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Chose promise, chose due : définition et origine de l'expression

Vous avez donné votre parole à un ami, et le moment de tenir votre engagement approche. Impossible de reculer : après tout, une promesse faite vaut contrat signé. On connaît tous cette petite pression intérieure, ce sentiment d’obligation morale qui nous pousse à honorer ce que l’on a dit. C’est précisément l’idée que véhicule l’expression « chose promise, chose due ». Bonne lecture !

Définition de « chose promise, chose due »

L’expression « chose promise, chose due » signifie que toute promesse formulée engage son auteur à la respecter. Autrement dit, dès lors que l’on promet quelque chose, on contracte une obligation morale de tenir parole. La promesse, ici, est assimilée à une dette : ce qui a été promis est considéré comme , c’est-à-dire comme un engagement ferme qu’il faut honorer.

Ce proverbe est généralement employé par la personne qui s’apprête à tenir sa promesse, ou par celle qui rappelle à un tiers l’engagement qu’il a pris. Il souligne la valeur de la parole donnée et le poids moral des engagements verbaux.

Synonymes de « chose promise, chose due »

  • Tenir parole
  • En tout bien tout honneur (au sens de respecter un engagement)
  • Avoir le sens de l’honneur
  • Respecter ses engagements

Origine de l’expression

L’idée selon laquelle une promesse oblige celui qui la formule remonte à l’Antiquité. On attribue au philosophe chinois Confucius (v. 551-479 av. J.-C.) une formule très proche : « Examine si ce que tu promets est juste et possible, car la promesse est une dette. » En latin, on trouve également le principe juridique Pacta sunt servanda (« les pactes doivent être respectés »), qui fonde encore aujourd’hui le droit des contrats.

En français, l’expression apparaît sous sa forme proverbiale dès la fin du XVIIe siècle. La première édition du Dictionnaire de l’Académie française (1694) mentionne, à l’entrée « dû » : « On dit proverbialement chose promise est due », attestant que la formule circulait déjà dans l’usage courant. On la retrouve également dans des textes datant de 1690, ce qui confirme son ancienneté.

L’expression est ensuite répertoriée sous sa forme actuelle dans la quatrième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1762), à l’article « promettre » : « Chose promise, chose due, pour dire, que dès qu’on a promis quelque chose, on est obligé de faire ce qu’on a promis, de tenir sa parole. »

L’idée véhiculée par ce proverbe se retrouve dans de nombreuses langues et cultures, avec des variations de forme :

  • En italien : Ogni promessa è debito (« Chaque promesse est une dette »), attesté dès 1614.
  • En espagnol : Lo prometido es deuda (« Ce qui est promis est une dette »).
  • En allemand : Ein Mann, ein Wort (« Un homme, une parole »).
  • En néerlandais : Belofte maakt schuld (« La promesse fait une dette »).

On peut également rapprocher cette expression du proverbe français plus ancien « Promettre est veille de donner », que l’on trouve chez Gabriel Meurier dans son Trésor de sentences dorées, dicts, proverbes et dictons communs dès 1581.

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Usage de l’expression

L’usage de « chose promise, chose due » connaît un pic au XIXe siècle. L’expression reste courante aujourd’hui :

chose promise chose due usage
Fréquence d’utilisation de « chose promise, chose due » dans les textes publiés depuis 1750. Source : Google Ngram / Gallicagram

Exemples d’usage de « chose promise, chose due »

Il mit la main sur l’épaule de Karelina et dit doucement : « Eh bien, dans tous les cas, petite, chose promise, chose due. Si plus tard tu n’es pas heureuse, viens me trouver. Je ferai tout mon possible pour tenir ma parole et te donner du bonheur, à toi aussi, tout plein les bras… »

Maxence Van der Meersch, L’Empreinte du dieu

J’allais durement gagner la montagne que je voulais. « Chose promise, chose due. »

Jack Kerouac, Les clochards célestes

« Chose promise, chose due », dit-on. Ce fut le cas. Au bout de quelques semaines, Abderahmen m’informa qu’un de ses cousins installé en Bretagne était prêt à m’accueillir et à m’aider. J’arrivai donc à Rennes.

Bachir Kerroumi, Le voile rouge

[…] je déclarai sans ambages, à Mariko « C’est grâce à mes efforts que vous avez eu une place. Que voulez-vous que je vous dise de plus ? Ne m’avez-vous pas promis que vous feriez n’importe quoi si je vous en trouvais une ? C’est vrai. Chose promise, chose due.

Shûsaku Endô, La Fille que j’ai abandonnée

Pour aller plus loin, découvrez l’expression « en tout bien tout honneur », qui partage avec « chose promise, chose due » cette idée d’engagement moral et de rectitude.

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Nicolas Le Roux

Nicolas Le Roux

Nicolas est le fondateur du site. Diplômé de Sciences Po Paris en 2014, il est passionné par les langues et la littérature. Il a rédigé plusieurs centaines d'articles sur les difficultés de l'orthographe française depuis 2015. Il rédige également des guides de grammaire, des articles sur les expressions francophones ainsi que des critiques littéraires.

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