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Sermon

Définitions du mot « sermon »

Trésor de la Langue Française informatisé

SERMON, subst. masc.

A. − RELIG. Discours prononcé par un prédicateur, généralement un prêtre catholique, pour instruire ou pour exhorter les fidèles. Synon. homélie, prédication, prêche.J'aime mieux le prône de Saint-Louis que le sermon de Saint-Roch (E. de Guérin, Lettres, 1838, p. 201).Le style de ses allocutions et de ses sermons avait les larges inflexions, les amples courbes, les mouvements de draperie de celui de Bossuet (Billy, Introïbo, 1939, p. 67).
P. méton., vieilli. Aller au sermon. Aller à l'église écouter le sermon. Tu vas au cabaret plus souvent qu'au sermon (Hugo, Roi s'amuse, 1832, p. 449).
SYNT. Long sermon; sermon édifiant; sermon du curé, du pasteur, du prédicateur; sermon du dimanche; sermon du Carême, de l'Avent; sermon en deux, trois points; canevas, thème, sujet d'un sermon; composer un sermon; écouter, entendre un sermon.
Rem. Prêche s'emploie surtout pour une prédication faite par un ministre protestant; par ailleurs, le sermon est le plus souvent de nos jours une homélie (v. ce mot ex. 2).
LITT. Genre littéraire, à son apogée au xviies. Sermon sur l'Église, sur la mort, sur la parole de Dieu; sermons de Bossuet, de Fléchier, de Massillon. On trouve souvent scolastique et artificielle la division, au XVIIesiècle du sermon en trois points. En réalité elle lui est aussi nécessaire, aussi consubstantielle, que les cinq actes le sont au poème dramatique (Thibaudet, Réflex. litt., 1936, p. 54).
P. anal. [P. allus. à Matth. V-VII inclus et Luc VI, 17-49] Sermon sur la montagne. Paroles du Christ prononcées au début de sa vie publique sur une hauteur dominant le lac de Tibériade et révélant à ses disciples et à la foule son message messianique, l'idéal nouveau de l'Évangile et les Béatitudes. Ceux qui sont allés jusqu'à nier l'existence de Jésus n'empêcheront pas le Sermon sur la montagne de figurer dans l'Évangile (Bergson, Deux sources, 1932, p. 254).V. montagne I A 2 ex. de Du Bos.
B. − Souvent péj. Discours moralisateur, généralement long et ennuyeux, adressé à une personne pour l'exhorter, lui reprocher sa conduite, l'engager à la modifier. Synon. reproches, réprimande, savon (fam.), semonce.Débiter, subir un sermon. Mon père adoptif me fit un long sermon pour me démontrer les avantages du travail, et m'envoya le jour même à l'école (Sandeau, Sacs, 1851, p. 51).La mère de Pouthier, reprochant à son fils de n'avoir encore ni une situation ni une carrière ni un gagne-pain, terminait son sermon maternel par cette phrase admirable: « À ton âge, j'étais déjà mère! » (Goncourt, Journal, 1856, p. 266).
REM.
Sermonnade, subst. fém.; sermonnement, subst. masc.,rare, fam., synon. (supra B).Si ma mère la surprenait, perchée comme moi sur un prunier, quelle sermonnade! Je l'entends d'ici dire: Fi donc! mademoiselle! (Theuriet, Mariage Gérard, 1875, p. 59).Tout de suite, la grosse nonne fila doux. Elle joignit les mains et, tête baissée, écouta un long sermonnement à voix basse (Giono, Hussard, 1951, p. 169).
Prononc. et Orth.: [sε ʀmɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Éty-mol. et Hist. 1. a) 2emoit. xes. « exhortation, discours fait aux fidèles par un prêtre » (St Léger, éd. J. Linskill, 35: Et in raizons bels oth sermons [Lethgiers]; v. note de l'éd.); ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 2243); cf. fin xiies. (Sermons St Bernard, 1 ds T.-L.: Ci encomencent li sermon saint Bernart); b) fin xes. désigne le discours fait par le Christ après la Cène (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 109: a cel sopar un sermon fiz); 2. 1121-34 « langue, idiome » sermun latin (Philippe de Thaon, Bestiaire, 2337 ds T.-L.); 3. 1119 « propos, discours [prolixe] » ne plus faire sermun (Id., Comput, 2034 ibid.); ca 1165 faire lons sermons (Benoît de Ste-Maure, Troie, 19467, ibid.); 4. ca 1180 « récit aboutissant à une moralité, fable » (Marie de France, Fables, 52, 29, ibid.); ca 1210 traire a sermon [aucune rien a aucun] « faire des remontrances à quelqu'un » (Herbert de Dammartin, Fouque de Candie, 10790, ibid.); 1608 « remontrance importune » faire un sermon (M. Regnier, Satires, XII, 292 ds Œuvres, éd. G. Raibaud, p. 164). Empr. au lat.sermo, -onis, dans la lang. class. « paroles échangées, entretien, propos; langage familier; langue, idiome [latinus, graecus sermo]; manière de s'exprimer, style »; dans la lang. chrét. « sermon familier, homélie, prédication » (2emoit. ives. St Ambroise ds Blaise Lat. chrét.). Le sens 4, peut-être sous l'infl. de sermonner* (FEW t. 11, p. 516a). Fréq. abs. littér.: 863. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 529, b) 1 071; xxes.: a) 897, b) 1 250. Bbg. Richard Kirchenterminologie 1959, pp. 85-86, 88, 114.

Wiktionnaire

Nom commun

sermon \sɛʁ.mɔ̃\ masculin

  1. (Christianisme) Prédication ou discours chrétien, qui est prononcé du haut de la chaire, dans une église, pour instruire et pour exhorter les fidèles.
    • La prédication se faisait tantôt en latin pour les clercs, tantôt en français pour le peuple. C’est dans l’homélie, le sermon, que la langue vulgaire a été employée d’abord, et cet emploi remonte jusqu’au IXe siècle […] — (Jean-Jacques Ampère, La Littérature française au moyen-âge, Revue des Deux Mondes, 1839, tome 19)
    • John Wesley seul prêcha quarante mille sermons et parcourut deux cent cinquante mille milles. — (André Maurois, Histoire de l'Angleterre, Fayard & Cie, 1937, p.601)
    • Il truffait ses sermons de paraboles modernes, d'images progressistes, magnifiés par sa verve naturelle et mordante et appuyés par un langage coloré qui choquèrent plus d'une grenouille de bénitier et d'une punaise de sacristie, mais que voulez-vous, il faut s'adapter ou périr, et le père Benoît La Poudrière n'avait aucune intention de baisser les bras face aux temps modernes. — (Thibault Gardereau, Le livre d'un croque-mort: roman, Montréal (Québec) : VLB éditeur, 2003, p. 168)
  2. (Familier) Remontrance ennuyeuse et importune.
    • Ses assiettes du déjeuner et du dîner furent de nouveau nettoyées à fond, par un procédé de sauçage au morceau de pain qui nous eût valu, à nous, de jolis sermons dans nos familles. — (Paul Bourget, La dame qui a perdu son peintre, Éditions Plon-Nourrit et cie, 1910, p. 345)

Nom commun

sermon \Prononciation ?\ masculin

  1. Sermon.
  2. (Figuré) Récit, conte.
    • N’en ferai mie lonc sermon — (La Vengeance Raguidel, édition de C. Hippeau, page 143, début du XIIIe siècle. Vers numéro 4128.)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SERMON. n. m.
Prédication, discours chrétien, qui ordinairement se prononce en chaire, dans une église, pour instruire et pour exhorter les fidèles. Les sermons du carême, de l'avent. Il y a sermon tous les dimanches dans cette église. Faire un sermon. Composer un sermon. Débiter, prononcer un sermon. Un sermon divisé en trois points. Un sermon en trois points. Aller au sermon. Entendre un sermon. Les sermons de Bossuet, de Bourdaloue. Il se dit, dans le style familier, d'une Remontrance ennuyeuse et importune. Il est venu me faire un long sermon. Il fait des sermons à tout le monde.

Littré (1872-1877)

SERMON (sèr-mon) s. m.
  • 1Discours chrétien qui se prononce en chaire, pour annoncer et expliquer la parole de Dieu et pour exciter à la pratique de la vertu. Il y a beaucoup de gens qui entendent le sermon de la même manière qu'ils entendent vêpres, Pascal, Pens. VII, 36, édit. HAVET. Vous êtes aussi charmé de l'esprit, de la bonté, de l'agrément et de la facilité du P. Bourdaloue dans la vie civile et commune, que charmé et enchanté de ses sermons, Sévigné, à Moulceau, 3 avril 1686. Les sermons du P. Bourgoing n'étaient pas le fruit d'une étude lente et tardive, mais d'une céleste ferveur, Bossuet, Bourgoing. Ce dernier et célèbre sermon où il [Grégoire de Nazianze] rendit compte de son administration et de sa conduite, Fléchier, Hist. de Théodose, II, 57. Avant lui Juvénal avait dit en latin Qu'on est assis à l'aise aux sermons de Cotin, Boileau, Sat. IX. Cotin, à ses sermons traînant toute la terre, Fend des flots d'auditeurs pour aller à sa chaire, Boileau, ib. Un sermon où les applications de l'Écriture sont fausses, où une histoire profane est rapportée d'une manière froide et puérile, où l'on voit régner partout une affectation de bel esprit, est-il bon ? Fénelon, Dial. sur l'éloq. I. Il y a quelque temps que je m'endormis à un sermon : vous savez que le sommeil surprend aux sermons de l'après-midi, Fénelon, ib. II. Projet pour rendre les sermons plus utiles, Titre d'un ouvrage de l'abbé de St-Pierre. Un sermon en France est une longue déclamation scrupuleusement divisée en trois points, et récitée avec enthousiasme ; en Angleterre, un sermon est une dissertation solide et quelquefois sèche qu'un homme lit au peuple sans geste et sans aucun éclat de voix, Voltaire, Ess. poés. ép. I. Les sermons qu'on a imprimés de lui [de Bossuet], restes d'une multitude immense, car jamais il ne prêcha deux fois le même, sont plutôt les esquisses d'un grand maître que des tableaux terminés, D'Alembert, Éloges, Bossuet.

    Par extension. Je me contente des Évangiles expliqués de M. le Tourneux : ce sont les vrais sermons ; c'est la vanité des hommes qui les a chargés de tout ce qui les compose présentement, Sévigné, 19 fév. 1690.

  • 2 Familièrement. Remontrance ennuyeuse et importune. Jeanne, ce temps pendant, me faisait un sermon, Régnier, Sat. XI. Et vous lui fait un beau sermon Pour l'exhorter à patience, La Fontaine, Fabl. III, 5. Comment, ma fille, j'ai donc fait un sermon sans y penser ? Sévigné, 433. Sa nourrice [de Phèdre, dans Racine] lui fait un sermon fort chrétien Contre l'affreux dessein d'attenter à soi-même, Deshoulières, Poésies, t. II, p. 119. Ne lui faisant point de sermons, se mettant toujours à sa portée, Rousseau, Ém. IV.

HISTORIQUE

XIe s. Franceis [il] apelet, un sermun [discours] lur ad dit, Ch. de Rol. LXXXVII. Tant [elle] ad oït e sermuns e essamples [qu'elle se fit chrétienne], ib. CCXCII.

XIIe s. Li evesques de Londres i ad fait un sermun, Pur le rei e pur lui dist sa confessiun, Th. le mart. 160.

XIIIe s. Chascuns l'a fiancé [promis], cours en fut li sermons [discours], Berte, XXIII. Et puisqu'à fortune venons, Et de s'amor [de son amour] sermon tenons, Dire t'en voil fiere merveille, la Rose, 4854. Le legat fist le sermon por deus samedis, Joinville, 219.

XIVe s. Et de l'ame avons nous dit en aucuns sermons hors ceste science, Oresme, Éth. 29. C'est que par iaus [eux, les prêtres] sommes semons Par parolles et par siermons, Que nous nous gardons de mesprendre, Jean de Condé, t. II, p. 88.

XVIe s. De devant [à Berne] avoient longtemps plaidoié la messe et le sermon [le protestantisme], lequel seroit maistre ; mais cette année le sermon gaigna, et chassa la messe hors de la ville, Bonivard, Chron. de Genève, IV, 23.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SERMON, s. m. (Gram.) discours chrétien prononcé on chaire, dans une église, pour instruire & édifier les fideles.

Sermon de J. C. (Critique sacrée.) c’est ainsi qu’on nomme le discours que J. C. tint sur la montagne à ses apôtres, & qui se trouve dans S. Matthieu, chap. v. vj. vij. Il importe de nous étendre plus que de coutume sur ce discours de notre Seigneur, parce qu’il renferme plusieurs préceptes qui paroissent impraticables, à cause des conséquences qui en résultent nécessairement. Par exemple, J. C. dit : « Ne résistez point à celui qui vous fait du mal ; au contraire si quelqu’un vous frappe à la joue droite, présentez-lui aussi l’autre joue », chap. v. v. 39. C’est interdire la défense, qui est du droit naturel de tous les hommes, sans quoi ils ne sauroient se conserver. De même : « Si quelqu’un vous veut faire un procès pour avoir votre robe, laissez-lui aussi votre manteau ». Qu’on pratique ce précepte, & les gens de bien seront exposés à toutes les injures des méchans ; on les frappera, & on se moquera de leur patience, qui les exposera à de nouvelles injures, & au mépris. On les dépouillera de leur bien, & on les réduira eux & les leurs à la mendicité. Encore : « Ne vous amassez point des trésors sur la terre, où les vers & la rouille les consument, chap. vj. v. 19 ». Est-il donc défendu à un chrétien de profiter des bénédictions du ciel, de l’héritage de ses ancêtres, & du succès de son travail ? Ne peut-il rien amasser pour l’avenir, ni prévenir les revers de l’adversité ? Faudra-t-il qu’il vive au jour la journée, pendant qu’il peut très-innocemment se mettre à l’abri de la disette, & amasser de quoi subsister, lorsque l’âge ou la maladie le mettront hors d’état de travailler ? J. C. dit de même : « Ne vous mettez point en peine de ce qui regarde votre vie, de ce que vous mangerez, de ce que vous boirez, & à l’égard de votre corps de quoi vous vous habillerez, chap. v. v. 25 ». Sur quoi le seigneur propose à ses disciples, l’exemple des oiseaux de l’air, qui ne sement ni ne moissonnent, & qui n’amassent rien dans les greniers : & celui des lis des campagnes, qui ne travaillent ni ne filent, & que Dieu prend soin de vêtir. Il defend aussi d’avoir aucun souci pour le lendemain, parce que le lendemain aura soin de ce qui le regarde, ibid. v. 31. 33. Il veut enfin que ses disciples demandent les choses qui leur sont nécessaires, assurés que Dieu les leur donnera, chap. vij. v. 7. & suiv.

Pour accorder ces préceptes de J. C. avec la prudence & la justice, les interpretes ont cherché des explications ; ils ont limité les expressions générales du Sauveur ; ils y ont apposé des conditions. Quelques-uns ont cru que l’évangéliste avoit obmis quelques paroles de J. C. qui auroient servi à entendre ses commandemens, & à prévenir les mauvaises conséquences qui en résulteroient, si les Chrétiens les observoient à la rigueur ; d’autres ont imaginé des conseils évangéliques, c’est-à-dire, des conseils de perfection, qu’on n’est pas obligé de pratiquer pour être sauvé ; mais qui donnent à ceux qui les observent, un mérite supérieur aux autres, & des degrés de gloire dans le ciel. C’est une mauvaise défaite : tout est précepte, commandement ; & si bien commandement, que notre Seigneur finit son sermon sur la montagne, par la comparaison d’un homme prudent, qui bâtit sa maison sur le roc ; c’est celui qui observe les commandemens qu’il vient de donner, & d’un homme insensé qui bâtit sa maison sur le sable, chap. vij. v. 24. & suiv.

Cependant, comme on convient que si les Chrétiens vouloient observer plusieurs de ces commandemens de J. C. la société seroit bien-tôt renversée ; les gens de bien en proie à la violence des méchans ; le fidele exposé à mourir de faim, parce qu’il n’auroit rien épargné dans sa prospérité, pour se nourrir & se vétir dans l’adversité : en un mot, tout le monde avoue que les préceptes de N. S. ne sont pas incompatibles avec la sûreté & la tranquillité publiques. voilà ce qui a obligé les interpretes à recourir à des restrictions, à des modifications, à des paroles sous-entendues ; mais tout cela n’est pas nécessaire, & nous paroît trop recherché : un législateur qui donne des préceptes, doit s’expliquer clairement ; les paradoxes ne conviennent point dans les lois ; chacun y apporteroit des restrictions & des modifications à son gré.

Ce qui a jetté les interpretes dans l’erreur, c’est qu’ils ont cru que les préceptes du Seigneur dans ces trois chapitres, regardoient tous les Chrétiens ; au lieu qu’ils devoient prendre garde, qu’encore qu’il y en ait beaucoup qui soient communs à tous les Chrétiens, il y en a beaucoup d’autres qui sont particuliers aux apôtres du Seigneur, & qui leur ont été donnés pour l’exercice du ministere dont ils furent revétus. C’est ce que l’on verra, si l’on fait attention au récit de S. Luc. qui rapporte en abrégé le sermon de J. C. sur la montagne. Consultons-le ; cet évangéliste nous raconte, chap. vj. v. 12. & suivans, que J. C. ayant passé la nuit en prieres sur une montagne, lorsqu’il sut jour, appella ses disciples, c’est-à-dire, tous ceux qui faisoient profession de croire en lui ; & qu’alors il en choisit douze, qu’il nomma ses apôtres. Après cela il descendit dans la plaine avec ceux qu’il venoit de se choisir, & guérit un grand nombre de malades. Ensuite il monta sur le penchant de la montagne, s’y assit, & ses disciples s’approcherent de lui, Matth. c. v. v. j. Ce sont donc ici les disciples auxquels il avoit conféré l’apostolat : alors jettant les yeux sur eux, il leur dit ; ce sont les paroles de S. Luc, chap. vj. v. 20. C’est donc à eux qu’il s’adresse, & non en général à toute la troupe, qui étoit au-bas de la montagne. Il vient de leur confier une charge ; il leur donne ses instructions ; rien de plus clair & de plus simple.

Il ne faut après cela que considérer divers endroits du sermon de J. C. pour voir que c’est à ses apôtres qu’il parle : « Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumiere du monde, la ville assise sur une montagne, Matth. c. v. v. 13. 14 ». Tout cela convient, non en général aux chrétiens, mais aux apôtres de J. C. destinés par leur ministere à préserver le monde du vice, & à prévenir les jugemens de Dieu sur les hommes, en procurant la conversion des pécheurs. Ils étoient la lumiere du monde par la prédication de l’Evangile ; ils étoient la ville assise sur une montagne, pour servir de modele & de spectacle à l’univers ; ils étoient la lampe qui devoit éclairer tous ceux qui sont dans la maison, savoir dans l’Eglise de Dieu. Il les avertit qu’il n’est point venu abolir la loi ou les prophetes, mais les accomplir, ibid. v. 19. C’est une instruction dont ils avoient grand besoin dans leur ministere. Il leur parle des peines & des récompenses, non-seulement de ceux qui auront observé ou violé la loi, ce qui ne regarde que les particuliers ; mais aussi de ceux qui auront enseigné aux hommes à la violer, ou à l’observer, ibid.

Le Seigneur dit encore à ses mêmes disciples : « Cherchez premierement le royaume de Dieu & sa justice, & les autres choses vous seront accordées par-dessus, ibid. chap. vj. v. 33 ». On peut donner à ces paroles un sens qui se rapporte à tous les Chrétiens en général, je l’avoue ; mais le vrai sens convient aux apôtres du Sauveur : cherchez à établir le royaume de Dieu & sa justice ; c’étoit à eux à établir le royaume de Dieu, dont ils étoient les ministres.

« Ne donnez point les choses saintes aux chiens, & ne jettez point vos perles devant les pourceaux, de peur qu’ils ne les foulent aux piés, & que se tournant contre vous, ils ne vous déchirent, ibid. chap. vij. v. 6 ». Cela regarde évidemment les seuls apôtres, appellés à prêcher l’Evangile, & à qui J. C. donne ce précepte de prudence.

On voit donc clairement dans S. Luc, que le sermon du Seigneur, s’adresse aux apôtres, & non à la troupe ; en voici de nouvelles preuves. Après leur avoir prédit les persécutions qu’ils souffriront à cause de lui, il ajoute : « Réjouissez vous alors, & soyez transportés de joie, parce qu’une grande récompense vous est assurée dans le ciel : car c’est ainsi que leurs peres ont traité les prophetes, Luc, vj. v. 23 ». J. C. parle donc à ses apôtres, & les avertit des persécutions qu’ils auront à souffrir, comme les prophetes en ont essuyé. De même encore, il employe la comparaison suivante : « Un aveugle peut-il conduire un autre aveugle ? ne tomberont-ils pas tous deux dans la fosse ? ibid. v. 39 ». propos regarde les seuls apôtres, appellés par leur ministere à conduire les autres hommes.

Dès qu’on a posé ce principe, que le sermon de notre Seigneur s’adresse à ses apôtres, il n’y a plus aucune difficulté. Tous les préceptes qui semblent choquer la prudence, la justice, ruiner la sûreté publique, & jetter le trouble dans la société ; tous ces préceptes, dis-je, sont très-justes, & n’ont plus besoin de limitation, ni de restriction. Les apôtres de J. C. occupés de leurs fonctions, ne doivent point s’amasser des trésors sur la terre. Il falloit sur toutes choses qu’ils se gardassent d’avarice ; ce défaut seul pouvant détruire tout le fruit de leur ministere. Ce sont eux que Dieu nourrira comme les oiseaux du ciel, qu’il vétira comme les lis des champs ; ce sont eux qui à l’exemple de leur maître, au ministere duquel ils ont succédé, doivent quand on leur frappe sur une joue, présenter aussi l’autre, c’est-à-dire, user de la plus grande modération. Ils seront les victimes du monde, mais la foi chrétienne dont ils sont les ministres, ne peut s’établir autrement que par la patience ; ce sont eux qui ne doivent être en aucun souci du lendemain, parce que Dieu s’est chargé immédiatement de pourvoir à tous leurs besoins. Ce fut aussi pour cela que le Seigneur après les avoir choisis, les envoya, & leur défendit de faire aucune provision pour le voyage, parce que l’ouvrier est digne de son salaire, Luc, c. ix. v. 3. & suivant, Matth. c. x. v. 1. & suivant.

Il ne faut pas cependant conclure de-là, que tous les préceptes des chap. v. vj. & vij. de S. Matthieu, ne regardent que les apôtres ; car ces saints hommes ont deux caracteres, celui de fideles, & celui d’apôtres de J. C. le Seigneur leur donne des commandemens qui leur conviennent en ces deux qualités, & d’autres qui ne sont relatifs qu’à leur qualité d’apôtres & à leur ministere. Beausobre, remarques critiques. (D. J.)

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Étymologie de « sermon »

Provenç. sermo, sermon ; espagn. sermon ; ital. sermone ; du lat. sermonem, discours.

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(Xe siècle) Du latin sermo, sermonis (« discours »).
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Phonétique du mot « sermon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sermon sɛrmɔ̃

Citations contenant le mot « sermon »

  • Habituellement, on se met autour d'un buffet de petit déjeuner avec des pâtisseries orientales. Là ce n'est pas le cas, tout le monde va rentrer chez soi à la fin du sermon. France 3 Nouvelle-Aquitaine, La Rochelle : les musulmans célèbrent l'Aïd el Kébir
  • Depuis le début du confinement, le 23 mars dernier, la cathédrale de Canterbury (GB) a pris l'habitude de filmer des services religieux virtuels qu'elle diffuse sur sa chaîne YouTube. Même si elle a rouvert ses portes le 4 juillet dernier, elle poursuit cette pratique. Le 6 juillet, le doyen de Canterbury, Robert Willis, faisait donc son sermon, assis dans le jardin. , Un chat s'invite pendant le sermon du prêtre - Le Matin
  • Un jeune curé fait les meilleurs sermons. Alfred de Musset, Un caprice, 8, Chavigny
  • La plus longue heure du jour est celle du sermon. De François Béroalde de Verville
  • Dans la religion, tout est vrai, excepté le sermon ; tout est bon, excepté le prêtre. De Alain
  • Contrairement à ce qui est dit dans le sermon sur la Montagne, si tu as soif de justice, tu auras toujours soif. De Jules Renard / Journal
  • Quand je fais mon sermon, c'est un grand réconfort pour moi de voir les fidèles me témoigner leur confiance par leur sommeil. De Sydney Smith
  • Une bonne publicité devrait ressembler à un bon sermon ; elle ne doit pas seulement soulager les affligés, mais elle doit aussi affliger les satisfaits. De Bernice Fitz-Gibbon / Macy's, Gimbels and me
  • Point de sermons à qui ne veut être sauvé. De Proverbe anglais
  • Il n’y a pas d’église sans sermons, ni de ménage sans querelles. De Proverbe tchèque
  • Pour les grands jours, il faut que les sermons soient courts et que les saucisses soient longues. De Helmut Kohl
  • Un amour affamé ne se nourrit point de sermons. De Jean-Jacques Rousseau / Julie ou la Nouvelle Héloïse
  • La nature humaine est plus forte que les conventions et que tous les sermons. De Daphné du Maurier / L'amour dans l'âme
  • A l’instar des autres musulmans du Sénégal, ceux  de la capitale du Nord ont célébré à l’unisson  la Tabaski ce  Vendredi. A  la grande mosquée  Pikine Tableau Walo du faubourg de Sor, imam Khalife Niang   a dirigé la prière des deux rakaas dans le respect des gestes barrières de lutte contre la propagation de la pandémie de la COVID-19 et en présence de nombreux fidèles. Dans son sermon,  le digne héritier de Serigne Elh Tidiane Niang  a  rappelé à l’assistance le sens et la portée de la fête de l’Aid el kabir, mais également a profité de  l’occasion pour inviter les musulmans à  un retour sincère vers Allah. Teranga News, Saint-Louis : Le sermon de l'imam axé sur le retour sincère vers Dieu pour faire face aux épreuves comme le Covid-19 - Teranga News
  • Interrogé au sortir de la prière, le ministre Ismaël Dioubaté s’est exprimé le sermon du religieux qui était axé sur le respect des règles barrières et l’unité nationale. Guinéenews©, Fête de l’Aïd El Kébir : le ministre du Budget réagit au sermon du grand Imam | Guinéenews©
  • Le candidat arrivé troisième à la dernière élection présidentielle qui s’est tenu en février 2019 a étalé ses connaissances coraniques. Le député  a servi un sermon digne des grands érudits de l’islam. Senegal7, Vidéo-Tabaski 2020: Le sermon d'Imam Sonko - Senegal7
  • L’occasion mise à profit par l’imam de Tougué de placer cette actualité au centre de son sermon de tabaski. Et qui s’en est réjoui outre mesure. Avant de rendre grâce à Allah le Tout-puissant d’avoir permis cette réouverture. Média : Alternative Guinée, Fête de Tabaski à Tougué : la réouverture des mosquées au centre du sermon de l’Imam Thierno Oumar Diallo | Média : Alternative Guinée

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Traductions du mot « sermon »

Langue Traduction
Anglais sermon
Espagnol sermón
Italien sermone
Allemand predigt
Chinois 讲道
Arabe خطبة
Portugais sermão
Russe проповедь
Japonais 説教
Basque sermoia
Corse sermone
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Synonymes de « sermon »

Source : synonymes de sermon sur lebonsynonyme.fr

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