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Lecture

Variantes Singulier Pluriel
Féminin lecture lectures

Définitions de « lecture »

Trésor de la Langue Française informatisé

LECTURE, subst. fém.

A. − [Correspond à lire I A]
1.
a) Action de lire, de déchiffrer visuellement des signes graphiques qui traduisent le langage oral. Lecture à haute voix, mentale, silencieuse. Le seul danger est qu'une licence n'en amène une autre et que l'orthographe ne devienne tellement personnelle que la moindre lecture exige un travail de déchiffrement (Gourmont, Esthét. lang. fr.,1899, p. 71).
ENSEIGN. [Matière de l'enseignement élémentaire] Livre de lecture; écriture et lecture. Alors, j'entendis et je vis qu'un exercice de lecture au tableau était déjà en train, dans la classe des grands, éclairée sur la cour et séparée de celle-ci (Frapié, Maternelle,1904, p. 24).Un premier accessit de lecture (Gyp, Souv. pte fille,1928, p. 206).
SYNT. Apprentissage de la lecture par des méthodes analytiques ou globales, mixtes, gestuelles, synthétiques ou phonétiques.
PSYCHANAL. Erreur, faute de lecture. Dans les erreurs de lecture, nous nous trouvons en présence d'une situation psychique qui diffère nettement de celle des lapsus de la parole et de l'écriture (Freud, Introd. psychanal., trad. par S. Jankélévitch, 1923, p. 82).
b) Fait de savoir lire. Jusqu'ici, et depuis la plus haute antiquité, la lecture et l'écriture étaient les seuls modes d'échange comme les seuls procédés de travail et de conservation de l'expression par le langage (Valéry, Variété III,1936, p. 48).
2. Déchiffrage de toute notation.
Lecture d'une carte. On me rase avec cette histoire de certificat militaire. On en a reçu le programme. (...) la gymnastique, mouvements, boxe, etc... et la lecture de la carte d'état-major (Alain-Fournier, Corresp. [avec Rivière], 1907, p. 231).
MUS. Lecture d'un morceau de musique, d'une partition. Reconnaître, à lecture et à audition, la tonalité d'un fragment sans altérations chromatiques dans les modes classiques et le mineur (Enseign. mus., 1, 1950, p. 14).
En partic.
Lecture labiale, lecture sur les lèvres. ,,Observation faite par une personne sourde des mouvements articulatoires et faciaux qui accompagnent le langage parlé pour arriver à sa compréhension`` (Kamen. 1972). Synon. labiolecture (s.v. labio-).
Lecture tactile. Lecture pratiquée par les aveugles qui se servent de livres imprimés en relief (Ds Greimas-Courtés 1979).
Lecture de pensée. Fait de lire la pensée cachée de quelqu'un en observant ses manifestations musculaires involontaires (ds Piéron 1973).
B. −
1.
a) [Correspond à lire I B] Action de prendre connaissance du contenu d'un texte écrit pour se distraire, s'informer. Lecture favorite; lecture d'un auteur, d'un écrivain, d'un poète; être absorbé, enfoncé, plongé dans la lecture d'un journal, d'un livre; un livre d'une lecture entraînante. La lecture des romans fausse l'imagination des jeunes personnes du sexe en leur créant une nature humaine idéale qui désenchante les relations communes de famille, de société (Maine de Biran, Journal,1816, p. 126).Je m'absorbai dans la lecture de l'affiche et j'évitai de me retourner (Duhamel, Confess. min.,1920, p. 132):
1. Le couple donc, − deux hommes, − a sonné tout à l'heure à ma porte, alors que, confiant dans la trève mondaine du dimanche, j'étais plongé dans la lecture de Bajazet, tragédie turque de M. Racine. Farrère, Homme qui assass.,1907, p. 60.
Lecture cursive*.
[Sans compl.] La première lecture garde trop de passivité. Le lecteur y est encore un peu un enfant, un enfant que la lecture distrait. Mais tout bon livre à peine achevé doit être immédiatement relu. Après l'esquisse qu'est la première lecture, vient l'œuvre de lecture (Bachelard, Poét. espace,1957, p. 38).
BIBLIOTHÉCON. Près d'un milliard d'ouvrages était consacré aux bibliothèques de lecture publique (Masson, Salvan, Bibl.,1961, p. 92).
Locutions Cabinet de lecture. Lieu où moyennant un abonnement, on peut lire ou emprunter des livres. Dumouchel prit, en leur nom, un abonnement à un cabinet de lecture (Flaub., Bouvard, t. 1, 1880, p. 120).
Salle de lecture. C'est à la bibliothèque de Saint-Pétersbourg, hiver 1905. La grande salle de lecture est silencieuse comme un tombeau (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 103).
Salon de lecture. Salon-bibliothèque.
ENSEIGN. Lecture rapide. L'expression « lecture rapide » désigne en fait la lecture efficace moderne; cette efficacité porte sur : la vitesse de lecture; la compréhension du texte lu; la mémorisation du texte lu (d'apr. Commun. 1971). La Lisibilité et la Lecture Rapide ne visent nullement à brimer écrivains et lecteurs, mais au contraire à leur permettre de communiquer sans déformation, ni entrave (F. Richaudeau, La Lisibilité, Paris, Denoël, 1969, p. 141).
RELIG. [Portant sur les textes de l'Écriture, de la Vie des Saints que l'on lit pour soi ou à haute voix en public] Une heure d'oraison, une demi-heure de lecture spirituelle, le chemin de la croix (Dupanloup, Journal,1855, p. 178).
b) Arg. Être en lecture. [En parlant d'une prostituée] ,,Être occupée avec un client`` (Esn. 1966).
2. [Correspond à lire IB2] Action de porter à la connaissance d'une (ou plusieurs) personnes le contenu d'un texte.
a) Action de lire un texte à quelqu'un pour le distraire, l'informer. Donner lecture; faire la lecture à qqn d'une lettre, d'un livre. Hélène ouvrait sa boîte à couleurs, préparait sa toile et se mettait à peindre, tandis que Gérard lui faisait la lecture (Theuriet, Mariage Gérard,1875, p. 113).Il arrivait aussi que maman me demandât de poursuivre à haute voix la lecture commencée pour moi seul (Duhamel, Confess. min.,1920, p. 174).
b) Action de lire un texte à quelqu'un de manière officielle. Lecture d'un arrêt, d'une proclamation. Le jury ayant répondu affirmativement à toutes les questions posées, le président fit lecture de la sentence, qui condamnait Apolline à la peine capitale (Borel, Champavert,1833, p. 35):
2. ... les formalités, la lecture du code, les questions posées, la signature des pièces, furent expédiées si rondement, qu'ils se regardèrent, se croyant volés d'une bonne moitié de la cérémonie. Zola, Assommoir,1877, p. 436.
En partic., domaine du théâtre.Examen d'une pièce par un comité. C'est notre lecture à la Comédie-Française,... Déjà! C'est pour après-demain (Goncourt, Journal,1865, p. 159).
Comité de lecture. Il est plus difficile pour vous d'être reçu par le théâtre que par le public. Le vieux comité de lecture vaincu, tout est dit (Hugo, Corresp.,1862, p. 383).
DR. CONSTITUTIONNEL. ,,Dans la terminologie parlementaire, discussion d'un projet ou d'une proposition de loi par une assemblée`` (Jur. 1971). Le conseil de la République examine, pour avis, les projets et propositions de loi votés en première lecture par l'Assemblée Nationale (Doc. hist. contemp., Constitution, 1946, p. 185).
3. Ce qui est lu. Avouez franchement, mon cher sénateur, que vous voulez me séduire et m'embarquer dans vos lectures favorites (J. de Maistre, Soirées St-Pétersbourg, t. 1, 1821, p. 229).À vous deux, vous aviez conçu un projet, inspiré peut-être de vos lectures d'enfant (Mauriac, Mal Aimés,1945, p. 151):
3. Et pourtant, avec un peu de recul, on se prend à aimer cela; en songeant que ç'a été la lecture d'une époque naïve, superficielle, élégante et insupportable! Rivière, Corresp. [Alain-Fournier], 1907, p. 278.
Avoir, prendre de la lecture (fam.). ,,Avoir, prendre de quoi lire`` (Rob.).
Le plus souvent au plur. Bonnes, mauvaises, saines lectures. Il y a de bonnes lectures. Ne pas se croire obligé de tant lire, de tout lire (...). Il y a de mauvaises lectures : peste à éviter (...). Un mauvais livre, un mauvais journal suffisent à perdre une âme, beaucoup d'âmes (Marcel1938).
4. Savoir, culture tirée des lectures. Que d'expériences, de faits, de lectures! Quelle érudition, quelle perspicacité (Flaub., Corresp.,1864, p. 4).
C. − Moderne
1. Manière de comprendre, d'interpréter un texte, un événement. Lecture plurielle. Dans le mal, comme dans le rêve, il n'y a pas de lectures multiples. D'où la simplicité des criminels (S. Weil, Pesanteur,1943, p. 27).
2. SÉMIOTIQUE LITTÉR. ,,Mise en œuvre d'un ensemble de procédures d'analyse portant sur un texte donné`` (D.D.L. 1976).
D. − TECHNOLOGIE
1. ACOUSTIQUE
Lecture rapide. ,,Passage à vitesse accélérée d'une bande magnétique enregistrée sans qu'elle cesse d'être compréhensible`` (Radio 1972).
Lecture au son. ,,Déchiffrage d'un texte en code morse par différenciation de signaux audibles`` (Électron. 1963-64).
Lecture d'enregistrement. Reproduction des sons enregistrés sous leur forme originale. Lecture par le pick-up (cf. Rob.;Électron.1963-64).
Tête de lecture (d'un électrophone). Lecteur terminé par un bras de lecture et par une pointe de lecture, constituée par une aiguille ou un cristal en contact avec le sillon du disque (cf. Rob. Suppl. 1970; ds Lar. Lang. fr.).
Têtes de lecture, d'enregistrement, d'effacement (d'un magnétophone). ,,Circuits magnétiques qui impressionnent ou sont impressionnés par des supports d'enregistrements magnétiques`` (Électron. 1950). Défilant à la bonne vitesse, il ne faut pas pour autant que la bande se balade à son gré devant les têtes de lecture (Que choisir?avr. 1981, no161, p. 20).
2. INFORMAT. Acte de lire un support informationnel pour en extraire le contenu afin de le transcrire sur un autre support, de le coder, de le traiter par algorithmes ou programmes, ou de l'éditer en clair. Lecture directe, magnétique, optique (Bureau 1972). V. magnéto-lecture s.v. magnéto-.
Prononc. et Orth. : [lεkty:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. 1. Ca 1350 « instruction, enseignement » (Gilles li Muisis, Poésies, éd. K. de Lettenhove, I, 106); 2. ca 1380 « texte liturgique » (Jeh. des Preis, Geste de Liege, 38632 ds Gdf.); 3. id. « savoir acquis en lisant » (Id., ibid., 6502 ds Gdf.); 4. 1445 « action de lire, à haute voix » (Livre Roisin, éd. Brun- Lavainne, 415), 1561 « action de lire, pour soi » (J. Grevin, Gelodacrye, éd. L. Pinvert, p. 344); 5. 1676 « ce qu'on lit » (Mmede Sévigné, Lettres, éd. M. Monmerqué, t. 5, p. 43); 6. 1741 « action de déchiffrer toute espèce de notation (ici la musique) » (M. Corette, Méthode de violoncelle, 1); 7. 1789 « chacune des discussions auxquelles est soumise un projet de loi » (Règl. du 29 juillet ds Brunot t. 9, 2, p. 778); 8. 1959 « première phase de la reproduction des sons enregistrés » (Électron.). II. 1717 « discours, sermons » (Nouv. de la République des Lettres, p. 295 ds Barb. Infl., pp. 16-17); 1795 « conférence » (De La Tocnaye, Promenade autour de la Grande Bretagne, 194, ibid.) I empr. au lat. médiév. lectura « lecture, études, érudition, commentaire juridique » (xiveds Nierm.). II empr. à l'angl. lecture « conférence » (1536 ds NED), de même origine que le français. Fréq. abs. littér. : 5 671. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 7 250, b) 9 097; xxes. : a) 7 838, b) 8 342. Bbg. Dossiers de mots... Néol. Marche. 1979, no11, p. 43 (s.v. lecture magnétique), p. 44 (s.v. lecture optique). - Maulnier (Th.). Le Sens des mots. Paris, 1976, pp. 133-134.

Wiktionnaire

Nom commun - français

lecture \lɛk.tyʁ\ féminin

  1. Action d’une personne qui lit à haute voix.
    • Sa lecture est parfaite. Sa lecture est monotone.
  2. (En particulier) Reproduction par la voix d’un texte écrit ou imprimé.
    • On fit la lecture du contrat de mariage en présence de tous les parents.
    • J’ai assisté hier à la lecture d’une belle pièce.
    • Ce discours est moins intéressant à la lecture qu’à l’audition.
    • Cette pièce est de celles qui gagnent à la lecture.
  3. Action, habitude de lire seul et des yeux, pour son instruction ou pour son plaisir.
    • Aristote n'a connu que le bras hectocotylisé des octopus, comme on peut s'en convaincre facilement par la lecture attentive des passages en question, mais il l'a connu fort exactement. — (Japetus Steenstrup, « La formation des hectocotyles chez les Argonautes et les Tremoctopus expliquée par la découverte d'organes analogues chez les Céphalopodes en général », dans les Archives des sciences physiques et naturelles, tome 36, Lausanne : chez Georges Bridel & Paris : chez G. Masson, 1882, p. 76)
    • Toute l’action, dans la lecture, est le fait de celui qui lit. Voilà pourquoi les liseurs les plus attentifs, les moins lassables, se recrutent parmi les gens habituellement environnés de repos, les gens qui ne voient pas beaucoup remuer le monde autour d’eux. — (La Revue de France, sous la direction éditoriale de Marcel Prévost & ‎Raymond Recouly, La Renaissance du livre, 1922, vol. 2, no 5, p. 686)
    • Ce canapé restera pour moi celui de Guerre et Paix : on se souvient de la date et du lieu d’une lecture, quand elle a été une grande joie. — (José Cabanis, Les cartes du temps, Gallimard, 1962, Le Livre de Poche, page 23.)
    • Les longs étés à Nollet, et les lectures dans la fraîcheur du salon, sur le canapé de Guerre et Paix, les lectures aussi de l’automne devant un grand feu, et les nuits tôt venues de l’hiver où dans un lit calfeutré on n’en finit plus de lire, tandis que le vent passe et tourne autour de la maison. — (José Cabanis, Les cartes du temps, Gallimard, 1962, Le Livre de Poche, page 87.)
    • Sur le canapé du salon, qui serait plus tard celui de Guerre et Paix, commencèrent mes premières longues lectures de l’été, qui ont une saveur si particulière dans une pièce fraîche aux volets clos. — (José Cabanis, Les cartes du temps, Gallimard, 1962, Le Livre de Poche, pages 125-126.)
    • Comme la lecture est l’acte le plus individuel qui soit (bien plus encore que l’acte sexuel), on comprend qu’elle soit un « horrible danger » pour toute inquisition réelle ou virtuelle. — (Philippe Sollers, Éloge de l’infini, Gallimard, page 367)
  4. S’emploie surtout au pluriel pour désigner ce qu’on lit, ce qu’on a lu.
    • Les bonnes lectures, les mauvaises lectures.
    • Il a bien profité de ses lectures.
  5. Instruction qui résulte de la lecture.
    • Cette remarque pose, d’ailleurs, à l’historien, un problème. L’analyse qui est la sienne s’appuie sur SA lecture, véritable relecture dans un contexte parfaitement différent. — (Yvonne Turin, Littérature engagée et anticolonialisme européen dans l'Algérie du Centenaire: le cas singulier d'Albert Truphémus, dans la Revue d'Histoire moderne et contemporaine, tome XXIII, 1976, page 617)
    • Non, ce dernier fut simplement effaré à la lecture des chiffres fournis par les grouillots du ministère de l’Éducation nationale qui, en bons subordonnés, travaillent, eux, et en plus font plaisir au chef ! — (Peggy Derder, Mon cas d'école, Flammarion, 2010, chap. 1)
    • C’est un homme qui n’a point de lecture, qui n’a aucune lecture, qui a beaucoup de lecture, qui est d’une prodigieuse lecture.
    • Il est rempli, nourri de la lecture des anciens.
  6. Enseignement qui rend les enfants ou les illettrés capables de lire.
    • Nouvelle méthode de lecture.
    • Cette mère a appris à ses enfants la lecture et l’écriture.
  7. (Par extension) Se dit de textes particulièrement choisis pour développer l’art et le goût de la lecture chez les enfants.
    • Premier livre de lecture.
    • Lectures enfantines.
    • Lectures pour les adolescents.
  8. (Par analogie) Observation visuelle.
    • Cela tient de l’astrologie, de la tarologie, de la divination, des tables tournantes, de la chiromancie, ou de la lecture des viscères. Et pourtant, pendant ces trente dernières années, les dirigeants du monde occidental n'ont eu d'autre solution que de recourir à la kremlinologie pour tenter de comprendre les ressorts de la politique soviétique […]. — (Olivier Da Lage, ‎Thomas Schreiber & ‎Gérard Grzybek, Le Secrétaire général, Paris : chez Pierre Befond, 1987, chap. 7)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LECTURE. n. f.
Action d'une personne qui lit à haute voix. Sa lecture est parfaite. Sa lecture est monotone. Il se dit le plus souvent de la Reproduction par la voix d'un texte écrit ou imprimé. On fit la lecture du contrat de mariage en présence de tous les parents. J'ai assisté hier à la lecture d'une belle pièce. Ce discours est moins intéressant à la lecture qu'à l'audition. Cette pièce est de celles qui gagnent à la lecture. Comité de lecture, Assemblée devant laquelle on lit les ouvrages destinés à un théâtre et qui juge s'ils méritent d'être représentés. Le Comité de lecture de la Comédie-Française. Il désigne aussi l'Action, l'habitude de lire seul et des yeux, pour son instruction ou pour son plaisir. La lecture de cet ouvrage est très attachante. Il aime beaucoup la lecture. S'attacher à une lecture, s'adonner à la lecture. Il a beaucoup acquis par la lecture des bons auteurs. La lecture forme l'esprit. Il s'emploie surtout au pluriel pour désigner Ce qu'on lit, ce qu'on a lu. Les bonnes lectures, les mauvaises lectures. Il a bien profité de ses lectures. Cabinet de lecture, Lieu où, moyennant une rétribution, on lit sur place ou l'on emprunte des journaux et des livres. Il se dit encore de l'Instruction qui résulte de la lecture. C'est un homme qui n'a point de lecture, qui n'a aucune lecture, qui a beaucoup de lecture, qui est d'une prodigieuse lecture. Il est rempli, nourri de la lecture des anciens. Il désigne aussi l'Enseignement qui rend les enfants ou les illettrés capables de lire. Nouvelle méthode de lecture. Cette mère a appris à ses enfants la lecture et l'écriture. Par extension, il se dit de Textes particulièrement choisis pour développer l'art et le goût de la lecture chez les enfants. Premier livre de lecture. Lectures enfantines. Lectures pour les adolescents.

Littré (1872-1877)

LECTURE (lè-ktu-r') s. f.
  • 1Action de lire. Ah ! seigneur, ce billet n'est point coup d'aventure ; C'est pourquoi hâtez-vous d'en faire la lecture, Mairet, Soliman, III, 2.

    Particulièrement. Action d'une personne qui lit à haute voix. On fit la lecture du contrat de mariage en présence des parents. Tous les dimanches il fait la lecture à sa famille. Outre la lecture assidue que chacun en devait faire en particulier [de la loi, chez les Juifs], on en faisait tous les sept ans, dans l'année solennelle de la rémission et du repos, une lecture publique et comme une nouvelle publication, à la fête des Tabernacles, où tout le peuple était assemblé durant huit jours, Bossuet, Hist. II, 3. Dorine : Oui, il y a une lecture. - Lucie : Oh ! quand je serai mariée, j'aurai des lectures aussi, Genlis, Théât. d'éduc. Enfant gâté, I, 3. Les uns, à la lecture, observaient le silence, D'autres parlaient tout bas de paix et de clémence, Chénier M. J. Gracques, III, 5.

  • 2L'action, l'habitude de lire seul et des yeux, pour son instruction ou pour son plaisir. La lecture de cet ouvrage est attachante. Ne trouvant point d'autres plaisirs, j'ai été contraint de choisir celui de la lecture, Voiture, Lett. 26. Notre concitoyen, disaient-ils en pleurant, Perd l'esprit ; la lecture a gâté Démocrite, La Fontaine, Fabl. VIII, 26. La lecture apprend aussi, ce me semble, à écrire, Sévigné, à Mme de Grignan, 17 juill. 1789. Sans la consolation de la lecture, nous mourrions d'ennui présentement, Sévigné, 30 sept. 1671. Tout ignorante que je suis, je sais que la lecture donne une assez grande expérience pour n'être surpris de rien, Maintenon, Lett. au duc de Noailles, 1er mars 1711. Ma foi, le jugement sert bien dans la lecture, Boileau, Sat. III. La lecture agrandit l'âme, et un ami éclairé la console, Voltaire, Ingénu, 11. Sénèque était alors [dit Quintilien] presque le seul auteur dont la lecture plût aux jeunes gens, Diderot, Claude et Nér. II, 102.

    Il s'emploie quelquefois au pluriel. Il a profité de ses lectures.

    Cabinet de lecture, lieu où, moyennant une rétribution, on lit des journaux et des livres.

  • 3La chose lue. Quand une lecture vous élève l'esprit et qu'elle vous inspire des sentiments nobles et courageux, ne cherchez pas une autre règle pour juger de l'ouvrage, La Bruyère, I.
  • 4Instruction qui résulte de la lecture. Sans la lecture, le plus beau naturel est ordinairement sec et stérile, Saint-Évremond, dans RICHELET. Et son feu, dépourvu de sens et de lecture, S'éteint à chaque pas faute de nourriture, Boileau, Art p. III. Il est certain que Rabelais avait beaucoup d'esprit et de lecture, et un ait particulier de débiter des choses savantes comme de pures fadaises, Fontenelle, Oracles, I, 18. Des hommes qui se piquent d'un peu plus de lecture que les autres, Massillon, Carême, Doutes. On peut dire d'une grande lecture ce que Sénèque dit d'une vaste bibliothèque, qu'au lieu d'enrichir et d'éclairer l'esprit, elle ne sert le plus souvent qu'à y jeter le désordre et la confusion, Rollin, Trait. des Ét. liv. III, ch. 3.
  • 5Il se dit par opposition à représentation, en parlant d'une pièce de théâtre. Il n'y a que le seul Racine qui soutienne constamment l'épreuve de la lecture, Voltaire, Comm. Corn. rem. Ariane, IV, 3. Il me disait que le succès au théâtre dépend entièrement d'un acteur ou d'une actrice ; mais qu'à la lecture, il ne dépend que de l'arrêt équitable et sévère d'un juge et d'un écrivain tel que vous, Voltaire, D. Pèdre, Épît. dédic.

    Comité de lecture, jury de lecture, assemblée devant laquelle on lit les ouvrages destinés à un théâtre, et qui juge s'ils méritent d'être représentés.

  • 6L'art de lire. Maître de lecture et d'écriture. Il enseigne la lecture et l'écriture aux enfants.
  • 7On commence à dire lectures pour leçons, séances d'enseignement, cours publics ; c'est un mot transcrit de l anglais lecture, au lieu d'en être traduit ; l'importation en paraît inutile et peu heureuse.

HISTORIQUE

XVe s. Establi et ordonné quatre docteurs lisans ordinairement à tous escoliers et estudians qui se voudront trouver et assister à leur lecture et doctrine es escoles et colleges par ce ordonnés, Ordonnance, 29 août 1498.

XVIe s. …Je vous jure Que de ces livres la lecture Diminue merveilleusement à la femme l'entendement, Marot, IV, 164. Il y a double lecture en cest endroict, et selon l'autre il faudroit traduire…, Amyot, Pomp. 39, note.

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Étymologie de « lecture »

Lat. lectura, de lectum, supin de legere, lire.

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Du latin lectura → voir lecteur.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « lecture »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
lecture lɛktyr

Fréquence d'apparition du mot « lecture » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « lecture »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « lecture »

  • La lecture est un bonheur qui demande plus d'innocence et de liberté que de considération.
    Maurice Blanchot — Le Livre à venir, Gallimard
  • Lis avec lenteur à une époque où l'on nous parle de lecture rapide et de lecture en diagonale.
    Jean Prieur — Les Maîtres de la pensée positive
  • La vie est un bail imposé aux locataires, sans lecture préalable du cahier des charges.
    Delaf
  • Une heure de lecture est le souverain remède contre les dégoûts de la vie.
    Montesquieu
  • En comptant 45 secondes pour lire un sonnet et 15 secondes pour changer les volets à 8 heures par jour, 200 jours par an, on a pour plus d’un million de siècles de lecture, et en lisant toute la journée 365 jours par an, pour 190 258 751 années plus quelques plombes et broquilles (sans tenir compte des années bissextiles et autres détails).
    Raymond Queneau — Cent mille milliards de poèmes
  • […] ce petit ouvrage permet à tout un chacun de composer à volonté cent mille milliards de sonnets, tous réguliers bien entendu. C’est somme toute une sorte de machine à fabriquer des poèmes, mais en nombre limité ; il est vrai que ce nombre, quoique limité, fournit de la lecture pour près de deux cents millions d’années (en lisant vingt-quatre heures sur vingt-quatre).
    Raymond Queneau — Cent mille milliards de poèmes
  • La lecture est à l'esprit ce que l'exercice est au corps.
    J. Addison — The Tatler
  • Le travail manuel est une lecture sans fin.
    Pierre Gascar — Les Sources
  • Chaque lecture est un acte de résistance. Une lecture bien menée sauve de tout, y compris de soi-même.
  • Je demande à un livre de créer en moi le besoin de ce qu'il m'apporte.
    Jean Rostand — Carnet d'un biologiste, Stock
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Traductions du mot « lecture »

Langue Traduction
Anglais reading
Espagnol leyendo
Italien lettura
Allemand lesen
Chinois
Arabe قراءة
Portugais lendo
Russe чтение
Japonais 読書
Basque irakurketa
Corse lettura
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Synonymes de « lecture »

Source : synonymes de lecture sur lebonsynonyme.fr

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Lecture

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