La langue française

Valet

Sommaire

  • Définitions du mot valet
  • Étymologie de « valet »
  • Phonétique de « valet »
  • Citations contenant le mot « valet »
  • Traductions du mot « valet »
  • Synonymes de « valet »
  • Antonymes de « valet »

Définitions du mot valet

Trésor de la Langue Française informatisé

VALET, subst. masc.

A. − [Désigne une pers.]
1.
a) Vieilli
α) ,,Jeune gentilhomme attaché à la personne d'un chevalier ou d'un grand seigneur, pour remplir auprès de lui les fonctions de page ou d'écuyer`` (Bouillet 1859).
β) HIST. (Ancien Régime). Officier faisant partie de la maison du roi ou d'une maison princière. Valet de chambre du roi; valet de limiers. Bonaparte se rendit à l'église de Notre-Dame dans les anciennes voitures du roi, avec les mêmes cochers, les mêmes valets de pied marchant à côté de la portière (Staël, Consid. Révol. fr., t. 2, 1817, p. 42).La chemise donnée au roi [par le grand chambellan], le premier valet de chambre aidant à passer la manche droite, le premier valet de garde-robe la manche gauche: de même au coucher, le premier valet de chambre défaisant la jarretière à droite, le premier valet de garde-robe à gauche (MarionInstit.1923).
b) [Dans un jeu de cartes] Carte sur laquelle est représenté un jeune écuyer, et qui par ordre d'importance vient après le roi et la dame. Valet de cœur, de carreau, de pique, de trèfle; un brelan, un carré de valets. Le banquier a vu le battement des cils, il découvre son jeu: valet de carreau, cinq de pique (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 399).
P. anal., vx. Valet de carreau. Personne sans valeur, qui ne mérite aucune considération. On le reçut comme le valet de carreau, comme un valet de carreau (Ac.1798-1878).
2.
a) Domestique à gages employé par une personne pour la servir. Synon. laquais, serviteur.Valet fidèle, dévoué:
L'Espagnol rentra chez lui et dit à Zampa: − As-tu des amis? − Belle question, dit insolemment le Portugais; Monsieur n'en a-t-il pas? − Eh bien, acheva don José, tu peux aller les voir demain. On m'ordonne de te renvoyer pour vingt-quatre heures. Don José montra à son valet confident le billet de Banco. Ponson du Terr., Rocambole, t. 4, 1859, p. 259.
En partic.
Valet de chambre. V. chambre I A 2 a loc. diverses.
Valet de pied. Serviteur en livrée qui escorte son maître, l'aide à monter ou descendre de voiture, etc. Joseph montait dans sa voiture conduite, en cette circonstance, par le chauffeur assisté du valet de pied (Duhamel, Passion J. Pasquier, 1945, p. 93).
Valet d'armes, armé (vx). Garde du corps. (Dict. xixeet xxes.).
Valet à louer. Domestique qui n'a plus de maître (Ac. 1798-1878).
Expressions
Être (comme) le valet du diable (vieilli). Faire plus qu'on ne demande. Je ne suis pas le valet du diable, je n'en fais pas plus qu'on ne m'en dit, mais je fais ce qu'on me dit (Soulié, Mém. diable, t. 1, 1837, p. 20).
Être congédié comme un valet. Être congédié brutalement. (Dict. xixeet xxes.).
Proverbes
Les bons maîtres font les bons valets. ,,En traitant bien ses domestiques, on s'en fait bien servir`` (Ac. 1878).
Tel maître, tel valet. V. maître I A 1.
THÉÂTRE. Valet de comédie. Serviteur qui se caractérise par son sens de la ruse et de l'intrigue. Le valet de comédie est effronté, hardi, voleur, mais habile, souvent dévoué (Guizot1864).Le bouffon anglais n'a rien du valet de comédie ni du Gracioso. Le seul personnage avec lequel on puisse le confondre est son compatriote, le clown qui lui survit encore aujourd'hui (Thibaudet, Réflex. litt., 1936, p. 90).
b) P. ext., péj. Synon. laquais, larbin.
α) Personne d'une complaisance servile et intéressée; personne qui sert quelqu'un, une cause avec un empressement servile. Valets du pouvoir; se conduire en valet. C'étaient presque toujours des valets complaisants qui se tenaient aux ordres, et qu'une prompte libération venait récompenser d'avoir bien servi le nazisme contre la communauté captive (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 148).
P. anal. Trop de journaux bourgeois ou valets de bourgeois, trop même de « grands littérateurs », dont la vie entière a été de combines (...) d'exploitation hideuse du régime, s'écrient aujourd'hui que si la France a été battue, c'est parce que le Français n'était qu'un fainéant (L'Œuvre, 14 mars 1941).
Se faire le valet de qqn. Se montrer servile à l'excès à l'égard de quelqu'un. Le plus fort est que toutes les contraventions profitaient (...) aux Allemands, dont Brook, adroit manœuvrier, s'était fait le plat valet. Il saluait militairement les officiers, portait leur valise (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 379).
Âme de valet. Esprit servile, bas. (Dict. xixeet xxes.).
β) Personne méprisée. La situation changeait, l'instituteur n'était plus le pauvre hère, le valet mal payé, méprisé des paysans, devant le curé mieux renté, engraissé par son casuel (Zola, Vérité, 1902, p. 275).
3. Domestique à gages, ouvrier agricole, aide chargé d'effectuer certains travaux. Valet d'auberge, d'abattoir.
Valet de chaudière (vx). Domestique chargé de faire la vaisselle. (Dict. xixes.).
Valet de cuisine. Aide cuisinier. Synon. marmiton.Car j'entendais un jour, en passant dans un couloir près d'une cuisine, un gâte-sauce qui proclamait avec des gestes emphatiques: « La culbute finale, tous, il faudra qu'ils y passent, oui, tous! Le Roi comme les autres! » Et j'ai approuvé qu'au bout de ma philosophie je trouve un valet de cuisine (Montherl., Reine morte, 1942, iii, 4, p. 212).
Valet d'écurie. Domestique chargé du soin des chevaux. Synon. palefrenier.Espèce de démon domestique, sa joie était de maltraiter chiens, marmitons, valets d'écurie, et jusqu'aux lingères de l'hôtel, car il affichait pour les femmes le mépris dû à leur pusillanimité et à leur faiblesse (Bourges, Crépusc. dieux, 1884, p. 46).
[Dans une exploitation agricole]
Valet de charrue. Aide qui est chargé de l'entretien de la charrue et de l'attelage. Une fiction optimiste mettait sur un pied d'égale indépendance le valet de charrue du dernier hameau de la Lozère et le riche fournisseur aux armées de la Chaussée d'Antin (J.-R. Bloch, Dest. du S., 1931, p. 117).
Valet de cour. Domestique chargé du soin de la basse-cour. [Bénédict à Louise:] − (...) qu'ils se fassent valets de cour ou valets de basse-cour (Sand, Valentine, 1832, p. 140).
Valet de ferme. Ouvrier agricole. Jean Destreux, le valet de ferme qui fut écrasé chez nous en tombant du haut d'un chariot de blé (Lorrain, Phocas, 1901, p. 294).
Maître valet. Celui qui dans une ferme a autorité sur les autres valets. (Dict. xixeet xxes.).
CHASSE. Valet de limier(s). Aide qui fait le bois avec le limier et s'occupe de la répartition des relais. L'expérience et la sagacité des vieux traqueurs de sangliers et des valets de limier (Vidron, Chasse, 1945, p. 103).Valet de chiens (courants). V. chien1I B synt. e.
[Dans une fonction de service publ.]
Valet de bourreau. V. bourreau I A.Expr., vieilli. Cruel, insolent comme un valet de bourreau. D'une cruauté impitoyable, d'une insolence odieuse (ibid.).
Valet de ville, de place. Commis affecté au service des voyageurs d'une ville. Le fonctionnaire public, depuis le chef suprême de l'État jusqu'au dernier valet de ville est le mandataire de la nation (Proudhon, Révol. soc., 1852, p. 167).
B. − [Désigne une chose] Appareil, dispositif, objet destiné à faciliter un travail, à maintenir, à supporter quelque chose.
Valet à débotter (vx). Tire-bottes. (Dict. xixeet xxes.).
Valet de nuit. Large cintre monté sur pieds permettant de disposer les différentes pièces d'un costume d'homme. (Dict. xxes.).
CHIM. ,,Lamelle porte-objet sur la platine du microscope`` (Duval 1959). Support qui sert à donner une assise à un tube, à un ballon. (Dict. xxes.).
HORLOG. Pièce de la quadrature d'une montre ou d'une pendule à répétition. (Dict. xixeet xxes.).
MENUIS. Pièce de fer coudée à angle aigu qui sert à maintenir une pièce de bois sur l'établi. Le fût doit toujours être fait avec du bois sec, et d'une contexture très-ferme. Le layetier veut-il se servir de ces deux outils, il arrête sur l'établi le bois au moyen du valet, et le bout de la pièce contre le crochet (Nosban, Manuel menuisier, t. 2, 1857, p. 198).
MOBILIER Valet de miroir. ,,Morceau de bois ou de métal qui, placé derrière les miroirs de toilette, les soutient d'aplomb`` (Havard 1890). Valet de siège. ,,Armature en fer se repliant sur elle-même, qu'on adaptait aux sièges dits de commodités, et sur laquelle on pouvait disposer un pupitre ou une petite table`` (Havard 1890).
PÊCHE. Perche de bois munie de deux crochets permettant de maintenir un filet de pêche tendu et ouvert. (Dict. xixeet xxes.).
SERR., vx. Contrepoids qui permet à une porte de se refermer d'elle-même. Un contre-poids qui, disposé mécaniquement derrière une porte, monte lorsqu'on ouvre cette porte et puis redescend de lui-même pour faire qu'elle se referme sans qu'on y touche, est un valet (Jossier1881).
TISS. Arrêt d'appui à ressort qui dans les métiers à tisser à bras sert à maintenir le rouleau en place lorsqu'il a effectué un quart-de-tour. (Dict. xixeet xxes.).
Prononc. et Orth.: [valε]. Homon. formes de valoir (valais...). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. « Garçon, jeune homme issu de maison noble, non encore armé chevalier, qui accomplit divers services » a) ca 1140 domaine de la chasse (Geffroi Gaimar, Estoire des Engleis, éd. A. Bell, 6361); 1155 (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 14207: Garçons apela e vadlez, Levriers fist mener e brachez [...], Unc cerf ne bisse ne troverent); b) 1160-74 service des armes (Id., Rou, éd. A. J. Holden, III, 3600: Od Willeaume fu Gui norriz Des que il fu vadlez petiz; [...] E quant il l'out fait chevalier [...]; III, 8758); ca 1170 (Chrétien de Troyes, Erec, éd. M. Roques, 1964: Comanda [li rois Artus] .C. vaslez baignier, Que toz les vialt chevaliers faire; 4257); c) ca 1170 services domestiques (Id., ibid., 3120: O lui un escuier venoient dui vaslet Qui portoient et pain et vin Et cinc fromages de gaïn; 4236); d) 1611 « carte à jouer sur laquelle est représentée la figure d'un jeune écuyer » valet de Picques (Cotgr.); 2. 1155 « enfant mâle, issu de maison noble » (Wace, Brut, 1403: Guendoliene rout enfant Un vallet, meïsme cel an, Sil firent apeler Madan); 1160-74 (Id., Rou, III, 1047); ca 1170 (Rois, I, XVII, 33, éd. E. R. Curtius, p. 34: Respundi Saül [à David] Ne te poz pas a lui cupler, kar tu es vadlez e il [Goliath] est un merveillus bers de sa bachelerie); 3. 1260 « aide du maître, du patron; apprenti » (Étienne Boileau, Métiers, éd. R. de Lespinasse et Fr. Bonnardot, I, I, 44: vallès ou aidans a Talemelier; nombreux ex., index, p. 395a); 4. « serviteur, domestique » [cf. A 1 c duquel il est délicat de le dissocier, cf. 1615, Pasquier, Rech., VIII, 3 ds Hug.: valet ancienement s'adaptoit fort souvent à titre d'honneur près des rois [...] Maintenant [...] il se donne à ceux qui entre nos serviteurs sont de moindre condition, et quasi par contemnement et mespris] 1174-76 (Guernes de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 3978; 4683: vaslet a pié); mil. xves. péj. faire les bons varletz « se montrer bassement complaisant » (Journal d'un bourgeois de Paris, éd. A. Tuetey, p. 28); 1658 votre valet formule d'adieu (Loret, Muse hist. ds Livet Molière); spéc. a) 1306 un vallet de sa chambre [du roi] (Joinville, St Louis, éd. N. L. Corbett,603, p. 209); 1372 varlés de chambre (D. Foulechat, trad. du Policrat. de J. de Salisb., Bibl. nat. fr. 24287, fol. 90a ds Gdf. Compl.); b) 1377 varlet de chiens (Gace de La Buigne, Deduis, éd. Åke Blomquist, 8009-8010); c) 1549 varlet de cuisine (Est.). B. Élément destiné à rendre un service, à faciliter un travail 1. a) 1539 varlet d'huis « contrepoids refermant une porte » (Est. d'apr. FEW t. 14, p. 200b); 1549 (Est.); b) 1752 valet « barre servant à bloquer le battant d'une porte » (Trév.); 2. 1589 vallet [de miroir] (Inventaire de Cath. de Médicis ds Havard t. 4, col. 1503); 3. 1622 menuis. vallet (E. Binet, Merv. de nat., p. 445 ds Gdf. Compl.); 4. 1723 mégiss. (Savary d'apr. FEW, loc. cit.; éd. 1741, t. 3, col. 536); 5. 1765 horlog. valet ou sautoir (Encyclop. t. 16, p. 817b). D'un b. lat. *vassĕllĭtus ou *vassŭlĭtus dér. de vassus (v. vassal) à l'aide du suff. -ĭttu (-et*) précédé respectivement des suff. -ĕllu (-eau*) ou -ŭlu (v. -ule). Pour les sens du mot en a. fr. et ses nuances par rapport aux synon. bachelier*, jouvenceau*, damoiseau*, meschin (v. mesquin), voir A. Stefenelli, Der Synonymenreichtum der altfranzösischen Dichtersprache, pp. 68-74; v. aussi garçon. À rapprocher de B 3, l'a. prov. varlet « valet d'établi d'un menuisier » (1473 ds Pansier t. 3). Fréq. abs. littér.: 2 895. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 4 883, b) 6 406; xxes.: a) 3 364, b) 2 688.
DÉR. 1.
Valetage, subst. masc.a) Vx. Office de valet. (Dict. xixeet xxes.). b) Au fig., péj. Conduite servile, basse courtisanerie. Au plur. Actes de servilité. Ceux qui ont de l'esprit ont mille bons contes à faire sur les sottises et les valetages dont ils ont été témoins (Chamfort, Max. et pens., 1794, p. 37). [valta:ʒ]. Att. ds Ac. 1798-1878. 1resattest. a) 1401 a. wall. varletaige « droit qu'un ouvrier compagnon payait à ses compagnons de métier » (doc. Arch. Mons ds Gdf.), seulement en m. fr., ibid., b) 1680 « service de valet » (Rich.); de valet, suff. -age*.
2.
Valeter, verbe intrans.,péj., vieilli. Avoir une assiduité servile auprès de quelqu'un pour obtenir quelque chose. Léon Bloy comprit alors que toute démarche serait inutile, qu'on le lâchait simplement et ignoblement parce qu'on avait le besoin de valeter ou de putasser au Figaro, et que son amitié devenait compromettante (Bloy, Journal, 1893, p. 93).[Dans une tournure factitive] Faire valeter qqn. ,,Abuser de la complaisance de quelqu'un pour lui faire faire des courses, des démarches nombreuses`` (Ac. 1935). [valte], (il) valette [-lεt]. Att. ds Ac. dep. 1694. 1resattest. a) 1537 trans. « asservir » (Cl. Marot, Ep. de Frippelippes, 74 ds Œuvres, éd. C. A. Mayer, t. 2, p. 99), b) 1557 intrans. « agir en valet » (Fontaine, Epigr., p. 97 ds Hug.); de valet, dés. -er.
BBG.Nicholson (G. G.). Ét. étymol. R. Ling. rom. 1929, t. 5, pp. 50-58. − Quem. DDL t. 11 (s.v. valeter). − Sculpt. 1978, p. 11.

Wiktionnaire

Nom commun

valet \va.lɛ\ masculin

  1. (Sens propre) (Histoire) Jeune écuyer au service d’un seigneur.
  2. Dénomination des domestiques et serviteurs qui tenaient certains offices dans la maison (du roi et dans celles des princes, des nobles...) dans une ferme ou dans la société civile dont seules quelques dénominations sont encore en usage. (voir dérivés fonctions)
    • Aussi, à peine le comte Karl eut-il mis pied à terre, qu’une troupe de valets et de serviteurs se présenta pour s’emparer de son cheval et le conduire dans les écuries. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
    • Là on l’avait fait attendre longtemps, jusqu’à ce que le valet de pied en livrée eût daigné l’annoncer pour la deuxième fois. — (Fédor Mikhaïlovitch Dostoïevski, trad. J.-Wladimir Bienstock, La Logeuse, 1847)
  3. (Cartes à jouer) Carte sur laquelle est peinte la figure d’un page ou valet, et qui existe dans chacune des quatre couleurs d’un jeu.
    • Valet de cœur, de carreau, de pique, de trèfle.
  4. (Technique) (Par extension) Désigne certains outils, accessoires ou organes mécaniques qui font la fonction d'un serviteur ou d'une aide.
    1. (Menuiserie) Instrument de fer coudé qui sert à immobiliser sur l'établi la pièce de bois que l’on travaille.
      • Toute la bile que j’amassais depuis une heure me sauta à la figure… J’agrippe le valet de l’établi et je cogne… — (Alphonse Daudet, Le Prussien de Bélisaire, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, collection Le Livre de Poche, 1974, page 69.)
    2. (Chimie) Anneau de bois ou de paille tressée qui permet de déposer en équilibre un vase à fond bombé.
    3. (Vieilli) Contrepoids placé derrière une porte pour la faire se fermer seule.
    4. (Vieilli) Petit support, appui, derrière un miroir portatif.
    5. (Vieilli) (Militaire) Peloton de fil caret qui retenait la charge dans le canon.
  5. (Par analogie) (Péjoratif) Désigne quelqu’un de servile et dévoué à un homme, à une cause...ou à des avantages pécuniers.
    • Valets des impérialistes.
    • C'est un vrai valet , toujours prêt à gagner quelque monnaie..
  6. (Suisse) Le fils.
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Littré (1872-1877)

VALET (va-lè ; le t ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des va-lè-z adroits ; valets rime avec traits, succès, paix, etc. ; dans quelques provinces on dit vâ-lè ; bien que fondée en raison, puisque l'orthographe primitive est vaslet, cette prononciation n'est pas admise par le bon usage) s. m.
  • 1Celui qui est en service auprès d'une personne. Valet d'écurie. Valet d'étable. Valet de louage. Je te conjure, esprit muet, de me confesser si tu es valet, et, si tu es valet, par quelle vertu admirable tu ne m'as pas dit jusqu'à cette heure du mal de ton maître, Scarron, Rom. com. I, 15. L'on va, l'on vient, les valets font cent tours, La Fontaine, Fabl. IV, 21. Voilà comme un valet pour nous montre du zèle ! Molière, Amph. II, 1. Vous dirai - je encor plus ? soit faiblesse ou raison, Je suis las de me voir le soir en ma maison, Seul avec des valets souvent voleurs et traîtres, Et toujours, à coup sûr, ennemis de leurs maîtres, Boileau, Sat. x. Valet souple au logis, fier huissier à l'église, Boileau, Lutr. IV. Riches atours, tables, nombreux valets, Font aujourd'hui les trois quarts du mérite, Deshoulières, Ballade, t. I, p. 47. Il [Mahomet] avait été facteur, ou, si l'on veut, valet d'une marchande de chameaux, Voltaire, Philos. Déf. Bolingbr. 31. Aux vertus qu'on exige dans un domestique, Votre Excellence connaît-elle beaucoup de maîtres qui fussent dignes d'être valets ? Beaumarchais, Barb. de Sév. I, 2. Le comte : Les domestiques ici… sont plus longs à s'habiller que les maîtres. - Figaro : C'est qu'ils n'ont point de valets pour les y aider, Beaumarchais, Mar. de Figaro, III, 5.

    Fig. Oh ! que, si je vivais sous les règnes sinistres De ces rois nés valets de leurs propres ministres, Et qui, jamais en main ne prenant le timon, Aux exploits de leur temps ne prêtaient que leur nom, Boileau, Épître VIII.

    Valet à tout faire, valet propre à tout genre de service.

    Fig. Tessé, valet à tout faire de Chamillart, tant qu'il fut en faveur, Saint-Simon, 183, 2.

    Je suis votre valet, je vous salue ; locution vieillie. Ariste : Je suis votre valet - Sganarelle : Je ne suis point le vôtre, Molière, Éc. des mar. I, 3.

    Fig. et ironiquement. Je suis votre valet, se dit à quelqu'un quand on ne veut pas faire ce qu'il désire, croire ce qu'il dit. Ariste : Hé ! laissez-les, mon frère, aller se divertir. - Sganarelle : Je suis votre valet, mon frère, Molière, Éc. des mar. I, 2. Je suis votre valet, seigneur capitaine ; je n'en ferai rien, je vous jure, Lesage, Guzm. d'Alf. III, 10.

    Elliptiquement. Votre valet, pour je suis votre valet. Votre valet, Bazile ; il vaut mieux qu'elle [Rosine] pleure de m'avoir, que moi je meure de ne l'avoir pas, Beaumarchais, Barb. de Sév. IV, 1.

    Fig. Il fait le bon valet, il est flatteur et complaisant, pour se faire préférer aux autres. Enfin Sergius obtint d'Honorius ce décret qui fut porté au 6e concile en faisant, dites-vous, le bon valet auprès de ce pape, Pascal, Prov. XVIII. Le premier président fit le bon valet avec sa souplesse et sa fausseté accoutumées, Saint-Simon, 69, 183.

    Fig. Disposé à rendre service (vieux en ce sens). Bien qu'il m'eût fait entendre Qu'il était mon valet à vendre et à dépendre, Régnier, Sat. VIII.

  • 2Valet a pris un sens qui a quelque chose de défavorable ; aussi ne dit-on guère que domestique ou serviteur, excepté dans les emplois suivants qui sont consacrés. Valet de ferme. Valet de charrue.

    Valet de pied, homme de livrée qui suit à pied les souverains, les princes, les ambassadeurs dans les cérémonies. Les grands valets de pied. Les petits valets de pied. Que les valets de pied sont fort sujets aux crottes, Régnier, Sat. x. Seul de tous les ambassadeurs qui étaient à Venise, il ôta l'épée à ses pages, et la canne à ses valets de pied, Rousseau, Confess. VII.

    Fig. Que maudit soit le jour où j'eus la fantaisie D'être valet de pied de la philosophie ! Regnard, Démocr. I, 1.

    Valet de chambre, celui qui est attaché particulièrement au service de la personne du maître. Il [le duc du Maine] a M. Fagon avec lui, M. Le Ragois qui est son précepteur, un aumônier, six valets de chambre, Maintenon, Lett. à M. d'Aubigné, 12 juin 1677. Il avait un vieux valet de chambre nommé Termes, hardi voleur et menteur encore plus effronté, Hamilton, Gram. 7. Tout est précieux du siècle de Louis XIV, jusqu'aux bêtises du valet de chambre Laporte, Voltaire, Lett. Richelieu, 20 avr. 1770.

    Il n'y a point de héros pour le valet de chambre, voy. HÉROS.

    Maître valet, celui qui, dans une terre ou dans une ferme, a autorité sur les autres domestiques.

    Valet de place, celui qui, dans les villes, se met temporairement au service des voyageurs, des étrangers.

    Valet à louer, domestique qui n'a plus de maître.

    Fig. Valet à louer, homme qui a perdu son emploi et qui en cherche un autre.

    Valet de comédie, valet adroit et propre à l'intrigue qu'on voit figurer dans beaucoup de comédies. Tenir l'emploi des valets. Jouer les valets. Belrose : Tous les emplois sont nuls, hors celui des valets. - Granville : Que tu tiens ? - Belrose : J'ose dire avec quelque succès, Delavigne, les Coméd. I, 5.

    Terme de marine. Maître valet, distributeur des vivres à bord des vaisseaux.

    Dans la métallurgie. Valet, ouvrier d'une forge catalane, dont l'office est d'aider les autres.

  • 3Dénomination attribuée à certains offices inférieurs dans la maison des souverains, des princes et dans les grandes maisons. Valet de garde-robe.

    Valets de chiens, gens que l'on charge de nourrir les chiens, de les exercer, etc. Crispin : J'en suis à regretter le temps où j'étais valet de chiens chez un gentilhomme de campagne. - Labranche : Tu n'es pas dégoûté : valet de chiens ! peste, la jolie condition ! tu avais le privilége de battre tes maîtres et de dîner avant eux, Delavigne, Cons. rapport. III, 1.

    Valet de limier, celui qui va détourner.

  • 4Valet de bourreau, celui qui aide le bourreau dans son office.
  • 5En un sens défavorable, et en ne tenant compte que des défauts attribués aux valets. Loin de la canaille des valets, les derniers des hommes après leurs maîtres, Rousseau, Ém. II. Bien qu'eux et moi fussions ses domestiques, il ne s'en suit point que nous fussions ses valets, Rousseau, Lett. à M. de Chauvel. Corresp. t. VI, p. 351, dans POUGENS.

    Âme de valet, âme basse.

    Se conduire en valet, faire le plat valet, le bas valet, avoir des habitudes, des complaisances serviles.

    Fig. Homme servile, sans indépendance. La pourpre ne l'empêcha pas de demeurer valet sous Richelieu, Retz, Mém. t. I, liv. II, p. 133, dans POUGENS. Le maréchal de Noailles, le plus valet de tous les hommes, Saint-Simon, 196, 119. Le Français fait la révérence, et sert ou veut servir ; il mourra s'il ne sert ; vous êtes non le plus esclave, mais le plus valet de tous les peuples, Courier, Pamphl. des phamphl.

  • 6 Terme de jeu de cartes. Les cartes sur lesquelles est peinte la figure d'un valet. Valet de cœur. Valet de carreau. Valet de pique. Valet de trèfle. Ce nom [Richard] n'étant point fait du tout à la propice D'un valet de joueur, je me suis de nouveau Donné celui d'Hector, du valet de carreau, Regnard, le Joueur. III, 4. Eh ! mon ami, c'est un maudit valet de cœur qui m'a enlevé ma belle jument, Al. Duval, Trente et quar. sc. 10.

    Insolent comme un valet de trèfle, voy. TRÈFLE.

    Fig. et familièrement. Valet de carreau, homme qui ne mérite point de considération. On le reçut comme un valet de carreau. Et Marinette aussi d'un dédaigneux museau Lâchant un laissez-moi, beau valet de carreau, Molière, Dép. amour. IV, 2.

    Valet de carreau est devenu un terme d'injure, sans doute parce que, dans les anciens jeux de cartes du commencement du XVIIe siècle, ce valet porte la qualité de valet de chasse, tandis que le valet de pique est dit valet de noblesse, le valet de cœur, valet de cour, et le valet de trèfle, valet de pied, Bibl. des ch. 6e série, t. II, p. 20.

  • 7Contrepoids qui, pendant derrière une porte, fait qu'elle se referme sans qu'on y touche.

    Barre de fer qui sert d'appui au battant d'une porte

  • 8Valet de miroir, morceau de bois attaché derrière un miroir de toilette pour le soutenir sur une table.
  • 9 Terme de serrurier. Petit morceau de fer mouvant monté dans un cramponnet sur la platine d'une targette, dont le bout entre dans une entaille faite au verrou lorsqu'il est fermé.
  • 10Instrument de fer, qui sert à fixer le bois sur l'établi d'un menuisier. Puis il scie une planche et en met une pièce sous le valet pour la polir, Rousseau, Ém. v.
  • 11Pièce de la cadrature d'une montre ou d'une pendule à répétition.
  • 12 Terme de manége. Espèce de poinçon, d'aiguillon, ou de petit fer émoussé, placé au bout d'un bâton, employé pour exciter un cheval sauteur.

    Terme de pêche. Morceau de bois ayant un crochet à chacun de ses bouts ; on l'emploie pour tenir un filet tendu.

  • 13Valet de chaise, morceau de fer carré, dans les bras d'un fauteuil, qu'on en tire pour poser une table dessus.
  • 14Valet à débotter, planche où l'on appuie le talon pour se débotter sans secours : on dit aujourd'hui tire-botte.
  • 15Anciennement, valet d'ingénieur à feu, valet pyrobolique, cylindre de bois chargé de poudre et percé en plusieurs endroits, où l'on met des balles, des pétards.
  • 16Valet de caïman, espèce de crabier (Saint-Domingue).

PROVERBES

N'est pas valet qui se sert, se dit quand, dans une maison, dans un repas où il n'y a pas de domestique, chacun se sert soi-même.

Tel maître, tel valet, les valets prennent les habitudes de leurs maîtres.

Les bons maîtres font les bons valets, en traitant bien ses domestiques, on s'en fait bien servir.

Il est comme le valet du diable, il fait plus qu'on ne lui commande, se dit d'un homme qui, par zèle ou par tout autre motif, fait plus qu'on ne lui dit. Je vous conjure de ne vous point pénétrer de déplaisir, et, pour m'expliquer plus élégamment, de n'être pas le valet du diable, Maintenon, Lett. au D. de Noailles, 7 mars 1711.

SYNONYME

VALET, LAQUAIS. Le mot de valet a un sens général qu'on applique à tous ceux qui servent. Celui de laquais a un sens particulier qui ne convient qu'à une sorte de domestique : il indique plutôt un homme de suite qu'un homme de service, GIRARD.

HISTORIQUE

XIIe s. Et Liganors, uns vaslez [jeune guerrier] surcuidés [outrecuidant], Ronc. p. 65. Je sui vaslez, vous estes chevalier, ib. p. 187. Guiteclins de Sassoigne, quant ce vint à son tans, De sa premiere fame ot deus vaslez enfans, Sax. v. Respundi Saül [à David] : ne te poz à lui cupier, kar tu es vadlez, e il [Goliath] est un merveillus bers de sa bachelerie, Rois, p. 65. Tele vie mena li sainz huem e suffri, N'a nul humme suz ciel nel mustra ne gehi [avoua], Fors à Brun sun vaslet, si cum dire l'oï, Qui ses haires lava et de ço le servi, Th. le mart. 103. Le brief à l'apostolie [il] baille [à] un vaslet à pié, ib. 124.

XIIIe s. Ensi furent li message envoié en Alemaigne au roi Phelippe, avoec le vallet [le jeune prince] de Constantinoble, Villehardouin, XLIII. C'est bien drois que chetis se claime Valez, quant il pert ce qu'il aime, la Rose, 8306. Valez cortois et debonnaire, Qui vuet à ce metre sa cure, Gart que du tout ne s'aseüre En sa biauté, ne en sa forme, ib. 8350. Valès [garçon] fu nés de la [rine] paiene, Et mescine [fille] ot la crestiene, Fl. et Bl. 169. Après ce m'envoia querre par un vallet de sa chambre, Joinville, 281. Raoul, vallet à servir, De Laborde, Émaux, p. 533.

XIVe s. Pour ce dit on, je l'ay oy dire pieça : Cilz qui n'a point d'argent, point de vallet si n'a, Guesclin. 12960. Quant varlet presche à table et cheval paist en gué, Il est temps qu'on l'en oste, que assez y a esté, Ménagier, II, 3. À maistre Guillaume Brisetout, verrier, et, depuis que fu parti, à ses vallés, pour verrer une des formes de la croisée, De Laborde, Émaux, p. 533. Se aucun apprentis [d'orfévre] se rachepte de son maistre, il ne pourra tenir ne lever forge, se il n'a servi son maistre, ou autre, de ramenant de huit ans comme apprentis ou comme vallet servant, gaaignant argent, De Laborde, ib.

XVe s. Valet à prince, per à baron, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 103. Ilz estoient les varlès au diable : ilz faisoient plus que commandement, Chron. normande, ch. 49, Viriville. Ne suis en volenté encore de me contenter de Charles [qui fut depuis Charles le téméraire], mais luy monstreray que je suis son pere, et que je le pourrai bien faire un petit vallet, Chastelain, Chronique, IV, 47. Aux varlets de Johanne d'Eyck, Jean van Eyck paintre, pour don par monseigneur à eulx fait, quand mondit seigneur a esté en son hostel veoir certain ouvraige faict par ledit Johannes, De Laborde, Émaux, p. 533. Je congnois le maistre au valet, Villon, Ball. Jacquemart print le baston de sa faulx, appellé le varlet, Du Cange, valeti.

XVIe s. Un bon valet dit à son maistre : après servir convient repaistre, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 164. Par la richesse on satisfaict le service d'un valet, la diligence d'un courrier…, Montaigne, II, 64. Pour mieux façonner un valet de chien, on le doit prendre le plus jeune que l'on peut, comme de dix à douze ans, Charles IX, Chasse roy. XIX. Valet anciennement s'adaptoit fort souvent à titre d'honneur près des roys ; car non seulement on disoit valets de chambre ou garde robe, mais aussi valets trenchants et d'escurie ; et maintenant le mot de valet se donne dans nos familles à ceux qui entre nos serviteurs sont de moindre condition, Pasquier, Rech. VIII, p. 663, dans LACURNE. Vous vintes faire le bon valet à cette dame [la saluer], Sully, Mém. t. III, p. 19. Cheval fait et valet à faire, Cotgrave De grand maistre hardi valet, Cotgrave Nous souffrons peines telles, Soustenans des plus grands les injustes querelles, Valets de tyrannie, D'Aubigné, Tragiques, éd. LALANNE, p. 96.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. VALET. Ajoutez :
17Dans le moyen âge et parmi les corporations ouvrières, nom de l'apprenti qui devenait ouvrier. Après la rude épreuve de l'apprentissage, l'apprenti devenait valet ; à partir de ce moment, il était émancipé, Octave Noël, Journ. offic. 6 mars 1877, p. 1718, 2e col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

VALET, s. m. (Lang. franç.) le terme de valet a été autrefois un titre honorable. Les fils des empereurs étoient appellés varlets ou valets ; Villehardouin s’en sert en plusieurs endroits de son histoire de Constantinople. Fauchet & Pasquier nous apprennent, que les écuyers tranchans étoient appellés varlets. Duchène dans l’histoire de la maison de Richelieu, rapporte un titre de l’an 1201. dans lequel Guillaume Duplessis se qualifie de valet, qui signifie, dit l’historien, écuyer ou damoisel ; & il ajoute cette particularité, que les nobles qui s’intituloient valets, donnoient à connoître par-là, qu’étant issus de chevaliers, ils prétendoient à l’ordre de chevalerie obtenu par leurs peres. Il cite ensuite plusieurs titres anciens, où un particulier qualifié valet, se dit fils d’un chevalier. Gasse, ancien poëte, parlant du jeune Richard, duc de Normandie, dit :

Ni ere mie chevalier, encor ere valeton,
N’avoir encor envis ne barbe, ne guernon, &c.

Le valet au jeu de cartes, signifie le fils du roi & de la reine. Voyez M. du Cange sur Villehardouin, pag. 162. (D. J.)

Valet, Laquais, (Synon.) le mot de valet a un sens général, qu’on applique à tous ceux qui servent. Celui de laquais a un sens particulier, qui ne convient qu’à une sorte de domestiques. Le premier désigne proprement une personne de service ; & le second un homme de suite. L’un emporte une idée d’utilité, l’autre une idée d’ostentation. Voilà pourquoi il est plus honorable d’avoir un laquais que d’avoir un valet, & qu’on dit que le laquais ne déroge point à sa noblesse, au lieu que le valet-de-chambre y déroge, quoique la qualité & l’office de celui-ci soient au-dessus de l’autre.

Les princes & les gens de basse condition n’ont point de laquais ; mais les premiers ont des valets de pié, qui en font la fonction & qui en portoient même autrefois le nom ; & les seconds ont des valets de labeur.

Le mot laquais est moderne, & veut dire un homme servant à pié ; le mot valet est ancien, & se donna d’abord à des officiers honorables, comme valets tranchans, valets échansons : les écuyers portoient ce nom. Voyez-en l’article. (D. J.)

Valets d’artillerie, (Art milit.) ce sont des garçons qui servent les canonniers, chargent le canon, y mettent le feu, le nettoyent, & apportent aux canonniers tout ce qui leur est nécessaire.

Valet, s. m. terme de Marine, peloton fait de fil de carret sur le calibre des canons, pour bourrer la poudre quand on les charge. (D. J.)

Valet, terme de Maréchal, voyez Poinçon. Valet d’écurie, est celui qui a soin de panser, de nourrir & d’accommoder les chevaux.

Valets de chiens, terme de Venerie, ce sont ceux qui ont soin des chiens.

Valets de limiers, ce sont ceux qui vont au bois pour détourner les bêtes avec leurs limiers, & qui doivent en avoir soin & les dresser.

Valets de levriers, ce sont ceux qui ont le soin des levriers, qui les tiennent & les lâchent à la course.

Valet ou Varlet, s. m. (Outil d’ouvriers.) il y a plusieurs ouvriers qui se servent d’outils & d’instrumens qui ont ce nom, quoiqu’ils ne se ressemblent point. Ils sont tous néanmoins appellés de cette sorte, parce qu’ils tiennent lieu de valets ou serviteurs, pour tenir les ouvrages fermes, & dans la situation qui convient pour y travailler. (D. J.)

Valet, s. m. terme d’Artificier ; c’est un cylindre de bois solide, chargé de poudre & percé en plusieurs endroits, où l’on met des pétards. (D. J.)

Valet, terme de Corroyeur ; c’est ainsi qu’on appelle un instrument de fer avec lequel on attache le cuir sur la table, quand on veut l’étirer ou lui donner quelqu’autre façon. Voyez Corroyer, & la fig. Planche du Corroyeur.

Valet, en terme de Doreur, est un morceau de fer courbé à un bout presqu’en maniere d’S, dont on se sert pour contenir l’ouvrage sur l’établi. Voyez Établi ; voyez la figure & ces outils en particulier, Pl. du Menuisier.

Valet ou Sautoir, terme d’Horlogerie ; c’est une petite piece d’acier, qui dans la quadrature d’une montre ou pendule à répétition, contient l’étoile & par conséquent le limaçon des heures dans une situation fixe. Cette piece est mobile sur une tige qui entre dans un canon, situé vers son extrémité E. Elle porte deux talus formant entr’eux un angle que le petit ressort pousse toujours entre les rayons de l’étoile. Voyez E t a, fig. & Pl. de l’Horlogerie.

Effet du valet. Lorsque par l’action du rouage le bouton S de la surprise qui fait son tour en une heure, rencontre un des rayons de l’étoile, il la fait tourner, & la pointe S bande le petit ressort k, au moyen du talus t. Cette pointe en tournant toujours, parvient enfin au-delà de l’angle formé par les deux talus ; pour lors le valet agissant avec toute la force qui lui est communiquée par le ressort, pousse la pointe par l’autre talus u, jusqu’à ce que les rayons 5 & 6 de l’étoile, se trouvent dans la situation où étoient avant les rayons 6 & 7 ; il en est de même des autres rayons de l’étoile. Voyez Etoile, Quadrature, Répétition, &c.

Valet, s. m. terme de Manege, bâton qui à l’un de ses bouts a une pointe de fer émoussée ; on s’en sert pour aider & pincer un cheval sauteur. (D. J.)

Valet, (Outil de Menuisier.) c’est une forte piece de fer, ronde, de plus d’un pouce de diametre, & en tout à-peu-près de trois piés de longueur. Cette piece est pliée par un bout en forme d’équerre, non pas à angles droits, mais un peu aigus. (D. J.)

Valet, les Miroitiers appellent ainsi ce morceau de bois qui est attaché derriere un miroir de toilette, & qui sert à le soutenir quand on le pose sur la table.

Valet, (Serrur.) barre de fer qui sert à appuyer le battant d’une porte. Quand une porte a deux battans, il faut que l’un d’eux soit assuré par un valet, si l’on veut qu’elle ferme bien. (D. J.)

Valet, (Soierie.) espece de liteau, garni d’une cheville pour arrêter le battant en arriere quand on broche, & faciliter le passage des espolins. Il y a encore le valet de l’arbalete du battant ; c’est un morceau de bois servant à tordre la corde qui forme l’arbalete ; & le valet de derriere qui sert à soutenir le poids, ou la bascule qui tient la chaine tendue.

Valet a patin, (Instrument de Chirurgie) pincettes dont le bec alongé ressemble à celui d’une cane, qui servoient aux anciens pour faire la ligature des vaisseaux après l’amputation.

Cet instrument est composé principalement de deux branches ; l’une mâle & l’autre femelle. On peut diviser chaque branche en trois parties, qui sont le corps, l’extrémité antérieure & la postérieure.

Le corps de la branche mâle a en-dedans une avance plate, arrondie dans son contour, de quatre lignes de saillie, large d’un demi-pouce, & épaisse d’une ligne & demie. Cette éminence est percée dans son milieu, & on remarque à chaque côté de sa base, une échancrure sémi-lunaire ou ceintrée, creusée sur le ventre de la branche.

Le corps de la branche femelle porte intérieurement deux avances, dont les dimensions sont les mêmes que celles de la branche mâle ; elles sont percées dans leur milieu ; elles font sur les côtés & laissent entre elles une cavité ou mortaise, qui reçoit l’avance de la branche mâle, pour composer une charniere. La jonction des deux pieces est fixée par un clou rivé sur les éminences de la branche femelle.

L’extrémité antérieure de l’instrument, est la continuation des branches ; elles se jettent légérement en-dehors de la longueur d’un pouce quatre lignes, puis formant un coude très-mousse, elles diminuent considérablement d’épaisseur pour former le bec, qui a près d’un pouce de long, & qui est garni intérieurement de petites rainures & éminences transversales, qui se reçoivent mutuellement. V. la fig. 4. Pl. XVII.

L’extrémité postérieure est la continuation des branches qui se jettent beaucoup en-dehors ; ces branches diminuent d’épaisseur & augmentent en largeur, depuis le corps jusqu’à l’extrémité, afin de présenter une surface plus étendue, & d’être empoignée avec plus d’aisance : l’extrémité est un peu recourbée en-dedans.

Enfin il y a un double ressort, formé par un morceau d’acier plié en deux, dont la base est arrêtée par une vis sur la branche femelle, tout auprès de la charniere, & dont l’usage est d’écarter avec force les branches postérieures de l’instrument, pour que le bec pince sans risque de manquer prise.

On recommandoit de saisir avec le valet à patin, l’extrémité du vaisseau qu’on vouloit lier ; de laisser ensuite pendre l’instrument, & de faire la ligature avec le fil & l’aiguille, comme nous l’avons dit à l’article Amputation. Voyez aussi Ligature.

On ne se sert plus de cet instrument, du moins pour le cas en question. J’en ai donné la description, parce que je crois que cette espece de pinces n’est point inutile en Chirurgie. L’avantage qu’elle a sur toutes nos pincettes, c’est qu’au moyen de son ressort, on est dispensé du soin de serrer, & que l’on peut être assuré que ce qui a été bien saisi avec le valet à patin, n’échappera pas. (Y)

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Étymologie de « valet »

Du latin populaire vassellittus, diminutif supposé de la forme vassus, qui serait peut-être aussi à l'origine de vassalus qui donne vaslet en bas français et vassal.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Berry et Basse-Normandie, vâlet, domestique de ferme ; bourguig. vaulô ; wallon, valet, garçon qui n'est pas marié, vârlet, domestique ; génev. terme d'amitié qu'on donne aux petits garçons : viens, mon valet, que je t'embrasse ; provenç. vaslet, vaylet, vallet ; diminutif du bas-lat. vassus, vassal (voy. ce mot). Dans quelques provinces, les bergères disent à leur chien : viens, mon valet.

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Phonétique du mot « valet »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
valet valɛ

Citations contenant le mot « valet »

  • Le prince cueille un fruit et les valets coupent l'arbre. De Proverbe allemand
  • L'égal de tous les hommes ou le valet de tous les princes : choisis. De Jean-Paul Sartre / Le diable et le bon Dieu
  • La différence entre un maître et un valet c'est que s'ils fument tous les deux les mêmes cigares, il n'y en a qu'un qui les paye. De Robert Frost
  • Rarement un valet dit du bien de son maître. Jean-François Collin d'Harleville, Les Châteaux en Espagne
  • Qui se dit mon valet, je me dis son esclave ; Qui se hausse d'un pied, je me hausse de deux. Claude de Trellon, Discours à Monsieur de la Broue
  • On commande au valet et le valet au chat et le chat commande à sa queue. De Proverbe français
  • L’argent est un bon valet et un mauvais maître. De Proverbe anglais
  • Par les airs du valet, on peut juger du maître. De Destouches / Le Glorieux
  • Bonheur gît en médiocrité, Ne veut ni maître ni valet. De Jean Antoine de Baïf / Mimes, enseignements et proverbes
  • Pourquoi punir le valet pour le crime du maître ? De Jacques Attali / La Vie éternelle
  • Le valet du diable fait plus qu’on ne lui demande. De Proverbe français
  • Il existe quelqu'un de pire que le bourreau, c'est son valet. De Mirabeau
  • Il est plus difficile d'être un héros pour son valet que pour son biographe. De John W. Dafoe / Laurier
  • Un gentilhomme anglais est un homme, le matin, habillé comme son valet de chambre ; un gentilhomme français est un homme qui a un valet de chambre habillé comme lui. De Montesquieu / Cahiers
  • Une phrase trop chargée d'adjectifs est comme une armée où chaque soldat serait accompagné de son valet de chambre. De Quintilien
  • Les valets applaudissent toujours aux orgies des maîtres, quand ceux-ci laissent du vin dans les bouteilles. De Claude Tillier / Pamphlets
  • Fiez-vous à tout le monde, et vous aurez bientôt à la maison une bonne femme pour vous tromper, de bons amis pour vous la souffler et de bons valets pour les y aider. De Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais / Le Barbier de Séville
  • Chargeur, télescopique ou valet de ferme : à chaque exploitation, sa solution Web-agri, Chargeur, télescopique ou valet de ferme pour les lecteurs de Web-agri ?
  • Le nouveau « valet du roi » compte deux faits d’armes à son actif. AgoraVox, Le valet du roi élu - AgoraVox le média citoyen
  • De par son âge, la reine Elizabeth II fait partie des personnes particulièrement vulnérables face au Covid-19. Elle s’est donc retranchée dans son château de Windsor, situé à une heure de Buckingham Palace. Bien que la Reine soit désormais en isolement, une inquiétude subsiste sur son état de santé. Et pour cause, plusieurs proches de la monarque ont été diagnostiqués positifs au virus. Le dernier en date : un valet, en contact régulier avec la reine. Celui-ci, en charge de lui apporter ses repas et son courrier, a alors été renvoyé chez lui afin de s’isoler. Pour le moment, la reine Elizabeth II est en bonne santé, a assuré Buckingham. , Un valet de la reine Elizabeth testé positif au coronavirus | lepetitjournal.com

Traductions du mot « valet »

Langue Traduction
Anglais valet
Espagnol ayudante de cámara
Italien valletto
Allemand kammerdiener
Chinois 代客
Arabe خادم
Portugais manobrista
Russe камердинер
Japonais 係員
Basque autoak
Corse valet
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Synonymes de « valet »

Source : synonymes de valet sur lebonsynonyme.fr

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