La langue française

Cadavre

Sommaire

  • Définitions du mot cadavre
  • Étymologie de « cadavre »
  • Phonétique de « cadavre »
  • Évolution historique de l’usage du mot « cadavre »
  • Citations contenant le mot « cadavre »
  • Traductions du mot « cadavre »
  • Synonymes de « cadavre »
  • Antonymes de « cadavre »

Définitions du mot cadavre

Trésor de la Langue Française informatisé

CADAVRE, subst. masc.

I.− [Désigne un corps en tant qu'il a cessé de vivre]
A.− [En parlant d'un animé] Corps d'un être humain ou animal qui a cessé de vivre.
1. [Animé hum.] Veiller un cadavre; mettre un cadavre en bière; faire l'autopsie, la dissection d'un cadavre (cf. corps, dépouille, arg. macchabée) :
1. ... un cadavre est essentiellement une absence, une chose quittée, rejetée, − une dépouille enfin. Dans l'affreux désarroi que nous éprouvons au spectacle d'une mort, il entre un sentiment de duperie : celui que nous aimons est là et il n'est plus là. Mauriac, Journal 1,1934, p. 26.
SYNT. Cadavre humain; cadavre froid, inerte; froid, immobile, raide, triste comme un cadavre; odeur, pâleur, raideur, rigidité, tristesse de cadavre; monceau, tas de cadavres; entasser, jeter, porter, traîner, trouver un (des) cadavre(s); dépouiller, profaner, violer un cadavre.
Loc. Sentir, deviner le cadavre. Sentir, deviner que la mort est proche :
2. ... il [Dandillot] ne pouvait bouger sans faire tomber quelque chose. − Tout tombe... Tout tombe... Les choses me fuient. Elles devinent le cadavre. Montherlant, Pitié pour les femmes,1936, p. 1207.
HIST., LITT. Jeu du « cadavre exquis » et p. ell. « cadavre exquis ». Jeu collectif pratiqué notamment par les surréalistes, qui consiste à composer des phrases au hasard, chaque participant donnant un seul élément de phrase (sujet, verbe, compléments, etc.) sans connaître les autres. (La première phrase supposée obtenue par ce procédé est le cadavre exquis boira le vin nouveau) :
3. Nous nous sommes souvent et volontiers mis à plusieurs pour assembler des mots ou pour dessiner par fragments un personnage. Que de soirs passés à créer avec amour tout un peuple de cadavres exquis. C'était à qui trouverait plus de charme, plus d'unité, plus d'audace à cette poésie déterminée collectivement. Éluard, Donner à voir,1939, p. 165.
2. [Animal] Cadavres d'animaux; cadavre de cheval (cf. charogne) :
4. On apportait dans sa cour des cadavres d'animaux, dont il fumait ses terres. Leurs charognes dépecées parsemaient la campagne. Bouvard souriait au milieu de cette infection. Flaubert, Bouvard et Pécuchet,t. 1, 1880, p. 34.
P. plaisant., fam. :
5. − Je vous trouve en bonne disposition, dit-il en voyant la table, au milieu de laquelle apparaissait le cadavre d'un gigot colossal. Murger, Scènes de la vie de bohème,1851, p. 238.
B.− P. anal. ou p. métaph. [En parlant d'une plante, d'un obj. inanimé] Corps mort.
1. Littéraire
P. anal. Cadavre de + inanimé concr. ou p. ell. cadavre.Le cadavre d'un arbre, d'une fleur; le cadavre d'une maison, d'une ville :
6. Là gisait le cadavre d'un chêne énorme, sous lequel je me souvins m'être abrité de la pluie à l'automne : autour de lui s'entassaient en bûches et en fagots ses branches, dont, avant de l'abattre, on l'avait dépouillé. Gide, Isabelle,1911, p. 664.
P. métaph. Cadavre de + inanimé abstr.Le cadavre du bonheur, de la jeunesse, du passé; le cadavre de l'empire, de la monarchie, de la révolution :
7. J'ai eu le courage de regarder en arrière Les cadavres de mes jours Marquent ma route et je les pleure Les uns pourrissent dans les églises italiennes Ou bien dans de petits bois de citronniers Apollinaire, Alcools,Les Fiançailles (à Picasso), 1913, p. 131.
2. Arg., cour. Bouteille vide.
Rem. Attesté dans Rob. et Lar. Lang. fr.
II.− [Désigne un corps en tant qu'il a un certain aspect]
A.− Fam. Cadavre ou cadavre ambulant, vivant; demi-cadavre, quasi-cadavre. Personne qui a l'aspect d'un mort (par sa maigreur, sa lividité, son apathie, etc.) :
8. Tullia, vous comprenez, jouait admirablement ce rôle de cadavre que jouent les femmes, afin de vous prouver qu'elles vous refusent leur consentement à tout... Balzac, Un Prince de la Bohême,1840, p. 394.
9. On n'aime pas le cadavre que je suis devenu. Quand je me regarde dans la glace, et que je vois ce masque sinistre, ces joues décharnées, ce teint verdâtre, je comprends bien qu'on ne peut plus m'aimer. P. Bourget, Le Sens de la mort,1915, p. 110.
B.− P. méton., emploi appos. avec valeur d'adj. D'une couleur plombée et verdâtre, qui rappelle la lividité d'un cadavre :
10. ... Folcoche ne mourut point. Le lendemain, elle était sur pieds. Ses joues arboraient la nuance cadavre, mais son menton se promenait devant elle, plus menaçant que jamais. H. Bazin, Vipère au poing,1948, p. 92.
P. iron. Maquillée genre cadavre (E et J. de Goncourt, Journal,1891, p. 107).
En partic., rare. Vert cadavre. Delacroix! Vous voyez qu'il se servait du vert cadavre pour les sujets dramatiques (E. et J. de Goncourt, Manette Salomon,1867, p. 283).
C.− Loc. fam. ou pop.
1. P. plaisant. dépréc., vieilli. Le corps humain. Se refaire le cadavre. Se réconforter (cf. Balzac, Le Médecin de campagne, 1833, p. 184).S'arroser le cadavre. Boire. Nos trois sublimes s'arrosaient le cadavre d'importance au Chat nu (D. Poulot, Le Sublime,1872, p. 210).Travailler le cadavre. Donner des coups (cf. L. Paillet, Voleurs et volés, 1855, p. 75).
2. Fam. [Dans un cont. de criminalité vraie ou supposée] Corps d'une personne assassinée; p. métaph., action répréhensible, voire criminelle. La police politique, au passé plein de « cadavres » (L. Daudet, La Police pol.,1934, p. 24).
Savoir où est (sont) le(s) cadavre(s). Détenir les secrets d'une affaire compromettante. Je connais tout le monde, je sais où sont tous les cadavres... on ne me refuse pas grand chose! (P. Vialar, La Mort est un commencement,Risques et périls, 1948, p. 238).
Il y a un cadavre entre eux. Ils partagent le secret d'un délit ou d'un crime commis ensemble; p. ext., ils sont complices d'une action répréhensible. Les gens d'une même époque (...) ont les uns avec les autres une même complicité, et il y a entre eux les mêmes cadavres (Sartre, Situations II,1948, p. 117).
Rem. On rencontre dans la docum. a) Le subst. fém. cadavérisation. Altération du corps (de l'homme ou de l'animal) en cadavre après l'arrêt des fonctions vitales. L'enlaidissement est la dissolution qui s'essaie, la cadavérisation qui s'ébauche (Amiel, Journal intime, 1866, p. 69). b) Le verbe pronom. cadavériser (se). Devenir cadavre; p. ext., se figer dans une attitude de cadavre. Tout à coup ses pleurs se séchèrent, elle [la comtesse] se cadavérisa comme si la foudre l'eût touchée (Balzac, Adieu, 1830, p. 54). c) Le subst. fém. cadavrée. Jonchée de cadavres (cf. Montherlant, Le Songe, 1922, p. 135).
PRONONC. ET ORTH. : [kadɑ:vʀ ̥]. Fouché Prononc. 1959, p. 57 donne pour post. longs les ɑ dans les finales -avre : ,,cadavre, havre, il navre`` (voir également Rouss.-Lacl. 1927, Grammont Prononc. 1958, Kamm. 1964). Cependant Dub., Pt Lar. 1968 et Lar. Lang. fr. indiquent [kadavʀ]. Fér. Crit. t. 1 1787 propose cadâvre.
ÉTYMOL. ET HIST. − Av. 1550 cadaver « corps d'un homme mort » (Marg. de Nav., Dern. Poés., Comédie jouée au Mont de Marsan, p. 80 dans Hug.); xvies. cadavre (Chronique bordelaise, 1, 75 [Delpit] dans Quem.); av. 1704 fig. d'une ville (Boss., Polit. dans Littré); av. 1741 id. d'un arbre (J.-B. Rousseau, Cantate contre l'hiver, ibid.). Empr. au lat. cadaver « corps d'un homme mort » (iiie-iies. av. J.-C., Lex luci Lucer. dans TLL s.v., 12, 69); en parlant d'une ville (iers. av. J.-C., Sulpicius Rufus, ibid., 13, 64).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 3 172. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 3 453, b) 5 977; xxes. : a) 5 520, b) 4 020.
BBG. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 3, 43.

Wiktionnaire

Nom commun

cadavre \ka.dɑvʁ\ masculin

  1. Corps mort ; en parlant d’une personne et des gros animaux.
    • Si tu veux partir, je me coucherai en travers de ton chemin et je mourrai. Et alors, tu devras passer sur le cadavre de ta Yasmina. — (Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902)
    • – Nom d’un chien ! – marmonna-t-il. – Je n’ai aucune sympathie pour les cadavres… J’aimerais mieux, ma foi, que l’individu fût vivant. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 331 de l’éd. de 1921)
    • Mais surtout nous pensons sans relâche au premier blessé, au premier mort du bataillon. Tout notre entendement butte sur ce premier cadavre. Nous comprenons le second, le troisième ; mais, malgré nous, le premier mort que nous avons enfin étendu dans notre esprit, s’anime, se relève, et tout est à recommencer. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • De W. était jeune ; il était attiré par les cadavres, comme l’homme de Platon. J’avais et j’eus toujours la sagesse de ne pas regarder ces choses de près. — (Alain, Souvenirs de guerre, p. 27, Hartmann, 1937)
    • En effet, le cadavre était froid. L’homme essaya de le soulever : la rigidité, la lourdeur des membres le firent renoncer à son projet. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • – Nous souffrons même des membres que nous avons perdus. Peut-être que, tout morts que nous sommes, notre cadavre encore nous fait mal. — (Marcel Jouhandeau, Chaminadour, Gallimard, 1941 et 1953, collection Le Livre de Poche, page 48.)
    • Déjà, autour du cadavre, les voisins s’affairaient pour sa dernière toilette. À terre, une bassine d’eau rougie, ses vêtements maculés, […]. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954, p. 19)
  2. (Par analogie) Corps mort d’une plante ou autre objet inanimé.
    • […] : tandis que le courant du milieu entraîne vers la mer les cadavres des pins et des chênes, on voit sur les deux courants latéraux remonter le long des rivages, des îles flottantes de pistia et de nénuphar, dont les roses jaunes s’élèvent comme de petits pavillons. — (François-René de Chateaubriand, Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert)
  3. (Figuré) (Familier) Personne dont l’apparence, notamment maladive, ressemble à celle d’un cadavre.
    • C’est un cadavre ambulant.
  4. (Familier) Bouteille vide.
    • On devine la colère dans laquelle entra le docteur, en retrouvant sur le gazon le cadavre d’une bouteille de tokai, les cadavres de deux bouteilles de johannisberg et de trois bouteilles d’alicante. — (Alexandre Dumas, Eugène Sue, dans Le Monte-Cristo no 17, 13 août 1857)

Nom commun

cadavre [kaðaˈβɾe] (graphie normalisée) masculin

  1. Cadavre, corps mort.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  2. Corps nu, corps en mauvaise part.
    • Aver marrit cadavre.
      Être cacochyme.
    • Castigar son cadavre.
      Macérer son corps.
    • Que te ditz lo cadaver ?
      Comment vas-tu ?
  3. Homme livide, homme décharné.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CADAVRE. n. m.
Corps mort. On le dit surtout en parlant de l'Homme et des gros animaux. Faire la dissection d'un cadavre. Fig. et fam., C'est un cadavre ambulant, se dit d'une Personne qu'on voit aller et venir avec toutes les apparences d'une mort prochaine.

Littré (1872-1877)

CADAVRE (ka-da-vr') s. m.
  • 1Corps mort, surtout en parlant de l'homme. C'est, dit-il, un cadavre ; ôtons-nous, car il sent, La Fontaine, Fabl. V, 20. Un certain sentiment, confus à la vérité, mais très fort et si général qu'il peut passer pour naturel, fait respecter les cadavres humains, Fontenelle, Littre. Bien qu'à ce triste aspect ses chevaux pleins d'effroi Semblassent respecter le cadavre d'un roi, Du Ryer, Scévol. III, 3. La mort ne nous laisse pas assez de corps pour occuper quelque place… notre chair change bientôt de nature ; notre corps prend un autre nom ; même celui de cadavre, dit Tertullien, parce qu'il nous montre encore quelque forme humaine, ne lui demeure pas longtemps ; il devient un je ne sais quoi qui n'a plus de nom dans aucune langue, Bossuet, Duch. d'Orléans.

    Fig. et familièrement. C'est un cadavre ambulant, se dit d'une personne extraordinairement pâlie et amaigrie par la souffrance et par la maladie.

  • 2 Fig. Jérusalem n'était plus que le cadavre d'une grande ville, Bossuet, Polit.

    Sentir le cadavre, sentir que les choses vont mal. À la fin de la vie du roi, Brancas et sa femme sentirent le cadavre ; ils comprirent que les choses ne se passeraient pas agréablement entre M. le duc d'Orléans et M. le duc du Maine, Saint-Simon, 447, 229.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

CADAVRE. Ajoutez :
3Dans l'ancien droit criminel, procès au cadavre, procès que l'on faisait en certains cas au corps d'un homme décédé. Le procès ne pourra être fait au cadavre ou à la mémoire du défunt, si ce n'est pour crime de lèse-majesté divine ou humaine… duel, homicide de soi-même, ou rébellion à justice avec force ouverte dans le rencontre de laquelle il [le défunt] aura été tué, Ordonnance criminelle de 1670, titre 22, art. 1.

Curateur au cadavre, personne chargée de la défense dans le procès au cadavre. Pour cet effet [le procès au cadavre], le juge… ordonne que le cadavre sera rapporté à la prison, en fait faire la reconnaissance et le fait saler ou embaumer pour le conserver ; après quoi il nomme d'office un curateur au cadavre du défunt, Pothier, Traité de procéd. crim. (Note communiquée par M. Du Bois, avocat à Gand.)

4 Fig. Arbres morts. Arbres dépouillés de verdure, Malheureux cadavres des bois, Rousseau J.-B. Cantate contre l'hiver. Tandis que le courant du milieu entraîne vers la mer les cadavres des pins et des chênes, Chateaubriand, Atala, prologue.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

CADAVRE, s. m. c’est ainsi qu’on appelle le corps d’un homme mort : il est des cas où ne pouvant procéder contre la personne d’un criminel, parce qu’il est mort avant que son procès pût lui être fait, on le fait au cadavre, s’il est encore existant, sinon à la mémoire. Voyez les cas dans lesquels cette forme de procéder est usitée, au mot Mémoire.

Pour cet effet, le juge doit nommer un curateur au cadavre ou à la mémoire, lequel prête serment de bien & fidelement défendre le cadavre ou sa mémoire. Toute la procédure se dirige contre ce curateur, à l’exception du jugement définitif qui se rend contre le cadavre ou la mémoire du défunt.

Le curateur cependant peut interjetter appel du jugement rendu contre le défunt : il peut même y être obligé par quelqu’un des parens du défunt, lequel en ce cas est tenu d’avancer les frais pour ce nécessaires.

Et s’il plaît à la cour souveraine où l’appel est porté, de nommer un autre curateur que celui qu’avoient nommé les juges dont est appel, elle le peut. Voyez Curateur. (H)

La loi salique, dit l’illustre auteur de l’esprit des lois, interdisoit à celui qui avoit dépouillé un cadavre le commerce des hommes, jusqu’à ce que les parens acceptant la satisfaction du coupable, eussent demandé qu’il pût vivre parmi les hommes. Les parens étoient libres de recevoir cette satisfaction ou non : encore aujourd’hui, dit M. de Fontenelle, éloge de M. Littre, la France n’est pas sur ce sujet autant au-dessus de la superstition Chinoise, que les Anatomistes le desireroient. Chaque famille veut qu’un mort joüisse pour ainsi dire, de ses obseques, & ne souffre point, ou souffre très-rarement qu’il soit sacrifié à l’instruction publique ; tout au plus permet-elle en certains cas qu’il le soit à son instruction, ou plutôt à sa curiosité particuliere. M. de Marsollier raconte dans la vie de S. François de Sales, que ce saint encore fort jeune étant tombé dangereusement malade, vouloit léguer son corps par testament aux écoles de Medecine, parce qu’il étoit scandalisé de l’impiété des étudians qui déterroient les morts pour en faire la dissection. Il est pourtant nécessaire que les magistrats ferment jusqu’à un certain point les yeux sur cet abus, qui produit un bien considérable. Les cadavres sont les seuls livres où on puisse bien étudier l’Anatomie. Voyez Anatomie. (O)

* L’ouverture des cadavres ne seroit pas moins avantageuse aux progrès de la Medecine ; tel, dit M. de la Métrie, a pris une hydropisie enkistée dans la duplication du péritoine, pour une hydropisie ordinaire, qui eut toujours commis cette erreur, si la dissection ne l’eut éclairé : mais pour trouver les causes des maladies par l’ouverture des cadavres. il ne faudroit pas se contenter d’un examen superficiel, il faudroit fouiller les visceres, & remarquer attentivement les accidens produits dans chacun & dans toute l’œconomie animale ; car un corps mort differe plus encore au-dedans d’un corps vivant, qu’il n’en differe à l’extérieur. La conservation des hommes & les progrès de l’art de les guérir, sont des objets si importans, que dans une société bien policée, les prêtres ne devroient recevoir les cadavres que des mains de l’Anatomiste, & qu’il devroit y avoir une loi qui défendît l’inhumation d’un corps, avant son ouverture. Quelle foule de connoissances n’acquerroit-on pas par ce moyen ! Combien de phénomenes qu’on ne soupçonne pas, & qu’on ignorera toujours, parce qu’il n’y a que la dissection fréquente des cadavres qui puisse les faire appercevoir ! La conservation de la vie est un objet dont les particuliers s’occupent assez, mais qui me semble trop négligé par la société. Voyez les articles Funérailles, Bucher, Sépulcre, Tombeau, &c.

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Étymologie de « cadavre »

(XVIe siècle) Du latin cadaver (même sens).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

(Date à préciser) Du latin cadaver.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « cadavre »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
cadavre kadavr

Évolution historique de l’usage du mot « cadavre »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « cadavre »

  • La plus belle pierre tombale ne couvre qu'un cadavre. De Charles Aznavour
  • En un sens le cadavre est la plus parfaite illustration de l'esprit. De Georges Bataille
  • Le cadavre d'un oiseau ne pourrit pas en l'air mais à terre. De Proverbe africain
  • Un Picasso étudie un objet comme un chirurgien dissèque un cadavre. De Guillaume Apollinaire / Les peintres cubistes
  • Pour le colonisé, la vie ne peut surgir que du cadavre en décomposition du colon. De Frantz Fanon / Les damnés de la Terre
  • Faut-il toujours un cadavre pour que vienne un nouveau-né ? De Francis Blanche / Mon oursin et moi
  • Entre exil et exil, le poème est boussole du cadavre qui rentre au pays. De Chawki Abdelamir / Lieux sans terre
  • L’humanité se construit dans la dénégation du cadavre auquel elle conduit pourtant. De Philippe Forest / Tous les enfants sauf un
  • L'homme est né lorsque pour la première fois, devant un cadavre, il a chuchoté : Pourquoi ? De André Malraux
  • Il n'y a rien que l'homme foule aux pieds si aisément qu'un cadavre. De Jules Simon / La liberté
  • Les bêtises qu'entend dire un tableau de musée, mais les horreurs qu'entend peut-être un cadavre. De Jules Renard / Journal
  • Le cadavre d’un ennemi sent toujours bon. De Vitellius
  • Un cadavre : produit fini dont nous sommes la matière première. De Ambrose Bierce
  • On ne peut pas transporter partout avec soi le cadavre de son père. Guillaume Apollinaire de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, Les Peintres cubistes, Hermann
  • Maccablé : cadavre au visage soucieux. De Alain Finkielkraut / Petit fictionnaire illustré
  • Les enquêteurs craignaient le pire. Et leurs soupçons étaient fondés. Le cadavre de la fillette de 11 ans portée disparue depuis une semaine a été retrouvé dans la Seine ce lundi matin, a-t-on appris de sources concordantes. « Seule l'autopsie permettra d'identifier formellement la victime, précise une source proche du dossier. Mais bon, le cadavre d'une enfant, ça ne laisse guère de doutes. » leparisien.fr, Val-de-Marne : le cadavre de la fillette portée disparue retrouvé dans la Seine - Le Parisien
  • Ce dimanche après-midi, le cadavre d'un homme d'une trentaine d'années a été découvert par un promeneur dans le canal des costières sur la commune de Bellegarde. La section de recherche de Nîmes est saisie de l'enquête. France Bleu, Le cadavre d'un homme retrouvé dans le canal des costières à Bellegarde
  • Le cadavre découvert le mardi 10 mai au large de Saint-Quay-Portrieux a été identifié. Il s'agit de l'homme âgé de 69 ans disparu dans la commune voisine de Binic-Etables-sur-mer depuis le 30 avril. France Bleu, Le cadavre découvert au large de Saint-Quay-Portrieux a été identifié après autopsie
  • Les gendarmes de la compagnie de Compiègne ont été sollicités à deux reprises vendredi 26 juin pour des découvertes de cadavre.  Un premier corps a été découvert vers 9 heures dans une voiture sur un parking en sortie d’Estrées-Saint-Denis en direction de Blincourt. Oise Hebdo, Deux cadavres découverts à Estrées-Saint-Denis et au Plessis-Brion - Oise Hebdo
  • Il ne vivait pas sur les lieux où a été découvert son cadavre. Cette petite maison mitoyenne du centre-ville de Saint-Étienne-au-Mont est occupée par un homme d’environ cinquante ans. Bien connu dans le quartier, il y vivait seul. Il a été retrouvé dans sa maison dans un état d’alcoolisation avancé, puis placé en cellule de... La Voix du Nord, Le cadavre d’un homme découvert dans une maison à Saint-Étienne-au-Mont

Traductions du mot « cadavre »

Langue Traduction
Anglais corpse
Espagnol cadáver
Italien cadavere
Allemand leiche
Portugais cadáver
Source : Google Translate API

Synonymes de « cadavre »

Source : synonymes de cadavre sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « cadavre »

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