La langue française

Épître

Sommaire

  • Définitions du mot épître
  • Étymologie de « épître »
  • Phonétique de « épître »
  • Évolution historique de l’usage du mot « épître »
  • Citations contenant le mot « épître »
  • Traductions du mot « épître »
  • Synonymes de « épître »

Définitions du mot épître

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉPÎTRE, subst. fém.

A.− Lettre missive, en prose, écrite par un auteur ancien. Épîtres de Cicéron (Ac.1798-1932).
P. ext., fam. Lettre généralement assez longue. Je lui ai écrit aussi une assez longue épître, pour le prier de soutenir vivement ma cause (Rivière, Corresp.[avec Alain-Fournier], 1905, p. 38):
Dans ma dernière lettre, je vous disais que j'avais reçu une longue lettre de notre ami Thun, que cette épître arrivée par une voie détournée était remplie de choses confidentielles auxquelles je ne puis répondre par la poste sans compromettre mon correspondant, attendu que les conservateurs allemands ont l'habitude d'ouvrir les lettres... Tocqueville, Corresp.[avec Reeve], 1838, p. 41.
B.− P. ext. Genre littéraire en vers traitant de sujets variés (littéraires, moraux, religieux, etc.) à la manière d'une lettre, avec parfois une pointe badine ou satirique. Épîtres de Boileau. J'ai l'habitude de lire quelque ode ou quelque épître de mon Horace avant de me coucher (Jouy, Hermite,t. 5, 1814, p. 57).Le vers léger, le vers des épîtres de Voltaire (Flaub., Corresp.,1846, p. 356).
C.− EXÉGÈSE et LITURG.
1. Lettre missive, en prose, écrite par un apôtre ou un père apostolique et destinée à une communauté chrétienne ou parfois à un particulier. Épître aux Romains, aux Corinthiens, aux Éphésiens, aux Hébreux; épîtres catholiques*. Il faut que je revienne (...) aux divines écritures, surtout à l'évangile et aux épîtres apostoliques (Dupanloup, Journal,1851-76, p. 82).Les épîtres de saint Paul sont antérieures aux évangiles (Green, Journal,1937, p. 105).
2. P. ext. et p. méton.
a) [Dans la liturg. antérieure au Concile de Vatican II] Passage de l'Ancien ou du Nouveau Testament et, le plus fréquemment, d'une Épître du Nouveau Testament, lu ou chanté à la messe ou début de la liturgie de la parole. Synon. récent première, deuxième lecture.L'épître qu'on chantait ce jour-là à la messe et qui était tirée de la fin du dixième chapitre des Proverbes (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 2, 1842, p. 28).
[Avec un compl. de nom désignant :]
[le passage qui est lu] Je viens de lire l'épître de l'enfant ressuscité par Élisée (E. de Guérin, Journal,1838, p. 178).
[le jour, la fête où cette lecture est faite] L'épître et l'évangile du dimanche de Quasimodo (Du Bos, Journal,1928, p. 84).L'épître de l'Immaculée Conception (Claudel, Poète regarde Croix,1938, p. 94).
b) Vieilli. Moment où l'épître est lue ou chantée. Il est bien en retard, il arrive à l'épître (Balzac, Mais. Nucingen,1838, p. 619).
c) Côté de l'épître. Côté droit, vu des fidèles, de l'autel, du chœur où est faite cette lecture. M. Lestrange occupait la première stalle du côté de l'épître (Billy, Introïbo,1939, p. 109).
Rem. On rencontre ds la docum. a) Épistole, subst. fém., vieilli et fam. Lettre adressée à quelqu'un. Synon. pop. bafouille. Pierre [Louÿs] m'écrivit déjà la plus charmante, la plus intime épistole (Valéry, Corresp. [avec Gide], 1890-1942, p. 133). b) Épistolographe, subst. masc., vx. Écrivain de l'Antiquité ayant composé des épîtres. Les épistolographes grecs, latins (Ac. 1835, 1878). c) Épistolographie, subst. fém., vx. Art d'écrire des épîtres. Pour éviter les fraudes nombreuses auxquelles donnaient lieu (...) les conditions matérielles de l'épistolographie antique, Paul avait coutume d'envoyer aux Églises un spécimen de son écriture (Renan, St-Paul, 1869, p. 233).
Prononc. et Orth. : [epitʀ ̥]. Ds Ac. 1694-1932. Fait partie des 3 mots en [-itʀ ̥] qui prennent un accent circonflexe : belître, épître, huître. Comparez avec chapitre, mitre, pupitre, etc. (cf. Ortho-vert 1966, p. 225). Étymol. et Hist. 1. 1174-76 epistles « lettre missive » (G. de Pont-Sainte-Maxence, Vie de Saint Thomas, éd. E. Walberg, 2847); 2. fin du xiies. apistles spéc., relig. désigne les épîtres de Saint Paul (Sermons de Saint Grégoire sur Ezechiel, 83, 24 ds T.-L.); 3. 1518-19 genre littéraire (C. Marot, Petite Epistre au Roy ds Epîtres, éd. C. A. Mayer, p. 97). Du lat. class. epistola, epistula « lettre missive, épître en vers », sens 2 en lat. chrét., empr. au gr. ε ̓ π ι σ τ ο λ η ́ « lettre, message écrit ». Fréq. abs. littér. : 538. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 737, b) 1 341; xxes. : a) 664, b) 540.

Wiktionnaire

Nom commun

épître \e.pitʁ\ féminin (orthographe traditionnelle)

  1. (Antiquité) Lettre missive, chez les anciens.
    • Les épîtres de Cicéron.
    • Les épîtres familières.
    • Les épîtres de saint Paul.
  2. (Ironique) Lettre ordinaire.
    • Il s’assit et écrivit en français une épître ainsi conçue : …. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Dauriat, incapable de prendre cette épître au sérieux, répondit par des railleries de libraire, une lettre faite entre cinq ou six journalistes. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Voici en peu de mots l'histoire de ces malheureuses épîtres. — (Jean Ray, Harry Dickson, L'Affaire Bardouillet, 1935)
  3. (Par extension) Lettres en vers adressées à quelqu’un.
    • Les épîtres d’Horace, de Boileau, de Pope.
    • Épître dédicatoire.
    • Les poëtes académiques du XVIIe et du XIIIe siècle n’auraient pas plus compris de telles inspirations que les paysans n’eussent admiré leurs odes, leurs épîtres et leurs poésies fugitives, si incolores, si gourmées. — (Gérard de Nerval, Les Filles du feu, Chansons et légendes du Valois, 1854)
  4. (Christianisme) Texte sacré qui se dit, un peu avant l’évangile, au cours d’une messe.
    • La messe en est à l’épître.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉPÎTRE. n. f.
Lettre missive, chez les anciens. Les Épîtres de Cicéron. Les Épîtres familières. Les Épîtres de saint Paul. Les Épîtres de saint Jérôme. Les Épîtres canoniques. Les Épîtres catholiques. On l'emploie quelquefois, dans le langage familier, avec une nuance d'ironie, en parlant d'une Lettre ordinaire, J'ai reçu de lui une longue épître à ce sujet. Il se dit aussi, par extension, de Lettres en vers adressées à quelqu'un. Les Épîtres d'Horace, de Boileau, de Pope. Épître dédicatoire. Il signifie encore, en termes de Liturgie, Leçon tirée de l'Écriture sainte, et plus ordinairement des Épîtres de saint Paul, ou des Épîtres canoniques, qui se dit un peu avant l'Évangile et que le sous-diacre chante dans les messes hautes. Chanter l'épître. La messe en est à l'épître. Le côté de l'épître, Le côté droit de l'autel, en entrant dans le chœur. Dans telle cérémonie, les officiants étaient du côté de l'épître. Dans les cathédrales, le trône épiscopal est placé du côté de l'épître.

Littré (1872-1877)

ÉPÎTRE (é-pi-tr') s. f.
  • 1Lettre missive chez les anciens. Les épîtres de Cicéron. Épître de saint Paul aux Corinthiens.

    Cet homme est familier comme les épîtres de Cicéron, il a une familiarité excessive ; se dit parce qu'on a appelé les lettres de Cicéron à ses amis, lettres familières (epistolae ad familiares).

    Familièrement. J'ai reçu de lui une longue épître.

  • 2Lettre en vers sur un sujet philosophique ou satirique. Les épîtres d'Horace, de Boileau, de Pope. La faveur que l'ode semble avoir perdue, l'épître paraît l'avoir gagnée, D'Alembert, Réflex. sur la poésie, Œuvres, t. IV, p. 125, dans POUGENS. On attache aujourd'hui à l'épître l'idée de la réflexion et du travail, et on ne lui permet pas les négligences de la lettre, Marmontel, Éléments litt. Œuvres, t. VII, p. 250, dans POUGENS.
  • 3Épître dédicatoire, dédicace mise en tête d'un livre. Il faut croire que l'estime et l'amitié ont inventé l'épître dédicatoire, mais la bassesse et l'intérêt en ont bien avili l'usage, Marmontel, ib. p. 263.
  • 4 Terme de liturgie. Leçon qui se dit un peu avant l'évangile. La messe en est à l'épître. Le côté de l'épître, la partie du chœur qui est à la droite du prêtre quand il est tourné vers l'autel.

SYNONYME

ÉPÎTRE, LETTRE. Missive qu'on envoie à quelqu'un : lettre est le terme général ; épître, au contraire, est plus particulièrement appliqué aux lettres des anciens auteurs (les épîtres de Cicéron) ou aux lettres en vers qu'on adresse à quelqu'un. Au cas de missives modernes et non en vers, épître ne se dit qu'ironiquement.

HISTORIQUE

XIIe s. Voldrai vus les epistles e dire e reconter, Qu'al rei et as evesques enveiad li bon ber [homme, voy. BARON], Th. le mart. 71.

XIIIe s. Après, li viesti on le [la] tunique qui doit iestre vers [verte], en la quele on list l'epistole qui senefie soufrance, Chr. de Rains, p. 104. Une merveilleuse parole Que moult de gens tindrent à fole, Qui est escrite en ses epistres [d'Héloïse], la Rose, 8851.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ÉPÎTRE.
4Ajoutez :

Épître farcie, s'est dit autrefois des couplets satiriques qui se chantaient dans les fêtes de l'âne, des Fous, etc. C'était une imitation burlesque des épîtres qui se disent à la messe.

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Étymologie de « épître »

(Siècle à préciser) Du latin epistola, lui-même du grec ancien ἐπιστολή, epistolē (« lettre »). En ancien français epistle, la modification de -le en -re se voit également dans chapitre (latin capitulum).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Lat. epistola, du grec ἐπιστολὴ, lettre, de ἐπὶ, vers, et στέλλειν, envoyer, disposer (voy. STOLE). Palsgrave, p. 23, remarque qu'on écrit epistre et qu'on prononce epitre.

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Phonétique du mot « épître »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
épître epitr

Évolution historique de l’usage du mot « épître »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « épître »

  • Le 5 février dernier à Fribourg, Matthieu Corpataux affichait le sourire de la réussite et du partage amical. En sept ans d'existence, la revue littéraire qu'il a fondée en 2013 en marge de l'Alma mater fribourgeoise affiche une santé éclatante et a rallié une centaine de participants épatés par cette aventure éditoriale d'un autre type. Et non sans une certaine malice car, "épître" ne renvoie pas aux injonctions de l'apôtre Paul, mais à la forme courte en vogue au XVIIe siècle et, par esprit un tantinet potache, aux pitres des pas de côté. rts.ch, En ligne ou sur papier, "L'Épître" renouvelle la notion d'écriture - rts.ch - Livres
  • Depuis quelques années, un groupe de catholiques et de protestants se réunit régulièrement pour partager et, à la lumière d’un texte biblique, observer, comprendre et tirer un enseignement pratique. Le passage étudié lors de la rencontre du 19 juin dernier concernait le début du chapitre III de la 2e épître de Pierre. Pour Christophe, le pasteur et animateur de ce rendez-vous, "ces lectures sont une nourriture pour la foi et la vie de chacun". midilibre.fr, Dernière rencontre pour le groupe de partage biblique - midilibre.fr

Traductions du mot « épître »

Langue Traduction
Anglais epistle
Espagnol epístola
Italien epistola
Allemand brief
Chinois 书信
Arabe رسالة بولس الرسول
Portugais epístola
Russe послание
Japonais 手紙
Basque epistola
Corse epistola
Source : Google Translate API

Synonymes de « épître »

Source : synonymes de épître sur lebonsynonyme.fr
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