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Douve

Définitions du mot « douve »

Trésor de la Langue Française informatisé

DOUVE1, subst. fém.

Planche longue et courbée, qui assemblée à d'autres planches analogues entourées de cerceaux, forme le corps d'un tonneau, d'un baril. Les douves d'un tonneau (Ac.). La porte était faite de douves de poinçon toutes pourries (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 345).À l'heure où les marteaux retentissent sur les cuves de vendange pour assurer les douves et que les chiens aboient leur allégresse de partir pour la chasse (Barrès, Serv. All.,1905, p. 11).Le poli de la douve, la justesse de l'assemblage (Pesquidoux, Livre raison,1925, p. 113).
Prononc. et Orth. : [du:v]. Ds Ac. depuis 1694. Étymol. et Hist. Cf. douve2. Fréq. abs. littér. : 26.
DÉR.
Douvain, subst. masc.Bois propre à faire des douves. Un millier de douvain (Ac.1878). [duvε ̃]. Ds Ac. dep. 1762. 1reattest. 1491 (s. réf., Delboulle Recueil ds DG : douvain de cartier); de douve1, suff. -ain3*. Dès 1353, l'a. prov. dogam « les douves en général, les bois d'un tonneau » (Pansier t. 3). À rapprocher du lat. médiév. doamen « planches d'un tonneau » (1342 ds Du Cange).

DOUVE2, subst. fém.

Fossé entourant un château, une tour, une fortification. Les douves profondes du château; une tour entourée de douves infranchissables. Sommes descendus à travers les ronces et les broussailles dans une douve profonde et sombre, cachée au pied d'une grande tour (Flaub., Champs et grèves,1848, p. 217).Le « keep » est entouré de douves et ressemble aux manoirs fortifiés du pays de Caux (Morand, Londres,1933, p. 20).
P. méton. Parois d'un fossé. Un escalier diagonal taillé dans le revêtement de la douve (Gautier, Fracasse,1863, p. 416):
Dès son installation à Cinq-Cygne, le bonhomme d'Hauteserre fit d'une longue ravine par laquelle les eaux de la forêt tombaient dans la douve, un chemin qui sépare deux grandes pièces de terre appartenant à la réserve du château... Balzac, Une ténébreuse affaire,1841, p. 104.
Rem. La plupart des dict. dep. Nouv. Lar. ill. enregistrent le sens (turf) « large fossé plein d'eau, précédé d'une barrière qui constitue l'un des obstacles du steeple-chase ».
Prononc. et Orth. : [du:v]. Ds Ac. depuis 1762. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1180 la dove du fossé (A. de Paris, Alexandre, éd. des Elliott Monographs, II, 2072); 2. 1850 « fossé entre deux champs » (supra); 3. 1900 turf (Nouv. Lar. ill.). B. Ca 1200 douve « planche courbe servant à la fabrication d'un tonneau » (Jean Bodel, Saxons, éd. F. Menzel et E. Stengel, 231). Du b. lat. doga « sorte de vase ou mesure de liquides », empr. au gr. δ ο χ η ́ « récipient, réservoir ». Fréq. abs. littér. : 60. Bbg. Petit (R.). Rempart, douve et poterne. Vie Lang. 1967, pp. 226-228. −Thomas (A.). Nouv. essais 1904, p. 170.

DOUVE3, subst. fém.

BOT. Renoncule qui pousse dans les marais. On les [les Renoncules] distingue d'après la forme (...) de leurs feuilles, simples chez la Petite Douve (...) et la Grande Douve (...) du bord des eaux (Plantefol, Bot. et biol. végét.,t. 2, 1931, p. 395).
Prononc. et Orth. : [du:v]. Ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. Cf. douve4.

DOUVE4, subst. fém.

Ver de la classe des trématodes, parasite à l'état adulte des canaux biliaires de certains ruminants et de l'homme. La douve du foie; la douve est hermaphrodite et se féconde elle-même. Sur le bord d'un aussi grand fleuve, dont les eaux lui apportent les grains et les douves (Crèvecœur, Voyage,t. 1, 1801, p. 254).
Prononc. : [du:v]. Étymol. et Hist. 1. [Fin du xies. dolve « ver intestinal du mouton » (Raschi Gl., éd. D. S. Blondheim, p. 150, no1099, transcr. proposée par R. Lévy ds Romania, t. 81, p. 281)]; 1379 dauve (J. de Brie, Bon Berger, éd. Lacroix, p. 132 ds T.-L.); 2. 1379 dauve « renoncule des marais » (J. de Brie, loc. cit.). Du b. lat. dolva « sorte de ver »; 2 parce que cette plante passe pour produire cette sorte de ver. Fréq. abs. littér. : 1.

Wiktionnaire

Nom commun 1

douve \duv\ féminin

  1. Nom de planches disposées en rond qui forment le corps du tonneau et qu’on fait tenir ensemble avec des cercles.
    • La tonnellerie est l’industrie qui emploie la plus grande quantité de bois de fente, et l’on appelle merrain le bois plus particulièrement destiné à la fabrication des douves de tonneaux. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 168)
    • En termes de tonnellerie, on appelle […] jable, la rainure pratiquée vers les extrémités des douves pour arrêter les fonds. — (Antoine Dominique Eysséric et Joseph Casimir Pascal, Géométrie, Delagrave, 1880, p. 257)
    • Six douves de poinçon servaient d’ais et de barre. — (Mathurin Régnier, Satires, XI, cité par Littré)
    • Petar fut le premier sur ses jambes dans le coin en dessous de la lampe où, au milieu d’un tas de copeaux, il maniait la plane, polissant des douves de sapin. — (Mario Rigoni Stern, Histoire de Tönle, 1978, traduit de l’italien par Claude Ambroise et Sabina Zanon Dal Bo, 1988, p. 27)
  2. Fossé servant de limite aux champs et d’écoulement aux eaux.
  3. (Architecture) Paroi des fossés de la fortification ancienne ou, par extension, le fossé lui-même.
    • Dans la cour, le terrain inégal est couvert de bruyères, de violettes et de cailloux. On distingue vaguement des anciens restes de douves ; on entre quelques pas dans un souterrain comblé. — (Gustave Flaubert et Maxime Du Camp, Par les champs et les grèves (Voyage en Bretagne), 1886, édition Le Livre de poche, 2012, page 117)
  4. (Architecture) Mur d’un bassin quand il n’est que d’une assise ou deux.
  5. (Régionalisme) Caverne que les habitants des bords de la Loire creusent dans le roc pour s’y loger.
  6. (Vieilli) Planche sur laquelle on met les peaux de veaux pour les ratisser et en enlever les parcelles de tan.
  7. (Sports hippiques) Un des types d'obstacle figurant dans les courses de steeple-chase.

Nom commun 2

douve \duv\ féminin

  1. Ver de la classe des trématodes, ressemblant à une feuille, parasite à l’état adulte surtout des canaux biliaires dans le foie de certains ruminants, de carnivores et occasionnellement de l’homme.
    • Ce troupeau appartenait au juge de Werst, le biró Koltz, lequel payait à la commune un gros droit de brébiage, et qui appréciait fort son pâtour Frik, le sachant très habile à la tonte, et très entendu au traitement des maladies, muguet, affilée, avertin, douve, encaussement, falère, clavelée, piétin, rabuze et autres affections d’origine pécuaire. — (Jules Verne, Le Château des Carpathes, J. Hetzel et Compagnie, 1892, p. 1-16)
    • Les douves ont une forme aplatie dorso-ventralement. Les espèces intéressant la médecine vétérinaire sont des parasites des canaux biliaires, du système digestif et des vaisseaux sanguins. Tout comme les vers de type ténias, beaucoup sont hermaphrodites […] — (Archie Hunter, Gerrit Uilenberg, Christian Meyer, et al., Santé animale, vol 1. Généralités, Coll. Agricultures tropicales en poche, Cirad/CTA/Karthala/MacMillan, 2006, page 36)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DOUVE. n. f.
Fossé rempli d'eau et, par extension, Paroi de ce fossé. Il se dit aussi d'une Planche qui entre dans la construction d'un tonneau ou de quelque autre ouvrage de tonnellerie. Ces arbres-là sont bons à faire des douves. Tailler une douve. Les douves d'un tonneau.

Littré (1872-1877)

DOUVE (dou-v') s. f.
  • 1Nom de planches disposées en rond qui forment le corps du tonneau et qu'on fait tenir ensemble avec des cercles. Six douves de poinçon servaient d'ais et de barre, Régnier, Sat. X.
  • 2Fossé servant de limite aux champs et d'écoulement aux eaux.

    Terme de fortification. Douve de fossé, paroi des fossés de la fortification ancienne.

    Terme de construction. Mur d'un bassin quand il n'est que d'une assise ou deux.

    Caverne que les habitants des bords de la Loire creusent dans le roc pour s'y loger.

  • 3Planche sur laquelle on met les peaux de veaux pour les ratisser et en enlever les parcelles de tan.

HISTORIQUE

XIIe s. Sovent en i a d'enversez Jus ez grans doves des fossez, Benoit de Sainte-Maure, V. 11864. Il i ont mis du feu tout rasé [ras] un tonel ; Les douves sont emprises, si rompent li cercel, Sax. IX.

XIIIe s. Tout cil qui ont arbres souz le [la] forterece de le [la] vile, ke il les aient fait couper à quatre piés près de la deuve, Tailliar, Recueil, p. 125. El liu oil apert mix [mieux], ou par bonnes [bornes] anciennes qui sont trouvées, ou par douves anciennes de fossés qui sont trouvées, Beaumanoir, XXV, 9.

XIVe s. Lesquels trois varlés feussent revenuz armez d'espées et de dagues, et leurs visages estoupez et muciez de leurs chaperons au long d'une douve et fossé tenant au bail de la ditte ville, Du Cange, douva.

XVe s. Et vindrent ardoir la ville de Cousie sur les douves de la mer, Froissart, liv. III, p. 167, dans LACURNE. Les murs estoient tous rasez, et povoient [les assiégés] saillir par oils vouloient, et y avoit seulement ung peu de douve, ne jamais ne y eut fossez, car le fons est très aspre et très dur, Commines, II, 11. Ils avoient droit d'avoir près d'iceulx maretz certains grans fossez ou flaches, appellez douvres ; esquels douvres, quant la riviere de Marne se desvoye et est hors de son chanel, se arreste…, Du Cange, dovra.

XVIe s. Le fossé appartient … celui sur lequel est le rejet ; car qui douve a, si a fossé, Loysel, 289. Quand les tonneliers veulent retirer une douve du dedans au dehors, Paré, VIII, 5. Qui a la douhe du fossê du costé de son heritage, pareillement le fossé lui appartient, Du Cange, doha. Auquel lieu l'avant-garde de l'armée huguenotte se presenta en bataille jusques sur les dubes du faux-bourg St-Ladre [de Poitiers], Castelnau, 247.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

DOUVE, s. f. (Hydraul.) est le mur d’un bassin contre lequel l’eau bat. Il est bâti sur des racinaux de charpente, afin de laisser une communication du corroi du platfond avec celui des côtés. Voyez Construction des bassins au mot Bassin. (K)

Douve, s. f. (Reliure.) c’est une planche dont on se sert pour ôter le tan du dedans des peaux de veau ; c’est une douve de cuvier des plus larges, sur laquelle on étend les veaux ; ainsi on dit la douve à ratisser les veaux. Voyez Planche I. figure 5 de la Reliure. A présent on se sert plus volontiers d’une planche un peu arrondie dans sa longueur.

Douves, terme de tonnelier ; ce sont de petites planches de chêne plus longues que larges, & minces, dont les ouvriers se servent pour fabriquer des tonneaux, barriques, muids, tonnes, & autres ouvrages de leur métier. On les appelle aussi quelquefois des Douelles. Voyez Mairrain.

Douves à oreilles ; ce sont deux douves qui dans les tinettes sont plus longues que les autres, & sont percées d’un trou par l’extrémité qui excede le haut des autres douves de la tinette : ces deux douves sont placées vis-à-vis l’une de l’autre, de maniere à pouvoir passer un bâton par les trous de ces deux douves.

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Étymologie de « douve »

(Nom 1) (Date à préciser) Du latin doga (« vase »).
(Nom 2) (Date à préciser) De l’ancien français dolve, emprunt au gaulois *dolba « ver, chenille », déverbal de *dolbō « façonner, tailler », à comparer avec le vieil irlandais dolbaid « il forme, façonne », irlandais dealbh « statue », breton delw « statue » ; (→ voir dolo en latin, dolabre).
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Normand douve, fossé d'eau croupissante ; wallon, dèwe ; provenç. dogua, creux, cavité ; ital. doga, douve de tonneau, et raie, bordure d'étoffe ; milanais, dova, même sens ; bas-latin, doga, qui se trouve dans Grégoire de Tours avec le sens de conduit (fossas in circuitu fieri jussit, ne forte dogis occultis lymphae deducerentur in fontem, cité dans du Cange) ; allem. Daube ; holl. duig ; suisse, dauge, tous mots germaniques qui signifient douve de tonneau. Voilà toutes les formes mises sous les yeux du lecteur ; maintenant, il y a dans la latinité le mot doga qui signifie vase, coupe, et que du Cange a rattaché avec raison au grec δοχὴ, réservoir ; Diez, partant de là, a établi la série des sens : réservoir d'eau, fossé, rebord du fossé, ce qui retient le liquide dans un tonneau, la douve, et même rebord, encadrement, un des sens de l'italien doga qui signifie aussi raie, bordure. La transformation littérale est parfaitement justifiée : doga se change en douve, comme rogare en rouver, dans l'ancien français.

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Phonétique du mot « douve »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
douve duv

Évolution historique de l’usage du mot « douve »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « douve »

  • Au Bucheneck, château à douve du haut Moyen Âge, les visiteurs découvriront un musée d’histoire local. À la Nef des Jouets, ils pourront profiter de l’exposition « Le Concorde, 50 ans d’aventures supersoniques », qui se tient jusqu’au 20 septembre, grâce à Jean-Marie, un collectionneur bas-rhinois qui a rassemblé une multitude d’articles à son effigie. , Culture - Loisirs | Soultz : tous aux musées cet été !

Images d'illustration du mot « douve »

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Traductions du mot « douve »

Langue Traduction
Anglais moat
Espagnol foso
Italien fossato
Allemand graben
Chinois 护城河
Arabe خندق
Portugais fosso
Russe ров
Japonais
Basque lubanarro
Corse moat
Source : Google Translate API

Synonymes de « douve »

Source : synonymes de douve sur lebonsynonyme.fr

Douve

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