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Prieur

Variantes Singulier Pluriel
Masculin prieur prieurs

Définitions de « prieur »

Trésor de la Langue Française informatisé

PRIEUR, -EURE, subst.

A.− Subst., RELIG. CATH.
1. [Dans l'ordre de St Benoît] Supérieur(e) d'un couvent d'hommes ou de femmes détaché(e) d'une abbaye; moine ou moniale venant immédiatement après l'abbé ou l'abbesse. Grand prieur. Les cloches n'ont pas sonné de la journée. Le prieur est clos dans sa cellule; tous les moines, en retraite; on ne parle à personne (Sand, Lélia,1833, p. 312):
[L'abbesse] fit appeler les notaires qui étaient sortis d'abord, et, le prenant d'un ton plus haut, parla de son autorité et du pouvoir qu'elle avait de déposer la prieure, comme il lui plairait. Elle lui dit « qu'elle était surprise qu'une prieure, qu'elle pouvait révoquer à volonté, répondît seule pour une Communauté, sans l'assembler pour prendre son avis (...) » Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 5, 1859, p. 566.
Prieur(e) (claustral(e)). Religieux/religieuse élu(e) pour une durée de trois ans ou nommé(e) par un abbé/une abbesse commendataire, afin de gouverner la communauté. La prieure est élue pour trois ans par les mères, qu'on appelle mères vocales parce qu'elles ont voix au chapitre. Une prieure ne peut être réélue que deux fois, ce qui fixe à neuf ans le plus long règne possible d'une prieure (Hugo, Misér.,t. 1, 1862, p. 578).Guy, prieur claustral en la bonne abbaye De Clairvaux, où la règle étroite est obéie (Leconte de Lisle, Poèmes barb.,1878, p. 323).
Sous-prieur(e). Religieux/religieuse qui gouverne le couvent immédiatement après le/la prieur(e). Après complies, André et moi retrouvons le sous-prieur qui nous mène à sa cellule, laquelle est grande, bien éclairée, pleine de livres (Green, Journal,1946, p. 10).La Prieure et Mère Marie de l'Incarnation, sous-Prieure, prennent la postulante par la main et, suivies de la communauté qui chante un cantique, la conduisent au pied d'une statuette (Bernanos, Dialog. Carm.,1948, 2etabl., 2, p. 1587).
Empl. adj. Père prieur, mère prieure. Bientôt Dom Felletin et Dom d'Auberoche, en coule, arrivèrent à leur tour et se dirigèrent vers la sacristie où le père prieur s'habillait pour dire la messe (Huysmans, Oblat,t. 2, 1903, p. 29).Dès l'aube, on vint réveiller M. Godeau dans sa cellule. Il assista aux derniers préparatifs. La Mère Prieure, très vieille dans ses mitoufles, avait quitté la chapelle tiède, où l'on entendait psalmodier l'Office (Jouhandeau, M. Godeau,1926, p. 85).
2. [Chez les Chartreux et les Dominicains] (Titre du/de la) supérieur(e) local(e). Elle (...) entra dans un couvent de dominicaines, dont elle devint prieure, et où elle vivait encore dans une grande sainteté, lorsque Théodoric écrivit son histoire (Montalembert, Ste Élisabeth,1836, p. 319).La prieure des Chartreusines a le privilège de porter deux fois [l'étole et le manipule], le jour de son installation et sur son lit mortuaire (Barrès, Colline insp.,1913, p. 111).
B.− Subst. masc.
1. [Dans l'ordre de Malte] (Grand) prieur. (Titre de) chevalier revêtu d'un bénéfice de l'ordre. Grand prieur de France, de Champagne. Le maréchal Boucicault (...) obtint la permission de s'en aller, avec le sire de La Tremoille, chez le seigneur de Mitylène, pour emprunter de l'argent. Ils y trouvèrent jusqu'à trente mille francs, puis passèrent à Rhodes, où le prieur d'Aquitaine leur en prêta aussi (Barante, Hist. ducs Bourg.,t. 2, 1821-24, p. 211).Le 27 septembre 1949, S.E.Rme le cardinal Canali, grand prieur de Rome de l'ordre de Malte, quitta sa villa de Quadrelli, en Ombrie, ses vacances terminées (R. Peyrefitte, Chevaliers de Malte,1957, p. 7).V. bailli ex. 4.
2. HISTOIRE
a) Prieur de Sorbonne. Dignitaire qui présidait, pendant un an, aux assemblées de Sorbonne. Ce bonhomme rassemble alors ses papiers, garde la plume, et s'en va par les rues, étonnant les flâneurs, qui le prennent pour l'ombre d'un prieur de Sorbonne (Balzac, Œuvres div.,t. 2, 1830, p. 22).
b) (Titre d'un) magistrat suprême de la république de Florence. Chargé successivement de plusieurs ambassades, quand il reparut dans son pays, les suprêmes honneurs et les derniers périls l'y attendaient. En revêtant les fonctions de Prieur (...), il trouva les nobles et les plébéiens rentrant en lutte sous les nouveaux noms de Noirs et Blancs (Ozanam, Philos. Dante,1838, p. 64).
REM. 1.
Prieural, -ale, -aux, adj.a) Vx. Qui appartient, qui a rapport à un prieur, un prieuré. (Dict. xixeet xxes.). b) Chambre prieurale. Nom de certaines commanderies de l'ordre de Malte (Dict. xixeet xxes.).
2.
Prieurat, subst. masc.Fonction de prieur(e); exercice et durée de cette fonction (Dict. xixeet xxes.).
Prononc. et Orth. [pʀijœ:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1694 (1694-1878, au masc.). Étymol. et Hist. 1. Déb. xiies. subst. masc. priur « supérieur d'un couvent » (St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 149); d'où le subst. fém. 1210-25 priore « supérieure d'un couvent » (Yder, éd. H. Gelzer, 2899); 1390 prieure (Pièces relatives à Louis I, duc d'Orléans, éd. F. M. Graves ds Bibl. du XVes., t. 19, p. 394a); 2. 1429-30 titre désignant autrefois certains dignitaires ou magistrats (Alain Chartier, Livre de l'Esperance, éd. Fr. Rouy, IX, 131, p. 69 : prieurs des ars). Empr. au b. lat. eccl. prior, -oris « supérieur, abbé » (déb. vies. ds Blaise Lat. chrét.), également att. au sens de « administrateur civil de petites cités » (vies., ibid.) et « notabilités d'un lieu » (vies. ds Nierm.), également en lat. médiév. priores artis au sens 2 (1285 ds Du Cange t. 6, p. 505b), en lat. class. « le premier de deux ». Cf. la forme prieus « supérieur de couvent » ca 1200 (Raimbert, Ogier, 9505, Barrois ds Gdf.) − 1485 [date ms.], Myst. St Adrien, éd. É. Picot, 171 : prieux). Fréq. abs. littér. : 503. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 528, b) 1 008; xxes. : a) 763, b) 689.

Wiktionnaire

Nom commun 2 - français

prieur \pʁi.jœʁ\ masculin (pour une femme, on dit : prieuse)

  1. Personne qui prie.
    • Brahim prend le parti d'étendre le verset qui parle "d'Allah qui prie pour Mahomet" vers une communication ... ça sous-entend qu'il y aura un prieur et un prié.

Nom commun 1 - français

prieur \pʁi.jœʁ\ masculin (pour une femme, on dit : prieure)

  1. (Religion) Supérieur dans certains monastères.
    • Quant au moine, Gurth le reconnut à l’instant même pour le prieur de l’abbaye de Jorvaulx. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Wary de Dommartin la rebâtit ; d'abord bénédictin au monastère de Saint-Epvre à Toul, puis prieur de Varangéville, il céda ensuite son prieuré, moyennant redevance, à Jean de Nicolinis. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1923)
  2. (Vieilli) Titre de dignité dans quelques sociétés.
    • Prieur de Sorbonne, de la maison de Sorbonne.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

PRIEUR (pri-eur) s. m.
  • 1Prieur conventuel régulier, ou, simplement, prieur, celui qui régit des religieux en communauté ; il est opposé à prieur conventuel séculier et commendataire ; il ne diffère de l'abbé que de nom ; il en a toute l'autorité. Je [moi, la Mollesse] croyais… Que l'Église du moins m'assurait un asile ; Mais en vain j'espérais y régner sans effroi ; Moines, abbés, prieurs, tout s'arme contre moi, Boileau, Lutr. II.

    Prieur claustral, celui qui gouverne les religieux sous un abbé régulier, ou dans les abbayes et les prieurés qui sont en commende.

    Dans l'abbaye de Cluny, on appellait grand prieur un religieux qui avait la première dignité après l'abbé.

    Prieur commendataire, bénéficier qui jouissait, en tout ou en partie, des revenus d'un prieuré, et qui en portait le titre, sans avoir aucune autorité sur les religieux.

    Prieur séculier, celui qui, n'étant soumis à aucune règle, possède un prieuré à titre de bénéfice simple.

    Prieur-curé, religieux qui possédait une cure dans l'ordre des chanoines réguliers.

  • 2Titre de dignité dans quelques sociétés. Prieur de Sorbonne, bachelier qui présidait pendant un an aux assemblées de la maison de Sorbonne
  • 3Grand prieur, titre qui se donnait à un chevalier de Malte revêtu d'un bénéfice de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, appelé grand prieuré Grand prieur de France. Grand prieur de Champagne.
  • 4Titre de magistrats suprêmes dans quelques républiques italiennes. De trois en trois mois, elle [Florence] se choisit, pour son administration, des magistrats qu'elle appelle prieurs, et qui sont pris dans diverses professions, Legrand D'Aussy, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. v, p. 471.

    Le prieur du peuple romain, officier de Rome qui répond à nos maires et que le pape nomme tous les trois mois.

    PROVERBE

    Il faut toujours dire du bien de M. le prieur, c'est-à-dire il faut ménager dans ses discours les personnes de qui on dépend.

HISTORIQUE

XIIe s. Dunc [il] ad fait le priur tresqu'al covent aler…, Th. le mart. 160.

XIIIe s. Et ge les voi, les jengleors, Plus cras [gras] qu'abbés ne que priors, la Rose, 2568.

XVe s. Et ainsi instituerent les Florentins leurs prieurs des arts et conseil des anciens, Chartier, l'Esperance, p. 315.

XVIe s. L'archier crioit : Monsieur le priour, monsieur l'abbé futur…, Rabelais, I, 44.

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Étymologie de « prieur »

Lat. priorem, qui précède, qui est plus en avant, comparatif dont primus est le superlatif.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

(Nom 1) (XIIe siècle) Du latin prior (« le tout premier »). Ce mot a été choisi de préférence au mot abbé, qui était traditionnellement utilisé pour ce type de fonctions dans les monastères jusqu’alors, au vu du fait que le mot abbé signifie « père » et que Jésus recommande de ne pas prendre le titre de « père » (Mt 23:8-12).
(Nom 2) (Siècle à préciser) Composé de prier et -eur.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « prieur »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
prieur prijœr

Fréquence d'apparition du mot « prieur » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « prieur »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « prieur »

  • La sagesse du moine de Rabelais est la vraie sagesse, pour son repos et pour celui des autres : faire son devoir tellement quellement* ; toujours dire du bien de Monsieur le Prieur, et laisser aller le monde à sa fantaisie.
    Denis Diderot — Le Neveu de Rameau
  • Allah fait ce qu’il veut ; il n’est pas obligé d’accéder à toutes les prières des pauvres humains. Les mânes font ce qu’ils veulent ; ils ne sont pas obligés d’accéder à toutes les chiaderies des prieurs.
    Ahmadou Kourouma — Allah n’est pas obligé
  • Visite du logis du prieur Cunault du samedi 19 septembre au dimanche 20 septembre à logis du prieur Cunault
    Unidivers — Visite du logis du prieur Cunault logis du prieur Cunault Gennes-Val-de-Loire samedi 19 septembre 2020
  • Zénon douta toujours si quelqu'un avait averti le prieur des Cordeliers, ou si au contraire celui-ci en offrant à un voyageur de monter dans son coche à Senlis savait avoir affaire au philosophe dont on brûlait sur la place publique un ouvrage fort controversé.
    Marguerite Yourcenar — L'Œuvre au Noir
  • L'abbé de Saint-Yves était désespéré, le prieur et sa soeur répandaient des ruisseaux de larmes. Mais qui pourrait peindre l'état de son amant ? Nulle langue n'a des expressions qui répondent à ce comble des douleurs; les langues sont trop imparfaites.
    Voltaire — L'Ingénu

Traductions du mot « prieur »

Langue Traduction
Anglais prior
Espagnol anterior
Italien precedente
Allemand vor
Chinois 事前
Arabe قبل
Portugais anterior
Russe предшествующий
Japonais 前に
Basque aurretiko
Corse prima
Source : Google Translate API

Synonymes de « prieur »

Source : synonymes de prieur sur lebonsynonyme.fr

Combien de points fait le mot prieur au Scrabble ?

Nombre de points du mot prieur au scrabble : 8 points

Prieur

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