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Prieur, prieure

Définitions du mot « prieur, prieure »

Trésor de la Langue Française informatisé

PRIEUR, -EURE, subst.

A.− Subst., RELIG. CATH.
1. [Dans l'ordre de St Benoît] Supérieur(e) d'un couvent d'hommes ou de femmes détaché(e) d'une abbaye; moine ou moniale venant immédiatement après l'abbé ou l'abbesse. Grand prieur. Les cloches n'ont pas sonné de la journée. Le prieur est clos dans sa cellule; tous les moines, en retraite; on ne parle à personne (Sand, Lélia,1833, p. 312):
[L'abbesse] fit appeler les notaires qui étaient sortis d'abord, et, le prenant d'un ton plus haut, parla de son autorité et du pouvoir qu'elle avait de déposer la prieure, comme il lui plairait. Elle lui dit « qu'elle était surprise qu'une prieure, qu'elle pouvait révoquer à volonté, répondît seule pour une Communauté, sans l'assembler pour prendre son avis (...) » Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 5, 1859, p. 566.
Prieur(e) (claustral(e)). Religieux/religieuse élu(e) pour une durée de trois ans ou nommé(e) par un abbé/une abbesse commendataire, afin de gouverner la communauté. La prieure est élue pour trois ans par les mères, qu'on appelle mères vocales parce qu'elles ont voix au chapitre. Une prieure ne peut être réélue que deux fois, ce qui fixe à neuf ans le plus long règne possible d'une prieure (Hugo, Misér.,t. 1, 1862, p. 578).Guy, prieur claustral en la bonne abbaye De Clairvaux, où la règle étroite est obéie (Leconte de Lisle, Poèmes barb.,1878, p. 323).
Sous-prieur(e). Religieux/religieuse qui gouverne le couvent immédiatement après le/la prieur(e). Après complies, André et moi retrouvons le sous-prieur qui nous mène à sa cellule, laquelle est grande, bien éclairée, pleine de livres (Green, Journal,1946, p. 10).La Prieure et Mère Marie de l'Incarnation, sous-Prieure, prennent la postulante par la main et, suivies de la communauté qui chante un cantique, la conduisent au pied d'une statuette (Bernanos, Dialog. Carm.,1948, 2etabl., 2, p. 1587).
Empl. adj. Père prieur, mère prieure. Bientôt Dom Felletin et Dom d'Auberoche, en coule, arrivèrent à leur tour et se dirigèrent vers la sacristie où le père prieur s'habillait pour dire la messe (Huysmans, Oblat,t. 2, 1903, p. 29).Dès l'aube, on vint réveiller M. Godeau dans sa cellule. Il assista aux derniers préparatifs. La Mère Prieure, très vieille dans ses mitoufles, avait quitté la chapelle tiède, où l'on entendait psalmodier l'Office (Jouhandeau, M. Godeau,1926, p. 85).
2. [Chez les Chartreux et les Dominicains] (Titre du/de la) supérieur(e) local(e). Elle (...) entra dans un couvent de dominicaines, dont elle devint prieure, et où elle vivait encore dans une grande sainteté, lorsque Théodoric écrivit son histoire (Montalembert, Ste Élisabeth,1836, p. 319).La prieure des Chartreusines a le privilège de porter deux fois [l'étole et le manipule], le jour de son installation et sur son lit mortuaire (Barrès, Colline insp.,1913, p. 111).
B.− Subst. masc.
1. [Dans l'ordre de Malte] (Grand) prieur. (Titre de) chevalier revêtu d'un bénéfice de l'ordre. Grand prieur de France, de Champagne. Le maréchal Boucicault (...) obtint la permission de s'en aller, avec le sire de La Tremoille, chez le seigneur de Mitylène, pour emprunter de l'argent. Ils y trouvèrent jusqu'à trente mille francs, puis passèrent à Rhodes, où le prieur d'Aquitaine leur en prêta aussi (Barante, Hist. ducs Bourg.,t. 2, 1821-24, p. 211).Le 27 septembre 1949, S.E.Rme le cardinal Canali, grand prieur de Rome de l'ordre de Malte, quitta sa villa de Quadrelli, en Ombrie, ses vacances terminées (R. Peyrefitte, Chevaliers de Malte,1957, p. 7).V. bailli ex. 4.
2. HISTOIRE
a) Prieur de Sorbonne. Dignitaire qui présidait, pendant un an, aux assemblées de Sorbonne. Ce bonhomme rassemble alors ses papiers, garde la plume, et s'en va par les rues, étonnant les flâneurs, qui le prennent pour l'ombre d'un prieur de Sorbonne (Balzac, Œuvres div.,t. 2, 1830, p. 22).
b) (Titre d'un) magistrat suprême de la république de Florence. Chargé successivement de plusieurs ambassades, quand il reparut dans son pays, les suprêmes honneurs et les derniers périls l'y attendaient. En revêtant les fonctions de Prieur (...), il trouva les nobles et les plébéiens rentrant en lutte sous les nouveaux noms de Noirs et Blancs (Ozanam, Philos. Dante,1838, p. 64).
REM. 1.
Prieural, -ale, -aux, adj.a) Vx. Qui appartient, qui a rapport à un prieur, un prieuré. (Dict. xixeet xxes.). b) Chambre prieurale. Nom de certaines commanderies de l'ordre de Malte (Dict. xixeet xxes.).
2.
Prieurat, subst. masc.Fonction de prieur(e); exercice et durée de cette fonction (Dict. xixeet xxes.).
Prononc. et Orth. [pʀijœ:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1694 (1694-1878, au masc.). Étymol. et Hist. 1. Déb. xiies. subst. masc. priur « supérieur d'un couvent » (St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 149); d'où le subst. fém. 1210-25 priore « supérieure d'un couvent » (Yder, éd. H. Gelzer, 2899); 1390 prieure (Pièces relatives à Louis I, duc d'Orléans, éd. F. M. Graves ds Bibl. du XVes., t. 19, p. 394a); 2. 1429-30 titre désignant autrefois certains dignitaires ou magistrats (Alain Chartier, Livre de l'Esperance, éd. Fr. Rouy, IX, 131, p. 69 : prieurs des ars). Empr. au b. lat. eccl. prior, -oris « supérieur, abbé » (déb. vies. ds Blaise Lat. chrét.), également att. au sens de « administrateur civil de petites cités » (vies., ibid.) et « notabilités d'un lieu » (vies. ds Nierm.), également en lat. médiév. priores artis au sens 2 (1285 ds Du Cange t. 6, p. 505b), en lat. class. « le premier de deux ». Cf. la forme prieus « supérieur de couvent » ca 1200 (Raimbert, Ogier, 9505, Barrois ds Gdf.) − 1485 [date ms.], Myst. St Adrien, éd. É. Picot, 171 : prieux). Fréq. abs. littér. : 503. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 528, b) 1 008; xxes. : a) 763, b) 689.

Wiktionnaire

Nom commun 1

prieur \pʁi.jœʁ\ masculin (pour une femme on dit : prieure)

  1. (Religion) Supérieur dans certains monastères.
    • Quant au moine, Gurth le reconnut à l’instant même pour le prieur de l’abbaye de Jorvaulx. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Wary de Dommartin la rebâtit ; d'abord bénédictin au monastère de Saint-Epvre à Toul, puis prieur de Varangéville, il céda ensuite son prieuré, moyennant redevance, à Jean de Nicolinis. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1923)
  2. (Vieilli) Titre de dignité dans quelques sociétés.
    • Prieur de Sorbonne, de la maison de Sorbonne.

Nom commun 2

prieur \pʁi.jœʁ\ masculin (pour une femme on dit : prieuse)

  1. Personne qui prie.
    • Brahim prend le parti d'étendre le verset qui parle "d'Allah qui prie pour Mahomet" vers une communication ... ça sous-entend qu'il y aura un prieur et un prié.

Nom commun

prieure \pʁi.jœʁ\ féminin (pour un homme on dit : prieur)

  1. (Religion) Supérieure dans un monastère de femmes, soit en chef, soit sous une abbesse.
    • Elisabeth-Claire de Choiseul-Beaupré, dite de Ste Pélagie, abbesse, née à Sommeville (Marne) le 6 mai 1720 d'Antoine, marquis de Ch., brigadier des armées du roi, et de Charlotte Distofh, profession le 14 octobre 1742 ; nommée en février 1755 prieure de Charenton, […]. — (Chanoine Paul Lesprand, Le clergé de la Moselle pendant la Révolution, Montigny-les-Metz : chez l'auteur, 1935, vol. 2, note de bas de page 95)
    • Quand Julienne devint prieure, peu avant 1240, elle trouva une discipline qu'elle estima fort relâchée. — (Pierre de Spiegeler, Les hôpitaux et l'assistance à Liège: Xe-XVe siècles : aspects institutionnels et sociaux, Paris : Les Belles Lettres, 1987, p. 160)

Nom commun

prieure \pʁi.jœʁ\ féminin (pour un homme on dit : prieur)

  1. (Religion) Supérieure dans un monastère de femmes, soit en chef, soit sous une abbesse.
    • Elisabeth-Claire de Choiseul-Beaupré, dite de Ste Pélagie, abbesse, née à Sommeville (Marne) le 6 mai 1720 d'Antoine, marquis de Ch., brigadier des armées du roi, et de Charlotte Distofh, profession le 14 octobre 1742 ; nommée en février 1755 prieure de Charenton, […]. — (Chanoine Paul Lesprand, Le clergé de la Moselle pendant la Révolution, Montigny-les-Metz : chez l'auteur, 1935, vol. 2, note de bas de page 95)
    • Quand Julienne devint prieure, peu avant 1240, elle trouva une discipline qu'elle estima fort relâchée. — (Pierre de Spiegeler, Les hôpitaux et l'assistance à Liège: Xe-XVe siècles : aspects institutionnels et sociaux, Paris : Les Belles Lettres, 1987, p. 160)

Nom commun

prieure \pʁi.jœʁ\ féminin (pour un homme on dit : prieur)

  1. (Religion) Supérieure dans un monastère de femmes, soit en chef, soit sous une abbesse.
    • Elisabeth-Claire de Choiseul-Beaupré, dite de Ste Pélagie, abbesse, née à Sommeville (Marne) le 6 mai 1720 d'Antoine, marquis de Ch., brigadier des armées du roi, et de Charlotte Distofh, profession le 14 octobre 1742 ; nommée en février 1755 prieure de Charenton, […]. — (Chanoine Paul Lesprand, Le clergé de la Moselle pendant la Révolution, Montigny-les-Metz : chez l'auteur, 1935, vol. 2, note de bas de page 95)
    • Quand Julienne devint prieure, peu avant 1240, elle trouva une discipline qu'elle estima fort relâchée. — (Pierre de Spiegeler, Les hôpitaux et l'assistance à Liège: Xe-XVe siècles : aspects institutionnels et sociaux, Paris : Les Belles Lettres, 1987, p. 160)

Nom commun

prieure \pʁi.jœʁ\ féminin (pour un homme on dit : prieur)

  1. (Religion) Supérieure dans un monastère de femmes, soit en chef, soit sous une abbesse.
    • Elisabeth-Claire de Choiseul-Beaupré, dite de Ste Pélagie, abbesse, née à Sommeville (Marne) le 6 mai 1720 d'Antoine, marquis de Ch., brigadier des armées du roi, et de Charlotte Distofh, profession le 14 octobre 1742 ; nommée en février 1755 prieure de Charenton, […]. — (Chanoine Paul Lesprand, Le clergé de la Moselle pendant la Révolution, Montigny-les-Metz : chez l'auteur, 1935, vol. 2, note de bas de page 95)
    • Quand Julienne devint prieure, peu avant 1240, elle trouva une discipline qu'elle estima fort relâchée. — (Pierre de Spiegeler, Les hôpitaux et l'assistance à Liège: Xe-XVe siècles : aspects institutionnels et sociaux, Paris : Les Belles Lettres, 1987, p. 160)

Nom commun

prieure \pʁi.jœʁ\ féminin (pour un homme on dit : prieur)

  1. (Religion) Supérieure dans un monastère de femmes, soit en chef, soit sous une abbesse.
    • Elisabeth-Claire de Choiseul-Beaupré, dite de Ste Pélagie, abbesse, née à Sommeville (Marne) le 6 mai 1720 d'Antoine, marquis de Ch., brigadier des armées du roi, et de Charlotte Distofh, profession le 14 octobre 1742 ; nommée en février 1755 prieure de Charenton, […]. — (Chanoine Paul Lesprand, Le clergé de la Moselle pendant la Révolution, Montigny-les-Metz : chez l'auteur, 1935, vol. 2, note de bas de page 95)
    • Quand Julienne devint prieure, peu avant 1240, elle trouva une discipline qu'elle estima fort relâchée. — (Pierre de Spiegeler, Les hôpitaux et l'assistance à Liège: Xe-XVe siècles : aspects institutionnels et sociaux, Paris : Les Belles Lettres, 1987, p. 160)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

PRIEUR (pri-eur) s. m.
  • 1Prieur conventuel régulier, ou, simplement, prieur, celui qui régit des religieux en communauté ; il est opposé à prieur conventuel séculier et commendataire ; il ne diffère de l'abbé que de nom ; il en a toute l'autorité. Je [moi, la Mollesse] croyais… Que l'Église du moins m'assurait un asile ; Mais en vain j'espérais y régner sans effroi ; Moines, abbés, prieurs, tout s'arme contre moi, Boileau, Lutr. II.

    Prieur claustral, celui qui gouverne les religieux sous un abbé régulier, ou dans les abbayes et les prieurés qui sont en commende.

    Dans l'abbaye de Cluny, on appellait grand prieur un religieux qui avait la première dignité après l'abbé.

    Prieur commendataire, bénéficier qui jouissait, en tout ou en partie, des revenus d'un prieuré, et qui en portait le titre, sans avoir aucune autorité sur les religieux.

    Prieur séculier, celui qui, n'étant soumis à aucune règle, possède un prieuré à titre de bénéfice simple.

    Prieur-curé, religieux qui possédait une cure dans l'ordre des chanoines réguliers.

  • 2Titre de dignité dans quelques sociétés. Prieur de Sorbonne, bachelier qui présidait pendant un an aux assemblées de la maison de Sorbonne
  • 3Grand prieur, titre qui se donnait à un chevalier de Malte revêtu d'un bénéfice de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, appelé grand prieuré Grand prieur de France. Grand prieur de Champagne.
  • 4Titre de magistrats suprêmes dans quelques républiques italiennes. De trois en trois mois, elle [Florence] se choisit, pour son administration, des magistrats qu'elle appelle prieurs, et qui sont pris dans diverses professions, Legrand D'Aussy, Instit. Mém. scienc. mor. et pol. t. v, p. 471.

    Le prieur du peuple romain, officier de Rome qui répond à nos maires et que le pape nomme tous les trois mois.

    PROVERBE

    Il faut toujours dire du bien de M. le prieur, c'est-à-dire il faut ménager dans ses discours les personnes de qui on dépend.

HISTORIQUE

XIIe s. Dunc [il] ad fait le priur tresqu'al covent aler…, Th. le mart. 160.

XIIIe s. Et ge les voi, les jengleors, Plus cras [gras] qu'abbés ne que priors, la Rose, 2568.

XVe s. Et ainsi instituerent les Florentins leurs prieurs des arts et conseil des anciens, Chartier, l'Esperance, p. 315.

XVIe s. L'archier crioit : Monsieur le priour, monsieur l'abbé futur…, Rabelais, I, 44.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PRIEUR, s. m. (Gramm. & Jurispr.) est un ecclésiastique qui est préposé sur un monastere ou bénéfice qui a le titre de prieuré.

L’origine des prieurés est fort ancienne. Depuis que les réguliers eurent été enrichis par les libéralités des fideles, comme outre les biens qu’ils possédoient aux environs de leur monasteres, ils avoient aussi quelquefois des fermes & des métairies considérables qui en étoient fort éloignées, ils envoyerent dans chacun de ces domaines un certain nombre de leurs religieux ou chanoines réguliers, qui régissoient le temporel & célébroient le service divin entr’eux dans une chapelle domestique. On appelloit ces fermes celles ou obédiences.

Celui qui étoit le chef des religieux ou chanoines réguliers d’une obédience, se nommoit prieur ou prevôt ; & la chapelle & maison qu’ils desservoient, fut aussi nommée prieuré ou prevôté.

Le prieur, & ceux qui lui étoient adjoints, étoient obligés de rendre compte de leur régie tous les ans au monastere duquel ils dépendoient ; ils ne pouvoient prendre sur le revenu de la métairie que ce qui étoit nécessaire pour leur entretien.

L’abbé pouvoit, lorsqu’il le jugeoit à-propos, rappeller le prieur ou prevôt & ses religieux dans le monastere.

Le relâchement de la discipline monastique s’étendit bientôt dans ces petits monasteres. Le concile de Latran tenu en 1179, ordonna que les choses seroient remises sur l’ancien pié, mais cela ne fut pas observé.

En effet, dès le commencement du xiij. siecle, il y eut des abbés qui donnerent des ordres à quelques-uns de leurs religieux, pour demeurer pendant leur vie dans une obédience, & pour en gouverner les biens comme fermiers perpétuels.

Cet usage fut d’abord regardé comme un abus. Le pape Innocent III. écrivant en 1213 à un abbé & aux religieux d’un monastere de l’ordre de saint Benoît, leur défendit de donner ces obédiences à vie, & voulut que ceux qui les desservoient fussent révocables à la volonté de l’abbé.

Cependant cette loi ne fut pas exécutée ; les prieurs au contraire voyant que les abbés & autres officiers des monasteres s’étoient attribué chacun une partie des revenus de l’abbaye, s’approprierent aussi les revenus dont ils n’étoient originairement que fermiers.

Ce changement s’affermit si bien, que sur la fin du xiij. siecle les prieurés qu’on nommoit cependant encore obédiences & administrations, étoient reglés comme de vrais bénéfices.

Plusieurs titulaires de ces prieurés en expulserent les religieux qui y vivoient avec eux, & y demeurerent seuls : de-là vient la distinction des prieurés conventuels, & des prieurés simples.

Le concile de Vienne, auquel présidoit Clément V. défendit à tous religieux qui avoient inspection sur les monasteres ou prieurés, d’aliéner ou affermer les droits ou revenus à vie, & même de les accorder à tems pour de l’argent, à-moins que la nécessité ou l’utilité du monastere ne le demandât, ou du-moins sans le consentement de l’évêque du lieu, quand le prieuré étoit indépendant.

Il défendit aussi de conférer les prieurés, quoiqu’ils ne soient pas conventuels, à d’autres clercs qu’à des religieux profès âgés de 20 ans, & enjoignit à tous prieurs de se faire ordonner prêtres, sous peine de privation du bénéfice, dès qu’ils auroient atteint l’âge prescrit par les canons pour le sacerdoce, & leur ordonna de résider dans leurs prieurés, dont ils ne pourroient s’absenter que pour un tems en faveur des études, ou pour quelqu’autre cause approuvée par les canons. Enfin, ce concile déclare que si les abbés ne conferent pas les prieurés, administrations ; & autres bénéfices réguliers dans le tems prescrit aux collateurs par le concile de Latran, l’évêque du lieu où le prieuré est situé pourra en disposer.

Les prieurés-cures, qui se trouvent en grand nombre dans l’ordre de saint Augustin, & dans celui de saint Benoît, sont aussi devenus des bénéfices, au lieu de simples administrations qu’ils étoient d’abord. Ceux-ci ne sont pas tous formés de la même maniere.

Les uns étoient déja des paroisses avant qu’ils tombassent entre les mains des religieux ; d’autres ne le sont devenus que depuis que les monasteres en ont été les maîtres.

L’établissement des prieurés-cures de la premiere classe, vient de ce que les évêques donnerent aux abbayes, tant de moines que de chanoines réguliers, les dixmes & autres revenus d’un grand nombre de paroisses, ce qu’il appelloient altaria. L’abbé qui percevoit les revenus de la cure, étoit obligé de la faire desservir par un de ses religieux, quand la communauté étoit composée de chanoines réguliers, & par un prêtre séculier, quand la communauté suivoit la regle de S. Benoît.

A l’égard des prieurés-cures fondés par les monasteres, ce n’étoient d’abord que des chapelles domestiques d’une ferme, qu’on nommoit grange dans l’ordre des Prémontrés. Les religieux y célébroient le service divin, auquel leurs domestiques assistoient les fêtes & dimanches. On permit ensuite au prieur d’administrer les sacremens à ceux qui demeureroient dans la ferme, & insensiblement cela fut étendu à tous ceux qui demeuroient aux environs, sous prétexte que c’étoient aussi des gens qui servoient le prieuré ; & par ce moyen ces chapelles devinrent des paroisses, & ensuite des titres perpétuels de bénéfices, dans la plûpart desquels les prieurs-curés sont demeurés seuls, de même que dans les prieurés simples, les religieux qui y demeuroient auparavant avec eux ayant été rappellés dans les monasteres dont ils dépendoient.

Il y a néanmoins des monasteres dont les prieurés qui en dépendent sont toujours demeurés sur le pié de simples administrations, dont les pourvus sont obligés de rendre compte à leur supérieur, lequel peut les révoquer quand il lui plaît.

Pour posséder un prieuré simple, c’est-à-dire qui n’est ni claustral ni conventuel, ni à charge d’ames, il faut, suivant la jurisprudence du parlement, avoir quatorze ans, mais suivant la jurisprudence du grand-conseil, il suffit d’avoir sept ans. Voyez le P. Thomassin, d’Héricourt, Fuet, les mémoires du clergé, & les articles Abbaye, Bénéfice, Commende, Couvent, Cure, Monastere, Religieux. (A)

Prieur chef d’ordre, voyez Prieuré chef d’ordre.

Prieur claustral, voyez Prieuré claustral.

Prieur commendataire, voyez Prieuré en commende.

Prieur conventuel, voyez Prieuré conventuel.

Prieur curé, voyez Prieuré cure.

Grand-prieur, voyez Grand prieuré.

Prieur titulaire, voyez Prieuré en titre.

Prieur, (Jurisdiction consulaire.) on donne ce nom en quelques villes de France, comme à Rouen, à Toulouse, à Montpellier, &c. à celui qui préside au consulat des marchands, & qui y tient la place que le grand-juge tient à la jurisdiction consulaire de Paris.

Prieur de Sorbonne, (Hist. mod.) c’est un bachelier en licence que la maison & société de Sorbonne choisit tous les ans parmi ceux de son corps pour y présider pendant ce tems. Tous les soirs on lui porte les clés de la maison ; il préside aux assemblées tant des bacheliers que des docteurs qui y font leurs résidences. Il ouvre le cours des thèses appellées sorboniques, par un discours latin qu’il prononce dans la grande salle de Sorbonne en présence d’une assemblée, où les prélats qui se trouvent alors à Paris assistent. Il ouvre aussi chaque sorbonique par un petit discours & quelques vers à la louange du bachelier qui répond ; & dans les repas particuliers de la maison de Sorbonne donnés par ceux qui soutiennent des thèses ou qui prenent le bonnet, il doit aussi présenter des vers. Le prieur de Sorbonne pretend le pas dans les assemblées, processions, &c. sur toute la licence ; mais le plus ancien, ou le doyen des bacheliers le lui dispute. Cette contestation qui a produit de tems en tems divers mémoires, & qui a été portée au parlement, n’est pas encore décidée. La place de prieur de Sorbonne est honorable, dispendieuse, & demande des talens dans ceux qui la remplissent.

Prieur, grand, (Hist. mod.) chevalier de Malte, distingué par une dignité de l’ordre qu’on nomme grand-prieuré. Dans chaque langue il y a plusieurs grands-prieurs ; par exemple, dans celle de France on en compte trois ; savoir, le grand-prieur de France, celui d’Aquitaine & celui de Champagne. Dans la langue de Provence on compte ceux de S. Gilles & de Toulouse, & dans celle d’Auvergne le grand prieuré d’Auvergne. Il y a également plusieurs grands-prieurs dans les langues d’Italie, & d’Espagne & d’Allemagne, &c. Les grands-prieurs, en vertu d’un droit attaché à leur dignité, conferent tous les cinq ans une commanderie qu’on appelle commanderie de grace, il n’importe si elle est du nombre de celles qui sont affectées aux chevaliers, ou de celles qui appartiennent aux servans d’armes, il peut en gratifier qui il lui plaît. Il préside aussi aux assemblées provinciales de son grand-prieuré. La premiere origine de ces grands prieurs paroît être la même que celle des prieurs chez les moines. Les chevaliers de S. Jean de Jérusalem étoient religieux, menoient la vie commune comme ils la menent encore à Malte ; ceux qui étoient ainsi réunis en certain nombre avoient un chef qu’on a nommé grand-prieur, du latin prior, le premier, parce qu’en effet il est le premier de ces sortes de divisions, quoiqu’il ne soit pas le chef de toute la langue ; on nomme celui-ci pilier. Voyez Pilier.

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Étymologie de « prieur »

(Nom 1) (XIIe siècle) Du latin prior (« le tout premier »). Ce mot a été choisi de préférence au mot abbé, qui était traditionnellement utilisé pour ce type de fonctions dans les monastères jusqu'alors, au vu du fait que le mot abbé signifie « père » et que Jésus recommande de ne pas prendre le titre de « père » (Mt 23:8-12).
(Nom 2) (Siècle à préciser) Composé de prier et -eur.
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Lat. priorem, qui précède, qui est plus en avant, comparatif dont primus est le superlatif.

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Phonétique du mot « prieur »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
prieur prijœr

Citations contenant le mot « prieur »

  • La sagesse du moine de Rabelais est la vraie sagesse, pour son repos et pour celui des autres : faire son devoir tellement quellement* ; toujours dire du bien de Monsieur le Prieur, et laisser aller le monde à sa fantaisie. Denis Diderot, Le Neveu de Rameau
  • Allah fait ce qu’il veut ; il n’est pas obligé d’accéder à toutes les prières des pauvres humains. Les mânes font ce qu’ils veulent ; ils ne sont pas obligés d’accéder à toutes les chiaderies des prieurs. De Ahmadou Kourouma / Allah n’est pas obligé
  • L'Hôtel-Dieu était un prieuré conventuel hospitalier géré par cinq chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin sous la responsabilité d'un prieur. Ce dernier était élu lors d'une assemblée de ville se tenant au prétoire du bailliage en présence du bailli, de son lieutenant et des échevins. L'évêque de Bayeux lui donnait la collation. Prélat du second ordre, il était nommé « Prieur par la grâce de Dieu » ou « Grand maître de l'Hôtel-Dieu de Caen ». Les fonds de l'établissement étaient conservés dans un coffre à deux serrures ; l'une des clés était détenu par le prieur, l'autre par le plus ancien des jurés. Mais aux XVIe ‑ XVIIe siècles, un conflit éclate entre les prieurs et la ville. En 1561, un édit de Charles X confie la gestion des revenus de l'hôpital à un administrateur nommé pour trois ans par les bourgeois de la ville. Huit ans plus tard, le prieur est rétabli dans ses droits. Mais son successeur, fatigué par l'âge, confie à nouveau l'administration aux échevins. Ses successeurs tentent en vain de récupérer leurs prérogatives. En 1636, un arrangement (La notion d'arrangement est utilisée en probabilités, et notamment pour les dénombrements en analyse combinatoire.), confirmé par un arrêt du parlement de Normandie du 15 avril 1638, est trouvé : l'édit de Charles IX est confirmé, mais l'administrateur nommé par les échevins doit rendre des comptes écrits en arrêt des Grands Jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et...) en la présence du prieur. Techno-Science.net, 🔎 Hôtel-Dieu de Caen - Définition et Explications
  • Visite du logis du prieur Cunault du samedi 19 septembre au dimanche 20 septembre à logis du prieur Cunault Unidivers, Visite du logis du prieur Cunault logis du prieur Cunault Gennes-Val-de-Loire samedi 19 septembre 2020

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Traductions du mot « prieur »

Langue Traduction
Anglais prior
Espagnol anterior
Italien precedente
Allemand vor
Chinois 事前
Arabe قبل
Portugais anterior
Russe предшествующий
Japonais 前に
Basque aurretiko
Corse prima
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Synonymes de « prieur »

Source : synonymes de prieur sur lebonsynonyme.fr

Prieur

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