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Gravitation

Sommaire

  • Définitions du mot gravitation
  • Étymologie de « gravitation »
  • Phonétique de « gravitation »
  • Citations contenant le mot « gravitation »
  • Images d'illustration du mot « gravitation »
  • Traductions du mot « gravitation »
  • Synonymes de « gravitation »

Définitions du mot gravitation

Trésor de la Langue Française informatisé

GRAVITATION, subst. fém.

A. − PHYS., ASTRON.
1. Phénomène par lequel deux corps pesants quelconques s'attirent mutuellement; force qui fait que les corps tombent, que les planètes décrivent des orbites. Synon. attraction.Gravitation universelle; centre, champ, constante, onde de gravitation. On sait comment la théorie de la relativité se passe de l'« attraction » newtonienne, en rattachant la gravitation à la structure de l'espace et du temps (Ruyer, Esq. Philos. struct.,1930, p. 24).Mais ils étaient attirés l'un vers l'autre comme par la force de la gravitation (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 161) :
1. Dans le fait de la marée il y a à comprendre l'effet de la gravitation, d'après les positions relatives du soleil et de la lune; et, par exemple, il faut savoir pourquoi cette marée de Pâques fut plus forte qu'une autre et relier cela à l'éclipse de lune. Alain, Propos,1931, p. 1009.
Loi de la gravitation (formulée par Newton). Force d'attraction entre deux corps pesants, proportionnelle au produit de leurs masses et inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare. Hypothèse, principe, théorie de la gravitation (newtonienne). La loi de la pesanteur, ou de la gravitation (peut-être l'unique loi de l'univers), s'accomplit par le quarré, et non par le quintuple des distances (Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 297).Les lois de l'ambition ressemblent à celles de la gravitation : l'intensité s'y accroît en raison du chemin parcouru (Reybaud, J. Paturot,1842, p. 183).
2. P. ext. Mouvement régulier d'un corps céleste autour d'un autre; évolution des astres dans l'espace. Gravitation planétaire; gravitation des astres, de la terre autour du soleil, de la lune autour de la terre. Le globe terrestre en sa gravitation entraîne continents et mers, dans la même sillon de l'espace (Massis, Jugements,1924, p. 142).Ces étoiles folles et déréglées qui (...) bousculent par le vent de leur course les gravitations éternelles (Camus, État de siège,1948, p. 205) :
2. ... pour la première fois, tous deux prenaient conscience dans leur corps du mouvement de la terre. L'avion qui tournait, comme une minuscule planète, perdu dans l'indifférente gravitation des mondes, attendait que passât sous lui Tolède, son Alcazar rebelle et ses assiégeants, entraînés dans le rythme absurde des choses terrestres. Malraux, Espoir,1937, p. 555.
B. − Au fig.
1. Force attractive. La vulgarité tire à soi l'homme qui « s'abandonne ». L'épaisse loi de gravitation nous tient tous (Gide, Journal,1928, p. 898).Cette inclination de la volonté vers la fin que la raison lui montre, cette force de gravitation, ce pondus, en un mot, dont saint Thomas parle avec saint Augustin, qui attache l'homme à Dieu par l'amour (Gilson, Espr. philos. médiév.,1932, p. 155).
2. Action de graviter autour de quelqu'un ou de quelque chose. Établir sur une toile plane un véritable système de gravitations, un système céleste (Lhote, Peint. d'abord,1942, p. 115).En principe, le centre de gravitation est dans une ville; dans les conditions anciennes, une ville, comme une corolle enfermant un pistil double, se forme autour d'un souverain et d'un dieu (G. Bataille, Exp. int.,1943, p. 137).
REM. 1.
Gravitaire, adj.,rare. Synon. de gravitationnel (infra dér.).Cf. P. Morand, Confins vie, 1955, p. 34.
2.
Gravitatif, -ive, adj.Qui produit la gravitation. Force gravitative (Littré).
3.
Gravitatoire, adj. (ds rob. Suppl. 1970).Synon. de gravitationnel (infra dér.).
4.
Gravitique, adj.,rare. Dû à la gravitation. L'immensité de l'Espace (...), cet éther que l'on devine tout sillonné, tout frissonnant, de radiations et d'interinfluences gravitiques (Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 968).
Prononc. et Orth. : [gʀavitasjɔ ̃]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1717 (Hartsœker, Bib. Anc. et Mod., VII, p. 306, ds Brunot t. 6, p. 548, note 3). Empr. à l'angl.gravitation (ca 1645 ds NED) [du lat. sc. gravitare, graviter*], vulgarisé en fr. par les trad. des œuvres de Newton (cf. Brunot, loc. cit.). Fréq. abs. littér. : 181.
DÉR.
Gravitationnel, -elle, adj.Qui concerne la gravitation ou la pesanteur. Champ gravitationnel; force, ondes gravitationnelles. Noué des deux mains à la pointe extrême du mât, perdant tout à coup l'équilibre gravitationnel (Bernanos, Soleil Satan,1926, p. 177).H. von Helmholtz (...) suggère la contraction gravitationnelle comme source de l'énergie stellaire (Hist. gén. sc.,t. 3, vol. 2, 1964, p. 574).V. graviton ex.[gʀavitasjɔnl]. 1reattest. 1912 (Le Radium, p. 455 : champ gravitationnel); de gravitation, suff. -el*, cf. l'angl. gravitationnal (1885 ds NED).
BBG. Quem. DDL t. 1 (s.v. gravitationnel).

Wiktionnaire

Nom commun

gravitation \ɡʁa.vi.ta.sjɔ̃\ féminin

  1. (Physique) Force en vertu de laquelle deux points matériels s’attirent en raison directe de leur masse et en raison inverse du carré de leur distance.
    • Je disais tout à l’heure que ce que j’ai nommé la tendance des atomes disséminés à retourner à leur unité originelle devait être pris pour le principe de la loi newtonienne de la gravitation ; et en effet on n’aura pas grande peine à entendre la chose ainsi, si l’on considère la gravitation newtonienne sous un aspect purement général, comme une force qui pousse la matière à chercher la matière ; […]. — (Edgar Poe, Eureka, 1848, traduction de Charles Baudelaire, 1864)
    • Newton n’aurait pas promulgué la loi de la gravitation universelle s’il avait attendu que les perturbations qu’il observait dans le mouvement des astres eussent disparus. — (Alfred Naquet, Vers l’union libre, E. Juven, Paris, 1908)

Nom commun

gravitation

  1. Gravitation.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GRAVITATION. n. f.
T. de Physique. Force en vertu de laquelle deux points matériels s'attirent en raison directe de leur masse et en raison inverse du carré de leur distance. Les lois de la gravitation universelle ont été découvertes par Newton.

Littré (1872-1877)

GRAVITATION (gra-vi-ta-sion ; en vers, de cinq syllabes) s. f.
  • Terme de physique. Force en vertu de laquelle toutes les particules de la matière pèsent les unes sur les autres en raison directe de leur masse et en raison inverse du carré de leur distance. Newton a calculé la gravitation, mais il n'en a pas découvert la cause, Voltaire, Lett. à M. L. C. 23 déc. 1768. Le premier fait du renflement de la terre à l'équateur et de son aplatissement aux pôles est mathématiquement démontré et physiquement prouvé par la théorie de la gravitation et par les expériences du pendule, Buffon, Époq. nat. t. VII, p. 9. On trouve dans la Henriade une éloquente, une brillante, une judicieuse traduction en vers du système de la gravitation, Villemain, Litt. fr. XVIIIe siècle, 2e partie, 2e leçon.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

GRAVITATION, s. f. en terme de Physique, signifie proprement l’effet de la gravité ou la tendance qu’un corps a vers un autre par la force de sa gravité. Voyez ci-après Gravité.

Suivant le système de Physique établi par Newton, & reçu maintenant par un grand nombre de philosophes, chaque particule de matiere pese ou gravite vers chaque autre particule. Voyez Newtonianisme.

Ce que nous appellons gravitation par rapport à un corps A, qui pese vers un autre corps B, Newton l’appelle attraction par rapport au corps B vers lequel le corps A pese : ou, ou ce qui revient au même, l’attraction que le corps B exerce sur le corps A, est ce qui fait que le corps A a une gravitation vers B ; l’attraction est la cause inconnue & la gravitation l’effet. Voyez Attraction.

Selon Newton, les planetes, tant premieres que secondaires, aussi-bien que les cometes, pesent ou tendent toutes vers le soleil, & pesent outre cela les unes vers les autres, comme le soleil pese & tend vers elles ; & la gravitation d’une planete quelconque C vers une autre planete D, est en raison directe de la quantité de matiere qui se trouve dans la planete D, & en raison inverse du quarré de la distance de la planete C à la planete D. Voyez Planete, Comete, Soleil, Terre, Lune, &c.

Mais ce ne sont pas seulement les corps célestes qui s’attirent mutuellement. Newton ajoute que toutes les parties de la matiere ont cette propriété réciproque les unes par rapport aux autres ; & c’est ce qu’il appelle la gravitation universelle. On peut voir aux mots Attraction & Gravité, les preuves de ce système & l’usage que Newton en a fait, ainsi que les réflexions que nous avons faites sur ces preuves & sur cet usage. A ces réflexions nous en joindrons ici quelques-unes.

I. Réflexions philosophiques sur le système de la gravitation universelle. Les observations astronomiques démontrent que les planetes se meuvent, ou dans le vuide, ou au-moins dans un milieu fort rare, ou enfin, comme l’ont prétendu quelques philosophes, dans un milieu fort dense qui ne résiste point, ce qui seroit néanmoins plus difficile à concevoir que l’attraction même. Mais quelque parti qu’on prenne sur la nature du milieu dans lequel les planetes se meuvent, la loi de Kepler démontre au-moins qu’elles tendent vers le soleil. Voyez Loi de Kepler & Gravité. Ainsi la gravitation des planetes vers le soleil, quelle qu’en soit la cause, est un fait qu’on doit regarder comme démontré, ou rien ne l’est en Physique.

La gravitation des planetes secondaires ou satellites vers leurs planetes principales, est un second fait évident & démontre par les mêmes raisons & par les mêmes faits.

Les preuves de la gravitation des planetes principales vers leurs satellites ne sont pas en aussi grand nombre ; mais elles suffisent cependant pour nous faire reconnoître cette gravitation. Les phénomenes du flux & reflux de la mer, & sur-tout la théorie de la nutation de l’axe de la terre & de la précession des équinoxes, si bien d’accord avec les observations, prouvent invinciblement que la terre tend vers la lune ; voyez Flux & Reflux, Marée, Nutation, Précession. Nous n’avons pas de semblables preuves pour les autres satellites. Mais l’analogie seule ne suffit-elle pas pour nous faire conclure que l’action entre les planetes & leurs satellites est réciproque ? Je n’ignore pas l’abus qu’on peut faire de cette maniere de raisonner, pour tirer en Physique des conclusions trop générales ; mais il me semble, ou qu’il faut entierement renoncer à l’analogie, ou que tout concourt ici pour nous engager à en faire usage.

Si l’action est réciproque entre chaque planete & ses satellites, elle ne paroît pas l’être moins entre les planetes premieres. Indépendamment des raisons tirées de l’analogie, qui ont à la vérité moins de force ici que dans le cas précédent, mais qui pourtant en ont encore, il est certain que Saturne éprouve dans son mouvement des variations sensibles, & il est fort vraissemblable que Jupiter est la principale cause de ces variations. Le tems seul, il est vrai, pourra nous éclairer pleinement sur ce point, les Géometres & les Astronomes n’ayant encore ni des observations assez complettes sur les mouvemens de Saturne, ni une théorie assez exacte des dérangemens que Jupiter lui cause. Mais il y a beaucoup d’apparence que Jupiter, qui est sans comparaison la plus grosse de toutes les planetes & la plus proche de Saturne, entre au-moins pour beaucoup dans la cause de ces dérangemens : je dis pour beaucoup, & non pour tout ; car outre une cause dont nous parlerons dans un moment, l’action des cinq satellites de Saturne pourroit encore produire quelque dérangement dans cette planete ; & peut-être sera-t-il nécessaire d’avoir égard à l’action des satellites pour déterminer entierement & avec exactitude toutes les inégalités du mouvement de Saturne, aussi-bien que celles de Jupiter.

Si les satellites agissent sur les planetes principales ; & si celles-ci agissent les unes sur les autres, elles agissent donc aussi sur le soleil : c’est une conséquence assez naturelle. Mais jusqu’ici les faits nous manquent encore pour la vérifier. Le moyen le plus infaillible de décider cette question, est d’examiner les inégalités de Saturne ; car si Jupiter agit sur le Soleil en même tems que Saturne, il est nécessaire de transporter à Saturne, en sens contraire, l’action de Jupiter sur le Soleil, pour avoir le mouvement de Saturne par rapport à cet astre ; & entr’autres inégalités cette action doit produire dans le mouvement de Saturne une variation proportionnelle au sinus de la distance entre le lieu de Jupiter & celui de Saturne. C’est aux Astronomes à s’assurer si cette variation existe, & si elle est telle que la théorie la donne. Voyez Saturne.

On peut voir par ce détail quels sont les différens degrés de certitude que nous avons jusqu’ici sur les principaux points du système de la gravitation universelle, & quelle nuance, pour ainsi dire, observent ces degrés. Ce sera la même chose quand on voudra transporter, comme fait Newton, le système général de la gravitation des corps célestes à celle des corps terrestres ou sublunaires. Nous remarquerons en premier lieu que cette attraction ou gravitation générale s’y manifeste moins en détail dans toutes les parties de la matiere, qu’elle ne fait, pour ainsi dire, en total dans les différens globes qui composent le système du monde ; nous remarquerons de plus qu’elle se manifeste dans quelques-uns des corps qui nous environnent plus que dans les autres ; qu’elle paroît agir ici par impulsion, là par une méchanique inconnue, ici suivant une loi, là suivant une autre ; enfin plus nous généraliserons & étendrons en quelque maniere la gravitation, plus ses effets nous paroîtront variés, & plus nous la trouverons obscure, & en quelque maniere informe dans les phénomenes qui en résultent, ou que nous lui attribuons. Soyons donc très-réservés sur cette généralisation, aussi-bien que sur la nature de la force qui produit la gravitation des planetes ; reconnoissons seulement que les effets de cette force n’ont pu se réduire, du-moins jusqu’ici, à aucune des lois connues de la méchanique ; n’emprisonnons point la nature dans les limites étroites de notre intelligence ; approfondissons assez l’idée que nous avons de la matiere, pour être circonspects sur les propriétés que nous lui attribuons ou que nous lui refusons ; & n’imitons pas le grand nombre des philosophes modernes, qui en affectant un doute raisonné sur les objets qui les intéressent le plus, semblent vouloir se dédommager de ce doute par des assertions prématurées sur les questions qui les touchent le moins.

II. Loi générale de la gravitation. Si on appelle φ la force de la gravitation d’un point vers un autre, e l’espace que cette force fait parcourir pendant le tems t, on aura , ou plus exactement , comme on l’a vû au mot Force, page 118 de ce Volume, en appellant a l’espace que la pesanteur p fait parcourir pendant un tems θ. M. Euler, dans sa piece sur le mouvement de Saturne, qui a remporte le prix de l’académie des Sciences en 1748, prend pour équation, non pas , mais . Comme cette maniere de présenter l’équation des forces accélératrices a causé de la difficulté à plusieurs personnes, je dirai ici qu’elle ne me paroît point exacte. En effet supposons φ=p, c’est-à-dire φ égale à la pesanteur naturelle, on auroit donc, suivant M. Euler, & ou  ; cependant toutes les formules reçues jusqu’ici donnent la vîtesse à la fin de l’espace , & le tems  ; ce qui est fort différent de l’expression de t qui résulte de la formule de M. Euler. Il est vrai que l’équation, peu exacte en elle même, , dont M. Euler se sert, n’influe point sur le reste de sa piece, parce qu’il corrige cette erreur par une autre, en substituant dans la suite de la piece, à la place de , la quantité , a étant le rayon de l’orbite, ζ l’anomalie, & Θ le soleil ; au lieu qu’en nous servant de la formule , nous eussions substitué cette quantité , non à la place de , mais à la place de  ; en sorte que dans les deux cas le résultat auroit été le même, savoir . En effet étant ici la force centripete, & l’arc parcouru pendant le tems dt, on a (voyez l’article Force, pages 118 & 119.) : donc, puisque , on aura . Nous supposons qu’on ait ici sous les yeux la piece de M. Euler imprimée à Paris en 1749.

III. Maniere de trouver la gravitation d’un corps vers un autre. Newton dans le livre I. de ses principes, a donné pour cela une méthode qui a été commentée & étendue depuis par différens auteurs. Voyez les mémoires de l’acad. 1732. le commentaire des PP. le Seur & Jaquier ; les mémoires de Petersbourg, &c. Cette méthode a principalement pour objet l’attraction que les corps sphériques, elliptiques & cylindriques, ou regardés comme tels, exercent sur un point donné. Nous avons donné les premiers la méthode de trouver l’attraction qu’un solide peu différent d’une sphere, elliptique ou non, sphéroïde ou non, exerce sur un point placé, soit au-dedans, soit au-dehors de lui. Voyez la seconde & la troisieme partie de nos recherches sur le système général du monde, Paris 1754 & 1756 ; voyez aussi l’article Figure de la Terre. De plus une remarque singuliere que nous avons faite à ce sujet, & que nous croyons nouvelle, c’est que quand un corpuscule est au-dehors d’une surface sphérique & très-près de cette surface, l’attraction que cette surface exerce sur ce corpuscule, est à-peu-près double de celle qu’elle exerce, si le corpuscule est placé sur la surface même. On peut voir dans la III. partie de nos recherches sur le système du monde, 1756, pp. 198 & 199. la preuve & le dénouement de cette espece de paradoxe. Mais pour faire sentir aux commençans comment le calcul donne ce paradoxe, représentons-nous la différentielle de l’attraction d’une surface sphérique, r étant le rayon, 2π le rapport de la circonférence au rayon, n la distance du corpuscule à la surface sphérique, & x une abscisse quelconque ; nous trouverons aisément par les méthodes connues que l’intégrale de cette différentielle est . Voyez Intégral, Transformation, & la II. partie de mes recherches sur le système du monde, page 284. Or, soit que n soit =0, ou non, la seconde partie de cette intégrale, savoir devient , quand . A l’égard de la premiere partie, elle est évidemment toûjours nulle, quand n=0, puisque n en multiplie tous les termes ; mais quand n n’est pas =0, elle devient, lorsque , , comme la précédente à laquelle elle s’ajoûte pour lors. Ainsi quand n=0, l’attraction n’est que  ; & quand n n’est pas zéro, elle est . Voilà la raison analytique du paradoxe.

IV. Usage du système de la gravitation pour trouver les masses des planetes. Soient deux planetes, dont les masses soient M, m, qui ayent des satellites qui tournent autour d’elles à la distance A, a, & qui fassent leurs révolutions dans les tems T, t, les forces centripetes de ces satellites seront , puisque la gravitation est en raison directe de la masse du corps attirant, & inverse du quarré de la distance : de plus ces forces centripetes seront égales aux forces centrifuges ; & en considérant les orbites des satellites comme des cercles, les forces centrifuges seront entr’elles comme . Voyez Force centrale au mot Central. Donc on aura . Donc si on connoît le rapport de A avec a & celui de T avec t, on connoîtra le rapport de M à m. Par-là on peut connoître le rapport de la masse du Soleil, de Jupiter & de Saturne, à celle de la Terre ; car toutes ces planetes (en y comprenant le Soleil) ont des satellites, dont on connoît le rapport des distances à leurs planetes principales, & les tems des révolutions. V. Planete. (O)

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Étymologie de « gravitation »

Du latin gravitatio.
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Du latin gravitatio
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Graviter.

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Phonétique du mot « gravitation »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
gravitation gravitasjɔ̃

Citations contenant le mot « gravitation »

  • Le 14 septembre 2015, c'est une nouvelle fenêtre qui s'est ouverte sur l'Univers. Avec la détection, par la collaboration internationale Ligo-Virgo, des premières ondes gravitationnelles en provenance de la fusion de deux trous noirs, les astronomes ont disposé dès lors d'un messager unique pour observer les phénomènes les plus violents du cosmos, restés jusqu’ici invisibles par les autres méthodes d'observation. En moins de cinq ans, cette nouvelle astronomie a multiplié les détections, identifiant un nouveau candidat toutes les semaines. « Et d'ici à quelques années, c'est un événement par jour qu'on mettra en évidence grâce aux améliorations apportées aux instruments », confie Matteo Barsuglia, chercheur au laboratoire Astroparticule et cosmologie (APC)1 et responsable scientifique de Virgo pour la France. De quoi lever le voile sur la nature et l'origine des astres émetteurs de ces ondes, mais aussi tester les théories de la gravitation et en apprendre plus sur l'histoire de l'Univers. CNRS Le journal, Les premiers pas de l’astronomie gravitationnelle | CNRS Le journal
  • Dans la première description précise de la gravitation, sur des bases mathématiques (Les mathématiques constituent un domaine de connaissances abstraites construites à l'aide de raisonnements logiques sur des concepts tels que les...), la gravité (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) de Newton était une force externe transmise par des moyens inconnus. Cependant, au début du XXe siècle, le modèle de Newton a été remplacé par une description plus complète et plus générale connue sous le nom de relativité générale (La relativité générale, fondée sur le principe de covariance générale qui étend le principe de relativité aux...). Dans cette approche, la gravitation n'est plus une force, au sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution...) traditionnel du terme, mais le résultat de la géométrie (La géométrie est la partie des mathématiques qui étudie les figures de l'espace de dimension 3 (géométrie euclidienne) et, depuis le XVIIIe siècle, les figures d'autres types d'espaces (géométrie...) de l'espace lui-même. Ces solutions géométriques sont toujours la cause de forces attractives sauf dans le cas d'une courbure (Intuitivement, courbe s'oppose à droit : la courbure d'un objet géométrique est une mesure quantitative du caractère « plus ou moins courbé » de cet objet. Par...) en forme de selle de cheval (Le cheval (Equus ferus caballus ou equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé appartenant à l'une des sept espèces de la...) ou le périmètre (Le périmètre d'une figure plane est la longueur du bord de cette figure. Le calcul du périmètre sert par exemple à...) d'un cercle (Un cercle est une courbe plane fermée constituée des points situés à égale distance d'un point nommé centre. La valeur de cette distance est appelée rayon du cercle. Celui-ci étant...) serait supérieur à 2πR, dans ce cas la gravité serait inversée (dans une courbure en forme sphérique d'une gravitation le périmètre est inférieur à 2πR). Avec la relativité générale, l'anti-gravité devient improbable, sauf circonstances artificielles considérées comme peu vraisemblables ou impossibles. Le terme anti-gravité peut aussi parfois être utilisé pour une hypothétique propulsion non-réactive basée sur certaines solutions de la relativité générale. Autre solution serait la possibilité de rendre la courbure spatio-temporelle d'un milieu gravitationnel moins courbe (En géométrie, le mot courbe, ou ligne courbe désigne certains sous-ensembles du plan, de l'espace usuels. Par exemple, les droites, les segments, les lignes polygonales et les cercles...), dans ce cas la gravité de l'espace modifié serait seulement diminuée. Techno-Science.net, 🔎 Antigravité - Définition et Explications
  • Le principe de l’universalité de la chute libre stipule que deux corps lâchés dans un champ gravitationnel subissent la même accélération indépendamment de leur composition. Ce principe a été démontré pour la première fois par Galilée, qui aurait lâché des objets de masse différente du haut de la tour de Pise afin de vérifier qu’ils atteignaient tous deux le sol simultanément. Daily Geek Show, Un point crucial de la théorie de la relativité générale d'Einstein confirmé par des Français
  • Cette nouvelle approche a aidé les astronomes à localiser les neutrinos, car chaque messager cosmique fournit plus de détails. En théorie, les neutrinos cosmiques de haute énergie doivent être accompagnés de rayons gamma ou d’ondes électromagnétiques à faible énergie, et parfois d’ondes gravitationnelles. Fredzone, On a peut-être résolu le mystère des neutrinos cosmiques à haute énergie
  • Dans notre système solaire, la plupart des satellites naturels s'éloignent lentement de leur planète en raison d'effets de marée résultant de l'attraction gravitationnelle. Ainsi notre lune s'écarte-t-elle de la Terre à un rythme de 3,8 cm par an. Les scientifiques peuvent le mesurer grâce à de puissants lasers et aux réflecteurs déposés à la surface de notre satellite par les missions américaine Apollo et soviétique Lunokhod. En effet, c'est le temps de trajet aller-retour des impulsions laser qui permet de déterminer très précisément la distance entre Terre et lune. Le Point, Saturne-Titan : douze centimètres qui changent tout ! - Le Point
  • Avec l’expansion et le refroidissement de l’univers qui succède à l’ère de Planck, la gravitationcommence à se séparer des interactions de jauge ( En tant qu'instrument de mesure : Une jauge est un instrument de mesure. On trouve par exemple : La jauge de contrainte, traduisant un effort mécanique en résistance électrique, La jauge Hibernia et la...) fondamentales : l’électromagnétisme et les forces nucléaires fortes et faibles. A ces échelles, la physique est décrite par une Théorie de la Grande Unification dans laquelle le groupe de jauge du Modèle standard est intégré dans un groupe beaucoup plus vaste, qui est rompu pour produire les forces naturelles observées. Finalement, la Grande Unification est elle-même rompue lorsque la force nucléaire forte se sépare de la force électrofaible. Ceci se produit en même temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) que l’inflation. Selon certaines théories, cela pourrait conduire à la production de monopôles magnétiques. L’unification de l’interaction forte et de la force électrofaible conduit à ce que la seule particule à laquelle on puisse s’attendre à cette période est le boson de Higgs (Le boson de Higgs est une particule élémentaire dont l'existence a été proposée en 1964 par Gerry Guralnik, C.R. Hagen, et Tom Kibble; Robert Brout et François Englert (et nommé...). Techno-Science.net, 🔎 Historique du Big Bang - Définition et Explications

Images d'illustration du mot « gravitation »

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Traductions du mot « gravitation »

Langue Traduction
Anglais gravitation
Espagnol gravitación
Italien gravitazione
Allemand gravitation
Chinois 引力
Arabe الجاذبية
Portugais gravitação
Russe тяготение
Japonais 重力
Basque grabitazio
Corse gravitazione
Source : Google Translate API

Synonymes de « gravitation »

Source : synonymes de gravitation sur lebonsynonyme.fr
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