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Maquereau

Sommaire

  • Définitions du mot maquereau
  • Étymologie de « maquereau »
  • Phonétique de « maquereau »
  • Citations contenant le mot « maquereau »
  • Images d'illustration du mot « maquereau »
  • Traductions du mot « maquereau »
  • Synonymes de « maquereau »

Définitions du mot maquereau

Trésor de la Langue Française informatisé

MAQUEREAU1, subst. masc.

A. −
1. Poisson de mer (de la famille des Scombridés) au corps fusiforme et charnu sans écailles, au dos tacheté de vert et bleu, au ventre nacré, dont la chair est recherchée. Filets de maquereau; maquereau salé, frit, mariné au vin blanc. Dans un bout de papier, un maquereau très frais, les ouïes sanglantes (Zola,Assommoir, 1877, p. 540).Le maquereau et le hareng ne sont adultes, c'est-à-dire capables de se reproduire, qu'après trois ans de vie (Boyer,Pêches mar., 1967, p. 16):
. Maquereaux à la sauce aux groseilles vertes. Prenez des maquereaux: remplissez-les d'une farce composée de beurre frais, de fines herbes, sel et poivre de Cayenne et de groseilles épineuses, à moitié mûres, que vous aurez bien épluchées et débarrassées de leurs pépins. Gdes heures cuis. fr.,Ch. Monselet,1888, p. 172.
2. Groseille* à maquereau.
B. − P. anal., pop., vieilli. Taches qui se forment sur les jambes lorsqu'elles sont exposées de trop près à la chaleur. (Dict xixes.).
Prononc. et Orth.: [makʀ ο]. Att. ds Ac. dep. 1694. Ac. 1718: vedette macquereau mais dans le texte maquereau. Étymol. et Hist. Ca 1140 makerel (Geffrei Gaimar, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 444). Orig. controversée. Selon l'étymol. traditionnelle (Bl.-W.3-5; FEW t. 16, p. 504b), emploi fig. de maquereau2*, ce poisson ayant, selon une croyance pop. (mais qui ne semble att. qu'à partir du xixes., cf. A. Tobler ds Sitzungsberichte der königlich preussischen Ak. der Wiss., 1902, pp. 92-93), pour rôle de rapprocher les harengs mâles des harengs femelles, qu'il accompagne dans leurs migrations. D'apr. P. Guiraud (Fr. mod. t. 34, 1966, pp. 280-290), le mot se rattacherait plutôt à la famille de maquer, macher «frapper, contusionner», d'où «tacher», le maquereau étant un animal tacheté. Cette hyp. ne tient pas compte de la chronol. des sens: les dér. de makk- signifiant «meurtrir» n'apparaissent en fr. qu'au xves., v. FEW t. 6, 1, p. 67a (il est vrai que le prov. les connaît dep. ca 1200, v. Rayn. t. 4, p. 111 et E. Lévy, Prov., mais «maquereau» se dit vairat dans ces parlers, v. FEW t. 14, p. 177a); maquereaux «taches qui viennent aux jambes quand on s'est chauffé de trop près», invoqué par Guiraud, n'apparaît qu'en 1552 (FEW t. 16, p. 503b) et peut être dû à une comparaison avec l'aspect du poisson; pour groseille à maquereau (1752, Trév.: à Paris le peuple nomme ce fruit groseilles à maquereau, parce qu'on en met dans la sauce du maquereau), on rencontre la même hésitation quant à son étymol.: pour les uns (déjà Trév. 1752; FEW t. 16, p. 505a, note 6), ce fruit serait ainsi appelé parce qu'il entre dans la composition d'une sauce accompagnant le maquereau; pour P. Guiraud, il s'agirait encore d'un dér. de makk- «tache», ce fruit étant tacheté. Bbg. Barbier (P.). N. de poissons. Notes étymol. et lexicogr. R. Lang. rom. 1915, t. 58, pp. 316-318. − Guir. Étymol. 1967, pp. 34-35, 38-40. _ Sain. Sources t. 1 1972 [1925], p. 73, 98, 99, 100; t. 2 1972 [1925], pp. 215-216.

MAQUEREAU2, -ELLE, subst.

Populaire
A. −
1. Subst. masc. Homme qui débauche et prostitue les femmes et qui reçoit d'elles l'argent qu'elles tirent de la prostitution. Synon. barbeau (arg.), entremetteur, mac (arg.), proxénète, souteneur, taulier (arg.).Retourne à tes tripots, tricheur... à tes putains, maquereau!... (Mirbeau,Journal femme ch., 1900, p. 353).Julot, un maquereau! C'est-à-dire qu'il dit qu'il est un maquereau. Mais il n'est pas foutu de l'être. Moi je l'ai vu payer sa femme (...) une femme qui était en maison, qui gagnait plus de cinquante francs par jour (Proust,Temps retr., 1922, p. 813):
. ... j'avoue que les exercices de la crapule, boueuse ou dorée, me fatiguent, que les moeurs des maquereaux m'ennuient autant qu'elles me dégoûtent, et que j'ai en horreur cette honteuse parodie de l'amour, la prostitution, la traite des blanches et autres gentillesses de même ordre. L. Daudet, Brév. journ., 1936, p. 231.
2. Subst. fém. Maquerelle, en appos., mère maquerelle. Patronne d'une maison de prostitution. Synon. entremetteuse, taulière.Ni une maquerelle ni un Seymour n'ont pensé à avoir [dans leur harem ou leur bordel] une Circassienne et une Japonaise (Goncourt,Journal, 1863, p. 1214).Ce devait être quelque tenancière de grande maison de filles, une maquerelle en voyage (Proust,Sodome, 1922, p. 93).Des mères maquerelles de ta sorte, Checca, ça se pêche à la douzaine rue des Dévidoirs (Arnoux,Rossignol napol., 1937, p. 19).
B. − P. ext., péj.
1. Homme qui vit ou tire profit d'une femme. Il faut que vous ayez un fameux toupet pour oser faire une allusion à de l'argent reçu d'une femme par un homme, vous qui, tout jeunet, avez débuté dans la vie par être entretenu par Déjazet sexagénaire (...) toute la différence qu'il y a entre vous et Jupillon, c'est que le maquereau que vous étiez prenait plus cher que Jupillon (Goncourt,Journal, 1889, p. 908).J'ai l'habitude de payer pour les femmes avec qui je sors. Je ne suis pas un maquereau (Queneau,Pierrot, 1942, p. 128).
2. Entremetteur peu honorable dans divers domaines. Maquereau politique. Quant aux offres de Du Camp relativement à MmeBiard, il y a entre les hommes une sorte de pacte fraternel et tacite qui les oblige à être maquereaux les uns des autres (Flaub.,Corresp., 1853, p. 406).Briand, ce maquereau, couvert de toutes les bénédictions «allemandes» du pape Pie XI (L. Daudet,Brév. journ., 1936, p. 63).
REM.
Macrotin, maquereautin, subst. masc.,pop., péj. Souteneur jeune ou débutant, sans envergure. L'emploi d'un nom propre était impossible, et le nom de Maizeroy seulement remplaçable par un nom forgé de maquereautin (Goncourt,Journal, 1895, p. 810).Vous voyez bien que nous valions à cette époque les jeunes libres-penseurs, potaches ou macrotins, de ces jours-ci! (Verlaine, Œuvres compl., t. 5, Confessions, 1895, p. 59).
Prononc. et Orth.: [makʀ ο], fém. [-εl]. Att. ds Ac. dep. 1694. Abrév. maq et mac (Esn. 1966). Étymol. et Hist. 1269-78 makerele «tenancière de maison close» (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 10066); 1269-78 maquereaus «homme qui vit de la prostitution des femmes» (Id., ibid., 11706). Empr. au m. néerl. makelare «intermédiaire, courtier» (également att. en Flandre et en pic. dans des textes fr.: fin du xiiies. ap. G. Espinas, H. Pirenne, Recueil de doc. relatifs à l'hist. de l'industr. drapière en Flandre, t. 3, p. 234; fin du xiiies. ap. A. Giry, Hist. de la ville de Saint-Omer, p. 503, 526); le m. néerl. makelare est dér. de makeln «trafiquer», lui-même dér. de maken «faire». Fréq. abs. littér. Maquereau1 et 2: 193. Maquerelle: 60.
DÉR. 1.
Maquereautage, maquerellage, subst. masc.,pop. Conduite, état de maquereau, de maquerelle. Synon. proxénétisme.Une vieille femme qui a le goût, la passion du maquerellage. Tous les couples amoureux de l'endroit (...) elle les attirait chez elle et les installait dans de petits appartements communiquant par un système de petits escaliers en colimaçon (Goncourt,Journal, 1878, p. 1259).On me soupçonnait de maquereautage en même temps que de pédérastie (Céline,Voyage, 1932, p. 142).V. crevard ex. [makʀ οta:ʒ], [-kʀ εla:ʒ]. Ac. 1694: maquerelage; dep. 1718: -rellage. Land. 1834: -rèlage. Littré, Lar. 19e: -rellage et -rellerie. DG: -reautage. Nouv. Lar. ill., Lar. 20e: -rellage, -reautage, -rellerie. Lar. encyclop., Lar. Lang. fr.: -rellage, -reautage. Rob.: -rellage: ,,on emploie plus souvent maquereautage``. L. Daudet, Police pol., 1934, p. 137: -rélage. 1resattest. a) xiiies. [ms.] maquerelaje «métier d'entremetteur» (Digestes, ms. Montpellier 47, fo280d ds Gdf. Compl.), b) 1867 maquereautage (Delvau); de maquereau2, -elle, a suff. -age*, b suff. -(t)age*.
2.
Maquereauter, maquereller, verbe,pop., vx. a) Emploi intrans. Faire le maquereau, l'entremetteur; p. ext., vivre aux dépens d'une personne. Qui c'est, ce mec?... Un de tes potes de Montparnasse? Il parle pas anglais? Qu'est-ce qu'il fait ici? En train de maquereauter à tes dépens, je parie (H. Miller,Un Diable au paradis, trad. par A. Grall, 1956ds Quem. DDL t. 14).b) Emploi trans. Servir d'intermédiaire dans quelque chose, intriguer pour faire réussir quelque chose. Maquereauter, maquereller une affaire. C'est cette sacrée Ethel qui avait maquerellé cette histoire-là. Sans doute a-t-elle touché une commission (L. Daudet,Phryné, 1937, p. 174). [makʀ οte], [-kʀ εle] et [-ele], (il) maquereaute [-o:t], (il) maquerelle [-εl]. Littré, Lar. 19e-20e: -reller. L. Daudet, loc. cit.: -reller. Delvau 1867, p. 297 et H. Miller, loc. cit.: -reauter. 1resattest. a) α) 1549 maquereller trans. «prostituer (une femme)» (Fr.Habert, trad. des Satires d'Horace, II, I, paraphrase ds Hug.), β) 1868 intrans. «faire le maquereau» (Littré), b)α) 1867 maquereauter «id.» (Delvau), β) 1867 maquereauter une affaire (ibid.); de maquereau2, -elle, a dés. -er, b dés. -(t)er.
BBG. Dubois (M.). Notules lexicol. Romania. 1957, t. 78, pp. 390-391 (s.v. maquerellerie). _ Quem. DDL t. 17 (s.v. maquerellage).

Wiktionnaire

Nom commun 1

maquereau \ma.kʁo\ masculin

  1. (Zoologie) Une des espèces de poissons osseux marins surtout du genre Scomber, poissons effilés aux rayures caractéristiques.
  2. (Zoologie) Synonyme de maquereau commun (poisson).
    • Les poissons qu'on y pêche sont d'un goût excellent; ceux qu'on estime le plus et qu'on rencontre le plus fréquemment, sont : le rouget, le maquereau, le loup, la sole, deux espèces de sardines enfin et sur-tout le mulet (vulgairement muge), dont nos pêcheurs distinguent aussi deux variétés. — (M. de Rivière, « Mémoire sur la Camargue », dans les Annales de l'agriculture française, 2e série, tome 34, Paris : chez Madame Huzard, avril 1826, p. 76)
    • […]; et l’on voyait déjà quelques embarcations filer doucement sur l’eau que battaient les grands avirons, pareils à des vols de goélands lents et bas. On était au plus fort de la pêche du maquereau. — (Octave Mirbeau, Les eaux muettes )
    • Les espèces de poissons que l'on trouve dans cette zone sont les poissons pélagiques, le hareng, le maquereau, le brishing, le capelan, les poissons de fond comme la morue, le haddock, le colin, le merlan et les poissons plats, […]. — (La pêche maritime, volume 50, n° 1122 à 1125, Éditions maritimes, 1971, p. 733)
  3. Broche métallique, plus grosse qu’une sardine, servant à fixer une tente de camping au sol.

Nom commun 2

maquereau \ma.kʁo\ masculin (pour une femme on dit : maquerelle)

  1. (Populaire) Proxénète.
    • Il n’a pas une guenille au cul qu’il ait gagnée par lui-même. Qu’il y vienne, vous verrez si je sais faire foutre le camp aux maquereaux ! — (Charles-Louis Philippe, Bubu de Montparnasse, 1901, réédition Garnier-Flammarion, page 142)
    • Il y avait d’épaisses volutes de fumée âcre au-dessus des tables, et, derrière, les grandes banquettes de bois, le long des murs, étaient toutes occupées par des individus complètement déguenillés : des filles des fortifs, pas peignées, sales, pieds nus, les seins fermes, à peine dissimulés par des châles aux couleurs indéfinissables, leurs maquereaux à côté, avec des casquettes militaires bleues et la cigarette coincée dans l’oreille, des maquignons aux pognes poilues et aux doigts boudinés, dont chaque mouvement parlait l’idiome muet de la bassesse, des serveurs insolents et des commis vérolés en culotte à carreaux. — (Gustav Meyrink, Le Golem, 1915 ; traduit de l’allemand par Jean-Pierre Lefebvre, 2003, page 91)
    • En étudiant lesdites annonces et en infiltrant les forums de discussion zoophiles, les enquêteurs de la CAT ont ainsi remonté dans leurs filets, rien que pour l’année dernière, une quinzaine de maquereaux pour chiens. — (Alerte aux réseaux de « call-dogs », Le Canard enchaîné, 7 juin 2017, page 4)
    1. Enfant de maquereau : Variante de fils de pute, enfant de putain.
      • — Merci, qu’est-ce que c’est que ce pissat de mulet ?
        — C’est du cognac.
        — Du visqui, il me faudrait. Je veux du visqui. Et où est l’autre enfant de maquereau, Alexandre ?
        — Il s’est trissé, madame.
        — Il s’est trissé, madame. Dis donc, t’en es encore au jars des
        Pieds-Nickelés, toi, l’enfant de chœur ? — (Boris Vian, Le Chasseur français, 1955. Le Livre de Poche, 2008, p.206.)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MAQUEREAU. n. m.
Poisson de mer dont les écailles sont très brillantes et très colorées et qui arrive en grandes troupes le long de nos côtes. Maquereau frais, salé. Groseille à maquereau. Voyez GROSEILLE.

Littré (1872-1877)

MAQUEREAU (ma-ke-rô) s. m.
  • 1Poisson de mer à plusieurs fausses nageoires sur la queue et tacheté de diverses couleurs (scomber vulgaris, scomber scombrus, L.), dit aussi auriol, aurion sur les côtes de la Méditerranée ; il arrive en grandes troupes annuellement des contrées du nord. Le nom de groseilles à maquereau vient de l'usage d'employer ces fruits comme condiment de ce poisson.

    Maquereau chevillé, maquereau qui cesse d'être plein après avoir déposé ses œufs, et dont la chair a perdu une grande partie de ses qualités.

    Maquereau bâtard, le saurel, poisson huileux des côtes de Normandie et de Picardie (caranx trachurus).

  • 2Taches qui viennent aux jambes quand on s'est chauffé de trop près (éphélides ignéales).

HISTORIQUE

XIIIe s. Tout le maquerel et tout le harenc qui vient à Paris doit estre vendus à conte, Liv. des mét. 270.

XIVe s. Aiez un maquerel frais et decoupez par tronçons, Ménagier, II, 5. Se harens vueil [je veux], j'ai maquereaux, Deschamps, Miroir de mariage, p. 12.

XVIe s. Tes egnes [aines] et tes gigoteaux Sont marquetez de maquereaux, Baïf, Passetemps, III, à Claudine.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MAQUEREAU, Veirat, Verat, Auriol, Horreau, Poisson d’Avril, scomber ou scombrus, (Hist. nat.) poisson de mer sans écailles, & qui croît jusqu’à une coudée. Il a le corps rond, charnu, épais, & terminé en pointe ; la queue est profondement fourchue. Il ressemble au thon pour la bouche, dont l’ouverture est grande ; les machoires sont minces & aiguës à leur extrémité, & se ferment comme une boîte, car la machoire inférieure entre dans la supérieure. Les yeux sont grands, & d’un jaune de couleur d’or. Quand ce poisson est dans l’eau, il a le dos de couleur de soufre, qui devient bleu dès qu’on le tire de l’eau, & après sa mort, ce bleu est interrompu par plusieurs bandes noirâtres. Le ventre & les côtés sont blancs. Le maquereau ressemble au bouiton & au thon par le nombre & la position des nageoires ; il en a une au-dessous de l’anus, & une autre à l’extremité du dos, qui s’étendent toutes les deux jusqu’à la queue, deux aux ouies, deux au ventre, presque sous celles des ouies, & une autre sur le dos, près de la tête.

Les maquereaux sont des poissons de passage ; ils fraient en Février, comme le thon, & déposent leurs œufs au commencement de Juin. Ils craignent le grand chaud & le grand froid. La chair en est grasse, de bon goût & presque sans arêtes. Rondelet, hist. des poissons, part. I. liv. VIII. chap. vij. Voyez Poissons.

Maquereaux, s. m. (Pêche.) Voici comme se fait leur pêche. La manœuvre differe de celle de la pêche des harengs, voyez Harengs. Les filets sont aussi flottans, mais autrement établis. On démâte de même le bateau, & on ne donne qu’une petite cape au borset pour soutenir pendant qu’on jette le filet à la mer. La tête de ces filets-ci se tient toujours à fleur d’eau, & ne coule pas bas comme aux seines. La texture peut avoir trois mille brasses de long, ayant presque trois cent pieces d’aplets ; mais comme le fil qui les compose est fort leger, ils garnissent ordinairement le bas du filet, ou de vieilles seines, ou de manets ; quelques-uns même y mettent du plomb : mais comme la tête est fort flottée, les applets se soutiennent toujours à fleur d’eau ; aussi n’y a-t-il seulement que seize quarts de futaille pour soutenir le filet dans toute sa longeur. Ces filets dérivent comme les seines, & cette pêche-ci, comme celle des harengs, ne se fait que la nuit. Plus la nuit est obscure, plus on la peut espérer bonne. Les manets sont à fleur d’eau, parce que le maquereau s’y éleve, & quand il fait clair, il apperçoit le filet, dont il s’échappe en passant par-dessus. On releve ordinairement le filet au point du jour. Voyez nos Pl. de Pêche.

On fait encore la pêche du maquereau & autres poissons passagers, d’une maniere particuliere sur la côte de l’amirauté de Quimper en Bretagne. Il faut, pour pratiquer cette pêche, un lieu commode & à l’abri, tel qu’est le coude que forme la pointe de Cleden.

Ceux qui veulent faire cette pêche, ont une ancre ou une grosse pierre percée, du poids de quelques quintaux, sur laquelle on frappe un cordage long de plusieurs brasses. Les pêcheurs, dans leurs petits bateaux, portent cette pierre à cinquante ou soixante brasses loin de la côte de la plus basse-mer, où le pié soit écoré & escarpé, & les eaux si profondes, qu’il reste toujours plusieurs brasses d’eau, même du tems des plus basses marées ; le cordage frappé sur l’ancre, soit de fer ou de pierre, a vingt-cinq & trente brasses de longueur ; au bout qui flotte, est amarrée une poulie de retour, en sorte qu’elle puisse surnager à fleur d’eau. On passe ensuite dans cette poulie un même cordage ou une ligne qui vient double jusqu’à la côte. Le pêcheur se place sur une pointe de rocher pour haler & faire venir à lui cette corde quand il le juge à propos.

Sur une partie de cette corde, que l’on nomme va & vient, à cause de sa manœuvre, est enfilé ou amarré un filet flotté par la tête, & dont le pié est chargé de quelques pierres, pour le faire caler de sa hauteur ; ce sont ou des filets à maquereau, ou des tramaux, ou des rets à orphies ou aiguillettes, & des filets de gros fonds.

Quand le pêcheur veut faire sa pêche, & qu’il a placé son filet, il le tire de l’ancre, en halant à lui le cordage opposé ; & quand il veut visiter son filet, il hale le côté de la corde où il est amarré : il connoît par l’agitation des flottes de liege, & par leur enfoncement dans l’eau, lorsqu’il s’y est pris du poisson ; le filet, par cette manœuvre du cordage, va & vient, il fait passer à ses piés le filet pour en retirer le poisson qui s’y est maillé, ou qui s’est embarrassé dans les mailles des trameaux

La tissure du filet est ordinairement de quinze à vingt brasses de long sur une brasse & demie de chute. Les plus petites mailles de ces filets sont celles des manets ; & comme on y prend des meuilles ou mulets d’une grosseur prodigieuse, les pêcheurs ont des rets à plus grandes mailles, afin que les poissons s’y puissent prendre : ils ne pêchent que les poissons qui se sont maillés dans le filet.

La saison de faire cette pêche pour les mulets, est durant l’hiver, & pour les maquereaux pendant le carême. Il faut un tems calme pour pêcher de cette maniere avec succès ; les gros vents y sont contraires quelqu’abri qu’il y ait à la côte.

On place quelquefois vingt & plus de ces filets à côté les uns des autres, & ils ne sont souvent éloignés que de quelques brasses. Seulement de cette maniere ils sont placés comme sont situés à la côte les étentes, étates ou palis des pêcheurs picards & normands. Voyez Etente. Voyez nos Pl. de Pêche.

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Étymologie de « maquereau »

(Nom 1) Attesté, en ancien français, sous la forme maquerel. Le mot se rattacherait [1] à la famille de maquer, mascher, macher (« frapper, contusionner », d'où « tacher »), le maquereau étant un animal tacheté → voir mascheure, « tache » en ancien français.
(Nom 2) Du néerlandais makelaar « intermédiaire, courtier, trafiquant », dérivé de makelen « trafiquer », doublet populaire du verbe maken « faire ».
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Pic. macrieu ; bourg. maiquereà, le maquereau, macria, la groseille à maquereau. On trouve le flamand makreel, le danois makrel, l'anglais mackrell ; mais les germanistes disent que ces mots viennent du français. On donne la même origine au kimry macrell. On regarde maquereau comme formé du latin macula, tache, à cause des taches que présente ce poisson ; et alors maquereau serait pour maclereau. On trouve dans le champenois le mot maquet, maquereau, et Scheler s'en autorise pour rattacher maquereau à maca, radical hypothétique du latin macula, radical qu'il trouve dans macquer. En définitive, l'origine du mot maquereau reste douteuse.

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Phonétique du mot « maquereau »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
maquereau makro

Citations contenant le mot « maquereau »

  • Le maquereau est le mâle de la morue. De André Mycho
  • Avez-vous jamais entendu la marchande de poissons dire que le maquereau sent mauvais ? De John Wilson
  • La médecine est une putain et son maquereau c'est le pharmacien ! De Renaud / Etudiant - poil aux dents
  • Serment de maquerelle, on le pèse sans peine. Serment de maquereau pèse une araignée d'eau. De Plaute / Le Persan
  • Les critiques sont les maquereaux de la littérature. De Emil Michel Cioran / Cahiers 1957-1972
  • Les médecins sont pires l'un envers l'autre que les maquereaux. De Paracelse / Discours sur l'alchimie
  • Comme les petits gars de la Marine qui, sous le pompon, emballent et font chavirer les 14 juillet, le maquereau est un sacré mataf. Sur toutes les mers et toujours aussi populaire. On lui connaît bien des uniformes selon qu’il soit maquereau espagnol, bâtard, blanc, roi, tacheté, des Indes mais c’est bien le Scomber scombrus, ou maquereau commun, qui donne au genre sa postérité, depuis les temps antiques. Le Figaro.fr, Le maquereau breton par Christian Le Squer
  • Mondial maquereau fumé marché 2020: le nouveau rapport de recherche ajoute dans la base de données Rapports de précision. Ce rapport de recherche répartis sur les pages, de résumer les entreprises et les supports Top avec des tables et des chiffres. Rapport final ajoutera lanalyse de limpact des Covid-19 sur cette industrie. , Rapport sur le marché mondial maquereau fumé, Taille, Partager, Analyse 2020 et prévisions pour 2023 – Derrière-l'Entente.com
  • Les débarquements mondiaux de petits pélagiques devraient s’élever à 21,2 Mt en 2020 selon la FAO. À environ 9,7 Mt, les approvisionnements pour la consommation humaine devraient être 4 % plus élevés qu’en 2019. Une hausse majoritairement attribuable à l’augmentation du quota de pêche du maquereau, fixé à 922 064 tonnes, soit + 20 % par rapport à 2019. Le maquereau bénéficie d’une demande asiatique en croissance. La consommation au Japon s’est élevée à 315 000 t en 2019, soit + 2 % par rapport à 2018. La demande en République de Corée a aussi progressé en 2019. Or, ces deux pays enregistrent une baisse de leur production nationale, de sorte que leurs besoins d’importations augmentent. La Chine, pour sa part, a importé 150 000 t de maquereau congelé en 2019 (contre 141 000 t en 2018). Les Marchés : le média des acheteurs et vendeurs de produits alimentaires, Petits pélagiques : hausse de 4 % des captures mondiales | Les Marchés : le média des acheteurs et vendeurs de produits alimentaires
  • C'est une adresse bien connue des gourmets et des gourmands. L'Arraditz à Lescar est tenu d'une main de maître par Olivier Nicolau. Dans la cuisine de ce chef au parcours culinaire déjà bien rempli, vous y retrouverez que des produits locaux. Tout provient d'un rayon de 100km maximum pour rester encré sur un territoire marqué par de beaux et bons produits. Pendant le confinement, le chef a proposé des cours de cuisine par internet pour garder le contact avec ses nombreux clients. Pour cette période estivale vous pourrez venir déguster une entrée à base de maquereaux marinés dans une sauce soja avec vinaigre de riz et du piment béarnais. Le maquereau est ensuite grillé au chalumeau. Pour accompagner cette entrée, le chef Nicolau décline le concombre en gelée, ainsi qu'un sorbet au concombre, de la fleur de concombre, et une tuile de riz soufflée aux algues. France Bleu, Lescar : le restaurant L'Arraditz et sa carte d'été
  • Le rapport d’étude de marché mondial sur le maquereau en conserve fournit une analyse experte et complète des principales tendances commerciales, des moteurs, de la segmentation en profondeur, des prévisions, des contraintes et des perspectives de développement futuriste en détail. Le rapport d’étude met en lumière un tas de facettes essentielles, notamment la part de marché, la taille et les tendances du maquereau en conserve, ce qui mettra en évidence un impact extravagant dans l’augmentation des ventes du marché du maquereau en conserve au cours des dernières années. Electroziq, Recherche sur le marché du maquereau en conserve (impact de COVID-19) 2020-2026: Nestlé, Clorox, Mars, Bleu, Pettex – Electroziq
  • Le maquereau en boîte est disponible toute l’année. En plus, il est économique et bon pour la santé. Autant savoir comment l’accommoder ! ConsoGlobe, Recettes originales : que faire avec une boîte de maquereau ?
  • Inscrit en 1950 à Douarnenez, sous le numéro DZ 3788, le Nicole Jeanine, qui porte les prénoms des deux filles du patron, Jean Brusq, est un malamok de 16,39 m de long. Comme tous ses congénères, il pratique, selon les saisons, la pêche au maquereau de dérive, le thon, ou les palangres. Dans la nuit du mardi au mercredi 17 juillet 1957, alors qu’il est armé aux palangres, le malamok s’échoue sur un fond rocheux dénommé le Trévorc’h, à proximité de l’embouchure de l’Aber Benoît. Le Telegramme, Dans les cales du Rosmeur : c’est arrivé en juillet - Douarnenez - Le Télégramme
  • Le maquereau est un poisson d’eau salée, très prisé pour sa chair. Il appartient à la même famille que le thon. Il est très nutritif, peu onéreux et se consomme de diverses façons. Découvrez ses bienfaits nutritionnels et une recette de cuisine d'un grand chef. France 3 Grand Est, Le maquereau, un poisson bon pour la santé - France 3 Grand Est

Images d'illustration du mot « maquereau »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « maquereau »

Langue Traduction
Anglais mackerel
Espagnol caballa
Italien sgombro
Allemand makrele
Chinois 鲭鱼
Arabe سمك الأسقمري البحري
Portugais cavalinha
Russe скумбрия
Japonais サバ
Basque berdela
Corse mansa
Source : Google Translate API

Synonymes de « maquereau »

Source : synonymes de maquereau sur lebonsynonyme.fr
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