Trompette : définition de trompette


Trompette : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TROMPETTE, subst.

I. − Subst. fém.
A. −
1. MUS. Instrument à vent de sonorité éclatante et brillante, muni d'une embouchure et formé d'un tube légèrement conique évasé en pavillon; en partic., trompette simple ou trompette de cavalerie, instrument à vent de la famille des cuivres au tube replié sur lui-même et employé dans les sonneries militaires; trompette d'harmonie ou à pistons, instrument d'orchestre constitué par un tube retourné sur lui-même et muni de trois pistons. Alors on vit un spectacle formidable. Toute cette cavalerie, sabres levés, étendards et trompettes au vent (...), descendit, d'un même mouvement (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 396).Les idées et les mots du succès, de la victoire, du triomphe, retentissaient aux oreilles de Joseph comme des trompettes éclatantes, des trompettes d'argent et d'or (Duhamel, Passion J. Pasquier, 1945, p. 142).
Trompette basse. Trompette dont le tube plus long permet des notes graves. La trompette basse en mi ♭, qui date de la fin du XIXes., a été utilisée par Wagner et Stravinski (Mus.1976).Trompette bouchée. Trompette dont le pavillon est muni d'une sourdine. Ces solos de saxophone ou de trompette bouchée dont le jazz d'icil'orgueil du casino de G.est prodigue (Gracq, Beau tén., 1945, p. 38).Trompette de jazz. ,,La trompette de jazz est en fait une trompette ordinaire accordée en si bémol et dotée d'un mécanisme à soupapes et piston`` (A. Buchner, Encyclop. des instruments de mus., 1982, p. 174). Trompette guerrière. Trompette qui donne le signal du combat. Tu entends de toutes parts les trompettes guerrières des Français: Dieu a décidé, la victoire est à nous (Staël, Allemagne, t. 2, 1810, p. 359).
SYNT. Trompette puissante, retentissante, sacrée; trompette d'airain, de cuivre; trompette droite (romaine); trompette d'enfant en fer blanc; trompette chromatique; trompette en ut, en si bémol; appel, cri, éclat de la trompette; sonnerie de trompette; sourdine d'une trompette; jouer de la trompette; souffler dans une trompette.
P. anal., vieilli
Moyen de divulgation. Le Figaro devient la trompette de ce talent (Goncourt, Journal, 1880, p. 75).
Personne qui publie, proclame ou divulgue quelque chose; personne qui colporte les rumeurs. Sous le rapport de la publicité la plus étendue donnée à tous les faits et gestes de ses voisins et voisines, elle resta une trompette incomparable (Gobineau, Nouv. asiat., 1876, p. 178).
2. Loc. et expr.
[P. allus. à la Bible (Josué VI, 4-20)] Trompettes de Jéricho. Trompettes au son desquelles les murailles de Jéricho, assiégée par Josué, s'écroulèrent, livrant la ville aux Hébreux. Pourquoi ne pas faire hardiment comme si les choses étaient restées sur le même pied, comme si les pierres étaient encore debout, et que la trompette de Jéricho n'eût pas sonné? (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 3, 1848, p. 345).
[P. allus. à la tradition biblique et Apoc. VIII-XI] Trompette de l'ange, de l'archange, du Jugement* dernier. Trompette qui convoque les vivants et les morts au Jugement dernier et fixe leur sort pour l'éternité. Oui, monsieur Ubu, on parle, en effet, et la trompette de l'archange qui doit tirer les morts de la cendre et de la poussière finale ne parlerait pas autrement! (Jarry, Ubu, 1895, V, 1, p. 84).Les voix que je reconnaîtrai dans mille ans, quand la trompette de l'ange m'aura tiré de la tombe (Duhamel, Terre promise, 1934, p. 76).
RELIG. JUDAÏQUE, vieilli. Fête des trompettes. Fête célébrée le premier jour du mois de Tishri (septembre-octobre). Le mois de Tishri était resté le début de l'année civile, et le 1erTishri était célébré par la fête des trompettes ou nouvel an (Chauve-Bertrand, Question calendrier, 1920, p. 27).
Loc. fig., vieilli
[P. allus. à la représentation allégorique de la Renommée] La trompette, les cent trompettes de la Renommée. La rumeur publique. L'homme de vraie gloire, c'est celui qu'on connaît et dont on n'a jamais rien lu. Les « trompettes de la Renommée » ne nous ont clamé que son nom (Renard, Journal, 1892, p. 140).
Emboucher, entonner la trompette. Prendre un ton de proclamation lyrique, élevé, parfois emphatique. Je veux me garder d'emboucher la trompette. Ceux de nos lecteurs qui me reprochent d'être aveugle dès qu'il s'agit de de Gaulle, et idolâtre, je les renvoie aux commentaires du monde entier (Mauriac, Nouv. Bloc-Notes, 1959, p. 245).[Trompette est déterminé par un adj.] Emboucher la trompette héroïque, une trompette indignée. Nous avons vu l'orateur emboucher la trompette épique durant une moitié de son récit (Chateaubr., Génie, t. 2, 1803, p. 130).
Sonner de la trompette. Publier quelque chose, se vanter de quelque chose. Du Bellay même prit les devants et sonna le premier de la trompette (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 13, 1867, p. 281).
Loc. adj. En trompette. En forme de pavillon de trompette. Nez en trompette. Nez retroussé. Moi baronne!... Ah! ah! avec mon nez en trompette et mes joues rouges (Pailleron, Étincelle, 1879, 8, p. 37).Queue en trompette. Queue relevée. Un étrange petit animal tout jaune (...) avec (...) une queue en trompette, un vrai panache (Maupass., Contes et nouv., t. 2, Pierrot, 1882, p. 348).
Loc. adv. Sans trompette. Déloger sans trompette. S'esquiver sans bruit, comme une armée décampant sans signal. Les petits de l'alouette se poussant, se culbutant, délogent tous sans trompette (Bern. de St-P., Harm. nat., 1814, p. 58).
Sans tambour ni trompette. Au fig., fam. Sans bruit, secrètement. Que le bonhomme Anthelme s'en aille ainsi tout seul, sans tambour ni trompette, je trouve ça quand même un peu discret (Bernanos, M. Ouine, 1943, p. 1367).Parfois au plur. Je vous aime sans tambours ni trompettes, lui dit-il, je vous aime en traînant les pieds (L. de Vilmorin, Sainte, 1934, p. 173).Rare, loc. adj. Sans éclat. À travers le silence bruissant, ils écoutaient la paix. Une paix sans gloire et sans carillons, sans tambours ni trompettes, qui ressemblait à la mort (Sartre, Mort ds âme, 1949, p. 47).
B. − P. anal.
1. MAR., vieilli. Trompette parlante. Porte-voix. Les trompettes parlantes sont en usage sur mer pour se faire entendre d'un vaisseau à un autre (Ac.1798-1878).
2. MUSIQUE
a) Trompette marine. Instrument monocorde à archet, au son éclatant et cuivré, composé d'une longue caisse triangulaire et d'un manche sur lesquels est tendue la corde maintenue par un chevalet, encore en usage au xviiies. L'unique cordeau des trompettes marines (Apoll., Alcools, 1913, p. 63).
b) Jeu d'orgue ,,de 8 pieds dont le caractère, plutôt que le timbre, rappelle l'instrument d'orchestre`` (Cellier, Orgue mod., 1913, p. 40). Tout à coup une sonnerie lointaine des trompettes de l'orgue comme un appel à toutes ses âmes dispersées (Jouhandeau, M. Godeau, 1926, p. 296).
C. − Spécialement
1. AUTOMOB. ,,Enveloppe du demi-essieu d'une voiture allant du différentiel à la roue`` (Peyroux Techn. Métiers 1985). On prend l'arbre [de roue], on l'introduit dans la trompette, les cannelures entrent dans leur logement dans le planétaire et l'on n'a qu'à visser les boulons de la tête de l'arbre à l'entraînement de la roue (Chapelain, Techn. automob., 1956, p. 194).
2. BOT. Trompette de la mort ou des morts. Champignon comestible noir en forme d'entonnoir. Elle recherchait aussi les champignons: les morilles, les coulemelles, les girolles, les trompettes de la mort qu'on fait sécher et qu'on mange l'hiver (Vialar, Rendez-vous, 1952, p. 181).
3. ZOOL. Mollusque dont la coquille univalve est en spirale et peut servir de trompe. (Dict. xixeet xxes.). Synon. buccin, triton (v. triton1A 2).
D. − Pop., fam., vieilli. Tête, figure. Synon. pop. bobine, trombine, tronche.Tous les employés, sous le prétexte le plus futile, se le renvoyaient de l'un à l'autre [le nouveau commis], dans le but unique de voir la trompette du petit dernier (Avenel, Calicots, 1866, p. 40).
II. − Subst. masc. Personne qui joue de la trompette.
A. − Soldat chargé d'exécuter les sonneries. Le trompette de l'escadron, d'un régiment de cavalerie. Tu seras capitaine, avec une nuée de trompettes courant et sonnant devant toi (Hugo, Légende, t. 3, 1877, p. 390).
Loc. fam., vieilli. Il est bon cheval de trompette. Il ne se laisse ni effrayer, ni intimider. Son air, un air de bon cheval de trompette qui ne craignait pas le bruit (A. Daudet, Tartarin de T., 1872, p. 13).
B. − Musicien jouant dans une fanfare, un orchestre. Synon. trompettiste (infra dér.).Le trompette noir du dancing (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 306).
REM. 1.
Oiseau-trompette, subst. masc.,ornith. Oiseau au cri strident. Synon. agami.Les Agamis ou Oiseaux-Trompettes (...) comptent trois espèces des forêts de Guyane et du bassin de l'Amazone (Zool., t. 4, 1974, p. 519 [Encyclop. de la Pléiade]).
2.
Trompette-major, subst. masc.Chef des trompettes (supra II A). Trente-deux trompettes, vêtus de rouge et montés sur des chevaux blancs, sonnaient à tout rompre. Bien plus, les six trompettes formant le premier rang étaient des nègres, et le trompette-major avait près de sept pieds (Stendhal, L. Leuwen, t. 1, 1835, p. 57).
Prononc. et Orth.: [tʀ ɔ ̃pε:t]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Subst. fém. 1. a) α) ca 1280 mus. (Girart d'Amiens, Escanor, 16001 ds T.-L.); β) 1598 [éd. 1615] trompette du jugement (G. Bouchet, Serées, l. III, p. 62); γ) 1848 en trompette ([Fougeret de Monbron], La Henriade travestie, p. 72 ds Quem. DDL t. 38: son grand nez fait en trompette); b) α) av. 1453 sans trompette « vivement et discrètement » (Monstrelet, Chronique, éd. L. Douët d'Arcq, t. 4, p. 417); β) 1612 sans trompette et sans tambour*; γ) 1694 trompettes de la Renommée (Ac.); c) 1640 « personne qui divulgue ce qu'elle sait, qui colporte des rumeurs » (Oudin Curiositez); 2. 1636 mus. trompette marine (Mersenne, Harmonie universelle, Traité des instruments à cordes, p. 217); 3. conchyliol. a) 1798 trompette (Ac.); b) 1845 trompette marine (Besch.); 4. 1845 bot. trompette des morts (ibid.); 1923 trompette de la mort (Lar. univ.); 5. 1933 automob. (Lar. 20e). B. Subst. masc. 1. 1498 « celui qui joue de la trompette » (Cérémon. de France, 26 ds Gay) [au fém. dès 1365 (ms. B.N., fr. 25764, no162 ds La Curne)]; 2. 1644 « celui qui répand, qui propage un bruit » (Corneille, Le Menteur, V, 2 ds Œuvres, éd. Ch. Marty-Laveaux, t. 4, p. 223). Dér. de trompe*; suff. -ette (v. -et). Fréq. abs. littér.: 933. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 1 136, b) 1 357; xxes.: a) 1 795, b) 1 191.
DÉR.
Trompettiste, subst.Musicien professionnel jouant de la trompette d'harmonie. Trompettiste classique. La plupart des grands jazzmen du début du siècle sont trompettistes ou cornistes (Ténot1967). [tʀ ɔ ̃pεtist], [-pe-]. Martinet-Walter 1973 [-pe-] (9/17). Att. ds Ac. 1935. 1reattest. 1821 (Castil-Blaze, Dict. de mus. mod., II, p. 349 ds Quem. DDL t. 21); de trompette, suff. -iste*.
BBG.Bowles (E. A.). Unterscheidung der Instrumente Buisine, Cor, Trompe und Trompette. Archiv für Musikwissenschaft. 1961, t. 18, p. 52, 68, 72. − Brücker (F.). Die Blasinstrumente in der altfr. Lit. Giessen, 1926, p. 22. − Quem. DDL t. 10, 21, 38.

Trompette : définition du Wiktionnaire

Nom commun 1

trompette \tʁɔ̃.pɛt\ féminin

  1. (Musique) Instrument à vent, de la famille des cuivres, à son clair et éclatant.
    • Des torches s’allument […] et une trompette gémit dans les créneaux comme la trompette du jugement. — (Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, 1842)
    • Le fracas de l’orchestre leur arrivait, assourdissant. Par instants, les violons dominaient le vacarme qu’ils semblaient apaiser, caresser, contenir, mais le saxo, le piston, la clarinette et surtout la trompette […] se mettaient ensemble à mugir et à pétarader de telle sorte que personne ne parlait plus. — (Francis Carco, L’Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
    • La trompette ne jouit pas d’une tessiture très étendue, mais c’est elle qui domine les aigus, et ça, ça suffit à lui tailler la part du lion. Son éclat, sa vélocité, sa brillance ou son feutré, selon qu’elle flirte ou non avec une sourdine, en font avec Dizzy Gillespie, Howard McGhee ou Fats Navarro, un élément indispensable du jazz de l’époque. — (Laurent de Wilde, Monk, 1996, collection Folio, page 178)
    1. (Musique) (Militaire) Instrument sans piston qui remplace le clairon dans la tradition militaire de la cavalerie.
      • Souvent confondus, clairon et trompette dite naturelle ou de cavalerie se distinguent par la forme de leurs tuyaux : conique sur le clairon et cylindrique sur la trompette. Cette différence de forme engendre une différence de sonorité : plus aigüe et perçante sur la trompette, plus ronde sur le clairon. — (Typologie des instruments à vent selon leur mode de production des notes, fiche Clairon et trompette de cavalerie, jeanluc.matte.free.fr)
  2. (Musique) Jeu d’orgue de la famille du jeu d’anche.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  3. (Conchyliologie) Genre de mollusques à coquille univalve tournée en spirale, qu’on nomme autrement « buccin ».
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)

Nom commun 2

trompette \tʁɔ̃.pɛt\ masculin

  1. Celui qui sonne de la trompette.
    • […] le même héraut, qui était déjà venu au nom de son maître, se détacha de l’armée, précédé d’un trompette, et s’approcha jusqu’au pied des murailles. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
    • Canalis, dit-il une fois, me fait l’effet de l’homme le plus courageux, signalé par le grand Frédéric après la bataille, ce trompette qui n’avait cessé de souffler le même air dans son petit turlututu ! — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Derrière les squatters, arrivent cinq ou six soldats, un tambour, un trompette et un officier quelconque, portant un drapeau étoilé. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
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Trompette : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TROMPETER. v. tr.
Publier à son de trompe. Il est vieux en ce sens. Il s'emploie figurément et signifie Divulguer une chose qu'on devait tenir cachée. On lui avait recommandé le secret sur cette affaire, il la trompette partout. Ce sens est familier.

TROMPETER se dit aussi intransitivement du Cri de l'aigle. Le corbeau croasse, l'aigle trompette.

Trompette : définition du Littré (1872-1877)

TROMPETTE (tron-pè-t') s. f.
  • 1Instrument à vent, de cuivre ou d'autre métal, qui a un son éclatant, et dont on se sert principalement à la guerre et dans les réjouissances publiques. Faites deux trompettes d'argent, battues au marteau, afin que vous puissiez vous en servir pour assembler tout le peuple, Sacy, Bibl. Nomb. x, 2. Sitôt que de ce jour La trompette sacrée annonçait le retour, Racine, Athal. I, 1. Les trompettes, les fifres, les hautbois, les tambours, les canons formaient [dans une bataille] une harmonie telle qu'il n'y en eut jamais en enfer, Voltaire, Candide, 3. La victoire en chantant nous ouvre la barrière, La liberté guide nos pas ; Et du nord au midi la trompette guerrière A sonné l'heure des combats, Chénier M. J. Chant du départ.

    Sans tambour ni trompette, se dit d'une troupe qui décampe sans aucun signal militaire. Cette retraite s'est faite à petit bruit et presque en manière de fuite, sans trompette et sans tambour, Pellisson, Lett. hist. t. II, p. 428.

    Fig. et familièrement. Déloger sans trompette, sans tambour ni trompette, déloger secrètement, sans bruit. Si bien que le tyran de Crète Avait délogé sans trompette, Scarron, Virg. III. Holà ! madame la belette, Que l'on déloge sans trompette, Ou je vais avertir tous les rats du pays, La Fontaine, Fabl. VII, 16.

    Fig. Sans tambour ni trompette, secrètement. Ne me citez point, je vous en prie ; il faut aller au secours de la place sans tambour et sans trompette, Voltaire, Lett. Olivier des Monts, 25 déc. 1767.

    La trompette du jugement dernier, celle qui réveillera les morts et les sommera de comparaître devant le tribunal de Dieu. Trompette formidable et qu'Horeb entendit, Quand sur le mont sacré l'Éternel descendit, Et qui, des morts un jour réveillant la poussière, Doit du monde embrasé sonner l'heure dernière, Delille, Parad. perdu, X.

    École de trompettes, école de cavalerie où l'on enseigne l'art de la trompette, ainsi que la lecture, l'écriture, l'escrime, l'équitation et la gymnastique.

    Nez en trompette, nez relevé.

    Fig. Entonner la trompette, emboucher la trompette, prendre le ton élevé, poétique. À la gloire des lis je consacre ces vers ; J'entonne la trompette et répands dans les airs Les faits de ce grand roi…, Desmarets, Clovis, dans RICHELET. Mais souvent dans ce style un rimeur aux abois Jette là, de dépit, la flûte et le hautbois, Et, follement pompeux, dans sa verve indiscrète, Au milieu d'une églogue entonne la trompette, Boileau, Art p. II.

    Fig. Il se dit du style lyrique. J'ose en trompette ériger mes pipeaux, Béranger, Ad. à la gloire.

    Fig. Sonner de la trompette, publier, se vanter de quelque chose. Elle [la Providence] veut donc que vous veniez cet hiver, et que nous soyons en même maison ; je n'ai nul dessein d'en sonner la trompette ; mais il a fallu le mander à d'Hacqueville pour nous arrêter le Carnavalet [un hôtel du Marais à Paris], Sévigné, 13 sept. 1677. Irai-je avec l'hypocrite sonner de la trompette devant moi ? prierai-je dans les coins des rues, afin qu'on me voie ? Bossuet, Disc. vie cachée.

  • 2 Fig. Il se dit des personnes qui excitent les partis, comme la trompette excite les troupes. Les prédicateurs des deux partis [catholiques et protestants] étaient en chaire les trompettes de la discorde, Voltaire, Mœurs, 136. Ces trompettes de différents partis se sont rendus les dispensateurs de la louange et du blâme, Bernardin de Saint-Pierre, Ch. ind.

    Personne qui divulgue ce qu'elle sait, qui colporte ce qui se dit. Cette personne est une vraie trompette. Il se défend longtemps du mal qu'on dit d'autrui ; Ou, s'il en est enfin convaincu malgré lui, Il ne s'en fait point la trompette, Corneille, Imit. I, 4. Je ne sais point prendre en main des trompettes, Pour publier partout les faveurs qu'on m'a faites, Regnard, le Joueur, II, 4. L'ingrat dévoré d'envie, Trompette de la calomnie…, Voltaire, Odes, 4.

    Secret comme une trompette, se dit d'une personne babillarde, qui ne peut connaître un secret sans le publier aussitôt.

  • 3Instrument de cuivre qui servit d'abord à la guerre, et qu'on a introduit ensuite dans l'orchestre. Une belle voix soutenue d'une trompette, cela jette dans une douce rêverie, Lesage, Turcaret, IV, 5.

    Jeu de trompettes, un des jeux de l'orgue.

  • 4Trompette marine, instrument de musique, composé d'un manche fort long et d'un corps de bois résonnant, avec une seule corde, sur laquelle on joue avec un archet, en la pressant sur le manche avec le pouce. Il y faudra mettre aussi [dans un concert] une trompette marine ; la trompette marine est un instrument qui me plaît et qui est harmonieux, Molière, Bourg. gent. II, 1.

    Trompette marine, un des noms vulgaires du triton émaillé, mollusques.

  • 5Trompette parlante, instrument en fer-blanc qui sert de porte-voix.

    On dit plus communément porte-voix.

    Trompette écoutante, instrument pour faire entendre une personne qui parle à une distance considérable, sans le secours d'aucune trompette parlante.

  • 6La trompette de la Renommée, la dispersion, dans le monde, des nouvelles, des bruits. Les poëtes et les peintres représentent la Renommée embouchant la trompette.

    On dit de même : les cent trompettes de la Renommée. Aussitôt de ses cent trompettes La messagère des poëtes Va l'annoncer à l'univers, Lamotte, Odes, t. I, p. 416, dans POUGENS.

  • 7En botanique, trompette de Méduse, le narcissus bulbocodes.

    Trompette blanche, espèce d'agaric.

    Variété de courge à fruits très longs.

  • 8En conchyliologie, trompettes, genre de mollusques à coquille univalve tournée en spirale, qu'on nomme autrement buccins.

    PROVERBE

    À gens de village trompette de bois, il faut faire aux gens des traitements proportionnés à leur condition. Le festin des dames de la cour sera tout à fait magnifique ; mais point d'argent aux soldats congédiés : à gens de village trompette de bois, Patin, Lett. t. III, p. 283, dans POUGENS.

HISTORIQUE

XIVe s. Devant le jour [il] s'en ist sans trompete sonner, Guesclin. 14644.

XVe s. La trompette a sonné bien haut ; à l'arme ! à l'assaut ! à l'assaut, Basselin, XLVII. Foy que tu dois le mercredy, Me joues-tu de la trompete [me trompestu] ? Mir. de Ste Genev. En cele propre nuit il y eut grand partie de ses gens qui s'assemblerent de sa compaignie secretement et se prirent à eux desloger sans trompette, Monstrelet, II, 96.

XVIe s. Il feit sonner les trompettes de tous costez pour effrayer les ennemis, Amyot, Cam. 42. Il est plus de trompeurs que de trompettes, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 307. À pain et oignon trompette ne clairon, Cotgrave Mieulx vault à cloche se lever qu'à trompette, Génin, Récréat. t. II, p. 245.

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Trompette : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

TROMPETTE, voyez Aiguille.

Trompette, s. f. (Luth) instrument de musique, le plus noble des instrumens à vent portatifs ; on s’en sert principalement à la guerre pour faire faire le service ou l’exercice à la cavalerie.

Le mot est françois ; Ménage le dérive du grec θρόμϐος, turbo, qui est une conque dont on se servoit autrefois au-lieu de trompette. Du Cange croit que ce mot vient du latin corrompu, trompa, ou de l’italien tromba ou trombetta. D’autres pensent qu’il dérive du celtique trombill, qui signifie la même chose. Voyez-en la représentation dans la fig. 3. Pl. VII. de la Lutherie.

Cet instrument se fait ordinairement de cuivre, quelquefois d’argent, de fer, d’étaim & de bois. Nous lisons que Moïse fit faire deux trompettes d’argent pour l’usage des prêtres. Num. X. & Salomon en fit faire 200 sur le même modele, comme nous l’apprenons de Josephe, liv. VIII. ce qui fait assez connoître l’antiquité de cet instrument.

Les anciens avoient divers instrumens qui étoient des especes de trompettes, comme tubæ, cornua, litui. Voyez Cor, Trompe, Clairon.

La trompette moderne consiste dans l’embouchure, qui est un bocal large d’environ un pouce, quoique le fond n’ait qu’un tiers de cette largeur. Les deux canaux qui portent le vent, s’appellent les branches ; les deux endroits par où elle se recourbe & se replie, s’appellent potences ; & le canal qui est depuis la seconde courbure jusqu’à son extrémité, s’appelle le pavillon ; les endroits où les branches se peuvent briser & séparer, ou souder, s’appellent les nœuds, qui sont au nombre de cinq, & qui en couvrent les jointures.

Quand on ménage bien le son de la trompette, il est d’une si grande étendue, que l’on ne sauroit la déterminer au juste, puisqu’elle va aussi haut que la force du souffle la peut porter ; une bonne poitrine poussera le son de la trompette au delà des quatre octaves qui font l’étendue des claviers des épinettes & des orgues.

A la guerre il y a huit manieres principales de sonner la trompette. La premiere s’appelle le cavalquet, dont on se sert quand l’armée approche des villes, ou quand elle passe à-travers dans une marche. La deuxieme est le boute-selle, qui est suivi de la levée du boute-selle ; on le sonne quand on veut déloger, ou se mettre en marche. La troisieme est quand on sonne à cheval, & puis à l’étendard. La quatrieme est la charge. La cinquieme le guet. La sixieme le double cavalquet. La septieme la chamade. La huitieme la retraite. On sonne aussi avec la trompette des airs & des fanfares dans les réjouissances.

On trouve des gens qui sonnent si délicatement de la trompette, & qui en tirent un ton si doux, que cet instrument tient sa place non-seulement dans la musique d’église, mais aussi dans la musique de chambre ; de sorte que dans la musique italienne & allemande nous trouvons souvent des parties intitulées tromba prima, segonda, terza, c’est-à-dire, premiere, seconde, troisieme trompette, & que ces parties doivent être exécutées par ces instrumens.

M. Roberts, dans ses transactions philosophiques, remarque que la trompette a deux défauts considérables ; le premier, que dans son étendue elle ne peut former ou exprimer qu’un certain nombre de notes, que l’on appelle communément notes de trompette ; le deuxieme, que quatre des notes qu’elle exprime ne sont point d’un accord parfait. Voyez Note. Les mêmes défauts se trouvent dans la trompette marine, & c’est la même raison qui les fait naître. Voyez Trompette marine.

Trompette, (Littérat.) l’origine de cet instrument se perd dans l’antiquité ; les Tyrrhéniens, suivant quelques historiens grecs, en sont les inventeurs ; d’autres attribuent plus vraissemblablement cette découverte aux Egyptiens, dont la connoissance passa chez les Israélites ; car Moïse fit faire deux trompettes d’argent pour le service des troupes & du peuple. Les Grecs n’avoient encore aucun usage de cet instrument lors du siege de Troie ; mais il étoit connu du tems d’Homere, comme il paroît par le poëme sur le combat des grenouilles & des rats ; cependant Virgile n’a pas cru devoir s’attacher à la vérité historique sur cette bagatelle. Il releve dans son Enéïde les talens de Misène, en nous assurant que ce fils d’Eole avoit été, au siege de Troie, un fameux trompette, qui s’étoit souvent distingué à côté d’Hector ; ces sortes d’anacronismes sont fort permis en poésie ; mais l’histoire nous apprend que l’usage de la trompette, chez les Grecs, ne remonte pas si haut. Il est vrai que cet exercice vint bien tôt à s’introduire dans les jeux solemnels de la Grece, & même y eut un prix.

La même histoire nous apprend que dans une bataille des Spartiates contre les Messéniens, le bruit de cet instrument jusques là inconnu à ces derniers peuples, les jetta dans une épouvante qui donna la victoire aux Lacédémoniens : Lacedemonii vicerunt quùm novus tubæ sonitus hostes terruisset. Cependant les auteurs grecs ne fournissent rien de particulier sur la trompette de leur pays ; mais on trouve assez de choses sur celles des Romains, & nous savons par exemple qu’ils en connoissoient de trois sortes.

La premiere étoit celle qu’on appelloit tuba, de tubus, à cause de sa ressemblance à un tuyau. Cette trompette étoit droite, & se nommoit tuba directa, æs rectum. Elle étoit étroite par son embouchure, s’élargissant insensiblement, & se terminant par une ouverture circulaire & proportionnée.

La seconde sorte de trompette romaine, étoit plus petite que la premiere. Elle étoit courbée vers l’extrémité, à-peu-près comme le bâton augural, duquel elle avoit aussi emprunté le nom de lituus. Elle s’appelloit encore quelquefois tuba curva.

La troisieme espece de trompette en usage chez les Romains, étoit appellée buccina ou buccinum. Celle-ci étoit presque entierement courbée en cercle. Elle passoit par-dessous du bras gauche du trompette qui l’embouchoit, & se recourboit de maniere que l’ouverture de l’extrémité, de la même forme que celle de la trompette droite, se faisoit voir en-devant par-dessus l’épaule, comme si elle eût été se rejoindre à son embouchure.

La trompette droite appellée par les Grecs σάλπιγξ, & tuba par les Latins, servoit à la guerre pour animer les soldats au combat, ou pour les rappeller à leur drapeau lorsque dans le fort de la mêlée ils s’étoient trop écartés.

La trompette droite dans les armées, étoit particulierement destinée à l’infanterie ; & ceux qui sonnoient tubicines, étoient aussi à pié, si ce n’est dans quelques occasions extraordinaires où on les faisoit monter à cheval. Quand les armées étoient en présence, les trompettes sonnoient la charge, c’est-à-dire donnoient le signal du combat. Mais de même qu’un certain son de la trompette signifioit qu’il falloit attaquer l’ennemi, par un autre son elle faisoit entendre qu’il falloit se retirer. Un des usages particuliers de la trompette droite étoit encore de donner dans le camp les signaux qui indiquoient aux soldats leurs différens devoirs.

C’étoit au son de ces mêmes trompettes que triomphoient les dictateurs, les consuls, les préteurs & les autres généraux. Elles étoient à la tête de cette marche pompeuse, & elles faisoient retentir l’air de fanfares propres à redoubler la joie du peuple. Au reste, la trompette droite n’étoit pas si particulierement destinée à la guerre, qu’elle ne fût encore employée à quelques usages qui n’y avoient aucun rapport. A l’imitation des Grecs, les Romains s’en servoient dans la célébration de quelques-uns de leurs jeux sacrés, & entr’autres dans celle des jeux floraux, dans la fête de la lustration & dans quelques sacrifices.

On s’en servoit aussi quelquefois dans les cérémonies lugubres, c’est-à-dire dans la marche des pompes funebres, & tant que duroient les jeux qui se célébroient au-tour du bucher d’un défunt pour honorer ses funérailles. Selon Servius, on ne se servoit de la trompette droite que dans les pompes funebres des gens d’un âge avancé, à la différence des jeunes gens dont la pompe n’étoit précédée que de flûtes. Cependant malgré la distinction de ce savant grammairien, il est constant qu’on mêloit assez souvent le son des flûtes à celui des trompettes dans les pompes funebres des Romains de tout âge & de toute qualité.

Il y a encore eu deux especes de trompettes particulieres aux Romains ; le lituus & la buccina. Le lituus ou trompette courbe appartenoit à la cavalerie : ce qu’Horace, dans les deux premiers livres de ses odes, marque assez clairement, pour ne pas laisser lieu d’en douter. Lorsque les empereurs romains étoient à l’armée, & qu’ils vouloient haranguer les soldats, ils les faisoient assembler au son de la trompette courbe, selon le témoignage d’Ammien Marcelan. Comme la trompette droite servoit à l’infanterie de signal pour la charge & pour la retraite, le lituus servoit au même usage pour la cavalerie. Il étoit aussi employé dans les entrées triomphales ; ce qu’il ne faut entendre néanmoins que par rapport aux compagnies de cavalerie, qui embellissoient la marche des triomphes. L’infanterie qui marchoit à la tête de cette pompe, étoit toujours précédée de ses tubicines qui sonnoient de la trompette droite nommée proprement tuba.

A l’égard de l’autre espece de trompette appellée buccina, elle étoit commune à l’infanterie comme la trompette droite. C’étoit encore au son de la buccina que s’annonçoient dans le camp les différentes veilles de la nuit, & que la premiere sentinelle étoit relevée par la seconde, & ainsi des autres. La buccina étoit employée à cet usage plutôt que la trompette droite & que la courbe, à cause que le son de la buccina étoit plus aigu, & se faisoit entendre plus distinctement & de plus loin.

Du tems de Vegece, qui vivoit sous Valentinien le jeune, les Romains se servirent d’une quatrieme sorte de trompette ; ce fut de la corne de ces bœufs sauvages, uri, & fréquens alors en Allemagne. Cette corne garnie d’argent par son embouchure, rendoit, dit cet auteur, un son aussi distinct & aussi éclatant que celui d’aucune sorte de trompette.

Les modernes ont extrèmement perfectionné la méchanique des différentes trompettes, leur forme, l’alliage qui leur convient & la théorie de leurs sons. Morland, Cassegrain, Muller, Coniers & Haase ont recherché curieusement la meilleure fabrique des trompettes, & le dernier a donné sur ce sujet un petit livre intitulé, de tubis stentoriis, eorumque formâ & structurâ. (D. J.)

Trompette harmonieuse, (Luthier.) c’est un instrument harmonieux, qui imite le son de la trompette, & qui lui ressemble, hormis qu’il est plus long, & qu’il a plus de branches. Il s’appelle ordinairement sacquebutte. Voyez Sacquebutte, & la fig. 14. Pl. VII. de la Lutherie.

Trompette marine, (Luthier.) est un instrument de musique composé de trois tables, qui forment son corps triangulaire ; elle a un manche fort long, & une seule corde de boyau fort grosse, montée sur un chevalet, qui est ferme d’un côté sur un de ses piés, & tremblotant de l’autre côté, sur un pié qui n’est point attaché à la table. On la touche d’une main avec un archet, & de l’autre on presse la corde sur le manche avec le pouce : c’est ce tremblement du chevalet qui lui fait imiter le son de la trompette ; ce qu’elle fait si parfaitement, qu’il n’y a presque pas moyen de la distinguer de la trompette ordinaire, & c’est ce qui lui a fait donner ce nom, quoique d’ailleurs ce soit une espece de monocorde. Voyez la fig. 10. Pl. II. de Lutherie.

La trompette marine a les mêmes défauts que la trompette militaire, en ce qu’elle ne peut exprimer que des notes de trompette, & qu’elle leur donne un ton trop bas ou trop haut. Voici la raison que M. Roberts en donne, après avoir fait la remarque des deux cordes qui sont à l’unisson, & dont l’une ne peut être ébranlée, sans que l’autre ne s’ébranle on même tems, il dit que les impulsions que l’air reçoit de l’ébranlement d’une corde, se communiquent à une autre corde qui se trouve disposée à recevoir les mêmes vibrations.

A quoi on peut ajouter qu’une corde s’ébranle, non-seulement par l’impulsion d’un unisson, mais aussi par celle d’une octave ou douzieme, n’y ayant point de contrariété dans les mouvemens, pour se nuire les uns aux autres. Voyez Corde, Unisson.

D’ailleurs en jouant de la trompette marine, on n’appuie pas ferme sur la corde, comme dans les autres instrumens, mais on ne fait que la toucher légérement du pouce.

Enfin la partie supérieure de la corde concourt avec sa partie inférieure pour former le son : d’où il faut conclure que la trompette marine ne rend point un son musical que lorsque la touche sur la partie supérieure de la corde forme une partie aliquote, ou intégrante de la note ; de sorte que le concours de la partie inférieure de la corde acheve de former le son parfait, ou la note entiere. Autrement les vibrations des parties s’entrechoquent & forment un son qui est proportionné à leur mouvement, & qui met la confusion dans toute leur harmonie : ce sont donc ces parties aliquotes qui, selon M. Roberts, sont les véritables touches, qui forment les notes de trompettes.

Trompette parlante, (Acoust.) est un tube de la longueur de six à quinze piés, tout droit, & fait de fer blanc, avec un pavillon fort large : son bocal est assez large pour recevoir les deux levres d’une personne. Lorsqu’on y applique la bouche & qu’on y parle dedans, la voix se porte très-loin, & on se fait entendre distinctement à la distance d’un mille ou de mille pas : on s’en sert beaucoup sur mer.

On dit que l’invention en est moderne, & on l’attribue communément au chevalier Samuël Morland anglois, qui lui a donné le nom de trompette stentorophonique. Mais il semble que le P. Kircher reclame à plus juste titre l’invention de cet instrument, puisqu’il est constant qu’il donna la figure de la trompette parlante, avant que le chevalier Morland en eût conçu l’idée. Voyez Porte-voix.

Kircher dans sa Phonurgie, dit qu’il avoit inventé il y avoit 24 ans, & publié dans sa Musurgie, la même trompette qu’en dernier lieu on a fait passer en Angleterre pour une invention nouvelle. Il ajoute que Jacobus Albanus Ghibbisius, & le P. Eschinardus lui attribuent cette invention, & que G. Schottus lui rend témoignage que dans le college Romain il avoit cet instrument dans sa chambre, & qu’il s’en servoit pour appeller le portier, & pour en recevoir reponse.

Lorsque l’on fait attention au fameux porte-voix dont Alexandre le Grand se servoit pour parler à son armée, & que l’on pouvoit entendre distinctement à cent stades (huit stades font un mille d’Angleterre, qui fait un tiers de lieue de France), il paroît un peu surprenant que les modernes prétendent à cette invention ; la trompette stentorophonique d’Alexandre, dont on conserve une figure au Vatican, étant presque la même chose que la trompette parlante dont on fait usage aujourd’hui. Chambers.

Trompette écoutante, est un instrument inventé par Joseph Landini, pour faire entendre une personne qui parle à une distance considérable, sans le secours d’aucune trompette parlante : c’est une espece de cornet. Voyez Cornet.

Trompette, jeu d’orgue de la classe de ceux qu’on appelle jeux d’anches. Il est composé d’un tuyau d’étain E C, fig. 44. Pl. d’Orgue, de forme conique comme tous les autres jeux d’anche, excepté le cromorne ; à l’extrémité inférieure est soudée une noix de plomb c, dans laquelle l’anche & sa languette sont assujetties par le moyen d’un coin de bois. Voyez l’article Anche. Un peu plus haut est un anneau de plomb D, soudé sur le corps du tuyau dans lequel passe la rasette ba, qui passe aussi dans la noix e du tuyau, & qui va s’appuyer sur la languette de l’anche, pour fixer la longueur de la partie qui doit vibrer. La partie inférieure DC de la trompette entre dans une boîte AB qui est d’étoffe, c’est-à-dire de plomb & d’étain fondus ensemble ; savoir deux parties du premier, & une du troisieme. La trompette entre dans la boîte, en sorte que la bague D vienne appuyer sur la partie supérieure qu’elle doit fermer exactement ; en sorte que le vent du sommier qui passe dans la boîte par l’ouverture de son pié B, ne puisse trouver d’issue pour sortir qu’entre la languette & l’anche du tuyau par où il passe dans le corps de la trompette, ce qui la fait parler. Voyez pour l’explication de la formation du son dans les jeux d’anches, l’article Orgue, où la facture des jeux d’anches est expliquée.

La trompette sonne l’unisson du huit piés ouvert, ou du clavecin, & l’octave au-dessous du prestant, sur lequel on l’accorde. Voyez la table du rapport & de l’étendue des jeux de l’Orgue.

Trompette de récit, jeu d’orgue de la classe de ceux qu’on appelle jeux d’anches. Le jeu qui est d’étain, sonne l’unisson des dessus & des tailles de la trompette, dont il ne differe qu’en ce qu’il est de plus menue taille. Quelquefois ce jeu descend jusqu’au fa de la clé de fa, ou des basses tailles de la trompette. Il est sur un clavier séparé, & sur le même sommier que le cornet de récit, qui est placé dans le haut de l’orgue. Voyez la table du rapport & de l’étendue des jeux de l’orgue. Voyez l’article Orgue & Jeux, & la fig. 46. Pl. d’Orgue, qui représente un tuyau de trompette de récit dans sa boîte.

Trompette, double trompette, jeu d’orgue ne differe de la trompette dont il sonne l’unisson, qu’en ce qu’il est de plus grosse taille, pour éviter la confusion que deux unissons de même taille font entendre dans les sons qu’ils rendent.

Trompette, s. m. (Art. milit.) c’est le cavalier qui sonne de cet instrument.

Il y a des trompettes dans toutes les compagnies de cavalerie, & dans toutes celles de la maison du roi & de la gendarmerie.

Les trompettes, dans les marches & dans les revues, marchent à la tête de l’escadron, trois ou quatre pas en avant ; dans un combat, ils sont sur l’aîle ou dans les intervalles des escadrons. (Q)

Trompettes, fétes des, (Hist. jud.) solemnité célébrée chez les anciens Hébreux & chez les Juifs modernes, mais avec quelque différence.

Elle se célébroit chez les anciens le premier jour du septieme mois de l’année sainte qui étoit le premier de l’année civile. Ce mois s’appelloit tizri, & répondoit à la lune de Septembre. On annonçoit le premier jour de l’année au son des trompettes. Ce jour étoit solemnel. Toute œuvre servile y étoit défendue ; on y offroit un holocauste solemnel au nom de toute la nation, d’un veau, de deux béliers, de sept agneaux de l’année ; avec les offrandes de farine, de vin, que l’on avoit coutume de joindre à ces sacrifices. L’Ecriture ne nous apprend point la raison de l’établissement de cette fête. Théodoret, quæst. XXXII. in levitic. croit que c’étoit en mémoire du tonnerre que l’on avoit entendu sur le mont Sinaï, lorsque Dieu y donna sa loi. Les rabbins veulent que ce soit en mémoire de la délivrance d’Isaac, à la place duquel Abraham immola un bélier.

Aujourd’hui les Juifs ont coutume ce soir-là de se souhaiter l’un à l’autre une bonne année, de faire meilleure chere qu’à l’ordinaire, & de sonner de la trompette à trente diverses fois. Léon de Modene, céremon. des Juifs, part. III. c. v. remarque qu’il y a eu autrefois dispute entre les rabbins sur le tems auquel le monde a commencé, les uns prétendant que c’étoit au printems, & les autres en automne ; que ce dernier sentiment a prévalu, & que c’est sur cela qu’est fondée la fête des trompettes qui se célebre au commencement de tizri qui répond à Septembre. Pendant cette fête qui dure les deux premiers jours du mois : le travail & les affaires sont suspendues ; les Juifs tiennent par tradition que ce jour-là Dieu juge particulierement les actions de l’année précédente, & dispose des événemens de celle où l’on va entrer. C’est pourquoi dès les premiers jours du mois précédent, ou du moins huit jours avant la fête des trompettes, la plûpart vaquent aux œuvres de pénitence & de mortification ; & la veille, plusieurs se font donner trente-neuf coups de fouet, par forme de discipline.

Le premier soir qui commence l’année & qui précede le premier jour de tizri, en revenant de la synagogue. Ils se disent l’un à l’autre : Soyez écrit en bonne année, & l’autre répond, & vous aussi. Lorsqu’ils sont dans leur maison, on sert sur la table du miel & du pain levé & tout ce qui peut faire augurer une année abondante & douce. Il y en a plusieurs qui vont le matin de ces deux fêtes vêtus de blanc à la synagogue en signe de pureté & de pénitence. Parmi les Allemands quelques-uns portent alors l’habit qu’ils ont destiné pour leur sépulture. On récite ce jour-là dans la synagogue plusieurs prieres & bénédictions particulieres. On y tire solemnellement le pentateuque de l’armoire, & on y lit à cinq personnes le sacrifice qu’on faisoit ce jour-là. Ensuite on sonne trente fois du cor, tantôt d’une maniere fort lente, & puis d’une maniere fort brusque. Ils disent que c’est pour faire songer au jugement de Dieu, pour intimider les pécheurs & les porter à la pénitence. Après quelques prieres, ils s’en retournent à la maison, ils se mettent à table, & passent le reste du jour à entendre quelques sermons & à d’autres exercices de dévotion. Les deux jours de la fête se passent dans de semblables cérémonies.

Pour se préparer à la fête des trompettes ou du commencement de l’année civile, plusieurs juifs se plongent dans l’eau froide ; & à-mesure qu’ils s’y plongent, ils confessent leurs péchés, & se frappent la poitrine. Ils s’y plongent entierement afin de paroitre purs aux yeux de Dieu. Ils croient que ce jour-là Dieu assemble son conseil ou ses anges, & qu’il ouvre ses livres pour juger tous les hommes. On ouvre selon eux trois sortes de livres : le livre de vie pour les justes ; le livre de mort pour les méchans ; le livre des hommes qui tiennent le milieu, pour ceux qui ne sont ni tout-à-fait bons ni tout-à-fait mauvais. Il y a dans les deux livres de vie & de mort deux especes de pages, l’une pour cette vie & l’autre pour l’éternité ; car il arrive souvent que les méchans ne sont pas châtiés en cette vie selon leurs démerites ; & que les justes y sont traités avec rigueur, comme s’ils avoient encouru la colere de Dieu. Cette conduite du Seigneur fait, selon eux, que l’on n’est jamais sûr de son état, & qu’on est toujours dans l’incertitude si l’on est digne d’amour ou de haine. Pour ceux qui ne sont ni tout-à-fait bons, ni tout-à-fait mauvais, ils ne sont écrits nulle part, disent les Juifs ; Dieu attend jusqu’au jour de l’expiation qui est le dixieme de l’année, s’ils se convertiront. Ce jour-là il porte contre eux son jugement de vie ou de mort selon leur mérite. Calmet, Dictionn. de la bible.

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Étymologie de « trompette »

Étymologie de trompette - Littré

Dimin. de trompe 1 ; provenç. et esp. trompeta ; portug. trombeta ; ital. trombetta.

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Étymologie de trompette - Wiktionnaire

(Date à préciser) De trompe, par ajout du suffixe diminutif -ette.
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Phonétique du mot « trompette »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
trompette trɔ̃pɛt play_arrow

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  • Une nation s'éteint quand elle ne réagit plus aux fanfares ; la décadence est la mort de la trompette. De Emil Michel Cioran
  • Une belle voix de ténor, c’est comme le son d’une trompette étouffée par de la soie. De Alec Guinness
  • Le coq a un bec trop petit pour souffler dans une trompette. De Massa Makan Diabaté / Une Hyène à jeûn
  • La renommée sert plus souvent de trompette à la fortune qu'au mérite. De Axel Oxenstiern / Réflexions et maximes
  • Si vous ne soufflez pas dans votre trompette, nul ne le fera à votre place. De Proverbe anglais
  • La concierge est la trompette du faire-savoir. De Max Jacob / Le cabinet noir

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Traductions du mot « trompette »

Langue Traduction
Corse tromba
Basque tronpeta
Japonais トランペット
Russe труба
Portugais trompete
Arabe بوق
Chinois 喇叭
Allemand trompete
Italien tromba
Espagnol trompeta
Anglais trumpet
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Synonymes de « trompette »

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