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Alea jacta est : définition et origine de l’expression

« Alea jacta est » : peut-être avez-vous déjà entendu cette expression latine, dans un livre d’histoire ou dans la vie de tous les jours, sans pour autant connaître sa provenance ou sa définition

Composée des mots latins « alea » (qui peut se traduire par « dé » ou par « sort »), « jacta » (qui veut dire « jeté ») et « est » (qui a donné le verbe « être »), cette locution aurait été prononcée pour la première fois par nul autre que Jules César, dans un contexte particulièrement lourd de sens.

Mais que signifie cette formule, désormais utilisée dans des situations bien plus ordinaires ? Découvrez-le dans cet article !

Définition de l’expression « Alea jacta est »


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« Alea jacta est » est une expression directement reprise du latin, et plus exactement de Jules César, dont la traduction en français est « le sort en est jeté », ou de façon plus imagée, « les dés sont jetés ».

Concrètement, cette expression s’emploie dans une situation où il n’est plus possible de reculer, lorsqu’on atteint un point de non-retour, soit parce que l’on a commis une action irréversible, soit parce qu’un obstacle nous barre la route

En tant que phrase latine, « Alea jacta est » s’énonce comme elle s’écrit, à ceci près que la prononciation (et l’orthographe) traditionnelle était plutôt « Alea iacta est », puisque les lettres « i » et « j » sont confondues dans la langue de Virgile.

Bien que Jules César ait prétendument proféré cette expression lors d’un événement historique particulièrement solennel – comme nous le verrons plus loin – cette expression s’utilise aujourd’hui dans des situations plus banales et quotidiennes : à la suite d’un examen ou d’un entretien d’embauche, par exemple. 

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D’ailleurs, une expression éminemment moderne, car liée à l’imagerie et à l’univers automobiles, est souvent employée comme équivalente de la locution « Alea jacta est » : nous pensons ici à la formule « ne plus pouvoir faire marche arrière » ou « machine arrière », qui incarne cette même idée d’événement, d’action ou de situation dont on ne peut plus s’extirper, le destin étant définitivement scellé. 

Origine de l’expression « Alea jacta est »

C’est en l’an 49 avant Jésus-Christ que Jules César aurait prononcé cette phrase, d’après le récit de ses exploits, relatés par plusieurs historiens du Ier siècle après Jésus-Christ, tels que Plutarque, Suétone et Appien.

Commandant victorieux des armées romaines en Gaule, Jules César était sur le chemin du retour à Rome, alors dirigée par deux hommes : César et Pompée. De fait, en l’absence du premier, le second avait repris la main sur toutes les affaires courantes, et organisé un plan visant à déchoir César de ses pouvoirs. 

Pompée fit ainsi décréter que tous les généraux revenant à Rome devaient obligatoirement déposer les armes et renoncer à leurs titres militaires, avant de traverser le fleuve du Rubicon, marquant la frontière de la ville de Rome. 

Conscient des répercussions de son acte, et avec la ferme intention de marcher sur Rome pour affronter son rival, César déclara « Alea jacta est » tout en franchissant le Rubicon avec ses légions (renversant de ce fait la République et marquant les débuts de l’Empire). Le geste, historique, laissa d’ailleurs derrière lui une autre expression française au sens similaire : « franchir le Rubicon », qui signifie prendre une décision irréversible et lourde de conséquences.

Différentes variantes sont admises pour la phrase « Alea jacta est », mais la plus commune, « le sort en est jeté » fut employée pour la première fois au XVIIe siècle par François de Malherbe, dans son ouvrage Poésies. Toutefois, l’usage veut plutôt d’utiliser l’expression latine telle quelle, l’épisode étant resté suffisamment célèbre pour se passer de traduction.

Exemples de l’usage de l’expression « Alea jacta est »

C’est papa qui ne sera pas content. Ça le décide. Il se redresse. Va au téléphone. Décroche. Compose un numéro. Sa main tremble un peu. Alea jacta est. Qu’il soupire. Il a fait du latin. Et du grec. Ne pensait pas avoir à s’en servir en pareilles circonstances. Allô ? Passez-moi Martial, au garage.

Jean-Hugues Oppel, Zaune

« Alea jacta est ! » se dit René le Comte, qui avait dû lire César. Il venait d’arracher doucement la petite aiguille et le tuyau plastique qui le rendait tributaire d’un bock. Désormais, il était libre !

Jean Amila, La bonne tisane

Si je ne suis guère expert en musique, je ne m’en intéresse pas moins à toute nouveauté. J’aime les arts et je les protège de mon mieux. Trop de barrières, qu’il ne peut franchir, se dressent souvent devant l’artiste, et quand l’occasion se présente d’en renverser une, je m’y emploie avec orgueil. Alea jacta est. Monsieur Jacquot, mon concours vous est acquis.

Louise de Vilmorin, Le Lit à colonnes
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Nicolas Lafarge

Nicolas Lafarge est rédacteur indépendant, et prête ses mots à différents médias et entreprises. Se décrivant volontiers comme « un geek avec une plume », il se sent dans son élément naturel lorsqu’il écrit sur des sites web tels que La langue française.

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