L'antimétabole – Figure de style [définition et exemples]
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Parmi les figures de style les plus efficaces en rhétorique, l’antimétabole occupe une place de choix. Elle consiste à reprendre les mêmes mots dans un ordre inversé, créant un effet de miroir saisissant. Kennedy, Molière ou Malraux l’ont utilisée pour produire des phrases devenues célèbres. Découvrons ensemble cette figure de style avec plusieurs exemples.
Définition de l’antimétabole
L’antimétabole est une figure de style qui consiste à reprendre les mêmes mots dans deux propositions successives, mais en inversant leur ordre. La structure suit le schéma A B / B A : les termes de la première proposition se retrouvent dans la seconde, mais à des places échangées.
L’exemple le plus connu en français est sans doute celui de Molière :
Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger.
Molière, L’Avare
On observe ici que les verbes « manger » et « vivre » sont repris dans la seconde partie de la phrase, mais dans l’ordre inverse. Ce renversement produit un contraste saisissant entre deux idées opposées.
L’antimétabole appartient à la catégorie des figures de répétition. Par ailleurs, elle produit plusieurs effets : reformulation d’une idée, création d’un paradoxe, renversement logique ou effet de symétrie mémorable. C’est pourquoi on la retrouve aussi bien en littérature que dans les discours politiques et les slogans.
Différence entre antimétabole et chiasme
L’antimétabole est souvent confondue avec le chiasme. Ces deux figures partagent une structure en miroir, mais une distinction essentielle les sépare.
Le chiasme inverse la structure syntaxique (A B / B’ A’), sans nécessairement reprendre les mêmes mots. L’antimétabole, en revanche, reprend exactement les mêmes termes en ordre inverse. En d’autres mots : toute antimétabole est un chiasme, mais tout chiasme n’est pas une antimétabole.
Exemple de chiasme simple (sans antimétabole) :
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Un roi chantait en bas, en haut mourait un Dieu.
Victor Hugo
La structure est inversée (verbe + lieu / lieu + verbe), mais les mots sont différents. Il s’agit donc d’un chiasme, pas d’une antimétabole.
Origine et étymologie de l’antimétabole
Le mot « antimétabole » vient du grec ancien. Il se compose de trois éléments : anti (« en sens inverse »), meta (« changement ») et ballein (« jeter »). Le sens littéral est donc « répétition selon un ordre inverse ».
Cette figure est connue depuis l’Antiquité. Le rhéteur latin Quintilien en donnait déjà un exemple classique : « Non ut edam vivo, sed ut vivam edo » (« Je ne vis pas pour manger, mais je mange pour vivre »). On retrouve ici la même structure que la célèbre réplique de Molière, preuve que cette figure traverse les siècles.
En français, le terme « antimétabole » est un nom féminin. On dit et on écrit : une antimétabole. À noter que le linguiste Pierre Fontanier utilisait aussi le terme de « réversion » pour désigner cette figure.
Exemples d’antimétabole
On passe souvent de l’amour à l’ambition, mais on ne revient guère de l’ambition à l’amour.
La Rochefoucauld, Maximes
J’ai appris qu’une vie ne vaut rien, mais que rien ne vaut une vie.
André Malraux, Les Conquérants
L’enfance sait ce qu’elle veut, elle veut sortir de l’enfance.
Jean Cocteau, La Difficulté d’être
Généralement, les gens qui savent peu parlent beaucoup, et les gens qui savent beaucoup parlent peu.
Jean-Jacques Rousseau, Émile ou De l’éducation
Rien ne me verra plus, je ne verrai plus rien.
Victor Hugo, Les Contemplations,
Celui qui s’élève sera abaissé, celui qui s’abaisse sera élevé.
Évangile selon Luc
Vous connaissez désormais l’antimétabole. Pour découvrir une autre figure de style jouant sur la répétition des termes, lisez notre article sur l’antanaclase.