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Muscadin

Variantes Singulier Pluriel
Masculin muscadin muscadins

Définitions de « muscadin »

Trésor de la Langue Française informatisé

MUSCADIN, subst. masc.

Vieilli. Homme qui affecte une grande recherche dans sa mise. Vous allez trop loin, madame Baudoyer, dit-il (...) vous me faites nettoyer mes dents (...) vous me ferez bientôt brosser mes ongles et friser mes cheveux, ce qui ne va pas dans notre commerce: on n'y aime pas les muscadins (Balzac, Employés, 1837, p.50).Il rejoignait, dans les olympiennes sentences de Gaurat, les zones amorphes où se traînaient les Cuche, les Pimparet, les Paturange (...). Vous prétendez au muscadin et haletez comme un hercule de foire (Genevoix, Avent. en nous, 1952, p.129).
Pop. ,,On donne encore ce nom, dans les campagnes, aux farauds de village, aux fils de gros fermiers qui singent les jeunes gens de la ville, aux clercs d'huissier ou de notaire aux manières prétentieuses`` (France 1907). Son amant est sans doute un ouvrier, un apprenti? La portière: − Non, pas vraiment! c'est un muscadin!... un jeune monsieur enfin (Kock, Cocu, 1831, p.46):
. Ceux-là sont des muscadins, dit l'abbé lorsque nous passâmes auprès d'eux. Ils n'ont pas fait leur prière. Ce sont des négociants établis à Venise, et que l'air de notre civilisation a corrompus. Sand, Lettres voy., 1834, p.89.
HIST. (sous la Révolution et le Directoire). Jeune royaliste qui affectait une mise excentrique. Les muscadins ont été remplacés par les incroyables (Ac. Compl.1842).Bonaparte avait surtout en horreur les «muscadins» et les «incroyables», jeunes fats du moment dont les cheveux étaient peignés à la mode des têtes coupées (Chateaubr., Mém., t.1, 1848, p.320).Il y avait [au café de la Nuit] des bagarres, entre ceux qu'on nommait les muscadins, et les autres qu'on appelait les sans-culottes (La Varende, Roi d'Écosse, 1941, p.224).
Emploi adj. Après la Terreur, il [M. Théodore Leclercq] se trouva naturellement de cette jeunesse royaliste plus ou moins dorée et muscadine, qui luttait avec énergie et courage pour la vie élégante et civilisée (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t.3, 1851-62, p.529).
Prononc. et Orth.: [myskadε ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1611 «pastille parfumée au musc» (Cotgr.: moschardin, muscardin); 1616 muscadin (A. d'Aubigné, Tragiques, Princes, 1286 ds Œuvres, éd. H. Weber, p. 84); 2. [1747 nom d'un petit-maître (La Mettrie, La Faculté vengée, II, 8 ds Littré Suppl.)]; 1793 «royaliste qui, sous la Révolution, se distinguait par son élégance recherchée» (Chalier, Lettre, 3 févr. ds La Révolution fr., t. 56, 1909, p. 385). Empr. à l'ital. moscardino (xvies. «pastille parfumée au musc» ds Batt.; xvies. «personne qui soigne particulièrement sa mise», ibid.), dér. de moscado «musc». Le sens spéc. du mot sous la Révolution française est né à Lyon vers 1792-93, v. C. Riffaterre, L'Origine du mot «muscadin» ds La Révolution fr., t.56, 1909, pp.385-390; on trouve grenadier musqué dès août 1792, ibid., p.386. Fréq. abs. littér.: 39. Bbg. Kohlm. 1901, p.51. _ Wind 1928, p.91, 170, 205.

Wiktionnaire

Adjectif - français

muscadin \mys.ka.dɛ̃\

  1. Relatif aux muscadins.
    • Aussi en apprenant votre décret, l’aristocratie et la gent muscadine ont-elles frémi : elles voyaient que désormais elles ne pouvaient plus dominer sept jours de suite, et que le peuple paraissant une fois seulement dans les assemblées politiques, leur astuce et leur perfidie seraient bientôt déjouées. — (Maximilien de Robespierre, Intervention à la Convention nationale, séance du mardi 18 août 1793, Le Républicain françois, 19/09/1793, page 2)
    • Tercier se fait cueillir comme un débutant, au café de Valois, sous les galeries du Palais-Royal, rendez-vous ordinaire de l’opposition muscadine. — (Anne Bernet, Histoire générale de la chouannerie, Perrin, 2000)

Nom commun 2 - français

muscadin \mys.ka.dɛ̃\ masculin

  1. (Désuet) Pastille ou dragée aromatisée au musc, utilisée surtout aux XVIe et XVIIe siècles pour masquer la mauvaise haleine.
    • Que peut être cette bouche, qui de son haleine (disent-ils) embaume tous ceux qui l’approchent, qu’ils appellent l’organe du bien dire, le séjour des graces & des charmes, le Palais où se plaident les arrêts de leurs prétention & où se prononcent les sentences de leurs félicités ? Qu’est-ce qu’un tuyau de mensonge, une voûte relante de mille infections, sujette aux eaux d’ange & d’orange, au muscadin, & autres drogues pour corriger leurs sales défauts, & pour tromper l’imprudence des plus crédules ? — (Polycarpe de La Rivière, Angélique - Des excellences et perfections immortelles de l’âme, Lyon, 1626, page 572)
    • Muscadins. Prenez de la pâte dont on fait les pets de putain, faites des boules comme des poix, mettez-les sur du papier, faites-les cuire au four à feu médiocre , & mêlez du musc dans votre pâte. — (Jean Goulin, Le confiturier françois, N. Oudot, 1664, page 79)
    • Votre haleine seule suffit à faire croire que vous êtes d’intelligence avec la mort, pour ne respirer que la peste ; & les Muscadins ne sauraient empêcher que vous ne soyez par tout le Monde en fort mauvaise odeur. — (Savinien de Cyrano de Bergerac, Contre Soucidas, in Les oeuvres diverses de M. Cyrano de Bergerac, J.-B. Besongne, 1678, page 121)

Nom commun 1 - français

muscadin \mys.ka.dɛ̃\ masculin (pour une femme, on dit : muscadine)

  1. (Histoire) Mot de la Révolution française utilisé sous la Convention (1793) pour stigmatiser les contre-révolutionnaires ou supposés tels, puis appliqué à partir de la réaction thermidorienne (fin 1794) à la « jeunesse dorée » antirépublicaine, caractérisée par son élégance excentrique.
    • Hier, un homme, connu par son patriotisme, passait dans le palais de la Révolution, qui est le repaire des agioteurs. Il entendit six jeunes gens, je dirai plutôt des muscadins, ce nom qu’une jeunesse orgueilleuse s’est fait donner, et qui attestera à la postérité, qu’il a existé en France, au milieu de sa révolution, des jeunes gens sans courage et sans patrie. — (Bertrand Barère, Intervention à la Convention, séance du 5 septembre 1793, in Histoire parlementaire de la Révolution française, tome 29, Philippe-Joseph-Benjamin Buchez, Roux-Lavergne, 1836, page 44)
    • — Bon ! dit le chef de la patrouille, et qui me répondra de toi, monsieur le muscadin ?
      — Danton. Cela te va-t-il ? est-ce un bon patriote, celui-là ?
      — (Alexandre Dumas, Les Mille et Un Fantômes, 1849)
    • Les incroyables et les muscadins, qui furent les élégants et les raffinés de la jeune génération, étaient arrivés à défigurer la parole, en imitant une sorte de gazouillement d’oiseau. Les femmes agrémentaient cette espèce de gamme susurrante, avec des soupirs, des intermittences dans la voix, des demi-sourires et des roulements d’yeux languissants. Les hommes, qui affectaient de prendre, en parlant, les poses les plus nonchalantes, émaillaient leurs discours de « paole d’honneu » et de « je vous zu-e ». — (Paul Lacroix, Directoire, Consulat et Empire : mœurs et usages, lettres, sciences et arts, France, 1795–1815, Librairie de Firmin-Didot et Cie, Paris, 1885, deuxième édition)
    • Au premier étage, il y avait d’abord la chambre de « Madame », très grande, tendue d’un papier à fleurs pâles, et contenant le portrait de « Monsieur » en costume de muscadin. — (Gustave Flaubert, Trois Contes : Un cœur simple, 1897)
  2. (Par extension) (Désuet) Petit-maître, homme qui affecte beaucoup d’élégance dans sa mise.
    • Je ressemblais plutôt à un Esquimau qu’à un Français moi qui jadis passais pour le plus joli des muscadins. — (Honoré de Balzac, Le Colonel Chabert, 1844)
    • Il y eut un dîner à mourir d’ennui tant ces gens firent de salamalecs ; ils avaient avec eux leur fils, un muscadin, un pisse-vinaigre en perruque. — (Italo Calvino, Le Baron perché, 1957, traduit de l’italien par Juliette Bertrand, 1959, page 103)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MUSCADIN. n. m.
Petit maître, homme qui affecte l'élégance dans ses vêtements, en souvenir du nom donné en 1793 aux royalistes qui affectaient une mise recherchée et dont le musc était le parfum préféré. Il a vieilli.

Littré (1872-1877)

MUSCADIN (mu-ska-din) s. m.
  • 1Petite pastille à manger où il entre du musc. Cette plaisante contestation, née à l'hôtel de Rambouillet, s'il fallait dire muscardins ou muscadins, qui fut jugée par l'Académie en faveur du premier, Pellisson, Hist. de l'Acad. III.
  • 2 Fig. Petit-maître, homme qui affecte une grande recherche dans son costume ; ainsi dit du parfum des muscadins (dénomination qui est née durant la Révolution et que Mme de Genlis condamne dans ses Mémoires, t. V, p. 92). Afin de vivre à ma guise en faisant la fortune d'un joli muscadin de bonne volonté, Genlis, Parvenus, t. III, p. 48, dans POUGENS. Dans une autre lettre, il [Bonaparte] montrait beaucoup de jalousie sur la société de Joséphine, et surtout des jeunes muscadins qu'elle recevait journellement, Genlis, Mém. t. V, p. 300, dans POUGENS.

    S'est dit, en particulier, des élégants à l'époque de la république, qui se joignirent au parti thermidorien et plus tard au parti royaliste. Déclara que les nobles, les prêtres et les muscadins étaient prêts à égorger les citoyens, Morellet, Mém. t. I, p. 94, dans POUGENS. Du linge blanc, un habit fin ; Oh ! cet homme est un muscadin, Al. Duval, les Suspects, sc. 16.

HISTORIQUE

XVIe s. Garnir et bas et haut de roses et de nœuds, Les dents de muscadins, de poudre les cheveux, D'Aubigné, Tragiques, Princes.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MUSCADIN. Ajoutez : - REM. Muscadin, au sens de petit-maître, est antérieur à la révolution. Lamettrie, la Faculté vengée, II, 8 (1747), a désigné sous le nom de Muscadin, un médecin de Paris nommé Sidobre, petit-maître empesé, parfumé : " Muscadin : Je suis tout or, jusqu'à mes boucles et mon plat à barbe. " Muscadin est, en outre, le nom d'un personnage comique dans un tableau de Watteau représentant une fête populaire à Lille, nommée fête du Broquelet (du fuseau ;) voy. Mme CLÉMENT, Fêtes civiles et religieuses du département du Nord.

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Étymologie de « muscadin »

(Nom commun 1) (1793, vers 1750 à Lyon) Emprunt par métonymie au nom du muscadin (pastille ou dragée aromatisée au musc), le parfum musqué, signe d’élégance, ayant été associé au cours du XVIIIe siècle à l’excès de raffinement des petits maîtres[1]. Ce mot utilisé pour désigner un type de personnage, attesté à Lyon vers 1750 (« muscadin, n, m. : faire le petit muscadin, le petit maître, le musqué »[2]), était employé par les canuts comme sobriquet des commis de magasin, représentants de la Fabrique[3]. En 1793, les Jacobins l’empruntèrent pour l’appliquer aux défenseurs du siège de Lyon par les armées de la Convention, et le généralisèrent rapidement aux adversaires de la Révolution (ou supposés tels) : royalistes, conscrits qui ne répondaient pas à l’appel, accapareurs de ressources et « traîtres » qui insultaient par leur faste exubérant la misère publique[1].
(Nom commun 2) (XVIIe siècle) Altération de muscardin (XVIe siècle), emprunté à l’italien moscardino (même sens), lointainement dérivé du latin muscus (« musc »). Des disputes eurent lieu au cours du XVIIe siècle sur la forme la mieux admissible du mot, muscardin ou muscadin. Dans une lettre adressée en 1637 à Jean Chapelain, Guez de Balzac défendit ainsi muscardin au nom de l’exactitude étymologique et de l’usage :
  • L’Usage est pour Muscardins, bien que l’oreille soit pour Muscadins. Mais ici comme ailleurs, l’Usage doit tout régler, & de plus, l’origine étant italienne, quel droit avons-nous d’ôter une lettre d’un mot qui n’est pas de notre juridiction ? — (Jean-Louis Guez de Balzac, Lettres familières de M. de Balzac à M. Chapelain, Louis & Daniel Elzevier, Amsterdam, 1661, lettre XXXI du 6 novembre 1637, page 97)
Le salon de l’Hôtel de Rambouillet (fréquenté par Guez de Balzac) vit s’opposer les partisans de muscadin et ceux de muscardin[4]. Vincent Voiture ridiculisa ces derniers par cette épigramme :
  • Au siécle des vieux Palardins
    Soit Courtisans, Soit Citardins,
    Femmes de Cour, ou Citardines,
    Prononçaient toujours Muscardins,
    Et Balardins, & Balardines ;
    Même l’on dit qu’en ce temps-là
    Chacun disait rose muscarde ; [...]
    [4]
L’Académie française trancha finalement en décidant d’inscrire muscadin dans son dictionnaire[5].
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « muscadin »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
muscadin myskadɛ̃

Citations contenant le mot « muscadin »

  • "Il s'agit d'un accord historique !" a glapi le muscadin de l'Elysée à la cantonade lors de sa conférence de presse et via la lucarne de TF1 : plus le mensonge est gros, plus il peut être crédible... Club de Mediapart, Le mentir-vrai du Muscadin | Le Club de Mediapart
  • Il est d'ailleurs significatif que le muscadin élyséen ait choisi "un gaulliste social" pour finir son travail de destruction d'un modèle généreusement inspiré jadis par le CNR afin de reconstruire la cohésion nationale déchirée par l'occupation allemande... Club de Mediapart, Démacronture ? | Le Club de Mediapart
  • Pour Macron, il faut faire diversion ! En plaçant Darmanin, Dupond-Moretti, Bachelot, Pompili, avec tous les reproches, et tous les autres, ceux-ci distrairont les décervelés du bocal BFM, et le muscadin poursuivra sa route de destruction avec certainement les souffles du conseilleur-rhéteur $arkÖzy... Club de Mediapart, GJ Acte 74 / LXXIV (sem.87) PARIS-11/07/2020- LIBERTE EGALITE FRATERNITE | Le Club de Mediapart

Traductions du mot « muscadin »

Langue Traduction
Anglais muscadine
Espagnol muscadine
Italien muscadine
Allemand muscadine
Chinois 麝香碱
Arabe مسكادين
Portugais muscadina
Russe мускатный виноград
Japonais マスカダイン
Basque muscadine
Corse muscadina
Source : Google Translate API

Synonymes de « muscadin »

Source : synonymes de muscadin sur lebonsynonyme.fr

Muscadin

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