La langue française

Alouette

Sommaire

  • Définitions du mot alouette
  • Étymologie de « alouette »
  • Phonétique de « alouette »
  • Évolution historique de l’usage du mot « alouette »
  • Citations contenant le mot « alouette »
  • Images d'illustration du mot « alouette »
  • Traductions du mot « alouette »
  • Synonymes de « alouette »

Définitions du mot alouette

Trésor de la Langue Française informatisé

ALOUETTE, subst. fém.

A.− ORNITH. Genre d'oiseaux passereaux conirostres dont le plumage est gris roussâtre et le chant mélodieux :
1. Les coqs se répondaient de l'une à l'autre rive; et parfois on entendait, dans les profondeurs du ciel, les trilles des alouettes, qui montaient de la terre, trompées par la clarté de la lune. R. Rolland, Jean-Christophe,Le Matin, 1904, p. 120.
2. Le soir était venu. Un chant hésitant et triste monta du fond des chènevières : une alouette au creux d'un sillon jetait, avant de s'endormir, un petit cri effaré, déconcertant dans la nuit, lui qu'on entend d'habitude dans l'air bleu et la lumière. É. Moselly, Terres lorraines,1907, p. 80.
Rem. 1. Il existe un subst. masc. alouet, qui désigne plus spéc. l'alouette mâle :
3. Le perfide chasseur se glisse derrière un buisson épais : il a vu, il ajuste, il fait tomber le jeune Alouet, qui, d'un chant gai et d'une aile légère, s'élançait vers l'alouette, objet de ses amours. S. Mercier, Néologie ou Vocabulaire de mots nouveaux, t. 1, 1801, p. 23.
Rem. 2. Syntagmes.
a) Syntagmes désignant des espèces, p. ex. :
4. Des bandes de tourterelles s'envolaient à mon approche, et les alouettes huppées montaient verticalement dans le ciel comme les fusées d'un feu d'artifice. E. About, Le Roi des montagnes,1857, p. 45.
5. Alouette lulu (alauda arborea), appelée aussi Alouette percheuse, Petite alouette, Lulu... Elle a des mœurs différentes de l'alouette des champs... H. Coupin, Animaux de nos pays,dict. pratique, 1909, p. 145.
b) Syntagmes verbaux l'alouette chante, grisolle, tirelire, s'élève, descend, plane.
Rem. 3. Loc. fig. ou proverbiales :
S'éveiller, se lever au chant de l'alouette. Se lever de très grand matin.
Rare, affecté. Manger comme une alouette. (Plus cour. Manger comme un oiseau). Manger très peu.
Pop. Un crâne d'alouette. Une petite cervelle :
6. Il s'croit encore à la caserne, l'autre crâne d'alouette! R. Dorgelès, Les Croix de bois,1919, p. 25.
Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes prises. S'emploie comme réplique à une supposition absurde.
Il attend que les alouettes lui tombent toutes rôties (dans le bec). Se dit d'un paresseux qui voudrait tout obtenir sans effort :
7. Est-ce que vous croyez les gens d'ici plus bêtes que leurs veaux, à venir raconter que les alouettes leur tomberont rôties dans le bec... É. Zola, La Terre,1887, p. 468.
B.− Emplois techn.
AÉRON. Miroir aux alouettes. Nom du miroir d'appontage. (Attesté ds Quillet 1965).
AGRIC. Terres à alouettes. Terres sablonneuses. (Attesté ds la plupart des dict. gén.).
BOT. Pied d'alouette. Nom usuel de la plante appelée delphinium ou dauphinelle :
8. Et plus loin, à mesure qu'ils avançaient, les haies changeaient, alignaient les bâtons fleuris de pieds d'alouettes énormes, perdus dans la frisure des feuilles, laissaient passer les gueules ouvertes des mufliers fauves, haussaient le feuillage grêle des schizanthus, plein d'un papillonage de fleurs aux ailes de soufre tachées de laque tendre. É. Zola, La Faute de l'Abbé Mouret,1875, p. 1349.
CHASSE, au propre. Miroir aux alouettes ou d'alouette. Engin de chasse constitué de petits miroirs qui scintillent au soleil et dont on se sert pour prendre les alouettes :
9. Un rayon de soleil égaré allumait un miroir d'alouette. G. Courteline, Messieurs les ronds-de-cuir,1893, p. 143.
Par métaph. :
10. Tu seras riche, mais il faut m'aider sans bruit À dresser, comme font les oiseleurs la nuit, Un bon filet caché sous un miroir qui brille, Un piège d'alouette ou bien de jeune fille. V. Hugo, Ruy Blas,1838, I, 2, p. 347.
Au fig. Miroir aux alouettes. Se laisser prendre au miroir aux alouettes. Se laisser duper par de belles promesses :
11. Je suis le miroir aux alouettes : ma petite alouette, je te tiens! J.-P. Sartre, Huis clos,1944, 5, p. 138.
GASTR. Alouettes sans tête. Paupiettes de viande (cf. Ac. Gastr. 1962).
HIST. Légion de l'Alouette. Légion gauloise créée par Jules César, et dont les soldats portaient sur le casque une alouette de bronze :
12. Les Français n'ont jamais renié l'alouette gauloise. J. Bainville, Histoire de France,t. 1, 1924, p. 14.
MAR. Nœud d'alouette. Sorte de nœud servant à terminer un filin et appelé aussi (nœud) tête de mort.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du xixes. et ds Quillet 1965.
C.− Arg. ,,Compagnon qui n'est pas fils de maître (relieurs, av. 1782).`` (Esn. 1966).
Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [alwεt]. 2. Dér. et composés : aloue (cf. Lar. 19e), alouettine (cf. Nouv. Lar. ill.), aloyau. − Rem. Les dict. de prononc. du xixes. notent la diérèse. Fér. Crit. t. 1 1787 propose la graph. alouète avec un seul t.
Étymol. ET HIST. − 1. Fin xiies. ornith. aloe(e)te « petit oiseau de l'ordre des passereaux » (Loh., ms. Montp., fo99b ds Gdf. Compl. : Et l'aloeete chante quant li jors vint); 1611 proverbe (Cotgr. : Il pense que les alouettes luy tomberont en la bouche toutes rosties. He vainely thinkes, that good fortune will come a wooing to him); 1611 bot. pied d'alouette (ibid. : Pied d'alouette. The hearbe, larks spurre, larks claw, larks heele, larks toes, Monks hood); 1694 agric. (Ac. : On dit proverb. Des terres à alouettes, pour dire Des terres sablonneuses pleines de gravier), passé dans la lang. commune (Ac. 1718). Dér. de l'a. fr. aloe, de même sens (xiie-xves. ds Gdf.), du lat. alauda « id. », d'orig. gauloise (cf. Pline, Nat., 11, 121 ds TLL s.v., 1482, 51 : parvae avi quae, ab illo [galero « d'après sa huppe »] galerita appellata quondam, postea gallico vocabulo etiam legioni nomen dederat alaudae). Le lat. a surtout connu et empr. le mot lorsque César recruta en 50 av. J.-C. chez les Gaulois transalpins une légion à laquelle il donna le nom d'Alauda (Cicéron, Att., 16, 8, 2). Cf. J. André, Les Noms d'oiseaux en latin, Paris, Klincksieck, 1967, p. 24. Alouet, 1801, supra (p. 608) rem. 1.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 461. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 602, b) 1 055; xxes. : a) 756, b) 425.
BBG. − Ac. Gastr. 1962. − Alex. 1768. − Bailly (R.) 1969 [1946]. − Baudr. Chasses 1834. − Bél. 1957. − Bénac 1956. − Boiss.8. − Bouillet 1859. − Brard 1838. − Cuisin 1969. − Curiosités étymologiques : noms d'animaux. Vie Lang. 1969, no206, p. 275. − Daire 1759. − Dauzat (A.). L'Attraction paronymique dans le français populaire contemporain. Archivum romanicum. 1937, t. 21, pp. 201-209. − Dauzat Ling. fr. 1946, p. 257. − Dumas 1965 [1873]. − Esn. 1966. − Fér. 1768. − Galiana Astronaut. 1963. − Lacr. 1963. − Lar. mén. 1926. − Lasnet 1970. − Le Clère 1960. − Le Roux 1752 (s.v. alouëtte).Mont. 1967. − Prév. 1755. − Rolland (E.). Faune populaire de la France. Noms vulgaires, dictons, proverbes, légendes, contes et superstitions. Paris, 1967, t. 2, p. 205, 216; t. 10, p. 96. − Spr. 1967.

Wiktionnaire

Nom commun

alouette \a.lwɛt\ féminin

  1. (Ornithologie) Petit oiseau passereau terrestre brunâtre et au bec mince qui vit de grain et qui fait son nid dans les plaines.
    • Le soleil, vif et chaud, faisait chanter les alouettes et semblait les attirer plus près du ciel, tant elles pointaient en ligne droite et volaient haut. — (Eugène Fromentin, Dominique, L. Hachette et Cie, 1863, réédition Gründ, page 71)
    • C’est l’heure charmante où l’alouette s’élève dans le ciel, salue de ses trilles et de ses roulades le matin jeune, virginal et triomphant. — (Octave Mirbeau, Le Tripot aux champs, Le Journal, 27 septembre 1896)
    • En Sologne, on attrape les alouettes à l’hameçon ; autre part, on les fusille au miroir. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Pernette était comme l’alouette que fascine le miroir et, pour Gilles, l'église, en cette nuit de Noël, était le plus beau des théâtres. — (Jacqueline Mirande, Le cavalier, Nathan, 1990, Univers Poche, 1999)
    • On disait qu'elle s’élevait vers les nuées sept fois par jour pour chanter les louanges du Créateur. Aussi, quelques étymologistes de fantaisie ont prétendu que alouette, du nom gaulois alauda, venait du latin a lauda, qui signifie louange. — (Gérard Oberlé, chronique du 18 mars 2004 sur France Musique, reproduite dans La vie est ainsi fête, Grasset, 2007, page 252)
    • La gentille alouette avec son tire-lire
      Tire l’ire à l'iré, et tire lirant tire
      Vers la voûte du Ciel ; puis son vol vers ce lieu
      Vire et désire dire : adieu Dieu, adieu Dieu.
      — (Guillaume de Salluste, seigneur du Bartas)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ALOUETTE. n. f.
Petit oiseau de l'ordre des Passereaux qui vit de grain et qui fait son nid dans les plaines. Le chant de l'alouette. Tendre aux alouettes. Prendre des alouettes au miroir. Une douzaine d'alouettes. Pâté d'alouettes. Manger des alouettes. Alouette huppée, Sorte d'alouette qu'on nomme autrement COCHEVIS. Des terres à alouettes, se dit communément des Terres sablonneuses. Prov., Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes prises, se dit pour se moquer d'une supposition absurde en y répondant par une autre encore plus absurde. Prov., Il attend que les alouettes lui tombent toutes rôties dans le bec, lui tombent toutes rôties, se dit d'un Paresseux qui voudrait avoir les choses sans peine. Prov., S'éveiller, se lever au chant de l'alouette, S'éveiller, se lever de très grand matin.

Littré (1872-1877)

ALOUETTE (a-lou-è-t') s. f.
  • 1Oiseau de l'ordre des passereaux ; il fait son nid dans les plaines.

    S'éveiller, se lever au chant de l'alouette, se lever de très grand matin.

  • 2Terres à alouettes, terres sablonneuses.
  • 3 En termes de marine, nœud d'alouette, sorte de nœud qu'on appelle aussi tête de mort.
  • 4Alouette de mer, oiseau du genre des vanneaux, et de l'ordre des échassiers.

PROVERBES

Si le ciel tombait, il y aurait bien des alouettes prises, se dit d'une supposition absurde.

Il attend que les alouettes lui tombent toutes rôties dans le bec, ou simplement, lui tombent toutes rôties, se dit d'un paresseux qui voudrait avoir les choses sans peine.

HISTORIQUE

XIIIe s. Près [je] sui qu'en autel point com pinçon ou aloe Qu'espervier…, Berte, XXXIII. Il se misent au fuir sans plus attendre, et s'esparsent li uns chà et li autres là, aussi comme les aloes font por les espreviers, H. de Valenciennes, IX. La costume ai à l'esprevier, Qui l'aloe vet tant chacier, Que il la prent par tost voler, Et puis si l'en relet aler, Ren. 6446. Là veïssiés les troi si fierement aidier ; Ausi comme l'aloe fuit devant l'esprevier, Vont li Turc après aus, nes osent aprochier, Ch. d'Ant. VIII, 83. Ce fu au tens que naist la flor, Et l'aloete chante au jor, Blancandin. De kalendres bien envoisies Qui chantent cler, et d'aloetes, Fabliaux, éd. BARBAZ. t. IV, p. 91.

XVe s. Entre prime et tierce se commença le jour à reschauffer et le soleil à luire et à monter, et les aloes à chanter, Froissart, II, II, 17. Les biens mondains, les honneurs et les gloires, Qu'on aime tant, desire, prise et loue, Ne sont qu'abus et choses transitoires, Plus tost passans que le vol d'une aloue, Chartier, Régime de fortune, Ball. 11.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ALOUETTE, s. f. en latin alauda : il y a plusieurs especes d’alouette ; ce qui pourroit faire distinguer leur genre, c’est que le doigt de derriere est fort long, qu’elles chantent en s’élevant en l’air, & de plus que leurs plumes sont ordinairement de couleur de terre : mais ce dernier caractere n’est pas constant dans toutes les especes d’alouette, & n’est pas particulier à leur genre, car il convient aux moineaux & à d’autres oiseaux.

L’alouette ordinaire n’est guere plus grosse que le moineau domestique, cependant son corps est un peu plus long ; elle pese une once & demie ; elle a six pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité des pates. La queue est aussi longue que les pates. L’envergure est de dix pouces. Le bec a environ trois quarts de pouce de longueur depuis sa pointe jusqu’à l’angle de la bouche. La partie supérieure du bec est noire & quelquefois de couleur de corne, celle du dessous est presque blanchâtre ; la langue est large, dure & fourchue ; & les narines sont rondes. Les plumes de la tête sont de couleur cendrée tirant sur le roux, & le milieu des plumes est noir ; quelquefois l’oiseau les hérisse en forme de crête. Le derriere de la tête est entouré d’une bande de couleur cendrée qui va depuis l’un des yeux jusqu’à l’autre. Cette espece de bande est d’une couleur plus pâle & moins apparente dans l’alouette ordinaire que dans l’alouette des bois. Le menton est blanchâtre, la gorge jaune & parsemée de taches brunes, le dos est de la même couleur que la tête, & les côtés sont d’une couleur rousse jaunâtre. Chaque aile a dix-huit grandes plumes ; le bord extérieur de la premiere est blanchâtre, & dans les autres plumes il est roux. Les plumes qui sont entre la sixieme & la dix-septieme ont la pointe comme émoussée, dentelée, & de couleur blanchâtre. Les bords des petites plumes de l’aile sont de couleur rousse cendrée. La queue a 3 pouces de longueur, & elle est composée de 12 plumes ; les 2 plumes du milieu sont posées l’une sur l’autre, elles sont brunes & entourées d’une bande de blanc roussâtre. Les deux qui suivent de chaque côté sont brunes, & leur bord est d’un blanc roussâtre. La quatrieme est brune, à l’exception du bord extérieur qui est blanc. Les barbes extérieures de l’avant-derniere plume de chaque côté sont blanches en entier, de même que la pointe. Le reste de ces deux plumes est brun ; les deux dernieres à l’extérieur sont blanches, & elles ont une bande brune longitudinale sur les bords intérieurs. Les piés & les doigts sont bruns, les ongles sont noirs à l’exception de leurs extrémités qui sont blanches ; le doigt extérieur tient au doigt du milieu à sa naissance. L’alouette devient fort grasse dans les hyvers moderés. Elle fait trois pontes chaque année, dans les mois de Mai, de Juillet & d’Août, & elle donne quatre ou cinq œufs d’une seule ponte. Le fond de son nid est en terre, elle le ferme avec des brins d’herbe ; enfin elle éleve ses petits en peu de tems. Willughbi. Derham. Voyez Oiseau. (I).

Alouette de bois, alauda arborea, alauda sylvestris. Derh. Hist. nat. des oiseaux. tom. I. le mâle pese une once un quart ; cet oiseau a six pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’au bout de la queue, l’envergure est d’un pié ; il est plus petit que l’alouette ordinaire, & son corps est plus court ; le bec est comme dans les autres oiseaux de ce genre, droit, pointu, mince, un peu large, de couleur brune, & long de plus d’un demi pouce. La langue est large & fourchue ; l’iris des yeux est couleur de noisette, les narines sont rondes ; les piés sont d’un jaune pâle où de couleur de chair. Les ongles sont bruns ; le doigt de derriere est le plus long ; le doigt extérieur tient au doigt du milieu à sa naissance.

Le ventre & la poitrine sont d’un blanc jaunâtre. Cette même couleur est plus foncée sur la gorge, & sur le milieu de chaque plume il y a des taches brunes. La tête & le dos sont mouchetés de noir & de roux jaunâtre, & le milieu des plumes est de couleur noire. Le cou est un peu cendré ; il y a une ligne blanchâtre qui va depuis l’un des yeux jusqu’à l’autre, & qui fait une espece de couronne autour de la tête. Le croupion est de couleur jaune roussâtre.

Il y a dix-huit grandes plumes dans chaque aile ; l’extérieure est la plus courte, les cinq qui suivent sont plus longues que les autres d’un demi-pouce ; leur extrémité est pointue, leurs bords extérieurs sont blanchâtres ; les autres plumes sont plus courtes, leur pointe est émoussée & dentelée, & leurs bords sont de couleur jaune. Les plumes de la fausse aile sont brunes, & la pointe est de couleur roussâtre mêlée de blanc, & il y a une tache blanchâtre au bas de ces plumes. Les plumes qui couvrent l’articulation de l’aileron sont de couleur cendrée. La queue a deux pouces de longueur ; elle est composée de douze plumes ; elle n’est point fourchue, cependant les plumes du milieu sont un peu plus courtes que les autres, elles sont terminées en pointe, & elles sont de couleur verte mêlée d’un roux sale ou de fauve. Les quatre qui suivent de chaque côté ont la pointe émoussée, leur extrémité est blanchâtre. La couleur de celles qui sont successivement les plus avancées en-dehors est plus sombre & tire sur le noir. On trouve dans l’estomac de cet oiseau des scarabés, des chenilles & des graines, de l’herbe aux perles ou gremil.

Ces oiseaux volent en troupe & restent en l’air sans balancer leurs ailes ; ils chantent en volant à-peu-près comme les merles.

L’alouette de bois differe principalement de l’alouette ordinaire, 1°. par sa voix & son chant qui imite celui du merle ; 2°. par un petit cercle de plumes blanches qui forment une espece de couronne qui entoure la tête depuis l’un des yeux jusqu’à l’autre ; 3°. parce que la premiere plume extérieure de l’aile est plus courte que la seconde, au lieu qu’elles sont d’égale grandeur dans l’alouette ordinaire ; 4°. parce que les plumes extérieures de la queue ont la pointe blanchâtre ; 5°. parce qu’elle se perche sur les arbres ; 6°. parce qu’elle est plus petite, & que son corps est plus court & plus gros à proportion de sa longueur. Willughbi. Voyez Oiseau. (I).

Alouette de mer, schæniclos, petit oiseau qui se trouve dans les lieux marécageux sur les côtes de la mer. On lui a donné le nom d’alouette, parce qu’il n’est guere plus gros que cet oiseau, & qu’il est à peu près de la même couleur ; cependant il est un peu plus blanc par-dessous le ventre & plus brun sur le dos. Il a les jambes noires, minces & allongées de même que le bec, sa langue est noire, & elle s’étend dans toute la longueur du bec, il remue continuellement la queue, & il change de place à tout instant. L’alouette de mer seroit assez semblable au bécasseau, si elle étoit aussi grande. Ces oiseaux doivent multiplier beaucoup & être fort fréquens, car on en prend une très-grande quantité ; on les trouve meilleurs à manger que les alouettes communes. Bellon, Hist. de la nat. des oiseaux, liv. IV. c. xxiv. V. Oiseau. (I)

Alouette de prés, alauda pratorum. Voyez Farlouse.

Alouette hupée, alauda cristata. Voyez Cochevis.

* On prend les alouettes diversement : la maniere la plus commune est avec des nappes, qui se tendent comme pour les ortolans, à la reserve qu’il faut se servir d’un miroir, & que les appellans sont à terre, au lieu qu’on met les ortolans sur de petites fourchettes ; 2°. au traineau la nuit dans les chaumes ; 3°. aux collets ; 4°. au filet quarré, tendu en plain champ sur des fourchettes comme une espece de souriciere, dans laquelle on chasse doucement les alouettes ; 5°. avec une autre sorte de filet appellé tonnelle murée. Voyez tous ces piéges à leurs articles.

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Étymologie de « alouette »

De l’ancien français aloe et -ette, du gaulois alauda (« grande chanteuse »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Wallon, alauie ; bourguig. auluôtte ; Berry, alouvette ; provenç. alauza, alauzeta ; ital. allodola, lodola ; anc. espagn. aloeta ; espagn. mod. alondra. Alouette est le diminutif d'aloue ; aloue vient du latin alauda ; mais alauda était un mot gaulois. Pline, Hist. nat. II, 37, et Suétone, Vie de César, nous apprennent que ce général avait donné à une de ses légions, composée d'hommes des Gaules, le nom gaulois d'alauda. L'oiseau huppé qu'en gaulois on nomme alauda, dit Marcellus Empiricus, ch. 29. Enfin Grégoire de Tours, liv. IV, parle du corydalus que nous nommons, dit-il, alauda. Ces témoignages ne laissent pas de doute sur l'origine du mot. On trouve dans le bas-breton alc'houéder et alc'houédez qui signifient alouette. C'h est une lettre gutturale analogue au ch allemand et étrangère à la langue latine ; un mot tel que alc'houéder, quelle qu'en ait été jadis la finale, a pu naturellement se transformer en alauda.

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Phonétique du mot « alouette »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
alouette alwɛt

Évolution historique de l’usage du mot « alouette »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « alouette »

  • Faute de froment, les alouettes font leur nid dans le seigle. De Proverbe breton
  • La gentille Alouette avec son tire-lire, Tire l'ire à l'iré, et tire-lirant tire Vers la voûte du Ciel : puis son vol vers ce lieu Vire et désire dire : adieu Dieu, adieu Dieu. Guillaume de Salluste, seigneur Du Bartas, La Semaine
  • C'était le rossignol et non pas l'alouette. William Shakespeare, Roméo et Juliette, III, 5, Juliette Romeo and Juliet, III, 5, Juliet
  • Quand on tient l'alouette, il faut la plumer. De Proverbe belge
  • Pour l'alouette le chien perd son maître. De Proverbe français
  • L'alouette en main vaut mieux que l'oie qui vole. De Proverbe français
  • Une cuisse d'alouette vaut mieux que tout un chat rôti. De John Heywood / Proverbs in the English tongue
  • Quand j’entends le mot culture, je vois des champs, des boeufs, une alouette, une belle fermière. De Louis Scutenaire
  • Le corbeau chante aussi bien que l'alouette pour qui n'y fait pas attention. Que de choses n'obtiennent qu'à leur saison leur juste assaisonnement de louange et de perfection ! De William Shakespeare / Le Marchand de Venise
  • Les miroirs sont toujours des miroirs à alouettes. De Marc Doré / Le Raton laveur
  • La publicité ? Une invention hypocrite de l'homme ; un miroir aux alouettes pour manipuler, exploiter et asservir en douceur son prochain. De Roseline Cardinal / Juliette et les autres
  • Je ne suis pas de ceux qui s'imaginent qu'ils n'ont qu'à ouvrir la bouche pour que les alouettes tombent rôties. Non, mais tout de même j'ouvre la bouche de temps en temps. De Alphonse Allais
  • La pub, c'est le triomphe de la complaisance, c'est le miroir aux alouettes dans lequel se reflètent les croyances et les élans d'une nation s'accrochant à ses lieux communs. De Marc Gendron / Titre à suivre

Images d'illustration du mot « alouette »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « alouette »

Langue Traduction
Anglais lark
Espagnol alondra
Italien allodola
Allemand lerche
Portugais cotovia
Source : Google Translate API

Synonymes de « alouette »

Source : synonymes de alouette sur lebonsynonyme.fr
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