La langue française

Ramage

Définitions du mot « ramage »

Trésor de la Langue Française informatisé

RAMAGE1, subst. masc.

A. −
1. Vx, rare. Rameau, branchage. On préparait la montée des chenilles, les ramages de genêt et de bruyère, dans les chambres des cabanes et les magnaneries de la plaine (Arnoux,Rossignol napol., 1937, p. 189).
2. P. anal., GÉNÉAL. Branche d'une ligne généalogique. Les Goëllo sont des bannerets bretons et seraient un ramage des Rieux-Sourdéac (La Varende,Dern. fête, 1953, p. 40).
B. − Gén. au plur.
1. Dessin représentant des rameaux, des feuilles ainsi que des fleurs ou des arabesques, sur tissu, sur papier, sur tout autre support décoratif ou sur un objet fabriqué à partir de ce matériau. Ramages jaunes, verts; ramages d'argent, d'or. Les ramages du papier sont devenus aussi des têtes, des têtes vertes et difformes (A. France,Bonnard, 1881, p. 463).Sous les pas de la visiteuse un magnifique Aubusson déployait ses ramages (Green,Malfaiteur, 1955, p. 155).V. feuille ex. 2.
À ramages (parfois à ramage).Brocart, soie à ramages; robe, robe de chambre, tapis à ramages. Félicité obtint qu'on tapissât la pièce d'un papier orange à grands ramages (Zola,Fortune Rougon, 1871, p. 70).La paix de la vieille chambre à ramage (Jammes,Mém., 1922, p. 90).V. lampas ex. de Jouy.
2. P. anal. (de forme). Il fait un lourd temps d'été, avec de gros nuages extrêmement foncés, à ramages (Verlaine, Œuvres compl., t. 4, Mém. veuf, 1886, p. 175).Quelques-uns fumaient (...) et les ramages de fumée se perdaient jusqu'au plafond (Malraux,Cond. hum., 1933, p. 400).
C. −
1. Chant des petits oiseaux dans les branches; p. ext., tout chant d'oiseau. Ramage confus; doux, gai ramage; faire entendre un ramage plaintif. Le ramage du pinson, du rossignol (Ac. 1798-1935). Le parc entier retentissait du ramage des oiseaux (Boylesve,Leçon d'amour, 1902, p. 64):
Alors j'entrai moi-même dans le champ et me dirigeai vers le bois de pins. À mesure que j'en approchais il m'arrivait un bruit de vols et de ramages. Des milliers d'oiseaux habitaient le bois. Bosco,Mas Théot., 1945, p. 247.
[P. allus. aux vers de La Fontaine dans la fable Le Corbeau et le renard (Fables, I, 2): Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage] Cette fanfare (...) est due à des insectes, des grillons, dont la livrée, il faut bien l'avouer, n'est pas digne de leur ramage (Coupin,Animaux de nos pays, 1909, p. 332).
2. P. anal. Et des domestiques, et des galons (...) C'est ça qui en fait un ramage dans l'hôtel (A. Daudet,N. Roumestan, 1881, p. 118).
En partic. Langage humain, discours souvent abondant, dénué de sens; babil d'enfants, de femmes. À travers le ramage néerlandais du garçon, je finis par comprendre que j'arrivais en pleine kermesse (Nerval,Fêtes Hollande, 1852, pp. 284-285).Deux jeunes filles se sont avancées pour me recevoir (...); j'ai demandé des explications (...); je voulais voir leurs petits gestes, prolonger leur ramage (Taine,Notes Paris, 1867, p. 58).
REM.
Ramageux, -euse, adj.[En parlant d'un bois; corresp. à supra B] Qui présente des veines tortueuses ressemblant aux ramages. J'étais planté au Faubourg, accroché par les étalages de meubles (...). La rue du bois uni, ronceux ou ramageux (Arnoux,Paris, 1939, p. 190).
Prononc. et Orth.: [ʀama:ʒ]. Homon. et homogr. ramage2. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. 1269-78 « branchage » (Jean de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 8396); d'où 2. 1585 a ramage « avec des dessins pouvant rappeler le branchage » (Inventaire du Chateau Quermelin, éd. A. Join-Lambert, 103: Ung cotillon de velours raiz a ramage de velours). B. 1525 chant ramage (Farce de Colin ds Anc. Th. franç., éd. Viollet le Duc, t. 1, p. 246); 1540 « chant des oiseaux dans le branchage » (N. Herberay des Essars, Amadis de Gaule, Ierlivre, éd. H. Vaganay, p. 329). Dér. de l'anc. subst. ram, raim, v. rame1; suff. -age*; cf. l'anc. adj. ramage « branchu » ca 1210 (Herbert de Danmartin, Foulque de Candie, 148 ds T.-L.) − xvies. ds Hug.; B par l'intermédiaire de l'adj. branchage « qui vit dans la forêt » ca 1175 (Chron. Ducs Normandie, éd. C. Fahlin, 4545: esprever ramages) − xvies. ds Hug. Voir Baldinger, p. 165. Fréq. abs. littér.: 229. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 264, b) 365; xxes.: a) 431, b) 293.
DÉR.
Ramageur, -euse, adj.,rare. [En parlant d'une pers.] Bavard. [Le garde-pêche] criait de loin des gaudrioles aux femmes des mariniers, des flotteurs, aux laveuses (...) plus ramageur à lui tout seul que les traquets et les bergeronnettes des deux rives (A. Daudet,Pte paroisse, 1895, p. 223). [ʀamaʒ œ:ʀ], fém. [-ø:z]. 1resattest. a) 1378 subst. « garde-forestier, celui qui recevait le droit de ramage » (ds Ordonnances des rois de France, t. 7, p. 202) − 1406 ds Gdf., puis rare, b) 1895 adj. « bavard » (A. Daudet, loc. cit.); de ramage1, suff. -eur2*. Cf. l'a. fr. ramagier « celui qui avait le droit de prendre ou de ramasser des branches d'arbres dans une forêt » (1301, Mor., Pr. de l'H. de Bret., I, 1167 ds Gdf.: remagier) − 1453, Arch. P294, reg. 4, ibid.: ramagier, répertorié par Guérin 1892.

RAMAGE2, subst. masc.

INDUSTR. TEXT. Opération consistant à ramer une pièce de tissu. Avant le ramage cette largeur peut être variable (A. Lambrette,Les Apprêts text., Paris, Les Éd. text. et techn., t. 1, 1949-50, p. 291).
Prononc. et Orth.: [ʀama:ʒ]. Homon. et homogr. ramage1. Étymol. et Hist. 1723 (Savary). De ramer3* « étendre une pièce de drap sur la rame »; suff. -age*.

Wiktionnaire

Nom commun

ramage \ʁa.maʒ\ masculin

  1. (Vieilli) Rameaux, branchages.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  2. Motif de rameaux, de branchages, de feuillages, de fleurs sur une étoffe.
    • La grande affaire, c’est qu’il soit matériellement impossible de suspendre une perle de plus aux oreilles de marbre de l’idole, d’enchâsser un plus gros diamant dans l’or de sa couronne, et de tracer un autre ramage de pierreries sur le brocart de sa robe. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, 1840, édition Charpentier, 1859)
    • Les deux Pompes semblaient s’être taillé des accoutrements étranges au milieu de vieux rideaux de fenêtre, ces vieux rideaux à ramages datant de la Restauration. — (Guy de Maupassant , La maison Tellier, 1881, collection Le Livre de Poche, page 24)
    • Le palier est long et étroit, le mur est tendu d’une imitation de tapisserie à ramages vert sombre où brille le cuivre d’une applique à gaz. — (Henri Barbusse, L’Enfer, 1908)
    • Elles sont veuves, sûrement. Elles ont souvent les cheveux presque mauves, trop frisés, des tailleurs à ramages beiges ou bien lilas, des poignets à gourmette, mais pas de gourmette. — ( Philippe Delerm, La sieste assassinée, collection Folio, 2001, page 25)
  3. Chant des petits oiseaux qui se tiennent dans les rameaux.
    • Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. — (Jean de La Fontaine, Le Corbeau et le Renard)
  4. Discours dénué de sens.
    • Et pour vous soulager un peu de ce ramage barbare des grammairiens ; souffrez que je m’arrête un moment sur le merveilleux de cette importante machine qu’on appelle une langue. — (Denis Diderot, Les bijoux indiscrets, 1818)
  5. (Familier) (Figuré) Babil des enfants.
    • Les enfants font du ramage. — (Denis Diderot)
  6. (Histoire) Droit de faire du bois dans les forêts privées et publiques.
    • Je fais du ramage dans les forêts privées et publiques. — (Denis Diderot)
  7. (Anthropologie) Groupe de parenté d’agrégation mélangeant l’organisation lignagère de telle sorte qu’il en résulte un système non unilinéaire.

Forme de verbe

ramage \ʁa.maʒ\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de ramager.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de ramager.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de ramager.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de ramager.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif présent de ramager.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RAMAGE. n. m.
Rameau, branchage. Il ne se dit plus qu'au figuré d'un Dessin de rameaux de branchages, de feuillages, de fleurs sur une étoffe. Velours à ramage. Damas à grands ramages, à petits ramages. Une robe à ramages.

Littré (1872-1877)

RAMAGE (ra-ma-j') s. m.
  • 1Rameau, branchage (vieilli en ce sens). Dans ce parc un vallon secret, Tout voilé de ramages sombres, Théophile, Œuvres, 3e part. p. 172, dans LACURNE.

    Terme de vénerie. Branches des arbres.

  • 2 Terme de droit coutumier. Faculté dont jouissaient quelques sujets de couper des branches ou des rameaux dans les forêts de leur seigneur.
  • 3Il s'est dit pour branche du bois des cerfs. Des ramages d'un cerf la marque ineffaçable, Nouguier, Odyssée à la mode, p. 147.
  • 4Aujourd'hui, représentation de feuillages, de fleurs, etc. disposés en long sur une étoffe. Le carrosse est doublé d'un velours à ramage, Hauteroche, Bourg de qualité, I, 2. Et… ne doit-on pas craindre de voir un jour un simple abbé en velours gris et à ramages comme une éminence ? La Bruyère, XIV. Peste ! la belle robe de chambre ! voyez ces grands ramages, Al. Duval, le Souper impr. sc. 9.
  • 5Le chant des petits oiseaux qui se tiennent dans les rameaux. Oiseau qui chante toutes sortes de ra mages, Vaugelas, Q. C. VIII, 9. La tendre mélodie et la variété douce et brillante du ramage de nos oiseaux chanteurs, Bossuet, Ois. t. XVII, p. 37.

    Par extension, il se dit du chant de tout oiseau. Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, La Fontaine, Fabl. I, 2. L'oiseau [le cygne], prêt à mourir, se plaint en son ramage, La Fontaine, ib. III, 12. Car à peine les coqs, commençant leur ramage Auront de cris aigus frappé le voisinage, Boileau, Sat. VI. Il est parbleu ! grand jour ; déjà de leur ramage Les coqs ont éveillé tout notre voisinage, Regnard, le Joueur, I, 1.

    Fig. et familièrement. Babil des enfants.

    Fig. Se dit du chant d'un chanteur qui ne plaît pas.

    Fig. Discours dénué de sens. Pour vous soulager un peu de ce ramage barbare des grammairiens, Diderot, Lett. à Gal.

HISTORIQUE

XVIe s. Le doux ramage des oiseaux, Du Bellay, J. III, 19, verso. Et rossignols au gay courage …Chantent leur joly chant ramage, Marot, I, 117. On connoist tousjours de quelle nation est un homme, ou par le langage, ou par sa façon de vivre ordinaire, ou par l'habillement, ou bien par quelque trait naturel de son ramage [race], qui lui eschappe quand il s'oublie, pour quelque depaysé qu'il soit, Carloix, II, 1. L'on a dit autrefois, qu'où ramage [les descendants] defaut, lignage [les ascendants] succede, Loysel, 342. On s'abstiendra d'y planter des saules, peuples et autres bois aquatiques, bien qu'abondants en ramage, pour le mauvais goust qu'ils rapportent à la chair des connins [lapins], De Serres, 411. Mon langage françois est alteré et en la prononciation et ailleurs, par la barbarie de mon creu ; je ne veis jamais homme des contrées de deçà qui ne sentist bien son ramage, et qui ne bleceast les aureilles françoises, Montaigne, III, 39.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

RAMAGE, terme d’Oiseleur, c’est le chant naturel des oiseaux ou leur cri ; mais pour spécifier celui d’un grand nombre en particulier, on disoit autrefois en françois que la colombe roucoule, le pigeon caracoule, la perdrix cacabe, le corbeau croasse ; on dit des poulets pioler, des poules glousser, du coq coqueliquer, du dindon glougouter, du pinson fringoter, de l’hirondelle gazouiller, du milan huir, des hupes pupuler, des cailles carcailler, des tourterelles gémir, &c. mais presque tous ces mots sont passés d’usage. (D. J.)

Ramage, (Jurisprud.) dans quelques coutumes, comme dans celle de Bretagne, signifie branche particuliere d’une ligne, car chaque ligne paternelle ou maternelle se subdivise en plusieurs branches. On dit communément que quand le ramage défaut le lignage succede, c’est-à-dire qu’au défaut d’une ligne, l’autre succede. Voyez la coutume de Bretagne, articles 298, 306, 322, 323, 235, 326, 330, 331, 482, 541, 593. Hevin sur Frain, chap. lxj. tome I. le gloss. de Lauriere, au mot Ramage.

Ramage, jus ramale, c’est le droit ou faculté que dans quelques lieux les sujets ont de couper des rameaux ou branches d’arbres dans les forêts de leur seigneur. (A)

Ramage, (Jardinage.) est un terme peu usité pour signifier un rameau, un branche d’arbre ; cependant on dit encore un arbre qui a de grands ramages.

Ramage, ouvrage à, terme de manufacture, ce mot se dit des broderies & représentations qui se font de toutes sortes de figures & de fleurs, soit avec l’aiguille, soit avec la navette. Les Latins l’ont nommé ars polymitaria, opus plumarium.

Ramage, s. m. (Draperie.) ce mot se dit de la façon que l’on donne aux draps & étoffes de laine, en les mettant & étendant sur une machine qu’on appelle rame. (D. J.)

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Étymologie de « ramage »

(1270) Du latin ramus, branche et dérivé (vers 1160) de l’ancien français ram, raim, raion «branche » (→ rameau) avec le suffixe -age, comme feuillage de feuille.[1] (XIIe siècle) Utilisé adjectivalement dans le sens de « branchu ». Le sens de « chant des oiseaux dans les rameaux » apparaît en 1549, celui de « discours » en 1588, celui de « motif de rameaux » en 1611.
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Berry, ramage, branchage ; provenç. ramatge, ramée ; espagn. ramage ; du lat. fictif ramaticum, de ramus, branche (voy. RAMEAU). Dans l'ancienne langue, ramage est adjectif, et signifie sauvage, branchier. Au sens de chant, l'historique montre qu'on a dit chant ramage, chant des branches, chant sauvage.

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Phonétique du mot « ramage »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ramage ramaʒ

Citations contenant le mot « ramage »

  • Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois. Jean de La Fontaine, Fables, le Corbeau et le Renard
  • Situé dans le parc Rayonnant, entouré des colonnes de l'artiste Daniel Buren, il est le doyen digne et solide qui veille sur notre village depuis des siècles. Le ramage de cet arbre est intense, parfois assourdissant. Il faut s'y mettre dessous pour l'apprécier et entendre la quantité d'espèces qui vivent et s'expriment dans ses branches. Sous la scène en bois, les incroyables et immenses racines hors sol, cachées, que seuls quelques techniciens chanceux ont eu la chance de voir. Un jour, nous les prendrons en photo pour vous. www.herault-tribune.com, ACTUALITÉS : SERIGNAN - Le soir venu le séquoia s'éclaire... : Hérault Tribune

Traductions du mot « ramage »

Langue Traduction
Anglais ramage
Espagnol ramage
Italien ramage
Allemand ramage
Chinois 破坏
Arabe خراب
Portugais agressão
Russe рамаж
Japonais 暴れ
Basque ramage
Corse rampage
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Synonymes de « ramage »

Source : synonymes de ramage sur lebonsynonyme.fr

Ramage

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