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Quand

Définitions de « quand »

Trésor de la Langue Française informatisé

QUAND, adv. et conj.

I. − Adv. interr. interrogeant sur le moment (passé, présent ou à venir) ou la période (heure, jour, date, époque...) où se situe une action ou un état.
A. − [Dans l'interr. dir.] À quel moment? En quel temps?
1. [Avec invers. du suj. pronom.] Quand la jeune fille lui apparut-elle? (Barrès, Barbares, 1888, p. 87).Quand vous verrai-je? murmura-t-il, très bas (Huysmans, Là-bas, t. 2, 1891, p. 37).Quand revient-elle, ton Américaine? (Bourdet, Sexe faible, 1931, i, p. 257).
En partic. [Avec le prés., le fut. ou le fut. proche, dans une question marquant l'impatience, la colère...] Quand donc...; quand enfin allez-vous cesser de...? Il soupira au dedans de lui-même: − Quand tomberont les écailles des yeux du cardinal-archevêque, afin qu'il voie l'indignité de ce prêtre? (A. France, Orme, 1897, p. 14).V. donc II A 1 a ex. de Apollinaire.
[Dans une question rhét.] Quand donc fut-elle jamais plus florissante? (Villiers de l'I.-A., Contes cruels, 1883, p. 85).
En empl. ell. Quand? Maintenant (Malraux, Cond. hum., 1933, p. 203).
Rem. 1. Fam., dans la lang. orale, en fin de phrase, sans invers. du suj.: La réception serait quand? (Druon, Gdes fam., t. 2, 1948, p. 27). 2. Quand peut se rapporter au verbe de la complét. tout en figurant dans la princ.: Quand pensez-vous qu'il viendra? Quand voulez-vous que je vienne? (Peyré, Matterhorn, 1939, p. 68). Il peut de même porter sur l'inf. et non sur le verbe conjugué: Quand pensez-vous venir?
[Suivi d'un inf. délibératif] V. comment ex. 7.
2. [Renforcé par est-ce que (sans invers. du suj.), surtout dans la lang. orale] V. est-ce que B 1 c.
Pop. ou région.
(notamment Anjou, Normandie, Canada). Quand c'est que ...? [Les fainéants voyagent gratis]. Voir un roi, hein? Quand c'est qui paye sa place, quand, allez? (Musette, Cagayous chauffeur, 1909, p. 8).Quand c'est que tu vas à la ville? (Canada1930).
(notamment Ouest et Canada). Quand que ...? Quand qu'i va venir? (Canada 1930).
3. [Précédé de prép. et renforcé ou non par est-ce que] À quand...? De quand...? Depuis quand...? (v. depuis I B 2 c). Jusqu'à quand...? (v. jusque(s) I A 2 c). Pour quand...? Jusqu'à quand va-t-il tenir tant de place? (Colette, Naiss. jour, 1928, p. 8).
En empl. ell. Boubouroche un peu étonné. Depuis quand? (Courteline, Boubouroche, 1893, i, 2, p. 26).À quand la réconciliation? (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 463).
B. − [Dans l'interr. indir.]
1. [Non précédé de prép.] C'est une lettre d'une dame russe que je ne connais pas, me demandant quand paraîtra le prochain volume de mon journal (Goncourt, Journal, 1896, p. 958).Enfin, Monsieur, on se demande vraiment quand les gouvernements vont se décider à prendre l'attitude énergique (Malraux, Conquér., 1928, p. 11).
[Suivi d'un inf. délibératif] Conduit au combat, chaque soldat paraissait un chef, chaque chef un soldat; ils savaient quand avancer ou s'arrêter (Chateaubr., Paradis perdu, 1836, p. 23).
Loc. temp. indéf. Dieu* sait quand. Je ne sais quand. V. espèces B ex.
2. [Précédé de prép.] Je ne puis dire exactement à quand remontent les premières manifestations de cet esprit d'insoumission (Gide, Robert, 1930, p. 1322).Puis-je vous demander depuis quand vous le connaissez? (Billy, Introïbo, 1939, p. 14).
Rem. Empl. subst. masc. V. comment III B ex. de Mérimée.
II. − Adv. rel. temp. [En fonction de rel. dans des tournures d'indétermination, notamment avec des verbes impers., et signifiant « au moment où », « chaque fois que », « à n'importe quel moment où » (fait isolé ou répété)] Quand il le faut; quand bon me semble; quand il vous plaira; quand vous voudrez; quand vous pourrez. Quoique je fusse également décidée à partir de là pour t'aller trouver quand et où tu voudrais (Staël, Lettres div., 1794, p. 612).Perdre la vie est peu de chose et j'aurai ce courage quand il le faudra (Camus, Caligula, 1944, ii, 2, p. 34).
Rem. V. comment I B 2 c rem.
III. − Conj. de sub. temp.
A. − [Valeurs temp.]
1. [Pour marquer la simultanéité avec le fait exprimé par le verbe de la princ.] Au moment où, dans le temps que. Synon. lorsque (lang. écrite).
a) [Le verbe de la sub. marque un intervalle clos (au passé simple, au fut., au prés. hist., à un temps comp. signifiant l'antériorité temp.) ou s'y réfère] Quand il entra dans la chambre conjugale, MmeBombard n'y était pas (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Bombard, 1884, p. 974).Quand j'ai vu mes méthodes confirmées par l'expérience, je n'ai eu qu'une hâte (Romains, Knock, 1923, i, p. 5).Quand le docteur arrive enfin, la nuit tombe (Gide, Feuillets d'automne, 1949, p. 1090).
Loc. adv., au fig., fam. [Signifiant « jamais, dans le futur »] Quand les poules auront des dents (v. dent C 4); quand il fera chaud (v. chaud II A 1 b). Loc. synon. aux calendes* (grecques), à la saint-Glinglin* (fam.), la semaine des quatre jeudis*, trois semaines* après jamais.
b) [Le verbe de la sub. marque, à un temps comp. ou surcomposé, une valeur d'accompli] Dieu a baisé ma main quand j'ai eu fini d'écrire ceci (Montherl., Encore inst. bonh., 1934, p. 690).Je vous le dirai quand je l'aurai vu (Mauriac, Asmodée, 1938, i, 7, p. 51).Quand le juge et tous les acolytes se furent éloignés, ils se rapprochèrent prudemment (Bosco, Mas Théot., 1945, p. 209).
c) [Le verbe de la sub., empl. à l'imp., marque la période passée où se situe l'action de la princ.] Quand j'étais enfant, j'étais extrêmement froussard (Gide, Journal, 1924, p. 800).
Rem. Quand le verbe sub. marque un intervalle limité, il peut s'employer exceptionnellement à l'imp. pour signifier que cet intervalle englobe celui du verbe princ. et pas l'inverse: Maman pleurait de joie quand je lui lisais cette lettre triomphante. Je suis heureux (Id., ibid., 1891, p. 23).
d) [Le verbe de la sub. (au prés. ou à l'imp.) marque un fait habituel ou possède une valeur gnomique] Quand le chat* est parti, les souris dansent. Quand on parle du loup*, on en voit la queue. Quand le vin est tiré, il faut le boire (v. boire1). Quand un homme ressortait, elle se levait, le questionnait des yeux (Zola, Assommoir, 1877, p. 1551).Y a des livres qu'il faut lire à la ville, près du feu, quand la famille est couchée (Goncourt, Journal, 1890, p. 1110).Le petit esclave ne sait pas que lui aussi, quand il dort, il gémit (Montherl., Encore inst. bonh., 1934, p. 693).
(Là*) où..., c'est quand...
Rem. 1. Quand se coordonne en étant repris par que (v. ou I B 1 quand... ou que...) ou en se répétant. Ce fut un trait de lumière subit, quand l'union se fit entre ces domaines différents, quand l'alizé du nord-est, déjà pratiqué jusqu'aux Canaries, eut porté Colomb jusqu'à la mer des Caraïbes, et quand, d'autre part, eut été vaincu l'obstacle du cap des Tempêtes (Vidal de La Bl., Princ. géogr. hum., 1921, p. 268). Il peut être coordonné à une rel. à valeur temp. Le jour où elle m'avait annoncé le second mariage de ma mère et quand j'avais prononcé de moi-même le nom maudit de Termonde pourquoi m'avait-elle demandé...? (Bourget, A. Cornélis, 1887, p. 143). 2. Quand que, pop. ou région. (Canada). J'irai chez vous, quand qu'on se comprendra mieux (Dionne 1909). J'ai rien vu, puisque je suis seulement entrée à votre service quand que la défunte maîtresse était venue à être si malade (Martin du G., Testam. P. Leleu, 1920, I, p. 1145).
2. [Quand ne dépend pas d'un verbe princ.]
a) [Se rapporte à une indication lex. de temps] Nana croyait retourner à ses débuts, quand sa première robe de soie lui avait causé un si gros plaisir (Zola, Nana, 1880, p. 1291).Nous revoici à l'époque d'Homère quand les déesses présidaient d'un nuage aux batailles des héros (Barrès, Serv. All., 1905, p. 34).
b) [Comme compl. d'une princ. ell.] Quelle émotion quand s'arrêta devant leur grille la voiture de M. de Faverges (Flaub., Bouvard, t. 1, 1880, p. 110).Justement cette amitié rend plus étrange son attitude, quand j'ai prononcé votre nom (Bourget, Lazarine, 1917, p. 26).
[En partic., dans une prop. compar.] Les voilà qui se penchent tout d'un coup, comme les cigognes quand passe un rat (Giraudoux, Guerre Troie, 1935, i, 4, p. 39).
3. Fam. [Introd. une sorte de compl., dans la lang. parlée relâchée, après des verbes comme remarquer, aimer, détester] Je déteste quand il dit cela. V. aimer ex. 125 et 126.
[Précédé d'une prép.] Quelques bons mots, quelques répliques heureuses, que je vais mettre de côté pour quand j'irai te voir, ces jours-ci (Villiers de L'I.-A., Corresp., 1884, p. 30).
B. − [Valeurs circ. ou log.]
1. [Quand causal] À partir du moment où, du moment que. Synon. dès* lors que, puisque, là où* (au fig.).Quand j'ai fait ça, je ferai bien le reste! (Péladan, Vice supr., 1884, p. 207):
1. Mais à quoi bon poser à Rachel des questions, quand il savait d'avance que la réponse serait ou un simple silence ou un mensonge ou quelque chose de très pénible pour lui et qui ne décrirait rien? Proust, Guermantes 1, 1920, p. 163.
2. [Quand hyp. ou hypothético-adversatif] Et voyez-vous, c'est beaucoup, quand on peut mettre sur ses cartes: architecte du gouvernement (Zola, Pot-Bouille, 1882, p. 10):
2. Un homme est heureux, Clarisse, quand il dispose pour sa pensée, pour sa vie, d'un aliment toujours présent, d'un thème infatigable en sa fécondité. Audiberti, Quoat, 1946, 1ertabl., p. 29.
[Avec valeur restr. de renchérissement, suivi de ce n'est pas ou d'une nég.] Je ne quitte jamais la rue Cambon avant huit heures et demie, quand ce n'est pas neuf, et je n'ai qu'une envie, c'est de me coucher! (Bourdet, Sexe faible, 1931, i, p. 258).Je le reconduisais jusqu'au boulevard Raspail − quand ce n'était pas jusqu'à sa porte (Martin du G., Souv. autobiogr., 1955, p. 71).
3. [Quand adversatif constr. avec le prés. ou l'imp., plus rarement avec le cond., en dehors des valeurs régulières d'itération ou d'imperfectivité large et lorsque la sub. suit la princ.] Synon. alors* que, tandis* que, quoique, même* si.Vous m'avez cherché quand je ne vous demandais rien! (Loti, Pêch. Isl., 1883, p. 130):
3. Tu es tout de même très gentil d'être venu me voir quand tu aurais pu aller t'amuser ailleurs. Zola, Bête hum., 1890, p. 47.
Quand (bien) (même) + cond. V. même III C.
C. − [La valeur subordonnante est estompée]
1. [En sub. inverse, avec valeur d'accélération du récit (quand « de péripétie » ou quand « inverse »), lorsque la temp., postposée, contient le fait principal; la prop. princ. est souvent à l'imp. et la prop. sub. postposée est au passé simple ou au prés. hist.] Et j'étais vraiment très heureux quand soudain, lundi dernier, tout craque (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Épingles, 1885, p. 1090).
2. [Avec valeur intensive ou affective]
a) [En phrase indép. exclam.]
[avec des verbes comme penser, songer, évoquer, pour marquer une valeur affective de surprise, d'étonnement, d'admiration, etc.] Quand je pense (à)...! Quand je pense (que)...! Quand je pense à tout ce que mes parents ont fait pour essayer de me guérir! (P. Margueritte, Simple histoire, 1895, p. 114 ds Sand. t. 2 1965, § 179).V. penser II B 1 a ex. de Jarry.
[avec des verbes comme dire, raconter, pour justifier une assertion] Quand je vous (le) disais (que)...! Je vous le disais bien (que)...! Là! quand je vous disais qu'il ne lui manquait plus qu'une bonne petite femme (A. Daudet, Fromont jeune, 1874, p. 53).
b) Fam. [Dans la lang. parlée, en phrase ell. indép., pour marquer l'impatience, la colère, l'ordre de cesser qqc.] Quand vous aurez fini de bavarder, fainéants! cria la rude voix de Maheu (Zola, Germinal, 1885, p. 53).
c) [Dans une phrase ell. de la lang. parlée que le loc. laisse à l'interlocuteur le soin de compléter] Je n'ai pas peur d'eux, moi. Quand on n'a rien à se reprocher (Romains, Le Crime de Quinette, 1932, p. 77 ds Sand., loc. cit.).
[En interr. ell.] Mais, quand la pendule s'arrêtait? (Pesquidoux, Livre raison, 1932, p. 23).
3. [En tête de phrase, dans la lang. littér., journalistique, publicitaire, dans des titres de chapitres, d'articles, de romans, de films, pour annoncer le thème qui va être développé; senti comme adv. rel. (à rapprocher de , adv. rel.)] Quand la mer se retire (roman d'Armand Lanoux); Quand passent les cigognes (film soviétique).
IV. − [Dans des loc. adv. ou prép.]
A. − Loc. adv. N'importe quand (v. importer I C 3); quand même (v. même III C).
B. − Vx ou région. (notamment Anjou et Poitou)
1. Loc. prép. Quand (et), quand et quand (suivi gén. d'un nom de pers. ou d'un pron. pers.). Avec, en même temps que, en compagnie de. [La féodalité] fit du serf attaché à la glèbe un soldat sous la bannière de sa paroisse; on le vendoit encore quand et quand la terre (Chateaubr., Ét. ou Disc. hist., t. 3, 1831, p. 366).Et ton petit air martial Chantait aussi quand les trompettes (Verlaine, Œuvres compl., t. 2, Amour, 1888, p. 93).
2. Loc. adv. Quand et quand. En même temps. Elle n'avait plus personne (...) pour badiner honnêtement quand et quand, en paroles de bonne foi et de bonne humeur (Sand, Fr. le Champi, 1848, p. 22).
REM.
Quand est-ce, subst. masc.,arg. (des typographes et de plusieurs corps de métiers). Tournée de bienvenue offerte par un nouveau à ses collègues. Les nouveaux venus payant leur « quand est-ce », les stations dans les assommoirs (...). Jack ne se mêlait à rien (A. Daudet, Jack, t. 2, 1876, p. 220).
Prononc. et Orth.: [kɑ ̃]. [kɑ ̃t] en liaison lorsque le mot est conj.: quand il est venu [kɑ ̃til-]; autrement pas de liaison: quand irez-vous [kɑ ̃iʀe-] (Fouché Prononc. 1959, pp. 463 et 477). Homon. camp, khan. Att. ds Ac. 1694. Étymol. et Hist. A. Conj. exprimant une relation temp. de concordance, de simultanéité 1. a) 1050 « dans le même temps que » (Alexis, éd. Chr. Storey, 98); b) id. reprise de quant par une expr. temp. en tête de la princ. (ibid., 72); c) 1100 la prop. sub. est constr. en appos. à un compl. circ. de temps (Roland, éd. J. Bédier, 2845); d) ca 1150 élargissement périphrastique de quant par une prop. (Charroi de Nymes, éd. G. de Poerck, 220: quant ce fut chose que tu ëus mengié, ge...); e) 1170-83 reprise de la conj. par le supplétif que (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, 965a); f) 1558 quand constr. avec une prép. a quand (Des Périers, Nouvelles récréations, éd. K. Kasprzyk, p. 13); 1628-30 de quand (D'Aubigné, Sa vie a ses enfants, éd. Réaume et Caussade, I, 12); 2. ca 1050 quant à valeur causale « comme, puisque » (Alexis, 150); 3. 1100 quant à valeur adversative « alors que » (Roland, 302 d'apr. Imbs Prop., p. 113); 4. id. empl. complétif de quant « de ce que » (ibid., 1196, ibid.); 5. 1176 quant à valeur conditionnelle « au cas où » (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 997: quant de ma boche le savroit Je cuit que plus vil m'en avroit); 1573 quand mesme + cond. (Jodelle, Didon, éd. Marty-Laveaux, I, 60); 1580 quand bien + cond. (Montaigne, Essais, I, 25, éd. P. Villey et V.-L. Saulnier, 138); 6. loc. a) ca 1240 quant et « avec » (Mort Aymeri de Narbonne, 275 ds T.-L.); b) 1491 quant et quant « en même temps » (Commines, Mém., I, 10, éd. J. Calmette, I, p. 69). B. 1100 adv. interr. (Roland, 528). Du lat. quando à la fois conj. et adv. interr. Fréq. abs. littér.: 99 819. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 129 039, b) 144 346; xxes.: a) 161 829, b) 139 737. Bbg. Antoine (G.). À propos de « quand... » Fr. mod. 1948, t. 16, pp. 269-273. − Borillo (A.). Qq. rem. sur quand connecteur temp. Lang. fr. 1988, n o77, pp. 71-91. − Chetrit (J.). Synt. de la phrase complexe à sub. temp. Paris, 1976, pp. 76-107. − Eyot (Y.). Quand... Fr. mod. 1948, t. 16, p. 108. − Fuchs (C.), Léonard (A.-M.). Vers une théorie des aspects. Paris − La Hague − New York, 1979, pp. 169-174. − Galet (Y.). Les Corrélations verbo-adverbiales au niveau de la phrase complexe en fr. classique. Fr. mod. 1975, t. 43, p. 339, 344. − Imbs Prop. 1956, pp. 33-116. − Jayez (J.). Quand bien même pourtant, pourtant quand même... Cah. Ling. fr. Genève. 1982, n o4, pp. 189-217. − Martin Temps 1971, pp. 309-321. − Métral (J.). À partir d'Agora. Cah. Ling. fr. Genève. 1982, n o4, pp. 221-224. − Moeschler (J.), Spengler (N. de). La Concession ou la réfutation interdite. Cah. Ling. fr. Genève. 1982, n o4, pp. 20-27; Quand même. Cah. Ling. fr. Genève. 1981, n o2, pp. 93-112. − Morel (M.-A.). Ét. sur les moy. gramm. et lex. propres à exprimer une concession en fr. contemp. Thèse, Paris, 1980, pp. 296-298, 468-513, 570-571, 703-708, ... − Olsson (L.). Ét. sur l'emploi des temps ds les prop. introd. par quand et lorsque... Uppsala, 1971, 148 p. − Sundell (L.-G.). Rem. sur quand suivi de l'imp. St. neophilol. 1984, t. 56, pp. 69-84.

Article lié : « le cas échéant » : quand et comment l'employer

Wiktionnaire

Adverbe interrogatif - français

quand \kɑ̃\

  1. (En tête d’une proposition interrogative) Dans quel temps, à quel moment.
    • Dis, quand reviendras-tu ? — (chanson de Barbara)
    • Quand viendra l’accomplissement de vos promesses ?
    • Dites-moi quand vous arriverez.
    • C’est l’été 43, et la guerre n’est pas finie ! Alors quand ? Mon Dieu, quand donc serons-nous délivrés ? Quand, quand, quand ? À chaque changement de saison, on espère, on se dit que cela doit se terminer, pour la simple raison que cela ne peut plus durer… Et puis, ça dure, ça peut durer. — (Elsa Triolet, Le premier accroc coûte deux cents francs, 1944, réédition Cercle du Bibliophile, page 305)
  2. (Toujours dans une proposition interrogative, précédé de à, de, depuis, jusqu’à, jusques à, pour, peut former des locutions adverbiales apparentées) Quel temps, quel moment.
    • Depuis quand est-il revenu ?
    • De quand date cet usage ?
    • À quand la partie est-elle remise ?
    • Jusques à quand me persécuterez-vous ? (Désuet)
    • Pour quand me promettez-vous une réponse ?

Conjonction - français

quand \kɑ̃\

  1. Lorsque, dans le temps que.
    • Quand je pense à la fragilité des choses humaines…
    • Quand Dieu créa le monde…
    • Quand les armées furent en présence…
    • J’irai vous voir quand je pourrai.
    • On ne se trompe pas quand on attribue son succès à son mérite.
  2. (Suivi d’un conditionnel) Encore que, quoique, alors même que, si.
    • Je serais votre ami, quand bien même vous ne le voudriez pas.
    • Quand je le voudrais, je ne le pourrais pas.
    • Je ne serais pas venu à bout d’achever, quand j’aurais travaillé toute la journée.
    • – Il me fait entendre que j’ai écrit l’Air des Cimes pour entrer à l’Académie.
      – Et quand cela serait !
      — (André Gide, Les Caves du Vatican, 1914)
    • Et quand cela eût été ? — (Maurice Dekobra, La Madone des sleepings, 1925, réédition Le Livre de Poche, page 105)
    • Quand il eût écrit dans le goût du temps, sa gloire y eût peu gagné, car il usait d’un procédé néfaste pour publier ses livres. — (Julien Green, William Blake, prophète, dans Suite anglaise, 1972, Le Livre de Poche, page 36)
  3. (Lyonnais) (Autunois) (Occitanie) En même temps que.
    • J'arriverais quand vous, pour en même temps que vous[1].
    • Tu y vas à quelle heure ? Quand toi !
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Littré (1872-1877)

QUAND (kan ; le d se lie et se prononce t : quand on a, kan-t on a) conj.
  • 1Dans le temps où. J'irai vous trouver, mais je ne puis dire quand. Mais quel autre intérêt Nous fait tous deux aînés quand et comme il vous plaît ? Corneille, Rodog. IV, 6. Amour ! amour ! quand tu nous tiens, On peut bien dire : adieu prudence, La Fontaine, Fabl. IV, 1. Quand Pompée vient s'emparer de Jérusalem, quand Crassus pille le temple, quand Pompée fait passer le roi juif Alexandre par la main du bourreau, quand Antoine donne la Judée à l'Arabe Hérode, quand Titus prend d'assaut Jérusalem, quand elle est rasée par Adrien, il ne se fait aucun miracle, Voltaire, Dict. phil. Miracl. Quand on voyage de Saint-Dizier à Moyenvic, on dit : c'est le cardinal de Fleury qui a donné toutes ces terres à la France, Voltaire, Mél. hist. Mens. impr. test. Albéroni.
  • 2Il marque quelquefois, ainsi que lorsque, une simple corrélation entre deux membres de phrase. Je sens ce que je perds, quand je vois ce qu'il vaut, Corneille, Cid, IV, 2. On ne se trompe pas quand on attribue tout à la prière, Bossuet, Mar.-Thér.
  • 3Lorsqu'il y a dans la phrase deux ou plusieurs verbes régis par quand, on peut mettre que devant le second, au lieu de répéter quand ; on a soin de ne pas changer le mode. Quand un livre au Palais se vend et se débite, Que chacun par ses yeux juge de son mérite, Que Bilaine l'étale au deuxième pilier, Le dégoût d'un censeur peut-il le décrier ? Boileau, Sat. IX. Quand j'aurai reçu de vos nouvelles, que vous m'aurez dit que vous m'aimez toujours, que M. le maréchal m'aura dit la même chose, je serai tranquille sur tout le reste, Rousseau, Lett. à Mme de Luxembourg, 17 juin 1762.
  • 4Il se construit avec jusqu'à. Dieu détermine jusqu'à quand doit durer l'assoupissement, et quand aussi doit se réveiller le monde, Bossuet, Reine d'Anglet.
  • 5 Interrogativement. Quand ? dans quel temps ? Quand la marierons-nous, quand aurons-nous des gendres ? La Fontaine, Fabl. IV, 4. Nous voulons être à Dieu, mais quand ? toujours pour l'avenir et jamais pour le jour présent, Bourdaloue, Purif. de la Vierge, Myst. t. II, p. 294. Petit-Jean : Quand je vois… - L'Intimé : Quand aura-t-il tout vu ? Racine, Plaid, III, 3. Quand verrai-je, ô Sion, relever tes remparts Et de tes tours les magnifiques faîtes ? Quand verrai-je de toutes parts Tes peuples en chantant accourir à tes fêtes ? Racine, Esth. I, 2. Quand Dieu par plus d'effets montra-t-il son pouvoir ? Racine, Ath. I, 1. Mon très cher ange, si vous êtes à Lyon, j'irai à Lyon ; si vous êtes à Paris, j'irai à Paris ; mais quand ? je n'en sais rien, Voltaire, Lett. d'Argental, 29 mai 1751.

    Il se construit avec les prépositions à, de, depuis, pour, jusque. À quand la partie est-elle remise ? Depuis quand est-il ici ? Pour quand est la réunion ? Jusqu'à quand le sanctuaire et le pouvoir de Dieu seront-ils foulés aux pieds ? Sacy, Bible, Daniel, VIII, 13. Je connais Don César. - La chose est difficile ; D'où ? comment ? et de quand ? Th. Corneille, D. Cés. d'Aval. V, 1. Et depuis quand, seigneur, tenez-vous ce langage ? Racine, Iph. I, 1. Jusqu'à quand souffre-t-on que ce peuple respire ? Racine, Esth. II, 1. Fantôme horrible, arrête ! Arrête ! Hé depuis quand, couverts de leurs lambeaux, Ces spectres déchaînés sortent-ils des tombeaux ? Ducis, Macbeth, IV, 4.

    À quand, suivi d'un infinitif, équivaut à quand avec le verbe au futur de l'indicatif. …Mais enfin à quand rendre [quand est-ce que vous rendrez] ? Corneille, Suite du Ment. II, 6.

  • 6Quand, quand même, quand bien même, dans le sens de bien que, encore que ; ainsi employé, il sert à opposer entre les deux sens une condition qui, même accomplie, n'empêche pas ce qui est exprimé dans le principal des deux membres d'avoir lieu ; il se construit avec le conditionnel. Quand le malheur ne serait bon Qu'à mettre un sot à la raison, Toujours serait-ce à juste cause Qu'on le dit bon à quelque chose, La Fontaine, Fabl. VI, 7. Enfin quand il [le ciel] exposerait à mes yeux un miracle d'esprit, d'adresse et de beauté, et que cette personne m'aimerait avec toutes les tendresses imaginables, je vous l'avoue franchement, je ne l'aimerais pas, Molière, Pr. d'Él. III, 4. Quatre-vingt-trois ans passés au milieu des prospérités, quand il n'en faudrait retrancher ni l'enfance où l'homme ne se connaît pas, ni les maladies où l'on ne vit pas, ni tout le temps dont on a toujours tant de sujet de se repentir, paraîtront-ils quelque chose à la vue de l'éternité ? Bossuet, le Tellier. Quand la nature n'aurait pas donné à Mme Montausier tous ces avantages de l'esprit, elle aurait pu les recevoir de l'éducation, Fléchier, Mme de Mont. Quand vous me haïriez, je ne m'en plaindrais pas, Racine, Phèdre, II, 5. Quand je n'aurais d'autre preuve de l'immatérialité de l'âme que le triomphe du méchant et l'oppression du juste en ce monde, cela seul m'empêcherait d'en douter, Rousseau, Émile, IV.

    Quand même se dit aussi avec l'indicatif. J'ai trouvé votre rondeau bien joli ; tout ce que vous touchez est toujours d'un agrément qui ne se peut comparer à nul autre, quand même votre cœur n'est pas de la partie, Sévigné, à Bussy, 2 sept. 1687.

    On trouve quand en ce sens dans Corneille avec le futur de l'indicatif ; cela n'est plus usité. Mais, quand Sertorius ne l'épousera pas, Un autre hymen vous met dans le même embarras, Corneille, Sertor. II, 4.

  • 7Quand et quand, loc. adv. Avec, en même temps (locution vieillie). Quand on dira : César fut maître de l'empire, Qu'on dise quand et quand : Brute le sut occire ; Quand on dira : César fut premier empereur ; Qu'on dise quand et quand : Brute en fut le vengeur, J. Grevin, César, II, 1. Ainsi vous ne cherchiez que l'honnêteté, et vous avez trouvé quand et quand le délectable, Guez de Balzac, liv. V, lett. 15. La faveur que me font trois si excellentes personnes me soulage de toutes mes peines, et m'en donne quand et quand une nouvelle de ne pouvoir jamais m'en rendre digne, Voiture, Lett. 25. Nos prières partirent l'une quand et quand l'autre, Marivaux, Pays. parv. part. 2. Quand je n'avais plus rien, je renvoyais ma crosse et ma croix se promener dans les rues de Marseille, afin d'y trouver un acheteur de porte en porte ; on me les a toujours rapportées quand et quand des boisseaux d'écus, Paroles de M. de Belzunce, évêque de Marseille, dans les Souv. de la marq. de Créquy, t. II, ch. 8.
  • 8Quand et, avec (locution vieillie). Comme ils s'en revenaient menant leur butin quand et eux…, Malherbe, Le XXXIIIe livre de Tite Live, chap. 37. Cambyse fit mourir sa sœur, venue quand et lui en Égypte, Courier, Trad. d'Hérod.

HISTORIQUE

Xe s. Une edre [un lierre] sor son cheue [chef, tête], quant umbre li fesist, Fragm. de Valenc. p. 468.

XIe s. Quant chascuns ert [sera] à son meillor repaire…, Ch. de Rol. IV.

XIIe s. Ah ! douce riens cruels, tant mar [je] vous vi, Quant pour ma mort nasquites sanz merci, Couci, IX.

XIIIe s. Si [elle] me dit par felonie : Quant irez vous outre mer ? Auboins de Sezanne, Romanc. p. 126.

XVe s. Et rendirent grands graces à Dieu de la belle journée qu'ils avoient eue, quand une poignée de gens qu'ils estoient, environ mille combattants… en avoient deconfit plus de dix mille, Froissart, I, I, 231. Si se repentoit trop le duc de ce que si simplement s'en estoient partis, quand ils n'avoient ars ou abattu le chastel ; mais amender ne le pouvoit, Froissart, I, I, 254. Et feit marcher l'armée quant et quant, Commines, VI, 5.

XVIe s. Car quand il pleut, et [que] le soleil des cieux Ne reluit point, tout homme est soucieux, Marot, II, 399. Que chault il quand ce soit, puisque… ? Montaigne, I, 83. Tout vieillit quand et vous, Montaigne, I, 88. [L'extérieur] se façonne quand et quand l'ame, Montaigne, I, 183. J'avois une santé ferme, et quant et quant un naturel doulx, Montaigne, I, 195. Quand je voy l'ennuy que l'on a de les perdre [ses fils], je me contente de n'en avoir point, Marguerite de Navarre, Lett. 132. Ilz ont achevé leurs jours quant et la liberté de leur païs, Amyot, Dém. 7. Je vous gardois ces joyeux propos à quand la paix seroit faite, Despériers, Contes, I. Je proteste que, quand il n'y auroit [s'il n'y avait] autre mal, je laisserois couler les choses doucement, Paré, IX, 15.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

QUAND.
8Ajoutez :

La locution quand et a été employée sans et. Que l'on change de point de vue, et la formule deviendra une loi, en vertu de laquelle deux quantités ou deux grandeurs sont liées entre elles et changent l'une quand l'autre, Cournot, Consid. sur la marche des idées, Paris, 1872, t. I, p. 265.

Cette locution n'est pas fautive ; même on pourrait l'interpréter autrement que par la suppression de et, en y voyant une ellipse : et changent, l'une [changeant] quand l'autre [change].

REMARQUE

Malherbe a employé quand bien au lieu de quand bien même, que nous disons aujourd'hui : Il y a longtemps que je ne puis plus ni perdre ni gagner ; c'est une opinion que je devrais avoir, quand bien je ne serais pas vieil, Lexique, éd. L. Lalanne. Corneille aussi : Mais, quand bien vous auriez tout lieu de vous en plaindre, Sophonisbe après tout n'est point pour vous à craindre, Sophonisbe, II, 1.

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Étymologie de « quand »

Du latin quando.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Génev. tu partiras quand nous ; norm. quand nous, à quand nous, quand et nous, à quant et nous ; wallon, quant ; picard, quat, quaind, quandque ; provenç. quan, can ; catal. quand ; espagn. cuando ; ital. quando ; du lat. quando, que Corssen croit représenter quam-die, comment au jour ? l'i étant tombé comme dans pridem.

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Phonétique du mot « quand »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
quand kɑ̃

Fréquence d'apparition du mot « quand » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « quand »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « quand »

  • Et maintenant ? Où et quand trouverai-je le temps d’essayer de me voir. On veut me faire croire que pour penser un peu il n’est pas besoin d’une tour d’ivoire. Sans doute, mais elle est bien utile…
    Raymond Dumay — Mon plus calme visage
  • Des trois ou quatre lettres que je fis, il m’est resté ce commencement dont je ne fus pas content ; mais s’il me parut ne rien exprimer, ou trop parler de moi quand je ne devais m’occuper que d’elle, il vous dira dans quel état était mon âme.
    Honoré de Balzac — Le lys dans la vallée
  • Un Grand fait assez de bien quand il ne nous fait pas de mal.
    Beaumarchais — Le Barbier de Séville
  • Le monde change quand nous changeons.
    Marianne Williamson
  • C’est un peu cela que vous allez faire tout à l’heure, quand elle voudra bien vous recevoir, non ? Les argents, c’est pas tout ! Ceux qui les ont, ils ne les lâchent pas ainsi. Faut, qu’en plus, on paie en nature ! C’est la loi.
    Jean Anouilh — Colombe
  • Pour vous être agréable, je puis vous proposer l’arrangement suivant au lieu de vous payer, Dieu sait quand, en espèces, je vous paye en nature c’est-à-dire que je vous prends huit jours avec moi, et vous initie à mes procédés.
    Jules Romain — Knock ou Le Triomphe de la Médecine
  • Ce soir, nous sommes deux devant ce fleuve qui déborde de notre désespoir. Nous ne pouvons même plus penser. Les paroles s’échappent de nos bouches tordues, et, lorsque nous rions, les passants se retournent, effrayés, et rentrent chez eux précipitamment.On ne sait pas nous mépriser.« Nous pensons aux lueurs des bars, aux bals grotesques dans ces maisons en ruines où nous laissions le jour. Mais rien n’est plus désolant que cette lumière qui coule doucement sur les toits à cinq heures du matin. Les rues s’écartent silencieusement et les boulevards s’animent: un promeneur attardé sourit près de nous. Il n’a pas vu nos yeux pleins de vertiges et il passe doucement. Ce sont les bruits des voitures de laitiers qui font s’envoler notre torpeur et les oiseaux montent au ciel chercher une divine nourriture.Aujourd’hui encore( mais quand donc finira cette vie limitée) nous irons retrouver les amis, et nous boirons les mêmes vins. On nous verra encore aux terrasses des cafés.Il est loin, celui qui sait nous rendre cette gaieté bondissante. Il laisse s’écouler les jours poudreux et il n’écoute plus ce que nous disons.  » Est-ce que vous avez oublié nos voix enveloppées d’affections et nos gestes merveilleux? Les animaux des pays libres et des mers délaissées ne vous tourmentent-ils plus? Je vois encore ces luttes et ces outrages rouges qui nous étranglaient. Mon cher ami, pourquoi ne voulez-vous plus rien dire de vos souvenirs étanches? L’air dont hier encore nous gonflions nos poumons devient irrespirable. Il n’y a plus qu’à regarder droit devant soi, ou à fermer les yeux: si nous tournions la tête, le vertige ramperait jusqu’à nous.Itinéraires interrompus et tous les voyages terminés, est-ce que vraiment nous pouvons les avouer ? Les paysages abondants nous ont laisser un goût amer sur les lèvres. Notre prison est construite en livres aimés, mais nous ne pouvons plus nous évader, à cause de toutes ces odeurs passionnés qui nous endorment.
    André Breton et Philippe Soupault —  Les Champs magnétiques
  • Comment obtenir la béatitude ? En disant Dada. Comment devenir célèbre ? En disant Dada. D’un geste noble et avec des manières raffinées. Jusqu’à la folie. Jusqu’à l’évanouissement. Comment en finir avec tout ce qui est journalisticaille, anguille, tout ce qui est gentil et propret, borné, vermoulu de morale, européanisé, énervé ? En disant Dada. Dada c’est l’âme du monde, Dada c’est le grand truc. Dada c’est le meilleur savon au lait de lys du monde. Dada Monsieur Rubiner, Dada Monsieur Korrodi, Dada Monsieur Anastasius Lilienstein. Cela veut dire en allemand : l’hospitalité de la Suisse est infiniment appréciable. Et en esthétique, ce qui compte, c’est la qualité. Je lis des vers qui n’ont d’autre but que de renoncer au langage conventionnel, de s’en défaire. Dada Johann Fuchsgang Goethe. Dada Stendhal, Dada Dalaï-lama, Bouddha, Bible et Nietzsche. Dada m’Dada. Dada mhm Dada da. Ce qui importe, c’est la liaison et que, tout d’abord, elle soit quelque peu interrompue.Je ne veux pas de mots inventés par quelqu’un d’autre. Tous les mots ont été inventés par les autres. Je revendique mes propres bêtises, mon propre rythme et des voyelles et des consonnes qui vont avec, qui y correspondent, qui soient les miens. Si une vibration mesure sept aunes, je veux, bien entendu, des mots qui mesurent sept aunes. Les mots de Monsieur Dupont ne mesurent que deux centimètres et demi. On voit alors parfaitement bien comment se produit le langage articulé. Je laisse galipetter les voyelles, je laisse tout simplement tomber les sons, à peu près comme miaule un chat… Des mots surgissent, des épaules de mots, des jambes, des bras, des mains de mots. AU. OI. U. Il ne faut pas laisser venir trop de mots. Un vers c’est l’occasion de se défaire de toute la saleté. Je voulais laisser tomber le langage lui-même, ce sacré langage, tout souillé, comme les pièces de monnaie usées par des marchands. Je veux le mot là où il s’arrête et là où il commence. Dada, c’est le coeur des mots. Toute chose a son mot, mais le mot est devenu une chose en soi. Pourquoi ne le trouverais-je pas, moi ? Pourquoi l’arbre ne pourrait-il pas s’appeler Plouplouche et Plouploubache quand il a plu ? Le mot, le mot, le mot à l’extérieur de votre sphère, de votre air méphitique, de cette ridicule impuissance, de votre sidérante satisfaction de vous-mêmes. Loin de tout ce radotage répétitif, de votre évidente stupidité.Le mot, messieurs, le mot est une affaire publique de tout premier ordre.
    Hugo Ball —  Manifeste littéraire
  • LE TRIBUNAL L’avocat s’adresse au valet d’un ton menaçant.Ne tentez pas de noyer le poisson. Je vous ai demandé si Aguerra riait quand on lui a annoncé la répression de la révolte paysanne. J’y viens, dit le valet.
    Jean-Paul Sartre — L’Engrenage
  • Il avançait en chancelant vers la sortie quand tout à coup la lumière du soleil le frappa en pleine figure. […]. Il se sauva vers sa maison, la figure cachée dans ses mains.
    Michel Tournier — Vendredi ou la vie sauvage 
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Traductions du mot « quand »

Langue Traduction
Anglais when
Espagnol cuando
Italien quando
Allemand wann
Chinois 什么时候
Arabe متى
Portugais quando
Russe когда
Japonais いつ
Basque noiz
Corse quandu
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Synonymes de « quand »

Source : synonymes de quand sur lebonsynonyme.fr

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Quand

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