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La proposition subordonnée relative

Une proposition subordonnée relative est une proposition dépendante d’une proposition principale, et elle est toujours introduite par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, , etc.) une locution pronominale (ce que, ce dont, etc.) ou un relatif indéfini complexe (qui que, quoi que, etc.).

À l’égard de la proposition principale, la proposition subordonnée relative joue le plus souvent le rôle de qualifiant. Elle est alors appelée proposition subordonnée relative adjective car elle pourrait être remplacée par un adjectif :

  • Les billets que j’ai achetés sont les moins chers.
  • Les billets bleus sont les moins chers.

Parfois, la proposition subordonnée relative joue le rôle d’un groupe nominal (GN) ou d’un nom. Elle est alors appelée proposition subordonnée relative substantive (car un nom commun est aussi appelé substantif).

Comment déterminer la nature de la proposition subordonnée relative ?

L’antécédent du pronom relatif

La liste des différents pronoms relatifs se trouve dans la section « classement des mots signalant une subordonnée » de notre article « Propositions subordonnées : le guide complet ». 

Le pronom relatif introduisant la proposition subordonnée relative a ou non un antécédent. Si le pronom relatif a un antécédent, la relative est adjective :

  • Les billets que j’ai achetés sont les moins chers.

Dans cet exemple, « que » reprend le groupe nominal « les billets » (J’ai acheté les billets).

Les antécédents possibles d’un pronom relatif

Si le pronom relatif n’a pas d’antécédent, la relative joue le rôle d’un substantif et est appelée relative substantive.

  • Qui part à la chasse perd sa place. Ici, le pronom « qui » ne reprend pas un autre élément.

Fonction syntaxique du pronom relatif

Contrairement à la conjonction de subordination et à la locution conjonctive dans les propositions subordonnées complétives et certaines propositions subordonnées circonstancielles, le pronom relatif, exclusivement réservé à la proposition subordonnée relative, exerce toujours une fonction syntaxique à l’intérieur de celle-ci. Cela signifie qu’il peut avoir le rôle de sujet du verbe de la relative, ou de complément de ce verbe (COD ou COI), ou encore de complément du nom.

Le pronom relatif en fonction sujet :

Je remarque bientôt que pour cela il y a avantage à décomposer le rêve en ses éléments et à chercher les idées incidentes qui se rattachent à chaque fragment.

Sigmund Freud, Sur le rêve

Dans cette phrase, le pronom relatif « qui » est le sujet du verbe de la proposition subordonnée relative, « se rattachent ».

Le pronom relatif en fonction COD :

Les fleurs que je viens d’acheter ressemblent à des liserons. Le fleuriste m’a dit leur nom.

Christian Bobin, Autoportrait au radiateur

Dans cette phrase, le pronom relatif « que » est le COD du verbe de la proposition subordonnée relative, « viens d’acheter ». Cette forme verbale composée est d’ailleurs appelée périphrase verbale temporelle (voir notre article sur les périphrases verbales).

Le pronom relatif en fonction COI :

J’ai une chambre et un cabinet dont je dispose.

Laclos, Les Liaisons dangereuses.

Dans cette phrase, le pronom relatif « dont » est COI du verbe de la proposition subordonnée relative, « dispose ».

En effet, le verbe disposer se construit avec une préposition et sa complémentation est donc indirecte (« disposer de quelque chose »). Dans cette phrase, le pronom relatif « dont » a pour antécédent le GN « une chambre et un cabinet » et l’on peut rétablir clairement la complémentation indirecte : « Je dispose d’une chambre et d’un cabinet ».

Le pronom relatif complément du nom :

J’ai mis en outre au point toute une gamme de matières synthétiques dont j’ai inventé la formule […].

Jacques Almira, Le Voyage à Naucratis

Dans cette phrase le pronom relatif « dont » a pour antécédent le GN « toute une gamme de matières synthétiques ». Il est complément du nom « formule » : « J’ai inventé la formule de toute une gamme de matières synthétiques ».

L’accord du participe passé dans la proposition subordonnée relative

Lorsque le pronom relatif est le COD ou le COI du verbe de la proposition relative, il faut bien observer qu’il précède ce verbe qu’il complète :

Les billets que j’ai achetés sont les moins chers.

Or lorsque le COD d’un verbe conjugué avec l’auxiliaire avoir précède cet auxiliaire, il faut accorder le participe passé. Ici, étant donné que « que » a pour antécédent un masculin pluriel (« les billets »), nous avons accordé « achetés » au masculin pluriel.

Mais lorsque le verbe conjugué est complété par un COI, il ne faut pas accorder le participe passé :

Les billets dont je t’ai parlé sont les moins chers.

Le verbe parler se construit toujours avec une préposition (à ou de) et bien que le complément « dont » ait pour antécédent un masculin pluriel (« les billets »), on n’accorde pas le participe passé (J’ai parlé à toi des billets).

Les différents types de propositions subordonnées relatives

Ce tableau synthétise tous les types de relatives, et chaque type est expliqué ci-après.

Les différents types de propositions subordonnées relatives

Proposition subordonnée relative adjective

Étant donné qu’un adjectif qualificatif est toujours soit épithète soit attribut, alors la proposition subordonnée relative adjective est soit relative adjective épithète, soit relative adjective attributive.

Proposition subordonnée relative adjective épithète

Une proposition subordonnée relative adjective épithète est soit essentielle au repérage de l’antécédent, soit non essentielle à ce repérage. On dit qu’elle est soit déterminative, soit accessoire ou appositive.

  • Relative adjective épithète déterminative : Les touristes qui étaient fatigués sont rentrés.

L’information principale que le locuteur veut transmettre est que les touristes qui étaient fatigués, et pas les autres, sont rentrés. La relative est donc essentielle pour que l’on sache de quels touristes il est question.

  • Relative adjective épithète accessoire/appositive : Les touristes, qui étaient fatigués, sont rentrés.

Dans cette phrase, il n’est plus question de cibler un certain groupe de touristes parmi le groupe en son entier. Le locuteur parle de tous les touristes sans distinction, et explique pourquoi ils sont rentrés. La relative adjective épithète accessoire est pour cette raison également appelée « explicative ».

Proposition subordonnée relative adjective attributive

La proposition subordonnée relative adjective attributive ne peut être introduite que par le pronom relatif qui (alors que les autres relatives peuvent être introduites par que, quoi, dont, , auquel, etc…). Elle est aussi appelée relative prédicative car elle est le siège d’une prédication : J’entends l’oiseau qui chante.

La proposition subordonnée relative adjective attributive a la fonction d’attribut du COD dans J’entends l’oiseau qui chante. En effet, le GN « l’oiseau » est le COD de « entends », puis la relative « qui chante » est l’attribut de ce COD.

Pour le voir, il faut comparer avec un attribut du COD dans une phrase moins délicate, comme Je vois le mur orange, où l’adjectif « orange » est attribut du COD « le mur », étant donné que le locuteur indique comment et de quelle couleur il perçoit le mur, et non quel mur il voit parmi d’autres, qui ne seraient pas orange.

La proposition subordonnée relative adjective attributive est fréquente après un présentatif, tel que c’est, ce sont ou voici/voilà et il y a :

  • C’est le téléphone qui sonne.

Le GN « le téléphone » est COD du présentatif « c’est » (on dit aussi « régime du présentatif »). Ensuite, « qui sonne » est l’attribut de ce COD.

Enfin, la proposition subordonnée relative adjective attributive est toujours essentielle au sens de la phrase.

Cas particulier. La proposition subordonnée relative indéfinie à valeur concessive

C’est un cas tout à fait particulier où la proposition subordonnée relative en vient à jouer le rôle d’un complément circonstanciel, et uniquement de concession. C’est un type de relative adjective et elle est toujours conjuguée au subjonctif.

Elle est introduite par les relatifs indéfinis complexes quoi que, qui que, quel que, où que, ou les corrélations quelque… que, aussi… que, tout… que, si… que.

  • Quoi qu’on en dise, ces billets sont les moins chers.
  • Où qu’il aille, il est apprécié.
  • Quelques efforts que je fasse, j’aurai toujours du mal dans cette matière.
  • Aussi surprenant que cela puisse paraître, elle leur en a parlé.

Attention, les propositions subordonnées introduites par quoique et non par quoi que, ne sont pas des relatives : tout simplement parce que quoique n’est pas, contrairement à quoi que, un relatif indéfini complexe. C’est une conjonction de subordination, donc la subordonnée qu’il introduit bascule soit dans le groupe des circonstancielles (une conjonction de subordination ne peut jamais introduire une relative) :

  • Il n’est pas heureux, quoiqu’il ait tout pour l’être.

Après la principale (« Il n’est pas heureux »), la proposition « quoiqu’il ait tout pour l’être » est une subordonnée circonstancielle de concession. Elle peut être conjuguée au subjonctif ou à l’indicatif, si elle a un sens plus fort d’opposition.

Proposition subordonnée relative substantive

Le pronom relatif d’une relative substantive n’a pas d’antécédent dans la principale. Selon que le pronom relatif qui introduit une relative substantive est de forme simple ou composée, on dira que cette relative substantive est indéfinie ou périphrastique.

Lorsque le pronom relatif qui introduit la relative substantive (indéfinie ou périphrastique) est , on dit que la relative est locative.

Proposition subordonnée relative substantive indéfinie

La proposition subordonnée relative substantive indéfinie est courante dans les proverbes.

Elle peut être introduite par les pronoms relatifs qui et sa variante quiconque ; quoi ; où :

  • J’irai où tu iras.
  • Comprenne qui pourra.

Le pronom peut être précédé d’une préposition :

  • Dis-le à qui tu voudras.

La relative substantive indéfinie est soit le sujet du verbe de la proposition principale :

  • Qui part à la chasse perd sa place.

Soit le complément du verbe de la proposition principale :

  • J’irai où tu iras. (COD)
  • Dis-le à qui tu voudras. (COI)

Attention à ne pas confondre la relative substantive indéfinie et l’interrogative indirecte, qui est un type de complétive :

  • Je n’ai pas où mettre mes vêtements. = Je n’ai pas d’endroit où mettre mes vêtements.

On peut rétablir un substantif qui devient l’antécédent de « où ». Alors « où » est bien un pronom relatif. La proposition subordonnée « où mettre mes vêtements » est une relative.

  • Je lui demande où sont mes vêtements.

La proposition principale contient un verbe qui implique une question. C’est le sens du verbe ((ne pas) savoir, (se) demander, ignorer) qui met sur la voie de l’interrogative indirecte, dans laquelle « où » n’est pas pronom relatif mais adverbe interrogatif.

Proposition subordonnée relative substantive périphrastique

Une proposition subordonnée relative substantive périphrastique est introduite par un pronom relatif composé : celui que, celle que, ceux que, celui dont, celle dont, ceux dont, là où, là que, ici où, partout où

  • Les touristes, ceux dont nous parlions tout à l’heure, sont fatigués.
  • Je me rends là où il est hospitalisé.
  • La tarte poire-chocolat n’est pas celle qu’il préfère.
  • Les billets, ceux que j’ai achetés, sont les moins chers.

Pour aller plus loin :


Clarisse Chabernaud

Clarisse Chabernaud est docteure en langue et littérature françaises, spécialiste de l'histoire du nom propre et des tragédies de Jean Racine.

En savoir plus sur Clarisse Chabernaud >

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