La langue française

Abaque, abax

Sommaire

  • Définitions du mot abaque, abax
  • Étymologie de « abaque »
  • Phonétique de « abaque »
  • Évolution historique de l’usage du mot « abaque »
  • Citations contenant le mot « abaque »
  • Traductions du mot « abaque »
  • Synonymes de « abaque »

Définitions du mot « abaque, abax »

Trésor de la Langue Française informatisé

ABAQUE, ABAX, subst. masc.

I.− ARITHM. Planchette rectangulaire munie de boules servant à compter; boulier-compteur (ex. 1 et 2); tableau graphique permettant d'opérer rapidement et avec plus ou moins de précision différents calculs numériques (ex. 3 et 4) :
1. Les comptes se font à la manière chinoise, avec un abaque, cadre garni de fils de fer passant à travers des boules qu'on déplace suivant les chiffres qu'on veut additionner. T. Gautier, Voyage en Russie,1875, p. 162.
2. ... tels sont les éléments de l'univers mathématique ... Tout se réduit à l'addition de l'unité, comme 2 qui contient 1 n'exige pas 3. Toute nécessité n'est qu'analytique; les lignes inscrites au folio du sédiment, au rôle de l'arbre, ne tiennent pas tout notre bilan; à chaque article est ouvert un compte où jour à jour s'inscrivent la recette et la dépense, et il y a cela seulement de nécessaire, que chacun balance les autres, que chaque mouvement de fonds puisse être vérifié. La caisse n'est jamais fermée, l'abaque ne connaît point chômage. P. Claudel, Art poétique,1907, p. 151.
3. ... (par une) abaque (établie d'après la méthode graphique de cubage des placers aurifères) on déduit la traduction en « courbes isofrancs » d'une alluvion. C. Ratel, Préparation mécanique des minerais,1908, p. 413.
4. (le) Cercle abaque Leroy ... sert à résoudre..., tous les problèmes de l'estime avec vent. A.-B. Duval, L. Hebrard, Traité pratique de navigation aérienne,1928, p. 143.
Rem. 1. Le fém. dans l'ex. 3 est exceptionnel; emploi en appos. adj. dans l'ex. 4. 2. Dans l'expr. cercle abaque (ex. 4), la composante primitive du mot « tablette rectangulaire » est totalement éliminée; il ne subsiste que l'idée de tableau à calculer.
II.− ARCHIT., ARCHÉOL. Tablette qui forme la partie supérieure d'un chapiteau de colonne et supporte l'architrave :
5. Dès le veet le viesiècles, ... l'aigle ou la colombe viennent remplacer la volute corinthienne pour soutenir l'abaque. A. Lenoir, Architecture monastique,t. 1, 1852, p. 217.
6. Abaque (Architecture). − Tablette qui couronne le chapiteau d'une colonne, en augmente la saillie et par suite la renforce pour supporter l'architrave ou les corps de moulure placés au-dessus de cette colonne. On le nomme aussi tailloir. J. Adeline, Lexique des termes d'art,1884.
Rem. Tailloir est le synon. plus connu de abaque. Pour les syntagmes filet, chapelet (de l'abaque), corne (d'abaque), voir ces mots.
III.− MINES. Sorte d'auge à laver le minerai (cf. hist. II C).
IV.− Sens anciens (cf. hist. D à G).
Rem. On trouve au sens de « table ou tablette » des Anciens la var. abax, empruntée directement au gr. α ́ ϐ α ξ comme terme de civilisation :
7. Nous sommes en classe. Mais à la sortie, quelle récréation, et comme nous allons nous en donner des A-B-C! Moi, je n'ai nul fluide, vous savez? Et je n'aboutis qu'à abax (table) et abacadara (abracadara). Je mets cette magie blanche à vos pieds, blanche magicienne! V. Hugo, Correspondance,1853, p. 180.
Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [abak]. 2. Hist. − Dans abaque, calque du proparoxyton abacus, la voyelle finale s'est conservée sous forme de e, qu étant une graph. pour [k] lat. devant e (cf. Pope 1952, § 701). Au xiiies., on rencontre la var. graph. abac, plus proche du lat. (cf. étymol.; encore ds V. Hugo. Cf. Brunot t. 13, p. 25, note). En effet, à cette époque ,,qu, k, c ont la même valeur et (...) sont conservées en principe en se basant sur le latin``. (Beaul. t. 1 1927, p. 178). Au xviies., on rencontre la var. abaco (cf. hist. I, ex.) à laquelle Fur. 1701, Rich. 1710 et les Trév. réservent une vedette spéc. Quillet 1961 met abaco en vedette à côté de abaque.
ÉTYMOL. − Corresp. rom. : a.prov., n.prov., cat. abac; esp. abaco; ital. abbaco; roum. abac. 1. Ca 1150 « table à calculer » terme techn. (Roman de Thèbes, éd. Constans, 4755 ds Gdf. Compl. : L'abaque tient Arimetique, Par la gamme chante musique.); 2. 1267-68 « l'arithmétique » id. (Brunetto Latini, Tresor, éd. Chabaille ds T.-L. : Li enseignement de l'abac et de l'augorisme.); 3. 1561 abacus « tailloir d'un chapiteau » terme d'archit. (Ph. Delorme, Nouv. invent. pour bien bastir, 162 vods P. Bornecque, Les Hellénismes du vocab. de l'arch. au XVIes., thèse 3ecycle, dactyl., Nancy, 1967 : La dicte haulteur doit estre divisée en douze parties, ... desquelles la frize en aura quatre ..., son echine quatre; et son abacus et couverture du chapiteau quatre ...). Empr. au lat. abacus, lui-même adapté du gr. α ́ ϐ α ξ, α ́ ϐ α κ ο ς (« table servant à poser les récipients dans une ferme » dep. Caton ds TLL s.v., 42, 22), attesté au sens de « table servant à calculer [table couverte de sable fin sur laquelle on traçait chiffres et signes] » dep. Perse, 1, 131, ibid., 42, 62 : nec qui abaco numeros et secto in pulveremetas scit risisse vafer; cf. lat. médiév. xiies. Honor. Augustus, De animae exsilium, 5 ds Mittellat. W. s.v., 5, 57 habacus per digitos et articulos eundo multiplicat, redeundo dividit; xies., spéc. table de Pythagore, Pseud. Boèce, Geometria, 396, 13, (ibid., 5, 72) d'où 1; − 2 n'apparaît qu'en lat. médiév. aux xi-xiies. (Mathem. varia, éd. Bubnov, ibid., 6, 15 : non abacus, non te mathesis, Gerberte, iuvabunt); − 3 dep. Vitruve, 4, 1, 11 ds TLL s.v., 42, 81; cf. 830, Einhardus, Transl. et mirac. Marcellini et Petri I, 1, 10 ds Mittellat. W., 6, 24 : columnae atque abaci vel signa marmorea pluvia instante sudare ac circumfluere solent). HIST. − Mot rare et techn. qui s'applique d'abord aux math., puis à l'archit. (cf. étymol.). Ces 2 sens princ. subsistent, le sens math. ayant toutefois subi une évolution sém. due aux progrès de la civilisation. A son entrée dans la lang. (avec le seul sens math.) le mot se présente sous 3 formes : d'une part abaco, d'autre part abaque/abac. Avec l'introd. du 2esens (archit.), abaco se spécialise dans le sens math. (Fur. 1701, Rich. 1710, Trév.) − cependant on le trouve encore parfois au xixes. avec certains sens de abaque (cf. abaco, art. sém.) − tandis que abaque prend le sens nouv. (cf. Cotgr. 1611 et la série Fur. et Trév.) et que la var. abac disparaît. Au xixes. abaco disparaît à son tour et à partir de Ac. Suppl. 1829 abaque recouvre aussi le sens math. I.− Sens disparu av. 1789. − Abaque « arithmétique » (xiiie-xviies.), l'abaque étant le principal instrument de l'arithméticien et en outre, au Moy. Âge, l'attribut habituel de l'Arithmétique dans les représentations allégoriques des 7 arts libéraux. Cf. étymol. 2, et : Un petit écrivain, mais fort subtil mathématicien, qui apprenoit aux enfans a ecrire avec l'abaco, selon qu'on parloit; c'est a dire avec l'arithmétique, et l'art. de calculer par jettons et par chiffres. V. Rouillard, Hist. de Melun, 1628, p. 607 (Gdf.). Noter l'expr. a ecrire avec l'abaco « à écrire et à compter ». Cf. aussi Rich. 1710 : Il signifie aussi simplement l'Arithmétique, parce qu'on s'en servoit pour apprendre les principes de cette science. II.− Sens attestés apr. 1789. − On distinguera ci-dessous les sens actuels A, B et C qui désignent des obj. toujours existants (même si les formes en ont beaucoup varié) et les sens D, E, F, G, H désignant des obj. disparus. Cette seconde série de sens ne peut guère être attestée que dans des trad. ou des ouvrages hist. sur les civilisations auxquelles appartiennent les obj. A.− Sens math. (cf. I) : « Tableau à calculer », apparu une 1refois ca 1150 (cf. étymol. 1), ne réapparaît dans la docum. qu'avec Fur. 1701 : C'étoit une petite table polie, sur laquelle les Anciens traçoient des figures ou des nombres. Elle servoit à apprendre les principes de l'Arithmétique. Ils l'appelloient Table de Pythagore. Au xixes., Littré Additions 1872 est le premier à en donner une déf. qui tient compte de l'évolution de l'obj. lui-même : Nom donné aujourd'hui à certains tableaux destinés à abréger les calculs. On nomme aussi abaque le compteur à boules des Chinois. − Rem. L'évolution de l'obj. est donnée par les différents dict. encyclop. (tableau couvert de poussière sur lequel on traçait nombres, figures, lettres, etc.; boulier, utilisé notamment dans les écoles primaires et par les joueurs de billard; tableau graph. permettant certains calculs, utilisé notamment dans l'artillerie). B.− Sens archit. « tailloir » (cf. II). Le sens premier du gr. α ́ ϐ α ξ « tablette rectangulaire » a été exploité en lat. techn. pour le sens « partie supérieure du chapiteau d'une colonne en forme de tablette »; d'où fr. abaque dans ce sens archit. (cf. étymol. 3); grande stab. sém. (Cotgr. 1611, série des Fur. et Trév.). C.− Terme techn. « sorte d'auge à laver le minerai d'or » (Encyclop. t. 1 1751; Trév. 1771; Ac. Compl. 1842; Quillet 1961, et sém. III). D. − « Table à jouer des Anciens en forme de damier » (Trév. 1771; Ac. Compl. 1842; DG; Ac. 1932-35; Rob.; Pt Lar., Quillet 1961). E.− Chez les Grecs « table placée dans le sanctuaire et destinée à recevoir des offrandes » (Trév. 1771; Lar. encyclop.; Quillet 1961). F.− Chez les Romains « buffet » (Trév. 1771; Ac. Compl. 1842; Lar. encyclop.; Quillet 1961). G.− « Tablette à compartiments creux où l'on posait les amphores » (Trév. 1771; DG). H.− « Plaque carrée, de bronze, de verre ou d'autre matière, que l'on incrustait dans les lambris des maisons somptueuses et des palais » (Ac. Compl. 1842; Lar. encyclop.).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 3.
BBG. − Barb.-Card. 1963. − Barr. 1967. − Bouillet 1859. − Chabat 1875-76. − Chesn. 1857. − Comte-Pern. 1963. − Delc. 1926-31. − Électron. 1963-64. − Galiana Déc. sc. 1968. − Jossier 1881. − Lal. 1968. − Lavedan 1964. − Messel. 1963. − Mots rares 1965. − Perraud 1963. − Poignon 1967. − Privat-Foc. 1870. − Suavet 1963. − Uv.-Chapman 1956. − Viollet 1875.

Wiktionnaire

Nom commun

abaque \a.bak\ masculin

  1. Compteur à boules chinois pour le calcul.
    • Les nombres écrits sur le papier reproduisent alors les colonnes de l’abaque. — (Alphonse Michelot, La Notion de zéro chez l’enfant, 1996)
  2. (Architecture) Tailloir, partie supérieure du chapiteau des colonnes sur laquelle porte l’architrave.
  3. (Antiquité) Tableau couvert de sable fin, sur lequel on traçait des nombres pour enseigner le calcul ou la géométrie.
  4. (Mathématiques) Diagramme ou graphique qui donne, par simple lecture, la solution approchée d’un problème numérique.
    • Par extension on nomma aussi abaques diverses tables de calcul, dont la plus célèbre est celle de Pythagore. — (F. Buisson, Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, partie 1, tome 1, 1882-1893, page 1)
    • L’abaque figuré ici comprend toutes les valeurs utiles pour n et D ; mais on a limité le graphique aux cotes comprises entre 100 et 200 millimètres pour T et F, valeurs d’ailleurs très usuelles ; […]. — (Agenda Lumière 1930, Paris : Société Lumière & librairie Gauthier-Villars, page 123)
    • On peut déterminer la température résultante en degrés Missenard (°M) à l'aide de l’abaque, figure 6.02.a (Tome I). — (Manuel des industries thermiques: chauffage, fumisterie, ventilation, conditionnement d'air, Comité scientifique et technique de l'industrie du chauffage et de la ventilation, Paris / Dunod, 1966, vol.2, page 545)
  5. (Philosophie) En logique, tableau servant à tirer les conséquences logiques de prémisses données.
  6. Table de jeu divisée en compartiments et se rapprochant de nos damiers, de nos échiquiers.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ABAQUE. n. m.
T. d'Architecture. Partie supérieure du chapiteau des colonnes sur laquelle porte l'architrave. On la nomme autrement TAILLOIR. Il signifie, en termes d'Antiquité, Tablette où les anciens traçaient sur un sable fin des nombres, des figures de géométrie, des lettres. Ils s'en servaient particulièrement pour le calcul. On dit quelquefois Abaque de Pythagore pour Table de Pythagore. Il se disait encore d'une Table de jeu divisée en compartiments et se rapprochant de nos damiers, de nos échiquiers.

Littré (1872-1877)

ABAQUE (a-ba-k') s. m.
  • 1 Terme d'architecture. Tailloir, partie supérieure du chapiteau des colonnes, sur laquelle porte l'architrave.
  • 2 Terme d'antiquité. Tableau couvert de poussière, sur lequel on traçait des nombres et on enseignait le calcul ; et aussi sorte de carré long, évidé, qui était muni de boules passées dans des fils tendus et qui servait à compter.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ABAQUE. Ajoutez :

3Nom donné aujourd'hui à certains tableaux destinés à abréger les calculs. Il y a une table de ce genre intitulée Abaque de Lalanne.

On nomme aussi abaque le compteur à boules des Chinois.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ABAQUE, s. m. chez les anciens Mathématiciens signifioit une petite table couverte de poussiere sur laquelle ils traçoient leurs plans & leurs figures, selon le témoignage de Martius Capella, & de Perse. Sat. I. v. 131.

Nec qui abaco numeros & facto in pulvere metas
Scit risisse vafer.

Ce mot semble venir du Phénicien אבק, abak, poussiere ou poudre.

Abaque, ou Table de Pythagore, abacus Pythagoricus, étoit une table de nombres pour apprendre plus facilement les principes de l’Arithmétique ; cette table fut nommée table de Pythagore à cause que ce fut lui qui l’inventa.

Il est probable que la table de Pythagore n’étoit autre chose que ce que nous appellons table de multiplication. Voyez Table de Pythagore.

Ludolphe a donné des méthodes pour faire la multiplication sans le secours de l’abaque ou table : mais elles sont trop longues & trop difficiles pour s’en servir dans les opérations ordinaires. Voyez Multiplication. (O)

Abaque. Chez les Anciens ce mot signifioit une espece d’armoire ou de buffet destiné à différens usages. Dans un magazin de Négociant il servoit de comptoir ; & dans une sale à manger, il contenoit les amphores & les crateres ; celui-ci étoit ordinairement de marbre, comme il paroît par cet endroit d’Horace :

Et lapis albus
Pocula cum cyatho duo sustinet.

Les Italiens ont nommé ce meuble credenza. Le mot Abaque latinisé est Grec d’origine : Abaque signifie de plus panier, corbeille, chapiteau de colonne, baze d’une roche, d’une montagne, le diametre du soleil, &c. Quelques-uns prétendent qu’Abaque est composé d’à privatif & de βάσις, fondement ou base, c’est-à-dire qui est, sans pié-d’estal, attaché contre le mur. Mais Guichard remonte plus haut, il dérive le mot ἄϐαξ de l’Hebreu אכך, extolli, être élevé ; & il suppose qu’il signifioit d’abord une planche ou une tablette, ou quelqu’autre meuble semblable appliqué contre le mur. Tite-Live & Salluste parlant du luxe des Romains, après la conquête de l’Asie, leur reprochent pour ces buffets inconnus à leurs bons ayeux un goût qui alloit jusqu’à en faire fabriquer de bois le plus précieux, qu’on revêtoit de lames d’or.

* L’Abaque d’usage pour les comptes & les calculs étoit une espece de quadre long & divisé par plusieurs cordes d’airain paralleles qui enfiloient chacune une égale quantité de petites boules d’ivoire ou de bois mobiles comme des grains de chapelet, par la disposition desquelles, & suivant le rapport que les inférieures avoient avec les supérieures, on distribuoit les nombres en diverses classes, & l’on faisoit toute sorte de calculs. Cette tablette arithmétique à l’usage des Grecs ne fut pas inconnue aux Romains. On la trouve décrite d’après quelques monumens antiques par Fulvius Ursinus & Ciaconius : mais comme l’usage en étoit un peu difficile, celui de compter avec les jettons prévalut. A la Chine & dans quelques cantons de l’Asie, les Négocians comptent encore avec de petites boules d’ivoire ou d’ébene enfilées dans un fil de léton qu’ils portent accroché à leur ceinture. (G)

* Abaque. Le grand abaque est encore une espece d’auge dont on se sert dans les Mines pour laver l’or.

Abaque, c’est, dit Harris, & disent d’après Harris les Auteurs de Trevoux, la partie supérieure ou le couronnement du chapiteau de la colonne. L’abaque est quarré au Toscan, au Dorique, & à l’Ionique antique, & échancré sur ses faces aux chapiteaux Corinthien & Composite. Dans ces deux ordres, ses angles s’appellent cornes, le milieu s’appelle balai, & la courbure s’appelle arc & a communément une rose au milieu. Les Ouvriers, ajoûtent Mauclerc & Harris, appellent aussi abaque un ornement Gothique avec un filet ou un chapelet de la moitié de la largeur de l’ornement, & l’on nomme ce filet, le filet ou le chapelet de l’abaque. Dans l’ordre Corinthien, l’abaque est la septieme partie du chapiteau. Andrea Palladio nomme abaque la plinthe qui est autour du quart-de-rond appellé échime ; l’abaque se nomme encore tailloir. Scamozzi donne aussi le nom d’abaque à une moulure en creux qui forme le chapiteau du pié-d’estal de l’ordre Toscan. Voyez Harris, premiere & seconde partie.

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Étymologie de « abaque »

(Antiquité) (XIIe siècle) (Roman de Thèbes) Du latin abax, abacus, emprunté au grec ἄβαξ, abax (« buffet, table (carrée), table à calcul »)[1][2].
(Architecture) (1561) Même origine, à cause de sa forme carrée.
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Provenç. abac ; ital. abbaco ; de abacus, de ἄβαξ, table ou tablette.

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Phonétique du mot « abaque »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
abaque abak

Évolution historique de l’usage du mot « abaque »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « abaque »

  • A la Renaissance, le système décimal apporté en Europe par les Arabes s'est imposé, à la place du système romain additif. L'abaque à jetons a remplacé l'abaque romain. Montaigne avouait ne pas savoir calculer "à plume" avec les algorithmes de calcul que nous connaissons, ni "à getz" avec les jetons de l'abaque. La révolution française survient et interdit l’abaque à jetons qui avait le tort d'être utilisé par les clercs de l’Église pour enseigner aux enfants. Les algoristes avaient gagné contre les abacistes. Avec les guerres de la révolution cette idée a fini par s’imposer au reste de l’Europe et du monde ; les algorithmes ont remplacé les manipulations pratiques avec les abaques. La pédagogie et la didactique de l’enseignement des bases de la numération et du calcul ont perdu beaucoup avec ces abandons. Atlantico.fr, La méthode de calcul basée sur le boulier chinois qui pourrait révolutionner la façon dont nous concevons les mathématiques | Atlantico.fr
  • Dans son sens originel, l'abaque est un instrument destiné à faciliter les calculs. Le principe reste en usage sous de multiples formes, dans les applications les plus variées : compter, dimensionner un système de chauffage, effectuer une lecture microbiologique ou encore étudier les séismes.   Futura, Définition | Abaque - Abaque à jetons - Instrument de calcul | Futura Sciences
  • Vers 1617, John Napier invente une sorte d’abaque perfectionné. Son invention des logarithmes permit en 1625 à William Oughtred de développer la règle à calcul qui fut utilisée jusqu’à l’apparition des calculatrices de poche par de nombreux ingénieurs. Ainsi, par exemple, une grande partie des calculs nécessaires au programme Apollo (Le programme Apollo est le programme spatial de la NASA mené durant la période 1961 – 1975 qui a permis aux États-Unis d'envoyer pour la première fois des hommes sur la Lune. Il fut lancé par...) furent effectués avec des règles à calcul. Techno-Science.net, 🔎 Histoire de l'informatique - Définition et Explications
  • Basés à Dampierre (Aube), les Ateliers Dorez conçoivent trois gammes de stations mobiles de triage et traitement des semences, à destination des professionnels, des Cuma et Eta ou encore des coopératives et négoces. Ils sont également mis au point une gamme bio caractérisée par des circuits de grain différenciés, au sein de laquelle se range la station de triage mobile Cleaner Tribio. Celle-ci se compose d’un trieur rotatif à cinq grilles complété par une aspiration densimétrique. En fonction des grilles en place et du réglage des vents, la station réserve jusqu’à huit sorties, qui peuvent être groupées par le jeu de by-pass. Selon leurs besoins, les utilisateurs peuvent modifier l'abaque d'utilisation et ainsi opter pour un simple pré-nettoyage rapide, un nettoyage calibrage, un calibrage poussé des orges, une confection de semences et surtout, comme dans le cas d’un méteil, un dé-mélange de cultures associées. , Un double circuit d’enrobage sur le trieur mobile Tribio de Dorez, Machinisme - Pleinchamp
  • 1. Pour cette expérience, Lydie a besoin d’une poignée de pois chiches et d’un abaque sur lequel figurent les chiffres romains: I – V – X – L – C – D – M, soit en chiffres arabes 1 – 5 – 10 – 50 – 100 – 500 – 1000. Migros Medien, C'est fou cette méthode de calcul! - La science en s'amusant | Migros Magazine
  • @LolYangccool : l'abaque, historiquement, s'utilise à plat. Consomac, Consomac : Apple corrige ses emojis avec iOS 13.1
  • Le R8200 offre la possibilité pour l’analyse de réseau plus complexe d’afficher les paramètres RF dans un abaque de Smith. Actutem, La plate-forme portable Freedom R8200 d’Astronics taillée pour le test de système radio LMR sur le terrain • Actutem

Traductions du mot « abaque »

Langue Traduction
Anglais abacus
Espagnol ábaco
Italien abaco
Allemand nomogramm
Portugais ábaco
Source : Google Translate API

Synonymes de « abaque »

Source : synonymes de abaque sur lebonsynonyme.fr
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