Carême : définition de carême


Carême : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

CARÊME, subst. masc.

A.− Période de quarante-six jours située entre le mardi gras et le jour de Pâques, pendant laquelle les catholiques sont invités par leur Église à faire certains jours jeûne et abstinence et à se livrer à la prière et aux pratiques pénitentielles. Prêcher le carême; dimanches de carême, sermon de carême :
1. ... elles ont voulu savoir s'il était permis au curé de leur permettre le poisson à la collation du carême; on leur a répondu que saint Liguori autorisait les petits poissons frits. Taine, Notes sur Paris,Vie et opinions de M. F.-T. Graindorge, 1867, p. 121.
SYNT. a) Vieillis. Bas carême. Carême commençant dans les premiers jours de février. Haut carême. Carême commençant au mois de mars (cf. Ac. 1835, 1878). b) Conférences de carême; instructions, mandement de carême; prédicateur de carême; le saint temps de carême. c) Vieilli. Provisions de carême. Les aliments tels que beurre, huile, légumes, fruits secs, poisson salé, dont les catholiques usent en carême (cf. Littré).
P. compar. Long, maigre comme (le, un) carême. Très long, très maigre (cf. F. Fabre, Le Chevrier, 1867, p. 236).
Loc. fig. et fam.
Face, figure de carême. Visage maigre et pâle, analogue à celui d'une personne qui a jeûné tout un carême.
Amoureux de carême. Amoureux timide qui s'abstient de toucher à l'objet de sa passion, comme un dévot aux aliments gras durant le carême.
Saint de carême. ,,Personne amaigrie par un long jeûne`` (Lar. 19e-20e); personne qui se cache, hypocrite (cf. Littré).
Tous les trente-six carêmes. Très rarement.
Faire de la/sa vie un carême. S'imposer un genre de vie trop austère.
Loc. proverbiales
Vx. Mettre le carême bien haut. ,,Exiger des choses trop difficiles; promettre une chose qui n'arrivera pas de longtemps`` (Ac. 1835, 1878). Avoir prêché sept ans pour un carême en quelque endroit. ,,Y avoir été longtemps, et connaître bien ce lieu-là`` (Ac. 1835, 1878). Prêcher sept ans pour un carême. ,,Donner souvent et inutilement le même avis, répéter toujours la même chose`` (Ac. 1835, 1878). Pour trouver le carême court, il faut faire une dette payable à Pâques. ,,Le moment de payer une dette, de remplir un devoir onéreux, arrive plus vite qu'on ne voudrait`` (Littré).
Mod. Arriver, tomber comme mars en carême. Arriver inévitablement. ,,On dit également, Il n'y manque non plus que mars en carême, en parlant d'un homme qui se trouve toujours en quelque endroit, à une certaine heure`` (Ac. 1835, 1878). Arriver, tomber, venir comme marée en carême. Arriver à propos.
P. ext. Période de jeûne pour certains ordres monastiques d'Occident ou pour les chrétiens orientaux. (Chez les Grecs) le carême des Apôtres, le carême de l'Assomption, le carême de la Noël, le carême de la Transfiguration :
2. Vous en connaissez les règles [de l'ordre des oblates de sainte Françoise Romaine]; (...). Quatre Carêmes par an; hors ce temps, trois jours de la semaine mais seulement au dîner, permission d'user d'aliments gras. Jeûne les vendredis et samedis; ... Huysmans, L'Oblat,t. 1, 1903, p. 208.
P. anal. Période d'abstinence, de maigre chère, de privations. Grâce à l'impôt, toute l'année est carême pour le travailleur (Proudhon, Système des contradictions écon.,1846, p. 283).
B.− P. méton.
1. Privation de nourriture, de plaisirs qu'on s'impose durant cette période. Faire (le) carême; l'observance du carême. Rompre (le) carême. Cesser d'observer le jeûne et l'abstinence obligatoires du carême :
3. Or, se contenter d'une brême [à son menu], C'est exagérer le carême. Ponchon, La Muse au cabaret,Propos de carême, 1920, p. 170.
P. anal. Plus de carême d'opium, plus de rhamadan, plus d'abstinence! L'opium fait partie de la vie! (Baudelaire, Paradis artificiels,1860, p. 419).
Spéc., HIST. Carême civique. Période de privations volontaires que s'imposa en 1793-1794 pour des motifs économiques la population de Paris. La Commune (...) approuva le projet (...) d'un carême civique qui durerait six semaines, du 15 juin au 1eraoût, qualifié de Pâque républicaine (Nouv. Lar. ill.-Lar. encyclop.).
2. Série de sermons prononcés durant le carême par un prédicateur. Carême imprimé :
4. Ses carêmes [de l'abbé Lantaigne], prêchés à Saint-Exupère, ont été justement appréciés pour l'ordonnance des idées et la force de l'expression, ... A. France, L'Orme du mail,1897, p. 83.
Spéc., HIST. LITTÉR. Collection de sermons prononcés par un prédicateur célèbre du xviieou du xviiiesiècle. Le grand carême contient les prédications du dimanche et des jours de la semaine; le petit carême ne comprend que les instructions du dimanche. Le Petit Carême de Bossuet, de Massillon.
Prononc. et Orth. : [kaʀ εm]. Ds Ac. 1694 et 1718 sous l'anc. forme caresme. Ac. 1694 renvoie à quaresme. Ds Ac. 1740-1932 sous la forme mod. Passy 1914 transcrit [ε:] ouvert long; cf. aussi Fér. 1768, Fér. Crit. t. 1 1787, Land. 1834, Fél. 1851 et Littré. Étymol. et Hist. 1119 quaresme « période de jeûne et d'abstinence » (Ph. de Thaon, Comput, 3302 ds T.-L.); genre indécis jusqu'au xvies. (Gdf. Compl. et Hug.) noté comme subst. masc. dep. Cotgr. 1611; 1532 amoureux de karesme (Rabelais, Pantagruel, ch. 21, éd. Marty-Laveaux, t. 1, p. 321); xvies. saint de caresme (Var. hist. et litt. IV, 26 ds Hug.); av. 1622 « prédications de carême » (St François de Sales, Lettres, 391, ibid.). Du lat. vulg. *quaresima, altération du lat. chrét. quadragesima [sous-entendu : dies] littéralement « le quarantième jour [avant Pâques] » (St Jérôme ds Blaise) (cf. quadraginta devenu en lat. vulg. quaranta). Fréq. abs. littér. : 279. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 289, b) 666; xxes. : a) 480, b) 293. Bbg. Quem. 2es. t. 4 1972, p. 46.

Carême : définition du Wiktionnaire

Nom commun

carême \ka.ʁɛm\ masculin

  1. (Christianisme) Temps d’abstinence et de jeûne qui comprend quarante-six jours entre le mardi gras et le jour de Pâques, et pendant lequel un certain nombre de jeûnes, d’abstinences et d’autres privations sont ordonnées par l’Église.
    • Prêtres idiots et cruels ! à qui ordonnez-vous le carême ? Est-ce aux riches ? ils se gardent bien de l'observer. Est-ce aux pauvres ? ils font carême toute l'année. — (Voltaire, Dictionnaire philosophique, 1769)
    • Elle jeûna tout un carême, et resta sans commettre le moindre péché ; […]. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Les vendanges amènent infailliblement les mariages ; c’est, avec les veillées de carême, la saison de l’année qui rend les garçons entreprenants, attendrit le cœur des filles et fait le plus d’amoureux. — (Eugène Fromentin, Dominique, L. Hachette et Cie, 1863, réédition Gründ, page 26)
    • Toutes les femmes semblent échappées d'un carême ; elles se jettent à la viande, goulues; et pleines, et repues, elles laissent négligemment échapper « qu'un rien les indigestionne. » — (Edmond de Goncourt & Jules de Goncourt, Histoire de la société française pendant le directoire, 1864, 3e éd. page 189)
  2. (Par extension) Tous les sermons qu’un prédicateur prêche pendant un carême.
    • Le carême du Louvre de Bossuet.

Forme de verbe

carême \ka.ʁɛm\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe carêmer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe carêmer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe carêmer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe carêmer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe carêmer.
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Carême : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CARÊME. n. m.
Temps d'abstinence et de jeûne qui comprend quarante-six jours entre le mardi gras et le jour de Pâques, et pendant lequel un certain nombre de jeûnes, d'abstinences et d'autres privations sont ordonnées par l'Église. Prêcher le carême. La mi-carême. Faire carême, faire le carême, observer le carême, S'abstenir de manger de la viande à certains jours prescrits pendant le temps du carême. Rompre le carême, rompre carême, Cesser d'observer l'abstinence de carême et manger des viandes défendues. Prov., Cela vient comme mars en carême, se dit d'une Chose qui ne manque jamais d'arriver à une certaine époque, et aussi d'une Chose qui arrive, d'une Personne qui survient à propos. Fam., Arriver comme marée en carême, Arriver à propos. Fig. et fam., Une face de carême, Un visage blême. Il désigne par extension Tous les sermons qu'un prédicateur prêche pendant un carême. Le Carême du Louvre de Bossuet. " Le Petit Carême " de Massillon, Recueil de sermons de carême, qui en contient dix au lieu de quarante.

Carême : définition du Littré (1872-1877)

CARÊME (ka-rê-m') s. m.
  • 1Les quarante-six jours d'abstinence entre le mardi gras et le jour de Pâques, pendant lesquels, à l'exception des dimanches, jeûnent les catholiques. Prêcher le carême. La mi-carême. Provisions de carême, viandes de carême, nom donné par les catholiques au beurre, huile, légumes, fruits secs, poissons salés et autres aliments de ce genre dont ils usent en carême. Rompre carême, cesser d'observer l'abstinence prescrite. Trouvez-moi une seule famille où le carême s'observe universellement, Massillon, Motifs de conv. Mme de Guise avait fait et jeûné tous les carêmes, et toute sa vie n'en était pas moins pénitente, Saint-Simon, 35, 148. Un libertin à rompre et jeûnes et carêmes, Boileau, Sat. X. Il trouva, le premier jour du carême 1677, qu'il pesait 116 livres une once ; il fit ensuite le carême comme il a été fait dans l'Église jusqu'au XIIe siècle : il ne buvait ni ne mangeait que sur les 6 ou 7 heures du soir ; il vivait de légumes la plupart du temps et, sur la fin du carême, de pain et d'eau ; le samedi de Pâques il ne pesait plus que 107 livres douze onces, c'est-à-dire que par une vie si austère il avait perdu, en 46 jours, 8 livres 5 onces, qui faisaient la 14e partie de sa substance, Fontenelle, Dodart. Les Abyssins ont un carême de cinquante jours très rude, Montesquieu, Espr. XXVI, 7. … plus défait et plus blême Que n'est un pénitent sur la fin du carême, Boileau, Sat. I.

    La mi-carême, le jour qui partage en deux le carême, et où se fait quelque réjouissance.

    Le carême est bas ou haut selon qu'il commence dans les premiers jours de février ou au mois de mars.

    Fig. et familièrement. Mettre le carême bien haut, exiger des choses trop difficiles, ou promettre une chose bien éloignée.

    Fig. Prêcher sept ans pour un carême, s'épuiser en redites, en avis inutiles

    Avoir prêché sept ans pour un carême en quelque endroit, y avoir été longtemps, le bien connaître.

    Arriver comme mars en carême, arriver sans faute, immanquablement : en effet, mars arrive toujours en carême.

    Cela arrive comme marée en carême, cela arrive à propos : en effet, la marée est bienvenue en carême.

    Face de carême, visage pâli, tel qu'il est après le carême. Voyez cet autre avec sa face de carême, Racine, Plaid III, 3.

    Amoureux de carême, amoureux timide, qui n'ose toucher à sa maîtresse.

    Saint de carême, un homme qui se cache.

  • 2 Par extension, maigre chère. Ils font de la vie un carême, Béranger, B. Dieu.
  • 3La série de sermons prêchés pendant un carême. Ce prédicateur a fait imprimer deux carêmes. Le petit carême de Massillon, ainsi dit, parce qu'il fut prêché pour Louis XV enfant. Il a fourni de la même manière la carrière de plusieurs carêmes dans les chaires les plus illustres de la France et des Pays-Bas, Bossuet, Fr. Bourgoing.

PROVERBES

Pour trouver le carême court, il faut faire une dette payable à Pâques, c'est-à-dire le moment de payer une dette, de remplir un devoir onéreux, arrive plus vite qu'on ne voudrait.

En carême est de saison La marée et le sermon.

HISTORIQUE

XIIe s. Nos entrons hui, chier frere, el tens del saint quaramme, Saint Bernard, 561.

XIIIe s. À l'entrée de la quaresme, Villehardouin, dans RAYNOUARD. Ainsinc en quaresme s'espruevent ; Graces rendent et si saumoient [psalmodient], Rutebeuf, II, 129.

XIVe s. Je congnois monseigneur à tel que vous l'arez ; Ne que mars en karesme faillir vous n'y povez, Guesclin. 18118.

XVe s. Donc il advint qu'ils furent ens ou caresme en Gand à trop grand destroit ; car des vivres et fruits de caresme n'avoientils nuls, Froissart, II, II, 148. Il sembloit qu'ils [les sergents] voulsissent tuer un caresme, si fiers estoient, Louis XI, Nouv. LXXXVIII. Mais je voue à Dieu qu'il en a pris ses caresmaux [qu'il s'en repentira], Louis XI, ib. XXXIII.

XVIe s. On observoit desja de leur temps le quaresme, Calvin, Instit. 999. Dejà estoit la mi-caresme, Marguerite de Navarre, Nouv. XXX. L'eau gaste moult le vin, une charette le chemin, le quaresme le corps humain, Leroux de Lincy, Proverbes, t. I, p. 95. Caresme ou jeune n'ennuient pas Qui fait grand chere à tous repas, Leroux de Lincy, ib.

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Carême : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

CARÊME, s. m. (Hist. ecclésiast.) quadragesima, tems de pénitence, pendant lequel on jeûne quarante jours, pour se préparer à célébrer la fête de Pâque. Voyez Jeûne.

Anciennement dans l’Eglise Latine, le carême n’étoit que de trente-six jours. Dans le cinquieme siecle, pour imiter plus précisément le jeûne de quarante jours, que Jesus-Christ souffrit au desert ; quelques-uns ajoûterent quatre jours, & cet usage a été suivi dans l’Occident, si l’on en excepte l’église de Milan, qui a conservé l’ancien usage, de ne faire le carême que de trente-six jours.

Suivant S. Jérôme, S. Léon, St. Augustin, & plusieurs autres, le carême a été institué par les Apôtres. Voici comment ils raisonnent : tout ce que l’on trouve établi généralement dans toute l’Eglise, sans en voir l’institution dans aucun concile, doit passer pour un établissement fait par les Apôtres ; or tel est le jeûne du carême. On n’en trouve l’institution dans aucun concile ; au contraire, le premier concile de Nicée, celui de Laodicée, aussi bien que les peres Grecs & Latins, sur-tout Tertullien, parlent du carême comme d’une chose générale & très-ancienne.

Calvin, Chemnitius, & les Protestans prétendent que le jeûne du carême a été d’abord institué par une espece de superstition, & par des gens simples qui voulurent imiter le jeûne de Jesus-Christ ; ils prétendent prouver ce fait par un mot de S. Irénée, cité par Eusebe. Preuve très-foible, ou pour mieux dire de nulle valeur, quand on a contre elle le témoignage constant de tous les autres peres, & la pratique de l’Eglise universelle.

D’autres disent que ce fut le pape Telesphore, qui l’institua vers le milieu du second siecle ; d’autres conviennent que l’on observoit à la vérité le carême dans l’église, c’est-à-dire, un jeûne de quarante jours avant Pâques, du tems des Apôtres ; mais que c’étoit volontairement ; & qu’il n’y eut de loi que vers le milieu du troisieme siecle. Le précepte ecclésiastique quand il seroit seul, formeroit une autorité que les réformateurs auroient dû respecter, s’ils avoient moins pensé à introduire le relâchement dans les mœurs que la réforme.

Les Grecs different des Latins par rapport à l’abstinence du carême ; ils le commencent une semaine plûtôt, mais ils ne jeûnent point les samedis comme les Latins, excepté le samedi de la semaine-sainte.

Les anciens moines Latins faisoient trois carêmes ; le grand, avant Pâque ; l’autre, avant Noël, qu’on appelloit de la S. Martin ; & l’autre, de S. Jean-Baptiste, après la Pentecôte ; tous trois de quarante jours.

Outre celui de Pâques, les Grecs en observoient quatre autres qu’ils nommoient les carêmes des Apôtres, de l’Assomption, de Noël, & de la Transfiguration : mais ils les réduisoient à sept jours chacun ; les Jacobites en font un cinquieme, qu’ils appellent de la pénitence de Ninive ; & les Maronites six, y ajoûtant celui de l’exaltation de la Sainte-croix.

Le huitieme canon du concile de Tolede ordonne que ceux qui, sans une nécessité évidente, auront mangé de la chair pendant le carême, n’en mangeront point pendant toute l’année, & ne communieront point à Pâque.

Quelques-uns prétendent que l’on jeûne les quarante jours que dure le carême, en mémoire du déluge, qui dura autant de tems ; d’autre, des quarante années pendant lesquelles les Juifs errerent dans le desert ; d’autres veulent que ce soit en mémoire des quarante jours qui furent accordés aux Ninivites pour faire pénitence ; les uns, des quarante coups de fouets que l’on donnoit aux malfaiteurs pour les corriger ; les autres, des quarante jours de jeûne que Moyse observa en recevant la loi, ou des quarante jours que jeuna Elie, ou enfin des quarante jours de jeûne qu’observa Jesus-Christ.

La discipline de l’église s’est insensiblement relâchée sur la rigueur & la pratique du jeûne pendant le carême. Dans les premiers tems, le jeûne dans l’église d’Occident consistoit à s’abstenir de viandes, d’œufs, de laitage, de vin, & à ne faire qu’un repas vers le soir : quelques-uns seulement prétendant que la volaille ne devoit pas être un mets défendu ; parce qu’il est dit dans la Genese, que les oiseaux avoient été créés de l’eau aussi bien que les poissons, se permirent d’en manger ; mais on réprima cet abus. Dans l’église d’Orient, le jeûne a toûjours été fort rigoureux ; la plûpart ne vivoient alors que de pain & d’eau avec des légumes. Avant l’an 800, on s’étoit déjà beaucoup relâché, par l’usage du vin, des œufs, & des laitages. D’abord le jeûne consistoit à ne faire qu’un repas le jour, vers le soir après les vêpres ; ce qui s’est pratiqué jusqu’à l’an 1200 dans l’église Latine. Les Grecs dînoient à midi, & faisoient collation d’herbes & de fruits vers le soir dès le sixieme siecle. Les Latins commencerent dans le treizieme à prendre quelques conserves pour soûtenir l’estomac, puis à faire collation le soir : ce nom a été emprunté des religieux, qui après soûper alloient à la collation, c’est-à-dire à la lecture des conférences des saints peres, appellées en Latins collationes ; après quoi on leur permettoit de boire aux jours de jeûne de l’eau ou un peu de vin, & ce léger rafraîchissement se nommoit aussi collation. Le dîner des jours de carême ne se fit cependant pas tout d’un coup à midi. Le premier degré de changement fut d’avancer le soûper à l’heure de none, c’est-à-dire, à trois heures après midi ; alors on disoit none ensuite la messe, puis les vêpres, après quoi l’on alloit manger. Vers l’an 1500, on avança les vêpres à l’heure de midi ; & l’on crut observer l’abstinence prescrite en s’abstenant de viandes pendant la quarantaine, & se réduisant à deux repas, l’un plus fort, & l’autre très-léger sur le soir. On joignoit aussi au jeûne du carême la continence, l’abstinence des jeux, des divertissemens, & des procès. Il n’est pas permis de marier sans dispense pendant le carême. Thomassin, Traité historique & dogmatique des Jeûnes. (G)

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Étymologie de « carême »

Étymologie de carême - Littré

Provenç. caresma, carema, carama, quaresme, quareme ; catal. quaresma ; espagn. cuaresma ; ital. quaresima ; de quadragesima, sous-entendu dies : le quarantième jour (avant Pâques) (voy. QUARANTIÈME).

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Étymologie de carême - Wiktionnaire

Du latin populaire *quaresĭma, altération de quadragesĭma (sous-entendu dies) « quarantième jour », le Carême se situant quarante jours avant Pâques.
(1119) quaresme.
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Phonétique du mot « carême »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
carême karɛm play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « carême »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « carême »

  • Le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque métropolitain de Bangui (Centrafrique), a adressé un message de carêmeLa Croix Africa, Les origines et la signification du temps de Carême - La Croix Africa
  • Le carême est court pour celui qui a une dette à payer à Pâques. De Proverbe espagnol
  • Celui qui doit être pendu à Pâques trouve le carême bien court. De Proverbe basque

Traductions du mot « carême »

Langue Traduction
Portugais quaresma
Allemand fastenzeit
Italien quaresima
Espagnol cuaresma
Anglais lent
Source : Google Translate API

Antonymes de « carême »



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