La langue française

Pantalon

Définitions du mot « pantalon »

Trésor de la Langue Française informatisé

PANTALON, subst. masc.

A. −
1.
a) [Désigne une pièce de vêtement de dessus portée par les hommes et parfois par les femmes] Culotte longue descendant jusque sur le cou-de-pied. Synon. braies (vx), bénard, culbutant, falzar, fendant, froc, futal, grimpant (fam, pop. ou arg.).Sur le rebord d'une ravissante fenêtre carrée, un pantalon rouge, étalé tout ouvert, laissait tomber ses deux jambes le long du mur, et déployait avec une impudence bête son grand pont à doublure grise (Flaub.,Champs et grèves,1848, p.200).Cette sortie avait été pour elle l'occasion d'enfiler un pantalon tiré il ne savait d'où, et elle était charmante dans sa minceur, petite silhouette faussement masculine que dévorait un flot de cheveux (P. Gadenne,La Plage de Scheveningen, Paris, Gallimard, 1982 [1952], p.214):
1. Moi, qui suis un homme qui ne m'occupe pas de toilette, qui trouve cette chose au-dessous de moi et la méprise, il m'arrive d'acheter un pantalon, −le seul morceau d'habillement où il y ait encore de la fantaisie et qui soit matière à dépense de goût, −à acheter un pantalon pour une nuance, pour une disposition, comme on achète un bibelot, une orchidée. Goncourt,Journal,1888, p.859.
Pantalon à pieds (vieilli). Pantalon dont le bas se prolonge au delà du cou-de-pied et qui enveloppe le pied comme un bas. Bonjour (...) dit-il à M. Alidor, qu'il trouva en veston rose et en pantalon à pieds (A. France,Chat maigre,1879, p.295).
Pantalon à la hussarde. V. hussard I B 2 a.
Loc. fig.
Le petit doigt sur la couture du pantalon. Dans une position raide, celle du soldat au garde-à-vous, pour manifester le respect. La Guillaumette fit un pas en avant, vint prendre place près du sous-officier, et, les talons sur la même ligne, les pieds écartés en équerre, il laissa retomber ses bras sans affectation ni raideur, le petit doigt sur la couture du pantalon (Courteline,Train 8h47,1888, 1repart., V, p.50).Marollier, face au général, le petit doigt de la main gauche sur la couture du pantalon, la main droite à la tempe. −Vous avez raison, mon général! Vous avez raison! (Feydeau, Dame Maxim's, 1914, III, 17, p.70).
User ses fonds de pantalon, ses pantalons sur les bancs d'une école. Synon. de user ses culottes*, ses fonds de culottes* sur les bancs d'une école.De la dureté ancienne exagérée, on passe à une exagération de douceur affaiblissante (...). Au collège Rollin, (...) sur ces bancs où nous avons tous usé nos pantalons sur le bois dur et lustré, mon petit cousin et ses camarades ont des ronds, comme les ronds des vieux (Goncourt,Journal,1861, p.941).
Pop. Baisser le pantalon (devant qqn), baisser son pantalon (devant qqn) Se soumettre aux exigences, aux volontés de quelqu'un. Synon. baisser son froc*:
2. ... reprendre la même route, tous les matins, avec une fatigue qui s'accumule, pour recevoir, à la fin de la semaine, seulement ce qu'on veut bien vous donner, et qui suffit de moins en moins. (...) la colère les avait gagnés (...) après les premières discussions avec le patron. Il avait dit en effet, tout sec, que c'était à prendre ou à laisser. Un homme ne parle pas ainsi. «Qu'est-ce qu'il croit! avait dit Esposito, qu'on va baisser le pantalonCamus,Exil et Roy.,1957, p.1597.
Pop. Ne rien avoir dans le pantalon. Synon. de n'avoir pas de couilles* (au cul) (vulg.).«T'as donc pas envie de faire joujou avec ta souris?» «Eh dis! avec quoi que je le ferais? J'ai trop marché, il ne me reste plus rien dans le pantalon. Je veux dormir et seul» (Sartre,Mort ds âme,1949, p.202).
Porter le pantalon (dans le ménage). Synon. de porter la culotte (v. ce mot A 1 b).
P. ext. Synon. de culotte (v. ce mot A 1 a et b).Deux tout petits de cinq à six ans, en pantalons courts, blouses et tabliers blancs par-dessus (Loti,Rom. enf.,1890, p.36).L'homme, jeune, brûlé de soleil, les cheveux blonds (...) portait un court pantalon laissant à nu les jambes musculeuses et poilues. La femme pouvait avoir vingt ans. En culotte aussi (Van der Meersch,Empreinte dieu,1936, p.223).
Pantalon de cheval. Synon. de culotte* de cheval.Un pantalon de cheval, retouché sur lui-même par le maître tailleur et dont les basanes ajustées singeaient la botte (Courteline,Train 8h47,1888, 1repart., 1, p.11).
Pantalon de golf. Synon. de culotte* de golf, knicker-bockers.Il portait volontiers des pantalons de golf (Beauvoir,Mém. j. fille,1958, p.310).
Rem. Pantalon s'emploie gén. au sing. (sauf au Canada, où il est gén. au plur.), mais on rencontre dans des emplois vieillis: une paire de pantalons, des pantalons. C'est un gaillard qui (...) porte (...) des pantalons collans (Musset, Lettres Dupuis Cotonet, 1836, p.595). Supra ex. de Goncourt, Journal, 1861, p.941.
SYNT. Pantalon de casimir, coutil, cuir, daim, drap, flanelle, laine, lin, nankin, toile, velours; pantalon collant, corsaire, droit, étroit, fuseau, large, moulant, serré; pantalon à (grand) pont, à jambes/pattes/pieds d'éléphant (vx), à l'éléphant, à la marinière, à revers, à sous-pieds; pantalon de tennis, de ski; pantalon de pyjama; pantalon fantaisie, habillé, rayé; pantalon de cérémonie, du dimanche; bas, braguette, bretelles, canon, ceinture, enfourchure, entre-jambes, fond, jambes, pli, poche, poche revolver, pont, sous-patte d'un pantalon; boutonner, enfiler, mettre, quitter, passer, porter un pantalon; pantalon de femme, d'homme, pour dame, unisexe; pantalon de zouave.
b) P. méton., fam., vieilli
α) Pantalon rouge/garance. Soldat de la ligne. La garnison est en liberté, à cette heure-ci, et les pantalons rouges, farauds, ne se gênent pas. Déjà, en venant dîner, notre petite bande était escortée de sourires, de claquements de langue et de bruits de baisers jetés; ces manifestations exaspèrent la directrice qui fusille de ses regards les audacieux fantassins (Colette,Cl. école,1900, p.213).
Donner dans le pantalon rouge. Accorder, de préférence, ses faveurs aux militaires. Gervaise (...) lui reprochait sa vie crûment et lui demandait si elle donnait dans les pantalons rouges, pour rentrer cassée à ce point (Zola,Assommoir,1877, p.744).
β) Pantalon bleu. Gendarme. Il n'a à craindre que les gendarmes; et encore, s'ils sont trop près, les pantalons bleus (Vallès,Réfract.,1865, p.6).
c) Pièce de vêtement de dessus faisant partie du costume traditionnel des femmes dans certaines civilisations orientales. Elle apprit à fond la langue française dit adieu pour toujours à ses vestes brodées et à ses pantalons de soie rose (A. Daudet,Nabab,1877, p.125):
3. Ces costumes sont très-variés pour la couleur des étoffes et le nombre et l'éclat des joyaux; mais ils sont informes dans la coupe des vêtements. Ces vêtements consistent dans un pantalon à larges plis de satin rayé, noué à la ceinture par un tissu de soie rouge, et fermé au-dessus de la cheville du pied par un bracelet d'or ou d'argent; une robe brochée en or, ouverte sur le devant et nouée sous le sein, qu'elle laisse à découvert... Lamart.,Voy. Orient, t.1, 1835, p.196.
2. Fréq. au plur., vieilli. [Désigne une pièce de sous-vêtement féminin]
Culotte à jambes en lingerie que les femmes portaient sous le(s) jupon(s) ou la combinaison. Pantalons brodés, festonnés; dentelles du pantalon; pantalons à coulisse; pantalons fendus à l'entre-jambe; pantalon de batiste. Elle [la femme comme il faut] ne porte ni couleurs éclatantes, ni bas à jours, ni boucle de ceinture trop travaillée, ni pantalons à manchettes brodées bouillonnant autour de sa cheville (Balzac,Autre ét. femme,1842, p.385).Il y avait des chemises et des pantalons avec des entre-deux de dentelle de Venise, très fine. J'avais un plaisir extrême à toucher tout cela (Larbaud,Barnabooth,1913, p.128).Il se plaignait avec indignation de la lingerie allemande, surtout de ces grossiers pantalons de toile qui enserrent la femme du nombril aux genoux, si difficiles à retirer et qui lui avaient gâté son premier plaisir (Ambrière,Gdes vac.,1946, p.203):
4. Marguerite ôta sa robe (...). Elle apparut à peine vêtue d'un corset d'où émergeait la fine chemise à trou-trou nouée d'un ruban bleu, et d'un pantalon très court dont la broderie laissait voir les bas presque jusqu'au-dessus du genou. Aymé,Jument,1933, p.260.
Pantalon-jupon (vieilli). Pantalon très ample et très large qui permet (par sa forme) de supprimer un jupon pendant l'été. Que (...) de pantalons-jupons incrustés de chantilly imitation (Colette,Chambre d'hôtel,1940, p.161).
P. ext., vieilli. Culotte, slip. Elle fit tomber son pantalon à ses pieds puis le ramassa et le posa soigneusement sur sa robe avec son soutien-gorge (Sartre,Le Mur, Paris, Gallimard, 1978 [1939], p.86).
B. −
1. THÉÂTRE. ,,Toile peinte, masquant une découverte dans un décor`` (Mots rares 1965).
2. AÉRON. Pantalon de roue. Carénage profilé entourant la roue et la jambe du train d'atterrissage d'un avion, lorsqu'il n'est pas escamotable. (Dict. xixeet xxes.).
3. CHORÉGR. Première figure du quadrille français. Au premier quart du XIXes., le Q[uadrille] moderne se compose définitivement de cinq figures: pantalon, été, poule, pastourelle, finale (Brenet,Dict. prat. et hist. mus.,1926, p.374).
Prononc. et Orth.: [pɑ ̃talɔ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. 1. 1583-84 Panthalon, nom d'un personnage de la commedia dell'arte (Brantôme, Des Dames ds OEuvres, éd. L. Lalanne, t.7, p.347); 2. 1679 «personnage bouffonnement hypocrite» (Cardinal de Retz, Mém., éd. A. Feillet, t.2, p.62). II. 1. 1585 pantaleon «costume de Pantalon» (P. de L'Estoile, Mémoires-journaux, t.2, p.182, d'apr. T. Jaroszewska ds Kwart. neofilol. t.28, p.300; 1628 pantelon «costume allant du cou aux pieds et dont les chausses tombaient droites» (doc. 15 sept. ds Arch. hist. du départ. de la Gironde, t.1, p.19: Pour la facon de l'abit et pantelon); cf. 1651, J. Loret, La Muze historique, 22 janv., t.1, p.85: Il n'avoit point de haut-de-chausses, Mais un pantalon seulement; 2. 1790 «longue culotte sans pieds» (Marat, Pamphlets, Appel à la Nation, p.160); 3. 1797 désigne un sous-vêtement féminin (La Petite poste de Paris, no2, nivôse an 5, 20 ds Quem. DDL t.20). III. Emplois techn. 1. 1840 désigne une partie d'un décor de théâtre (Brisebarre et Jemma, L'Homme qui tue sa femme, II, 1 ds Quem. DDL t. 3); 2. 1842 désigne une des figures de la contredanse (Ac. Compl.). Empr. à l'ital. Pantalone, nom d'un personnage bouffon de la commedia dell'arte qui était vêtu d'un costume dont les chausses tombaient droites sur les pieds. En ital. ce nom fut d'abord un sobriquet appliqué aux Vénitiens (cf. début xviies., A. d'Aubigné, Confession du sieur de Sancy ds OEuvres, éd. Weber, p.636) parce que prénom très fréquent à Venise, St Pantaleone étant le patron de la ville. Voir FEW t.7, p.565b et T. Jaroszewska ds Kwart. neofilol. t.28, pp.293-304. Fréq. abs. littér.: 1843. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1320, b) 3723; xxes.: a) 3109, b) 2846.
DÉR. 1.
Pantalonner (se), verbe pronom.Se vêtir d'un pantalon. Tirésias, maîtrisant son mari, lui ôte son pantalon, se déshabille, lui passe sa jupe, le ligote, se pantalonne, se coupe les cheveux et met un chapeau haut de forme (Apoll.,Tirésias,1918, I, 4, p.888). [pɑ ̃talɔne], (il) -onne [-ɔn]. 1reattest. 1859 (Mozin-Biber, Dict. complet des langues fr. et all., Suppl. d'apr. FEW t.7, p.565a); de pantalon, dés. -er.
2.
Pantalonné, -ée, part. passé en empl. adj.Qui porte, qui est vêtu de pantalon (supra A 1 et 2). Morny (...) qui ne couchait jamais avec une femme, mais qui, tous les matins, sur un coin des divans officiels de l'appartement du premier au Corps Législatif, sacrifiait à Vénus avec une visiteuse enjuponnée, pantalonnée, tout jouissant et tout satisfait de ce seul et unique frottement des parties naturelles (Goncourt,Journal,1886, p.596).Je ne connais pas d'être plus impressionnable, ni plus dévoré d'appréhensions que ce colosse aux pieds d'argile [Judet] −et quels pieds! −pantalonné en toutes saisons de drap militaire (L. Daudet, Temps Judas,1920, p.41).Pantalonné de + nom de couleur (sans article).Pantalonné de blanc, de gris. Croquebol, cavalier de 1reclasse (...) s'était allongé sur son lit et y sommeillait à plat ventre, présentant à la société un énorme derrière pantalonné de rouge (Courteline,Train 8h47,1888, 1repart., 6, p.65).[pɑ ̃talɔne]. 1reattest. a) 1842 «cerclé dans toute sa longueur (d'un tonneau)» (Mozin-Peschier), b) 1876 «vêtu d'un pantalon» (E. Bergerat ds Journ. offic., 7 mai, p.3136, 2ecol. ds Littré Suppl.); de pantalon, suff. -é*.
3.
Pantalonnier, -ière, subst.Personne spécialisée dans la confection des pantalons. (Dict. xixeet xxes.). [pɑ ̃talɔnje], fém. [-ε:ʀ]. 1reattest. 1878 (Lar. 19eSuppl.); de pantalon, suff. -ier*.
BBG.Furukawa (N.). Le Nombre gramm. en fr. contemp. Tokyo, 1977, pp.117-118. _Greimas Mode 1948, pp.83-87. _Hope 1971, p.297. _Kohlm. 1901, p.51. _Migl. 1968 [1927), p.98, 103 passim. _Poirier (Cl.). L'Anglicisme au Québec et l'héritage fr. Trav. de ling. québécoise. 2. Québec, 1978, p.54. _Prigniel (M.). Sur les noms pop. du tablier et du pantalon. Fr. mod. 1967, pp.103-106. _Quem. DDL t.16, 20, 22, 27. _Ranft 1908, p.136 (s.v. pantalonné). _Sain. Sources t.1 1972 [1925] p.374.

Wiktionnaire

Nom commun

pantalon \pɑ̃.ta.lɔ̃\ masculin

  1. (Habillement) Longue culotte qui descend jusque sur le cou-de-pied.
    • Leur costume consistait en une grossière vareuse de laine noire […], un chapeau à vastes bords, un pantalon à liseré rouge et un morceau de cuir replié en manière de chaussure. — (Jules Verne, Voyage au centre de la Terre)
    • Quand elle achetait soit des corsets, soit des peignoirs, soit des pantalons, elle voulait toujours que ce fût moi qui passasse avec elle dans la chambre au fond et qui les lui essayasse. — (Le Roman de Violette: œuvre posthume d’une célébrité masquée, page 66, 1870)
    • Elle met son corset, ses jarretelles, son pantalon, son jupon. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
    • Vêtu d’un chandail humide et porteur d’une casquette spongieuse, déformée, d’un pantalon trop court et de godillots à clous, le gars tétait un authentique brûle-gueule de terre-neuva. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Ils dégraffèrent mon pantalon, baissèrent mon slip et m’accrochèrent les électrodes de chaque côté de l’aine. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • Non seulement, il ne porte que des sabots ou des espadrilles de toile, comme un contrebandier, mais aussi un éternel pantalon avachi, tout rapetassé au fond et aux genoux, […]. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Pantalon à pieds, pantalon qui a des pieds comme en ont les bas.
  2. (Figuré) (Rare) Homme sans dignité, sans consistance, qui change d’opinion, d’attitude et de conduite suivant les circonstances et ce qu’il croit être son intérêt, par allusion au personnage de la comédie italienne.
    • C’est un véritable pantalon.

Nom commun

pantalon \Prononciation ?\

  1. (Habillement) Pantalon.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PANTALON. n. m.
Sorte de culotte longue qui descend jusque sur le cou-de-pied. Pantalon de drap, de toile, de flanelle. Pantalon large, étroit. Pantalon à pieds, Pantalon qui a des pieds comme en ont les bas.

PANTALON, par allusion à un personnage de la Comédie italienne, se dit, figurément et familièrement, d'un Homme sans dignité, sans consistance, qui change d'opinion, d'attitude et de conduite suivant les circonstances et ce qu'il croit être son intérêt. C'est un véritable pantalon. Il est peu usité.

Littré (1872-1877)

PANTALON (pan-ta-lon) s. m.
  • 1Nom donné par plaisanterie aux Vénitiens (on met une majuscule).
  • 2Nom d'un personnage bouffon du théâtre italien, qui porte une culotte longue et qui représente les vieillards (on met une majuscule). Deux gros joufflus… six Pantalons… apothicaire, lavement, jamais je n'ai été si soûl de sottises, Molière, Pourc. II, 4. Jeudi 7 décembre 1684 : Le soir, il y eut comédie italienne, où le Pantalon parut pour la première fois ; madame la Dauphine le trouva assez bon, Dangeau, I, 78. Des tapisseries de ce temps-là représentent ce prince [François Ier] et ses courtisans vêtus comme des Pantalons, c'est-à-dire d'un pourpoint à petites basques et d'un caleçon tout d'une pièce avec les bas, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 114, dans POUGENS. Une des choses qui rendent ennuyeux le Pantalon de la comédie italienne…, Rousseau, Ém. IV. Truffaldin et Pantalon paraissent souvent dans ces drames burlesques à côté des plus grands rois de la terre, Staël, Corinne, XVI, 1.

    Fig. À la barbe de Pantalon, en présence de Pantalon, en présence et en dépit de celui que la chose regarde (locution tirée des comédies où Pantalon était bafoué).

  • 3 Fig. et familièrement. Homme qui prend toutes sortes de figures, qui joue toute sorte de rôles pour en venir à ses fins (on met une minuscule). Broussel me coula ces paroles dans l'oreille : Ce n'est là [Mazarin] qu'un pantalon, Retz, II, 148. Le vieux pantalon [nom donné par Monsieur à Chateauneuf, garde des sceaux, en 1651], Retz, Mém. liv. III, t. II, p. 295, dans LACURNE. Plus on approfondit tout ce qui a rapport à ce pantalon suisse, plus on trouve de preuves de son incroyable vanité, Maintenon, Lett. au D. de Noailles, 19 juin 1710.
  • 4L'habit que porte d'ordinaire le bouffon de ce nom.
  • 5Culotte qui descend jusqu'au bas de la jambe. Winckelmann paraît s'être trompé, lorsqu'il a dit que le subligaculum des acteurs romains était un pantalon comme nous disons aujourd'hui, Mongez, Inst. Mém. hist. et litt. anc. t. IV, p. 298. Les anciens préjugés renaissent ; On va quitter les pantalons, Béranger, Vieux habits. La redingote bleue et l'étroit pantalon, Le gilet haut croisé, les bottes sans talon, Et ce large col noir, dont la ganse impuissante Dissimule si mal une chemise absente, Barthélemy Et Méry, la Corbièréide, chant III, les Mouchards.

    Pantalon à pieds, pan talon qui a des pieds comme les bas.

  • 6La première des figures qui composent le quadrille ordinaire, et qui comprend les pas figurés suivants 1° chaîne anglaise entière (8 mesures) ; 2° le cavalier et la dame balancent l'un à l'autre et font un tour de main (8 mesures) ; 3° chaîne des dames (8 mesures) ; 4° grand rond en pas de galop (8 mesures) ; les quatre autres danseurs font la même chose à leur tour. Le pantalon se dansait un peu différemment au commencement de ce siècle, c'est-à-dire qu'à la 4e partie, au lieu du grand rond en galop, on faisait une demi-queue du chat, et une demi-chaîne anglaise.
  • 7Une des moyennes sortes de papier qui se fabriquent aux environs d'Angoulême, marquée ordinairement aux armes d'Amsterdam, parce qu'elle était presque toute destinée pour les marchands hollandais.

HISTORIQUE

XVIe s. En un coing est peint un Pantalon à barbe grise, qui tire en arriere un capitaine…, D'Aubigné, Faen. IV, 19. Vestus en pantalon avec les postures de l'Aretin, D'Aubigné, Hist. III, 175. Et après que les Pantalons [badauds de Venise] avoyent demeuré demy heure la bouche beante de quatre doigts…, D'Aubigné, Conf. II, 111.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

PANTALON. Ajoutez :
8 Fig. Faire pantalon, ne pas atteindre le bas du papier. Il se trouve toujours bien une anecdote sur Talma pour combler le vide, et éviter que la colonne commencée ne fasse pantalon, c'est-à-dire n'atteigne pas le bas de la page, Th. Gautier, Feuilleton du Journ. offic. du 10 juill. 1866.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « pantalon »

Le pantalon vêtement a été ainsi nommé parce qu'il était en usage chez les Vénitiens nommés eux-mêmes Pantalons, à cause que santo Pantalone était très honoré parmi eux. Pantalone ou Pantaleone représente pantelemone, de pant… et ἐλεημὼν, miséricordieux : tout miséricordieux.

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Provient de Tallone en italien, (talon), et du préfixe Grec Pan (tout/entirement): qui vas/descend jusqu’aux pieds
(XVIe siècle) De l’italien Pantalone [1], nom d’un bouffon de la commedia dell’arte, vêtu d’un costume dont les chausses tombaient droites sur les pieds. Ce nom fut d’abord un sobriquet appliqué aux Vénitiens par les Italiens ; le prénom est très fréquent à Venise, où saint Pantaleone est un saint-patron de la ville.
On doit écarter l’étymologie populaire qui le fait issu de Pianta leone (« Plante le lion ») en référence aux Vénitiens qui voulaient conquérir de nouveaux territoires pour la république de Venise, où ils plantaient le drapeau de saint Marc illustré par un lion ailé, compagnon du saint patron de leur ville.
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Phonétique du mot « pantalon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pantalon pɑ̃talɔ̃

Citations contenant le mot « pantalon »

  • Il faut refuser aux femmes le port du pantalon. Elles perdraient tout attrait sexuel aux yeux des hommes. De Louis Lépine
  • Si Superman est tellement malin, pourquoi est-ce qu’il met son slip par dessus son pantalon ? De Pierre Legaré / Mots de tête
  • La Banqueroute, c'est quand vos créanciers saisissent votre veston et quand vous avez mis votre argent dans la poche du pantalon. De Tristan Bernard
  • Si je n’ai pas de cigare, il me manque quelque chose. C’est comme si j’étais assis dans un fauteuil, sans pantalon. De Gene McGovern
  • Il n’y a pas de superman. Tout le monde s’habille de la même manière, en mettant une jambe à la fois dans son pantalon. De Rick Mears
  • C'est bien plus difficile de parler quand on n'est pas habillé. Essaie donc d'être sérieux sans pantalon ! De Boris Vian
  • La morale est mal disposée dans un pantalon. De Francis Picabia
  • Mieux vaut une pièce à son pantalon qu’un trou. De Proverbe alsacien
  • La femme est la ceinture qui tient le pantalon de l’homme. De Proverbe africain
  • Le pantalon qu’elle portait était si moulant que je pouvais à peine respirer. De Benny Hill
  • Voler : La chose la plus excitante que vous ayez jamais faite en portant un pantalon ! De Stephen Coonts / Flight of the Intruder
  • Le slip ça se met toujours sous le pantalon... sauf Batman ! De Paroles d’enfant / Enfandises.com
  • On ne meurt pas d'un trou à son pantalon, sauf si l'on est scaphandrier. De Henri de Toulouse-Lautrec
  • Si le crocodile achète un pantalon, c'est qu'il a trouvé où mettre sa queue. De Proverbe africain
  • Marie Suize n’est pas de ce demi-monde-là. Non seulement elle boit, fréquente les saloons (où elle sera arrêtée !) et tient tête, pistolet en main, en 1860, à une bande de Canadiens qui croient pouvoir s’en prendre à sa concession, mais elle porte aussi le pantalon, une transgression réprouvée par le code pénal – ne parlons pas de la presse. « Certains disent qu’elle a meilleure allure en vêtements masculins que féminins, insinue l’Alta California en avril 1871. Elle est bâtie comme un marin. » Elle ne présente « pas la douceur habituelle des traits féminins », grimace un autre journal. La Savoyarde est dure au labeur, mais elle a le sens du marketing. Puisque la presse parle de ses vêtements, elle en fait sa marque de fabrique. Sur les annonces de sa cave à vins, elle devient Marie « Pantalon ». Ou « Mrs Pants », selon le degré de bilinguisme de la clientèle. Le Monde.fr, Ruée vers l’or : Marie Suize, la fortune en pantalon
  • À porter avec tout et partout, les pantalons fluides sont la clé pour vous faire oublier certains de vos complexes. Ne tardez plus et dénichez le modèle qui vous plait le plus parmi notre sélection ! Faites vos/votre choix et venez-en discuter sur notre forum Mode. The Body Optimist, 10 pantalons fluides, du 34 au 58, à adopter cet été

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Traductions du mot « pantalon »

Langue Traduction
Anglais trousers
Espagnol pantalones
Italien i pantaloni
Allemand hose
Chinois 长裤
Arabe بنطلون
Portugais calças
Russe штаны
Japonais ズボン
Basque galtzak
Corse pantaloni
Source : Google Translate API

Synonymes de « pantalon »

Source : synonymes de pantalon sur lebonsynonyme.fr

Pantalon

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