi donner le tournis. Depuis début décembre, 197 élevages ont été contaminés, dont 170 dans le seul département des Landes, selon les derniers chiffres du gouvernement obtenus lundi par L'Express. Conséquence : plus de 650 000 canards ont été euthanasiés, et "plusieurs centaines de milliers" d'autres le seront à titre préventif dans les prochains jours, selon les derniers chiffres du ministère de l'Agriculture. Pourquoi une telle stratégie de dépeuplement massif alors que le virus H5N8 n'est pas transmissible à l'Homme ? "À court terme, il n'y a pas de risque zoonotique, nous éclaire Jean-Luc Guérin, professeur à l'Ecole nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT) et spécialisé en aviculture et pathologie aviaire. Ce virus est parfaitement adapté aux oiseaux, et surtout aux canards. Mais si on le laissait prospérer pendant des années, des décennies, au sein des élevages, on prendrait le risque de le voir devenir dangereux pour l'Homme". "Si le virus H5N8 n'est pas dangereux pour l'Homme, il pourrait le devenir, abonde Hervé Fleury, virologue et chercheur émérite au CNRS. "H5N1 avait déjà contaminé des humains en Asie, en 2005, avec des taux de mortalité très élevés de l'ordre de 50%. H5N8, qui circule aujourd'hui dans les Landes, est une mutation de H5N1, et on n'est pas à l'abri d'une possible recombinaison à terme de ce virus avec la grippe humaine, par exemple", poursuit le chercheur.   LExpress.fr, "Nous sommes complètement dépassés" : comment l'épidémie de grippe aviaire nous a échappé - L'Express
  • Et pour le tarif ? Est-ce plus cher qu'auparavant ? Je pose la question plusieurs fois, il s'énerve : « On ne nous a rien dit pour le moment ». De fait, visiblement, aucune information ne leur a été délivrée sur ce sujet que l'on pouvait pourtant anticiper. Pour mon Colissimo International, je débourse au final 20,95 euros pour un colis d'une valeur de 15 euros… Fichtre. Sollicitée après coup, la Poste nous précise qu'il y a bien un surcoût depuis le 1er janvier de 3 euros pour les colis, « afin de compenser les nouvelles formalités douanières ». leparisien.fr, Brexit : nous avons essayé d’envoyer un colis au Royaume-Uni… - Le Parisien
  • Ce sport est venu accidentellement en 1992. Ma première Husky, Hivère au Coeur de loup, de chez Jean-Claude Valette, était simplement venue pour m'accompagner pour courir. Nous avons connu des personnes qui entraînaient leurs chiens en forêt de Ferrières en Brie et nous avons entraîné notre chienne avec eux. Ils nous ont fait découvrir les courses. Nous avons eu un deuxième chien. Ensuite, nous avons fait une portée avec notre chienne et avons gardé les chiots. Avec ces chiens nous avons été Champion d'Europe FISTC* en moyenne distance catégorie 6 chiens. Les chiens ont vieilli, nous avons refait une portée et nous avons de nouveau été Champion d'Europe en 2005. Une portée plus tard, avec le Dallas d'Isabelle Travadon, nous nous sommes rendu compte que nous avions suffisamment de chiens pour faire la Grande Odyssée Savoie Mont Blanc.  LCI, La Grande Odyssée – Jean Combazard : "Nous participons à la course pour prendre du plaisir avec nos chiens" | LCI
  • Chacun fait ce qu'il veut, nous ne sommes pas là pour juger, mais ce jouet est à proscrire absolument. En octobre dernier, un chercheur en sécurité prévenait d'une faille dans le Bluetooth, qui permet à un malandrin de prendre le contrôle de l'appareil (lire : L'infortune de la vertu, version chasteté masculine connectée). À l'époque, il n'y avait pas la preuve que la vulnérabilité avait été exploitée… Mais elle l'a bien été, et ce à plusieurs reprises. WatchGeneration, « Payez cette rançon et nous libérons votre pénis » 💸 🔓 🍆 | WatchGeneration

Traductions du mot « nous »

Langue Traduction
Anglais we
Espagnol nosotros
Italien noi
Allemand wir
Chinois 我们
Arabe نحن
Portugais nós
Russe мы
Japonais 私達
Basque guk
Corse noi
Source : Google Translate API

Nous

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