La langue française

Mille

Sommaire

  • Définitions du mot mille
  • Étymologie de « mille »
  • Phonétique de « mille »
  • Citations contenant le mot « mille »
  • Traductions du mot « mille »
  • Synonymes de « mille »

Définitions du mot mille

Trésor de la Langue Française informatisé

MILLE1, adj. inv. et subst. inv.

I. − Emploi adj. inv.
A. − Adj. numéral cardinal. Dix fois cent. Période de mille ans; billet de mille francs; somme de mille écus, de mille francs; avoir mille livres de rentes; à mille mètres d'altitude. Cassell avait reçu mille chèvres, il en avait expédié quatre cents, il devait lui en rester six cents (Maurois,Silences Bramble,1918, p.228).
Rem. V. cent1I A rem.
[Avec ell. du subst. déterminé] Billet de mille (francs). Avec ses mille [volontaires], au coeur de Palerme, sous le ciel de Sicile, Garibaldi (Cladel,Ompdrailles,1879, p.354).
Expédition des Mille. Expédition de Garibaldi et de ses volontaires contre la Sicile en 1860. Giuseppe Garibaldi (...) débarque en Sicile le 11 mai [1860] avec l'expédition des Mille, occupe l'île et entend instaurer un régime démocratique (Encyclop. univ.t.91972, p.251).V. aussi supra ex. de Cladel.
B. − P. ext. Un très grand nombre (v. cent1, trente-six). Il sentit (...) mille pointes aiguës lui déchirer les entrailles (Sue,Atar-Gull,1831, p.11).Un des mille et mille tours de mon imagination excessive, grossissante et romanesque (Mirbeau,Journal femme ch.,1900, p.35).L'analyse pure nous ouvre mille chemins différents où nous pouvons nous engager en toute confiance (H. Poincaré, Valeur sc.,1905, p.27):
1. Le digne homme est incessamment en partance, requis par mille soins, mille soucis, sermons, congrès, visites de pauvres et de malades. Gide,Faux-monn.,1925, p.1123.
SYNT. (Envoyer à qqn) mille amitiés, baisers, bénédictions, choses aimables, compliments, excuses, félicitations, grâces, mercis, pardons, remerciements, respects, tendresses; avoir mille choses à faire; rencontrer mille difficultés; faire mille folies; inspirer mille inquiétudes; endurer, souffrir mille maux, morts, supplices; être digne de mille morts; prendre mille précautions; dire mille sottises; de mille manières; mille fois plus; mille diables! mille dieux! mille sabords! mille tonnerres!
(Être) à mille lieues* (de).
Mille et un. Il éprouvait le besoin de toucher à tout et de commettre mille et une sottises plutôt que de rester tranquille (Boylesve,Leçon d'amour,1902, p.77).Cela nous valut mille et une aventures (Ponchon,Muse cabaret,1920, p.182).
[Avec ell. du subst. déterminé] En un mot comme en mille; un exemple entre mille. Ces malheureux républicains (...) ne sont qu'une poignée et font du bruit comme mille (Stendhal,L. Leuwen,t.3, 1835, p.69).Grand, châtain, souriant. Ces trois mots vagues font de lui un portrait si précis que vous le reconnaîtriez entre mille (Giraudoux,Siegfried,1928, ii, 2, p.86).
Fam. Je vous le donne (à deviner*) en mille. V. donner ex. 44.
C. − Adj. numéral ordinal. [Déterm. postposé d'un ensemble numéroté] Qui occupe le rang marqué par le nombre mille. Numéro, page mille; guerre de mil neuf cent quatorze. Les foules de l'an mil avaient cru à la fin du monde (J.-R. Bloch, Dest. du S.,1931, p.198).Un de nos ancêtres, expirant en l'an mille, a pu croire à la fin du monde (Bachelard,Poét. espace,1957, p.53).
II. − Emploi subst. inv.
A. − [Sans art.] Le nombre mille. Diviser, multiplier par mille. Je vais compter jusqu'à mille, cela fera bien un quart d'heure (Dorgelès,Croix de bois,1919, p.97).
Pour mille. [Précédé d'un nombre cardinal, indique que le rapport entre deux grandeurs dénombrables est exprimé par une fraction ayant mille pour dénominateur] Pour mille unités (abrév. ). Le taux de mortalité varie selon les populations et les époques de 5‰ à 30‰ (Encyclop. Sc. Techn.t.41970, p.267).
B. − P. méton. Ensemble de mille unités, millier. Cet ouvrage a atteint le centième mille (Ac.1935).L'ouvrier compositeur reçoit tant par mille de lettres composées, le pressier tant par mille de feuilles imprimées (Proudhon,Propriété,1840, p.223).Des capsules de métal à quatre-vingt-dix francs le mille (Hamp,Champagne,1909, p.181).Supposons une infiltration d'étrangers par centaines de mille (Alain,Propos,1921, p.277):
2. Sur la grande table à rallonges s'empilaient les derniers mille de faire-part, d'enveloppes, que l'on venait de livrer. Martin du G.,Thib.,Mort père, 1929, p.1325.
En partic.
ARITHM. Unité du quatrième ordre dans la numération décimale. V. dizaine ex. 1.
JEUX. Centre d'une cible, case valant mille points. Pomadour, achevant de lancer son dernier palet: C'est incroyable (...) je ne peux pas mettre dans le mille (...) toujours dans le dix (Labiche,29oà l'ombre,1873, 1, p.175).Le mille de la cible (...) est un point déterminé au centre d'une circonférence (Jankél.,Je-ne-sais-quoi,1957, p.116).
Au fig., fam. Mettre, taper dans le mille. Atteindre son but, tomber juste. Ah! c'est un fait; pour un novice, je n'avais pas raté le coche; j'avais mis dans le mille tout de suite (Courteline,Ah! Jeun.,1894, p.17):
3. Or, cet enchantement [du théâtre], personne au monde n'en exploite mieux les ressources que Christian Bérard, lorsqu'il oppose au réalisme et aux stylisations, ce sens de la vérité en soi, d'une vérité qui dédaigne la réalité, méthode inimitable n'ayant d'autre objectif que de mettre dans le mille à chaque coup. Cocteau,Machine infern.,1934, p.7.
Fam. Beaucoup, une grande somme. Sans gagner des mille et des mille, sa position n'était pas mauvaise (A. France,Crainquebille,A. Buquet, 1904, p.192).
Des mille et des cents*.
Prononc. et Orth.: [mil]. Homon. mil. Att. ds Ac. dep. 1694. Inv. cinq mille francs, des mille et des cents; inv. quand mille désigne un ensemble de mille objets de même nature: deux mille de blé (= deux mille bottes de blé, comparer avec deux cents de blé). Selon Lar. Lang. fr.: ,,on trouve parfois l'accord au pluriel``. Dans les dates de l'ère chrétienne, on écrit mil devant un autre nombre, mille en finale, selon une règle fixée par Oudin et qui s'impose au xviiies.: ,,L'an mil sept cent`` (Ac.), ,,L'an deux mille`` (Rob.). Mais cette règle n'est pas respectée par les aut. qui emploient indifféremment les 2 formes en finale (supra J.-R. Bloch et Bachelard). Dans les dates étrangères à l'ère chrétienne on écrit toujours mille: ,,L'an mille cinq cent avant J.-C.`` (Grev. 1964, §704). Les mots constr. avec mille ont tendance à se souder. Ac. 1935, Rob.: mille-pertuis, millepertuis; Lar. Lang. fr.: millepertuis; Rob. : mille-raies; Lar. Lang. fr.: milleraies, etc. Étymol. et Hist. 1. Ca 1050 adj. numéral cardinal signifiant «dix fois cent», ici dans la composition d'un multiple cent mil signifiant «un très grand nombre, beaucoup de», plur. mil (Alexis, éd. Chr. Storey, 595); ca 1100 plur. milie (Roland, éd. J. Bédier, 548); début xiies. mil e mil (St Brendan, 7 ds T.-L.); ca 1145 plur. mile (Wace, Conception ND, éd. W. R. Ashford, 1620); 1208 plur. mille (Villehardouin, Conquête Constantinople, éd. E. Faral, 21); 1360-70 sing. mille (Baudouin de Sebourc, IX, 400 ds T.-L.); 2. a) ca 1100 le nombre mille, p. ell. du subst., ici, sing. mil (Roland, éd. J.Bédier, 177); b) 1611 précédé de l'art. pour reduire le mille en un «pour résumer» (Larivey, La Constance, III, 6 ds Hug.); c) 1636 «quantité de mille objets, millier» (Monet); d) 1690 «chiffre (représentant le nombre mille)» (Fur.); e) 1866 mettre dans le mille «réussir» (Delvau, p.251), cf. aussi Littré Suppl. 1877: Populairement, mettre dans le mille, réussir en plein; locution tirée du jeu de tonneau, où le palet qui tombe dans la gueule de la grenouille figurée sur la table du jeu, amène le mille, qui est le plus fort numéro. Du lat. mille, dont le plur. milia est à l'orig. de mille, forme plur. qui l'a gén. emporté dans l'usage tout en prenant la prononc. du sing. mil.
COMP. Mille-fleurs, subst. fém. a) ,,Composition de plusieurs fleurs distillées`` (Ac. 1935). Rossolis de mille-fleurs (Ac. 1835, 1878). b) ,,Eau de mille-fleurs. Urine de vache reçue dans un vase pour être prise en remède. Eau de mille-fleurs, huile de mille-fleurs. Eau, huile extraite de la bouse de vache, par distillation`` (ibid.). [milfloe:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1718. Pt Rob.: millefleurs. Plur. inv. 1resattest. 1663 eau de mille-fleurs (La Rochefoucauld, Lettres ds Œuvres, éd. D.L.Gilbert et J. Gourdault, t.3, p.159); 1718 Rossoli de mille fleurs (Ac.); comp. de mille1et de fleur* (pour eau de mille fleurs parce qu'on pensait que le liquide ainsi obtenu avait les propriétés des fleurs consommées par les vaches).
BBG.Quem. DDL t.11, 15, 16, 17, 19. _ Soltész (J. A.). Nombre gramm. et syst. du nombre en fr. Cah. Ling. Montréal. 1978, no7, pp.117-118.

MILLE2, subst. masc.

A. − Unité de mesure de valeur variable, autrefois en usage dans différents pays. Mille d'Italie. Arrivé chez lui Octave demanda son cheval et alla faire quelques milles sur le boulevard neuf (Stendhal, Armance, 1827, p.50).Le mille d'Allemagne équivaut à près de deux lieues de France (Ac. 1835, 1878):
1. ... une cosmographie inexacte, mais universellement admise, fixait les dimensions du globe terrestre et lui donnait 6500 milles de diamètre, par conséquent 20400 de circonférence. Ozanam, Philos. Dante, 1838, p.158.
En partic.
[Chez les Romains] Unité de mesure valant mille pas. L'ancien mille romain valait 1482 m (Guérin1892).La longue voie romaine, avec sa belle chaussée de pierres et ses bornes posées de mille en mille (A. France, Clio, 1900, p.45).
Mille anglais/d'Angleterre. Synon. vx de mile (Dict. xixeet xxes.).
B. − Région. (Canada). Synon. de mile.Honfleur, le village le plus proche de leur maison, était à huit milles de distance (Hémon, M. Chapdelaine, 1916, p.163).L'accident à quelques milles de Saint-Denis (Roy, Bonheur occas., 1945, p.268).
C. − Mille (marin). Unité de mesure de navigation maritime et aérienne valant 1852 mètres. À un, deux... mille(s) de latitude, de longitude. Son relèvement [de l'île Lincoln] la plaçait au moins à douze cents milles de Taïti et des îles de l'archipel des Pomotou (Verne, Île myst., 1874, p.133).À trois milles marins de Lisbonne à travers l'embouchure du Tage (Céline, Mort à crédit, 1936, p.514):
2. J'ai (...) vécu seul, sans personne avec qui parler véritablement, jusqu'à une panne dans le désert du Sahara (...). Quelque chose s'était cassé dans mon moteur (...). Le premier soir je me suis (...) endormi sur le sable à mille milles de toute terre habitée. Saint-Exup., Pt Prince, 1943, p.413.
Prononc. et Orth.:[mil]. Homon. mil. Att. ds Ac. dep. 1694. Au plur. des milles. Étymol. et Hist. 1. 1213 «mesure itinéraire de mille pas chez les anciens Romains» (Faits des Romains, éd. L. F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, 161, 9); ca 1245 «mesure itinéraire comparable à celle des anciens Romains, de longueur variable selon l'époque ou le pays» (Philippe Mousket, Chron., 11038 ds T.-L.); 2. 1797 spéc. «unité de longueur employée par les marins de divers pays» (Voy. La Pérouse, t.1, p.96), cf. Brunot t.9, p.1168. De même orig. que mille1, le lat. mille désignant une mesure de longueur de mille pas, p. ell. de passus «pas» dans les expr. mille passus «mille pas» ou mille passuum «un millier de pas». Bbg. La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, pp.162-163.
STAT.Mille1 et 2.Fréq. abs. littér.: 26028. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 55524, b) 46876; xxes.: a) 28335, b) 21152.

Wiktionnaire

Adjectif numéral

mille \mil\ masculin invariable

  1. Dix fois cent unités, 103
    • Dans un tiroir, il y avait trente billets de mille francs, trente, attachés, par paquets de dix, avec des faveurs roses, ainsi que des lettres d’amour... — (Octave Mirbeau, La tête coupée,)
    • Dix ou vingt mille cornes, klaxons et trompes proclament éperdument la mobilisation du plaisir ; […] — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • John Wesley seul prêcha quarante mille sermons et parcourut deux cent cinquante mille milles. — (André Maurois, Histoire de l'Angleterre, Fayard & Cie, 1937, p.601)
  2. Quantité indéfinie mais fort grande.
    • Je dirai que nous avons assez de livres ici. Monsieur en a des mille et des mille qui lui font perdre la tête, et moi j’en ai deux qui me suffisent, mon paroissien et ma Cuisinière bourgeoise. — ( Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy, 1881 ; éd. Le Livre de Poche, p. 12.)
    • La cause de ces insurrections est presque toujours la même : les exactions, les extorsions et mille autres injustices commises par les caïds (gouverneurs) qui, ayant acheté leur poste, ne songent qu'à rentrer dans leurs fonds et à s'enrichir aux dépens de leurs administrés. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc: étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p.10)
    • Une sphère lumineuse, tournant au plafond, scintillait de ses mille petites facettes dont les lueurs éclairaient curieusement les visages. — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
    • Elle revient du cabinet de toilette, un peu traînante et lasse des mille riens qu’elle a entrepris déjà, […]. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
    • Il avait repassé le Doubs à la minuit, au lac de Chaillon, puis il avait remonté les crêts par un des mille sentiers que l’ingéniosité des contrebandiers leur fait sans cesse frayer à travers ces prés-bois et ces boqueteaux de sapins. — (Louis Pergaud, L’Évasion de Kinkin, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)

Nom commun 1

mille \mil\ masculin invariable

  1. Le nombre 1000.
    • Il demande des mille et des cents.
  2. En termes de librairie,
    • Cet ouvrage a atteint le centième mille.
  3. Centre de la cible (l’atteindre, dans certains jeux, rapporte autant de points).
    • Il a touché en plein dans le mille.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MILLE. nom et adj. numéral cardinal invariable
. Dix fois cent. Ils arrivèrent au nombre de mille. Dizaine de mille. Centaine de mille. Mille hommes. Mille chevaux. En termes de Librairie, Le centième mille. Cet ouvrage a atteint le centième mille. Dans la date des années, quand Mille est suivi d'un ou de plusieurs autres nombres, on met de préférence Mil. Ainsi on écrit L'an mil sept cent, pour L'an mille sept cent, etc.

MILLE se dit aussi pour une Quantité indéfinie, mais fort grande. Mille personnes l'ont vu. Mille témoignages se réunissent contre lui. Il y en a mille et mille. À peine trouve-t-on quelques renseignements exacts dans les mille et une brochures écrites sur cet événement. Il y a mille et mille choses à dire là-dessus. Je vous en rends mille grâces. Je vous ai dit cela mille fois. Mille gens l'ont fait. Fam., Des mille et des cents, Un très grand nombre. Pop., Mettre dans le mille, Tomber juste.

Littré (1872-1877)

MILLE (mi-l') adj. numéral des deux genres qui ne prend point la marque du pluriel
  • 1Dix fois cent. Mille hommes. Mille un fagots. Mille deux, mille trois, mille vingt. Deux mille. Dix mille. Cent mille. Après mille ans et plus de guerre déclarée, La Fontaine, Fabl. III, 13. Quoi ! pour noyer les Grecs et leur mille vaisseaux…, Racine, Iph. V, 4. Si un chef n'a eu que le bonheur de faire égorger deux ou trois mille hommes, il n'en remercie pas Dieu ; mais, lorsqu'il y en a eu environ dix mille exterminés par le feu et par le fer, et que, pour comble de grâce, quelque ville a été détruite de fond en comble, alors…, Voltaire, Dict. philos. Guerre.
  • 2Un grand nombre. Mille autres accidents bourreaux de notre vie, Régnier, Sat. XI. Mille songes affreux, mille images sanglantes, Ou plutôt mille amas de carnage et d'horreur, Corneille, Hor. I, 3. M. Coëffeteau disait : après mille fatigues et mille peines ; M. de Malherbe condamne cette façon de parler ; mais c'était à tort, puisqu'elle est usitée généralement de tout le monde, Vaugelas, Nouv. rem. p. 437, dans POUGENS. Mme de Chaulnes, qui vous fait mille amitiés, Sévigné, 525. Mme de Villars m'a chargée de mille et mille tendresses pour vous, Sévigné, 310. On lui dit mille fois que la franchise n'était pas une vertu de la cour, Fléchier, Duc de Mont. Et si par un chemin il [l'ennemi] entre en tes États, Qu'il en sorte par plus de mille, Racine, Esth. III, 3. Ô bienheureux mille fois L'enfant que le Seigneur aime ! Racine, Athal. II, 9. Sans hésiter, je donnerais mille vies pour obtenir la paix, Maintenon, Lett. au card. de Noailles, 14 juillet 1707. On faisait quelquefois souffrir mille morts à un innocent pour lui faire avouer un crime qu'il n'avait pas commis, Voltaire, la Princ. de Babyl. 10. Tu dis au temps d'enfanter, Et l'éternité docile, Jetant les siècles par mille, Les répand sans les compter, Lamartine, Harm. II, 1.

    Mille gens, et, elliptiquement, mille. Moi ! je serais cocu ?- Vous voilà bien malade ! Mille gens le sont bien…, Molière, Éc. des f. IV, 8. La cour de Claudius, en esclaves fertile, Pour deux que l'on cherchait en eût présenté mille, Racine, Brit. I, 2. Mille autres mieux que moi pourront vous en instruire, Racine, Bérén. III, 3.

  • 3Les Mille et une nuits, titre d'un recueil de contes arabes. Les Mille et un jours, titre d'un recueil de contes orientaux.

    Par extension. Mille et une, s'est dit pour un très grand nombre. Vous avez vu apparemment cette phrase dans une des mille et une brochures qu'on a faites contre mon ami, et vous la répétez au hasard : je vous jure, monsieur, qu'elle n'est pas de lui, Voltaire, Un chrét. contre 6 juifs, ch. 17.

  • 4Pris substantivement. Mille multiplié par vingt, par cent donne tant.

    On dit aussi le nombre mille, le numéro mille.

  • 5 S. m. Un mille, mille objets d'une certaine nature. Un mille de fagots. Cela se vend tant le mille.

    En termes de paveur, grand mille, onze cent-vingt-deux pavés que l'on vend pour mille. Cette manière de compter se nomme usage de rivière ; le mille ordinaire est de mille vingt, MORISOT.

    Populairement, des mille et des cents, une grande quantité.

REMARQUE

1. Dans la supputation ordinaire des années, quand mille est suivi d'un ou de plusieurs autres nombres, on retranche la dernière syllabe : l'an mil huit cent soixante deux, et non pas mille. On n'emploie mil que quand la date commence par cet adjectif numéral et Mercier a donné pour titre à son ouvrage : L'an deux mille quatre cent quarante. Mais Béranger a écrit par licence : Bénissons Dieu, Qui met chaque chose en son lieu : Celles-ci sont pour l'an trois mil ; Ainsi soit-il, Ainsi soit-il !

2. L'adjectif bon et peut-être aussi l'adjectif beau se placent au féminin pluriel devant mille livres (monnaie), dans le langage familier : Quarante bonnes mille livres de rente sont quelque chose de bon, Dancourt, le Chevalier à la mode, III, 1. Cet emploi ne serait pas permis avec un autre nombre : on ne dirait pas trois bonnes cents livres.

HISTORIQUE

XIe s. Set cenz chameauz et mil autours muez, Ch. de Rol. 111.

XIIe s. De l'or d'Espegne vaut dis mille mangons, Ronc. 29. Cil devant sont cent milie o [avec] escuz, ib. 45. De mil souspirs que je li doi par dete, Couci, VI. Bien aurons cent mile homes dedans quarante jours, Sax. XXVII.

XIIIe s. Seigneur, sachiés que mil et cent et quatre-vins et dis huit ans après l'incarnation Jhesu-Crist ot un saint home…, Villehardouin, I. Et sont en sa compaigne plus de mil et sept cent, Berte, IX. [Je] Ne vous feroie mal pour mil mars d'or pesé, ib. CXIV.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. MILLE. Ajoutez :
6 Populairement, mettre dans le mille, réussir en plein ; locution tirée du jeu de tonneau, où le palet qui tombe dans la gueule de la grenouille figurée sur la table du jeu, amène le mille, qui est le plus fort numéro.
7Arbre de mille ans, le baobab, adansonia digitata, L., BAILLON, Dict. de botan. p. 257.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

MILLE, s. m. (Gramm. Arithmét.) nom de nombre egal à dix centaines ; il s’écrit par l’unité suivie de trois zéros.

Mille, s. m. (Géographie.) mesure en longueur dont les Italiens, les Anglois & d’autres nations se servent pour exprimer la distance entre deux lieux. Voyez Mesure, Distance, &c.

Dans ce sens le mot mille est à peu près de même usage que lieue en France, & dans d’autres pays. Voyez Lieue.

Le mille est plus ou moins long dans différens pays.

Le mille géographique ou italien contient mille pas géométriques, mille passus ; & c’est de-là que le terme mille est dérivé, &c.

Le mille anglois contient huit stades ; le stade quarante perches, & la perche seize piés & demi.

Voici la réduction qu’a faite Casimir des milles ou lieues des différens pays de l’Europe au pié romain, lequel-est égal au pié du Rhin, dont on se sert dans tout le Nord.

Piés.
Le mille d’Italie, 5000.
d’Angleterre, 5454.
d’Ecosse, 6000.
de Suéde, 30000.
de Moscovie, 3750.
de Lithuanie, 18500.
de Pologne, 19850.
d’Allemagne, le petit, 20000.
d’Allemagne, le moyen, 22500.
le plus grand, 25000.
de France, 15750.
d’Espagne, 21270.
de Bourgogne, 18000.
de Flandres, 20000.
d’Hollande, 24000.
de Perse, qu’on nomme aussi parasangue, 18750.
d’Egypte, 25000.
Chambers.

Milles de longitude, terme de Navigation ; c’est le chemin que fait un vaisseau à l’est ou à l’ouest, par rapport au méridien d’où il est parti, ou d’où il a fait voile (voyez Méridien) ; ou bien c’est la différence de chemin de longitude, soit orientale, soit occidentale, entre le meridien sous lequel est le vaisseau, & celui d’où la derniere observation ou supputation a été faite. Voyez Longitude.

Dans tous les lieux de la terre, excepté sous l’équateur, ce chemin doit être compté par le nombre des milles de degré des paralleles sur lesquels on se trouve successivement ; ainsi il y a de la différence entre la longitude proprement dite, & les milles de longitude. Soient (fig. 8. Navig.) deux lieux A, G, la longitude est représentée par l’arc AD de l’équateur, les milles de longitude par les sommes des arcs AB, IK, HF, paralleles à l’équateur. La somme de ces arcs AB, IK, HF, &c. étant plus petite que la somme des arcs AB, BC, CD, ou que l’arc AD qui exprime la longitude, se nomme par cette raison lieues mineures de longitude. Voyez Lieues mineures de longitude. Au reste la somme de ces arcs AB, IK, HF, contient autant de degrés que l’arc entier AD : sur quoi voyez les articles Loxodromie & Loxodromique.

Il est visible que tandis que le vaisseau fait sous un même rhumb un certain chemin de peu d’étendue, par exemple trois à quatre lieues, l’espace qu’il décrit est réellement à l’espace qu’il décrit en longitude, comme le sinus total est au sinus de l’angle constant de la route avec le méridien. Cette proportion donnera facilement les milles de longitude, qui ne sont que la somme de ces derniers espaces. Voyez Degre & Navigation. (O)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « mille »

Provenç. espagn. et portug. mil ; ital. mille ; du lat. mille, que Corssen rattache à un radical sanscrit mil, réunir, rassembler.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

(Nom 1) Du latin mille de même sens.
(Adjectif numéral) Du latin milia (pluriel de mille).
(Nom 2) Du latin millia (sous-entendu passuum « pas ») : espace de mille pas, un mille.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « mille »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
mille mil

Citations contenant le mot « mille »

  • Une abeille vaut mieux que mille mouches. De Proverbe français
  • Pour un plaisir, mille douleurs. De François Villon / Ballade des proverbes
  • Un pêché est beaucoup ; mille prières sont peu. De Proverbe persan
  • On ne parvient aux dignités que par mille indignités. De Francis Bacon
  • Le silence est comme l'ébauche de mille métamorphoses. De Yves Bonnefoy
  • Une image vaut mille mots. De Confucius
  • La conscience vaut mille témoignages. De Proverbe latin
  • Pour une joie, mille douleurs. De Proverbe français
  • Une ivresse efface mille tristesses. De Proverbe chinois
  • Dieu : mille questions, aucune réponse. De Alain Bosquet / Avoir empêche d’être
  • Une photo vaut mille mensonges ! De Claude Jasmin / Maman-Paris, Maman-la-France
  • Celui qui a cent désire mille, celui qui a mille désire cent mille, celui qui possède cent mille veut ensuite la royauté, et après la royauté le ciel. De Anonyme / Pantcha-Tantra
  • On peut tromper une personne mille fois. On peut tromper mille personne une fois. Mais on ne peut pas tromper mille personnes, mille fois. De Alain Berberian / La Cité de la peur
  • Le goût est fait de mille dégoûts. De Paul Valéry / Choses tues
  • Dix mille difficultés ne font pas un doute. De Isaac Newton
  • Le nombre de décès liés au Covid-19 s’élève à 623 milles et celui des contaminations à 15 millions 250 mille. Toutefois 9 millions 219 mille personnes se sont remises jusqu’à ce jour. , Covid-19 : plus de 15.2 millions de contaminations et 623 mille décès | TRT Français
  • Lancé fin mai, le dispositif Care a été utilisé par près de dix mille chefs d’entreprise. Leurs recherches de conseils et de solutions ont porté sur trois thématiques majeures : accompagnement, aides et médiation, bourses d’entraide. , Le dispositif Care déjà utilisé par près de dix mille chefs d’entreprise | Bref Eco
  • Boulevards, avenues, places, impasses ou rues : nous vous invitons cet été, au fil de notre série, à une palpitante plongée dans l’aventure des noms donnés aux voies lilloises. La capitale des Flandres en compte aujourd’hui plus de mille. Un peu d’histoire pour introduire le premier volet consacré au square Morisson. La Voix du Nord, À la découverte de l’extraordinaire histoire des mille rues de Lille
  • Le nombre de décès liés au Covid-19 dans le monde entier s’élève à 604 mille 960 et celui des contaminations à 14 millions 429 mille. Par ailleurs 8 millions 620 mille personnes sont guéries. , Covid-19 : plus de 604 mille décès et 14,4 millions d’infections | TRT Français

Traductions du mot « mille »

Langue Traduction
Anglais thousand
Espagnol mil
Italien mille
Allemand tausend
Chinois
Arabe ألف
Portugais mil
Russe тысяча
Japonais
Basque mila
Corse mille
Source : Google Translate API

Synonymes de « mille »

Source : synonymes de mille sur lebonsynonyme.fr
Partager