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Curie

Définitions du mot « curie »

Trésor de la Langue Française informatisé

CURIE1, subst. fém.

A.− ANTIQ. Subdivision de la tribu chez les Romains. Curie patricienne, assemblée des curies, vote par curies. Il y eut toujours une salle où les représentants des curies mangèrent en commun (Fustel de Coul., Cité antique,1864, p. 197).
B.− ADMINISTRATION
1. ANTIQ. Sénat de Rome. À travers l'horreur de la Curie (A. France, Poésies,Idylles et légendes, 1896, p. 205).Cette roche du capitole, où siège la curie, le sénat (Michelet, Hist. romaine,t. 1, 1831, p. 93).
Lieu de réunion du sénat. Elle se figurait César y [dans le Forum] passant de ses derniers pas pour aller de la « reggia » à la curie de Pompée (Goncourt, MmeGervaisais,1869, p. 111).
2. ECCL. Curie romaine ou curie. Ensemble des administrations dont se sert le pape pour gouverner l'église catholique. Curie du pape, cardinal de curie. La curie diabolique qui cerne le Vatican (Huysmans, Là-bas, t. 2, 1891, p. 185):
Après la mort d'Urbain VIII, son successeur Innocent X rétablit René de Rieux sur son siège [d'évêque]. La curie avait reculé. Billy, Introïbo,1939, p. 122.
Rem. On rencontre ds la docum. a) Le subst. masc. curion. [Dans la Rome antique]. Magistrat ou prêtre qui présidait chaque curie et prenait soin des sacrifices propres à chaque curie (supra A). Le foyer de la curie avait son curion (Fustel de Coul., Cité antique, 1864, p. 219). b) L'adj. curiate. Relatif à la curie (supra A). Comices curiates (L. Daudet, Sylla, 1922, p. 139).
Prononc. et Orth. : [kyʀi]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. I. 1538 hist. romaine « subdivision de la tribu » (Est., s.v. curia); 1828 « assemblée, sénat » ici « assemblée municipale » (Guizot, Hist. civilisation, leçon 1, p. 14); 1828 « lieu où se réunit cette assemblée » (Id., ibid., p. 14). II. 1845 (Besch. : Curie. Ensemble des diverses administrations qui constituent le gouvernement papal). I empr. au lat. class. curia attesté aux mêmes sens. II empr. à l'ital. curia « id. », attesté dep. 2emoitié xiiies. (Iacopone da Todi ds Batt.), lui-même empr. au lat. médiév. ecclés. curia « id. » (xies. ds Nierm.). Fréq. abs. littér. : 82. Bbg. Ac. Fr. Dict. de l'Ac. Banque Mots. 1973, p. 97 (s.v. curiate). − Archit. 1972, p. 156.

CURIE2, subst. masc.

,,Quantité d'émanation en équilibre avec 1 gr. de Ra`` (Le Journal du radium, 1914, p. 5).
Prononc. : [kyʀi]. Étymol. et Hist. 1922, sept. (Lar. mens., s.v. radium : [...] L'unité d'émanation est le curie. C'est la quantité d'émanation en équilibre radio-actif avec un gramme de radium métal). Nom donné à cette unité d'émanation de radium en l'honneur de Pierre [1859-1906] et de Marie Curie [1867-1934] qui ont découvert le radium; cf. 1913, E. Rutherford, Radioactive subst., 479 ds NED Suppl.2: At the Radiology Congress in Brussels in 1910, it was decided to call this equilibrium quantity a ,,curie``, in honour of M. and Mme Curie.

Wiktionnaire

Nom commun 1

curie \ky.ʁi\ féminin

  1. (Antiquité romaine) Division de la tribu chez les Romains.
    • Romulus partagea le peuple romain en trois tribus, et chaque tribu en dix curies ; mais il n’y avait de curies que pour le peuple de l’enceinte de Rome ; et voter par curies, c’était voter en appelant seulement au vote les gens de la ville.
    • Le peuple chercha toujours à faire par curies les assemblées qu’on avait coutume de faire par centuries, et à faire par tribus les assemblées qui se faisaient par curies. — (Montesquieu, Esp. XI, 14.)
    • Comices par curie, l’assemblée des patriciens. — (Ampère, Historique rom. à Rome, t. II, p. 332.)
    • Les curies n’étaient composées que de gentes [familles] patriciennes ; elles se rassemblaient dans le Comitium. — (Ampère, ib.)
    • Chaque curie avait une voix qui exprimait l’opinion de la majorité de ses membres. — (Ampère, ib.)
    1. Lieu où s’assemblait le sénat.
    2. (Par extension) Sénat des villes municipales.
    3. Classe des curiales.
  2. Ensemble des diverses administrations qui constituent le gouvernement papal.
    • La Curie romaine.

Nom commun 2

curie \ky.ʁi\ masculin

  1. (Métrologie) Ancienne unité de mesure de radioactivité, équivalant à l’activité d’un gramme de radium naturel en équilibre avec ses produits de désintégration, et dont le symbole est Ci.
    • Le curie vaut 37 gigabecquerels.
  2. (Argot) (Vieilli) Billet de cinq-cents francs où figure les portraits de Pierre et Marie Curie[1].
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CURIE. n. f.
T. d'Antiquité. Subdivision de la tribu chez les Romains. Romulus partagea le peuple romain en trois tribus, et chaque tribu en dix curies. Il se dit aussi du Lieu où s'assemblait le sénat romain. Il se disait, par extension, du Sénat des villes municipales. Il se dit encore de la Cour ou de l'administration du Pape. La curie romaine, ou absolument La curie. Cardinal de curie.

Littré (1872-1877)

CURIE (ku-rie) s. f.
  • 1 Terme d'antiquité romaine. Division de la tribu chez les Romains. Romulus partagea le peuple romain en trois tribus, et chaque tribu en dix curies ; mais il n'y avait de curies que pour le peuple de l'enceinte de Rome ; et voter par curies, c'était voter en appelant seulement au vote les gens de la ville. Le peuple chercha toujours à faire par curies les assemblées qu'on avait coutume de faire par centuries, et à faire par tribus les assemblées qui se faisaient par curies, Montesquieu, Esp. XI, 14. Comices par curie, l'assemblée des patriciens, Ampère, Hist. rom. à Rome, t. II, p. 332. Les curies n'étaient composées que de gentes [familles] patriciennes ; elles se rassemblaient dans le Comitium, ID. ib. Chaque curie avait une voix qui exprimait l'opinion de la majorité de ses membres, ID. ib.

    Le lieu où s'assemblait le sénat.

  • 2 Par extension, le sénat des villes municipales.

    La classe des curiales.

  • 3Ensemble des diverses administrations qui constituent le gouvernement papal.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

CURIE, s. f. (Hist. rom.) en latin curia ; portion d’une tribu chez les anciens Romains.

Romulus divisa le peuple Romain en trois tribus, qui formerent trente curies, parce que chaque tribu fut composée de dix curies, c’est-à-dire de mille hommes. Les cérémonies des fêtes se faisoient dans un lieu sacré destiné à chaque curie, dont le prêtre ou le sacrificateur s’appella curion, à sacris curandis, parce qu’il avoit soin des sacrifices. Le peuple s’assembloit par curies dans la place de Rome appellée comitium, pour y gérer toutes les affaires de la république. Il ne se prenoit aucune résolution, soit pour la paix, soit pour la guerre, que dans ces assemblées. C’est là qu’on créoit les rois, qu’on élisoit les magistrats & les prêtres, qu’on établissoit des lois, & qu’on administroit la justice. Le roi de concert avec le sénat, convoquoit ces assemblées, & décidoit par un sénatus-consulte du jour qu’on devoit les tenir, & des matieres qu’on y devoit traiter. Il falloit un second sénatus-consulte pour confirmer ce qui y avoit été arrêté. Le prince ou premier magistrat présidoit à ces assemblées, qui étoient toûjours précédées par des auspices & par des sacrifices, dont les patriciens étoient les seuls ministres.

Les curies subsisterent dans toutes leurs prérogatives jusqu’à Servius Tullius, qui ayant trouvé par son dénombrement la république accrue d’un très grand nombre de citoyens capables de porter les armes, les partagea en six classes générales, & composa chaque classe d’un nombre plus ou moins grand de centuries. Il établit en même tems, & du consentement de la nation, qu’on recueilleroit à l’avenir les suffrages par centuries, au lieu qu’ils se comptoient auparavant par têtes. Depuis lors les assemblées par curies ne se firent guere que pour élire les flamines, c’est-à-dire les prêtres de Jupiter, de Mars, de Romulus ; comme aussi pour l’élection du grand curion & de quelques magistrats subalternes. De cette maniere les affaires importantes de la république ne se déciderent plus d’ordinaire que par centuries. Nous en exposerons la maniere dans le supplément de cet Ouvrage au mot Centurie, parce que cette connoissance est indispensable pour entendre l’histoire romaine, qui de toutes les histoires est la plus intéressante. Cependant le peuple chercha toûjours à faire par curies les assemblées qu’on avoit coûtume de faire par centuries, & à faire par tribus, qui leur donnoient encore plus d’avantage, les assemblées qui se faisoient par curies. Ainsi quand l’on établit en faveur du peuple les nouvelles magistratures de tribuns & d’édiles, le peuple obtint qu’il s’assembleroit par curie pour les nommer ; & quand sa puissance fut affermie, il obtint qu’ils seroient nommés dans une assemblée par tribus. Voyez Tribu.

Varron dérive le mot curie du latin cura, soin, comme qui diroit une assemblée de gens chargés du soin des affaires publiques, ou qui se tient pour en prendre soin ; & cette étymologie me paroît la plus vraissemblable de toutes.

Quand les curies, curiæ, furent abolies, le nom curia passa au lieu où le sénat se tenoit ; & c’est peut-être de-là qu’est venu le mot de cour, que nous employons pour signifier tout corps de juges & de magistrats. Art. de M. le Chevalier de Jaucourt.

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Étymologie de « curie »

(Nom 1) (1538) Du latin curia (« assemblée »).
(Nom 2) (1964) Du nom de la physicienne franco-polonaise Marie Curie et son mari Pierre Curie.
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Latin, curia, curie, et édifice consacré à une curie, lieu d'assemblée. Les étymologistes latins dérivent curia de cura, soin ; mais ceux d'aujourd'hui pensent qu'il n'est guère possible de séparer curia de centuria, et que, celui-ci étant une contraction de centumviria (voy. CENTURIE), celui-là doit être une contraction de co-viria, de cum, avec, et vir, homme : réunion d'hommes.

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Phonétique du mot « curie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
curie kyri

Évolution historique de l’usage du mot « curie »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Images d'illustration du mot « curie »

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Traductions du mot « curie »

Langue Traduction
Anglais curia
Espagnol curia
Italien curia
Allemand kurie
Chinois 库里亚
Arabe كوريا
Portugais cúria
Russe папская курия
Japonais キュリア
Basque kuria
Corse curia
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Synonymes de « curie »

Source : synonymes de curie sur lebonsynonyme.fr

Curie

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