Martinet : définition de martinet


Martinet : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

MARTINET1, subst. masc.

Passereau ressemblant à l'hirondelle, aux ailes très étroites, remarquable par la rapidité de son vol et dont on ne trouve en Europe que deux espèces: le martinet noir, à gorge blanche et le martinet alpin, à ventre blanc. Quelques martinets, qui durant l'été s'enfonçaient en criant dans les trous des murs, étaient mes seuls compagnons (Chateaubr.,Mém.,t.1, 1848, p. 116).Dans la grande hirondelle d'église, qu'on appelle martinet, le pied est atrophié (Michelet,Oiseau,1856, p. 155).Des martinets tourbillonnaient gaiement autour d'un clocher pointu (Fromentin,Dominique,1863, p. 138).
Prononc. et Orth.: [maʀtinε]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1375 «martin-pêcheur» (Modus et Ratio, éd. G.Tilander, I, p. 155); 2. 1546 «oiseau du genre hirondelle» (R. Estienne, Dict. Latinogallicum, 99a cité par H. Vaganay ds Rom. Forsch. t. 32, p.103). Dér. à l'aide du suff. -et* du nom propre Martin, pour des raisons inconnues. EWFS2, p.605a suppose un changement de suff. à partir de martelet*, le bec de l'oiseau, fort et puissant pouvant être comparé à un picot. Hyp. difficile à retenir: martinet1* «oiseau» étant postérieur à martinet2*, qui n'a pas le sens de «petit marteau» (v. FEW t. 6, p. 388a et Bl.-W.1-5). Bbg. Guiraud (P.). De la grive au maquereau. Fr. mod. 1966, t. 34, pp. 301-303.

MARTINET2, subst. masc.

A. −
1. Petit fouet formé d'un manche auquel sont fixées des lanières, destiné à corriger, à punir quelqu'un. Grâce! Madame! Madame! Je ne le ferai plus. La Thénardier détacha le martinet (Hugo,Misér.,t. 2, 1862, p. 483).Quand je rentrai, votre tante prit le martinet et m'administra une correction que je reçus avec une joie profonde (Zola,Nouv. contes Ninon,1874, p. 85).
P. anal. On coupe une vingtaine de bouts de ficelle (longueur 60 cm pour préciser). On les attache solidement par un des bouts de manière à constituer deux martinets de 10 fils (Bouasse,Cordes et membranes,1926, p. 29).
2. MAR. ,,Cordages dont la fonction est de tenir soit des mâts de charge, soit les cornes de la mâture dans leur position normale`` (Le Clère 1960).
Rem. Jal1suggère que le sens 2 est une extension par analogie du sens 1: ,,Les marins ont comparé à cette discipline un assemblage de petites cordelettes attachées à une corde plus grosse, et servant à divers usages``.
B. −
1. Marteau-pilon à faible puissance et à cadence rapide (d'apr. Bader-Th. 1962). Les ronflements étaient produits par les ventilateurs, les coups sourds par les martinets et les pilons (Malot,Sans fam.,1878, p. 40).On entendait la danse violente et acharnée de deux martinets, qui battaient là comme le pouls même du colosse, dont tous les fours flambaient à la fois, dévorateurs de vies (Zola,Travail,t. 1, 1901, p. 4):
. ... si nous passons dans le domaine de la mécanique, nous voyons un certain nombre de machines-outils qui facilitent le travail, mais principalement au point de vue de l'ajustage et du montage. C'est le petit marteau-pilon ou martinet [it. ds le texte] qui date des premiers temps de la ferronnerie, mais qui a été perfectionné; avec cette machine on peut étirer rapidement des barres de fer; elle remplace avantageusement le travail d'un aide-frappeur, car le martinet peut être manoeuvré au pied, par un seul homme. Arts et litt., 1935, p. 22-4.
2. Synon. de marteau.[Adamas] plaça sur une table (...) un timbre avec son martinet, et un mouchoir de fine toile de Hollande, tout parfumé de musc (Sand,Beaux MM. Bois-Doré,t. 1, 1857, p. 90).
C. − Vieilli. Petit chandelier muni d'un manche et d'un crochet. [Godefroid] entendit le bruit de ferraille causé par les clefs que Manon prenait dans un tiroir, et il lui vit allumer la chandelle d'un grand martinet en cuivre jaune (Balzac,Mmede La Chanterie,1850, p. 229).[Des coups de poing] qui faisaient trembler les suifs dans des martinets de fer (Gautier,Fracasse,1863, p. 314).
Prononc. et Orth.: [maʀtinε]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. 1. 1315 «forge» (Pactum inter Joan dalph. et Petr. Barral. ds Du Cange), hapax; 2. 1369 «engin à contrepoids, propre à lancer de grosses pierres» (Delisle, Mandem. de Charles V, no538 ds Gay); 3. 1858 métall. (Chesn.). II. 1. 1564 «type de chandelier» (Thierry); 2. 1677 mar. martinets (C. R. Dassié, L'Architecture navale d'apr. FEW t. 6, p. 386a); 3. 1743 «sorte de fouet formé de lanières de cuir» (Trév.). I prob. dér. à l'aide du suff. -et* du nom propre Martin, procédé fréquent pour désigner des outils (v. martin2). II emplois métaph. de martinet1* «oiseau»: sens 1 à partir de la forme du corps de l'oiseau en vol, les pattes étant repliées sous le ventre; sens 2 et 3 à partir de la forme étalée de la queue de l'oiseau. Bl.-W.1-5suppose également pour 3 une dér. à l'aide du suff. -et* et Martin au sens de «bâton», cf. martin-bâton. Fréq. abs. littér.: 71. Bbg. Quem. DDL t. 13. _ Vidos (B. E.). Rech. sur l'hist. et les orig. du lex. rom. Neophilologus. 1948, t. 32, pp. 156-157.

Martinet : définition du Wiktionnaire

Nom commun 1

martinet masculin

  1. (Ornithologie) Espèce d’oiseau à très longues ailes et à pattes très petites, migrateur. Ressemblant à l'hirondelle, il ne lui est en fait pas du tout apparenté génétiquement : il appartient à la famille des apodidés.
    • Salut, clochers où vient nicher le martinet. — (Victor Hugo, Les Quatre Vents de l’esprit, Jersey)
    • C’est aujourd’hui la propriété d’un vieil ami de celui qui raconte cette histoire, et tout le monde est tellement habitué à son aspect, si terrible qu’il soit, que le premier paysan venu va chercher, l’été, l’ombre de ses hautes murailles sans plus de crainte que les martinets aux grandes ailes noires et aux cris aigus, et les hirondelles aux doux gazouillements, qui, chaque année, viennent y suspendre leurs nids. — (Alexandre Dumas, Le Meneur de loups, chap. 1)
    • Ces champs ne sont-ils pas à moi, et ces bois chanteurs, et ce ciel que raye continuellement le vol fantaisiste des martinets ? — (Octave Mirbeau, Ma chaumière, dans Lettres de ma chaumière, 1885)
    • La destruction des hirondelles est au reste le plus cruel des avicides , car ces oiseaux ne se nourrissent que de moucherons, et ne causent aucun préjudice. Il en est de même du martinet et du crapaud-volant. — (Abbé Decorde, Considérations sur l'utilité des oiseaux en agriculture, Congrès scientifique de France, 28e session, tenue à Bordeaux en septembre 1861, Paris : chez Derache & Bordeaux : chez Coderc, Degréteau & Pujol, 1862, vol. 1, p. 98)
    • – Voyez-vous ce mince oiseau noir qui passe et repasse ? C’est un martinet pourpré.
      – Eh bien ?
      – Un martinet pourpré. S’il était jour, vous verriez son dos bleu, les belles petites plumes rousses de son ventre.
      — (Pierre Benoit, Le lac salé, Albin Michel, 1921, collection Le Livre de Poche, page 37)

Nom commun 2

martinet masculin

  1. (Technique) Marteau qui est mû ordinairement par la force de l’eau et qui sert dans les forges, dans les moulins à papier, à tan, à foulon, etc.
    • Dans la principauté de Blankenbourg, on trouve une marbrière , une fabrique de cobalt, quatre hauts-fourneaux et plusieurs forges, martinets et fours à chaux et à plâtre. — (Géographie Mathématique, Physique et Politique de toutes les Parties du monde, Paris : H. Tardieu & laporte, an XII, vol.5, page 138)
    • Nos fers passent de l'état de lopins de fonte à peine corroyée au martinet, à l'état de barres par le laminage au cylindre. — (Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle - Tome 8, Serrurerie)
    • Alors, on levait les vannes de l’étang, l’eau faisait se mouvoir la roue à aubes qui commandait le martinet, l’immense marteau horizontal se soulevait, retombait, cognait dur et lourd sur la fonte chaude, d’où fusaient des millions de vives étincelles, et la transformait lentement en fer. — (Léonce Bourliaguet, Les aventures du petit rat Justin, Société universitaire d’Éditions et de Librairie, 1935, page 40.)
    • (Marbrerie) Forte molette de grès à laquelle est attachée une corde pour la faire mouvoir, et qui sert, avec du grès pulvérisé et de l'eau, à égriser les carreaux de marbre.
  2. Petit fouet composé d’un manche en bois et de quelques lanières de cuir d’une vingtaine de centimètres dont on se sert pour battre les habits et qui était aussi utilisé autrefois pour corriger les enfants difficiles.
    • Aussitôt je saisis le glaive de la justice, mon martinet, et je lui applique… — (Eugène Labiche, Le Club Champenois)
    • Le dimanche, la trompette les assemble à l’église, où l’on voit accrochés trois martinets qui servent à punir les délinquants, les voleurs et les intrus, car leur discipline est sévère. — (Gustave Flaubert, La Tentation de saint Antoine)
    • Ni les marionnettes, ni l’pain n’épice
      N’ont produit d’effet.
      Mais l’martinet
      A vit rappagé l’petit Narcisse
      — (Alexandre Desrousseaux, P'tit Quinquin)
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Martinet : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MARTINET. n. m.
Espèce d'hirondelle à très longues ailes.

Martinet : définition du Littré (1872-1877)

MARTINET (mar-ti-nè ; le t ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des mar-ti-nè-z en troupes ; martinet rime avec traits, paix, succès, etc.) s. m.
  • 1Espèce d'hirondelle à très longues ailes. Les martinets étaient pour Linné dans les espèces du genre hirondelle ; on en a fait un genre (cypselus) à trois espèces : 1° le martinet noir ou martinet de muraille, cypselus apus, Illiger ; 2° le martinet à ventre blanc, cypselus melba, Illiger ; 3° le martinet velocifère, cypselus velox.
  • 2Se disait autrefois des externes des colléges, probablement comparés à des oiseaux fuyards.

HISTORIQUE

XVIe s. Il y a encore des escoliers qui demeurent en ville hors les colleges, qui vont ouir les leçons d'uns et autres regens, selon que l'opinion leur en prend, ou aux maistres qui les gouvernent ; les jeunes appelez martinetz par nous, et les autres galoches, Pasquier, Recherches, liv. IX, p. 792, dans LACURNE.

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Étymologie de « martinet »

Étymologie de martinet - Littré

Diminutif de Martin 1

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Étymologie de martinet - Wiktionnaire

(Vers 1375)[1] Dérivé de Martin avec le suffixe -et[2] → voir martin, martin-pêcheur et martin-bâton.
(1315)[1] Apparait avec le sens de « forge », de même formation que le précédent[1] ou diminutif[2], comme marteau, du latin marcus (« marteau »), devenu *martus en bas-latin. L’ancien français martin correspond à notre martel en tête.
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Phonétique du mot « martinet »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
martinet martinɛ play_arrow

Citations contenant le mot « martinet »

  • Restait à savoir si l’oiseau, identifié comme un martinet, pourrait reprendre son envol. Les pompiers ont tout essayé, un cocon avec la main pour lui redonner confiance, une piste de décollage en le posant sur le sol pour qu’il redémarre seul. Jusqu’à asperger l’animal de quelques gouttes d’eau pour lui redonner de la vigueur. Tandis qu’autour d’eux, le public s’improvisait ornithologue d’un soir, chacun y allant de son petit conseil. Rien n’y a fait : le martinet est resté au sol. Diagnostic : une aile cassée. , Faits-divers - Justice | [Vidéo] Un tout petit martinet sauvé par une grande échelle
  • Le jeune martinet noir . © Ouest-France , Quiberon. Jean-Louis a nourri et relâché un jeune martinet noir - Vannes.maville.com

Traductions du mot « martinet »

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Synonymes de « martinet »

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