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Ongle

Définitions du mot « ongle »

Trésor de la Langue Française informatisé

ONGLE, subst. masc.

A. − [Désignant une partie du corps]
1. [Chez l'homme] Lame cornée faite de kératine, dure et à demi transparente, recouvrant l'extrémité dorsale de la dernière phalange des doigts et des orteils. Ses doigts longs bien façonnés en pointe, ses beaux ongles ovales et bombés (Colette,Sido, 1929, p.42).L'habitude de se ronger les ongles (onychophagie) est souvent révélatrice: par excès de concentration, le sujet se ronge lui-même (Mounier,Traité caract., 1946, p.364).On connaît les vers fameux de Lucrèce, qui décrivent les premiers hommes sans autres armes que leurs mains, leurs ongles et leurs dents (Hist. sc., 1957, p.1407).V. aussi auriculaire ex. 6.
SYNT. Les ongles des mains, des pieds; ongles de pied; lit, matrice, racine, corps, extrémité libre de l'ongle; gratter, égratigner de l'ongle, à coups d'ongle; se manger, se mordre les ongles; se brosser, se couper, se curer, se limer, se faire les ongles; brosse, ciseaux, lime à ongles; rouge, vernis à ongles; ongles courts, longs, carrés, pointus; ongles sales, noirs, soignés, polis, vernis.
MÉD. Ongle incarné. V. incarner2.
Expr. et loc.
Ongles en deuil (fam.). V. deuil A 2 a.
Pet à vingt ongles (vx et vulg.). Enfant. M. Gustave: Sais-tu ce que c'était, cette gonfle? (...) Andoche: Non? Tiens!... du vent? M. Gustave. −Oui! un vent! mais comme l'on dit vulgairement, un vent avec... vingt ongles au bout! (...) Hargue! un ch'ti n'enfant (Martin du G.,Gonfle, 1928, iii, 3, p.1233).
Se ronger les ongles, ou, plus rarement, se manger les ongles, se mordre les ongles. Manifester de l'impatience ou de l'inquiétude. Je n'irai pas en Espagne; je m'y mangerais les ongles jusqu'au coude en attendant les dépêches (Mérimée,Lettre à une inconnue, t.2, 1859, p.48).Tous les hommes qu'elle voyait chez son père lui semblaient ennuyeux (...) Empressés, inquiets (...), se rongeant les ongles (A. France,Jocaste, 1879, p.37).
Vieilli. Se donner beaucoup de mal, faire des efforts pénibles et douloureux (pour résoudre un problème intellectuel, composer un ouvrage). Au moment où vous commencez à l'être [homme de famille, joyeux compagnon], voilà le style qui vous démange; plus de laisser-aller, plus de joie. Il vous faut rentrer dans votre bouge, polir votre mot, trouver votre rime, vous taper le front et vous ronger les ongles (Sainte-Beuve,Pensées, 1846, p.32).Ce sont de ces oeuvres dont parle Perse, qui veulent que l'on se morde les ongles jusqu'au sang (Flaub.,Corresp., 1853, p.180).
Rogner les ongles à qqn. Lui retirer une part de son pouvoir, de ses moyens d'action. Cette terrible Intendance de santé à laquelle je voudrais voir rogner les ongles (Stendhal,Mém. touriste, t.3, 1838, p.235).
Donner sur les ongles à qqn (vieilli). Le châtier, le reprendre vertement. (Ds Ac. 1798, Lar. 19e-20e, Lar. Lang. fr.). Synon. donner sur les doigts à qqn (v. donner II A 1).
Avoir du sang aux ongles, avoir du sang sous les ongles, avoir du sang au bout des ongles. Avoir de l'énergie, du courage. Elle vous dira elle-même son fait, mille diables! Les yeux dans les yeux, en public, car elle a du sang sous les ongles (Bernanos,Soleil Satan, 1926, p.65).
Savoir qqc. sur l'ongle. Savoir couramment, à fond. (Dict. xixeet xxes.). Synon. savoir sur le bout des doigts (v. doigt I D 2).
Être qqc. (adj. qualificatif) ou avoir qqc. (subst. exprimant une qualité) jusqu'au bout des ongles, ou, vieilli, jusqu'aux ongles, jusque dans le bout des ongles. Être fortement doté de telle ou telle qualité. J'étais matérialiste et voltairien jusque dans le bout des ongles (Dumas père, Comment je devins auteur dramatique, 1833, introd., p.4).Ils n'ont pas cet air de race, de grand seigneur jusqu'au bout des ongles, qu'a mon oncle Palamède (Proust,J. filles en fleurs, 1918, p.761).
Faire rubis* sur l'ongle, payer rubis* sur l'ongle.
2. [Chez l'animal]
a) Production cornée faite de kératine, recouvrant l'extrémité dorsale des doigts (des oiseaux, de certains mammifères, de certains reptiles). Ongles acérés, puissants. Une chauve-souris accrochée à un angle par les ongles de ses membranes (Gautier,Rom. momie, 1858, p.299).L'Autruche est caractérisée par un pied à deux doigts seulement, le médian puissant muni d'un ongle fort, l'externe réduit sans ongle (Zool., t.4, 1974, p.464 [Encyclop. de la Pléiade]):
1. Les quadrupèdes frugivores grimpants, tels que les rats, les écureuils, les singes, n'ont besoin que de leurs ongles durs et crochus, qu'ils enfoncent dans l'écorce des arbres, pour en atteindre les sommets. Bern. de St-P.,Harm. nat., 1814, p.94.
En partic. Griffe (des carnassiers, des oiseaux de proie). Les ongles des chats et de plusieurs autres quadrupèdes à fortes griffes s'unissent ainsi avec les dernières phalanges des doigts (Cuvier,Anat. comp., t.1, 1805, p.126).On sait qu'il [le chat-huant] possède un bec fort et crochu, tranchant, des ongles aigus doués d'une faculté de prise rapide, car c'est un rapace (Pesquidoux,Chez nous, 1923, p.206).
P. méton., FAUCONN. Serre (d'un oiseau de proie). En chasse au vol on dit les «ongles» pour les serres, dont l'ensemble est qualifié de main, comme pour l'homme (Duchartre1973).
Au sing. avec une valeur de plur., poét. Tel un aigle puissant pose, après le combat, Son ongle sur sa proie (Hugo,Orient., 1829, p.34).Et tous [des chiens], comme ouvriers que l'on met à la tâche, Fouillent ces flancs à plein museau, Et de l'ongle et des dents travaillent sans relâche (Barbier,Ïambes, 1840, p.20).
b) P. anal.
Vx ou littér. Sabot (des équidés et des ruminants). Chute de l'ongle (Ac. 1798-1878). Mon cheval ne touche pas la terre avec ses ongles (Quinet,Ahasvérus, 1833, 3ejournée, p.182).Ce n'est pas un aussi bon cheval que tu dis, Aristobule. Il a l'ongle mince. Les paturons portent à terre et l'animal sera bientôt estropié (A. France,Thaïs, 1890, p.166).Un remède pour guérir cette chose du chat. Un bibelot quoi, je ne sais pas au juste. Tu vois bien ce que je veux dire: des tresses de crins de cheval, un ongle de bouc (Giono,Colline, 1929, p.66).
ENTOMOL. Organe corné, en forme de crochet, situé à l'extrémité du tarse de certains insectes. Le doigt ou tarse des insectes forme la dernière pièce de la patte. Il est ordinairement composé de plusieurs articles, dont le dernier est terminé par un ou deux ongles crochus (Cuvier,Anat. comp., t.1, 1805, p.455).
c) Expr. et loc.
Avoir des ongles. Savoir se défendre, être prompt à la riposte. Ce n'est pas faiblesse chez lui [Th. de Banville], car il a des ongles et même très pointus; c'est le plus magnifique dédain que jamais critique ait montré pour ses justiciables (Zola,Nos aut. dram., 1881, p.306):
2. Oh! voyez! −cette main, −main qui n'a rien d'illustre, Main d'un homme du peuple, et d'un serf, et d'un rustre, (...) Et qui n'a pas d'épée, a des ongles, messieurs! Hugo,Roi s'amuse, 1832, p.434.
Avoir bec et ongles, dents et ongles; faire qqc. du bec et des ongles, des ongles et des dents. Avoir, employer tous les moyens possibles pour se défendre ou pour parvenir à ses fins. Elle ne voulut pas se soumettre à cohabiter avec son mari; elle se défendit en personne qui avait bec et ongles, soutenant qu'elle n'avait pas dit oui (Sainte-Beuve,Port-Royal, t.5, 1859, p.413).C'est un rude assaillant. Il y va de l'ongle et des dents, sans compter les feintes et les ruses. J'entends par là qu'en polémique il a diverses méthodes (A. France,Vie littér., 1891, p.v).La Dorothée fit tant des pieds et des mains, des ongles et des dents qu'elle se fit épouser d'un honnête menuisier du bourg (Pourrat,Gaspard, 1922, p.165).
Avoir les ongles croches (arg.) ou les ongles crochus. Être avare ou malhonnête. On dit d'un avare ou d'un voleur qu'il a les ongles crochus; métaphore qui s'explique d'elle-même (France1907).V. croche1A:
3. C'est dans cette dernière pièce que nous reçut le capitaliste d'Oscar, jeune homme de trente ans environ, élégant et poli, n'ayant dans les formes rien d'usuraire, ni les ongles crochus, ni les lèvres pincées, ni l'oeil caverneux. Reybaud,J. Paturot, 1842, p.423.
Rem. Dans l'ex. supra, l'expr. demeure descriptive tout en prenant valeur de symbole.
L'ongle du lion. La marque, l'empreinte de la supériorité, du génie, plus rarement, d'une puissance matérielle qui détruit. J'ai lu Mirabeau et reconnu l'ongle du lion (Lamart.,Corresp., 1834, p.21).J'allai à Saint-Cloud, M. Daru me rendit le manuscrit, çà et là déchiré marqué ab irato de parenthèses et de traces au crayon par Bonaparte: l'ongle du lion était enfoncé partout (Chateaubr.,Mém., t.2, 1848, p.267).
[Dans divers cont. métaph. où les ongles désignent quelque chose qui blesse, serre douloureusement, laisse une empreinte physique ou morale] Depuis huit jours qu'il avait senti les ongles du mal se desserrer un peu, sa tête fatiguée, vide, n'agitait qu'une seule pensée (Duranty,Malh. H. Gérard, 1860, p.233).Au dehors souffle une bise aiguë; sous de triples manteaux le passant, dans la rue, sent les ongles du froid (Murger,Nuits hiver, 1861, p.96):
4. Tu crois vivre toujours, sans qu'à ton front splendide Le temps avec son ongle ose écrire une ride? Gautier,Poés., 1872, p.267.
B. − P. anal.
1. Crochets de fer constituant un instrument de torture. Ces milliers de chrétiens attachés à des gibets, brisés par des roues, déchirés par des ongles de fer (Chateaubr.,Martyrs, t.1, 1810, p.85).Je me roulais sur les épines des aloès, les ongles de fer de ma discipline ne dérougissaient plus (Flaub.,Tentation, 1849, p.207).
P. métaph. J'ai le coeur dans un étau, dans ces diaboliques ongles de fer qui me torturèrent dès l'enfance (Bloy,Journal, 1892, p.38).
2. OPHTALMOLOGIE
a) ,,Pellicule qui commence en forme d'ongle ou de croissant vers l'angle interne de l'oeil et qui s'étend peu à peu jusque sur la prunelle`` (Ac.). Synon. onglet.
b) ,,Amas de pus entre l'iris et la cornée qui produit une tache de la forme d'un croissant`` (Ac. 1935; ds Ac. 1798-1878).
REM.
Ongulaire, adj.Relatif à l'ongle, au sabot. Chez les boeufs de travail, les altérations ongulaires sont redoutables, en raison à la fois du repos forcé qu'elles nécessitent et de la possibilité de complications, entraînant des boiteries persistantes (Nocard, Leclainche,Mal. microb. animaux, 1896, p.330).
Prononc. et Orth.: [ɔ ̃:gl̥]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. 1. Début xiies. «serre (des oiseaux de proie)» (St Brendan, éd. E. G. R. Waters, 1012); 2. 1121-34 «griffe des mammifères carnassiers (ici loup)» (Ph. de Thaon, Bestiaire, 40 ds T.-L.); 3. 1remoitié xiies. «sabot des ongulés» (Psautier Oxford, 68, 36, ibid.); d'où 4. loc. fig. qui s'appliquent à des hommes a) 1606 [avoir] bec et ongles (Nicot); b) 1611 coniecturer le lion par les ongles (Cotgr.); c) 1863 ouvrir l'ongle (Vigny, Destinées, p.168). II. 1. Ca 1130 «partie cornée qui chez l'homme revêt l'extrémité des doigts et des orteils» (Lois Guillaume, éd. J. E Matzke, 11: al ungle del petit dei); d'où 1370 ronger ses ungles (Oresme, Eth., 203 ds Littré); 1580 fig. (Montaigne, Essais, éd. Villey-Saulnier, I, 26, p.146: m'estre rongé les ongles à l'estude d'Aristote); 2. a) xives. rongnier bien près les ongles à qqn (Lett. de Marcel ds Hist. de Flandre, t.II, p.390 ds Littré); b) 1842 avoir les ongles crochus «trait physique caractérisant un usurier» (Reybaud, loc. cit.); d'où 1896 «être avare, rapace» (Delesalle, Dict. arg.-fr. et fr.-arg.); 3. loc. avec valeur superl. a) 1606 sur l'ongle «parfaitement» (Hist. maccar. de Merlin Cocc., XI ds Gdf. Compl.); b) 1694 jusqu'au bout des ongles (Ac.). III. Début xives. [ms.] art vétér. (Lapidaire de Berne, 1109 ds Lapidaires, éd. L. Pannier, p.142). IV. 1366 «tout instrument en forme d'ongle, de crochet, ici instrument de torture» (Mir. de st Ignace, 687 ds Mir. de N. D. par personnage, éd. G. Paris et U. Robert, IV, 97). Du lat. ŭngŭla «serre, griffe, sabot, ongle», dér. du lat. unguis «ongle» qui a disparu relativement tôt étant donné son absence dans les lang. rom. (v. FEW t.14, p.410); cet emploi de ŭngŭla est d'orig. pop., plusieurs parties du corps ayant, en lat. pop., reçu des désignations de ce genre (v. aussi jambe); jusqu'au xvies. le genre du mot est le plus souvent fém. comme son étymon latin. Fréq. abs. littér.: 1735. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1828, b) 3191; xxes.: a) 2495, b) 2607.

Wiktionnaire

Nom commun

ongle \ɔ̃ɡl\ masculin

  1. (Anatomie) Lame dure, cornée, translucide, qui revêt le dessus du bout des doigts et des orteils.
    • Alors, je commençai à torturer le colporteur. Je lui arrachai, un par un, tous les ongles des mains et tous les ongles des pieds... — (Octave Mirbeau, La Pipe de cidre, 1886, Le colporteur)
    • Jim se curait les ongles à l’aide d’une allumette. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • Cette fois, je fermai les poings à m’enfoncer les ongles dans la paume. J’étais décidé à ne plus remuer les doigts. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • Je ne me coupais pas les ongles depuis longtemps ; c'était encore un moyen de défense que la nécessité m'avait inspiré, et mes cinq doigts ainsi armés étaient entrés profondément dans la peau de ce misérable. — (François Auguste Biard, Deux années au Brésil, 1862)
    • Pour bien marquer leur condition et leur exemption de tout travail, [les femmes des riches et des mandarins] portent les ongles d'une longueur démesurée, enveloppés dans des étuis d'or ou d'argent, quelques-uns ornés de grelots. — (Émile Bard, Les Chinois chez eux, Paris : A. Colin et Cie, 1899)
  1. Griffe de certains animaux, serre des oiseaux de proie.
    • Les ongles des tigres, des ours.
    • Les ongles crochus et rétractiles du lion, du chat.
    • Les ongles d’un aigle, d’un vautour.
    1. (Par extension) Sabot des solipèdes, des ruminants.
  2. (Ophtalmologie) Pellicule qui commence en forme d’ongle ou de croissant vers l’angle interne de l’œil et qui s’étend peu à peu jusque sur la prunelle.
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Littré (1872-1877)

ONGLE (on-gl') s. m.
  • 1Lame dure, cornée, demi-transparente, qui revêt l'extrémité dorsale des doigts et des orteils. Est-ce par l'ongle long qu'il porte au petit doigt Qu'il s'est acquis chez vous l'estime où l'on le voit ? Molière, Mis. II, 1. Il y a plusieurs endroits de la terre où l'on se laisse croître les ongles, pour marquer que l'on ne travaille point, Montesquieu, Esp. XIX, 9. Les ongles sont plus petits dans l'homme que dans tous les autres animaux ; s'ils excédaient beaucoup les extrémités des doigts, ils nuiraient à l'usage de la main, Buffon, Hist. natur. hom. Œuv. t. IV, p. 320. Les habitants de Taïti laissent toute leur longueur aux ongles, excepté à celui du doigt du milieu de la main droite, Bougainville, Voy. t. II, p. 77, dans POUGENS. Ces Russes ajoutèrent qu'ils s'étonnaient surtout de notre sécurité à l'approche de leur puissant hiver : dans quinze jours, s'écriaient-ils, vos ongles tomberont, vos armes s'échapperont de vos mains engourdies et à demi mortes, Ségur, Hist. de Nap. VIII, 10.

    Il n'est crû que par les cheveux et par les ongles, se dit d'un nain.

    Terme de manége. Ongles du poing de la bride, les ongles de la main gauche.

    Populairement. Ongles de velours, ongles sales et mal soignés.

    Fig. et par plaisanterie. Avoir des ongles en deuil, en demi-deuil, les avoir noirs de saleté.

    Fig. Rogner les ongles à quelqu'un, les lui rogner de bien près, lui diminuer son pouvoir, ses profits. Des princes qui avaient assez de courage pour rogner les ongles aux Samuels et aux Grégoires, Voltaire, Dial. XXIV, 5.

    Couper les ongles, enlever la partie libre qui croît constamment ; et fig. ôter à quelqu'un ce qui fait sa force, son talent, etc. C'est bien assez de me couper les ongles moi-même de bien près, sans qu'un censeur vienne encore me les couper jusqu'au sang, D'Alembert, Lett. à Voltaire, 17 janv. 1765. Songez donc que Bertrand a les ongles coupés, D'Alembert, ib. 26 févr. 1774.

    Fig. Avoir de l'esprit jusqu'au bout des ongles, en avoir beaucoup.

    Être quelque chose jusqu'aux ongles, l'être tout à fait. Mme de Mauconseil, qui est d'Argenson jusque sous les ongles, Mme de Chateauroux, Correspond. p. 254, dans POUGENS. Ils ne veulent pas qu'on les traite comme des ouvriers, et ils sont ouvriers jusqu'aux ongles, Vauvenargues, Nouv. max. 68.

    Il a bien rongé ses ongles, se dit d'un homme qui a beaucoup travaillé à un ouvrage d'esprit. J'ai fait cent tours sous mon portique, Rongé mes ongles bien et beau, Pour en style macaronique Tirer encor de mon cerveau Quelque vieux rébus pathétique, Chaulieu, Rép. à la duch. du Maine.

    Ronger ses ongles, manger ses ongles, mordre ses ongles, se dit aussi de celui qui est en proie à l'impatience, au chagrin. Elle pleure, et ses ongles ronge, Scarron, Virg. IV.

    Avoir du sang aux ongles, sous les ongles, au bout des ongles, avoir du cœur. Si nos ennemis avaient du sang aux ongles, Sévigné, 5 août 1676.

    Fig. Avoir bec et ongle, savoir bien se défendre en toutes manières.

    Rubis sur l'ongle, voy. RUBIS.

    Fig. Savoir une chose sur l'ongle, la savoir couramment, très bien.

  • 2Griffes de plusieurs animaux. Un enfant… De qui par pitié j'ai dérobé les jours Aux ongles des lions, aux griffes des vautours, Corneille, Œdipe, V, 4. Tout cet orgueil [du coq vainqueur] périt sous l'ongle du vautour, La Fontaine, Fabl. VII, 13. Eux venus, le lion par ses ongles compta, La Fontaine, ib. I, 6. Le monstre des forêts [un lion], furieux de sa blessure, imprimait déjà ses ongles sanglants dans le flanc du monarque, Voltaire, Princ. de Babyl. 1. Tel ce terrible oiseau qui porte le tonnerre, Par ses ongles tranchants enlève de la terre Le cygne au blanc plumage ou le lièvre peureux, Delille, Én. IX.

    Fig. Nous voulons bien [nous protestants] ressembler à des brebis, nous contenter de bêler comme elles, et nous couvrir de leur peau, pendant que nous serons faibles ; mais quand les dents et les ongles nous seront venus comme à de jeunes lions…, Bossuet, 5e avert. 14.

    À l'ongle on connaît le lion, c'est-à-dire on reconnaît aux moindres traits un homme d'un grand talent, d'un grand caractère.

    C'est l'ongle du lion, se dit d'un trait qui décèle un grand talent, un grand caractère.

  • 3 Par extension, sabot des solipèdes ou des ruminants. Chute de l'ongle. On dit que les nymphes le nourrissaient [Épiménide], et qu'il gardait dans l'ongle d'un bœuf la manne qu'elles lui apportaient, Fénelon, Épimén. Et ma lyre aux fibres d'acier A passé sur ces âmes viles, Comme sur le pavé des villes L'ongle résonnant du coursier, Hugo, Odes, II, 10.
  • 4 Terme de zoologie. Dent recourbée qui termine les pattes des insectes.
  • 5Se dit de divers opercules des coquilles.
  • 6 Par analogie. Instrument crochu de fer. J'ai vu couler leur sang sous les ongles de fer, Rotrou, St Genest, III, 2. Ces voiles où sont-elles, Qu'armaient les infidèles, Et qui prêtaient leurs ailes à l'ongle des brûlots ? Hugo, Orient. 5.
  • 7 Terme de chirurgie. Ongle, traduction française du mot grec onyx, variété du ptérygion en forme d'ongle.

    Sorte d'hypopyon consistant en un abcès, qui a l'aspect d'un croissant, entre l'iris et la cornée.

    Terme de fauconnerie. Maladie qui survient à l'œil des oiseaux par l'effet d'un chaperon trop serré ou de quelque rhume.

REMARQUE

Le genre d'ongle a été longtemps incertain ; au XVIIe siècle, Chifflet, Gramm. p. 250, remarque qu'il vaut mieux le faire masculin. Cependant plusieurs le faisaient féminin : Elle [l'alouette] sent son ongle maline [de l'autour], La Fontaine, Fabl. VI, 15. Aujourd'hui il est masculin.

HISTORIQUE

XIe s. Al ungle de petit dei, Lois de Guill. 13.

XIIe s. Des-ci as ongles sont armé sans faillance, Ronc. p. 134. Entre ses ongles [le faucon] me saisit maintenant, ib. p. 164. Bernier l'oï, tout a le sens changié ; De poor tranble dès qu'en l'ongle del pié, Raoul de C. 114.

XIIIe s. À ses ongles [elle] s'estoit un peu esgratinée, Berte, LXXXII. Li enherbemens [empoisonnement] ne fu mie à mort ; mais li ongle li cheïrent des piés et des mains, Chr. de Rains, p. 49. S'en tes ongles a point de noir, Ne l'i laisse pas remanoir, la Rose, 2178.

XIVe s. Il advient souvent aux chiens une maladie es yeux qu'on appelle ongle, Modus, f° XLIV. Il appartient principalement au juge garder et tenir à l ungle et au point touts lez drois, Oresme, Eth. 162.

XVe s. Voudroit vos ongles vous avoir coppées jusques au sang, et reployé la corne de vostre povoir en confusion basse, Chastelain, Chr. des d. de Bourg. II, 25. Vouloit toutefois maintenir le sien, et le tenir aux ongles, Chastelain, Élog. de Charles le Hardi. Son aïeul [de ta femme], son frere et son oncle Et son pere doiz tu à l'ongle Honourer, amer, conjouir, Deschamps, Miroir de mariage, p. 38. On me dira que je chasse bien contre ongle ; car je ne quiers que à monstrer exemple de magnanimité qui est vertu contendant à honneur, et je monstre exemple de trahison très deshonneste et de très frauduleuse deception, Hist. de la Toison d'or, t. I, f° 41, dans LACURNE.

XVIe s. Le cheval de Cesar avoit l'ongle couppée en forme de doigts, Montaigne, I, 36. Je me travaillois d'entrouvrir mon pourpoinct à belles ongles, Montaigne, II, 56. J'ay pu me mesler des charges publicques, sans me despartir de moy, de la largeur d'une ongle, Montaigne, IV, 152. Il fit faire un beau lit de marbre poli à l'ongle [c'est-à-dire parfaitement, en latin ad unguem], Yver, p. 547. Ce que vous faites, s'appelle proprement se mettre entre l'ongle et la chair [mettre le doigt entre l'arbre et l'écorce], Carloix, II, 7. Il sort promptement pour destourner la beste à vingt ongles [une femme], la faisant sortir par une petite porte, Carloix, VI, 5. Arracher un ongle entrant en la chair, Paré, Introd. 2. Pterygion : ungle, c'est une excroissance de chair fibreuse, laquelle petit à petit couvre la conjonctive, venant d'un angle de l'œil : et pour ce est dit comme ongle, Paré, XV, 5. Le cheval a l'ongle forte, Paré, Anim. 1. Il a les ongles fort pointus, Paré, Monstr. app. 1. Le premier, comme vous savez et moi aussi, a un peu les ongles bien pales pour une charge où il ne faut rien craindre, et estre tousjours au peril, Sully, Mém. t. III, p. 211, dans LACURNE. C'est belle bataille des chiens et des chats, chascun a des ongles, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ONGLE. Ajoutez :
8Coup d'ongle, coup porté avec l'ongle, égratignure.

Fig. Nous ne sommes pas renversés d'un seul effort ; nous avons quelque coup d'ongle, et d'une heure à l'autre perdons quelque chose de notre vigueur, Malherbe, Lexique, éd. L. Lalanne.

REMARQUE

Ajoutez : 2. Dans les plus anciens exemples rapportés à l'historique, on ne voit pas de quel genre ongle était. Ici le genre est déterminé et il est féminin : XIIe s. Il [les chameaux] n'ont mie l'ungle fendue, li Dialoge Gregoire lo pape, 1876, p. 353.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ONGLE, s. m. (Botan.) on appelle ongle ou onglet, en Botanique, une espece de tache, différente en couleur du reste des pétales de certaines fleurs. On observe cette sorte de tache à la naissance des feuilles de rose, de la fleur des pavots, & de plusieurs autres. (D. J.)

Ongle, (Anat.) les ongles sont ces corps, pour la plûpart, transparens, qui se trouvent aux extrémités des doigts tant des mains que des piés ; ils sont convexes en-dehors, concaves en-dedans, d’une figure ovale, & d’une consistence assez ferme. Ils semblent être en géneral de la même substance que les cornes.

Malpighi, Boerhaave, Heister & plusieurs autres célebres auteurs, prétendent avec beaucoup de vraissemblance, que les ongles sont formé par les mamelons de la peau ; ces mamelons couchés longitudinalement à l’extrémité des doigts, s’alongent parallelement, s’unissent ensemble, & s’endurcissent avec des vaisseaux cutanés qui se soudent ; & l’épiderme se joignant à ces mamelons vers la racine de l’ongle, leur sert comme de gaine. De tout cela résulte un amas de fibres déliées, & fortement collées ensemble, qui viennent de toute la partie de la peau qu’elles touchent, & qui forment plusieurs couches appliquées étroitement les unes sur les autres. Ces couches n’ont pas la même longueur, & sont arrangées par degré de telle façon, que les extérieures sont les plus longues, & les intérieures les plus courtes. Enfin elles se séparent aisément par la macération : mais pour mieux développer encore la formation & la structure des ongles, nous allons emprunter les lumieres de M. Winslow.

La substance des ongles, dit-il, est comme cornée & composée de plusieurs plans ou couches longitudinales soudées ensemble. Ces couches aboutissent à l’extrémité de chaque doigt. Elles sont presque d’une égale épaisseur ; mais elles sont différentes en longueur. Le plus externe de ces plans est le plus long, & les plans intérieurs diminuent par degré jusqu’au plan le plus interne, qui est le plus court de tous ; de sorte que l’ongle augmente par degré en épaisseur depuis son union avec l’épiderme, où il est le plus mince, jusqu’au bout du doigt, où il est le plus épais. Les extrémités graduées, ou racines de toutes les fibres, dont ces plans sont composés, sont creuses, pour recevoir autant de mamelons très menus & fort obliques qui y sont enchâssés. Ces mamelons sont une continuation de la vraie peau, qui étant parvenue jusqu’à la racine de l’ongle, forme une repli semi-lunaire, dans lequel la racine de l’ongle se niche.

Après ce repli semi-lunaire, la peau se continue sous toute la surface interne de l’ongle, & les mamelons s’y insinuent comme on vient de le dire. Le repli de la peau est accompagné de l’épiderme jusqu’à la racine de l’ongle extérieurement, & il est très-adhérent à cette racine.

On distingue communément dans l’ongle trois parties ; savoir, la racine, le corps, & l’extrémité. La racine est blanche & en forme de croissant. Elle est cachée entierement, ou pour la plus grande partie, sous le repli semi-lunaire dont nous venons de parler. Le croissant de l’ongle & le repli de la peau sont à contre-sens l’un de l’autre. Le corps de l’ongle est latéralement vouté : il est transparent, & de la couleur de la peau mamelonnée. L’extrémité ou le bout de l’ongle n’est attaché à rien, & croît toujours à mesure que l’on le coupe.

Les Anatomistes qui attribuent l’origine des ongles aux mamelons de la peau, expliquent par ce moyen plusieurs phénomenes au sujet des ongles. Ainsi, comme les mamelons sont encore tendres à la racine de l’ongle, de-là vient qu’il est si sensible à cet endroit ; & comme plus l’extrémité des mamelons s’éloigne de la racine, plus cette extrémité se durcit, cela fait qu’on peut couper le bout des ongles sans causer un sentiment de douleur.

Comme ces mamelons & ces vaisseaux soudés qui forment l’ongle viennent de la peau par étages, tant à la racine qu’à la partie inférieure, c’est pour cela que les ongles sont plus épais, plus durs, & plus forts en s’avançant vers l’extrémité ; à cause que naissans de toute la partie de la peau qu’ils touchent, les mamelons augmentent en nombre de plus en plus, & vont se réunir au bout des ongles. C’est aussi par le moyen de ces mamelons que les ongles sont fortement attachés à la peau qui est au-dessous. Cependant, on peut aisément les en séparer dans les cadavres par le moyen de l’eau chaude.

Quant à la nourriture & à l’accroissement des ongles, on l’explique en disant que, comme les autres mamelons de la peau ou des vaisseaux qui leur portent la nourriture, les mamelons des ongles en ont aussi de semblables à leur commencement. De ces mamelons, qui sont les racines, il sort des fibres qui s’alongent, se collent ensemble & se durcissent ; & de cette maniere les ongles se nourrissent & croissent couche sur couche en naissant de toute la partie de la peau qu’ils touchent, comme il a été expliqué ci-dessus.

Les ongles, pendant la vie, croissent toujours ; c’est pourquoi on les rogne à mesure qu’ils surpassent les extrémités des doigts. Les Romains se les faisoient couper par des mains artistes ; les nègres de Guinée les laissent croître comme un ornement, & comme ayant été faits par la nature pour prendre la poudre d’or.

C’est une erreur populaire en Europe, d’imaginer que les ongles croissent après la mort. Il est facile de se convaincre de la fausseté de cette opinion, pour peu qu’on entende l’économie animale : mais ce qui a donné lieu à cette erreur, c’est qu’après la mort les extrémités des doigts se dessechent & se retirent, ce qui fait paroître les ongles plus longs que durant la vie ; sans compter que les malades laissent ordinairement croître leurs ongles sans les couper, & qu’ainsi ils les ont souvent fort longs quand ils viennent à mourir après une maladie qui a duré quelque tems.

Quelquefois on apperçoit une tache à la racine de l’ongle, & l’on remarque qu’elle s’en éloigne à mesure que l’ongle croît, & qu’on la coupe : cela arrive ainsi, parce que la couche qui contient la tache étant poussée vers l’extrémité par le suc nourricier qu’elle reçoit, la tache doit l’être pareillement. La même chose arriveroit si la tache se rencontroit ailleurs qu’à la racine.

Quand un ongle est tombé, à l’occasion de quelqu’accident, on observe que le nouvel ongle se forme de toute la superficie de la peau, à cause que les petites fibres qui viennent des mammelons, & qui se collent ensemble, s’accroissent toutes en même tems.

La grande douleur que l’on ressent quand il y a quelque corps solide enfoncé entre l’ongle & la peau, ou quand on arrache les ongles avec violence ; cette douleur, dis-je, arrive à cause que leur racine est tendre & adhérente aux mamelons de la peau, qui sont proprement les organes du toucher & du sentiment ; de sorte que la séparation des ongles ne peut pas se faire sans blesser ces mamelons, & par conséquent, sans occasionner de très-vives douleurs.

Au reste, comme on l’observe, quand les mamelons sont anéantis quelque part, la peau perd son propre sentiment en cet endroit ; on peut aussi conjecturer que lorsqu’ils sont anéantis à l’endroit des ongles, de nouveaux ongles ont de la peine à se produire.

Les usages des ongles sont principalement les suivans : 1°. ils servent de défense aux bouts des doigts & des orteils, qui, sans leur secours, se blesseroient aisément contre les corps durs. 2°. Ils les affermissent, & empêchent qu’en pressant ou en maniant des choses dures, les bouts des doigts & des orteils ne se renversent contre la convexité de la main ou du pié ; car dans les doigts, c’est du côté de la paume de la main, & dans les orteils, c’est du côté de la plante du pié que se font les plus fréquentes & les plus fortes impressions quand on manie quelque chose, ou quand on marche : c’est pourquoi l’on peut dire, que non-seulement les ongles tiennent lieu de boucliers, mais qu’ils servent sur-tout comme d’arc-boutans. 3°. Ils donnent aux doigts de la main la facilité de prendre & de pincer les corps qui échaperoient aisément par leur petitesse. Les autres usages sont assez connus. Nous parlerons dans la suite des ongles des animaux. Mais nous invitons le lecteur à lire les remarques particulieres de M. du Verney sur ceux de l’homme dans le journal des savans du 23 Mai 1689.

Il arrive quelquefois que l’ongle du gros orteil croît dans la chair par sa partie latérale, ce qui cause de fort grandes douleurs, & la chair croît sur l’ongle. C’est en vain que l’on tâche de consumer cette chair par des cathérétiques, si préalablement on ne coupe l’ongle avec beaucoup de dextérité ; après quoi l’on tire avec une pincette le morceau d’ongle, & on l’enleve le plus doucement qu’il est possible ; ce qui pourtant ne peut se faire sans causer une vive douleur.

Pour prévenir la récidive, quelques-uns conseillent, le mal étant gueri, de ratisser l’ongle par le milieu avec un morceau de verre, une fois tous les mois, jusqu’à ce que l’ongle soit tellement émincé, qu’il céde sous le doigt. Quoiqu’on ne fasse pas ordinairement grand cas de cette blessure, il y a cependant des auteurs qui rapportent qu’elle n’a pas laissé, arrivant sur-tout à des sujets d’une mauvaise constitution, d’occasionner des fâcheux accidens, & même la mort à quelques personnes.

La nature exerce ses jeux sur les ongles, comme sur les autres parties du corps humain. Rouhaut a envoyé en 1719 à l’ac. des Sciences une relation & un dessein des ongles monstrueux d’une pauvre femme de Piémont. On jugera de leur grandeur par celle du plus grand de tous, qui étoit l’ongle du gros doigt du pié gauche. Il avoit depuis sa racine jusqu’à son extrémité quatre pouces & demi. On y voyoit que les lames qui composent l’ongle sont placées les unes sur les autres, comme les tuiles d’un toit, avec cette différence, qu’au lieu que les tuiles de dessous avancent plus que celles de dessus, les lames supérieures avançoient plus que les inférieures. Ce grand ongle, & quelques-autres, avoient des inégalités dans leur épaisseur, & quelquefois des recourbemens, qui devoient venir ou de la pression du soulier, ou de celle de quelques doigts du pié sur d’autres. Ce qui donna occasion à ces ongles de faire du bruit, & d’attirer la curiosité de M. de Rouhaut ; c’est que cette femme s’étant cru possédée, & s’étant fait exorciser, elle s’imagina, & publia que le diable s’étoit retiré dans les ongles de ses piés, & les avoit fait croître si excessivement en moins de rien.

On lit dans la même histoire de l’acad. des Scienc. année 1727, l’observation d’un enfant qui avoit les cinq doigts de chaque main parfaitement joints en un seul corps, faisant le même volume & la même figure que des doigts séparés à l’ordinaire qui se tiendroient joints, & ces doigts unis étoient couverts d’un seul ongle, dont la grandeur étoit, à-peu-près, celle des cinq.

Il est tems de dire un mot des ongles des bêtes, qui sont quelquefois coniques, quelquefois caves, & qui servent aux uns de souliers, d’armes aux autres ; mais rien n’est plus curieux que l’artifice qui se trouve dans les pattes des lions, des ours, des tigres, & des chats, où les ongles longs & pointus se cachent si proprement dans leurs pattes, qu’ils n’en touchent point la terre, & qu’ils marchent sans les user & les émousser, ne les faisant sortir que quand ils s’en veulent servir pour frapper & pour déchirer.

La structure & la méchanique de ces ongles est, en quelque façon, pareille à celle qui fait le mouvement des écailles des moules : car de même qu’elles ont un ligament, qui, ayant naturellement ressort, les fait ouvrir, quand le muscle qui est en-dedans ne tire point ; les pattes des lions ont aussi un ligament à chaque doigt, qui, étant tendu comme un ressort, tire le dernier auquel l’ongle est attaché, & le fait plier en dessus, ensorte que l’ongle est caché dans les entre-deux du bout des doigts, & ne sort de dehors pour agriffer, que lorsqu’un muscle, qui sert d’antagoniste au ligament, tire cet os, & le fait retourner en-dessous avec l’ongle ; il faut néanmoins supposer que les muscles extenseurs des doigts, servent aussi à tenir cet ongle redressé, & que ce ligament est pour fortifier son action.

Les anciens, qui n’ont point remarqué cette structure, ont dit que les lions avoient des étuis, dans lesquels ils serroient leurs ongles pour les conserver ; il est bien vrai qu’à chaque bout des orteils des lions, il y a une peau dans laquelle les ongles sont en quelque façon cachés, lorsque le ligament à ressort les retire ; mais ce n’est point cet étui qui les conserve ; car les chats, qui n’ont point ces étuis, & qui ont tout le reste de la structure des pattes du lion, conservent fort bien leurs ongles, sur lesquels il ne marchent point, si ce n’est quand ils en ont besoin pour s’empêcher de glisser. De plus, ces étuis couvrent tout l’ongle excepté la pointe, qui est la seule partie qui a besoin d’être conservée. (D. J.)

Ongle, (Chimie.) espece de matiere osseuse fort analogue à la corne. Voyez Substances animales.

Ongle, terme de Chirurgie, employé pour exprimer deux maladies des yeux fort différentes ; l’une connue sous le nom latin unguis, dont nous allons parler dans cet article ; & l’autre que nous décrirons au mot Onyx.

L’ongle est une maladie de l’œil, qui consiste en une excroissance plate qui s’étend sur la conjonctive ; elle commence ordinairement au grand angle, & va par degrés jusqu’à la cornée transparente qu’elle couvre enfin tout-à-fait. Les Grecs l’ont nommée pterygium, qui signifie petite aîle ; & les Latins pannus ou panniculus, & unguis, parce que cette excroissance est à-peu-près de la grandeur & de la figure d’un ongle de la main.

Les anciens ont reconnu trois especes d’ongles : un membraneux, parce qu’il ressemble à une membrane charnue ; le second adipeux, parce qu’il est plus blanchâtre que le precédent, & qu’il semble être de la graisse congelée. Ils ont nommé le troisieme variqueux, parce qu’il paroît tissu de beaucoup d’arteres, & de veines assez grosses ; c’est celui qu’on appelle proprement pannus. Il est le plus fâcheux de tous, parce qu’il est susceptible d’inflammation, de douleur, & d’ulcération.

Le prognostic de l’ongle n’est point équivoque : si l’on ne le guérit pas, il prive celui qui en est attaqué de l’usage de la vue. Il faut donc nécessairement employer les secours qui conviennent pour le détruire.

La cure de l’ongle est différente, suivant son état : s’il est médiocre & récent, on peut, selon Maître-Jan, l’atténuer & le dessécher par les collyres secs, avec le vitriol blanc, le sucre candi, l’os de seche, l’iris de Florence, la poudre de tuthie, &c. On y ajoute du verre ou du crystal subtilement pulvérisé : chaque particule de cette substance conserve des ongles tranchans qu’on apperçoit au microscope, & qui servent à excorier la superficie de l’ongle. Ces scarifications imperceptibles procurent l’écoulement de l’humidité qui abreuve cette membrane contre nature, & elles y attirent une legere suppuration. L’auteur assure s’en être servi plusieurs fois sans aucun inconvénient, & avec beaucoup de succès.

Si par ces remedes ou autres semblables, on n’a pu parvenir à dessécher & détruire l’ongle, il faut faire l’opération.

On prépare d’abord une aiguille un peu longue & ronde ; on la détrempe en la faisant rougir à la flamme d’une chandelle, & on la courbe suivant qu’on le juge à propos ; on en émousse ensuite la pointe sur une pierre à aiguiser, afin qu’elle ne pique point, & qu’elle se glisse plus aisément entre l’ongle & la conjonctive, sans blesser cette membrane.

Pour faire l’opération, on enfile cette aiguille d’un fil de soie retors : l’opérateur assis fait asseoir le malade par terre, & lui fait renverser & appuyer sa tête sur ses genoux ; ou le chirurgien peut rester debout & faire asseoir le malade dans un fauteuil dont le dosier puisse se renverser. Un aide tient une paupiere ouverte, & le chirurgien l’autre ; celui-ci passe son aiguille par-dessous l’ongle, vers son milieu, ensorte qu’il le comprenne entierement. Voyez Planche XXII. figure 4 (a). Lorsque le fil est passé, & que l’aiguille est ôtée, le chirurgien prend avec le pouce & le doigt index de chaque main, & le plus près de l’œil qu’il peut, une extrémité du fil, qui doit être simple, & le fait glisser comme en sciant par-dessous l’ongle, vers sa racine du côté du grand ongle ; il le ramene ensuite de la même maniere vers la cornée transparente. Si l’ongle est trop adhérent, & que le fil ne puisse pas passer, on tient les deux extrémités du fil d’une main, & en soulevant un peu l’ongle par son milieu, on le détache en le disséquant avec une lancette armée, c’est-à-dire affermie sur sa chasse par le moyen d’une bandelette de linge qui ne laisse que la pointe découverte : on détache toutes les adhérences, ayant soin de ne point intéresser le globe de l’œil.

Lorsque l’ongle est bien séparé, on le lie avec le fil vers son milieu, Planche XXII. fig. 4 (b) & avec la lancette ou de petits ciseaux bien tranchans, on coupe l’ongle par ses extrémités. Il faut bien prendre garde d’entamer la caroncule lacrymale en détruisant l’attache de l’ongle, parce qu’il pourroit en résulter un larmoyement involontaire.

Après l’opération, on lave l’œil, on y souffle de la poudre de tuthie & de sucre candi ; on met dessus une compresse trempée dans un collyre rafraîchissant. On panse ensuite l’œil avec les remedes proposés pour les ulceres superficiels de l’œil, & on les continue jusqu’à la fin de la cure. Voyez l’article Argema.

Maître-Jan ayant extirpé un ongle de la maniere susdite, fut obligé pour arrêter le sang, de se servir d’une poudre faite avec parties égales de gomme arabique & de bol, & une sixieme partie de colcothar. Le même auteur ayant eu occasion de faire l’opération d’un ongle dont les vaisseaux étoient gros, le lia près du grand angle, & se contenta de couper l’autre extrémité. La ligature tomba cinq ou six jours après, & par ce moyen il ne fut point incommodé de l’écoulement du sang. J’ai fait plusieurs fois cette opération avec succès. (Y)

Ongle entré dans la chair, c’est une maladie qui occasionne des douleurs très-vives, & qui fait venir une excroissance fongueuse dans le coin de l’ongle. C’est ordinairement celui du gros orteil à qui cela arrive, parce que les chaussures trop étroites enfoncent la chair sur la partie tranchante de l’ongle. Quand le mal commence, on peut en prévenir les suites en se faisant chausser plus au large, & en raclant avec un verre la surface de l’ongle. Quand le mal a fait des progrès, il faut détruire la chair fongueuse avec la poudre d’alun calciné, & couper avec de petites tenailles incisives la portion de l’ongle qui entre dans la chair, pour en faire ensuite l’extraction. Voici comment Fabrice d’Aquapendente traitoit cette maladie : il écartoit avec une petite spatule la chair de l’ongle, & il dilatoit cet endroit avec de la charpie seche, fourrée entre la chair & l’ongle. Cela fait, il coupoit l’ongle en long près de l’endroit où il est adhérent à la chair, & il l’arrachoit sans violence ; il procédoit ainsi plusieurs jours de suite, dilatant, coupant, & arrachant, jusqu’à ce que toute la partie de l’ongle qui entroit dans la chair fût enlevée. On a vu quelquefois les plus violens accidens être les symptomes de ce mal ; tels que fievre considérable, mouvemens convulsifs, & le délire : les saignées, les calmans, & même les narcotiques, deviennent nécessaires ; mais on calme bien plus promptement & plus efficacement, en ôtant la cause de la douleur par une opération très-douloureuse à la vérité, mais qui n’est que momentanée, & qui assure une guérison prochaine, & la cessation subite des vives douleurs. Le pansement exige à peine l’application d’une compresse trempée dans l’eau vulnéraire, à-moins qu’il n’y ait des chairs à détruire ; mais elles s’affaissent bien-tôt d’elles mêmes, & cedent à l’application des remedes spiritueux & dessicatifs. (Y)

Ongle, (Littérature.) les Romains tenoient leurs ongles fort propres, & avoient grand soin de les couper. Horace, dans la lettre septieme du premier livre de ses épîtres, fait mention d’un Vulteius, crieur public de son métier, lequel après avoir été rasé chez un barbier, coupoit tranquilement ses ongles :

Conspexit, ut aiunt,
Adrasum quemdam, vacuâ tonsoris in umbrâ
Cutello proprios purgantem leniter ungues.

Et dans la premiere épître du même livre : « vous me grondez, parce que je n’ai pas les ongles bien faits » :

Et prave sectum stomacharis ob unguem.

Le même dit dans son ode sixieme du premier livre, qu’il chante les combats des vierges qui coupent leurs ongles, pour ne pas blesser leurs amans, en les repoussant :

Nos prælia virginum
Sectis in juvenes unguibus acrium
Cantamus.

Ongle du pié du cheval, (Maréchallerie.) est la même chose que la corne du pié.

Ongles du poing de la bride, c’est la différente situation des ongles de la main gauche du cavalier, qui donne au cheval la facilité de faire les changemens de main, & de former son partir & son arrêt ; parce que le mouvement de la bride suit la position des ongles. Pour laisser échapper un cheval de la main, il faut tourner les ongles en-bas. Pour le changer à droite, il faut les tourner en-haut, portant la main à droite. Pour les changer à gauche, il faut les tourner en bas & à gauche ; & pour l’arrêter, il faut les tourner en-haut & lever la main.

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Étymologie de « ongle »

Picard, ongue ; prov. ongla, ungla ; esp. uña ; port. unha ; ital. unghia, ugna ; du lat. ungula, diminutif de unguis, le même que le grec ὄνυξ ; persan, nâkhèn ; sanscr. nakha ; russe, nógot ; all. Nagel ; angl. nail ; le latin paraît avoir comme le grec ὄ-νυξ, subi la prosthèse d'une voyelle.

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(XIIe siècle) Du moyen français ongle, l’ancien français ongle (« serre, griffe, ongle »), ungle, du latin ŭngŭla (« serre, griffe, sabot, ongle »), dérivé du latin unguis, qui a disparu relativement tôt étant donné qu’il n’a donné aucun dérivé direct dans les lanues romanes.
Jusqu’au XVIe, le genre grammatical du mot est féminin, comme son étymon latin.
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Phonétique du mot « ongle »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ongle ɔ̃gl

Citations contenant le mot « ongle »

  • A l’ongle on connaît le lion. De Proverbe français
  • Seul ton ongle sait où te gratter. De Proverbe grec moderne
  • Aucun vernis à ongle ne rajeunit les vieilles mains. De Proverbe allemand
  • Il ne faut pas manger tes ongles parce qu'ils sont à toi. Si tu aimes les ongles, mange ceux des autres. Georges Adrien, dit Georges Darien, Le Voleur, Stock
  • La réincarnation, c’est quand un ongle vous fait mal pour la seconde fois. De Paul Carvel / Mots de tête
  • Il est certain qu'il y a des circonstances où l'on est forcé de suppléer à l'ongle du lion, qui nous manque, par la queue du renard. De Denis Diderot / Principes de politique des souverains
  • L’argent a toujours été chez moi une source de culpabilité. Je paye mes impôts rubis sur l’ongle, et je préfère regarder ce qu’on me laisse plutôt que ce qu’on me prend. De Renaud / Télérama, 16 mars 2016
  • La femme moyenne passe environ 5.000 heures par an à s’inquiéter de ses ongles ; en 40 ans je n’ai jamais entendu aucun homme s’extasier sur les ongles d’une femme. De Dave Barry
  • Il ne faut pas manger tes ongles parce qu'ils sont à toi. Si tu aimes les ongles, mange ceux des autres. De Georges Darien / Le Voleur
  • Dieu donne la gale, mais il donne les ongles pour la gratter. De Proverbe créole
  • La barbe de l'héritier pousse plus vite que les ongles du mort. De Proverbe français
  • Dieu donne la gale, mais il donne aussi des ongles pour la gratter. De Proverbe martiniquais
  • Bien parler est nécessaire, aussi nécessaire que d'avoir les ongles nets. De Marcel Prévost / Les Bavardages de Françoise
  • Les ongles et les cheveux sont donnés aux hommes pour leur fournir une occupation constante. De Alexis Tolstoï / Kosma Proutkov
  • L'Anglais a l'intelligence au bout des ongles et le Français à la pointe de la langue. De Proverbe russe
  • Trois jours après notre décès, nos cheveux et nos ongles continuent de pousser, mais on ne peut plus répondre au téléphone. De Johnny Carson
  • L'hiver est désormais installé, et forcément le temps est bien maussade. Egayons donc nos looks et redonnons-lui une certaine touche de peps à l'aide de maquillage. Bien entendu, pour ceci, vous pouvez utiliser vos plus jolies palettes pour les yeux ou votre meilleur rouge à lèvres. Toutefois, dans cet article, il sera plutôt question de vos ongles. Au placard, les nuances de vernis sobres et classiques telles que le noir, le nude, le rouge et le blanc. Faites place au nail art ! Et plus précisément au nail art multicolore.  aufeminin, Ongle multicolore : 20 manucures pour adopter la tendance
  • La jeune femme de 32 ans en a aussi profité pour révéler pour quelle raison ses ongles étaient ainsi : "Ca fait neuf ans que ça ne repousse pas, quand j'ai fait tomber un scooter dessus, enceinte de huit mois, recousue à l'hôpital." Alexandra peut donc repartir du bon pied. , Alexandra (Koh-Lanta), ses ongles de pieds particuliers : la raison dévoilée et gros changement - Purepeople
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Traductions du mot « ongle »

Langue Traduction
Anglais nail
Espagnol uña
Italien chiodo
Allemand nagel
Chinois
Arabe مسمار
Portugais unha
Russe гвоздь
Japonais ネイル
Basque iltze
Corse unghje
Source : Google Translate API

Synonymes de « ongle »

Source : synonymes de ongle sur lebonsynonyme.fr

Ongle

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