La langue française

Brayer

Sommaire

  • Définitions du mot brayer
  • Étymologie de « brayer »
  • Phonétique de « brayer »
  • Évolution historique de l’usage du mot « brayer »
  • Traductions du mot « brayer »
  • Synonymes de « brayer »

Définitions du mot brayer

Trésor de la Langue Française informatisé

BRAYER1, subst. masc.

A.− HIST. HABILL. Ceinture maintenant les braies (d'apr. DG).
P. méton., vx. Partie du corps entourée par cette ceinture.
FAUCONN. ,,Derrière d'un oiseau de proie`` (Baudr. Chasses 1834).
Rem. Attesté dans les dict. gén. du xixeet du xxesiècle.
B.− P. ext.
1. Bretelle munie d'une poche sur laquelle prend appui la hampe d'une bannière.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. généraux.
2. CHIR., peu usité. Bandage herniaire.
C.− P. anal., TECHNOL.
1. Courroie soutenant le battant d'une cloche.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. gén. du xixeet du xxesiècle.
2. Cordage dont on entoure les blocs de pierre afin de les monter mécaniquement (d'apr. Noël 1968). Les maçons se servent d'élingues (...) appelés brayers (R. Champly, Nouvelle encyclop. pratique,t. 4, 1927, p. 12).
3. Pièce de fer qui, dans une balance, soutient le fléau.
Rem. Attesté dans la plupart des dict. généraux.
PRONONC. ET ORTH. − 1. Forme phon. − Les dict. mod. de prononc. (cf. p. ex. Lar. Lang. fr.) prononcent : [bʀ εje] comme pour le verbe. Les dict. plus anc. (cf. Besch. 1845 et Littré) prononcent : bʀa-ié (à comparer avec le verbe qu'ils transcrivent : brè-ié). 2. Homon. et homogr. : brayer2.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. Ca 1130 braier « ceinture qui maintient les braies » (Couronnement de Louis, 509 dans T.-L.); d'où 2. 1389 braier « ceinture pour consolider les cloches » (Comptes de Notre-Dame de Châlons, Richel. L7K 10769, p. 14 dans Gdf.); 3. 1564 brayer « bandage herniaire » (A. Paré, éd. Malgaigne, VI, 14); 4. 1678 maçonn. (Félibien Dict., p. 502); 5. 1680 « pièce de fer qui maintient le fléau d'une balance » (Rich.); 6. 1701 « ceinture sur laquelle on appuie la hampe d'une bannière » (Fur.). Dér. de braie*; suff. a. fr.-er (lat. -are, Meyer-Lübke2, t. 2, § 70; Nyrop t. 3, § 212) prob. assimilé par la suite à -ier*.

BRAYER2, verbe.

Enduire de brai (cf. brai1).
Rem. 1. Attesté dans la plupart des dict. du xixeet du xxes. 2. Selon DG le mot signifie aussi ,,assujettir (une pierre de taille) dans la braie``.
Prononc. et Orth. : [bʀ εje] ou [bʀe-]. [ε] ouvert dans Passy 1914 et Pt Lar. 1968 (cf. aussi Nod. 1844, Littré et DG); [e] fermé dans Pt Rob. (cf. aussi Fér. 1768, Fér. Crit. t. 1 1787, Land. 1834, Gattel 1841 et Fél. 1851); [ε] (lang. soutenu) ou [e] (lang. cour.) dans Warn. 1968. Pour [ε] ouvert dans le verbe ainsi que dans brayer subst. masc., cf. également Buben 1935, § 76. Homon. et homogr. brayer1. Pour la conjug. je braie ou braye, etc., cf. balayer. Étymol. et Hist. 1295 mar. broier « enduire (une nef) de brai » (Compte de Jehan Arrode, ap. Jal II, 323 [réf. inexacte] dans Gdf. Compl.); 1382-84 brayer (Compte Clos Galées, p. 43 dans IGLF Techn.). Empr. à l'a. nord. braeda « goudronner » (De Gorog, p. 11; FEW t. 15, 1, p. 235) auquel correspondent le vieil angl. braedan, l'a. fris. brēda, l'a. sax. brādan, le m. néerl. braden, l'a. h. all. brātan [a. h. all. braten] « rôtir »; le verbe a. nord. est à rattacher au subst. a. nord. brád « goudron » qui remonte lui-même à la racine i.-e. *bh(e)re- « chauffer », IEW t. 2, p. 133 (De Vries Anord.). Vu l'antériorité du verbe brayer par rapport au subst. brai*, l'hyp. d'un empr. direct de brai au subst. a. nord. (Falk., p. 51; De Vries Anord, s.v. brád 3) est à écarter.

Wiktionnaire

Nom commun

brayer \bʁɛ.je\ masculin

  1. (Chirurgie) Bandage destiné à contenir les hernies.
  2. (Arts) Ceinture de cuir à poche qui sert à porter une bannière.
  3. (Arts) Courroie qui maintient le battant d’une cloche.
  4. (Arts) Pièce de fer qui maintient le fléau d’une balance.
  5. (Fauconnerie) Bas-ventre; région inférieure et postérieure du corps des oiseaux de proie, plumes sous la queue de l'oiseau.
  6. (Maçonnerie) Espèce de cordage dont on se sert pour suspendre au câble les pierres, les baquets à mortier, les bourriquets à moellons, etc. Le brayeur désigne un fort manœuvre chargé de brayer la pierre, c'est-à-dire de passer les brayers sous la pierre et de les fixer dans le crochet ou esse du câble qui doit la monter [1].

Verbe

brayer \bʁe.je\ ou \bʁɛ.je\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Enduire de brai.
    • La plug est une galette de sarrasin. Une plug, ça bouche, ça remplit l'estomac. Et la galette a la couleur du brai dont on se sert pour brayer les barges. — (Jacques Ferron, Le contentieux de l'Acadie, Éditions VLB, 1991, p. 60)

Nom commun

brayer \bɹeɪə(r)\

  1. Rouleau encreur à main.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BRAYER. n. m.
T. de Chirurgie. Bandage destiné à contenir les hernies. Il désigne aussi, en termes d'Arts, la Ceinture de cuir à poche qui sert à porter une bannière, la Courroie qui maintient le battant d'une cloche, la Pièce de fer qui maintient le fléau d'une balance.

Littré (1872-1877)

BRAYER (bra-ié) s. m.
  • 1 Terme de chirurgie. Bandage destiné à soutenir une hernie.
  • 2 Terme de fauconnerie. Le derrière d'un oiseau de proie.
  • 3Morceau de cuir qui sert à soutenir le battant d'une cloche.

    Espèce de collier de cuir pour porter une bannière.

    Cordage dont les maçons se servent pour élever du moellon ou du mortier.

    Petit marteau de fer qui sert aux balanciers des monnaies.

HISTORIQUE

XIIe s. Tout [il] le pourfent de ci tant qu'au braier, Roncisv. p. 73.

XIIIe s. Un d'eus si vilement le conroie Que dou dos li trait tel corroie, Dont l'en poïst faire un braier, Ren. 19063. Nul garnement de ventre, de braieus ou de croupes, de gorge…, Liv. des mét. 326.

XVIe s. Il faut leur faire porter brayers et ligatures propres à telle disposition, Paré, VI, 14.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

BRAYER, s. m. terme de Chirurgie, est une sorte de bandage d’acier ou autre matiere semblable, pour tenir en état les parties auxquelles il y a des hernies ou ruptures. Voyez Hernie.

Ces bandages sont faits d’un cercle d’acier forgé, battu, & applati, assez grand pour environner les trois quarts du corps, & dont l’extrémité, qui doit poser sur la descente, est allongée en en-bas en forme d’écusson. A l’autre extrémité du cercle, il y a une courroie assez longue pour achever le tour du corps, & pour s’attacher à l’écusson, où il y a une pointe d’acier en forme de crochet qui entre dans un des trous dont la courroie est percée, afin qu’on puisse serrer le bandage plus ou moins, selon qu’il est nécessaire : ces bandages sont ordinairement garnis de coton, & recouverts de chamois ou de marroquin. L’écusson doit être bien garni intérieurement, afin de contenir les parties sans blesser le point sur lequel il appuie. Il y a des bandages à double écusson pour la hernie. Des deux côtés on peut joindre les écussons par un ressort ou par deux ou trois petites charnieres qui leur permettent de se plier ; cette méchanique empêche le froissement & la contusion des parties sur lesquelles le bandage est posé. (Voyez Pl. V. fig. 7. & Pl. VI. fig. 1. 2. 3. & 4.)

M. Delaunay, maître en Chirurgie, a présenté un bandage d’acier élastique, dont la figure & la description se trouvent dans le premier volume des Mémoires de l’Académie royale de Chirurgie.

M. Martin, aussi maître en Chirurgie, a présenté depuis peu à la même académie, des bandages qu’il a perfectionnés à plusieurs égards. Un défaut assez ordinaire des bandages, est de ne pas comprimer également dans toutes les attitudes & les différens mouvemens auxquels on est exposé, parce que la ceinture d’acier ne peut pas avoir assez de ressort, & former à l’opposite de l’écusson, un point d’appui suffisant pour la compression. M. Martin, pour éviter cet inconvénient, a rendu élastique la pelotte ou écusson du brayer. La pelotte renferme deux platines ; l’une est continue au demi-cercle d’acier, & l’autre placée en dedans, tient supérieurement à la précédente par une charniere qui en fait le point fixe, pendant que la partie inférieure reste béante & mobile au moyen d’un ressort mis entre les deux plaques : ce ressort tend toûjours à rapprocher celle du dedans vers le ventre, dans le tems que la premiere pourroit s’en éloigner avec le demi-cercle d’acier par quelque mouvement particulier du corps ou quelque changement de situation. Ainsi cette seconde platine, qui est continuellement passée vers l’anneau, fait une compression d’autant plus avantageuse, qu’elle est déterminée de bas en haut, & demeure toûjours égale dans quelque attitude que se trouve le corps. Cet avantage dispense de porter le bandage aussi serré qu’on le porte ordinairement, ce qui est une seconde utilité d’un grand prix pour beaucoup de personnes, & surtout pour celles qui sont grasses & qui s’écorchent facilement.

M. Martin a donné plusieurs avantages aux bandages qui servent à contenir les hernies de l’ombilic, les chûtes de matrice, du fondement, &c.

Il est important de faire remarquer que les bandages n’exigent pas un soin si borné ni si vulgaire qu’on pourroit se l’imaginer : tout y est digne de l’attention des habiles Chirurgiens. L’exécution de ces sortes de machines ne peut être parfaite qu’à l’aide de leurs lumieres & de leur expérience. Cette branche de l’art tient à beaucoup de connoissances anatomiques & chirurgicales fort délicates, & éloignées seulement en apparence ; connoissances, dont sont dépourvûs les ouvriers auxquels on permet la fabrique & même l’application de ces sortes d’instrumens.

Le public ne peut être trop informé qu’un brayer bien conditionné est l’unique moyen qui puisse mettre en sûreté la vie de ceux qui sont affligés de descentes ; il les garantit de l’étranglement que la chûte des parties pourroit occasionner, & il produit quelquefois la guérison aux personnes même d’un âge avancé.

Pour les enfans qui sont encore à la mammelle, on ne se sert pas de bandage d’acier : on pose quelques compresses graduées sur l’anneau, & on les contient avec une bande de toile. On peut aussi se servir d’un bandage, dont la ceinture de lisiere ou de drap revêtu de chamois ou de futaine, ait une pelotte de toile bien bourrée de filasse & revêtue de la même étoffe que la ceinture. On doit cirer les bandages des enfans, pour qu’ils ne pourrissent pas dans les urines & les excrémens.

Au derriere de tous les brayers on attache une bandelette de toile double, qui passant sous la cuisse vient s’attacher à l’écusson, de même que la courroie qui termine la ceinture. Cette bandelette se nomme la sous-cuisse ; elle soûtient le bandage, & empêche qu’il ne remonte.

L’application de ces bandages est aisée à faire : ceux qui en portent les ôtent & les remettent sans peine, par l’habitude qu’ils en ont contractée. Mais une circonstance essentielle à observer, c’est de ne point mettre le bandage que la descente ne soit entierement rentrée ; car s’il restoit une partie de l’intestin dans l’aine, le bandage le meurtrissant y causeroit de la douleur, de l’inflammation, & enfin la gangrene, si l’on n’y pourvoyoit : cette regle souffre quelque exception, lorsque l’épiploon forme la hernie. Voyey Réduction.

Brayer pour contenir les hemorrhoïdes. Voyez Hemorrhoïdes.

Brayer pour la chûte du rectum ou de la matrice. Voyez Chute.

Brayer pour la hernie du nombril. Voyez Exomphale. (Y)

Brayer, c’est une espece de bandage fait de gros cuir, garni d’une boucle & de son ardillon, qui sert à soûtenir le battant d’une cloche. Voyez Cloche & Fondeur de cloches. Voyez figure 6. Planche de la Fonderie des cloches, & l’article Fonte des cloches.

Brayer, en Fauconnerie, c’est le cul d’un oiseau de proie, & on dit qu’une marque de la bonté d’un faucon est quand il a le brayer net, & lorsqu’il lui tombe bien bas le long de la queue, & qu’autour il est bien émaillé de taches noires & rousses.

BRAYER un vaisseau ou brayer les coutures d’un vaisseau, (Marine.) c’est y appliquer du bray bouilli pour remédier aux voies d’eau, en remplissant & en resserrant les jointures de son bordage. On dit souvent espalmer & suifer pour brayer. (Z)

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Étymologie de « brayer »

Provenç. braguier, braier ; catal. braguer ; bas-lat. bracarium ; de bracca, braie (voy. BRAIE).

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Phonétique du mot « brayer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
brayer brɛje

Évolution historique de l’usage du mot « brayer »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Traductions du mot « brayer »

Langue Traduction
Espagnol brayer
Italien brayer
Source : Google Translate API

Synonymes de « brayer »

Source : synonymes de brayer sur lebonsynonyme.fr
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