Mont : définition de mont


Mont : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

MONT, subst. masc.

GÉOGR. et GÉOL.
I. − [Non suivi de nom propre]
A. − Au sing. Importante élévation naturelle de terrain au-dessus du sol environnant et dont la surface coïncide totalement ou approximativement avec une voûte anticlinale. Descendre, escalader, gravir le mont; le mont se dresse, se profile; cime, flanc, sommet, versant du mont; mont boisé, élevé. Une abbaye se montroit au haut d'un mont; au pied de ce mont, dans une anse caillouteuse, apparoissoient les toits rouges de la petite ville de Santa-Crux (Chateaubr., Essai Révol., t.2, 1797, p.382).Les chevaux franchissant le mont et le val (Colette, Dialog. bêtes, 1905, p.84):
1. Des villages d'en bas, les cloches montèrent. De l'un d'abord, nid blotti dans un creux, au pied de la montagne, avec ses toits de chaumes bariolés, noirs et blonds, revêtus de mousse épaisse, comme du velours. Puis, d'un autre, invisible, sur l'autre versant du mont. Rolland, J.-Chr., Buisson ard., 1911, p.1416.
Rem. Les ex. rendent compte de la différence que Dupré 1972 établit entre montagne et mont, ce dernier désignant une «masse individuelle rocheuse qui apparaît détachée, isolée et s'apercevant d'un seul coup d'œil». Mais mont, le plus souvent n'est que le synon. de montagne.
Vx. ,,Nom donné par les riverains du lac Léman à des pentes sous-lacustres que l'on rencontre à une certaine distance des rives et où l'on cesse de pouvoir distinguer le fond du lac par la transparence des eaux`` (Littré).
P. métaph. Juvénal, noir, rongé par la muse, est un lieu Autant qu'un homme, un mont de haine, et s'accoutume À la colère ainsi que Vésuve au bitume (Hugo, Quatre-vents esprit, 1881, p.226).
B. − Au plur., poét. et littér. Hauteur. De sa lèvre renflée il approche à l'instant Une corne qu'un buffle a brisée en luttant; Il y souffle le vent de sa bruyante haleine, Que l'écho fait vibrer sur les monts et la plaine (Lamart., Chute, 1838, p.892):
2. Vent des monts aux bruyantes ailes, Voisin des astres radieux, Pousse, au fond des noires chapelles, Ton air libre où meurent les dieux! Bouilhet, Dern. chans., 1869, p.207.
En partic. [Pour désigner des massifs importants servant de frontières naturelles (Alpes, Pyrénées)] Il ne voulut jamais aller à Rome (...), d'ailleurs est-il nécessaire de passer les monts pour étudier les maîtres? (Gautier, Guide Louvre, 1872, p.165).
P. anal. Élévation plus ou moins importante de matière ou de matériaux dont l'accumulation fait penser à une montagne. Nous n'avons plus les navires à plaques d'or, les longs navires bleus dont la proue coupait les monts de glace, quand nous cherchions, sur l'océan, les génies cachés qui bramaient dans les tempêtes (Flaub., Tentation, 1856, p.621):
3. Je traversais les grandes dunes au sud de Ouargla (...) et je sentais se glisser dans mes os la peur (...) en face du cadavre aimé, dans ce trou incendié par le soleil entre quatre monts de sable... Maupass., Contes et nouv., t.2, Peur, 1882, p.799.
Au fig. Les Bénédictins de Solesmes ont édité aussi les Révélations de sainte Mechtilde, son livre sur la grâce spéciale (...) − Que je vous montre des guides savamment jalonnés pour l'âme qui s'échappe d'elle-même et veut tenter l'ascension des monts éternels (Huysmans, En route, t.2, 1895, p.281).
Loc. adv. Par monts et par vaux. En toutes sortes d'endroits. Synon. par voie(s) et par chemin(s)*.On se hache, on se harponne, On court par monts et par vaux (Hugo, Chans. rues et bois, 1865, p.235):
4. Elle est toujours par monts et par vaux; le garde champêtre l'a surprise dans les blés entre les bras de Gaspar et le baisant sur la bouche. A. France, Île ping., 1908, p.364.
Rem. Cette loc. exprime la notion de mouvement à la fois sur le plan vertical et sur le plan horizontal grâce aux verbes aller, être, voyager qui l'accompagnent.
C. − (Avoir, promettre) des monts d'or (vx). (Avoir, promettre) des avantages considérables. [Les artistes] négligent alors leurs commandes (...) puis ils se plaignent de la dureté des temps, tandis que, s'ils s'étaient appliqués, ils auraient des monts d'or (Balzac, Cous. Bette, 1846, p.65).(Conter, dire, promettre) monts et merveilles. (Conter, dire, promettre) toutes sortes de choses extraordinaires et plus ou moins accessibles. Son chef-d'oeuvre serait une Lucrèce dont on dit monts et merveilles (Mérimée, Lettres ctessede Montijo, t.1, 1843, p.62).Elle était suivie, tous les soirs, par un homme déjà âgé qui lui promettait monts et merveilles, et un jeune homme qui (...) lui demandait doucement pardon quand son bras effleurait le sien (Huysmans, Marthe, 1876, p.26).
II. − [Accompagné ou suivi d'un nom propre ou d'un déterm.]
A. − Montagne désignée par un nom propre. Mont-Blanc, Mont-Cenis, Mont-Sinaï, Mont Saint Bernard, les moines du Mont Athos. J'ai visité le Mont Saint-Michel que je ne connaissais pas (Maupass., Contes et nouv., t.2, Horla, 1886, p.1101).
B. − Montagne désignée par une quelconque détermination. Les Monts d'Arrée, d'Auvergne, du Cantal; le Mont des Géants; le Grand Mont; le Petit Mont.
Double Mont, Mont sacré. Le Parnasse. (Ds Ac., Littré).
Vx. Mont pagnote*.
C. − P. anal., spéc.
1. ANAT. Mont de Vénus. ,,Large saillie médiane située au niveau de la symphyse pubienne, en avant de la vulve`` (Man.-Man. Méd. 1977). Une fillette (...) vint au monde avec le mont de Vénus couvert de poils, comme une fille de 14 ans (Apert dsNouv. Traité Méd.fasc.8 1925, p.400):
5. ... le panneau caché est le tableau peint par Courbet pour Khalil-bey, un ventre de femme au noir et proéminent mont de Vénus, sur l'entre-bâillement d'un con rose (...) ce ventre, c'est beau comme la chair d'un Corrège. Goncourt, Journal, 1889, p.996.
2. CHIROM. Petite éminence charnue située au-dessous de chaque doigt de la main. Mont de Jupiter, de Mars, de Mercure, de Saturne. Les mains présentaient à ses yeux une physionomie aussi frappante que le visage (...). Il en adorait les doigts fuselés (...) la paume (...) traversée de lignes élégantes (...) et s'élevant à la base des doigts en petits monts harmonieux (A. France, Lys rouge, 1894, p.152):
6. Quand Marthe arriva chez elle, Titine, vautrée sur un divan, se faisait inspecter la main par sa bonne, qui lui expliquait en un charabia d'Auvergne la désastreuse influence de la ligne de Saturne et s'étonnait qu'une femme de si peu de moeurs n'eût pas plus de grilles sur le mont de Vénus. Huysmans, Marthe, 1876, p.103.
3. GASTR. Mont-blanc*.
REM. 1.
Mont-d'or, subst. masc.Fromage de haute réputation, fabriqué dans la région lyonnaise à partir du lait de chèvres nourries à l'étable. Mais c'était surtout sur la table que les fromages s'empilaient (...). Alors, commençaient les puanteurs; les mont-d'or, jaune clair, puant une odeur douceâtre (Zola,Ventre Paris,1873, p.827).
2.
Montille, subst. fém.,vx., région. ,,Nom donné, dans les Bouches du Rhône, aux petites dunes et aux herbages grossiers qui occupent les parties purement sablonneuses de la Camargue`` (Littré Suppl. 1877). L'horizon dessine un cercle parfait dont je forme le centre, et où nulle élévation (...) nulle montille même, comme on dit, ne borne ma vue (Arnoux, Rhône, 1944, p.376).
Prononc. et Orth.: [mɔ ̃]. Homon. mon. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Fin du xes. «élévation, hauteur» (Passion, éd. D'A. S. Avalle, 323); b) fin du xes. dans des expr. géogr. (ibid., 18: mont Olivet); 2. a) 1176 en un mont «en un tas» (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 3458); b) 1180-90 «grande quantité» (Alexandre de Paris, Alexandre, I, 650 in Elliott Monographs, 37, p.15: les mons de deniers); c) 1690 des monts d'or «des avantages considérables» (Fur.: Il m'a fait esperer des monts d'or); 3. ca 1245 et mont et val (Philippe Mousket, Chron., 22119 ds T.-L.); xiiies. par mons, par vaus (Trois dits, éd. G. Raynaud, III, 20, ibid.); 1611 par monts et par vaux (Cotgr.); 4. 1564 chirom. (Ronsard, Nouv. poesies ds Œuvres compl., éd. P. Laumonier, t.12, p.185); 5. 1640 mont de Venus (Oudin Curiositez). Du lat. montem, acc. de mons «montagne». Fréq. abs. littér.: 3100. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 6573, b) 6168; xxes.: a) 3088, b) 2412. Bbg. Dauzat Ling. fr. 1946, p.6, 14.

Mont : définition du Wiktionnaire

Nom commun

mont \mɔ̃\ masculin

  1. (Géographie) Montagne. Il s’emploie surtout dans certaines expressions géographiques consacrées par l’usage. Au pluriel, le terme géographique est généralement suivi de la préposition de.
    • Le mont Blanc.
    • Le mont Dore.
    • Le mont Athos.
    • Le mont Sinaï.
    • Les monts du Velay.
    • Les monts du Rouergue.
    • Les monts d’Auvergne.
    • Les monts des Géants.
    • Les monts Métallifères.
  2. Au pluriel et pris absolument, désigne ordinairement les Alpes.
    • Passer, repasser les monts.
    • Au-delà des monts.
    • Deçà les monts.
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Mont : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MONT. n. m.
Grande masse de terre ou de roche élevée au-dessus du terrain qui l'environne. Il s'emploie surtout dans certaines expressions géographiques consacrées par l'usage. Le mont Blanc. Le mont Dore. Le mont Athos. Le mont Sinaï, etc. Au pluriel, le terme géographique est généralement suivi de la préposition de. Les monts du Velay. Les monts du Rouergue. Les monts d'Auvergne. Dans l'usage courant on dit plutôt Montagne.

MONTS, au pluriel et pris absolument, désigne ordinairement les Alpes. Passer, repasser les monts. Au-delà des monts. Deçà les monts. Fig. et fam., Promettre monts et merveilles à quelqu'un, Lui promettre de grandes richesses, de grands avantages. Adverbialement, Par monts et par vaux, En toute sorte d'endroits, de tous côtés. Aller, courir par monts et par vaux. On le cherche par monts et par vaux.

Mont : définition du Littré (1872-1877)

MONT (mon ; le t se lie : un mon-t escarpé ; au pluriel, l's se lie : des mon-z escarpés) s. m.
  • 1Grande masse de terre et de roche, élevée au-dessus du terrain qui l'environne. La moindre taupinée était mont à ses yeux, La Fontaine, Fabl. VIII, 9. Déjà le sacré mont, où le temple est bâti, D'insolents Tyriens est partout investi, Racine, Ath. IV, 5. Et que du sein des monts le marbre soit tiré, Racine, Esth. III, 9. Mont fameux, que Dieu même a longtemps habité, Comment as-tu du ciel attiré la colère ? Racine, Athal. II, 9. Ô monts, écrasez-nous… Cieux, tombez sur nos têtes, Voltaire, Œdipe, I, 2. Ces monts sont-ils aussi vieux que le monde ? ont-ils été produits en un instant ? Raynal, Hist. phil. VII, 24. On se familiarise malgré soi en Grèce avec Thémistocle, Épaminondas… et il faut une grande religion pour ne pas franchir le Cythéron, le Ménale ou le Lycée comme on passe des monts vulgaires, Chateaubriand, Itin. 1re part.

    Fig. et familièrement. Promettre monts et vaux, faire les plus grandes promesses. [Il] M'a promis monts et vaux moyennant bouche close, Th. Corneille, l'Amour à la mode, V, 2.

    Promettre des monts d'or à quelqu'un, lui promettre de grandes richesses, de grands avantages. Vous promettez monts d'or, et n'avez pas un sou, Collin D'Harleville, Chât. en Esp. I, 8.

    On dit dans un sens analogue : promettre monts et merveilles. La mer promet monts et merveilles, La Fontaine, Fabl. IV, 2.

    Par exagération. Un mont d'or, une somme très considérable. Cela lui coûte des monts d'or. Plenoeuf avait gagné des monts d'or dans les partis et depuis dans les vivres, Saint-Simon, 474, 70. Le banquier me faisait espérer des monts d'or, pour peu que la fortune secondât les projets qu'il formait, Lesage, Guzm. d'Alf. VI, 3.

    Vous me donneriez un mont d'or, des monts d'or, que je n'en ferais rien, vous me donneriez tous les biens du monde, que, etc.

  • 2Mont suivi d'un nom propre pour désigner un mont particulier ne prend pas la préposition de, tandis que montagne la prend. Les monts Pyrénées. Au pied du mont Adule, entre mille roseaux, Boileau, Ép. IV. La fameuse journée Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée, Racine, Ath. I, 1. Le mont Vésuve et le mont Etna ont les mêmes fondements sous la mer qui les sépare, Voltaire, Mœurs, Introd. chang. globe.
  • 3 Absolument, au plur. Les monts, une chaîne de montagnes. Encore une campagne, et nos seuls escadrons Aux aigles de Sylla font repasser les monts, Corneille, Sertor. II, 2. Repassez les monts et les mers, Rassemblez-vous des bouts de l'univers, Racine, Esth. III, 9.

    Particulièrement, les monts, les Alpes. Passer les monts. De là les monts. Pépin passe les monts et réduit les Lombards, Bossuet, Hist. III, 7. Si quelque objet pareil, chez moi, de çà les monts, Pour m'épouser entrait avec tous ces grands noms, Boileau, Sat. X.

  • 4 Poétiquement. Le double mont, le mont sacré, le mont Parnasse. Et ne savez-vous pas que sur ce mont sacré, Qui ne vole au sommet tombe au plus bas degré ? Boileau, ib. IX.

    Le mont Sacré, colline de Rome célèbre par la sécession du peuple.

  • 5Mont pagnote, voy. PAGNOTE.
  • 6Nom donné par les riverains du lac Léman à des pentes sous-lacustres que l'on rencontre à une certaine distance des rives, et où l'on cesse de pouvoir distinguer le fond du lac par la transparence des eaux. Dans cette saison le poisson se tient sur le mont.
  • 7Mont-de-piété, établissement où l'on prête sur nantissement et à intérêt. Reconnaissance du mont-de-piété. Le mont-de-piété établi en 1777, avec le succès qu'on en attendait ; il a prêté à 10 pour 100 sur gages, Necker, Compte rendu au roi, janv. 1781, p. 92. Quel est le bien ou le mal que causent les monts-de-piété ? Galiani, Lett. t. I, p. 76. Le mont-de-piété a été inventé en Italie par des confréries pieuses au quinzième siècle, Presse scientifique, 1863, t. I, p. 223.

    Lieux de mont, sorte d'établissement de crédit fondé par le pape Sixte V. Sixte V, ayant, suivant la maxime de Tibère, divisé pour régner, imagina, pour mettre toute la noblesse et les familles opulentes dans sa dépendance, de se rendre maître de l'or et de l'argent des citoyens par l'appât qu'il leur présenta ; pour cet effet, il créa les lieux de mont, qui répondent à nos rentes sur la ville ; ils étaient d'abord à cinq pour cent… mais le coup décisif de Sixte V, pour garder l'argent, fut qu'au lieu de payer les intérêts en espèces, on ne les paya qu'en papier qui avait et continua d'avoir cours comme monnaie, que l'État reçoit et donne en payement, Duclos, Voy. en Italie.

  • 8 En termes de chiromancie, on appelle mont la petite éminence qui est au-dessous de chaque doigt de la main. Celle du pouce s'appelle mont de Mars ; celle de l'index, mont de Jupiter ; celle du doigt du milieu, mont de Saturne ; celle du doigt annulaire, mont de Vénus ; celle du petit doigt, mont de Mercure.
  • 9 Terme d'anatomie. Mont de Vénus, éminence cellulo-adipeuse, qui est située au bas de l'hypogastre chez la femme, au-devant du pubis.
  • 10Par monts et par vaux, loc. adv. En toute sorte d'endroits, de tous côtés. Mais tant fût-il mauvais cheval Courant à mont ou bien à val, Scarron, Virg. V. Vous avez fait faire à ma fille le plus beau voyage du monde ; elle en est ravie ; mais vous l'avez bien menée par monts et par vaux, Sévigné, 2 juin 1672.

REMARQUE

On met quelquefois la préposition de avec mont et un nom propre de localité ; mais cela est rare. Tout le mont de Sinaï était couvert de fumée, Sacy, Bible, Exode, XIX, 18. Ô mont de Sinaï, conserve la mémoire De ce jour…, Racine, Ath. I, 4. Du camp des Sarrasins il connaît les passages, Et des monts de l'Etna les plus secrets chemins, Voltaire, Tancr. II, 1.

SYNONYME

MONT, MONTAGNE. La montagne, étymologiquement, est le mot mont, plus la finale latine aneus ; il signifie donc proprement ce qui appartient au mont et a une signification plus compréhensive. Ainsi on dira se réfugier dans la montagne et non dans le mont.

HISTORIQUE

XIe s. Sonent li munt et respondent li val, Ch. de Rol. CLIV.

XIIe s. Dès le mont Saint Michel jusqu'à Chastel Landon, Sax. XX. E sewid [il suivit] les cumandemenz sun pere David, fors tant que il fist ses sacrefises as munz, Rois, p. 234. Par mons et par laris [plaines], Ronc. 21. Ainsi l'ont fait as forches contre mont sus lever, ib. 197.

XIIIe s. Si comme s'il done le mont de buce [bûche] à deniers ses [argent comptant], Beaumanoir, LXVIII, 7. Dessus la riviere, aussi comme il aloient à mont, Joinville, 220.

XVe s. Si chevaucherent tant, à mont et à val, qu'ils trouverent aucuns hamelets, Froissart, I, I, 18. Quand le flux de la mer est en venant, il regorge la riviere si contre mont que nul n'y pourroit passer, Froissart, I, I, 278. Qui adonc vit gens lancer sur ce pont, et trebucher l'un sur l'autre, dix ou douze en un mont… bien put voir…, Froissart, I, I, 261.

XVIe s. Voyez prendre à mont l'essor à Platon en ses nuages poetiques, Montaigne, II, 292. Il respondit monts et merveilles pour se faire valoir, Montaigne, IV, 191. Il tiroit à la butte, du bas en mont, du mont en val, devant, de cousté, en arriere, Rabelais, Garg. I, 23. Vous promettez monts et vaux, Despériers, Contes, III. Pour venir à succession de pere ou de mere, les enfanz mariez sont tenus de rapporter en mont commun les dons et advancemens de mariage à eux faits, Coust. génér. t. II, p. 907. Au matin vers les monts, au soir vers les fonds, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MONT. - REM. Ajoutez :

2. Dans l'esprit de Barnabé de Terni, moine récollet prêchant à Pérouse en 1462, l'œuvre de prêt devait être avant tout charitable ; aussi on l'appela mont-de-piété ; le nom est promptement devenu populaire et a prévalu, Maxime du Camp, Rev. des Deux-Mondes, 15 janv. 1873, p. 305.

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Mont : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

MONT, s. m. (Gram.) élévation de terre, qu’on appelle aussi montagne. Voyez Montagne. Mont & montagne sont synonymes, mais on se sert rarement du premier en prose, à moins qu’il ne soit accompagné de quelque nom propre, comme le mont Etna, le mont Gibel, le mont Liban, le mont Sinaï, le mont Atlas, le mont Parnasse, les monts Pyrénées ; on ne dit point cependant les mons Alpes, mais les Alpes, Ste Catherine du mont Sinaï. Voyez Sainte Catherine.

Quoique ces deux substantifs, quant au sens, soient parfaitement synonymes, il y a cependant des occasions où, par la bisarrerie de l’usage, on doit employer l’un ou l’autre de ces deux termes sans les confondre. On dit le mont Caucase, le mont Etna, le mont Liban, le mont Apennin, le mont Olympe, les monts, Krapac, &c. Il semble que le mot mont soit affecté aux montagnes fameuses par leur hauteur ; cependant on dit les montagnes de la Lune & les montagnes de la Table, pour marquer cette montagne voisine du cap de Bonne-Espérance à la pointe méridionale de l’Afrique, quoiqu’au rapport des voyageurs ce soit une des plus hautes du monde. Enfin l’usage a voulu qu’en parlant de certaines montagnes on se servît de leur nom tout simple ; c’est ainsi qu’on dit, les Alpes, les Andes, les Pyrénées, les Cevennes, le Vésuve, le Stromboli, le Vosge, le Schwartzwanden, le Pic, l’Apennin.

Chevalier du mont Carmel. Voyez Carmel. On appelle en Italie mons de piété certains lieux où l’on prete de l’argent à ceux qui en ont besoin en donnant quelques nantissemens.

Ces établissemens ont été faits pour soulager la misere des pauvres qui, dans un besoin pressant d’argent, seroient forcés de vendre leurs effets à vil prix ou d’emprunter à usure. Les papes, & à leur exemple les cardinaux & autres personnes riches, ont donné de grosses sommes & des privileges à ces monts de piété. On y reçoit pour gages toutes sortes de meubles, bijoux, &c. Il y a des priseurs qui estiment ce qu’on apporte, sur quoi on prête jusqu’aux deux tiers du prix de l’estimation. On prête jusqu’à 30 écus pour 18 mois sans intérêt. Quand on veut une plus grande somme, on paye deux pour cent d’intérêt par an. Lorsqu’on laisse ses effets plus de 18 mois, ils sont vendus à l’encan : le mont prend la somme qu’il a avancée, & garde le surplus pour le rendre aux propriétaires quand ils viennent le demander. Si cependant on ne veut pas que ses meubles soient vendus, on n’a qu’à demander un renouvellement du billet, ce qu’on obtient très-aisément quand la somme ne passe pas 30 écus ; mais quand elle excede, on fait faire un autre billet où les intérêts échus sont comptés avec le sort principal. On croit communément que le pape Léon X. fut le premier qui autorisa cette pieuse invention par une bulle qu’il donna en 1551, mais il y fait mention de Paul II. qui l’avoit approuvée avant lui : le plus ancien mont de piété, dont il soit parlé dans l’histoire, est celui que l’on établit à Padoue en 1491, où l’on fit fermer douze banques des Juifs qui y exerçoient une usure excessive. A l’exemple de Rome, on a fondé des monts de piété dans plusieurs villes des Pays-bas, comme à Bruxelles, à Gand, à Anvers, &c.

On avoit aussi appellé en Angleterre monts de piété des lieux qui avoient été fondés par contribution en faveur du peuple, qui avoit été ruiné par les extorsions des Juifs.

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Étymologie de « mont »

Étymologie de mont - Littré

Provenç. mont, mon, mun ; espag. et ital. monte ; du lat. montem. D'après Corssen, Nachträge, p. 77-80, mons se rattache au radical latin min, qui se trouve dans les verbes composés, e-min-ere, pro-min-ere ; mons s'y rapporte comme fors à ferre, et veut dire éminence.

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Étymologie de mont - Wiktionnaire

(Nom 1) : (Vers 980) munt. Du latin mons.
(Nom 2) : (Vers 980) mund. Du latin mundus.
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Étymologie de mont - Wiktionnaire

Du latin mons, montis (« mont »).
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Phonétique du mot « mont »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
mont mɔ̃ play_arrow

Citations contenant le mot « mont »

  • « C'est compliqué à gérer, car c'est la première fois que je vais me mettre en danger physiquement. J'ai hâte de savoir à quelle sauce on va être mangé. » De nous tous, Sébastien est sans doute le plus motivé. « Je ne sais pas trop à quoi m'attendre, car les guides nous ont mis une grosse pression la veille en nous disant que ce serait très compliqué de monter. Le mythique couloir du Goûter, j'ai hâte d'y être. » Ce couloir de neige très délicat, que l'on doit emprunter pour atteindre le refuge, traverse une pente extrêmement raide. Certains l'ont rebaptisé le couloir de la mort (!) car de nombreux alpinistes y ont laissé la vie. Victimes de glissades mortelles sur la neige ou de chutes de pierres. Personnellement, c'est ma hantise. leparisien.fr, A l’assaut du mont Blanc déconfiné : l’expédition vire au cauchemar - Le Parisien
  • Le 10 juillet 2020, un étudiant de 21 ans entame l’ascension du Mont Zwegabin qui culmine à 722 mètres, à quelques kilomètres de Hpa-an, la capitale de l’état de Kayin. L’homme, originaire du village voisin de Kyargalay, se lance dans la montée tôt le matin, d’abord à moto puis à pied pour finir. Vers midi, les pompiers locaux reçoivent un appel les prévenant qu’un homme ayant été vu en train d’escalader la montagne mais n’avait pas été aperçu à la redescente. Aussitôt, la police envoie six voitures sur les lieux, et c’est avec un drone qui le corps du jeune l’homme a pu être localisé. Retrouvé dans un ravin près de la pagode Zwegabin, l’étudiant aurait chuté sur 60 – 90 mètres. La police a trouvé à 150 mètres avant le sommet un sac avec une clé de moto, un téléphone et une lettre d’adieu adressée à ses parents : « Père et mère, s'il vous plaît, permettez-moi d'aller en liberté. Je suis extrêmement triste. Prenez soin de votre santé ». , Un nouveau mort au Mont Zwegabin, dans le Kayin | lepetitjournal.com
  • Grâce à une mobilisation exceptionnelle, la petite cabane des Périades est de retour dans la montagne, au cœur du massif du Mont-Blanc (Haute-Savoie). Installée en 1928 sur une plateforme rocheuse étroite située à 3421 mètres d'altitude, sur l'arête des Périades face aux mythiques Grandes Jorasses, cette cabane au confort spartiate peut alors accueillir quelques alpinistes en détresse. En 1996, elle est rénovée. Mais le 1er août 2019, avec le réchauffement climatique et la fonte du permafrost (un sol gelé déstabilisé par des températures trop élevées), la cabane des Périades s'affaisse. leparisien.fr, Mont Blanc : la cabane des Périades retrouve les cimes - Le Parisien
  • Dans le petit milieu des montagnards de Saint-Gervais (Haute-Savoie), une blague circule depuis des années. A des clients venus « faire » l'ascension du toit de l'Europe, un guide a lancé, goguenard : « Toi, c'est le mont Blanc, toi… le Mont-Saint-Michel! » pointant du doigt les uns et les autres en fonction de leur aptitude à monter au sommet. Nous repensons à cette phrase en espérant faire partie de la première catégorie. A part Yann, notre photographe expérimenté, Stephan, Sébastien, Julien et moi constituons une cordée de néophytes et nous venons tout juste ce matin-là de faire nos premiers pas en altitude vers le refuge de Tête Rousse. leparisien.fr, A l’assaut du mont Blanc déconfiné : un sommet de difficultés - Le Parisien
  • Le Musée Guimet, à Paris, présente une série d’estampes et de photographies où la montagne sacrée s’impose dans le paysage japonais. Le Monde.fr, Le mont Fuji vu sous tous les angles
  • La fonte des glaciers continue de mettre au jour de petits et grands trésors. Comme ces vieux titres de presse découverts mi-juillet par le gérant d'une buvette de montagne. Les journaux se trouvaient probablement à bord du Boeing 707 de la compagnie Air India qui s’est écrasé sur le Mont-Blanc le 24 janvier 1966 Le Temps, De vieux journaux indiens retrouvés sur le Mont-Blanc - Le Temps
  • Situé entre les communes de Berthen et de Godewaersvelde, le deuxième mont le plus haut de Flandre vous invite à flâner entre dans un espace religieux, mémoriel, et bucolique. La Voix du Nord, Le Mont des Cats et ses 1000 merveilles
  • Plus haut monte le singe, plus il montre son cul. De François Olivier
  • Tout ce qui monte, converge. De Pierre Teilhard de Chardin
  • Ce qui monte doit redescendre. De Robert De Niro
  • Les manteaux de duc traînent dans leur fourrure - Pendant que des grandeurs on monte les degrés - Un bruit d’illusions sèches et de regrets - Comme, quand vous montez lentement vers ces portes - Votre robe de deuil traîne des feuilles mortes. De Edmond Rostand / Cyrano de Bergerac
  • Le bonheur est une sensation, ou quelque chose qui vient du ciel, pas une façon d’être. Ca monte et ça descend, ça descend et ça monte, et parfois ça fait des bleus. De Diana Evans / 26a
  • C'est ça la perspective du lycée : on ne monte pas pour aller en haut, on monte pour rester en bas. De Georges Coulonges / Pause-Café
  • L'Entreprise, c'est avant toute chose des Hommes, car on a déjà vu des entreprises se monter sans argent, mais on n’en a jamais vu se monter sans Hommes. De Michaël Halimi
  • La société étant divisée par tranches, comme un bambou, la grande affaire d'un homme est de monter dans la classe supérieure à la sienne et tout l'effort de cette classe est de l'empêcher de monter. De Stendhal / Souvenirs d'égotisme
  • - T'es déjà monté sur un crevettier ? - Non, je suis monté sur d'autres arbres !
  • Le difficile n’est pas de monter, mais en montant de rester soi. De Jules Michelet / Le Peuple
  • Rien n'oblige davantage à monter que la volonté de faire monter les autres. De Pie XII
  • Plus un singe monte dans un arbre, plus il monte sur les fesses. De Proverbe québécois
  • Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin, Plus mon petit Liré, que le mont Palatin, Et plus que l'air marin la doulceur angevine. De Joachim Du Bellay / Les regrets
  • Ah ! La volupté d'abattre du travail comme on abat des arbres, de s'attaquer à une montagne de papier comme on escalade le Mont Blanc pour donner, peu à peu, au bureau l'aspect du Sahara. De Philippe Bouvard / Journal 1992-1996
  • Traçons le vrai portrait de Paris : au nord, le mont Martre ; au sud le mont Parnasse, entre les deux la Seine, et sur la Seine, la piscine Deligny. De Alexandre Vialatte / Dernières nouvelles de l'homme

Images d'illustration du mot « mont »

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Traductions du mot « mont »

Langue Traduction
Corse muntagna
Basque mountain
Japonais
Russe гора
Portugais montanha
Arabe الجبل
Chinois
Allemand berg
Italien montagna
Espagnol montaña
Anglais mountain
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Synonymes de « mont »

Source : synonymes de mont sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « mont »



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