Trésorier : définition de trésorier, trésorière


Trésorier, trésorière : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TRÉSORIER, -IÈRE, subst. et adj.

I. − Substantif
A. − Vieilli
1. RELIG. Religieux chargé de veiller sur le trésor d'une église, d'une abbaye. Les dignitaires moyens, sacristains, trésorier, conseillers, lecteurs (Estaunié, Empreinte, 1896, p. 5).
2. HISTOIRE
a) Officier, dignitaire ayant pour fonction de gérer les biens d'un souverain, d'un prince. Trésorier de la maison royale. N'avez-vous jamais ouï parler du marquis Tacconi, à Naples, grand trésorier de la couronne (Courier, Lettres Fr. et Ital., 1809, p. 800).Le trésorier du sultan, un derviche vieux et sévère, l'avertit que ses revenus sont épuisés par ses largesses (Staël, Allemagne, t. 2, 1810, p. 270).
b) Trésorier de France. Officier chargé d'administrer le domaine royal, et plus particulièrement les finances d'une généralité. C'est vers cette époque que Racine dut à la faveur de Colbert la charge de trésorier de France en la généralité de Moulins (A. France, Génie lat., 1909, p. 152).
B. − Personne dont le rôle est de gérer les biens, les finances d'une association, d'une collectivité, d'un parti, etc. Synon. économe.Trésorier d'un club sportif. Une lettre de lady Thomson, trésorière de l' Œuvre des enfants pauvres à Londres (Hugo, Corresp., 1867, p. 81).La subvention de l'État est ordonnancée chaque trimestre au nom du trésorier du syndicat (Théâtres nat. Fr., 1954, p. 32).
ADMIN. MILIT. Officier responsable de la trésorerie d'un corps de troupe, ainsi que de ses archives administratives. La situation administrative de quinzaine est arrêtée par le commandant d'unité, certifiée par le trésorier, vérifiée par le major et l'intendant militaire (Lubrano-Lavadera, Législ. et admin. milit., 1954, p. 232).
II. − Adj., rare. Relatif aux finances. Catherine de La Rochelle paraît avoir eu des révélations spéciales en matière de finances, et s'être donné une mission trésorière comme Jeanne s'était donné une mission guerrière (A. France, J. d'Arc, t. 2, 1908, p. 99).
REM.
Trésorier(-)payeur (général),(Trésorier payeur , Trésorier-payeur ) subst. masc.,admin. (fin.). Haut fonctionnaire du ministère des Finances, qui dirige les services du Trésor public dans un département. Les Harpagons en difficulté devinrent sous-préfets, percepteurs, trésoriers-payeurs, magistrats (J.-R. Bloch, Dest. du S., 1931, p. 64).Les trésoriers payeurs généraux [sont] dotés par les textes relatifs à la comptabilité publique du pouvoir de contrôler la régularité des opérations de dépenses (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 298).
Prononc. et Orth.: [tʀezɔ ʀje], fém. [-jε:ʀ]. Ac. 1694, 1718: thresorier; 1740-1798: trésorier; 1835, 1878: trésorier et trésorière en 2 vedettes autonomes; 1935: trésorier, ière en une seule vedette. Étymol. et Hist. a) Ca 1100 masc. (Roland, éd. J. Bédier, 642: Li reis apelet Malduit, sun tresorer); ca 1170 (Rois, IV, XXV, 20, éd. E. R. Curtius, p. 226: les tresoriers del temple); ca 1350 (Gilles Li Muisis, Poésies, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 1, p. 166: [Des Monnes] Tresoriers doit warder reliques, privilèges); 1865, 21 nov. trésoriers payeurs généraux (Décret réglant leurs fonctions, d'apr. Nouv. Lar. ill.); b) 1erquart xiiies. fém. fig. (Renclus de Molliens, Miserere, éd. A. G. Van Hamel, 265, 4: O dame, o rice tresoriere [en parlant de la Vierge, gardienne des trésors spirituels promis aux hommes]); 1680 dans un couvent de Bénédictines (Rich.). Dér. de trésor* d'apr. le lat. thesaurarius « trésorier ». Fréq. abs. littér.: 131.

Trésorier, trésorière : définition du Wiktionnaire

Nom commun

trésorier \tʁe.zɔ.ʁje\ masculin (pour une femme on dit : trésorière)

  1. Fonctionnaire qui reçoit et distribue les fonds d’un monarque, d’un État ou de toute autre communauté.
    • Le roi le savait : il avait changé de trésorier plusieurs fois ; mais il n’avait pu changer la mode établie de partager les revenus du roi en deux moitiés inégales, dont la plus petite revenait toujours à Sa Majesté, et la plus grosse aux administrateurs. — (Voltaire, Zadig ou la Destinée, XX. La danse, 1748)
  2. Personne qui, dans une association, est chargée de percevoir les revenus, le montant des souscriptions, et d’en rendre compte.

Adjectif

trésorier \tʁe.zɔ.ʁje\

  1. Qui concerne, ou qui appartient au trésor.
    • L'administration trésorière.

Nom commun

trésorière \tʁe.zɔ.ʁjɛʁ\ féminin (pour un homme on dit : trésorier)

  1. Fonctionnaire qui reçoit et distribue les fonds d’un monarque, d’un État ou de toute autre communauté.
    • il ſemble que vous preniez Madame pour ma Treſoriere. — (Madame Ulrich, La Folle enchère, Étienne Foulque, La Haye, 1706 (1re éd. 1690), page 148)
      il semble que vous preniez Madame pour ma trésorière.
  2. Personne qui, dans une association, est chargée de percevoir les revenus, le montant des souscriptions, et d’en rendre compte.
    • Tout Atelier se composera d’une Grande Maîtresse ou Présidente, de deux Sœurs Inspectrices ou Vice-Présidentes, d’une Sœur Censeuse, d’une Sœur Secrétaire, d’une Sœur Trésorière et d’une Maîtresse des Cérémonies, et autres officières qui pourraient être requises pour les besoins de cet atelier. — (Abel Clarin de La Rive, La femme et l'enfant dans la franc-maçonnerie universelle : les précurseurs de l’ante-Christ d'après les documents officiels de la secte (1730-1893), Delhomme & Briguet, 1894, page 624)
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Trésorier, trésorière : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TRÉSORIER, IÈRE. n.
Celui, celle qui, dans une association, est chargé de percevoir les revenus, le montant des souscriptions et d'en rendre compte. Trésoriers de France, Fonctionnaires qui étaient chargés de l'administration du domaine royal et des finances. Trésorier-payeur général, Fonctionnaire des finances qui remplit dans un département les fonctions réunies de receveur général et de payeur.

Trésorier, trésorière : définition du Littré (1872-1877)

TRÉSORIER (tré-zo-rié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des tré-zo-rié-z intègres) s. m.
  • 1Officier chargé de recevoir et de distribuer les revenus d'un prince, d'une communauté, etc. Le trésorier des Invalides. Il était trésorier de l'Académie, titre trop fastueux et assez impropre ; il était plutôt le contraire d'un trésorier, il n'avait point de fonds entre les mains, mais il faisait des avances assez considérables par rapport à sa fortune, et ne les retirait pas sans peine, Fontenelle, Couplet. Le père de M. de Voltaire exerçait la charge de trésorier de la chambre des comptes ; sa mère Marguerite d'Aumart était d'une famille de Poitou, Condorcet, Vie de Voltaire. Les fonctions de receveur général, etc. de payeur dans chaque département de l'empire sont réunies et confiées à un fonctionnaire prenant le titre de trésorier payeur général, Décret du 21 nov. 1865, art. 1er.

    Trésoriers de France, officiers préposés, dans l'ancien régime, pour travailler à la répartition des tailles, et pour connaître de plusieurs autres affaires des finances, des domaines, des ponts et chaussées et des chemins publics.

    Grand trésorier de l'empire, un des titres de l'électeur palatin.

    Fig. Un trésorier sans rendre compte, celui qui, maniant toutes les affaires de quelque personne considérable, gouverne tellement son esprit qu'il ne rend compte que de ce qu'il lui plaît.

  • 2Officier qui, dans les églises collégiales, possédait une dignité ecclésiastique qui le chargeait du soin de tous les vases sacrés, et qui était la première dans quelques chapitres. Le trésorier de la Sainte-Chapelle. Et chez le trésorier de ce pas à grand bruit Vient étaler au jour les crimes de la nuit, Boileau, Lutr. v.

    Autrefois, nom, en quelques provinces, des marguilliers. L'assemblée sera convoquée par les syndics, marguilliers ou trésoriers de la paroisse…, Ordonn. de la marine, 1681, commentée et conférée, Paris, 1715, p. 415.

  • 3Variété d'œillet.

    PROVERBE

    Un trésorier sans argent est un apothicaire sans sucre.

HISTORIQUE

XIe s. Li reiz apelet Malduiz sun tresorer, Ch. de Rol. L.

XIIe s. De sol itant ert [de cela seulement il était] tresorier ; Car nul tresor aveit plus cher, Benoit de Sainte-Maure, II, 12493.

XIIIe s. Dame de paradis, roïne couronnée, Tresoriere de grace, avant sainte que née, J. de Meung, Test. 2130.

XIVe s. À son tresorier fist Bertran commandement, Qu'on donne au messagier quatorze mars d'argent, Guesclin. 18189. Nicolas Braique tressouriers de Normandie, Du Cange, thesaurarius.

XVe s. Le trezorier des guerres reçoit des intendans des finances les sommes necessaires pour le payment de toutes les troupes, dont il rend compte, Estats des officiers des ducs de Bourgogne, p. 23, dans LACURNE.

XVIe s. Le jeune prince, duquel la mere estoit la tresoriere, n'avoit que ce peu d'argent pour tous ses menus plaisirs, Marguerite de Navarre, Nouv. XLII. Du desbat qui sortit entre ung scindique et le thesaurier de Geneve, Bonivard, Chron. de Genève, IV, 4.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

TRÉSORIER. Ajoutez :
3 Adj. Trésorier, trésorière, qui appartient au trésor. Le stimulant nécessaire… manque aux administrations trésorières, Journ. offic. 14 déc. 1872, p. 7772, 1re col.
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Trésorier, trésorière : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

TRÉSORIER, s. m. (Gram.) est en général celui à qui l’on a confié la garde d’un trésor.

Trésorier en sous-ordre, (Hist. rom.) les trésoriers en sous-ordre, ou les sous-trésoriers, selon Asconius & Varron, étoient certains particuliers d’entre le peuple qui levoient & portoient chez le questeur du proconsul, l’argent nécessaire pour la paie des troupes ; c’étoient des especes de collecteurs de l’argent imposé sur chaque tribu pour les besoins de l’état. Leur établissement est de la plus haute antiquité, au rapport d’Aulu-gelle. La loi aurelia nous apprend combien cet ordre peu digne de considération devint accrédité, puisque cette loi rendit commun aux trésoriers & aux chevaliers le droit de juger de certaines matieres qui n’appartenoient auparavant qu’aux sénateurs ; il falloit au contraire les dépouiller de ce privilege, si quelque autre loi le leur avoit accordé. (D. J.)

Trésorier, (terme d’église.) c’est celui qui possede une dignité ou bénéfice ecclésiastique, qui le rend gardien de l’argenterie, des joyaux, des reliques, du trésor des chartes, & autres objets appartenans à l’église particuliere dont il est membre. Le trésorier a succédé en quelque façon aux anciens diacres à qui les trésors de l’église étoient confiés. Dans le tems de la réformation cette dignité fut abolie comme inutile dans la plûpart des églises cathédrales de la grande Bretagne ; cependant elle subsiste toujours dans celles de Londres, de Salisbury, &c. (D. J.)

Trésoriers de France, (Jurisprud.) sont des magistrats établis pour connoître du domaine du roi.

Ils ont été appellés trésoriers, parce qu’au commencement de la monarchie toute la richesse de nos rois ne consistoit que dans leur domaine, qu’on appelloit trésor du roi ; & que les revenus du domaine étoient déposés dans un lieu appellé le trésor du roi, dont ces officiers avoient la garde & la direction.

Du tems de Clovis I. le trésor étoit gardé dans l’ancien palais bâti de son tems, où est aujourd’hui le parlement.

Le trésorier qui ordonnoit du paiement des gages ou pensions assignées par les rois sur leur domaine, même des fiefs & aumônes, avoit une chambre près du trésor, en laquelle il connoissoit du domaine, comme cela s’est toujours pratiqué depuis, soit lorsqu’il n’y avoit qu’un seul trésorier, ou lorsqu’ils ont été plusieurs.

Sous Philipe-Auguste le trésor étoit au temple : ce prince avant de partir pour la Terre-sainte, l’an 1196, ordonna qu’à la recette de son avoir, Adam son clerc, seroit présent & écriroit la recette ; que chacun auroit une clé des coffres où l’argent seroit remis, & que le temple en auroit une. C’étoit un chevalier du temple qui étoit le gardien particulier du trésor du roi, & qui en expédioit les quittances aux prevôts & aux comptables.

Du tems de S. Louis la chambre des comptes, qui étoit ambulatoire, ayant été fixée à Paris, les trésoriers de France & officiers des monnoies, à raison de la communication qu’ils avoient avec les finances, dont les gens des comptes étoient juges, furent unis & incorporés en la chambre des comptes, où ils continuerent chacun l’exercice de leurs charges.

On voyoit en effet encore dans l’ancien bâtiment de la chambre des comptes, qui fut brûlé le 28 Octobre 1737, une chambre du trésor, appellée camera vetus thesauri, où les trésoriers de France exerçoient anciennement leur charge & jurisdiction en la connoissance du domaine : il y avoit aussi une chambre des monnoies, & Miraulmont dit avoir vu des commissions, une entr’autres de l’an 1351, intitulée les gens des comptes & trésoriers & les généraux maîtres des monnoies du roi notre sire, qui prouvent qu’autrefois ces trois chambres n’ont fait qu’un corps & une compagnie ; c’est de-là que les tresoriers de France sont encore reçus & installés en la chambre des comptes, & qu’entre les six chambres ou divisions dans lesquelles les auditeurs des comptes sont distribués pour le rapport des comptes ; la premiere s’appelle encore la chambre du trésor.

Le dépôt du trésor du roi fut pourtant remis au temple en 1302 ; depuis il fut mis au louvre, & ensuite on le remit au palais.

Il étoit dans une tour près la chambre appellée du trésor, laquelle se voit encore aujourd’hui treillissée, au plancher de laquelle sont attachées les balances où les finances du royaume, qui étoient apportées & mises ès mains du changeur du trésor, se pesoient.

Du tems de Miraulmont, le trésor du roi étoit gardé à la bastille de S. Antoine.

Présentement le trésor du roi, appellé trésor royal, reste chez les gardes du trésor royal.

Pour ce qui est de la recette & de l’administration du trésor ou domaine, au commencement c’étoient les baillifs & sénéchaux qui en étoient chargés, chacun dans leur ressort.

Depuis, pour ne les pas détourner de l’exercice de la justice, on établit des revenus particuliers, lesquels reportoient tous l’argent de leur recette au changeur du trésor, qui étoit le receveur général.

Le changeur du roi distribuoit les deniers suivant les mandemens & ordonnances des trésoriers de France, lesquels avoient la direction du domaine & revenus du roi.

Le nombre de ces officiers fut peu considérable sous les deux premieres races de nos rois, & même encore assez avant sous la troisieme.

Grégoire de Tours & Aimoin, deux de nos plus anciens historiens françois, parlent du trésorier de Clovis I. thesaurarius Clodovici.

On trouve peu de chose au sujet des trésoriers de France, jusqu’au tems de Philippe le Bel.

Sous le regne de ce prince il n’y avoit qu’un seul trésorier de France, qui étoit établi en cette charge par forme de commission seulement, pour un an, plus ou moins, selon la volonté du roi ou de son conseil.

Guillaume de Hangest étoit seul trésorier de France en 1300, depuis ce tems il y en eut tantôt deux, tantôt trois ou quatre ; leur nombre a beaucoup varié, y ayant eu en divers tems plusieurs créations & suppressions de trésoriers de France.

Entre ces trésoriers, les uns étoient pour la direction du domaine & finances ; les autres étoient trésoriers sur la foi de la justice, c’est-à-dire, préposés pour rendre la justice sur le fait du domaine & trésor, c’est pourquoi on les appelloit aussi conseillers du trésor ; il y en avoit dès 1390 ; ils furent supprimés par une ordonnance du 7 Janvier 1400, à la charge que s’il se présentoit quelques différens au trésor, les autres trésoriers, pour les décider, appelleroient des conseillers au parlement ou de la chambre des comptes ; cependant deux conseillers au parlement & le baillif de Senlis furent encore pourvus de ces offices, lesquels de nouveau furent supprimés en 1407, avec la même clause qu’en 1400, ce qui n’empêcha pas encore qu’en 1408 les trésoriers de France ne reçussent un conseiller sur le fait de la justice.

Ces trésoriers sur le fait de la justice, ou conseillers du trésor, subsisterent au nombre de dix jusqu’en 1683, que la chambre du trésor fut unie au bureau des finances. Le roi attribuant aux trésoriers de France toute cour & jurisdiction, chacune dans leur généralité. Voyez ce qui a été dit ci-devant à ce sujet au mot Domaine.

Quoique les trésoriers de France ne s’occupassent autrefois principalement que de la direction des finances, ils avoient cependant toujours conservé le droit de venir prendre place en la chambre du trésor & d’y présider.

Des le tems de Philipe le Bel il y avoit un président des trésoriers de France, qu’on appelloit le souverain des trésoriers. Henri III. en créa un second dans chaque bureau ; il en a été encore créé d’autres dans la suite, lesquels à Paris ont été réunis au corps des trésoriers de France, & sont exercés par les plus anciens d’entr’eux.

En 1551, Henri II. voulant unir les charges de trésoriers de France avec celle de généraux des finances, ordonna que dans chaque bureau des dix-sept recettes générales du royaume il y auroit un trésorier de France général des finances ; depuis, il sépara ces charges en deux.

En 1577, Henri III. créa les trésoriers de France en corps de compagnie, au moyen de l’établissement qu’il fit des bureaux des finances dans les généralités & principales villes du royaume.

L’édit du mois de Mars 1627, en ôtant aux baillifs & sénéchaux la connoissance des causes du domaine que l’édit de Crémieu leur avoit attribué, la donna aux trésoriers de France, chacun dans l’étendue de leurs généralités, avec faculté de juger en dernier ressort jusqu’à 250 liv. de principal, & de 10 liv. de rente, & de juger par provision jusqu’au double de ces sommes.

Les bureaux des finances sont présentement composés de présidens en titre d’office, de présidens dont les offices ont été réunis au corps, & sont remplis & exercés par les plus anciens trésoriers de France.

Il y a aussi dans plusieurs bureaux des finances un chevalier d’honneur ; à Paris il n’y en a point.

Les présidens & trésoriers de France de Paris servent alternativement en la chambre du domaine ; & au bureau des finances, il y a un avocat & un procureur du roi pour la chambre du domaine, & un autre avocat & un autre procureur du roi pour le bureau des finances.

Les trésoriers de France réunissent présentement quatre sortes de fonctions : savoir, 1°. celle qui leur appartenoit anciennement pour la direction des finances, du tems que la connoissance des causes du domaine appartenoit à la chambre du trésor. 2°. La jurisdiction qui appartenoit à la chambre du trésor sur le fait du domaine, & qui pendant un tems avoit été attribuée en partie aux baillifs & sénéchaux. 3°. Ils ont aussi la voirie, en conséquence de l’édit du mois de Février 1627, qui leur a attribué la jurisdiction contentieuse en cette matiere.

Leur direction, par rapport aux finances, comprend les finances ordinaire, qui sont le domaine & les finances extraordinaires, qui sont les aides, tailles & autres impositions.

Il est de leur charge de veiller à la conservation du domaine du roi & de ses revenus, d’en faire payer les charges locales, & pour cet effet, d’en donner un état des recette & dépense à faire aux receveurs pour se conduire dans leur recette.

Ce sont eux qui reçoivent les fois & hommages, aveux & dénombremens des terres non titrées relevantes du roi ; mais ils en envoyent annuellement les actes à la chambre des comptes, conformément à un réglement du mois de Février 1668.

Dans leurs chevauchées ils font des procès-verbaux des réparations à faire aux maisons & hôtels du roi, aux prisons & autres édifices dépendans du domaine, & aussi aux grands chemins, pour être pourvu de fonds à cet effet.

Les commissions des tailles & impositions leur sont envoyées, & ensuite envoyées par eux avec leur attache aux élus des élections pour en faire l’assiette & département sur les paroisses contribuables.

Ils donnent aux comptables de leur généralité chacun un état par estimation des recette & dépense qu’ils ont à faire, & vérifient à la fin de leur exercice l’état au vrai des recette & dépense faites sur les comptables qui rendent leur compte à la chambre des comptes.

Jusqu’à ce que les comptes soient rendus à la chambre, ils ont toute jurisdiction sur les comptables & sur ceux qui ont des assignations sur leurs recettes, en exécution de l’état du roi qu’ils ont ; mais du moment que les comptes sont rendus, ce pouvoir cesse, les particuliers prennent droit par les comptes, & se pourvoient en conséquence d’iceux à la chambre.

Ils reçoivent les cautions des comptables de leur généralité, & les font fortifier en cas d’insolvabilité, mais ils en envoyent les actes au greffe de la chambre des comptes, suivant le réglement de 1668 & l’édit du mois d’Août 1669.

Lorsque les comptables meurent sans avoir rendu leurs comptes, les trésoriers de France apposent chez eux le scellé, & veillent à la sureté de ce qu’ils doivent au roi, dont ils se font compter par état.

Si les comptables deviennent insolvables, ils les dépossedent, & commettent à leur exercice, en attendant que le roi y ait pourvu.

Ils prêtent serment à la chambre des comptes, & reçoivent celui de tous les comptables de leur généralité, mais ils ne font point l’information de leurs vie & mœurs, après que la chambre l’a faite à la réception des comptables, cela appartenant uniquement à la chambre, ainsi qu’il est expliqué par l’adresse des provisions.

Les trésoriers de France jouissent de plusieurs privileges, dont les preuves ont été recueillies par Fournival.

Ils sont commensaux de la maison du roi, comme officiers qualifiés de France, & jouissent en conséquence de tous les privileges attribués aux commensaux, tels que les droits de committimus & de franc-salé, le droit de deuil à la mort des rois.

En cette même qualité de commensaux ils sont encore exempts de guet, de garde, de réparations des villes & de subventions.

Ils sont du corps des compagnies souveraines, & ont les mêmes privileges, & notamment la noblesse transmissible.

Ceux de Paris l’ont au premier degré en vertu d’un édit du mois d’Avril 1705 ; ceux des autres bureaux des finances ne transmettent que parte & avo.

Par le réglement de la réforme des habits, ils sont traités comme les compagnies souveraines.

Et en effet dans certain cas ils jugent souverainement.

Il y a des édits & déclarations qui leur sont adressés.

Ils ont l’honneur de parler debout au roi, comme les cours souveraines.

Ils doivent jouir du droit d’indult.

Dans les villes où il n’y a pas d’autres cours, ils ont près d’eux une chancellerie établie à l’instar de celles des compagnies souveraines.

Leurs huissiers ont été créés à l’instar de ceux des autres compagnies souveraines.

Ils ont rang & séance aux entrées & pompes funebres des rois, reines, & autres princes.

Ils ont aussi entrée & séance au parlement entre les conseillers ; lorsqu’ils viennent ou sont mandés pour quelqu’affaire, & lorsqu’ils viennent seulement pour assister aux grandes audiences, ils ont droit de sieger les premiers sur le banc des baillifs & sénéchaux.

Ils ont aussi droit de séance en la cour des aides lorsqu’ils y sont mandés pour affaires.

Ils sont exempts des droits d’aides, emprunts, subsistances, logemens de gens de guerre, & ont été maintenus par provision dans l’exemption du droit de gros.

Ils sont aussi exempts du ban & arriere-ban, de payer le prêt au renouvellement du droit annuel, de toute tutelle & curatelle.

Fournival dit que leur procès ne peut leur être fait que par le chancelier de France ; il est au-moins certain qu’ils jouissent du privilege des autres cours, de ne pouvoir être jugés que par leurs confreres.

Sur ce qui concerne les trésoriers de France, on peut voir Miraumont, Pasquier, Joly, Baquet, Fournival, le recueil des ordonnances de la troisieme race, & ci-devant le mot Domaine. (A)

Trésoriers de l’extraordinaire des guerres, (Finances.) sont en France des officiers créés par le roi, pour faire le payement de toutes les troupes, tant de cavalerie que d’infanterie, pour payer les garnisons de toutes les places, comme aussi les vivres, étapes, fourrages, appointemens des gouverneurs, lieutenans, majors & états majors de toutes les provinces, &c. Ces trésoriers choisissent entre leurs principaux commis ceux qui sont les plus entendus, & ils en envoient un dans chaque armée. Il doit avoir un logement dans le quartier général ; l’infanterie lui fournit une garde de trente hommes. Quand le régiment des Gardes-françoises est à l’armée, cette garde lui est affectée de droit ; elle est composée de quinze ou vingt hommes commandés par un sergent. (Q)

Trésorier de province, (Hist. d’Angleterr.) treasurer of the county ; c’est celui qui est le gardien des fonds de la comté, of the county-stock. Il y a deux trésoriers dans chaque comté, nommés aux sessions de pâques, à la pluralité des suffrages des juges de paix ; ils sont annuels, doivent avoir dix livres sterlings de revenus en terres, & rendre compte chaque année de leur régie, à leurs successeurs, aux sessions de pâques, ou au plus tard dix jours après.

Les fonds du comté dont cet officier est le gardien, se levent annuellement par une taxe de contribution sur chaque paroisse ; ce fond doit être employé à des usages charitables, à soulager des soldats ou des matelots estropiés, comme aussi des prisonniers qui sont pour dettes dans les prisons du comté ; il sert encore à entretenir de pauvres maisons de charité, & à payer les salaires des gouverneurs des maisons de correction. Quelle est la charge de ces trésoriers, la maniere de lever les fonds, & quel en doit être l’emploi, c’est ce qu’on trouvera détaillé dans les statuts XLIII. d’Elisabeth, c. vij. Jacques I. c. iv, xj, & xij. de Guillaume III. c. xviij. de la reine Anne, c. xxxij. de George I. c. xxiij. (D. J.)

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Étymologie de « trésorier »

Étymologie de trésorier - Littré

Trésor ; provenç. thesaurier ; cat. tresorer ; espagn. tesorero ; portug. thesoureiro ; ital. tesoriere.

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Étymologie de trésorier - Wiktionnaire

 Dérivé de trésor avec le suffixe -ier.
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Phonétique du mot « trésorier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
trésorier tresɔrie play_arrow

Citations contenant le mot « trésorier »

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  • La Fédération nationale de la Ligue contre le cancer compte 103 comités. Celui du Morbihan, présidé par Albert Josso, remplit quatre missions : l’aide à la recherche, la prévention, l’aide aux malades et la mission sociétale. Jeudi dernier, dans ses locaux du Parc Pompidou, Albert Josso, entouré d’une dizaine de membres du conseil d’administration, a animé la passation de pouvoir entre le trésorier sortant André Besnard, accompagné de son épouse Françoise, et le nouveau trésorier Antoine Lemaistre. À noter que le mandat de trésorier dure six ans. Le Vannetais Antoine Lemaistre est l’ancien président du tribunal de commerce et travaille dans son entreprise familiale spécialisée dans le contrôle technique. Albert Josso a salué la rigueur et les actions d’André Besnard, qui s’est vu offrir un coffret dîner pour deux et souhaité la bienvenue à son nouveau trésorier. Le Telegramme, Antoine Lemaistre est le nouveau trésorier du comité de la Ligue contre le cancer - Vannes - Le Télégramme
  • « Le retour du foot dans l’agglo se fait ici à Caudebec », annonce fièrement Julien Le Floch, responsable de l’événement et trésorier du Caudebec-Saint-Pierre Football Club. Club partenaire de Quevilly-Rouen Métropole, le CSP FC a répondu favorablement, à la demande d’organisation d’un match amical sur son terrain. Et ce, malgré les contraintes sanitaires. , En images. Le grand retour du football à Caudebec-lès-Elbeuf | Le Journal d'Elbeuf
  • Denis Philippe est président de la Chambre régionale des entreprises de l'économie sociale et solidaire (Cress) Paca depuis 2015. Il vient d'être nommé trésorier de la Chambre française de l'économie sociale et solidaire, ESS France. Nouvelles Publications, Le président de la Cress Paca devient trésorier d'ESS France
  • Le frère de Boris Johnson, ancien trésorier du parti conservateur et tueur à gages d’un syndicat soutenant le parti travailliste, fait partie des dizaines de nouveaux pairs qui entrent à la Chambre des lords. News 24, Trente-six nouveaux pairs, dont le frère de Boris Johnson, ancien trésorier conservateur et tueur à gages du syndicat - News 24
  • Le tribunal a rendu son jugement ce mardi 28 juillet. L’ex-trésorier est condamné à six mois de prison avec sursis probatoire pendant 24 mois. Il lui est désormais interdit d’occuper un poste de trésorier et il devra rembourser 4 462 € à l’association qui s’est portée partie civile. , Côte fleurie. L’ancien trésorier d'une association scolaire condamné pour abus de confiance | Le Pays d'Auge
  • Quand une femme vous dit "mon trésor", traduisez "mon trésorier. De Jean Marsac
  • Les trésoriers sont les éponges du roi. De Proverbe français

Traductions du mot « trésorier »

Langue Traduction
Corse tesoru
Basque diruzaina
Japonais 会計
Russe казначей
Portugais tesoureiro
Arabe امينة صندوق
Chinois 财务主管
Allemand schatzmeister
Italien tesoriere
Espagnol tesorero
Anglais treasurer
Source : Google Translate API

Synonymes de « trésorier »

Source : synonymes de trésorier sur lebonsynonyme.fr


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