La langue française

Charrue

Définitions du mot « charrue »

Trésor de la Langue Française informatisé

CHARRUE, subst. fém.

Instrument de travail agricole, à traction animale ou mécanique, servant à labourer et dont la pièce principale est un soc tranchant. Atteler la charrue; garçon de charrue :
1. Les Chinois empruntèrent probablement la seule idée qu'ils partagèrent avec les autres civilisations et qui fut d'atteler un bœuf à la charrue. R.-H. Lowie, Manuel d'anthropol. culturelle,1936, p. 57.
SYNT. Détacher, conduire la charrue; fer, soc de la charrue.
P. anal. Charrue à neige. Type simple de chasse-neige :
2. Dans les contrées où les neiges sont abondantes, on a recours aux charrues à neige. Ce sont des châssis triangulaires formés de pièces de bois assemblées en forme de v. J. Bourde, Les Trav. publ.,t. 1, 1928, p. 147.
Spéc. Charrue à malte. Appareil permettant le pelletage de l'orge.
Loc. fig., vx. Tirer la charrue. Faire un travail pénible. Mettre la charrue avant les bœufs. Ne pas faire les choses dans l'ordre :
3. Je répète cependant que l'on a mis un peu la charrue avant les bœufs en ce sens que la mise de la guerre hors la loi est bien antérieure à l'organisation des Nations Unies. G. Scelle, Le Fédéralisme européen,1952, p. 23.
P. méton., vx ou région. Étendue de terre, variable suivant les régions, susceptible d'être labourée en un an avec une charrue.
Rem. 1. Attesté ds les dict. du xixes. 2. On rencontre ds la docum. le subst. fém. charruée. Même sens. Chaque quartier de terre (...) se partage en deux charruées (A. Meynier, Les Paysages agraires, 1958, p. 83).
Prononc. et Orth. : [ʃaʀy]. 1resyll. longue ds Fér. 1768, Fér. Crit. t. 1 1787, Land. 1834 et Gattel 1841 qui recommande de prononcer r forte. Pour le timbre de la 1resyll., cf. charrette. Ds Ac. 1694 et 1718 s.v. charruë; ds Ac. 1740-1932 sous la forme moderne. Pour la graph. avec 2 r alors que chariot n'en prend qu'un, cf. chariot. Étymol. et Hist. 1180-1200 (Alexandre, éd. E. C. Amstrong, Eliott Monographs, version A. de Paris, branche III, 584). Du lat. carruca (dér. de carrus, mot gaulois, Holder t. 1, s.v. char); attesté d'abord au sens de « char d'apparat, de luxe (pour des personnages de rang très élevé) », il semble désigner ensuite une voiture quelconque à deux roues (fin iie-début iiies., Ulpien ds TLL s.v., 498, 62); le terme s'est spécialisé en Gaule pour désigner la charrue à deux roues importée par les Francs, p. oppos. à la charrue du type de celle des Romains (lat. aratrum, v. araire; W. Foerster ds Z. rom Philol., t. 29, pp. 1-17; FEW t. 2, p. 426a; B. Kratz ds Beiträge zur deutschen Philologie, t. 34, p. 16, 20, 22-25, 45-49); le sens de « charrue », confirmé dès 800 par le sens de « mesure de terre (la surface labourable avec une charrue dans un domaine) » (Codex Laureshamensis ds Mittellat. W. s.v., 312, 10), n'est attesté avec certitude qu'au ixes. (Polyptique d'Irminon ds Nierm.), le sens du mot dans l'attest. de la Loi Salique (34, 2 ds TLL s.v., 498, 79) et du Capitulaire de Villis (Z. rom. Philol., t. 37, p. 535 et t. 38, p. 561) pouvant aussi bien être « voiture » que « charrue ». Fréq. abs. littér. : 689. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 971, b) 1 222; xxes. : a) 1 102, b) 782. Bbg. Dauzat (A.). Araire et charrue. La Nature. 1934, t. 62, pp. 481-486. − Foerster (W.). Der Pflug in Frankreich. Z. rom. Philol. 1905, t. 29, pp. 14-16; 1913, t. 37, p. 535; 1914, t. 38, p. 561. − Gottsch. Redens. 1930, p. 51, 265. − Kratz (B.). Zur Bezeichnung von Pflugmesser und Messerpflug in Germania und Romania. Giessen, 1966, p. 16, 20, 22, 25. − Quem. 2es. t. 1 1970.

Wiktionnaire

Nom commun

charrue \ʃa.ʁy\ féminin

  1. (Agriculture) Terme générique par lequel on désigne les différents types d’instruments de labourage qui varient selon les pays, les époques, les techniques et les besoins.
    • Avant de récolter le grain qui lui servira de nourriture, avant de cueillir le fruit qui étanchera sa soif, l’habitant des terres doit planter l’arbre ou fatiguer le sol avec la charrue. — (Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, L’Archipel de Chausey, souvenirs d’un Naturaliste, Revue des Deux Mondes, tome 30, 1842)
    • Ce n’est pas un cheval irritable, […] qu’il faut pour conduire la charrue ou traîner le tombereau dans les champs ! — (Jean Déhès, Essai sur l’amélioration des races chevalines de la France, École impériale vétérinaire de Toulouse, Thèse de médecine vétérinaire, 1868)
    • Ceux qui possèdent des charrues polysocs feront avec elles un déchaumage parfait en réglant la profondeur à 5 ou 6 centimètres ; […]. — (Les mauvaises herbes et leur destruction, dans Almanach de l’Agriculteur français - 1932, page 84, éditions La Terre nationale)
    • Le même après-midi, à l’heure où l’on dételait les bœufs de la charrue, douze femmes sortirent de la maison du fiancé. — (Out-el-Kouloub, Zariffa, dans « Trois contes de l’Amour et de la Mort », 1940)
  2. (Par extension) (Vieilli) (Désuet) Quantité de terre qu’une charrue pouvait labourer annuellement.
  3. (Pêche) (Vieilli) (Désuet) Filet en forme de poche.
  4. (Québec) (Haut-Jura) Chasse-neige[1].
  5. (Québec) (Familier) Fille aux mœurs légères ou souffrant d’embonpoint.

Forme de verbe

charrue \ʃa.ʁy\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe charruer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe charruer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe charruer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe charruer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent du verbe charruer.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CHARRUE. n. f.
Terme générique par lequel on désigne les Différents types d'instruments de labourage qui varient suivant les pays et les besoins. Une charrue se compose essentiellement d'une pièce principale dite Age, portant un crochet d'attelage à l'extrémité antérieure, un coutre, un soc et un versoir par l'intermédiaire d'étançons et souvent des mancherons à l'extrémité postérieure. Charrue à traction humaine, animale, mécanique. Charrue à mains se dit, en termes d'Horticulture, d'une Sorte de ratissoire. Fig., Mettre la charrue devant les bœufs, Commencer par où l'on devrait finir, faire avant ce qui devrait être fait après. Fig. et fam., C'est une charrue mal attelée, se dit en parlant d'Associés qui ne s'accordent pas, qui n'agissent pas de concert dans leur entreprise. Fig. et fam., Tirer la charrue, Avoir beaucoup de peine. C'est tirer la charrue que de s'adonner à un travail si pénible.

Littré (1872-1877)

CHARRUE (cha-rue) s. f.
  • 1Instrument pour labourer la terre, qui consiste en un train monté sur deux roues, et un soc tranchant. C'est à Osiris que les Égyptiens attribuaient l'invention de la charrue, Noël Et Carpentier, Dict. des orig.

    Fig. Tirer la charrue, avoir beaucoup de peine, faire un travail continu.

    Fig. C'est une charrue mal attelée, se dit d'une entreprise dirigée par des personnes qui ne s'entendent pas, d'un ménage qui va mal.

    Fig. Mettre la charrue devant les bœufs, commencer par où l'on devrait finir.

    Un cheval de charrue, un homme grossier et stupide.

  • 2L'étendue de terre qu'on peut labourer avec un attelage de charrue. Cette ferme est de deux, de quatre charrues.
  • 3 Fig. L'agriculture. On reverra la charrue en honneur, Fénelon, Tél. XI.
  • 4 Terme de pêche. Sorte de filet à manche.

HISTORIQUE

XIIe s. Ne la meüssent li buef d'une chesrue, Ronc. p. 105.

XIIIe s. De cel vilain qui si vos tue Et vos fet trere à la charrue, Ren. 7560. Carues de rentes doivent estre prisies, cascune jornée à deux quevax, deux sous par an, Beaumanoir, XXVII, 22. Se mors le fet de vie nu, Voisent lai [qu'ils aillent là] dont ils sont venu : Si voist chascun à la charrue, Rutebeuf, 163.

XVe s. Tournant à chaque propos la charrue contre les bœufs, Arrests d'amour, 53e arrest, p. 484, dans LACURNE.

XVIe s. Charrue de jeunes veaux, Chasse de jeunes chevaux, Et de jeunes faulcons la vollée Font rarement bone journée, Leroux de Lincy, Prov. t. I, p. 155. Les chefs furent contraints d'obtemperer ; car aux guerres civiles, quelquefois la charrue mene les bœufs, Lanoue, Discours, p. 810, dans LACURNE.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

* CHARRUE, s. f. (Agricult.) machine dont on se sert pour labourer les terres. On conçoit qu’il n’y a guere eu de machine plus ancienne. Celle des Grecs & des Romains étoit extrèmement simple. Voyez-en la figure dans l’Hésiode de le Clerc. La nôtre est composée de deux roues & de l’essieu, sur lequel est dressé le chevalet ou la sellette, & où sont assemblés le timon, le soc, le coutre, les oreilles, & le manche de la charrue. Il faut conserver le même soc, quand on en est content. Il doit être placé de maniere que le laboureur n’en soit point incommodé, & que les sillons soient tracés droits. Il y a un certain angle à donner au coutre, selon lequel il éprouvera de la part du sol la moindre résistance possible : l’expérience le fera connoître. Il faut que le manche ou la queue soit de longueur proportionnée au train & au harnois, & que l’oreille soit disposée de maniere à renverser la terre commodément ; que le coutre soit de gros fer, bon, & non cassant, ni trop étroit, ni trop large. Il y a des charrues de plusieurs façons ; il est bon d’en avoir de toutes, & deux au moins de celles dont on fait le plus d’usage. Les charrues sans roues, où le train de derriere est monté sur une perche, ne sont bonnes que pour les terres très-légeres. Celles à bras servent à labourer les petits jardins : ce n’est autre chose que trois morceaux de bois assemblés en quarré ; le fer tranchant qui a deux piés & demi de long sur quatre à cinq pouces de large, se pose de biais, & ferme le quarré : il est posé de biais, afin qu’il morde la terre plus facilement. La charrue s’appelle à bras, parce qu’on ne la fait agir qu’à force de bras. Voyez Plan. d’Agriculture, fig. 1. la charrue à labourer les champs ; a, a, les roues ; b, la fleche ; c, le coutre ; d, le soc ; e, l’oreille ; f, f, le manche ou la queue.

L’objet qu’on se propose en labourant les terres (Voy. Labour), est de détruire les mauvaises herbes, & de réduire la terre en molécules. La bêche rempliroit à merveille ces deux conditions ; mais le travail à la bêche est long, pénible, & coûteux. On ne bêche que les jardins. La charrue plus expéditive est pour les champs. M. de Tull, dont M. Duhamel a mis l’ouvrage utile en notre langue, ayant remarqué que la charrue ordinaire ne remuoit pas la terre à une assez grande profondeur, & brisoit mal les mottes, le coutre coupant le gason, le soc qui suit l’ouvrant, & l’oreille ou le versoir le renversant tour d’une piece, a songé à perfectionner cette machine, en y adaptant quatre coutres, placés de maniere qu’ils coupent la terre qui doit être ouverte par le soc, en bandes de deux pouces de largeur ; d’où il s’ensuit que, le soc ouvrant un sillon de sept à huit pouces de largeur, le versoir retourne une terre bien divisée, & que la terre est meuble dès le second labour. M. de Tull prétend encore qu’il peut avec sa charrue sillonner jusqu’à 10, 12, & 14 pouces de profondeur. Pour qu’on en puisse juger, nous allons donner la description de la charrue commune, & de la charrue de M. de Tull. Voyez les Planc. d’Agriculture.

On voit dans la figure 2. une charrue ordinaire à deux roues, pour toutes terres labourables, excepté les glaises & les bourbeuses ; encore dans ces deux cas, peut-on l’employer en entourant les cercles de fer & les raies des roues, de cordes de paille d’un pouce d’épaisseur : ces cordes pressées par les roues contre la terre, s’applatissent & écartent des roues la glaise & la boue. La charrue est divisée en deux parties, la tête & la queue.

On voit à la tête les deux roues A, B ; leur essieu de fer qui passe le long de la traverse fixe C, dans laquelle il tourne & dans les roues ; les deux montans D, D, assemblés perpendiculairement sur la traverse C, & percés chacun d’un rang de trous, à l’aide desquels & de deux chevilles on peut hausser & baisser la traverse mobile E, & partant la fleche N, selon qu’on veut faire des sillons plus ou moins profonds ; la traverse d’assemblage F ; le chassis G, avec ses anneaux ou crochets, par lesquels la charrue est tirée ; la chaîne H qui assemble la queue de la charrue à la tête, par le collier s d’un bout, de l’autre par un anneau qui passe par une ouverture de la traverse C, & qui est arrêté par la tringle K, & de l’autre bout par l’autre extrémité m de la même tringle : on conçoit que ce collier ne peut se déranger, arrêté par un boulon qui traverse la fleche. La tringle K est retenue par un cercle d’osier passé comme on voit.

La queue est composée de la fleche N, du coutre O, du soc P, de la planche Q, de l’étanson R, qui traverse la fleche, du manche court S attaché par une cheville au haut de l’étanson, & par un autre au haut de la planche ; du montant T qui appartient au côté droit de la queue de la charrue, & auquel la piece d’en-bas V est attachée, comme l’est aussi la planche du dessous ; du long manche X assemblé avec le montant, & dont on voit la partie antérieure en Y ; & du double tenon Z qui supporte la planche en haut, & est porté à vis & écrous par la fleche.

Dans la charrue de M. de Tull, qu’on voit fig. 3. la fleche est de dix piés quatre pouces ; elle n’est que de huit piés dans l’autre. La figure de cette fleche est aussi différente ; elle n’est droite dans celle de M. de Tull que de a à b ; au lieu qu’elle est droite dans toute la longueur, à la charrue ordinaire. La courbure de la fleche de la charrue de M. de Tull lui fait éviter la trop grande longueur des coutres antérieurs : or un peu de méchanique expérimentale indiquera bien tous les inconvéniens de cette longueur, en considérant ces coutres comme des leviers. L’angle c de la planche ne doit pas avoir plus de 42 à 43 degrés. Les quatre coutres, 1, 2, 3, 4, doivent être placés de maniere que les plans tracés dans l’air par leur tranchant, quand la charrue marche, soient tous paralleles. Ils sont chacun à la distance de deux pouces & demi plus à la droite les uns que les autres ; distance comptée du milieu d’une mortoise au milieu de l’autre. La pointe du premier coutre 1 doit incliner à gauche d’environ deux pouces & demi plus que la pointe du soc : l’inspection de la figure suggérera aisément à ceux qui ont quelqu’habitude des machines, la construction du reste de cette charrue, & la raison de cette construction. Au reste, voyez pour un plus grand détail, l’ouvrage de M. Tull, traduit par M. Duhamel, & l’explication de nos Planches d’Agriculture ; voyez aussi les articles Agriculture, Coutre, Soc, &c. Labour, Terre.

Nous n’employons la charrue qu’au labour des terres ; les anciens s’en servoient encore en l’atelant d’un bœuf & d’une vache, à tracer l’enceinte des villes qu’ils bâtissoient. Ils levoient la charrue aux endroits destinés pour les portes : du verbe porto, qui désignoit cette action, on a fait le nom porta. Quand ils détruisoient une ville, ils faisoient aussi passer la charrue sur ses ruines ; & ils répandoient quelquefois du sel dans les sillons, pour empêcher la fertilité.

Charrue, (Jurispr.) ne peut être saisie, même pour deniers royaux ou publics. Ce privilége introduit en faveur du labourage, avoit déjà lieu chez les Romains, suivant la loi executores, & la loi pignorum, & l’authentique agricultores, au code quæ res pignori obligari possunt. Il a pareillement été adopté dans notre Droit françois, & confirmé par différentes ordonnances ; entre autres par une ordonnance de Charles VIII. par celle de François I. en 1540 ; art. 29. par l’édit de Charles IX. du 8 Octobre 1571. l’ordonnance d’Henri IV. du 16 Mars 1595, qui est générale, & accorde le privilége même contre les deniers royaux ; au lieu que l’ordonnance de 1571 n’étoit que pour un an, & exceptoit du privilége des laboureurs les deniers royaux. L’ordonnance de 1667, tit. xxxiij. art. 16. a fixé la jurisprudence sur ce point, & défend de saisir les charrues, charrettes, & ustensiles servant à labourer, même pour deniers royaux, à peine de nullité.

En 1358, le seigneur de Mantor, proche Abbeville, comptoit au nombre de ses droits celui de prendre les socs, coutres, & ferremens des charrues, faute de prestation de ses cens & corvées : mais il étoit défendu de donner en gage aux Juifs ces mêmes ustensiles, comme il est dit dans une ordonnance de 1360. Voyez les ordonn. de la troisieme race, tom. III. pag. 294. & 477.

Une charrue, en matiere de privilége & d’exemption de tailles, signifie la quantité de terres que chaque charrue peut labourer.

Par l’édit du mois de Mars 1667, il fut ordonné que les ecclésiastiques, gentilshommes, chevaliers de Malthe, officiers, privilégiés & bourgeois de Paris, ne pourroient tenir qu’une ferme par leurs mains dans une même paroisse, & sans fraude ; savoir les ecclésiastiques, gentilshommes, & chevaliers de Malthe, le labour de quatre charrues ; & les officiers, privilégiés, & bourgeois de Paris, deux charrues chacun, sans qu’ils puissent joüir de ce privilége que dans une seule paroisse.

L’article 15. du réglement de 1673, porte qu’un bourgeois de Paris peut tenir une ferme par ses mains, ou la faire exploiter par ses valets & domestiques, pourvû qu’elle soit située dans l’étendue de l’élection de Paris, & qu’elle ne contienne que la quantité de terre qu’une charrue peut labourer.

Les réglemens ne fixent point le nombre d’arpens de terre dont une charrue doit être composée, par rapport à l’exemption de tailles. Cela dépend de l’usage & de la mesure des terres dans chaque généralité. Dans celle de Paris, on fixe ordinairement chaque charrue à 120 arpens, c’est-à-dire à quarante arpens par solle ; on ne distingue point si c’est à la grande ou à la petite mesure : cela fait pourtant une différence considérable.

Dans l’Orléannois, une charrue n’est communément que de 28 à 30 arpens par solle, & on la fixe à 90 arpens, c’est-à-dire à 30 arpens par solle, par rapport au privilége.

La déclaration du Roi du 22 Janvier 1752, concernant la noblesse militaire, porte, article 1. que ceux qui seront actuellement au service du Roi, & n’auront point encore rempli les conditions prescrites par l’édit de Novembre 1750, pour acquérir l’exemption de taille, n’auront pas le droit qu’ont les nobles ni même les privilégiés, de faire valoir aucune charrue.

L’article 2. dit, que ceux qui auront rempli les conditions portées par l’édit pour acquérir l’exemption de taille, soit qu’ils soient encore au service du Roi, ou qu’ils s’en soient retirés, pourront faire valoir deux charrues seulement. (A)

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Étymologie de « charrue »

Picard, kérue, carue ; norm. quiérue (Valogne) ; wallon, chèrowe ; namurois, chèreuwe ; rouchi, kèrue ; provenç. carruga ; portug. charrua ; ital. carruca ; du latin carruca, voiture dont le nom général a passé spécialement à la machine à roues dite charrue.

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Du latin carrūca (« char à deux roues »), dérivé de carrus (« char »), d’abord de guerre puis char rural, mot emprunté au gaulois carros (→ voir char). Le glissement de vocabulaire se fit lors de l’ajout de roues à l’araire.
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Phonétique du mot « charrue »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
charrue ʃary

Évolution historique de l’usage du mot « charrue »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « charrue »

  • Kverneland a développé une nouvelle génération de charrues réversibles semi-portées qui intègre des innovations issues de la 2500 i-Plough. La France Agricole, Kverneland : Une charrue semi-portée pour les tracteurs de forte puissance
  • Les grands hommes, les génies, les saints, n'ont fait de grandes choses que parce qu'ils étaient inspirés par un grand idéal. On a besoin d'accrocher sa charrue aux étoiles. De Ralph Waldo Emerson
  • Par l'épée et par la charrue. Anonyme,
  • N’attelle pas la charrue à l’escargot. De Proverbe américain
  • Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. De Proverbe français
  • Main à plume vaut bien main à charrue. De Proverbe québécois
  • La charrue est le fondement de tous les arts. De Proverbe indien
  • On ne peut demander au pur-sang de tirer la charrue. De Cheikh Hamidou Kane / L’Aventure ambiguë
  • La main à plume vaut la main à charrue. Quel siècle à mains ! De Arthur Rimbaud / Une saison en enfer
  • Le bÏuf traîne la charrue et le paysan suit la charrue. Tu mets l'ignorance à la place du bÏuf et tu trouves derrière, la misère et la pauvreté. De Driss Chraïbi / Une enquête au pays
  • Il y a des consciences comme des bovidés, certains tirent la charrue, d'autres luttent dans les arènes. De Andrée Maillet / Profil de l'original
  • Un instrument qu'on ne remplace pas et qu'on ne perfectionne guère : c'est la charrue. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • La vache n’est pas la femelle du boeuf. La vache est la femelle du taureau. La femelle du boeuf, c’est la charrue. De François Cavanna / Le saviez-vous ?
  • Marmoutier : À quelques kms de Saverne, de jolies balades à faire dans les collines sous vosgiennes, celle qui mène au Haut-Barr par exemple vaut le déplacement. Autour du village, des arbres remarquables et des chapelles partout, parce qu’en bas c’est l’imposante abbatiale St Etienne. À quelques pas, La charrue. Musique, bonne humeur, thé, café kuchen, grillades et plats du jour et, de temps en temps, des groupes qui jouent. Un bistrot, vivant et sympa avec des vrais gens vivants dedans. Fermé bien sûr pendant le confinement et qui re-fonctionne depuis quelques jours avec Jacky à la baguette. Et ce n’est pas toujours facile. N’est-ce pas Jacky ?  France Bleu, Les Circuits Courts : Bistrot "La charrue" Marmoutier
  • Dans sa version la plus évoluée, baptisée Smart Ploughing, la charrue Kuhn Vari-Master L Sillon, testée en version 6 corps, fin novembre entre deux averses, se pilote intégralement à l’aide d’un terminal Isobus. Elle profite de fonctionnalités intelligentes simplifiant la conduite. Le labour devient facile, même pour des chauffeurs peu expérimentés. L’ensemble des réglages se contrôlent depuis la cabine, y compris l’aplomb, la profondeur et la pression du circuit hydraulique de la sécurité non-stop. Le retournement s’actionne automatiquement en bout de champ et la gestion par GPS Smart Ploughing Line agit sur la largeur de travail pour obtenir un sillon rectiligne. L’automatisme Smart Ploughing Lift (option à 5 212 euros pour une 6 corps), relevant et abaissant individuellement les corps, ne laisse plus de place aux fourrières en dents de scie. Réussir machinisme, [ESSAI/VIDEO] - Charrue Kuhn Vari-Master L Sillon Smart Ploughing | Réussir machinisme
  • Labourer jusqu'à 4 mètres de large par passage avec une charrue portée est possible avec le modèle 10 corps de la société espagnole Fontan. Cet outil, conçu pour les tracteurs développant 300 chevaux et plus, pèse près de 4 tonnes et se décline en 14, 15 et 16 pouces. Il chapeaute la série 5200 comptant également des charrues portées de 7, 8 et 9 corps, toutes équipées de sécurités non-stop hydrauliques.  Réussir machinisme, Fontan - Une charrue portée de 10 corps pour les tracteurs de plus de 300 chevaux | Réussir machinisme

Traductions du mot « charrue »

Langue Traduction
Anglais plough
Espagnol arado
Italien aratro
Allemand pflug
Portugais arado
Source : Google Translate API

Synonymes de « charrue »

Source : synonymes de charrue sur lebonsynonyme.fr

Charrue

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