La langue française

Aliter

Sommaire

  • Définitions du mot aliter
  • Étymologie de « aliter »
  • Phonétique de « aliter »
  • Évolution historique de l’usage du mot « aliter »
  • Citations contenant le mot « aliter »
  • Traductions du mot « aliter »
  • Synonymes de « aliter »

Définitions du mot aliter

Trésor de la Langue Française informatisé

ALITER, verbe trans.

A.− Emploi trans.
1. MÉD. [Le suj. désigne un inanimé abstr. ou une pers.] Contraindre une personne malade ou affaiblie à se soigner en se mettant au lit ou en gardant le lit :
1. Le bruit court que V.P.C.A. Costecalde, à peine remis de la jaunisse qui l'alitait depuis quelques jours... A. Daudet, Tartarin sur les Alpes,1885, p. 218.
2. Tigre était extraordinaire. Il avait une idée par minute. Il a tué deux tapissiers sous lui, qu'on a dû aliter d'épuisement chez le concierge. J. Anouilh, La Répétition,1950, I, p. 19.
Par hypallage. [L'obj. est un compl. abstr. représentant une pers.] Même sens; au fig. affaiblir, réduire à l'impuissance :
3. Les médecins consultés l'effrayèrent. Il était temps d'enrayer cette vie, de renoncer à ces manœuvres qui alitaient ses forces. Il demeura, pendant quelque temps, tranquille : mais bientôt le cervelet s'exalta, appela de nouveau aux armes. J.-K. Huysmans, À rebours,1884, p. 10.
4. ... et bien que cette vieille énervée ait singulièrement vagabondé dans les hors-d'œuvre, s'arrêtant devant des riens, délirant doucement en des anecdotes qu'elle enflait et déclarait immenses, dès que ses accès de sentiment et ses crises de chauvinisme brouillaient la possibilité de ses présomptions, alitaient la santé de ses conjectures, elle était néanmoins la seule, en France, qui eût plané au-dessus des siècles et plongé de haut dans l'obscur défilé des vieux récits. J.-K. Huysmans, Là-bas,t. 1, 1891, pp. 31-32.
2. PÊCHE. [Le suj. est une pers.] Aliter des anchois, des sardines, etc. Les disposer dans les caques ou les barils par lits en les recouvrant chaque fois d'une couche de sel (cf. Baudr. Pêches 1827).
B.− Emploi pronom. S'aliter.[Le suj. désigne une pers.] Se mettre au lit, garder le lit à la suite de maladie, d'affaiblissement, etc. :
5. Malheureusement le médecin de Nemours avait déclaré que le moment où Minoret s'aliterait serait celui de sa mort. H. de Balzac, Ursule Mirouët,1841, p. 177.
6. ... après une de ces crises, il avait gardé son bras paralysé tout un jour. Plusieurs fois, il s'alita; il se pelotonnait, se cachait sous le drap, avec le souffle fort et continu d'un animal qui souffre. É. Zola, L'Assommoir,1877, p. 746.
7. Enfin, il ne pouvait plus se tenir debout. Il fallait s'aliter. Couché, il recevait des amis, rasé, la toilette faite, dans l'état d'un homme qui aurait une légère indisposition. E. et J. de Goncourt, Journal,janv. 1883, p. 220.
8. Elle était malade de la maladie des pauvres; elle avait une bronchite. Elle s'alita en novembre et de tout l'hiver ne put travailler. J. Guéhenno, Journal d'un homme de quarante ans,1934, p. 72.
Rem. 1. S'aliter, se mettre au lit. On se met au lit pour cause de fatigue; on s'alite pour cause de maladie ou en prévision d'un affaiblissement demandant des soins. 2. Besch. 1845 et Lar. 19esignalent un sens plus gén. ,,tomber malade`` qui ne semble pas confirmé, les textes impliquant toujours l'idée d'un alitement réel.
Prononc. − 1. Forme phon. : (s') [alite], (je m') [alit]. Enq. : /alit/. Conjug. parler. 2. Dér. : alitement. Cf. lit.
Étymol. ET HIST. − 1. Ca 1200 pronom. « prendre le lit » (L'Escoufle ds Littré : Bien la [la maladie] porta une quinzaine Li bers, ains qu'il s'en alitatst). 2. 1218-1225 trans. « faire prendre le lit » (G. de Coincy, Les Miracles de la Ste Vierge, éd. Poquet, 342, 33 ds T.-L. : chai en un malage qui l'alita et tint lonc tens); 3. 1481 « arranger par lits, par couches » (Lille, ds La Fons., ds Gdf. Compl. : Aliter .IX. pies de plancque [de grès] pour couvrir ung pan de mur); d'où 1827 pêche « id. » (Baudr. Pêches : Aliter. C'est mettre les anchois le dos en haut dans des barils, entre plusieurs couches de sel). Dér. de lit*; préf. -a1*, dés. -er.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 43.
BBG. − Bailly (R.) 1969 [1946]. − Bar 1960. − Baudr. Pêches 1827. − Bél. 1957. − Bénac 1956. − Boiss.8. − Bruant 1901. − Fér. 1768. − Laf. 1878. − Nysten 1814-20. − Sommer 1882.

aliter « mettre au lit »

Wiktionnaire

Verbe

aliter \a.li.te\ transitif ou pronominal 1er groupe (voir la conjugaison) (pronominal : s’aliter)

  1. Forcer à se mettre au lit, à garder le lit.
    • Cette blessure l’a alité pendant trois mois.
    • C’est si bon de marcher quand on a été longtemps alitée. — (Eugène Sue, Les Mystères de Paris, 1843)
  2. (Pêche) (Vieilli) Ranger les produits de la pêche par lits successifs.
    • Aliter les anchois dans un tonneau.
  3. (Pronominal) Se mettre, se tenir au lit pour cause de maladie.
    • Ce fut vers cette époque que la mère Désiré, sans qu’on sût pourquoi ni comment, fut prise de coliques bizarres qui l’obligèrent à s’aliter. — (Louis Pergaud, Un petit logement, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Un soir, je dus m’aliter avec une température de plus de 40° ; le surlendemain les pétéchies firent leur apparitions : c'était le typhus. — (Frédéric Weisgerber, Au seuil du Maroc Moderne, Institut des Hautes Études Marocaines, Rabat : Les éditions de la porte, 1947, p. 96)
  4. (Pronominal) Se coucher, en parlant des loups.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ALITER. v. tr.
Forcer à se mettre au lit, à garder le lit. Cette blessure l'a alité pendant trois mois.

S'ALITER signifie Se mettre, se tenir au lit pour cause de maladie. Il y avait longtemps qu'il traînait; enfin il a été contraint de s'aliter.

Littré (1872-1877)

ALITER (a-li-té) v. a.
  • 1Forcer à se mettre au lit. Il n'y a qu'une grande maladie qui puisse l'aliter.
  • 2 En termes de pêche, aliter des sardines, les arranger par lits.
  • 3S'aliter, v. réfl. Se mettre au lit. Il a été contraint de s'aliter.

SYNONYME

S'ALITER, SE METTRE AU LIT. Se mettre au lit est plus général ; on se met au lit pour se coucher ; les élèves se mettent au lit à neuf heures dans ce collége ; on se met aussi au lit pour cause de maladie ; la fièvre le prit, il se mit au lit, et ne se releva plus. S'aliter, c'est, exclusivement, se coucher parce qu'on se sent malade, parce qu'on ne peut plus se tenir debout.

HISTORIQUE

XIIIe s. Bien la [la maladie] porta une quinzaine Li bers, ains qu'il s'en alitast, l'Escoufle. Cis maus m'a si alité Que la mort est au degré, Qui me défie, Hist. litt. t. XXIII, 586. Ains qu'il soient en lor pechiés morteus Alité…, Mätzner, p. 67.

XVe s. Une maladie le prit sur le chemin, dont il le convint aliter et mourir, Froissart, I, I, 147.

XVIe s. Deux mois avant que mourir, elle s'allita pour cause d'une fièvre continue, Paré, V, 19.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ALITER. - HIST.

XVe s. Ajoutez : Il [Holopherne] s'enyvra par sa folie, Il se coucha, il s'alicta ; Et Judich, la dame jolye, En dormant le decapita, Rec. de farces, etc. p. 351.

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Étymologie de « aliter »

Du préfixe latin ad-, indiquant une direction, et lit.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

A et lit.

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Phonétique du mot « aliter »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
aliter alite

Évolution historique de l’usage du mot « aliter »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « aliter »

  • Source [aliter-invest.com] L’Europe n’en est pas à sa première crise, et pourtant, va-t-on cette fois-ci encore repartir comme si de rien n’était, sans accepter de changer notre regard sur nos modes de vie, notre système, et même sur la vision que nous avons de la personne humaine ? Peut-être est-ce le moment de se laisser bousculer, car si une crise révèle toujours la vulnérabilité et la petitesse de l’homme, elle fait aussi appel à son extraordinaire créativité et bon sens pour en sortir meilleur. , Sans renversement de perspectives, le pire est devant nous - Décryptage - Actualité - Liberté Politique
  • Etant moi-même agrégé de l'Université, en philosophie, et maintenant émérite (j'avais 24 ans en mai 68) et j'étais étudiant de Michel Henry, immense phénoménologue chrétien, je peux dire que déjà, l'extrême gauche se distinguait par son emprise idéologique. En plus, j'eus le bonheur de suivre les cours de sociologie de jean Servier, penseur ostracisé car réputé "réac"... Le noyautage par les trosko-marxistes et ses héritiers d'aujourd'hui est, comme dit Schopenhauer à propos de l'histoire "eadem, sed aliter". Les plus cultivés n'auront pas besoin de traduire, les autres... Le Point, Censure dans les universités : l'inquiétante dérive - Le Point

Traductions du mot « aliter »

Langue Traduction
Anglais bed
Espagnol guardar cama
Italien mettersi a letto
Portugais aliter
Source : Google Translate API

Synonymes de « aliter »

Source : synonymes de aliter sur lebonsynonyme.fr
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