La langue française

Adverbe

Définitions du mot « adverbe »

Trésor de la Langue Française informatisé

ADVERBE, subst. masc.

GRAMM. Partie du discours neutre et invariable qui peut être rapportée à un verbe, à un adjectif, à une préposition ou à un autre adverbe, c'est-à-dire à toute partie du discours (autre que l'article et les déterminatifs) qui se réfère elle-même à un terme lui servant de support. Mot appartenant à cette partie du discours :
1. L'Adverbe sert à modifier, soit un adjectif, soit un verbe, soit un autre Adverbe; c'est-à-dire qu'il marque quelque manière, quelque circonstance de ce qui est exprimé par l'un ou par l'autre ... Gir. t. 2 1834, p. 902.
2. Espèce de mot toujours invariable et dont la fonction la plus ordinaire est de modifier le verbe, soit par une idée de degré (...), soit par une idée de manière (...), soit par une idée d'époque ou de temps, soit enfin par une idée de lieu (...). L'adverbe peut aussi modifier un adjectif (...) ou enfin un autre adverbe. Besch.1845.
3. Adverbe. Partie invariable du discours qui modifie les verbes ou les adjectifs. Littré.
4. Adverbe. Partie invariable du discours, qui se joint avec les verbes et avec les adjectifs, et qui les modifie de diverses manières. Ac.1835-1932.
5. L'adverbe est un complément circonstanciel de forme invariable qui sert à exprimer la manière, le temps, le lieu, la quantité, etc. On range aussi parmi les adverbes les mots ou expressions qui indiquent l'affirmation, la négation ou l'interrogation. Gramm. Ac.1932, p. 188.
6. Les mots pleins exprimant les attributs abstraits de procès sont appelés adverbes. (...) les adverbes expriment les attributs des procès, c'est-à-dire les circonstances dans lesquelles interviennent ces procès. Tesn.1959, p. 62, 74.
7. L'adverbe, qui ne peut, en principe, être incident au substantif mais porte sur l'adjectif et le verbe, c'est-à-dire sur ce qui est déjà incident (ou, mieux, sur une incidence), possède ainsi une incidence externe du deuxième degré : il assigne, en dehors de ce qu'il désigne, le mouvement d'assignation de l'adjectif ou du verbe au substantif. G. Moignet, L'Adverbe dans la locution adverbiale, Cahiers de psychomécanique du langage,1961, no5, p. 18.
COMMENTAIRE GRAMM. − 1. L'adv. peut porter sur un seul terme (cf. infra a), sur un groupe de mots (cf. infra b) ou sur toute une prop. (cf. infra c); il peut aussi, à travers le terme auquel il est rapporté syntaxiquement, modifier en fait le sens de tout le syntagme auquel ce mot appartient (cf. infra d) : a) une écriture peu lisible; b) Pierre travaille sérieusement (le travail de Pierre est sérieux); c) il est venu non parce qu'il nous aime mais parce qu'il est curieux; d) il n'est pas venu parce qu'il nous aime mais parce qu'il est curieux (ne... pas se rapporte syntaxiquement à être, mais nie en fait est venu, parce qu'il nous aime). 2. L'adv. fournit selon les cas un apport purement formel, analogue à celui d'un affixe (cf. infra a), un apport sém. (cf. infra b), une détermination circ. (cf. infra c) ou une caractérisation modale de phrase (cf. infra d) : a) une pomme très rouge (très, affixe augmentatif); l'incident ne peut pas s'expliquer (« est inexplicable »); b) Pierre attend vainement (l'attente est qualifiée de vaine); un enfant physiquement faible (la faiblesse est physique); c) il partira demain, il habitera ici... d) heureusement (qu')il est parti à temps; sans doute (qu') il arrivera par le train. 3. Changements de catégorie gramm. − a) Certains morph. fonctionnent tantôt comme prép., tantôt comme conj., tantôt comme adv. : prép./ adv. : après, contre, depuis... : on ne l'a plus vu depuis (la dernière rencontre). − Rem. Le fr. dit pop. ou fam. est plus hardi dans ces changements : voter pour, contre; venir avec, aller sans, etc.; conj./adv. : comme, quand, que, si... : Que vous êtes matinal! b) Inversement, certains adv., apr. évidement sém. plus ou moins prononcé, entrent dans des loc. conj. de subordination (alors que, aussitôt que, bien que, encore que, lorsque...) ou fonctionnent comme prédéterminants du subst. (beaucoup de..., peu de..., bien des..., combien de..., tant de...). Quelquefois ils se prêtent à la substantivation (le peu). c) Un certain nombre d'adj. sémantiquement aptes à qualifier un procès peuvent être empl. comme adv. : fort, bon, clair, creux, droit, haut... (cela sent bon). D'autre part, le discours crée aussi des adv. de discours à partir de subst. ou de prop. translatés, les uns au moyen de prép. (subst. inactualisés [il se bat avec courage, il se bat courageusement] ou actualisés [il se bat avec un grand courage, il se bat très courageusement]) et il s'agit alors de loc. adv. ou de compl. circ.; les autres au moyen de conj. (il partira dès qu'il aura reçu la lettre) et il s'agit alors de prop. sub. circ. d) En revanche, peu d'adv. connaissent un emploi adj. (exceptionnellement, bien : un homme bien, mais seulement dans la lang. fam.). 4. Classements. − a) Selon le sens : adv. de lieu, de temps, de comparaison; de manière; de quantité (ou d'intensité); d'affirmation, de négation, de doute... b) Selon le degré de prédicativité* (degré d'autonomie par rapport au mot auquel l'adv. est rapporté; notion de ling. guillaumienne) : toujours prédicatifs : adv. de manière en -ment; adj. adverbialisés; adv. dérivés de subst. (davantage...) et, en gén., les adv. de lieu, de manière et de temps (vite, là, ici); tantôt prédicatifs, tantôt non prédicatifs : beaucoup, peu, plus, moins, trop, bien... : il gagne bien (beaucoup, peu, trop...); vous êtes bien (peu, trop, moins) fatigué, très fatigué; faiblement ou non prédicatifs : si, très, ne, pas, point...
Prononc. − Forme phon. : [advε ʀb]. Enq. : /adve2 ʀb/. 2. Dér. et composés : adverbal, adverbial, adverbialement, adverbialiser, adverbialité.
Étymol. − 1236 gramm. (D'Andeli, Bataille des sept ars, 384 ds Gdf. Compl. : Averbes est pars d'oroisons); jusqu'au xvies. adverbe a pu désigner tout mot placé près d'un autre pour en déterminer l'emploi, en part. les prép. (1752, La Ramée, Gramm., ch. 18 ds Hug.). Empr. au lat. adverbium « adverbe » (dep. Quintilien, Institutio oratoria, 1, 4, 19 ds TLL s.v., 841, 1 : mixtum verbo participium, ipsis verbis adverbia). HIST. − La catégorie des adv. est connue dès l'Antiquité; mais dès cette époque aussi, les grammairiens y faisaient entrer les mots les plus divers. Il s'est créé ainsi une classe hétérogène, difficile à définir. Une étude sommaire des divers essais tentés pour définir la classe des adv. fait apparaître 3 types de déf., toutes également incomplètes : a) Déf. fonctionnelle et sémantique. L'adverbe est un mot qui est en relation avec le verbe ou l'adj. dont il détermine plus exactement le sens. Cette déf., qui explicite les termes ε ̓ π ι ́ ρ ρ η μ α et adverbium par lesquels les Grecs et les Romains désignaient la catégorie de l'adv., est reprise et élargie par les grammairiens d'abord, par les lexicographes ensuite : 8. L'adverbe est une partie sans article, la signification duquel se joint communément aux verbes, qualifiant leur action ou passion, tout ainsi que fait l'adjectif les noms appellatifs ou propres. L. Meigret 1545 (Livet 1859, pp. 100-101). 9. L'adverbe est un mot sans nombre qui est adjoinct a un autre. P. Ramus 1572 (ibid., p. 232). 10. On peut prendre pour adverbes tous mots qui, sans declinaison ou conjugaison adjoints aux verbes, participes ou noms adjectifs, servent à emplir, estendre, restraindre ou autrement expliquer et modifier leur signification, dont est que plusieurs sont transportez d'autres parties d'oraison en celle-cy, et de cette-cy en d'autres, pour divers esgards. C. Maupas 1607 (Winkler 1912, pp. 214-215). 11. [L'adverbe] C'est une partie de l'oraison qui ne se décline, ni ne se conjugue, et qui se joint avec le verbe pour exprimer la manière d'agir, ou de souffrir, et quelque fois aussi avec les noms; comme : il agit constamment, il est vivement poursuivi, il est fort malade. Fur. 1690. 12. L'adverbe est un mot qui aide à mieux entendre la façon d'être ou d'agir, signifiée par le verbe. Chiflet 1697, p. 5. 13. L'adverbe est une partie d'Oraison, qui ne reçoit nulle variation, et qui sert à modifier un nom Adjectif, un Verbe, ou un Participe, c'est-à-dire, à marquer quelque qualité, quelque manière, quelque circonstance, de ce qui est signifié par l'un ou par l'autre. Estre extrêmement heureux. Parler bien, écrire mal. Il a toujours fait son devoir. Regn. 1706, p. 534. 14. Les Adverbes, établis pour modifier ceux des autres mots qui sont capables de modification, se trouvent par la nature de leur service dans un ordre subalterne, ainsi que les Adjectifs (...). Toute leur soumission consiste donc à ne se pas trop éloigner du mot qu'ils modifient. C'est même de cette proximité qu'ils tirent leur nom; car adverbe vaut autant que joint au verbe (...). Par conséquent c'est principalement pour le verbe que l'Adverbe a pris naissance. Son service s'est néanmoins étendu jusqu'à une partie des Adjectifs (...). Quelquefois même un adverbe en modifie un autre, ainsi que dans cette occasion : il parle bien obscurément. Girard Princ. t. 2 1747, pp. 138-139. 15. Cette étymologie du mot Adverbe [c'est-à-dire du mot joint au verbe] n'est bonne et vraie, qu'autant que le mot latin verbum sera pris dans son sens propre, pour signifier mot, et non pas verbe (...). En effet, l'Adverbe modifie aussi souvent la signification des noms, des adjectifs, et même des autres Adverbes, que celle des verbes. Cependant la Grammaire générale et raisonnée (Part. II, chap. 12) semble insinuer que l'Adverbe se joint plus ordinairement au verbe, et qu'il en prend sa dénomination; ceux qui ont adopté la doctrine de P. R. ont adopté cette erreur, dont on trouve le germe dans Priscien (lib. XV) et le développement dans Sanctius (Minerv. III, 13). N. Beauzée, Gramm, t. 1 1789. b) Déf. syntaxique. L'adverbe est l'équivalent d'un compl. circ.; déf. plus récente (Melanchton 1555; Port-Royal 1660; cités par V. Brøndal, Les Parties du discours, 1948, p. 53) et reprise par bon nombre de grammairiens : 16. Les adverbes comprennent non seulement des mots simples, mais plusieurs phrases [syntagmes] entieres composées de prepositions, et les mesmes prepositions se mettent aussi pour adverbes en plusieurs occasions, lorsque le sens y oblige. A. Oudin 1632 (Winkler 1912, p. 215). 17. En faisant l'énumération des différentes sortes de mots qui entrent dans le discours, je place l'Adverbe après la préposition, parce qu'il me paroît que ce qui distingue l'Adverbe des autres espèces de mots, c'est que l'Adverbe vaut autant qu'une préposition et un nom : il a la valeur d'une préposition avec son complément; c'est un mot qui abrège; par exemple, sagement vaut autant que avec sagesse. C.-C. du Marsais, Gramm. t. 1 1789. 18. Nous avons dit, Monseigneur, que l'adverbe est une expression abrégée, qui est l'équivalent d'un nom précédé d'une préposition; et nous avons donné pour exemple sagement, qui signifie avec sagesse; plus, qui signifie en quantité supérieure, etc. Cond. 1798, p. 317. c) Déf. logique. L'adverbe modifie l'ensemble de la phrase et exprime une modalité (cf. V. Brøndal, Les Parties du discours, 1948, p. 54). Toutes les déf. données ultérieurement rejoignent l'une ou l'autre de ces catégories et restent également inadéquates parce qu'elles s'appliquent en fait à une classe hétérogène, dans laquelle on range ,,à côté d'adverbes authentiques, vocables de cas prédicatif et d'incidence du deuxième degré, comme directement, vite, souvent (...), de véritables substantifs, comme hier, demain, des pronoms, comme ici, là, des particules non prédicatives qui ne sont que des morphèmes, comme très, si, ne, pas, etc.`` (G. Moignet, L'Adverbe dans la locution adverbiale, Cahiers de psychomécanique du langage, 1961, no5, p. 20).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 102.
BBG. − Bél. 1957. − Bouillet 1859. − Dagn. 1965. − Daire 1759. − Dem. 1802. − Fér. 1768. − Gramm. t. 1 1789. − Hanse 1949. − Lav. Diffic. 1846. − Mar. Lex. 1961 [1951]. − Springh. 1962. − Thomas 1956.

Wiktionnaire

Nom commun

adverbe \ad.vɛʁb\ masculin

  1. (Grammaire) Mot généralement invariable qui se joint avec les verbes, les adjectifs ou les adverbes et qui les nuance de diverses manières.
    • Tout est métaphysique dans ces deux parties surtout; et si je veux me soustraire, ou soustraire mes élèves aux idées abstraites, il faudra absolument me borner à dire qu'un nom est un nom, ou un mot qui se décline, même dans les langues où l'on ne décline pas ; qu'un verbe est un verbe, ou un mot qui se conjugue, y eût-il des langues où l'on ne conjuguât pas; qu'un adverbe est un mot qui se place auprès du verbe, en dépit de l'usage qui le place si souvent ailleurs, etc. — (Dieudonné Thiébault, « Instruction publique » dans Frédéric-le-Grand sa famille, sa cour, son gouvernement, etc., tome 5 : Son académie, ses amis philosophes et littérateurs, 4e éd. publiée par son fils le baron Thiébault, Paris : chez A. Dossange & chez Arthus Bertrand, Leizig : chez A. Dossange, 1827, p. 213)
    • Un dernier travail de peaufinage consistera à enlever les mots qui ne servent à rien, les adverbes qui alourdissent et vous êtes prêt(e) pour la dernière étape : lisez-le à voix haute, en veillant à garder une tonalité neutre. — (Jérôme Lefeuvre, Les 5 règles d'or pour bien communiquer, Hachette Pratique, 2012)
    • Les adverbes « soudain » ou « brusquement » ne sont jamais utilisés par les Morvandiaux qui leur préfèrent, de loin, la locution « tout par un coup »: […]. — (Henri Micaux, On m'a dit… dans le Morvan: histoires presque vraies, 2004, page 87)
    • Un jour il se présente au Colonel avant un départ en mission : « Mon Colonel, je venais vous prier déféremment d’accepter mes respects ». L’adverbe était si bien dans la note professionnelle que tous les assistants, dont le Colonel, ont éclaté de rire, sans que le type comprenne leur hilarité. — (Daniel Gallois, Inédits, Association des amis de Daniel Gallois, 1979, page 87)

Adverbe

adverbe \ad.ˈveɾ.be\

  1. Adverbialement.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ADVERBE. n. m.
T. de Grammaire. Mot invariable qui se joint avec les verbes, les adjectifs ou les adverbes et qui les modifie de diverses manières. Adverbe de lieu. Adverbe de temps. Adverbe dérivé d'un verbe. Adverbe dérivé d'un adjectif. Ici et sont des adverbes de lieu. Aujourd'hui, demain, bientôt, tantôt sont des adverbes de temps. Beaucoup et peu sont des adverbes de quantité. Doucement et fortement sont des adverbes de manière.

Littré (1872-1877)

ADVERBE (a-dvèr-b') s. m.
  • Terme de grammaire. Partie invariable du discours qui modifie les verbes ou les adjectifs.

HISTORIQUE

XIIIe s. Averbes et pars d'oraison, Bat. des sept Arts.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ADVERBE. - HIST. Ajoutez :

XVIe s. L'adverbe c'est un mot sans nombre qui est adjoinct à un autre, Ramus, dans LIVET, Gramm. franç. p. 232.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ADVERBE, s. m. terme de Grammaire : ce mot est formé de la préposition Latine ad, vers, auprès, & du mot verbe ; parce que l’adverbe se met ordinairement auprès du verbe, auquel il ajoûte quelque modification ou circonstance : il aime constamment, il parle bien, il écrit mal. Les dénominations se tirent de l’usage le plus fréquent : or le service le plus ordinaire des adverbes est de modifier l’action que le verbe signifie, & par conséquent de n’en être pas éloignés ; & voilà pourquoi on les a appellés adverbes, c’est-à-dire mots joints au verbe ; ce qui n’empêche pas qu’il n’y ait des adverbes qui se rapportent aussi au nom adjectif, au participe & à des noms qualificatifs, tels que roi, pere, &c. car on dit, il m’a paru fort changé ; c’est une femme extrèmement sage & fort aimable ; il est véritablement roi.

En faisant l’énumération des différentes sortes de mots qui entrent dans le discours, je place l’adverbe après la préposition, parce qu’il me paroît que ce qui distingue l’adverbe des autres especes de mots, c’est que l’adverbe vaut autant qu’une préposition & un nom ; il a la valeur d’une préposition avec son complément ; c’est un mot qui abrége ; par exemple, sagement vaut autant que avec sagesse.

Ainsi tout mot qui peut être rendu par une préposition & un nom, est un adverbe ; par consequent ce mot y, quand on dit il y est, ce mot, dis-je, est un adverbe qui vient du Latin ibi ; car il y est est comme si l’on disoit, il est dans ce lieu-là, dans la maison, dans la chambre, &c.

est encore un adverbe qui vient du Latin ubi, que l’on prononçoit oubi, où est-il ? c’est-à-dire, en quel lieu.

Si, quand il n’est pas conjonction conditionnelle, est aussi adverbe, comme quand on dit, elle est si sage, il est si savant ; alors si vient du Latin sic, c’est-à-dire, à ce point, au point que, &c. c’est la valeur ou signification du mot, & non le nombre des syllabes, qui doit faire mettre un mot en telle classe plûtôt qu’en telle autre ; ainsi à est préposition quand il a le sens de la préposition Latine à ou celui de ad, au lieu que a est mis au rang des verbes quand il signifie habet, & alors nos peres écrivoient ha.

Puisque l’adverbe emporte toûjours avec lui la valeur d’une préposition, & que chaque préposition marque une espece de maniere d’être, une sorte de modification dont le mot qui suit la préposition fait une application particuliere ; il est évident que l’adverbe doit ajoûter quelque modification ou quelque circonstance à l’action que le verbe signifie ; par exemple, il a été reçû avec politesse ou poliment.

Il suit encore de-là que l’adverbe n’a pas besoin lui-même de complément ; c’est un mot qui sert à modifier d’autres mots, & qui ne laisse pas l’esprit dans l’attente nécessaire d’un autre mot, comme font le verbe actif & la préposition ; car si je dis du Roi qu’il a donné, on me demandera quoi & à qui. Si je dis de quelqu’un qu’il s’est conduit avec, ou par, ou sans, ces prépositions font attendre leur complément ; au lieu que si je dis, il s’est conduit prudemment, &c. l’esprit n’a plus de question nécessaire à faire par rapport à prudemment : je puis bien à la vérité demander en quoi a consisté cette prudence ; mais ce n’est plus là le sens nécessaire & grammatical.

Pour bien entendre ce que je veux dire, il faut observer que toute proposition qui forme un sens complet est composée de divers sens ou concepts particuliers, qui, par le rapport qu’ils ont entr’eux, forment l’ensemble ou sens complet.

Ces divers sens particuliers, qui sont comme les pierres du bâtiment, ont aussi leur ensemble. Quand je dis le soleil est levé ; voilà un sens complet : mais ce sens complet est composé de deux concepts particuliers : j’ai le concept de soleil, & le concept de est levé : or remarquez que ce dernier concept est composé de deux mots est & levé, & que ce dernier suppose le premier. Pierre dort : voilà deux concepts énoncés par deux mots : mais si je dis, Pierre bat, ce mot bat n’est qu’une partie de mon concept, il faut que j’énonce la personne ou la chose que Pierre bat : Pierre bat Paul ; alors Paul est le complément de bat : bat Paul est le concept entier, mais concept partiel de la préposition Pierre bat Paul.

De même si je dis Pierre est avec, sur, ou dans, ces mots avec, sur, ou dans ne sont que des parties de concept, & ont besoin chacun d’un complément ; or ces mots joints à un complément font un concept, qui, étant énoncé en un seul mot, forme l’adverbe, qui, en tant que concept particulier & tout formé, n’a pas besoin de complément pour être tel concept particulier.

Selon cette notion de l’adverbe, il est évident que les mots qui ne peuvent pas être réduits à une préposition suivie de son complément, sont ou des conjonctions ou des particules qui ont des usages particuliers : mais ces mots ne doivent point être mis dans la classe des adverbes ; ainsi je ne mets pas non, ni oui parmi les adverbes ; non, ne, sont des particules négatives.

A l’égard de oui, je crois que c’est le participe passif du verbe ouir, & que nous disons oui par ellipse, cela est oui, cela est entendu : c’est dans le même sens que les Latins disoient, dictum puto. Ter. Andr. act. I. sc. 1.

Il y a donc autant de sortes d’adverbes qu’il y a d’especes de manieres d’êtres qui peuvent être énoncées par une préposition & son complément, on peut les réduire à certaines classes.

Adverbes de tems. Il y a deux questions de tems, qui se font par des adverbes, & auxquelles on répond ou par des adverbes ou par des prépositions avec un complément.

1. Quando, quand viendrez-vous ? demain, dans trois jours.

2. Quandiu, combien de tems ? tandiu, si long-tems que, autant de tems que.

D. Combien de tems Jesus-Christ a-t-il vêcu ? R. Trente-trois ans : on sous-entend pendant.

Voici encore quelques adverbes de tems : donec jusqu’à ce que ; quotidie tous les jours : on sous-entend la préposition pendant, per : nunc maintenant, présentement, alors, c’est-à-dire à l’heure.

Auparavant : ce mot étant adverbe ne doit point avoir de complément ; ainsi c’est une faute de dire auparavant cela ; il faut dire avant cela, autrefois, dernierement.

Hodie, aujourd’hui, c’est-à-dire au jour de hui, au jour présent ; on disoit autrefois simplement hui, je n’irai hui. Nicod. Hui est encore en usage dans nos provinces méridionales ; heri, hier ; cras, demain ; olim, quondam, alias, autrefois, un jour, pour le passé & pour l’avenir.

Aliquando, quelquefois ; pridie, le jour de devant ; postridie, quasi posterà die, le jour d’après ; perindie, après demain ; mane, le matin ; vespere & vesperi, le soir ; sero, tard ; nudius-tertius, avant-hier, c’est-à-dire, nunc est dies tertius, quartus, quintus, &c. il y a trois, quatre, cinq jours, &c. unquam, quelques jours, avec affirmation ; nunquam, jamais, avec négation ; jam, déjà ; nuper, il n’y a pas long-tems.

Diu, long-tems ; recens & recenter, depuis peu ; jam-dudum, il y a long-tems ; quando, quand ; antehac, ci-devant ; posthac, ci-après ; dehinc, deinceps, à l’avenir ; antea, priùs, auparavant ; antequam, priusquam, avant que ; quoad, donec, jusqu’à ce que ; dum, tandis que ; mox, bien-tôt ; statim, dabord, tout-à-l’heure ; tum, tunc, alors ; etiam-nunc, ou etiam-num, encore maintenant ; jam-tum, dès-lors ; prope-diem, dans peu de tems ; tandem, demum, denique, enfin ; deinceps, à l’avenir ; plerumque, crebro, frequenter, ordinairement, d’ordinaire.

Adverbes de lieu. Il y a quatre manieres d’envisager le lieu : on peut le regarder 1°. comme étant le lieu où l’on est, où l’on demeure ; 2°. comme étant le lieu où l’on va ; 3°. comme étant le lieu par où l’on passe ; 4°. comme étant le lieu d’où l’on vient. C’est ce que les Grammairiens appellent in loco, ad locum, per locum, de loco ; ou autrement, ubi, quo, qua, unde.

1. In loco, ou ubi, où est-il ? il est là ; & , sont adverbes ; car on peut dire en quel lieu ? R. en ce lieu ; hic, ici, où je suis ; istic, où vous êtes ; illic, & ibi, là où il est.

2. Ad locum, ou quò ; ce mot pris aujourd’hui adverbialement, est un ancien accusatif neutre, comme duo & ambo ; il s’est conservé en quocirca, c’est pourquoi, c’est pour cette raison : quò vadis, où allez-vous ? R. Huc, ici ; istuc, là où vous êtes ; illuc, là où il est ; , là.

3. Qua ? qua ibo ? là, où irai-je ? R. hac, par ici ; istac, par là où vous êtes ; illac, par là où il est.

4. Unde ? unde venis ? D’où venez-vous ? hinc, d’ici ; istinc, de-là ; illinc, de-là ; inde, de-là.

Voici encore quelques adverbes de lieu ou de situation ; y, il y est, ailleurs, devant, derriere, dessus, dessous, dedans, dehors, partout, autour.

De quantité : quantum, combien ; multum, beaucoup, qui vient de bella copia, ou selon un beau coup ; parum, peu ; minimum, fort peu ; plus, ou ad plus, davantage ; plurimum, très-fort ; aliquantulum, un peu ; modicè, médiocrement ; largè, amplement ; affatim, abundanter, abundè, copiosè, ubertim, en abondance, à foison, largement.

De qualité : doctè, savamment ; piè, pieusement ; ardenter, ardemment ; sapienter, sagement ; alacriter, gaiement ; benè, bien ; malè, mal ; feliciter, heureusement ; & grand nombre d’autres formés des adjectifs, qui qualifient leurs substantifs.

De maniere : celeriter, promptement ; subitò, tout d’un coup ; lentè, lentement ; festinanter, properè, properanter, à la hâte ; sensim, peu-à-peu ; promiscuè, confusément ; protervè, insolemment ; multifariam, de diverses manieres ; bifariam, en deux manieres : racine, bis & viam, ou faciem, &c.

Utinam peut être regardé comme une interjection, ou comme un adverbe de desir, qui vient de ut, uti, & de la particule explétive nam : nous rendons ce mot par une périphrase, plût à Dieu que.

Il y a des adverbes qui servent à marquer le rapport, ou la relation de ressemblance : ita ut, ainsi que ; quasi, ceu, par un c, ut, uti, velut, veluti, sic, sicut, comme, de la même maniere que ; tanquam, de même que.

D’autres au contraire marquent diversité ; aliter, autrement ; alioquin, cæteroquin, d’ailleurs, autrement.

D’autres adverbes servent à compter combien de fois : semel, une fois ; bis, deux fois ; ter, trois fois, &c. en François, nous sous-entendons ici quelques prépositions, pendant, pour, par trois fois ; quoties, combien de fois ; aliquoties, quelquefois ; quinquies, cinq fois ; centies, cent fois ; millies, mille fois ; iterum, denuò, encore ; saepè, crebrò, souvent ; rarò, rarement.

D’autres sont adverbes de nombre ordinal, primò, premierement ; secundò, secondement, en second lieu : ainsi des autres.

D’interrogation : quare, c’est-à-dire, quâ de re, & par abréviation, cur, quamobrem, ob quam rem, quapropter, pourquoi, pour quel sujet ; quomodò, comment. Il y a aussi des particules qui servent à l’interrogation, an, anne, num, nunquid, nonne, ne, joint à un mot ; vides-ne ? voyez-vous ? ec joint à certains mots, ecquando, quand ? ecquis, qui ? ecqua mulier (Cic.), quelle femme ?

D’affirmation : etiam, ita, ainsi ; certè, certainement ; sanè, vraiment, oui, sans doute : les Anciens disoient aussi Hercle, c’est-à-dire, par Hercule ; Pol, Ædepol, par Pollux ; Næcastor, ou Mecastor, par Castor, &c.

De négation : nullatenus, en aucune maniere ; nequaquam, haudquaquam, neutiquam, minimè, nullement, point du tout ; nusquam, nulle part, en aucun endroit.

De diminution : fermè, ferè, penè, propè, presque ; tantum non, peu s’en faut.

De doute : fors, forte, forsan, forsitan, fortasse, peut-être.

Il y a aussi des adverbes qui servent dans le raisonnement, comme quia, que nous rendons par une préposition & un pronom, suivi du relatif que, parce que, propter illud quod est ; atque ita, ainsi ; atqui, or ; ergo, par conséquent.

Il y a aussi des adverbes qui marquent assemblage : una, simul, ensemble ; conjunctim, conjointement ; pariter, juxta, pareillement : d’autres division : seorsim, seorsum, privatim, à part, en particulier, séparément ; sigillatim, en détail, l’un après l’autre.

D’exception : tantum, tantummodo, solum, solummodo, duntaxat, seulement.

Il y a aussi des mots qui servent dans les comparaisons pour augmenter la signification des adjectifs : par exemple on dit au positif pius, pieux ; magis pius, plus pieux ; maximè pius, très-pieux ; ou fort pieux. Ces mots plus, magis, très-fort, sont aussi considérés comme des adverbes : fort, c’est-à-dire fortement, extrèmement ; très, vient de ter, trois fois ; plus, c’est-à-dire, ad plus, selon une plus grande valeur, &c. minus, moins, est encore un adverbe qui sert aussi à la comparaison.

Il y a des adverbes qui se comparent, surtout les adverbes de qualité, ou qui expriment ce qui est susceptible de plus ou de moins : comme diu, long-tems ; diutius, plus long-tems ; doctè, savamment ; doctius, plus savamment ; doctissimè, très-savamment ; fortiter, vaillamment ; fortiùs, plus vaillamment ; fortissimè, très-vaillamment.

Il y a des mots que certains Grammairiens placent avec les conjonctions, & que d’autres mettent avec les adverbes : mais si ces mots renferment la valeur d’une préposition, & de son complément, comme quia, parce que ; quapropter, c’est pourquoi, &c. ils sont adverbes, & s’ils font de plus l’office de conjonction, nous dirons que ce sont des adverbes conjonctifs.

Il y a plusieurs adjectifs en Latin & en François qui sont pris adverbialement. transversa tuentibus hircis, où transversa est pour transversè, de travers ; il sent bon, il sent mauvais, il voit ciair, il chante juste, parlez bas, parlez haut, frappez fort. (F)

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Étymologie de « adverbe »

Du latin adverbium.
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De adverbo (adverbe) et de -e.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Provenç. adverbe, adverbi ; espagn. adverbio ; ital. avverbio ; de adverbium, de ad, à, et verbum, verbe (voy. VERBE).

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Phonétique du mot « adverbe »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
adverbe advɛrb

Évolution historique de l’usage du mot « adverbe »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « adverbe »

  • Dieu aime les adverbes. Joseph Hall, Holy Observations, 1607
  • L'absolu n'a guère plus de sens aujourd'hui que son adverbe. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • Extérieurement, je suis déclinable. En moi-même (subjectivement), je suis absolument indéclinable. "Je ne m'accorde pas". Un "adverbe" en quelque sorte. De Vassili Vassilievitch Rozanov / Esseulement
  • Je n'utilise pas d'adverbes. Je n'utilise que des mots à trois dimensions. De Georges Simenon / Entretien télévisé - 1er Janvier 1989
  • Le titre, un adverbe forgé par l’auteur, non sans écho à la madeleine de Proust, renvoie au magdalénien – période préhistorique du paléolithique supérieur – et à l’art pariétal de la grotte de Lascaux, qu’il visita lorsqu’il avait 20 ans. Un passionnant « essai-poème », une méditation sur l’art et sur le temps, « de l’artiste de Pech-Merle à Edgar Degas ». Et de la Vénus de Lespugue à « Madame Cézanne », dont les vingt-six portraits, présentés au Metropolitan Museum of Art de New York en 2014, lui donnent le sentiment de déambuler dans « une exposition d’art cycladique ». Le Monde.fr, « Magdaléniennement » : les trésors éblouissants de Dominique Fourcade
  • Les adverbes de manière indiquent la manière dont se présente un état, dont se déroule une action... C’est lorsqu’ils se terminent par "-amment" ou "-emment" qu’ils sont le plus difficiles à écrire. Doublement du "m", choix de la voyelle, voici de quoi y voir plus clair ! , Mode d’emploi des adverbes en "-amment" ou en "-emment" - L'Etudiant
  • Aussi le confinement me donnerait-il le temps de méditer sur le verbe – en étant incapable, je me trouve une excuse – si je ne me perdais pas à lire Twitter, la presse écrite, des blogs et même des décisions de justice. C’est ainsi que, chaque jour, je subis leurs adverbes. Car si le verbe anime, il faut se méfier de l’adverbe, invariable, ronflant, autoritaire. Certes, l’adverbe peut être nécessaire, voire essentiel : « Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps » ; « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement ». Mais il est souvent inutile, nuisible au propos. L’on observe ainsi dans les écritures judiciaires l’usage d’adverbes emphatiques, qui, sous couvert de superlatif, se voulant écrasants de véracité, tâchent en vain de dissimuler une faiblesse. Que ne lit-on pas « incontestablement », « parfaitement », « absolument », « évidemment », « indubitablement », « sérieusement », employés à l’envi par le plaideur lorsque, au contraire, il aborde l’un de ses points faibles ? Se mentant à lui-même, il ne trompe personne. Gardons-nous des adverbes, ils sont symptomatiques. , Libre cours : Et à la fin était l’adverbe - Administratif | Dalloz Actualité
  • Les débats sur ce que devrait être « l’après confinement » abondent dans les médias. Il est deux mots qu’affectionnent les élites de notre pays et dont peu de propos actuels se dispensent : un adjectif : « incontournable » et un adverbe : « effectivement ». Comme si chaque discours voulait constamment se rassurer en se définissant comme le seul possible (« c’est incontournable ») et en prise sur le réel (« effectivement »). , « De la guerre de tous contre tous à la responsabilité de l’un pour l’autre » Emmanuel Levinas.
  • L’adverbe tout, qui signifie "complètement", est invariable, notamment, devant un adjectif féminin commençant par un h muet, mais s’accorde si ce h est aspiré (pour rappel, le h aspiré interdit la liaison et l’élision). Alors, "tout" ou "toute" ? Sans plus attendre, faites le test ! Capital.fr, "Tout" ou "toute" : déjouerez-vous les subtilités de cet adverbe ? - Capital.fr
  • Oui. L’univers de Devos est extraordinaire, et j’avoue avoir mis du temps à le comprendre. C’est en grandissant que j’ai saisi l’absurde, le non-sens, qui est juste l’inverse de ce que cela dit puisque cette technique est d’une logique implacable, notamment dans l’absurde. Lorsque l’on m’a remis en France le prix Raymond Devos et le titre de Chevalier des Arts et Lettres, ce n’est pas le prix ou la médaille qui m’ont touché: c’est le geste, l’élan du ministère français de la Culture qui m’honorait de ces reconnaissances culturelles, alors que je n’ai obtenu aucun diplôme. J’étais stupéfait… Encore aujourd’hui, malgré tout cela, j’ignore ce qu’est un adverbe ou un attribut. Je ne possède aucune théorie: que de la pratique. Je fonctionne à l’oreille et à l’instinct. Au début de ma carrière de comédien, j’agissais aussi de la sorte: en fonction de ce que je ressentais, ne possédant pas beaucoup de matière en termes de jeu. Au final, je faisais un peu toujours la même chose. Ensuite, je me suis mis à travailler, à apprendre vraiment mes textes, à m’investir, à créer un personnage, à ne pas être juste moi avec un postiche. Mon jeu est devenu plus technique. Par ailleurs, je suis devenu très rigoureux dans l’écriture, souhaitant que cela soit parfait dans la sonorité lorsque je me relisais. Que les gens aiment ou pas, je vais en tout cas au bout du processus. Ceci afin d’obtenir une sincérité véritable dans ce que je raconte. L'Echo, Stéphane De Groodt: "J'ignore ce qu'est un adverbe ou un attribut" | L'Echo

Traductions du mot « adverbe »

Langue Traduction
Anglais adverb
Espagnol adverbio
Italien avverbio
Allemand adverb
Portugais advérbio
Source : Google Translate API

Synonymes de « adverbe »

Source : synonymes de adverbe sur lebonsynonyme.fr

Adverbe

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