La langue française

Prononciation

Sommaire

  • Définitions du mot prononciation
  • Étymologie de « prononciation »
  • Phonétique de « prononciation »
  • Citations contenant le mot « prononciation »
  • Images d'illustration du mot « prononciation »
  • Traductions du mot « prononciation »
  • Synonymes de « prononciation »

Définitions du mot prononciation

Trésor de la Langue Française informatisé

PRONONCIATION1, subst. fém.

DR. Action de lire le prononcé, la décision du jugement. Après prononciation du divorce, de la sentence. Pendant la prononciation de l'arrêt faite par le président, un sténographe peut prendre le prononcé textuel; il le transcrit ensuite en caractères ordinaires (Sardou1877).
Prononc. et Orth.: [pʀ ɔnɔ ̃sjasjɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. V. prononciation2.

PRONONCIATION2, subst. fém.

A. −
1. RHÉT. ANC. Partie de la déclamation et de l'action oratoire. Prononciation (...). C'est selon tous les rhéteurs, la cinquième et dernière partie de la Rhétorique, et celle qui enseigne à l'orateur à régler et à varier sa voix et son geste d'une manière décente, et convenable au sujet qu'il traite et au discours qu'il débite; en sorte que ce qu'il dit produise sur l'auditeur le plus d'impression qu'il est possible (Gramm.t.51789).
2. Art, manière de prononcer les mots; manière de réciter, de débiter. Belle, parfaite prononciation; prononciation agréable, claire, distincte, facile, mesurée, nette, neutre, soignée, soutenue; accentuer la prononciation pour forcer la rime; étudier la prononciation. La plus grande qualité de Madame Carvalho [cantatrice] est peut-être la prononciation. Si vaste que soit la salle où elle chante, on ne perd jamais un mot. C'est plus que de la prononciation, c'est de la diction (Saint-Saëns, Harm. et mélod., 1885, p.187):
1. La veuve Hucheloup était essoufflée et difforme avec des souvenirs champêtres. Elle leur ôtait la fadeur par la prononciation. Elle avait une façon à elle de dire les choses qui assaisonnait ses réminiscences villageoises et printanières. Hugo, Misér., t.2, 1862, p.315.
B. −
1. Action, façon d'articuler les phonèmes, de réaliser les sons du langage, les sons d'une langue dans une syllabe, dans un mot, dans la chaîne parlée, conformément à l'usage. La prononciation correcte, conforme aux règles et aux usages, est une exigence de la langue parlée, −notamment de la lecture −, afin que le sujet parlant soit compris (Leif1974):
2. Sabotage de la prononciation de notre belle langue par les speakers de la radio. Ne se trouvera-t-il personne pour leur dire qu'il est malséant de dire: «Hol-landais, voie fer-rée?» Qu'ils consultent Littré, ils y verront comme on doit prononcer. Gide, Journal, 1944, p.275.
SYNT. Prononciation correcte, défectueuse, parfaite; avoir une bonne, une mauvaise prononciation; difficultés, faute(s) de prononciation; désaccord entre l'orthographe et la prononciation; évolution de la prononciation; mécanisme de la prononciation; détails, faits de prononciation; imiter la prononciation usuelle, d'usage, vieillie; prononciation du français standard; avoir une connaissance exacte de la prononciation d'une langue étrangère; histoire de la prononciation française; manuel, traité (théorique et pratique) de la prononciation (anglaise, française).
2.
a) Représentation de la manière dont on doit prononcer un ensemble de sons transcrits phonétiquement. Synon. transcription* phonétique.M. Gattel avait fait un fort bon dictionnaire où il avait osé noter la prononciation et dont je me suis toujours servi (Stendhal, H. Brulard, t.1, 1836, p.247).
b) Articulation. Clotilde: Et puis, tu viendras me voir souvent... Codomat: Mais oui! mais oui! Le plus souvent possible! Clotilde: (...) tu sais, tu as raison dans ce que tu dis, je me... (avec un effort de prononciation). Je me régénérerai, n'est-ce-pas?... Je me purifierai (Tr. Bernard, M. Codomat, 1907, iii, 3, p.187).P. métaph. Il naît de l'archet une prononciation, si l'on peut dire, une articulation et un accent, que la voix humaine ne suggère point; et il y a une respiration du violon, qui dépend de la longueur de l'archet (Alain, Beaux-arts, 1920, p.118).
3. En partic.
a) [Notamment à propos d'une lettre qui peut rester muette dans certains cas] Fait d'être prononcé. On peut relever, p.ex., des réalisations phoniques variées (pr[ononciation] ou absence de pr[ononciation] de la consonne finale (but, fait), liaison ou absence de liaison (...)) (Mus.1976).
b) Manière d'articuler, de prononcer propre à
une région, une époque, un milieu et notamment un pays. Il regardait Maxime Claremoris avec respect, prenant son accent irlandais pour une prononciation aristocratique de Londres (Larbaud, Barnabooth, 1913, p.133).
SYNT. Prononciation du Midi, du Nord; prononciation faubourienne, parisienne, paysanne, provinciale, soignée, vulgaire; prononciation allemande, anglaise, étrangère; prononciation italienne du latin; prononciation archaïque, traînante, spéciale; indications sur la prononciation aux XVeet XVIesiècles; essayer de rétablir la prononciation de nos vieux auteurs.
une personne. Prononciation animée, défectueuse, embarrassée, enfantine, familière, guindée, lente, particulière, pénible, relachée. Sa prononciation rappelait celle des Français qui s'expriment dans la langue du Royaume-Uni (Verne, Enf. cap. Grant, t.2, 1868, p.136).Albertine avait une prononciation si charnelle et si douce que, rien qu'en vous parlant, elle semblait vous embrasser (Proust, Guermantes 2, 1921, p.361).
MÉD. Trouble(s), vice(s) de la prononciation. Rappelons seulement, pour l'orthophonie, que lorsqu'on veut corriger dans une prononciation l'absence, la substitution ou l'altération d'un phonème, on découvre presque toujours dans l'oreille une déficience correspondant aux nombres de ses vibrations constitutives (Arts et litt., 1935, p.50-4).
Prononc. et Orth. V. prononciation1. Étymol. et Hist. 1. 1281 «jugement, arrêt, décision» (s. réf. ds Gdf. Compl.); 1306 «id.» (Lettre du Ctede Sav., ch. des compt. de Dole, B 769, A. Doubs, ibid.); 2. 1400-17 dr. «action de lire un arrêt, un jugement» (Journal de N. de Baye, II, 78, ibid.); 3. xves. «manière dont un mot est prononcé» (Evrart de Conty, Probl. d'Arist., B.N. 210, fo244d, ibid.); 1550 «manière d'articuler propre à chaque personne» (Meigret, Tretté de la grammere françoeze, 17). Empr. au lat. pronuntiatio «publication, déclaration, annonce», «arrêt, sentence», «déclamation» et en b. lat. gramm. «prononciation». Fréq. abs. littér.: 212. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 383, b) 254; xxes.: a) 325, b) 242. Bbg. Fouché (P.). La Prononc. actuelle du fr. Fr. mod. 1933, t.1, pp.43-67; Traité de prononc. fr. Paris, 1956, passim. _Gougenheim (G.). Notes pour servir à l'hist. de la prononc. du fr. mod. Mél. Dauzat (A.) 1951, pp.115-122. _Grammont (M.). Traité pratique de prononc. fr. Paris, 1926, 241 p._Léon (P. R.). Prononc. du fr. standard. Paris, 1966, 186 p._Martinet-Walter 1973, passim.Mettas (O). La Prononc. parisienne. Paris, 1979, 564 p._Straka (G.). Sur la formation de la prononc. fr. d'auj. Trav. Ling. Litt. Strasbourg. 1981, t.19, no1, pp.161-248. _Warnant (L.). Dict. de la prononc. fr. 3eéd. Gembloux, 1968, 654 p.

Wiktionnaire

Nom commun

prononciation \pʁo.nɔ̃.sja.sjɔ̃\ ou \pʁɔ.nɔ̃.sja.sjɔ̃\ féminin

  1. Articulation, action de proférer, d’exprimer des lettres, des syllabes, des mots.
    • II avait donc décidé de s'embarquer pour l’Irlande, où il pleut plus qu'en Écosse ; mais comme il a un défaut de prononciation , on lui a donné à Leith un passage pour l’Islande. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 25)
    • Il est à peine besoin de prévenir quʼil nʼy a pas une question de lʼorthographe en Esperanto, que lʼorthographe est logique, cʼest-à-dire phonétique. Chaque lettre a un son unique, chaque lettre se prononce et la prononciation est harmonieuse et sonore. — (Camille Aymonier, L’Esperanto, 1902)
  2. Manière de prononcer, par rapport à l’orthographe, à l’accentuation.
    • Une mauvaise prononciation fait changer quelquefois l’i en u; p. ex. en rouchi: tulupe, tulipe; en lorrain: desurè, désirer, […]. — (J.F Schnakenburg, Tableau synoptique et comparatif des idiomes populaires ou patois de la France, Bruxelles, C. Muquardt, 1840, page 51)
    • Il parlait couramment anglais, mais avec un fort accent tudesque, qu’on remarquait spécialement dans la prononciation des lettres v et b ; il adoucissait ses th jusqu’à faire entendre le son dz très doux, […]. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 153 de l’éd. de 1921)
    • Ainsi, en dépit du fait que le logogramme chinois est souvent peu informatif quant à sa prononciation, l’information phonologique contenue dans l’écriture est exploitée pour prononcer les caractères rares. — (Ronald Peereman, « La médiation phonologique dans la reconnaissance des mots écrits », dans La reconnaissance des mots dans les différentes modalités sensorielles, sous la direction de Régine Kolinsky, José Morais & Juan Segui, Presses Universitaires de France, 1991)
    • On s’est plu à qualifier le latin de langue de communication universelle. Or, la multiplicité de ses prononciations et la vanité des efforts pour établir une prononciation unique invitent, pour l’époque moderne, à tenir des propos plus nuancés et, dans le temps, à mesurer, à partir d’un exemple précis – celui de la prononciation –, l’écart entre les discours élaborés sur le latin et la réalité des faits. — (Françoise Waquet, Parler latin dans l’Europe moderne. L’épreuve de la prononciation, Mélanges de l’École française de Rome : Italie et Méditerranée, 1996, vol.108, n°1, p. 279)
  3. Manière de réciter, de débiter.
    • Il a une belle prononciation. — La prononciation est une des principales parties de l’art oratoire.
  4. (Droit) Action de prononcer un jugement.
    • Après la prononciation de la sentence, du jugement, etc.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PRONONCIATION. n. f.
Articulation, action de proférer, d'exprimer des lettres, des syllabes, des mots. La prononciation des lettres. Prononciation nette, distincte. Vice, défaut de prononciation. Il a la prononciation embarrassée. La prononciation de cette lettre est difficile. Il désigne aussi la Manière de prononcer, par rapport à l'orthographe, à l'accentuation. Prononciation vicieuse. Prononciation locale. La prononciation du français diffère d'une province à l'autre. La prononciation des gens du Midi est fortement accentuée. Il désigne encore la Manière de réciter, de débiter. Il a une belle prononciation. La prononciation est une des principales parties de l'art oratoire. Il désigne aussi l'Action de prononcer un jugement. Après la prononciation de la sentence, du jugement, etc.

Littré (1872-1877)

PRONONCIATION (pro-non-si-a-sion ; en vers, de six syllabes) s. f.
  • 1Action de prononcer un jugement, un discours. La prononciation du jugement. Ils [mes ennemis] partirent pour la cour le lendemain de la prononciation de ma harangue, La Bruyère, Disc. à l'Acad. franç. Préface. Ceux qui, avant de m'entendre, avaient rendu périlleuse la prononciation même de mon discours…, Mirabeau, Collection, t. III, p. 351.
  • 2Manière de prononcer, de faire entendre les lettres, les syllabes, les mots. L'écriture ne représente pas toujours parfaitement la prononciation ; car, comme la peinture, qui représente les corps, ne peut pas peindre les mouvements des corps, de même l'écriture, qui peint à sa manière le corps de la parole, ne saurait peindre entièrement la prononciation, qui est le mouvement de la parole, Dict. de l'Acad. Préface, 1re édit. 1696. La déclamation demande dans la prose presque les mêmes prononciations que dans les vers, Opusc. lang. franç. p. 262, dans POUGENS. Plus la prononciation est lente, plus la prosodie devient sensible, D'Olivet, Prosod. franç. art. v. J'écris en français ; ne dois-je pas me conformer [dans la transcription des noms russes] à la douceur de la prononciation française ? Voltaire, Lett. Schouvalof, 11 juin 1761. Plus un mot est manié, plus la prononciation en devient faible, Duclos, Œuv. t. IX, p. 9. On prononce assez généralement bien au théâtre ; mais il ne laisse pas de s'y trouver quelques prononciations vicieuses que certains acteurs tiennent de leur province ou d'une mauvaise tradition, Duclos, ib. t. IX, p. 7. Un léger défaut de prononciation prêtait à ses paroles [d'Alcibiade] les grâces naïves de l'enfance ; et quoiqu'il hésitât quelquefois pour trouver le mot propre, il fut regardé comme un des plus grands orateurs d'Athènes, Barthélemy, Anach. Introd. part. 2, sect. 3.
  • 3La manière de prononcer, par rapport à l'accentuation, à la prosodie. La prononciation des Normands, des gens du Midi. Une prononciation vicieuse. La bonne prononciation. Claude Boyer et Michel le Clerc [membres de l'Académie] sont deux Albigeois qui, étant venus ici apprendre la langue, dont ils ne savent pas encore la prononciation, veulent l'enseigner aux autres, Furetière, 2e factum, t. I, p. 171.
  • 4Manière de dire, de débiter. Si l'écriture est le corps visible du langage, la prononciation en est l'âme, Ch. Nodier.
  • 5Dans la rhétorique ancienne, la cinquième et dernière partie de cette science qui comprenait l'invention, la disposition, l'élocution, la mémoire et la prononciation. Ces deux dernières parties ne regardaient que l'orateur parlant et pouvaient se réunir sous le nom d'action.

HISTORIQUE

XVIe s. Et si y avoit oultre cela grand plaisir au son de sa voix seulement et à sa prononciation, Amyot, Ant on. 32. Puisque les letres ne sont qu'images de voix, l'escriture devra estre d'autant de lettres que la prononciation requiert de voix ; si elle se trouve autre, elle est faulse, abusive et damnable, Meigret, dans LIVET, la Gramm. franç. p. 52. Je monstreray comme nostre langage, pour rendre sa prononciation plus douce, a trouvé moyen d'eviter la rencontre des voyelles en vocables contigus, H. Estienne, Précell. édit. FEUGÈRE, p. 71.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PRONONCIATION, (Littérature.) c’est, selon tous les Rhéteurs, la cinquieme & derniere partie de la Rhétorique, & celle qui enseigne à l’orateur à régler & à varier sa voix & son geste d’une maniere décente & convenable au sujet qu’il traite, & au discours qu’il débite ; en sorte que ce qu’il dit produise sur l’auditeur le plus d’impression qu’il est possible. Voyez Rhétorique.

La prononciation est une qualité si importante à l’orateur, que Démosthène ne faisoit pas difficulté de l’appeller la premiere, la seconde & la troisieme partie de l’éloquence, & on la nomme ordinairement l’éloquence extérieure. Voyez Action.

Quintilien définit la prononciation, vocis & vultûs & corporis moderatio cum venustate, c’est-à-dire, l’art de conduire d’une maniere agréable, & tout-à-la-fois convenable, sa voix, son geste & l’action de tout son corps. Voyez Geste & Déclamation.

Cicéron appelle quelque part la prononciation, une sorte d’éloquence corporelle, quædam corporis eloquentia ; & dans un autre endroit il la nomme sermo corporis, le langage ou le discours du corps ; en effet, elle parle aux yeux, comme la pensée parle à l’esprit. La prononciation n’est donc autre chose que ce qu’on a coutume d’appeller l’action de l’orateur. Voyez Action. Quelques-uns la confondent avec l’élocution qui en est cependant fort différente. Voyez Elocution.

Dans la partie de la Rhétorique, qu’on nomme prononciation, on traite ordinairement de trois choses ; savoir, de la mémoire, de la voix, & du geste. Voyez chacun de ces articles à sa place.

On raconte d’Auguste que pour n’être pas obligé de se fier à sa mémoire, & en même tems pour éviter la peine d’y graver ses harangues, il avoit coutume de les lire ou de les mettre par écrit ; usage que les prédicateurs ont pris en Angleterre, mais qui ne s’est point introduit parmi nous. Une prononciation animée pallie & sauve les imperfections d’une piece foible ; une simple lecture dérobe souvent la force & les autres beautés du morceau le plus éloquent.

Prononciation, (Belles-Lett.) dans un sens moins étendu, signifie l’action de la voix dans un orateur, ou dans un lecteur quand il déclame ou lit quelque ouvrage.

Quintilien donne à la prononciation les mêmes qualités qu’au discours.

1°. Elle doit être correcte, c’est-à-dire exempte de défauts ; en sorte que le son de la voix ait quelque chose d’aisé, de naturel, d’agréable, accompagné d’un certain air de politesse & de délicatesse que les anciens nommoient urbanité, & qui consiste à en écarter tout son étranger & rustique.

2°. La prononciation doit être claire, à quoi deux choses peuvent contribuer ; la premiere c’est de bien articuler toutes les syllabes ; la seconde est de savoir soutenir & suspendre sa voix par différens repos & différentes pauses dans les divers membres qui composent une période ; la cadence, l’oreille, la respiration même demandant différens repos qui jettent beaucoup d’agrément dans la prononciation.

3°. On appelle prononciation ornée celle qui est secondée d’un heureux organe, d’une voix aisée, grande, flexible, ferme, durable, claire, sonore, douce & entrante ; car il y a une voix faite pour l’oreille, non pas tant par son étendue, que par sa flexibilité, susceptible de tous les sons depuis le plus fort jusqu’au plus doux, & depuis le plus haut jusqu’au plus bas. Ce n’est pas par de violens efforts, ni par de grands éclats qu’on vient à bout de se faire entendre, mais par une prononciation nette, distincte & soutenue. L’habileté consiste à savoir ménager adroitement les différens ports de voix, à commencer d’un ton qui puisse hausser & baisser sans peine & sans contrainte, à conduire tellement sa voix qu’elle puisse se déployer toute entiere dans les endroits où le discours demande beaucoup de force & de véhémence, & principalement à bien étudier & à suivre en tout la nature.

L’union de deux qualités opposées & incompatibles en apparence, fait toute la beauté de la prononciation, l’égalité & la variété. Par la premiere, l’orateur soutient sa voix, & en regle l’élévation & l’abaissement sur des lois fixes qui l’empêchent d’aller haut & bas comme au hasard, sans garder d’ordre ni de proportion. Par la seconde il évite un des plus considérables défauts qu’il y ait en matiere de prononciation, la monotonie. Il y a encore un autre défaut non moins considérable que celui-ci, & qui en tient beaucoup, c’est de chanter en prononçant, & sur-tout des vers. Ce chant consiste à baisser ou à élever sur le même ton plusieurs membres d’une période, ou plusieurs périodes de suite, en sorte que les mêmes inflexions de voix reviennent fréquemment, & presque toujours de la même sorte.

Enfin la prononciation doit être proportionnée aux sujets que l’on traite, ce qui paroît sur-tout dans les passions qui ont toutes un ton particulier. La voix qui est l’interprete de nos sentimens, reçoit toutes les impressions, tous les changemens dont l’ame elle-même est susceptible. Ainsi dans la joie elle est pleine, claire, coulante ; dans la tristesse au contraire, elle est traînante & basse ; la colere la rend rude, impétueuse, entrecoupée : quand il s’agit de confesser une faute, de faire satisfaction, de supplier, elle devient douce, timide, soumise ; les exordes demandent un ton grave & modéré ; les preuves un ton un peu plus élevé ; les récits un ton simple, uni, tranquille, & semblable à-peu-près à celui de la conversation. Rollin, traité des Etudes, tom IV. pag. 618. & suiv.

Prononciation des langues, (Gramm.) la difficulté de saisir les inflexions de la voix propres aux langues de chaque nation, est un des grands obstacles pour les parler avec un certain degré de perfection. Cette difficulté vient de ce que les différens peuples n’attachent pas la même valeur, la même quantité, ni les mêmes sons aux lettres ou aux syllabes qui les représentent ; dans quelques langues on fait des combinaisons de ces signes représentatifs qui sont totalement inconnues dans d’autres. Il faut d’abord une oreille bien juste pour apprécier ces sons lorsqu’on les entend articuler aux autres, & ensuite il faut des organes assez flexibles ou assez exercés pour pouvoir imiter soi-même les inflexions ou les mouvemens du gosier que l’on a entendu faire aux autres ; la nature ou un long exercice peuvent seuls nous donner la facilité de prononcer les langues étrangeres de la même maniere que ceux qui les ont apprises dès l’enfance ; mais il est rare que les organes soient assez souples pour cela, ou que l’on s’observe assez scrupuleusement dans la prononciation des langues que l’on a voulu apprendre. Joignez à ces obstacles que souvent ceux qui enseignent les langues n’ont point le talent de rapprocher les différentes manieres de prononcer la langue qu’ils montrent de celles qui sont connues dans la langue du disciple qui apprend. Cependant à l’exception d’un très-petit nombre d’inflexions de voix ou d’articulations particulieres à quelques nations & inconnues à d’autres, il semble que l’on pourroit parvenir à donner à tout homme attentif la faculté de prononcer, du-moins assez bien, les mots de toutes les langues actuellement usitées en Europe. Le lecteur françois verra, qu’à quelques exceptions près, toutes les différentes articulations, soit des Anglois, soit des Allemands, soit des Italiens, &c. peuvent être représentées de maniere à pouvoir être saisies assez parfaitement.

En exceptant les seuls Anglois, tous les peuples de l’Europe attachent les mêmes sons aux quatre premieres voyelles A, E, I, O, la voyelle U souffre des différences. A l’égard des consonnes seules, elles ont à-peu-près les mêmes sons dans toutes les langues, mais lorsqu’elles sont combinées on leur attache une valeur très-différente. Les aspirations gutturales qui sont usitées dans quelques langues, sont entierement ignorées dans d’autres. Il est très-difficile de les peindre aux yeux, & l’on est obligé de tâcher d’exprimer le mouvement des organes pour en donner une idée à ceux dans la langue de qui ces sortes d’aspirations sont inconnues. La différence de la quantité fait un obstacle très-grand à la prononciation des langues ; c’est de cette différence que résulte l’accent d’une langue ou sa quantité ; on a tâché de distinguer cette prosodie par les signes qui marquent les longues & les breves dans les exemples qui seront rapportés dans cet article. Enfin la langue françoise fait un usage très-fréquent de syllabes nazales, comme dans les mots en, on, intention, &c. sur quoi il faut bien remarquer que ces sons nazaux sont presqu’entierement bannis de presque toutes les autres langues qui font sonner les n, & qui prononceroient les mots susdits enn, onn, inntenntionn.

Nous remarquerons en dernier lieu que presque toutes les nations de l’Europe prétendent que leur ortographe est la meilleure en ce qu’elles écrivent comme elles prononcent. Cette prétention est très peu fondée ; & si elle avoit lieu pour une langue, ce seroit pour l’espagnole plutôt que pour aucune autre.

Parmi toutes les langues modernes il n’y en a point dont la prononciation s’écarte plus de celle de toutes les autres que la langue angloise, c’est aussi cette langue qui va nous fournir le plus grand nombre d’exemples d’irrégularités. Ce sont les seuls points auxquels nous nous arrêterons, vû que des volumes suffiroient à peine si on vouloit donner la prononciation des mots de toute cette langue & des autres, avec les exceptions continuelles que l’usage y a introduit. On a déja remarqué que les Anglois attachent des sons différens de tous les autres peuples au cinq voyelles A. E. I. O. U. Cette prononciation bizarre peut se rendre en françois par ai, i. aï. o. iou. L’O des Anglois est un son qui tient le milieu entre l’A & l’O des autres peuples. Cette regle pour la prononciation angloise des voyelles souffre des exceptions perpétuelles qu’il n’y a que l’usage qui puisse apprendre ; băck, le dos, se prononce en anglois comme on doit le faire en françois, au-lieu que bake, cuire, se prononce comme on feroit baic. L’E des Anglois se prononce comme I dans les autres langues, ce qui souffre encore des exceptions infinies. A la fin des mots il se mange, ou est muet, & il se transpose lorsqu’il est suivi d’un R. Baker, boulanger, se prononce baikre. Deux E E font toujours un I long ; meet, rencontrer, se prononce mit. L’I des Anglois se prononce aĭ ; iron, fer, fait aĭronn. Suivi d’un R à la fin d’un mot, il se prononce eŭrr ; sir, monsieur, fait seûrr. L’J consonne en anglois se prononce comme dg ; James, Jacques, fait en françois dgims. L’O des Anglois tient le milieu entre l’A & l’O des autres peuples : frck, d’un autre côté, smoke, fumée, se prononce long, smk. Les deux OO combinés se prononcent toujours comme ou ; moor, marais, feroit en françois mour. Or à la fin d’un mot est mangé & prononcé comme re ; mayor se prononce maire. L’U voyelle des anglois se prononce iou ; duke, duc, se prononce diouk ; mais dans duck, canard, il se prononce doc. L’V voyelle se prononce en anglois comme en françois ; le double W se prononce comme ou ; water, eau, se prononce comme outre.

Quant aux diphtongues, en anglois, ai fait i comme en françois, au & aw, font un a long ; law, loi, fait l ; ea fait tantôt I : eat, manger, se prononce te : quelquefois il se prononce comme e ; pleasure fait pléjeurr : eu ou ew font iou ; crew fait criou ; ey fait comme é ; sidney fait sidné : ou se prononce an très bref ; graound, terrein, fait grande : ow fait long ; bowl se prononce bule. Les mots anglois dérivés du latin ou du françois & terminés en tion, comme inclination, se prononceroient chïŏnn, innclinaichionn. Les Anglois n’ont point de syllabes nazales ; king, roi, doit se prononcer kigne.

Le ch des Anglois, soit au commencement, soit à la fin d’un mot, fait comme en françois TCH ; each, chacun, se prononce ītch ; choose, choisir, fait tchōuze.

Les Anglois mangent un grand nombre de consonnes dans leurs mots : knight, chevalier, se prononce naï̌tt ; knife, couteau, se prononce comme naï̌ff ; walk, marcher, fait ouāke.

Les Anglois n’ont point d’aspirations gutturales dans leur langue, non plus que les François ; mais une prononciation qui leur est particuliere, & que la plûpart des étrangers ne peuvent presque jamais saisir, c’est celle du th ; elle se présente très-fréquemment dans la langue, soit au commencement, soit à la fin, soit au milieu des mots. On ne peut point décrire la prononciation pour un françois, à moins de dire que le son en est à-peu-près le même que d’un S prononcé par une langue épaisse ; ou bien en appuyant la langue contre les dents supérieures, & en forçant le son de l’S entre la langue & les dents. The, l’article le ou la ; faith, la foi ; either, l’un & l’autre, fournissent des exemples de cette prononciation singuliere.

Les Italiens prononcent toutes les voyelles de même que les François, excepté que leur U se prononce ou ; leur A & leur E est plus ou moins ouvert. Leur C lorsqu’il précede un I ou un E, comme dans cercar, chercher, ciascheduno, chacun, se prononce comme tche ou tchi en françois ; ainsi on diroit tchercar & tchiaschedouno : g suivi d’un E ou d’un I, se prononce comme en françois dg ; giammai feroit dgiammaï ; gélosia fait dgélosia : les deux gg se prononcent de la même maniere ; reggio fait redgio : sc fait comme ch lorsqu’il précede un E & un I ; scelta, recueil, fait en françois l’effet de chelta ; sciolto fait chiolto : le ch des Italiens a le son du K en françois ; perche fait perké : ZZ en italien se rendroit en françoie par dz ; vezzosa, jolie, fait vedzosa. Les Italiens n’ont point d’aspirations gutturales non plus que les François. Ils n’ont point de syllabes nazales.

Dans la langue espagnole les voyelles ont les mêmes sons que dans le françois excepté l’U qui fait ou. La prononciation qui differe le plus de celle des autres langues chez les Espagnols, est celle de l’J consonne & de l’X, ces deux lettres s’expriment par une aspiration tirée du fond du gosier, que l’on ne peut décrire ou peindre aux yeux que très-imparfaitement par kh, en aspirant fortement l’H. Le Ç avec une cédille, comme dans moça, fille, a l’effet d’une S épaisse ou grasséyée, à-peu-près comme le TH des Anglois, mais un peu plus adouci : les deux LL sont toujours mouillées ; olla fait oillia, ou oiglia : souvent le B se prononce comme un V consonne : le G devant un E ou un I est aspiré, mais moins fortement que l’J consonne : les deux NN, comme dans sennora, se prononcent en françois comme seignora.

Les Portugais, dont la langue est presque la même que celle des Espagnols, ont les mêmes prononciations qu’eux ; celles qui différencient le portugais sont aon, qui se prononce am ; relaçaon, relation, fait relassam : nh ou lh se mouille ; senhora fait seignora ; caravalho se prononce caravaiglio.

Dans la langue allemande les voyelles se prononcent de même que dans le françois, à l’exception de l’U voyelle qui fait ou ; cependant dans la basse Allemagne, la prononciation françoise de l’U n’est point inconnue ; mais alors on met un petit e au-dessus, < ? >. Dans la haute Allemagne cette prononciation n’est point usitée, & < ? > se prononce comme < ? >. Les premiers prononcent le mot < ? >bel, mal, comme en françois < ? >ble, les derniers comme ible : l’V consonne se prononce comme un F ; vatter, pere, fait f< ? >ttre : le double W a le son de l’V consonne en françois : l’E lorsqu’il suit un I, ne fait qu’allonger cet I sans se faire sentir ; die, la, se prononce di : el, er, en à la fin des mots, se mangent ou se transposent ; vogel, wasser, haben, font fogle, vassre, habn : sch fait chez les Allemands ce que ch fait en françois ; schelm se prononce comme chelm : l’J consonne des Allemands ne differe point comme en françois ; Jesus se prononce Ièsous : le G des Allemands se prononce avec aspiration ; berg fait à-peu-près berkh : mais l’ch s’exprime par une aspiration de la gorge très-marquée, comme si l’on vouloit pousser fortement l’haleine du fond de l’estomac ; ich, je, fait à-peu-près ikhh. Cette prononciation est très-difficile pour les étrangers, surtout quand le ch est encore combiné avec d’autres consonnes, comme dans hechts, &c. En général les Allemands combinent plusieurs consonnes, ce qui rend leur prononciation rude & souvent impossible à saisir par ceux dont les organes n’y sont point accoutumés dès leur tendre jeunesse ; kopff, la tête, schwartz, noir, &c. le Z chez les Allemands se prononce comme ts ; zinn, étain, fait en françois tsinn. Quant aux diphtongues, au fait aou ; hauss, maison, se prononce haouff : ei, eu & ey, fait aï : Œ se prononce comme é ; & dans la basse Allemagne, comme eu : les uns prononcent schon, beau, comme chéne ; les autres comme cheune. Les Allemands n’ont point de nazales, ils font sonner les n qui suivent les voyelles ; le mot menschen, les hommes, se prononce mennchen ; kling, l’ame, fait kligne. Dans plusieurs provinces de l’Allemagne les habitans confondent sans cesse les B & les P, les D & les T, ce qui n’est pas un vice de la langue, mais un défaut dans ceux qui la parlent.

La langue flamande ou hollandoise quoiqu’entierement dérivée de l’allemand, a cependant quelques prononciations très-différentes : l’U voyelle a le même son qu’en françois ; l’V consonne fait f comme en allemand ; le double W a le son de l’V consonne en françois ; aa, ee, oo, ne font qu’alonger ces voyelles ; maar, zeer, doof, font m< ? >r z< ? >r, dauf : Œ se prononce ou ; moer, marais, fait mour ; ouw fait oo< ? > ; vrouw, femme, fait froo< ? > : uy fait eu ; huys, maison, fait geuss : l’y se prononce comme eï ; vry, libre, fait freï. Les Hollandois n’ont point la prononciation du ch comme en françois ; leur sch differe de celui des Allemands, & se rend par une aspiration très-forte de la gorge, que l’on peut rendre à-peu-près par skhh ; schaats, patin, fait skhh< ? >ts : le g ou gh des Hollandois se prononce avec aspiration, à-peu-près comme ch des Allemands. Ils n’ont point de syllabes nazales ; urind, ami, se prononce frinnd.

Les langues suédoises & danoises sont dérivées de l’allemand, & ont une très-grande affinité avec lui ; leur prononciation n’a, dit-on, rien qui les caractérise & qui les distingue sensiblement de celle des Allemands.

La langue des Russes, des Polonois, des Bohémiens, des Croates, des Illyriens, des Dalmatiens, des Bosniens, des Serviens, des Bulgares & des Sclavons, est la même avec très-peu de différence, au point que tous ces peuples s’entendent ; c’est le sclavon qu’ils parlent.

Les Russes ont un plus grand nombre de caracteres que les autres nations ; quelques-uns de ces caracteres ont la valeur des diphtongues, comme ia, ie, iou : d’autres marquent des consonnes combinées, & font l’effet de cz, tch, sch, ts ou tz ; le mot czar se prononce tzaar. Ils prononcent les cinq voyelles de la même maniere que les autres peuples ; leur u fait ou. Les Russes ont l’y, l’êta des Grecs, qu’ils prononcent de même qu’eux ; c’est l’E bêlant ou ai : l’V consonne, ainsi que le double W au commencement d’un mot se prononce comme en françois, mais à la fin d’un mot il se prononce toujours comme un F ; czerniskew se prononce tchernichef, vasili ostrow fait vazili ostrof. La langue russe fait usage du χ des Grecs, il se prononce avec une aspiration gutturale, & fait l’effet du ch des Allemands ; le G demande une aspiration moins sensible. Les Russes font usage du lambda ou λ des Grecs, qui fait l’effet des deux LL mouillées. Le son de l’N, lorsqu’elle précede ia ou ie, se prononce comme gn en françois dans le mot soigner. Chez les Russes le C fait toujours S, & ne se confond jamais avec le K, comme dans les autres langues. Ils ont une lettre qui répond au φ ou phi des Grecs, & qui se prononce de même. Le Z des Russes se prononce comme l’j consonne en françois dans le mot jamais ; zemla fait jemla.

Telles sont en abrégé les principales différences qui se trouvent dans la prononciation de la plûpart des langues qui se parlent en Europe. Un grand nombre de volumes suffiroit à peine si l’on vouloit entrer dans les détails de tous les mots de chaque langue ; il n’y a qu’un long usage & l’habitude qui puissent apprendre les irrégularités & les exceptions que la prononciation rencontre chez les différens peuples. On finira donc par observer qu’il n’y a point de langue en Europe qui prononce moins comme elle écrit que la langue françoise, vérité dont on sera forcé de convenir pour peu que l’on y fasse attention. (—)

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Étymologie de « prononciation »

Provenç. pronunciatio ; espagn. pronunciacion ; ital. pronunziazione : du lat. pronunciationem, de pronunciare, prononcer.

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Du latin pronuntiatio, dérivé du verbe pronuntiare (« proclamer »), formé à partir du suffixe pro- (« pour ») et nuntiare (« annoncer »).
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Phonétique du mot « prononciation »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
prononciation prɔnɔ̃sjasjɔ̃

Citations contenant le mot « prononciation »

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  • Lorsqu’un enregistrement de prononciation de nom est téléchargé dans le profil d’une personne, une icône de haut-parleur apparaît à côté de son nom. Les dernières News, LinkedIn ajoute des clips audio de prononciation de nom aux profils utilisateur - Les dernières News
  • Oui, mais il faut préciser qu'un accent ne peut pas se “cacher”, car ce n'est pas quelque chose que l'on “ajoute” à la langue qu'on parle, en l'occurrence le français. C'est une certaine façon de prononcer le français. On ne peut donc pas “cacher” son accent, mais on peut s'obliger à prononcer le français autrement. De la même manière, on pense qu'un accent peut se “perdre”, mais non. En fin de compte, on ne le perd pas, mais on transforme sa prononciation. Les Inrockuptibles, Jean Castex victime de glottophobie : “C'est une forme de déclassement social”
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  • « Nous déposons cette gerbe de fleurs sur ta tête pour te dire que papa, repose en paix et sois sûr que les orphelins que tu as laissés, nous allons ensemble nous battre pour leur donner une éducation digne. » A la prononciation de cette phrase par Rachel Fotso, la première épouse de Jean II Fotso, l’assistance applaudit à tout rompre. C’est que, ce propos constitue l’épilogue de la cérémonie des obsèques de l’industriel dont la dépouille avait été scellée par l’une de ses épouses. Heureusement, les conciliabules engagés par des proches aboutiront à la levée desdits scellés et son inhumation samedi dernier, dans le caveau familial.   Lors de l’office religieux, l’évêque du diocèse d’Obala, Mgr Léopold Sosthène Bayemi Matjei se sert du livre de Mathieu pour rappeler que le vrai bonheur réside dans le service. Il explique que plusieurs personnes trouvent leur bonheur dans le plaisir (de la chair), la gloire ou encore dans la vertu Mais, le prélat précise que Jésus, qui a lavé les pieds de ses disciples, ajoute à la vie vertueuse le service, le don de soi.  Dans la phase des témoignages, les qualités du disparu sont relevées. On note entre autres que Jean II Fotso, président régional de la chambre de commerce pour l’Ouest, était un capitaine d’industries, un bâtisseur, reconnu sur le plan local et hors des frontières nationales dans l’agro-industrie (huile végétale, savon). Pour le Pr. Lazare Kaptue, maire de Demdeng, la commune perd un conseiller municipal de valeur qui était un grand soutien financier et moral. Sa fille, Corinne, rappelle que son papa était un homme exceptionnel, un leader qui a su insuffler à sa famille l’amour, la paix, le vivre ensemble, des valeurs à pérenniser. Emmanuel Nzete, lui, se souvient d’un militant qui avait adhéré au projet du président national du Rdpc et qui a œuvré au renforcement du tissu économique, à la création des richesses et à la lutte contre le chômage.  Né en 1962, ce commandeur de l’Ordre national de la valeur, dit « Ta’a Souop Kouam », ne verra pas fleurir le gigantesque projet de construction du complexe industriel qu’il avait lancé à Douala. N’empêche ! Ses œuvres lui survivront.   , Jean II Fotso pour l’éternité !
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Images d'illustration du mot « prononciation »

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Traductions du mot « prononciation »

Langue Traduction
Anglais pronunciation
Espagnol pronunciación
Italien pronuncia
Allemand aussprache
Chinois 发音
Arabe النطق
Portugais pronúncia
Russe произношение
Japonais 発音
Basque ahoskera
Corse pronuncia
Source : Google Translate API

Synonymes de « prononciation »

Source : synonymes de prononciation sur lebonsynonyme.fr
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