Confesseur : définition de confesseur


Confesseur : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

CONFESSEUR, subst. masc.

A.− [Dans l'Église primitive] Personne exposée à la persécution et témoignant de sa foi :
1. − Je veux lire le Nouveau Testament dans l'original, fit-il avec l'énergie d'un confesseur de la foi devant un préfet romain. Green, Moïra,1950, p. 14.
Emploi adj. Qui a proclamé sa foi :
2. ... ce concile de Nicée, où l'on vit trois prélats ayant le don des miracles et ressuscitant les morts, quarante évêques confesseurs ou martyrs, ... Chateaubriand, Les Martyrs,t. 2, 1810, p. 220.
P. ext.
LITURG. [P. oppos. à apôtre, docteur, etc.] Saint non martyr. Saint Hyacinthe, confesseur non pontife (Huysmans, L'Oblat,t. 2, 1903, p. 170).
P. anal., littér. Personne qui fait profession d'une foi quelle qu'elle soit :
3. ... il nous est impossible de ne pas admirer, qu'ils réussissent ou non, les glorieux combattants de l'avenir, les confesseurs de l'utopie. Hugo, Les Misérables,t. 2, 1862, p. 484.
B.− RELIG. CATH. Prêtre doté du pouvoir d'absoudre les péchés (cf. confessé II). Geoffroy de Beaulieu, confesseur de saint Louis (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 4, 1848, p. 479):
4. ... qu'est-ce qu'un moraliste, sinon un confesseur et un directeur laïque, auquel il manque seulement la robe du prêtre − et souvent sa religion? P. Bourget, Nouv. Essais de psychol. contemp.,1885, p. 28.
P. ext. Personne à qui on peut faire des confidences :
5. Je recommence, avec plus de conviction, mon petit speech sur la nécessité pour le défenseur de ne rien ignorer de la faute. Je vais jusqu'à déclarer que l'avocat est un confesseur! Ce dernier mot a raison de ses hésitations. Vercel, Capitaine Conan,1934, p. 77.
Prononc. et Orth. : [kɔ ̃fεsœ:ʀ]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. A. Av. 1155 confessour « titre donné aux saints qui ne sont ni apôtres ni martyrs » (Wace, St Nicolas, éd. E. Ronsjö, 1539). B. 1195-1200 confessor « prêtre qui entend les confessions » (Renart, éd. M. Roques, XIV, 14842); 1350 confiesseur (G. Le Muisit, Poésies, éd. Kervyn de Lettenhove, t. I, p. 257); 1383 confesseur (Ménagier, éd. Soc. Bibliophiles fr., t. I, p. 26). A est empr. au lat. chrét. confessor « celui qui professe la foi chrétienne », le terme désignant d'abord un martyr, puis celui qui s'est affirmé témoin du Christ par une sainte vie (Catholicisme), dér. de confessus, part. passé de confiteri (confesser*). B empr. au lat. médiév. confessor « prêtre qui entend les confessions » (ca 827, Walahfrid Strabo ds Nierm.). Fréq. abs. littér. : 858. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 749, b) 1 452; xxes. : a) 1 300, b) 595. Bbg. Ritter (E.). Les Quatre dict. fr. B. de l'Inst. nat. genevois. 1905, t. 36, p. 379.

Confesseur : définition du Wiktionnaire

Nom commun

confesseur \kɔ̃.fɛ.sœʁ\ masculin

  1. (Religion) Celui qui, dans l’Église primitive, avait confessé la foi de Jésus-Christ, jusqu’à souffrir des tourments, mais sans mourir.
    • La fête d’un confesseur. - Les confesseurs de la foi.
    • « Je veux lire le Nouveau Testament dans l’original, fit-il avec l’énergie d’un confesseur de la foi devant un préfet romain. » — (Julien Green, « Moïra », 1950, réédition Le Livre de Poche, page 19)
  2. Prêtre qui entend en confession.
    • […] les pères et mères de famille qui avaient entendu les dernières paroles de Gilles de Retz, jeûnèrent trois jours pour lui mériter la miséricorde divine, qu’on ne doute pas qu’il ait obtenue, son confesseur étant un des plus habiles de l’époque. — (Alexandre Dumas, La Vendée après le 29 juillet, La Revue des Deux Mondes T.1, 1831)
    • Henri IV est le grand-père de Louis XIV, Cotton, le grand-oncle du P. la Chaise : deux royautés, deux dynasties, celle des rois, celle des confesseurs jésuites. — (Jules Michelet, Le prêtre, la femme, la famille, Paris : Chamerot, 1862 (8e éd.), page 17)
    • Mais une vieille demoiselle change plus facilement de confesseur qu’elle ne change d’opinion. — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, collection Le Livre de Poche, page 23)
    • Les jeux érotiques commencent évidemment dès l'enfance, se poursuivent de plus belle entre adolescents ou jeunes adultes (ainsi le maraîchinage en Vendée) et tout cela tracasse beaucoup les confesseurs. En revanche, les participants s'y livrent « sans rougir ». — (Jean-Paul Desaive, Délits sexuels et archives judiciaires (1690-1750) , Communications, 1987, vol. 46, nº 46, page 128)
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Confesseur : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CONFESSEUR. n. m.
Celui qui, dans la primitive Église, avait confessé la foi de JÉSUS-CHRIST, jusqu'à souffrir des tourments, mais sans mourir. La fête d'un confesseur. Ce n'est pas un martyr, c'est un confesseur. On dit également Les confesseurs de la foi. Il se dit aussi du Prêtre qui a pouvoir d'ouïr en confession. Sévère confesseur. Confesseur doux, indulgent. Un tel est son confesseur. Le confesseur d'une communauté de religieuses. Dire ses péchés à son confesseur. Le confesseur lui a imposé telle pénitence.

Confesseur : définition du Littré (1872-1877)

CONFESSEUR (kon-fè-seur) s. m.
  • 1Dans la primitive Église celui qui, durant la persécution, avait confessé le nom de Jésus-Christ jusqu'à subir le martyre, mais sans en mourir. Ce n'est pas un martyr, c'est un confesseur. Ce courageux confesseur de Jésus-Christ adressa à l'empereur un livre dont le titre…, Bossuet, Variat. Avert. V, § 18.
  • 2Prêtre à qui l'on se confesse. Comme à mon confesseur, vous ouvrant ma pensée, Régnier, Sat. VII. Le récit de ses fautes est pénible ; on veut les couvrir et charger quelque antre ; c'est ce qui donne le pas au directeur sur le confesseur, La Bruyère, XI.

HISTORIQUE

XIIIe s. Ici endroit gist un cors saint, Qui est el ciel avec les sains, Bon martirs et bon confessors ; Ci illeques en gist le cors, Ren. 4779.

XVIe s. Et certes ils ne se pouvoyent confesser, veu qu'il n'y avoit lors ne confesseurs, ne confession mesme, Calvin, Instit. 501. L'aultre respondit à son confesseur qui lui promettoit qu'il souperoit ce jour-là avecques nostre seigneur : allez vous y en ; car, de ma part, je jeusne, Montaigne, I, 296.

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Confesseur : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

CONFESSEUR, s. m. (Hist. ecclés. & Théolog.) Chrétien qui a professé hautement & publiquement la foi de Jesus-Christ, qui a enduré des tourmens pour la défendre, jusqu’à la mort exclusivement, & qui étoit disposé à la souffrir.

On donne à un saint le nom de confesseur, pour le distinguer des apôtres, des évangélistes, des martyrs, &c. Voyez Saint, Martyr.

On trouve souvent dans l’histoire ecclésiastique le mot confesseur, pour signifier un martyr. On a donné dans la suite ce nom à ceux qui, après avoir été tourmentés par les tyrans, ont vécu & sont morts en paix. Enfin on a appellé confesseurs ceux qui, après avoir bien vécu, sont morts en opinion de sainteté.

On n’appelloit point, dit S. Cyprien, du nom de confesseur, celui qui se présentoit de lui-même au martyre & sans être cité, mais on le nommoit professeur. Si quelqu’un par la crainte de manquer de courage & de renoncer à la foi, abandonnoit son bien, son pays, &c. & s’exiloit lui-même volontairement, on l’appelloit extorris, exilé.

Confesseur est aussi un prêtre séculier ou religieux, qui a pouvoir d’oüir les pécheurs dans le sacrement de pénitence, & de leur donner l’absolution.

L’Église l’appelle en Latin confessarius, pour le distinguer de confessor, nom consacré aux saints. Les confesseurs des rois de France, si on en excepte l’illustre M. l’abbé Fleury, ont été constamment Jésuites depuis Henri IV. Avant lui, les Dominicains & les Cordeliers étoient presque toûjours confesseurs des rois de France. Les confesseurs de la maison d’Autriche ont aussi été pour l’ordinaire des Dominicains & des Cordeliers ; les derniers empereurs ont jugé à propos de prendre des Jésuites. Dictionn. de Trév. & Chambers. (G)

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Étymologie de « confesseur »

Étymologie de confesseur - Wiktionnaire

(Fin XIIe siècle) Du latin confessor.
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Étymologie de confesseur - Littré

Provenç. confessor ; espagn. confesor ; ital. confessore ; du latin confessorem (voy. CONFESSER).

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Phonétique du mot « confesseur »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
confesseur kɔ̃fɛsœr play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « confesseur »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « confesseur »

  • Cette confession met en scène et confronte l’avocat-pécheur et son confesseur qui le guide dans sa démarche expiatoire, alors qu’il a lui-même et dans sa jeune vie de prêtre commis un crime affreux ayant défrayé la chronique judiciaire et menacé un peu plus la digue du célibat des prêtres. Atlantico.fr, "La Miséricorde" de Jean Raspail : magistral, puissant, tout le talent de Raspail est déjà dans ce livre de jeunesse, longtemps inachevé, heureusement enfin édité | Atlantico.fr
  • À ses côtés, son confesseur et trois pages, les uns derrière les autres. Le peintre s’est représenté sous les traits d’un écuyer, à gauche de la toile. Actuailes, Jeanne d’Arc au sacre du roi Charles VII de Jean-Auguste- Dominique Ingres (1780-1867)
  • Le Chœur de Radio France et l'OP de RF avec Myung-Whun Chung interprètent le Requiem de Verdi. Puis, Olivier Messiaen pour ses Trois petites liturgies de la présence divine et un large extrait des Vêpres solennelles d'un confesseur de Mozart, par la Maîtrise, le Chœur de RF dirigés par Sofi Jeannin. France Musique, Festival Saint-Denis 2006 et 2017 : OP de Radio France avec Sofi Jeannin et Myung-Whun Chung
  • Mais s’il est connu au-delà des frontières de l’Italie, le capucin a peu voyagé durant sa vie, notamment en raison des différentes maladies qui l’ont affecté tout au long des années. Ce qui ne l’a pas empêché d’exercer son ministère auprès de dizaines de milliers de personnes. Sa connaissance du cœur et des péchés de ceux qui venaient à lui l’ont rendu particulièrement populaire comme confesseur. Canonisé par Jean Paul II en 2002, il est le saint patron des volontaires de la défense civile et des adolescents et on le prie pour soulager le stress. Aujourd’hui, de nombreux endroits où il a vécu sont considérés comme des lieux de pèlerinage, de sa maison d’enfance à son « tombeau » où ses restes incorruptibles sont exposés. En voici un aperçu. Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle, Huit endroits méconnus pour mettre ses pas dans ceux de Padre Pio
  • Une femme ne doit jamais prendre son mari pour son confesseur. De George Sand / Valentine
  • Dans une société qui devient de plus en plus matérialiste, le confesseur, c'est le médecin. Jules Amédée Barbey d'Aurevilly, Disjecta membra

Traductions du mot « confesseur »

Langue Traduction
Corse cunfessu
Basque confessor
Japonais 告白者
Russe исповедник
Portugais confessor
Arabe المعترف
Chinois conf悔者
Allemand beichtvater
Italien confessore
Espagnol confesor
Anglais confessor
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Synonymes de « confesseur »

Source : synonymes de confesseur sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « confesseur »



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