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Pignon

Sommaire

  • Définitions du mot pignon
  • Étymologie de « pignon »
  • Phonétique de « pignon »
  • Citations contenant le mot « pignon »
  • Images d'illustration du mot « pignon »
  • Traductions du mot « pignon »
  • Synonymes de « pignon »

Définitions du mot « pignon »

Trésor de la Langue Française informatisé

PIGNON1, subst. masc.

A. −
1. Pignon (blanc, doux). Graine comestible de la pomme de pin. Synon. pigne.Huile de pignon. En mangeant mes pignons j'ouvris un illustré (Colette,Naiss. jour, 1928, p.44).Ouvrez la casserole. À ce moment-là, l'eau doit logiquement être absorbée par le riz. Ajoutez alors le beurre, en petits morceaux, les pignons et les amandes, remuez bien, avec une fourchette (Marie-Claire, 15 juill. 1966, p.67, col. 3).
Rem. ,,L'amande de ce fruit est appelée pistache par les confiseurs, qui l'emploient à faire de petites dragées`` (Littré).
2. Pin à pignon(s), pin(-)pignon ou, p. ell., pignon. Synon. pin(-)parasol (v. pin):
. Les pignons doux, semences du pin cultivé ou pin à pignons (...), que l'on trouve à la base des écailles dont est formé le cône de cet arbre, sont oblongs, un peu anguleux, de la grosseur de petits haricots: ce sont des amandes très-blanches, d'une saveur douce et huileuse, revêtues d'une enveloppe jaunâtre et dure. Kapeler, Caventou,Manuel pharm. et drog., t.2, 1821, p.547.
B. − Pignon d'Inde. Semence du médicinier. Pignons d'Inde ou noix des Barbades (...). Capsules à trois loges, de la grosseur d'une noix, contenant dans chaque loge une semence composée d'une enveloppe mince, sèche et cassante, et d'une amande blanche, d'une âcreté insupportable. Ces capsules sont les fruits du médicinier cathartique (...) qui croît à la Guyane, à la Jamaïque et aux Barbades (Kapeler, Caventou,Manuel pharm. et drog., t.2, 1821, p.546).
Prononc. et Orth.: [piɳ ɔ ̃]. Homon. et homogr. pignon2, 3. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1350 pignon «graine comestible du pin pignon» (Texte médical fr., ms. BN fr. 12323, f o144 r oa, éd. R. Arveiller ds Romania t.94, p.160: pignons mundés); b) 1797 pin à pignon (Voy. La Pérouse, t.2, p.256); 1836 pin pignon (Maison rustique du XIXes., t.4, p.49b); 1870 p. ell. pignon (Privat-Foc.); 2. 1680 pignon purgatif (Rich.); 1694 pignon d'Inde (Corneille); 3. 1765 pignon de Barbarie (Encyclop.). Empr. à l'a. prov. pinhon «amande de la pomme de pin» (xives., Rayn., Levy Prov.), dér. de pinha «pomme de pin» (v. pigne).

PIGNON2, subst. masc.

A. − BÂTIMENT
1. ,,Mur dont la partie supérieure prend la forme d'un triangle dont les côtés sont dirigés suivant les pentes d'un comble à deux égouts`` (Chabat 1881). Façade, maison, mur, toit à pignon(s); pignon aigu, haut, pointu; fronton de pignon. Du côté de la rue, comme sur la rivière, la maison avait pour coiffure un toit semblable à deux cartes mises l'une contre l'autre, et présentait ainsi pignon sur rue et pignon sur l'eau (Balzac,Martyr calv., 1841, p.56).Un bâtiment simple se compose de deux murs goutterots et de deux pignons. Suivant que le bâtiment est tourné, il présente sur sa façade, soit un des pignons, soit un des murs goutterots (Viollet1875).Autrefois le pignon de toutes les maisons faisait face à la rue. Les pauvres gens n'avaient leur pignon que dans les ruelles ou les cours. Avoir pignon sur rue était donc le fait d'un propriétaire aisé (France1907).
Rem. 1. ,,On dit plus précisément pignon droit`` (Lar. Lang. fr.). 2. De nos jours le pignon ne faisant généralement plus face à la rue, on appelle aussi pignon la ,,face latérale de bâtiment n'ayant aucune ouverture importante et dont la partie supérieure épouse la forme du comble à une ou plusieurs pentes`` (Barb.-Cad. 1971).
Mur* (de) pignon.
Spécialement
Pignon à redans, à redents. ,,Pignon dont les rampants sont disposés en degrés d'escaliers`` (Chabat 1881). L'administration des postes et télécommunications (...) s'attache à respecter le style et le matériau de la région: toits à longues pentes et balcons en Alsace, pignons à redents en Flandre (Admin. P. et T., 1964, p.39).
2. Expr. [En parlant d'une pers.] Avoir pignon sur rue
a) Vx. Posséder une maison donnant sur la rue et, en particulier, dont la façade à pignon donne sur la rue. Supra ex. de France 1907.
b) P. anal. ou au fig.
Posséder des biens immeubles importants; être fortuné. C'est une bonne caution, il a pignon sur rue (Ac.).Les jurés, choisis, triés, tous gens de bien, propriétaires, ayant, dit-on, pignon sur rue (Courier,Pamphlets pol., Procès, 1821, p.93):
. ... il est bien agréable d'entendre dire de soi: c'est un homme qui a pignon sur rue (...). Je me fais aisément l'idée du bonheur et de l'importance d'un propriétaire qui passe son tems à visiter sa maison de la cave au grenier; à recevoir les hommages de son portier, les réclamations de ses locataires; à donner et à recevoir des congés; à signer des baux, des états de lieux et des quittances. Jouy,Hermite, t.2, 1812, p.133.
Être honorablement connu dans un domaine d'activité. Pour traiter complètement de «l'enseignement de la musique en France» (...) l'on pourra tout au plus, en quelques pages, évoquer (...) les écoles et organismes privés, en se bornant d'ailleurs à ceux et celles qui ont, à Paris, pignon sur rue (Enseign. mus., 1, 1950, p.4).
En partic. [En parlant d'un commerçant] Posséder un magasin bien situé et réputé. Acquérir pignon sur rue. MmeLigneul aimait la vieille ville de granit jauni où elle se disait avec orgueil que la famille de sa mère, marchande et passablement pirate, avait eu pignon sur rue (Drieu La Roch.,Rêv. bourg., 1937, p.188).
B. − HÉRALD. Meuble ayant l'aspect d'un pignon à redans. On nomme le nombre de montants ou degrés du pignon en blasonnant (Grandm.1852).
REM.
Pignonné, -ée, adj.,hérald. Pièces, partitions pignonnées. Pièces, partitions ,,dont les lignes de bordure sont découpées en forme de pignons triangulaires`` (Past. Hérald. 1979).
Prononc. et Orth.: [piɳ ɔ ̃]. Homon. et homogr. pignon1, 3. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1174-76 pinnon «sommet (d'une montagne)» (Guernes de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 686). B. 1. a) av. 1211 pignon archit. «partie supérieure d'un mur» (Cart. de Philippe-Auguste, Ms. Rome Vatican Ottoboni 2796, fo94 rods Gdf. Compl.); b) 1691 pignon à redents, pignon entrapeté (A. Ch. d'Aviler, Cours d'archit., 2epart., p.752); 2. 1584 expr. avoir pignon sur rue (O. de Tournebu, Les Contens, acte IV, scène I ds Anc. Théâtre Fr., t.7, p.185: mon nouveau debiteur est homme riche et qui a pignon sus rue); 3. 1681 hérald. (F. Menestrier, Abrégé méthodique des principes heraldiques d'apr. FEW, t.8, p.538b). D'un lat. pop. *pinnio, -onis «pignon», dér. du lat. class. pinna «merlon, panneau plein entre deux créneaux» (FEW t.8, pp.538-539). Bbg. Archit. 1972, p.72.

PIGNON3, subst. masc.

A. − MÉCAN. Roue dentée qui engrène dans les dents d'une autre roue; en partic., la plus petite des deux roues d'un engrenage. Pignon de changement de vitesse; dents, dentelure du pignon. Seul un arbre sort de la carcasse [de la voiture] et transmet le mouvement aux roues par un pignon et une roue dentée avec ou sans chaîne (Soulier,Gdes applic. électr., 1916, p.179).Pour une cause indéterminée, le pignon du démarreur n'est pas allé jusqu'à s'enclencher dans la couronne du démarreur (Chapelain,Techn. automob., 1956, p.360).Le Merc 500 possède de nouveaux pignons de marche AV et AR monobloc et une nouvelle gamme d'hélices: les nouveaux blocs-moteurs et pignons monobloc du Merc 350 vous sortent de l'eau et vous tirent plus vite (L'Express, 21 mars 1966, p.81, col. 2).
[Sur une bicyclette] Roue dentée, solidaire du moyeu de la roue arrière et sur laquelle engrène la chaîne entraînée par le pédalier. Les deux pignons [d'une bicyclette] sont reliés entre eux par la chaîne (Baudry de Saunier,Cycl., 1892, p.203).
HORLOG. ,,Roue dentée à un petit nombre de dents appelées ailes`` (Lar. encyclop.). Le système de roues et de pignons qui aboutit à l'angle mobile des aiguilles sur le cadran (Claudel,Art poét., 1907, p.141).
Pignon de renvoi. Dans un engrenage, pignon supplémentaire qui sert à communiquer le mouvement à une partie éloignée du mécanisme. (Dict. xixeet xxes.).
B. − SERR. ,,Cylindre cannelé réglant le pène de certaines serrures`` (Chesn. t.2 1858).
Prononc. et Orth.: [piɳ ɔ ̃]. Homon. et homogr. pignon1, 2. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1. 1328 paingnon «la plus petite des deux roues dentées d'un couple d'engrenages» (Compte d'Oudart de Lagny, Arch. Nat. KK 3A, fo36 rods Gdf. Compl.: les roes, les rotiaus et paingnons desdiz moulins); 2. a) mil. ou 2emoit. xives. [et non xiiies., erreur de date ds Lar. Lang. fr.] paignon horlog. (Ung petit traicté pour faire horoleiges, éd. E. Morpurgo, 9a ds T.-L. [cf. Z. rom. Philol. t.73, pp.274-287]); 1437 pignon (L. A. Jouen, Comptes du manoir de Rouen, p.160: le pignon de la roue du foliot); b) 1765 pignon de renvoi (Encyclop. t.12, p.616a); 3. 1564 pignon «cylindre cannelé (dans le mécanisme d'une main artificielle)» (A. Paré, éd. J.-F. Malgaigne, l. XVII, chap.12, t.2, p.616); 4. 1765 serr. (Encyclop. t.12, p.616b); 5. 1890 p. ext. «toute roue d'engrenage» (Lar. 19eSuppl., s.v. vélocipède: l'introduction de deux pignons dentés [dans la bicyclette]). Dér. de peigne*; suff. -on1*.
STAT.Pignon1, 2 et 3. Fréq. abs. littér.: 275. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 358, b) 555; xxes.: a) 459, b) 285.

Wiktionnaire

Nom commun 1

pignon \pi.ɲɔ̃\ masculin

  1. (Technique) Roue dentée faisant partie d’un système à chaîne (inventée en 1880) ou d’un couple d’engrenage dans un système de transmission ou un réducteur. Le pignon est la roue dentée qui a le plus petit nombre de dents.
    • Deux grands défauts qu’on doit éviter dans un engrenage, c’est qu’il soit trop fort ou trop faible. Dans le premier cas, les dents de la roue sont sujettes à quoter, c’est-à-dire, que les deux pointes de deux dents voisines vont toucher les deux faces opposées des deux ailes du pignon ; de sorte que ni la roue, ni le pignon ne peuvent se mouvoir. — (Denis Diderot, Jean Le Rond d’Alembert, Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, 1782, p. 457)
    • La disposition à engrenages planétaires comporte un pignon central monté directement sur l’arbre du moteur, un équipage de satellites et une couronne fixe dans laquelle les satellites engrènent en tournant sur eux-mêmes. — (La Technique moderne, H. Dunod & E. Pinat, 1936, vol. 28, p. 481)
    • À Scionzier, en août 1852, l'altercation se déroule dans l'auberge, à 22 h 30, jour de la vogue, en « fin de veillée. » Quatre jeunes gens, tous fabricants de pignons de montre, entonnent « La République en Savoie règnera » au nez des carabiniers présents dans la salle. — (Sylvain Milbach, L'éveil politique de la Savoie: Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853), Presses universitaires de Rennes, 2008)

Nom commun 2

pignon \pi.ɲɔ̃\ masculin

  1. (Architecture) Partie supérieure d’un mur qui se termine en pointe et dont le sommet porte le bout du faîtage d’un comble à deux pentes.
    • Termonde était vide. Termonde n’était plus. Çà et là, un pignon subsistait, ou un monument, pour montrer que sur cet emplacement avait fleuri une cité. — (Pierre Nothomb, Les barbares en Belgique, 1915)
    • […] ; des pignons s’effritent comme de vieux chicots, une étable n’est plus qu’un amas de pierrailles ; […]. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • On aurait dit un morceau d'image d'Epinal, avec de petites maisons à pignon aigu et ancien, des lointains tout en hachures, des clochetons grêles et mignons. — (Jean Ray, Harry Dickson, Le Savant invisible, 1934)

Nom commun 3

pignon \pi.ɲɔ̃\ masculin

  1. (Par ellipse) Pin pignon
    • De place en place, une dune ressort sur cette platitude, donnant sa note propre avec ses grands pignons ou ses buissons de tamaris, seuls à résister au vent de la côte, et parfois de véritables bois comme cette extraordinaire génévraie des Bièges. — (Annales de la Faculté des sciences de Marseille, 1937, p.8)
  2. (Botanique) Amande de la pomme de pin.
    • À Malte, le prinjolata est un gâteau fait à base de biscuits à la cuiller, cerises glacées et pignons. — (Annie Perrier-Robert, Dictionnaire de la gourmandise : pâtisseries, friandises et autres douceurs, Robert Laffont, 2012)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PIGNON. n. m.
Partie supérieure d'un mur qui se termine en pointe et dont le sommet porte le bout du faîtage d'un comble à deux pentes. Dans les anciennes maisons, le pignon était sur la face principale. Mur de pignon. Voyez MUR. Prov., Avoir pignon sur rue, Avoir une maison à soi. Il signifie aussi Posséder des immeubles, des biens importants. C'est une bonne caution, il a pignon sur rue.

Littré (1872-1877)

PIGNON (pi-gnon) s. m.
  • 1 Terme d'architecture. La partie des murs qui s'élève en triangle et sur laquelle porte l'extrémité de la couverture. J'habitais au milieu des hauts pignons flamands, Hugo, Contempl. V, 8.

    Pignon à redens, celui qui est à la tête d'un comble à deux égouts, et dont les côtés sont en manière de degrés, pour pouvoir y monter lorsqu'il y a des réparations à faire au comble.

    Avoir pignon sur rue, posséder une maison dans une ville et sur la rue, parce que, autrefois, c'était le pignon qui, comme aujourd'hui dans les églises, faisait la façade de la maison ; et fig. avoir à soi une maison d'un bon rapport. Certains auteurs, parlant de leurs ouvrages, disent : mon livre : ils sentent leurs bourgeois qui ont pignon sur rue, et toujours un chez moi à la bouche, Pascal, Pens. XXIV, 68, éd. HAVET.

  • 2 Terme de blason. Fragment de muraille en forme de degrés.

HISTORIQUE

XVe s. En faisant refaire L'huys de derriere et le pignon, Villon, Test. Jehan Rodigo et Guillaume son voisin mangerent des chastaignes en la maison du dit Guillaume ou au pignon d'icelle, Du Cange, pignio.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PIGNONS ou PIGNONS DOUX, (Diete & Mat. med.) fruits du pin franc ou cultivé. Voyez Pin.

Les pignons contiennent une amande ou semence émulsive qui est assez agréable à manger, sur-tout lorsqu’on l’a recouverte de sucre, c’est-à-dire qu’on en a fait une dragée, qu’on emploie dans les émulsions, & dont on tire une huile par expression qui est d’usage en medecine. Ces usages des pignons, & leurs propriétés diététiques & médicamenteuses, n’ont rien de particulier : tout cela leur est commun au contraire avec toutes les semences émulsives que les hommes mangent. Voyez Semences émulsives.

Les pignons ont cela de spécial, qu’ils sont d’un tissu mou & lâche, & qu’ils sont éminemment huileux, ce qui les rend communément pesans à l’estomac, & très-sujets à vomir. Il est difficile de les préserver de cet accident pendant toute l’année, même en les conservant dans leur coque, qui est très-dure & très-dense. On ne doit les employer que lorsqu’ils sont récens, secs & très-blancs. (b)

Pignon d’inde, ricinoides, genre de plante à fleur en rose, composée de plusieurs pétales disposés en rond, & soutenus par un calice qui a plusieurs feuilles ; cette fleur est stérile. L’embryon se trouve sur le même individu séparément des fleurs ; il est couvert d’un calice, & il devient dans la suite un fruit qui se divise en trois capsules : elles renferment chacune une semence oblongue. Tournefort, Inst. rei herb. app. Voyez Plante.

Pignon d’inde ou Ricin, (Mat, med.) on trouve dans les boutiques plusieurs sortes d’amandes purgatives sous le nom de pignon d’Inde ou de ricin, que l’on apporte soit des Indes orientales, soit de l’Amérique. L’une porte plus particulierement le nom de graine de ricin ou de pignon d’Inde : elle est le fruit du ricin vulgaire ou palma Christi. Une autre est connue sous le nom spécial de pignon de Barbarie : elle est le fruit du grand ricin d’Amérique ou medicinier. Voyez Médicinier. Une troisieme est le fruit du médicinier d’Espagne, & est quelquefois appellée aveline purgative du nouveau monde ; & enfin une quatrieme espece est connue sous le nom de graine de Tilli ou des Moluques, & c’est le fruit de l’arbre appellé vulgairement panava ou pavana.

Tous ces fruits, dont le premier a été connu des anciens, sont des purgatifs émétiques très-violens, capables d’enflammer la gorge, l’estomac & les intestins, & de produire tous les autres ravages des vrais poisons. Les habitans des pays où ces fruits croissent, se sont un peu familiarisés avec ces remedes, qu’ils préparent & qu’ils emploient diversement ; mais la Medecine possede assez de purgatifs violens aussi sûrs & moins dangereux, pour qu’elle doive rejetter absolument l’usage de ceux-ci. (b)

Pignon, terme de Méchanique ; c’est en général la plus petite de deux roues qui engrenent l’une dans l’autre ; cependant on donne ce nom plus particulierement à la roue qui est menée ; c’est dans ce dernier sens que nous le prenons dans tous les articles où nous parlons des pignons, & sur-tout dans l’article Dent, où tout ce que nous disons de la forme des dents des roues & des ailes des pignons, doit s’entendre de ces dents & de ces ailes, en tant que la roue mene & que le pignon est mené.

On emploie dans les machines de deux sortes de pignons ; dans les grandes ce sont ordinairement des pignons à lanterne, fig. 5. NY ; dans les petites, des pignons dont les dents ou ailes sont disposées & formées à peu-près de la même façon que celles des roues ; tels sont ceux des montres, des pendules, &c.

Les fuseaux AB des pignons à lanterne, sont ordinairement cylindriques. Plusieurs artistes ont renouvellé dernierement une ancienne pratique, qui est de faire tourner ces fuseaux sur leurs axes, entre autres à Londres M. Harisson, dans sa premiere pendule pour les longitudes ; leur but étoit de diminuer par-là le frottement des dents de la roue sur les fuseaux ; mais quoique ce frottement soit assez de conséquence pour qu’on doive y faire attention, cependant ce n’est pas la chose essentielle dans un engrenage ; c’est l’uniformité de l’action de la dent de la roue sur le fuseau ou sur l’aile du pignon, comme on l’a vû à l’article Dent, uniformité qu’on a de la peine à se procurer lorsque l’on fait tourner les fuseaux sur leurs axes, parce qu’étant obligé de les faire d’une certaine grosseur, sans quoi l’avantage ne seroit presque rien, il est difficile de donner alors à la dent la forme requise pour qu’elle mene le fuseau toujours uniformément.

M. de la Hire, dans son traité des épicycloïdes, a démontré que pour qu’une dent mene toujours le fuseau uniformément, en supposant qu’il soit infiniment délié, il faut que sa face soit formée par la portion d’une épicycloïde engendrée par un cercle générateur, ayant pour diametre celui du pignon, & roulant sur la circonférence de la roue. Voyez la fig. 101. Pl. des outils d’Horlogerie. Mais comme un tel fuseau n’existe point, & que tous ont une certaine grandeur, il ajoute que pour y suppléer, l’épicycloïde dont nous venons de parler étant une fois décrite, il faut de tous ses points décrire du côté de sa concavité des petits arcs de cercle dont le rayon soit égal à celui du fuseau, & que l’intersection de tous ces petits arcs formera une nouvelle courbe, qui sera la courbe requise.

Quant aux pignons ordinaires, dont on fait usage dans les montres & dans les pendules, la face de leurs ailes ou dents doit être terminée par une ligne droite tendante au centre, comme on l’a vû à l’article Dent. Voyez le pignon de la fig. 102. En général la figure des ailes d’un pignon doit être toujours conditionnelle à celle des dents de la roue ; mais comme il y a telle forme de dent pour laquelle il seroit impossible de trouver une figure pour les ailes du pignon, telle qu’il en résulte un mouvement uniforme de ce pignon, & que de plus il seroit souvent impraticable de donner aux faces de ces ailes, certaines formes requises ; on a choisi la ligne droite comme étant la plus simple & la plus facile à exécuter.

Pour qu’un pignon soit bien fait, il faut qu’il soit bien poli, que les faces de ces ailes tendent bien au centre, & que l’axe se trouve dans leurs plans prolongés.

Comme les diametres des pignons doivent être à ceux des roues dans lesquelles ils engrenent, comme leur nombre à celui de ces dernieres, il s’ensuit que les dents de l’un & de l’autre sont toujours égales, c’est-à-dire que la corde d’une dent du pignon doit être égale à celle d’une dent de la roue ; or comme dans les pendules & dans les montres, les roues sont ordinairement faites les premieres, & que c’est sur leurs diametres que se déterminent ceux des pignons, il en résulte qu’un nombre quelconque de dents de la roue étant pris pour le diametre du pignon, ce diametre en formant cette analogie, 7 est à 22 comme le nombre des dents de cette roue est à ce que je cherche ; le quatrieme terme qui viendra par cette regle de trois, sera le nombre du pignon : ou lorsque le nombre est donné en renversant cette analogie, & disant 22 est à 7 comme le nombre du pignon est à ce que je cherche, on aura le nombre des dents de la roue qu’il faudra prendre pour le diametre du pignon. Les Horlogers disputent souvent sur la véritable grosseur des pignons & la maniere de la prendre ; mais c’est faute de bien savoir de quoi il est question, car lorsqu’une fois le nombre d’un pignon & d’une roue qui engrenent l’un dans l’autre, sont donnés aussi bien que le diametre de la roue, le diametre du pignon l’est aussi invariablement, & ne peut être ni plus grand ni plus petit qu’une certaine grandeur, puisque ces deux diametres doivent être entr’eux comme les nombres du pignon & de la roue. La seule difficulté seroit au sujet de cette partie de surplus de la roue & du pignon qui sont arrondis ; mais quand une fois les diametres réels de l’un & de l’autre sont déterminés, il est facile de trouver celles-ci, car le pignon ne doit être arrondi que pour que les angles des faces ne soient pas trop aigus.

Pignon de renvoi est un pignon qui sert à communiquer le mouvement d’une partie de l’horloge à une autre, comme du mouvement à la quadrature, &c.

Pignon du volant est dans un rouage de sonnerie ou de répétition, le dernier pignon dans les montres à répétition ; on le nomme délai. On l’appelle pignon du volant, parce que dans les horloges, les pendules, & quelquefois dans les montres, il porte sur sa tige une piece à laquelle on donne le nom de volant. Voyez Volant, sonnerie, &c.

Pignon, (Architect.) c’est le haut d’un mur mitoyen ou d’un mur de face, qui se termine en pointe & où vient finir le comble. Le pignon de la salle du légat de l’hôtel-Dieu de Paris, très-orné de sculpture, est un des plus grands qu’il y ait. Il a été bâti sous François I. par ordre du cardinal Antoine Duprat.

Pignon à redents ; c’est la tête d’un comble à deux égouts ; un pignon dont les côtés sont par retraites en maniere de degrés, & qu’on faisoit anciennement pour monter sur le faîte du comble, lorsqu’il en falloit réparer la couverture. Cela se pratique aujourd’hui dans les pays froids, où les combles sont fort pointus, mais plutôt pour ornement que pour les réparations.

Pignon entrapeté ; c’est un bout de mur à la tête d’un comble, dont le profil n’est pas triangulaire, mais qui a cinq pans comme celui d’une mansarde, ou même quatre comme un trapeze.

Pignon, (Chanvrerie.) ce mot se dit de tout ce qui sort du cœur du chanvre quand on l’apprête & qu’on l’habille, en le passant par les serans.

Pignon, ou Peignon, (Lainage.) c’est une laine de médiocre qualité, qui tombe de la laine fine lorsqu’on la peigne avec les cardes & cardasses. Il y a trois sortes de pignons de laine, savoir de bons & fins pignons, de moyens & de gros, qui chacun selon leur qualité, peuvent être employés dans diverses natures d’étoffes de laine. Savary.

Pignon, (Serrurerie.) piece qui sert dans les serrures à faire mouvoir les verrous quand elles en ont, & à ouvrir & fermer les doubles penes des cofres-forts.

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Étymologie de « pignon »

Wall. peignon ; ital. pignone ; du lat. pinna, créneau de muraille.

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(Nom 1) Roue dentée. De peigne avec le suffixe -on.
(Nom 2) Partie d’un mur. Du latin pinnio, « pignon », dérivé de pinna, « merlon ».
(Nom 3) Amande. De l’occitan pinhon, de pinha, « pomme de pin ».
(Nom 4) Coquillage. De pinne.
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Phonétique du mot « pignon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pignon piɲɔ̃

Citations contenant le mot « pignon »

  • À Perthes-lès-Brienne, la façade à pignon de l’église Saint-Denis, revêtue d’un tavillon a été restaurée à l’identique par l’entreprise briennoise Champi Charpente. Journal L'Est Éclair abonné, Perthes-lès-Brienne : le pignon de l’église a été restauré
  • L’étude régionale des activités de Arbre de pignon de diff automobile, basée sur le volume de production et de consommation de cette région, les revenus (millions USD), le taux de croissance du marché de 2020 à 2026. Les principaux impacts de la région sur les activités de Arbre de pignon de diff automobile, sont l’Amérique du Nord, le Moyen Est et Afrique, Asie du Sud, Amérique latine, Europe. Le rapport avec des tableaux et des graphiques donne une vue d’ensemble de l’industrie. INFO DU CONTINENT, Global Arbre de pignon de diff automobile, Analyse du marché 2020 de la part de marché et de la taille du marché | Par les principaux fabricants - INFO DU CONTINENT

Images d'illustration du mot « pignon »

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Traductions du mot « pignon »

Langue Traduction
Anglais pinion
Espagnol piñón
Italien pignone
Allemand ritzel
Chinois 小齿轮
Arabe جناح الطائر
Portugais pinhão
Russe шестерня
Japonais ピニオン
Basque pinion
Corse pinion
Source : Google Translate API

Synonymes de « pignon »

Source : synonymes de pignon sur lebonsynonyme.fr
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