La langue française

Boucanier

Définitions du mot « boucanier »

Trésor de la Langue Française informatisé

BOUCANIER, subst. masc.

A.− Vieilli. Aventurier d'Amérique et des Antilles chassant le bœuf sauvage pour boucaner la viande et faire le commerce des peaux. Pour toute arme, il n'avait que son couteau de boucanier passé à sa ceinture (A. Dumas Père, Comte Hermann,1849, I, 7, p. 216).
P. plaisant. :
1. Ces redoutables boucaniers, qui presque tous reviendront bredouille et achèteront, ce soir, au cabaret, du gibier de braconnage, ont l'air plus chasseur que nature. F. Coppée, Prose,Mon franc-parler I, 1894, p. 213.
Spéc. Fusil boucanier ou absol. boucanier. Long fusil utilisé pour cette chasse.
B.− P. ext. Pirate écumant, au xviiesiècle, les mers de l'Amérique et des Antilles :
2. Au temps de Rousseau, le paisible voyageur qui naviguait en Méditerranée risquait de tomber aux mains des pirates, (...) Aujourd'hui, puisque les aventures de boucaniers reviennent à la mode, on aura occasion de penser à ce temps, (...) où l'Océan n'était pas le plus redoutable ennemi des navigateurs; ... Alain, Propos,1921, p. 320.
Rem. S'est dit aussi des bateaux faisant la navigation dans les îles de l'Amérique (d'apr. Will. 1831).
P. plaisant. :
3. ... Richard se promène avec sa mère, attendrissante pour la façon dont elle abrite d'une ombrelle anxieuse ainsi qu'un petit enfant porté à bras le robuste boucanier qui marche et cause à côté d'elle. A. Daudet, La Petite paroisse,1895, p. 268.
Rem. On rencontre dans la docum. a) le subst. fém. boucanerie. ,,Association de boucaniers`` (Lar. 20e); b) le subst. fém. (avec infl. possible de boucan2) boucanière, vx. Femme de mauvaises mœurs. Attesté dans la plupart des dict. gén. du xixes.; emploi adj. J'embrasse la gente boucanière et nous devînmes bons amis et quelque chose de plus (France 1907).
1reattest. 1654 « aventurier qui chassait les bœufs sauvages aux Antilles » (J. de Laon, Rel. du Voy. des François fait au Cap de Nord en Amérique, p. 157 dans König, pp. 33-34); dér. de boucan1*, suff. -ier*. [bukanje]. Fréq. abs. littér. : 12.
BBG. − Kuhn 1931, p. 196, 222, 233.

Wiktionnaire

Nom commun

boucanier \bu.ka.nje\ masculin

  1. Celui qui va à la chasse des bœufs sauvages.
  2. (En particulier) (Histoire) Pirate de l’Amérique qui, en bande, chassait et boucanait.
  3. (Par extension) (Histoire) Sorte de gros et long fusil dont se servaient ces pirates.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BOUCANIER. n. m.
Celui qui va à la chasse des bœufs sauvages. On le disait particulièrement autrefois de Certains pirates de l'Amérique. Voyez AVENTURIER. Il désigne, par extension, une Sorte de gros et long fusil dont se servaient les boucaniers.

Littré (1872-1877)

BOUCANIER (bou-ka-nié) s. m.
  • 1Celui qui va à la chasse des bœufs sauvages.
  • 2Gros et long fusil dont on se servait pour cette chasse, et, adjectivement, fusil boucanier.
  • 3 Par extension, pirates qui infestaient les Antilles. Par la hardiesse d'un peuple nouveau que le hasard composa d'Anglais et surtout de Normands, on les a nommés boucaniers…, Voltaire, Mœurs, 152.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

BOUCANIER, s. m. (Hist. mod.) est le nom que l’on donne dans les Indes occidentales à certains sauvages qui font fumer leur viande sur une grille de bois de Bresil placée à une certaine hauteur du feu, qu’on appelle boucan.

Delà vient qu’on appelle boucans les petites loges dans lesquelles ils font fumer leurs viandes, & l’action de les préparer boucaner.

On prétend que la viande ainsi boucanée plaît également aux yeux & au goût ; qu’elle exhale une odeur très-agréable ; qu’elle est d’une couleur vermeille, & qu’elle se conserve plusieurs mois dans cet état.

Oexmelin de qui nous tenons ces faits, ajoûte qu’il y a des habitans qui envoyent dans ces lieux leurs engagés lorsqu’ils sont malades, afin qu’en mangeant de la viande boucanée ils puissent recouvrer la santé.

Savary dit que les Espagnols, qui ont de grands établissemens dans l’île de Saint-Domingue, y ont aussi leurs boucaniers, qu’ils appellent matadores, ou monteros ; c’est-à-dire, chasseurs : les Anglois appellent les leurs cow-killers.

Il y a deux sortes de boucaniers ; les uns ne chassent qu’aux bœufs pour en avoir le cuir, & les autres aux sangliers pour se nourrir de leur chair.

Voici, suivant Oexmelin, la maniere dont ils font boucaner la viande : Lorsque les boucaniers sont revenus le soir de la chasse, chacun écorche le sanglier qu’il a apporté, & en ôte les os ; il coupe la chair par aiguillettes longues d’une brasse ou plus, selon qu’elles se trouvent. Ils la mettent sur des tables, la saupondrent de sel fort menu, & la laissent ainsi jusqu’au lendemain, quelquefois moins, selon qu’elle prend plus ou moins vîte son sel. Après ils la mettent au boucan, qui consiste en vingt ou trente bâtons gros comme le poignet, & longs de sept à huit piés, rangés sur des travers environ à demi-pié l’un de l’autre. On y met la viande, & on fait force fumée dessous, où les boucaniers brûlent pour cela les peaux des sangliers qu’ils tuent, avec leurs ossemens, afin de faire une fumée plus épaisse. Cela vaut mieux que du bois seul ; car le sel volatil qui est contenu dans la peau & dans les os de ces animaux, vient s’y attacher, & donne à cette viande un goût si excellent qu’on peut la manger au sortir de ce boucan sans la faire cuire, quelque délicat qu’on soit.

* L’équipage des boucaniers, selon le même auteur, est une meute de vingt-cinq à trente chiens, avec un bon fusil, dont la monture est différente des fusils ordinaires, & qu’on nomme fusils de boucaniers. Leur poudre qui est excellente, & qu’ils tirent de Cherbourg, se nomme aussi poudre de boucaniers. Ils sont ordinairement deux ensemble, & s’appellent l’un l’autre matelot. Ils ont des valets qu’ils appellent engagés, qu’ils obligent à les servir pour trois ans, & auxquels, ce terme expiré, ils donnent pour récompense un fusil, deux livres de poudre, & six livres de plomb, & qu’ils prennent quelquefois pour camarades. En certaines occasions ces boucaniers se joignent aux troupes réglées dans les colonies, & servent aux expéditions militaires ; car il y en a parmi toutes les nations européennes qui ont des établissemens en Amérique. (G)

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Étymologie de « boucanier »

Boucaner ; angl. buccaneer.

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De boucan, avec le suffixe -ier, d’après l’indien caraïbe boucan, grille ou claie de bois servant à fumer la viande.
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Phonétique du mot « boucanier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
boucanier bukanje

Évolution historique de l’usage du mot « boucanier »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « boucanier »

  • En 1812, la guerre fait rage entre les indépendantistes américains et la puissance impérialiste britannique qui réunit une armée considérable pour définitivement étouffer la rébellion. Avec seulement 1.200 hommes, le général Andrew Jackson doit tenir La Nouvelle Orléans contre 60 navires et 16.000 soldats ennemis. Son seul espoir : que le boucanier français Jean Laffitte se rallie à sa cause… , Les Boucaniers : un remake somptueux qui ne manque pas de fougue (en Blu-ray et DVD) - ON mag

Traductions du mot « boucanier »

Langue Traduction
Anglais buccaneer
Espagnol bucanero
Italien bucaniere
Allemand bukanier
Portugais bucaneiro
Source : Google Translate API

Synonymes de « boucanier »

Source : synonymes de boucanier sur lebonsynonyme.fr

Boucanier

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