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Mortier

Définitions de « mortier »

Trésor de la Langue Française informatisé

MORTIER, subst. masc.

I.
A. − Récipient en matière résistante, à parois épaisses, utilisé pour piler ou malaxer certaines substances. Des préparations pharmaceutiques que l'on obtient en pilant dans un mortier de marbre, avec un pilon de bois, des substances végétales fraîches (...) réduites en pulpe très-fine, à laquelle on ajoute du sucre pulvérisé (Kapeler, Caventou,Manuel pharm. et drog.,t. 1, 1821, p.214).Le garde pilait religieusement les gousses d'ail dans un mortier en y laissant tomber l'huile d'olive goutte à goutte (A. Daudet, Contes lundi,1873, p.276).
Expr. et proverbes
Vieilli. Piler de l'eau dans un mortier. Faire quelque chose d'inutile, agir inefficacement. [L'arquebusier] tambourinait du poing sur la devanture: mais cela ne produisit pas plus d'effet que s'il eût pilé de l'eau dans un mortier (Nerval,Nouv. et fantais.,1855, p.209).
Vx. Le mortier sent toujours l'ail. On garde toujours quelque chose de son éducation première, des milieux que l'on a fréquentés. N'épousez jamais veuve ou fille de tavernier [suivant la recommandation d'un moraliste du temps]: «Le mortier sent toujours l'ail qu'on y a broyé.» (Faral,Vie temps St Louis,1942, p.77).
B. − P. anal. (de forme)
1. Vx. Mortier (de veille, de nuit). Petit vase de métal rempli d'eau et muni d'un morceau de cire faisant veilleuse. Les mortiers avaient surtout pour mission d'éclairer durant la nuit, les chambres des princes et des princesses (Havard1889).
2. Coiffure en forme de toque ou de bonnet à haute calotte. Voyons ton histoire, mon ami! dit le marquis en mettant son mortier de dentelle sur son crâne chauve (Sand,Beaux MM.Bois-Doré,t. 2, 1857, p.247).Les bonzes accomplissent les rites. Ils ont une robe grise, (...) des houseaux de toile blanche, et quelques-uns une sorte de mortier sur la tête (Claudel,Connaiss. Est,1907, p.29).
En partic. Coiffure portée autrefois par le chancelier de France et les présidents des parlements, et de nos jours, par les magistrats de la Cour des comptes et de la Cour de cassation. Le mortier de premier président était bordé de deux galons d'or, l'un en haut, l'autre en bas. Le chancelier de France avait un mortier qui était d'étoffe d'or avec un bord d'hermine (Ac.1835, 1878).Bourgeois en chaperon, présidents à mortier, juges en toque, docteurs avec leurs hermines se pressent (Renan,Drames philos.,Eau jouvence, 1881, iii, 3, p.484).
P. méton. Charge de président de parlement; le président lui-même. J'ai vu des hommes trahir leur conscience pour complaire à un homme qui a un mortier ou une simarre: étonnez-vous ensuite de ceux qui l'échangent pour le mortier, ou pour la simarre (Chamfort,Max. et pens.,1794, p.38).Madame Saint-James avait pour ambition de ne recevoir chez elle que des gens de qualité, vieux ridicule toujours nouveau. Pour elle, les mortiers du parlement étaient déjà fort peu de chose (Balzac,Deux rêves,1830, p.346).V. aussi fourrure A 2 a ex. de Sandeau.
3. ARM. Pièce d'artillerie à tube court, à fort calibre, destinée à envoyer des bombes, des grenades, des obus. Tir au mortier; obus de mortier. Nous escortions trois compagnies d'artillerie autrichienne avec des pièces de gros calibre et une batterie de trois mortiers (Chateaubr.,Mém.,t. 1, 1848, p.412):
. Roule, fusillade, jour et nuit! feu de vos pièces toutes à la fois! tonnez, canons allemands! Que le coup du mortier de quatre cent vingt vers le ciel dans une montagne noire de fumée se décharge comme un volcan! Claudel,Poèmes guerre,1916, p.528.
Mod. Arme lourde à tir courbe et à âme lisse utilisée en particulier par l'infanterie (v. crapouillot). J'envisageai alors (...) de demander l'autorisation de passer à l'industrie privée une commande de «mortiers de tranchées», qui pourraient être mis rapidement en service dans les unités du génie. Mais (...) rien ne fut fait pour doter notre armée de «lance-mines», dont elle se trouva entièrement dépourvue au début des opérations (Joffre,Mém.,t. 1, 1931, p.73).Quant à la puissance de son armement moderne [d'un groupement], elle peut se mesurer au total des canons antichars (...), des mortiers d'infanterie (66 mortiers de 60, 40 mortiers de 80), des chars (71 chars) (De Gaulle,Mém. guerre,1954, p.622).
II. − Mélange fait de certaines matières (chaux éteinte ou ciment, sable délayé dans l'eau) et utilisé pour lier les matériaux de construction, faire des revêtements, des enduits, fabriquer le béton. [Une maison] avait dû être construite en moellons et en terre; plus tard, on en refit deux murs au mortier (Zola,Terre,1887, p.120).La proportion de liant qu'on ajoute à un mètre cube de sable constitue le dosage du mortier; suivant la quantité d'eau ajoutée au mélange, on obtient des mortiers secs ou des mortiers plastiques (Bourde,Trav. publ.,1928, p.171).V. aussi chaux ex. 2.
SYNT. Gâcher le mortier; mortier de chaux, de ciment, d'argile, de terre, de goudron; mortiers ordinaires; mortiers hydrauliques; mortiers bâtards; mortier gras; mortier maigre.
P. métaph. Dans cette espèce de cuve qu'est notre mémoire, l'imagination est, pour l'auteur d'un roman, le principe qui solidifie, qui fait le mortier (Lacretelle,Am. nupt.,1929, p.57).En politique, l'amitié n'est rien d'autre que le mortier qui lie les intérêts (Mauriac,Bloc-Notes,1961, p.249).
P. anal. Préparation culinaire (soupe, purée), d'une consistance trop épaisse. Espèce de pâte pétrie avec des pommes de terre, un mortier jaune, sans beurre, que ma mère m'a présenté comme un plat de luxe (Vallès,J. Vingtras,Enf., 1879, p.132).
Prononc. et Orth.: [mɔ ʀtje]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. Ca 1160 «agglomérat reliant les pierres d'une construction» (Eneas, 7343 ds T.-L.); 1668 p. anal. «matière pâteuse et épaisse» (La Fontaine, Fables, VI, 18: Ôte d'autour de chaque roue ce malheureux mortier). B. Ca 1170 «récipient dans lequel on brasse certaines matières» (Rois, III, VII, 50, éd. E. R. Curtius, p.128); p. anal. 1. xiiies. «vase rempli d'huile ou de cire, d'où émerge une veilleuse» (Du chevalier qui fist sa fame confesse [ms. BN fr. 837] ds Montaiglon et Raynaud, Rec. gén. des fabliaux, t. 1, p.182, 120); 2. 1461 «sorte de toque portée par certains dignitaires» (Villon, Testament, éd. J. Rychner et A. Henry, 692); 1595, 7 juin président de mortier (Arch. de la Haute-Garonne, Parlement de Toulouse, B 1909, fol. 174 vo); 1694 [éd.] par réduction mortier «président à mortier» (La Bruyère, Caractères, De la ville, 14, éd. J. Benda, p.231); 3. ca 1450 «canon court de fort calibre» (Mistère du Vieil Testament, éd. J. de Rothschild, 42227); 1470 mortier à feu, faire tirer le mortier (ap. Garnier, L'Artillerie de la comm. de Dijon, p.24 ds Gay). Du lat. mortarium «vase à piler, mortier; auge à mortier; drogue, potion; mortier, ciment» à l'époque class.; à l'époque médiév. «mortier, coiffe de tissu garnissant le heaume» (1191), «lampe, luminaire [d'une église]» (ca 1175 ds Nov. gloss. s.v.). Fréq. abs. littér.: 238. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 323, b) 246; xxes.: a) 296, b) 425.

Wiktionnaire

Nom commun - ancien français

mortier \Prononciation ?\ masculin

  1. Mortier (mélange pâteux).
    • Qu’il est de pierre et de mortier — (Roman d’Eneas, ms. 60 français de la BnF, f. 175v. b.)

Nom commun - français

mortier \mɔʁ.tje\ masculin

  1. (Maçonnerie) Mélange pâteux, destiné à durcir, d’un liant et d’agrégats, servant à lier et sceller les pierres, les parpaings ou les briques d’une construction. Généralement il s'agit d'un mélange de sable, de ciment ou de chaux et d'eau.
    • L’hydrate de chaux en pâte, tel qu'il convient aux mortiers, est obtenu de la même manière, mais en ajoutant plus d'eau, pour préparer une pâte fluide qui prend plus de consistance par l’extinction (hydratation) des dernières particules de chaux. — (A. Payen, Précis de chimie industrielle : à l'usage des écoles préparatoires aux professions industrielles, des fabricants et des agriculteurs, 3e édition, volume de texte, Paris : Librairie Hachette, 1855, page 339)
    • Grâce à la bonté des mortiers, ces masses renversées ne se sont point disjointes et sont là comme des rochers […]. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
    • Les sables sont les matières que l'on mélange le plus habituellement à la chaux pour former les mortiers ; ils doivent être rudes au toucher et crier quand on les serre dans la main. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 21)
    • Ils avaient tamisé du sable pour recueillir le plus fin qui servirait à faire le mortier. Les débris étaient retamisés sur un tamis aux mailles plus grosses qui laissaient passer les gravillons. Il ne restait plus que la caillasse qui servirait à faire le béton. — (Édouard Bled, J’avais un an en 1900, Fayard, 1987, Le Livre de Poche, page 158)
    • Ce coffrage est rempli de mortier autolissant et autonivelant et peut recevoir tous les revêtements classiques de sols. — (L'Architecture d'aujourd'hui, n° 267 à 269, Armand Margueritte, 1990, page 174)
    • Pour plus d’étanchéité et de résistance au vent, l’embarrure des tuiles plates était faite au mortier de façon très soignée. — (Jean-Louis Boithias & Corinne Mondin, La maison rurale en Basse-Normandie, éditions Créer, 2001, page 41)
    • La Chape Liquide de Lafarge est un mortier prêt-à-l'emploi (chape autolissante et autonivelante) à base de sulfate de calcium (anhydrite) pour la réalisation de chape de sol flottante ou désolidarisée destinée à recevoir tous types de revêtements. — (Copropriété & Travaux, Hiver 2009, page 37)
  2. (Figuré) Sorte de matière pâteuse et épaisse.
  3. (Cuisine, Pharmacie) Récipient qui est fait d’une matière dure et résistante (métal, pierre, bois, granit, verre), et dont on se sert pour piler certaines substances que l’on veut réduire en poudre ou en pâte.
    • Ce matin-là, dans sa chambre, une pièce au nord, un peu assombrie par le voisinage des platanes, meublée simplement de son lit de fer, d’un secrétaire en acajou et d’un grand bureau, où se trouvaient un mortier et un microscope, il achevait, avec des soins infinis, la fabrication d’une fiole de sa liqueur. — (Émile Zola, Le Docteur Pascal, G. Charpentier, 1893)
    • L'usage des moulins pour la transformation du blé en farine paraît avoir été introduit en Europe par les Romains après la conquête de l'Asie ; auparavant on se servait probablement de pilons et de mortiers, ou même simplement de pierres. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 107)
    • Quoi! Celui qui, d’un pas léger, courait les sentiers de Vouvray, est-ce le même que nous voyons assis dans la poussière d’un village baoulé au seuil d'une pauvre case de palmes et de bambous et qui tire l’âcre fumée d'une courte pipe en terre tandis que sa femme pile le mil dans un mortier en bois d’émien? — (Maurice Bedel, Le mariage des couleurs, 1951, II, 5)
  4. (Vieilli) Bouche à feu utilisée pour lancer des boulets comme une bombarde ou un canon court.
  5. (Militaire) Pièce d'artillerie se chargeant en principe par la bouche, formé d’un tube muni d'un percuteur fixe et tirant des obus avec une trajectoire courbe presque verticale, utilisé dans les opérations d’infanterie, en particulier pour les tirs indirects.
    • Ce soudain branle-bas de combat gagna jusqu'à l'intendance. On vit des secrétaires, cuisiniers et autres non-combattants entourer les instructeurs pour s'initier rapidement au maniement du bazooka et du mortier de tranchée, et apprendre l'art de poser une mine. — (Peter Elstob, Bastogne : la bataille des Ardennes, traduit par André Comhaire, Verviers : Gérard & cie (collecion Marabout), 1970, page 51)
    • C'est la société Brandt qui fixe le standard du mortier d'infanterie, avec ses deux modèles conçus dans les années 1920, le 81 mm et le 60 mm. — (mortier, article Wikipédia)
  6. (Par extension) Sorte de gros pétard qui peut servir de projectile.
  7. (Histoire) Coiffe de protection du XVIe qui se portait sous le casque.
  8. Coiffure ronde, comme une toque, de velours noir, bordée de galon d’or, que les présidents et le greffier en chef du parlement français portaient dans l’exercice de leurs fonctions, et qui est encore aujourd’hui la coiffure des présidents des cours de justice.
    • Sa tête était coiffée d’un bonnet écarlate garni de fourrures, de la forme de ceux que les Français appellent mortier, par sa ressemblance avec un mortier renversé. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • …, le noble sire couvrit ses oreilles d'un mortier, …. — (Aloysius Bertrand, Gaspard de la nuit, 1842)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MORTIER. n. m.
Mélange de sable, de chaux et de ciment, délayé avec de l'eau et servant à lier les pierres ou les briques d'une construction. Mortier à chaux et à sable, à chaux et à ciment. Mortier de ciment.

MORTIER se dit aussi d'une Sorte de vase qui est fait de métal, de pierre, de bois, de verre, de marbre, de faïence, etc., et dont on se sert pour y piler certaines substances qu'on veut réduire en poudre ou en pâte. En termes d'Artillerie, il se dit d'une Sorte de canon très court tirant presque verticalement et lançant des obus ou des bombes. Une batterie de mortiers.

MORTIER se dit en outre d'une Sorte de coiffure ronde, de velours noir, bordé de galon d'or, que les présidents de parlement portaient dans l'exercice de leurs fonctions, et qui est encore aujourd'hui la Coiffure des présidents des cours de justice. Président à mortier.

Littré (1872-1877)

MORTIER (mor-tié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des mortié-z épais) s. m.
  • 1Vase à parois épaisses, en fer, en marbre ou autre substance, creusé d'une cavité hémisphérique évasée par le haut, et dans lequel on concasse, pulvérise ou écrase, à l'aide d'un pilon, des substances pour l'usage de la chimie ou de la pharmacie ou de la cuisine, etc. Je ne voudrais pas avoir à faire à un prince athée qui trouverait son intérêt à me faire piler dans un mortier ; je suis bien sûr que je serais pilé, Voltaire, Dict. phil. Athéisme.
  • 2Ancien terme de la maison du roi. Mortier de veille, petit vaisseau d'argent, qui a quelque ressemblance avec un mortier à piler, et qu'on remplit d'eau, sur laquelle surnage un morceau de cire jaune d'une demi-livre avec un petit lumignon au milieu, qu'on allume aussitôt que le roi est couché, et qui brûle toute la nuit dans sa chambre.
  • 3 Par assimilation de forme avec un mortier, sorte de bonnet que le chancelier de France et les grands présidents, qu'on appelait présidents à mortier ou au mortier, portaient pour marque de leur dignité, et qui est encore aujourd'hui la coiffure des présidents de cours de justice. C'est là leur diadème [des fleurs] ; ils en font plus de compte Que d'un cercle à fleurons de marquis ou de comte, Et des larges mortiers à grands bords abattus, Voltaire, Ép. 76. Les barons en robe de soie, Avec leurs mortiers de velours, Hugo, Ballades, VI.
  • 4 Fig. Le président lui-même. Il tient ici contre le mortier, La Bruyère, VII. Il traite les mortiers de bourgeoisie, La Bruyère, XI. Tel ou tel corps se contestent l'un à l'autre la préséance ; le mortier et la pairie se disputent le pas, La Bruyère, XIV. Le premier président donna un grand dîner ; quelque magistrature avide du sac, d'Antin, nul autre duc ni autres gens de marque, quelque peu de mortiers, Saint-Simon, 362, 30.

    On dit président à mortier. Cependant Bouhours (Nouv. Rem.) voulait qu'on dît : président au mortier : " Lamoignon, remarque-t-il, disait toujours président au mortier, et il savait son nom apparemment. Patru, Ménage, Mlle de Scudéry, sont également pour président au mortier. Notre langue veut que les mots qui marquent une distinction retiennent l'article : huissier à la chaîne, chambre aux deniers. "

  • 5 Par une autre assimilation de forme, nom donné à une pièce d'artillerie pour lancer des bombes. Que cette armée était d'environ 20000 hommes, que M. de Munster avait soixante-dix mortiers, avec lesquels il prétendait désoler cette place, Pellisson, Lett. hist. t. I, p. 121, dans POUGENS. Jusque-là il n'était tombé dans l'esprit de personne que des mortiers pussent n'être pas placés à terre et se passer d'une assiette solide, Fontenelle, Renau. M. Renau avait encore inventé de nouveaux mortiers qui chassaient les bombes plus loin et jusqu'à 1700 toises, Fontenelle, ib. Longtemps après sa chute [de la bombe], on voit fumer encore La bouche du mortier, large, noire et sonore, Hugo, Odes, III, 6.
  • 6 Terme de maçonnerie qui provient de ce que le mortier se pilait dans un mortier. Sable et chaux mélangés dont on se sert pour lier les pierres d'un mur. Faire du mortier. Mortier à chaux et à sable. Le mortier est un mélange intime de chaux, d'eau et d'un corps dur réduit en petits fragments, Thenard, Traité de chimie, t. II, p. 219, dans POUGENS. C'est à tort que certains maçons donnent le nom de chaux au mortier de chaux, pour le distinguer du mortier de terre qu'ils appellent absolument mortier, Legoarant

    Bâti à chaux et à mortier, bâti solidement.

    Mortier gras, mortier dans lequel il y a beaucoup de chaux. Mortier maigre, mortier dans lequel la chaux manque et qui n'est pas liant. Mortier blanc, mortier fait avec une chaux de faible qualité. Mortier bâtard, mortier fait avec de bonne et de mauvaise chaux.

    Mortier liant, mortier qui se manie facilement.

    Fig. et par plaisanterie. Il dit que son évêque d'Annecy, qui s'intitule prince de Genève, est cousin germain de son maçon, et que c'est un prélat qui n'a pas le mortier liant, D'Alembert, Lett. au roi de Pr. 7 août 1769.

    Fig. et familièrement. Cette soupe est du mortier, elle est trop épaisse.

  • 7Mélange d'argile et de sable avec lequel on construit les fourneaux.

    Mélange d'argile, de sable et de foin ou de bourre servant à construire des murs dans les pays où la pierre à bâtir est rare.

    Terme de peinture. Composition de chaux et de sable dont on fait des enduits pour peindre à fresque.

  • 8Bassin creux fait en terre où l'on éteint la chaux.

HISTORIQUE

XIIe s. Phieles [fioles] e mortiers, e encensiers, tut de fin or, Rois, p. 257.

XIIIe s. Mortiers ouvrés, desquex la charretée…, Liv. des mét. 277. Li mortelier doivent jurer… qu'il ne feront nul mortier fors que de bon liois, et se il le fet d'autre pierre… il doit estre despeciez, ib. 110. Li murs… Tot entor est faist à compas, Et est fais trestous d'un mortier Qui ne doute pikois d'acier, Fl. et Bl. 1789. Peivere [poivre] soudout [il broyait] en un morter, Lai del desiré. Et lor fist commencer la tor de pierre fort à chauz et à mortier, Merlin, f. 31, verso. Gloutonie… Refet sovent le mortier [cornet à dés] bruire Et chiés [chez] Hasart le tavernier, Rutebeuf, II, 38.

XIVe s. Un mortier de plon o [avec] pestel [pilon] de plon, H. de Mondeville, f° 96. On dist que mortiers est adès les aux florans [sent toujours l'ail], Baud. de Seb. II, 385. Et ama mieux estre pilé en un mortier, qu'il revelast à un tirant le secret de sa cité, Oresme, Eth. 49.

XVe s. Toujours veult mortier qu'on besongne, Deschamps, Poésies mss. f° 333. Abusé m'a et faict entendre Tousjours d'ung que ce fust ung aultre, De farine que ce fust cendre, D'ung mortier, un chapeau de feautre, Villon, Grand testam. Double ballade. Chargerent un mortier, puis mirent le feu dedans, et vint choir tout droit sur la nef de l'eglise, et rompit la dite nef, André de la Vigne, Voy. de Charles VIII, p. 134, dans LACURNE.

XVIe s. Les Mores assiegés tiroient certains tonnerres avec des mortiers de fer, Paré, IX, Préf. S'en esveilla en sursault, et approchant le mortier de cire qui brusloit [sorte de veilleuse]…, D. Flores de Grèce, f° 53, dans LACURNE.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MORTIER. Ajoutez :
9Cavité faite dans une forte pièce de bois, où, pour la fabrication de la poudre, le soufre, le salpêtre et le charbon sont battus ensemble par des pilons.

REMARQUE

En artillerie, le mortier est une bouche à feu courte, de fort calibre, montée sur un affût bas et sans roues ; le mortier lance des bombes et des grenades ; le tir en a généralement lieu sous un angle très élevé ; on désigne le mortier par son diamètre exprimé en pouces ou en centimètres : mortier de 8 pouces, mortier de 32 centimètres.

Mortier à la Gomer, mortier dont la chambre est tronconique. Mortier à l'espagnole, ancien mortier dont la chambre est concave.

Mortier-Comminges, mortier de 18 pouces dont la bombe pèse 250 kil.

Mortier à plaque, mortier employé par la marine ; il est coulé avec une plaque, de manière à être toujours pointé sous l'angle de 42° 1/2, qui est l'angle de la plus grande portée dans l'air.

Mortier éprouvette, mortier particulier employé dans les écoles d'artillerie pour éprouver la portée de la poudre.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

Mortier, s. m. en Architecture, composition de chaux, de sable, &c. mélés avec de l’eau qui sert à lier les pierres, &c. dans les bâtimens. Voyez Batiment, Ciment.

Les anciens avoient une espece de mortier si dur & si liant, que, malgré le tems qu’il y a que les bâtimens qui nous restent d’eux durent, il est impossible de séparer les pierres du mortier de certains d’entr’eux ; il y a cependant des personnes qui attribuent cette force excessive au tems qui s’est écoulé depuis qu’ils sont construits, & à l’influence de quelques propriétés de l’air qui durcit en effet certains corps d’une maniere surprenante. Voyez Air.

On dit que les anciens se servoient, pour faire leur chaux, des pierres les plus dures, & même de fragmens de marbre. Voyez Chaux.

Delorme observe que le meilleur mortier est celui qui est fait de pozzolane au lieu de sable, ajoutant qu’il pénetre même les pierres à feu, & que de noires il les rend blanches. Voyez Pozzolane.

M. Worledge nous dit que le sable fin fait du mortier foible, & que le sable plus rond fait de meilleur mortier : il ordonne donc de laver le sable avant que de le méler ; il ajoute que l’eau salée affoiblit beaucoup le mortier. Voyez Sable.

Wolf remarque que le sable doit être sec & pointu, de façon qu’il pique les mains lorsqu’on s’en frotte ; & qu’il ne faut pas cependant qu’il soit terreux, de façon à rendre l’eau sale lorsqu’on l’y lave.

Nous apprenons de Vitruve que le sable fossile seche plus vîte que celui des rivieres, d’où il conclut que le premier est plus propre pour les dedans des bâtimens, & le dernier pour les dehors : il ajoute que le sable fossile exposé long-tems à l’air devient terreux. Palladio avertit que le sable le plus mauvais est le blanc, & qu’il en faut attribuer la raison à son manque d’aspérité.

La proportion de la chaux & du sable varie beaucoup dans notre mortier ordinaire. Vitruve prescrit trois parties de sable fossile & deux de rivieres contre une de chaux ; mais il paroît qu’il met trop de sable. A Londres & aux environs, la proportion du sable à la chaux vive est de 36 à 25 ; dans d’autres endroits, on met parties égales des deux.

Maniere de méler le mortier. Les anciens maçons, selon Felibien, étoient si attentifs à cet article, qu’ils employoient constamment pendant un long espace de tems dix hommes à chaque bassin, ce qui rendoit le mortier d’une dureté si prodigieuse, que Vitruve nous dit que les morceaux de plâtre qui tomboient des anciens bâtimens servoient à faire des tables : Felibien ajoute que les anciens maçons prescrivoient à leurs manœuvres comme une maxime de le délayer à la sueur de leurs sourcils, voulant dire par-là de le meler long tems au lieu de le noyer d’eau pour avoir plutôt fait.

Outre le mortier ordinaire dont on se sert pour placer des pierres, des briques, &c. il y a encore d’autres especes ce mortiers, comme :

Le mortier blanc dont on se sert pour plâtrer les murs & les platonds, & qui est composé de poil de bœuf melé avec de la chaux & de l’eau sans sable.

Le mortier dont on te sert pour faire les aqueducs, les citernes, &c. est très ferme & dure long tems. On le fait de chaux & de graisse de cochon qu’on mêle quelquefois avec du jus de figues, ou d’autres fois avec de la poix liquide : après qu’on l’a applique, on le lave avec de l’huile de lin. Voyez Citerne.

Le mortier pour les fourneaux se fait d’argille rouge, qu’on mêle dans de l’eau où on a fait tremper de la fiente de cheval & de la suie de cheminée. Voyez Fourneau.

On se plaint journellement du peu de solidité des bâtimens modernes ; cette plainte paroît très-bien fondée, & il est certain que ce défaut vient du peu de soin que l’on apporte à faire un mortier durable, tandis que les anciens ne négligeoient rien pour sa solidité. D’abord la bonté du mortier dépend de la qualité de la chaux que l’on y emploie ; plus la pierre à chaux que l’on a calcinée est dure & compacte, plus la chaux qui en résulte est bonne. Les Romains tentoient cette vérité, puisque, lorsqu’il s’agissoit de bâtir de grands édifices, ils n’employoient pour l’ordinaire que de la chaux de marbre. La bonté du mortier dépend encore de la qualité du sable que l’on mêle avec la chaux ; un sable fin paroît devoir s’incorporer beaucoup mieux avec la chaux qu’un sable grossier ou un gravier, vû que les pierres qui composent ce dernier doivent nuire à la liaison intime du mortier. Enfin, il paroît que le peu de solidité du mortier des modernes vient du peu de soin que l’on prend pour le gâcher, ce qui fait que le sable ne se mêle qu’imparfaitement à la chaux.

M. Shaw, célebre voyageur anglois, observe que les habitans de Tunis & des côtes de Barbarie bâtissent de nos jours avec la même solidité que les Carthaginois. Le mortier qu’ils emploient est composé d’une partie de sable, de deux parties de cendres de bois, & de trois parties de chaux. On passe ces trois substances au tamis, on les mêle bien exactement, on les humecte avec de l’eau, & on gâche ce melange pendant trois jours & trois nuits consécutives, sans interruption, pour que le tout s’incorpore parfaitement ; &, pendant ce tems, on humecte alternativement le mélange avec de l’eau & avec de l’huile : on continue à remuer le tout jusqu’à ce qu’il devienne parfaitement homogene & compacte. Voyez Shaw, Voyage en Afrique. (—)

Mortier, (Jurisprud.) est une espece de toque ou bonnet qui étoit autrefois l’habillement de tête commun, & dont on a fait une marque de dignité pour certaines personnes.

Le mortier a été porté par quelques empereurs de Constantinople, dans la ville de Ravene : l’empereur Justinien est représenté avec un mortier, enrichi de deux rangs de perle.

Nos rois de la premiere race ont aussi usé de cet ornement, ceux de la seconde & quelques-uns de la troisieme race s’en servirent aussi. Charlemagne & S. Louis sont représentés dans certaines vieilles peintures avec un mortier ; Charles VI. est représenté en la grand’chambre avec le mortier sur la tête.

Lorsque nos rois quitterent le palais de Paris pour en faire le siége de leur parlement, ils communiquerent l’usage du mortier & autres ornemens à ceux qui y devoient présider afin de leur attirer plus de respect ; le mortier des présidens au parlement est un reste de l’habit des chevaliers, parce qu’il est de velours & qu’il y a de l’or.

Le chancelier & le garde des sceaux portent un mortier de toile d’or, bordé & rebrassé d’hermine.

Le premier président du parlement porte le mortier de velours noir, bordé de deux galons d’or. Les autres présidens n’ont qu’un seul galon ; le greffier en chef porte aussi le mortier.

Autrefois le mortier se mettoit sur la tête dessous le chaperon, présentement ceux qui portent le mortier le tiennent à la main, il y a néanmoins quelques cérémonies où ils le mettent encore sur la tête comme aux entrées des rois & des reines, ils le portent aussi en cimier sur leurs armes.

Les barons le portent aussi au-dessus de leur écusson avec des filets de perles. Voyez le Traité des signes des pensées, par Costadan, tom. IV. (A)

Mortier, (Chimie) instrument fort connu & qui est commun à la Chimie & à plusieurs arts ; mais l’unique qualité requise dans cet instrument pour l’usage commun, c’est d’être plus dur que les matieres qu’on veut y piler, afin que ses parois ne soient pas égrugés & usés, & que la pulvérisation n’y soit pas lente, difficile ou impossible ; mais outre cette qualité qu’on peut appeller méchanique, & qui est nécessaire aussi pour les pulvérisations chimiques ; l’on a égard encore dans ces dernieres opérations à la nature chimique de la matiere dont le mortier est composé, & à ses rapports avec les substances qui doivent être traitées dedans, aussi les Chimistes se sont-ils faits des mortiers de beaucoup de différentes matieres pour y traiter sans inconvénient les différens sujets chimiques. Ils ont des mortiers de cuivre, de fer fondu, d’argent, de marbre, de granit, de verre, de bois. Les usages des mortiers de ces différentes matieres sont déterminés par la connoissance que l’artiste doit avoir de l’action des différentes substances chimiques sur chacune de ces matieres ; & quant aux préparations pharmaceutiques ou médicinales qu’on exécute au moyen de ces instrumens, l’espece en est ordinairement déterminée dans les pharmacopées, il y est dit, broyez dans un mortier d’airain, de marbre, &c. en général le grand mortier du laboratoire ou de la boutique doit plutôt être de fer fondu, que de cuivre ou de bronze. Ce dernier métal est attaqué par un très grand nombre de substances, & ses effets dangereux sur les corps humains sont assez connus, voyez Cuivre. Le petit mortier & la main des boutiques, celui dans lequel on prépare les potions, les juleps, les loochs, &c. doit être d’argent plutôt que de cuivre, par les raisons que nous venons d’alléguer pour la proscription de ce dernier métal, & parce que le mortier de fer nuiroit à l’élégance de la plûpart de ces préparations.

Tout ce que nous venons de dire du mortier convient également au pilon, instrument que tout le monde connoît aussi, & dont l’usage est nécessairement lié avec celui du mortier, ou même qui ne fait proprement avec, qu’un même & seul instrument.

Ces considérations conviennent aussi généralement à tout vaisseau, & à la plûpart des instrumens chimiques & pharmaceutiques. Voyez Instrument, Chimie & Vaisseau. (b)

Mortier de veille. (Lang. franç.) On appelle chez le roi de France, mortier de veille, un petit vaisseau d’argent qui a de la ressemblance au mortier à piler ; il est rempli d’eau sur laquelle surnage un morceau de cire jaune grosse comme le poing, pesant une demi-livre ; & ayant un petit lumignon au milieu ; ce morceau de cire se nomme aussi mortier. On l’allume quand le roi est couché, & il brûle toute la nuit dans un coin de sa chambre, conjointement avec une bougie qu’on allume en même tems dans un flambeau d’argent, au milieu d’un bassin d’argent qui est à terre. (D. J.)

Mortier, le, est dans l’Artillerie une espece de canon plus court que le canon ordinaire, & de même métal, qui sert à jetter des bombes & quelquefois des grenades. Voyez Bombe.

L’usage des mortiers est fort ancien. M. Blondel les croit du tems des plus vieux canons, & qu’ils ne servoient alors qu’à jetter des pierres & des boulets rouges. Les premieres bombes jettées avec le mortier furent employées au siége de Vaclhtendonek en 1588 ; ce fut Malthus, ingénieur anglois, qui a le premier introduit l’usage des bombes en France dans l’attaque des places, & qui s’en servit d’abord au premier siége de la Motte en 1634. Le roi Louis XIII. avoit fait venir cet ingénieur de Hollande.

Il y a plusieurs sortes de mortiers ; savoir, de 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, & même de 18 pouces de diametre à leur bouche ; ils contiennent dans leurs chambres 2, 3, 4, 5, 6 & 12 livres de poudre.

Explication d’un mortier de douze pouces, contenant six livres de poudre, Pl. VII. de fortification, fig. 4. A sa culasse, B la lumiere avec son bassinet, C les tourillons, D l’astragalle de la lumiere, E le premier renfort, F plate-bande de renfort chargé de son anse, & avec les moulures ; G la volée avec son ornement, H l’astragale du collet, I le collet, K le bourrelet, L l’embouchure ; l’ame, ce qui est ponctué depuis la bouche jusqu’au dessous de la plate-bande, la chambre ponctuée depuis le dessous de la plate-bande jusqu’à la lumiere. Voyez Pl. VII. fig. 5. la bombe de ce mortier, & fig. 6. la coupe de cette bombe avec sa fusée. Voyez Fusée de la bombe.

Il y a des mortiers dont la chambre est cylindrique, c’est-à-dire partout de même longueur, & le fond un peu arrondi. D’autres à chambre concave ou sphérique, parmi lesquelles chambres, il y en a à poire & à cone tronqué. Les chambres concaves & à poire n’ont pas le même inconvénient que dans le canon, parce que son peu de hauteur permet de l’écouvillonner exactement ; ainsi, nul inconvénient n’est à craindre à cet égard. Et comme ces chambres sont plus propres à l’inflammation de la poudre, que les cylindriques, il s’ensuit qu’elles sont les plus avantageuses pour le mortier.

Nous ajoutons ici ce que M. Belidor dit dans son Bombardier françois sur les differentes chambres des mortiers. « L’on a imaginé, dit cet auteur, quatre sortes de chambres pour les mortiers : la premiere est celle que l’on nomme cylindrique, parce qu’en effet elle a la figure d’un cylindre, dont la lumiere qui porte le feu à sa charge, répond au cercle du fond ; il y en a où ce fond se trouve un peu concave, afin qu’une partie de la poudre se trouvant au-dessous de la lumiere, toute la charge puisse s’enflammer plus promptement ; car les chambres cylindriques ont cela de défectueux, que lorsqu’on y met beaucoup de poudre, il n’y a guere que celle qui se trouve au fond qui contribue à chasser la bombe, l’autre ne s’enflammant que quand elle est déja partie ; & l’on a remarqué plusieurs fois que six livres de poudre ne chassoient la bombe guere plus loin, sous le même degré d’élévation que cinq livres, à cause que l’ame du mortier n’ayant que très-peu de longueur, la bombe ne parcourt pas un assez long espace avant que d’en sortir, pour recevoir l’impulsion de la poudre qui s’enflamme sur la fin, ce qui est un des plus grands défauts que puisse avoir une arme à feu ; dont la perfection se réduit à faire ensorte que toute la charge soit enflammée dans le moment que le corps qu’elle chasse est sur le point de partir.

» Un autre défaut des chambres cylindriques, c’est qu’elles sont rarement bien coulées, l’axe étant presque toujours oblique à celui du mortier, au lieu qu’il devroit être le même, ce qui fait que l’action de la poudre n’embrassant point le culot de la bombe, pour la chasser directement, imprime sa force au-dessus ou au-dessous, à droite ou à gauche, & écarte beaucoup la bombe de l’objet où on vouloit la jetter. Il arrive un inconvénient beaucoup plus pernicieux encore, c’est que la bombe avant que de sortir du mortier le choque quelquefois avec tant de violence, qu’elle se casse en morceaux.

» Plusieurs bombardiers assurent, que le plus grand nombre des mortiers cilindriques, dont on s’est servi dans la derniere guerre, étoient si sujets à casser les bombes, qu’ils avoient été obligés de les caler avec des éclisses afin qu’elles sortissent du mortier sans le toucher.

» Il y a long-tems qu’on s’est apperçu que les mortiers cylindriques ne chassoient pas les bombes à des distances proportionnées à la quantité de poudre dont on les chargeoit. C’est pourquoi on a inventé les chambres sphériques, où la poudre étant plus ramassée autour de la lumiere, le feu pût se porter plus promptement à toutes les parties de la poudre, pour s’enflammer à la ronde dans un instant, & non pas successivement comme dans les chambres cylindriques. Le diametre du cercle qui forme l’entrée de la chambre étant plus petit que celui de la chambre même, il arrive que la poudre qui s’est enflammée la premiere ne rencontrant point d’abord une issue libre pour s’échapper, choque les parois de la chambre, s’agite avec une extrême violence, se réflechit sur elle-même, & allume celle qui ne l’étoit pas. De sorte que devenue un fluide à ressort, elle réunit tous ses efforts contre la bombe qu’elle chasse avec toute la force dont elle est capable. Les chambres sphériques seroient sans doute préférables à toutes les autres pour les armes à feu en général, si elles n’avoient le sort de toutes les machines, qui est de ne pouvoir être perfectionnées au point de les rendre exemptes de défauts. Le diametre de l’entrée de cette chambre étant plus petit que celui de la chambre même, fait, comme on l’a déjà dit, que la poudre s’enflamme presque dans le même instant. Mais cet avantage est sujet à un inconvénient qui est que la difficulté que la poudre trouve d’abord à s’échapper, fait qu’elle tourmente extrèmement l’affut, la plate-forme & le mortier qu’il est presque impossible de maintenir sous l’angle où on l’avoit pointé. Ainsi la bombe portant sous une direction différente que celle qu’on lui avoit donnée, s’écarte beaucoup du but. (Nous avons vu que cet inconvénient joint à celui de ne pouvoir écouvillonner exactement le canon, les a fait abandonner entierement dans le canon).

» Quand on ne veut pas tirer loin, & qu’on ne met dans la chambre qu’une petite quantité de poudre, il y reste un grand vuide qui diminue beaucoup la charge, parce qu’elle n’est pas serrée, & l’on ne peut remplir ce vuide de terre par la difficulté de l’étendre également. C’est pourquoi on se sert peu de ces mortiers pour l’attaque des places, les reservant quand on est obligé de faire un bombardement de fort loin ; alors ils sont excellens. On a cherché à conserver ce que ces chambres ont de bon, en corrigeant ce qu’elles ont de défectueux. C’est ce qu’on a fait dans les chambres à poire. Le fond de ces chambres est à-peu-près une demi-sphere, dont le diametre du grand cercle détermine celui de la chambre De là les parois vont rencontrer l’entrée en adoucissant. Le diametre en est un peu plus petit que celui du fond. L’avantage de cette chambre est que deux livres de poudre y font plus d’effet que trois dans le mortier cylindrique, toutes choses étant égales d’ailleurs. Ces mortiers ne sont pas sujets à casser leurs bombes, & l’on y met aussi peu de poudre que l’on veut, sans que cela leur ôte rien de la propriété qui leur est essentielle, qui est que la poudre se trouvant plus ramassée, s’enflamme à la ronde pour réunir tous ses efforts. Alors la flamme pouvant-glisser, pour ainsi dire, contre les parois qui se trouvent depuis le milieu de la chambre jusqu’à l’entrée, sans être emprisonnée comme dans la chambre sphérique, elle s’échappe plus aisément, & ne tourmente point tant l’affut, & les machines dont on est obligé de se servir pour pointer.

» Enfin l’on s’est servi dans ces derniers tems de mortiers à cone tronqué. Comme cette chambre est extrèmement évasée, la poudre s’y enflamme assez facilement ; mais aussi elle a la liberté de se dilater, sans rencontrer d’autre obstacle que la bombe, ce qui fait que la même quantité ne chasse pas tout-à-fait si loin que dans les mortiers à poire ; mais elle les chasse au-delà des cylindriques. La figure de ce mortier est plus commode que toutes les autres pour l’appuyer solidement contre les coins de mire, lorsqu’on veut le pointer sous quelque angle que ce soit, à cause que le métal y est uni. M. Bélidor ajoûte que dans les différentes épreuves qu’il a faites, il n’a jamais tiré si juste qu’avec ce dernier mortier ».

Le mortier se place sur un affut, pour la facilité de son service. Voyez la description de celui qui lui est plus ordinaire, à la suite de celui du canon.

Pour faire connoître les principales dimensions du mortier, l’on joint ici la table suivante tirée de l’ordonnance du 7 Octobre 1732.

Table des dimensions du mortier de douze pouces de diametre à chambre cylindrique & du mortier de huit pouces trois lignes aussi à chambre cylindrique.
  Mortier de 12 pouces de diametre, à chambre cylindrique. Mortier de 8 pouces de diametre, à chambre cylindrique.
Profondeur de l’ame, compris le fond de demi-rond, Piés. pouc. lignes. points. Piés. pouc. lignes. points.
1 6 0 0 0 12 4 6
Profondeur de la chambre, 0 9 0 0 0 6 2 3
Ouverture de la chambre par le haut, 0 4 0 0 0 2 9 0
Ouverture de la chambre par le bas, les angles du fond remplis d’un quart de diametre en portion de cercle, 0 4 0 0 0 2 9 0
Epaisseur du métal à la volée, 0 2 0 0 0 1 6 0
Epaisseur du métal au renfort, 0 2 6 0 0 2 0 0
Hauteur du renfort, 0 7 0 0 0 5 0 0
Epaisseur du métal autour de la chambre, 0 4 0 0 0 2 9 0
La chambre est en-dedans les tourillons, 0 1 0 0 1 0 8 0
Diametre des tourillons, 0 7 3 0 0 4 8 0
Longueur des tourillons, 2 4 0 0 1 6 8 0
Longueur des masses de lumieres, 0 4 6 0 0 3 0 0
Diametre au gros bout, 0 2 4 0 0 1 8 0
Diametre au petit bout, 0 0 6 0 0 1 4 0
Poids desdits mortiers, 1450 livres. 500 livres.
Poudre que contient la chambre,
Table des dimensions du mortier de 12 pouces de calibre, à chambre-poire, contenant 5 livres & demie de poudre.
piés. pouces. lignes.
Profondeur de l’ame, compris le demi-rond, 1 6 0
Profondeur de la chambre 0 8 6
Ouverture du diametre de la chambre par le haut 0 4 0
Ouverture du diametre de la chambre par le bas, dont le fond est demi-sphérique 0 5 0
La lumiere percée raz le fond de la chambre
Épaisseur du métal dessous la chambre 0 7 10
Épaisseur du métal autour du plus grand diametre de la chambre 0 5 0
Épaisseur du métal au haut de la chambre 0 4 3
Hauteur du renfort dont le milieu répond au centre qui décrit le fond de l’ame 0 7 0
Épaisseur du métal au renfort 0 3 0
Épaisseur du métal à la volée 0 2 3
Diametre des tourillons 0 7 3
Longueur des tourillons 2 4 0
Longueur de la masse de lumiere 0 7 0
Diametre au gros bout 0 2 4
Diametre au petit bout 0 1 8
Poids de ce mortier, 1700 livres.

Pour le prix que le roi paye pour la façon de chaque mortier, voyez la table suivante.

Table du prix des façons des mortiers & pierriers.
Fonderies. Mortier de 12 pouces. Mortier de 12 pouces. Mortier de 12 pouces. Pierriers de 12 pouces & de 15 pouces.
Paris, 450 l. 350 l. 200 l. 350 l.
Douay, 250 100   250
Strasbourg, 440 320   270
Lyon, 370 285   235
Perpignan, 300 250 200 200

Des instrumens nécessaires pour charger le mortier, & de la maniere de le charger. Pour charger un mortier, il faut plusieurs instrumens, comme pour charger le canon. Les principaux sont une dame ou une demoiselle du même calibre de la piece, pour battre, refouler la terre ou le fourrage dont on couvre la poudre ; une racloire de fer pour nettoyer l’ame & la chambre du mortier ; & une petite cuiller pour nettoyer plus particulierement la chambre de la poudre ; un couteau de bois d’un pié de long, pour serrer la terre autour de la bombe ; il est aussi besoin de dégorgeoirs, de coins de mire & de deux boutes-feu.

L’officier qui fait charger le mortier, ayant réglé la quantité de poudre dont il convient de le charger, fait mettre cette poudre dans la chambre du mortier ; après quoi il la fait couvrir de fourrage qu’il fait refouler avec la demoiselle. On recouvre ce fourrage de deux ou trois pelletées de terre qu’on refoule aussi ; après quoi on pose la bombe sur cette terre ; on la place le plus droit qu’il est possible au milieu du mortier, la fusée ou la lumiere en-haut. On rejette de la terre dans le mortier, & on entoure la bombe de tous côtés ; on refoule cette terre avec le couteau dont on a parlé ; ensorte que la bombe soit fixe dans la situation où on l’a mise. Tout cela étant fait, l’officier pointe le mortier, c’est-à-dire qu’il lui donne l’inclinaison nécessaire pour faire tomber là bombe dans le lieu où on veut la faire aller. Lorsque le mortier est placé dans la situation convenable pour cet effet, on gratte la fusée, c’est-à-dire qu’on la décoëffe ; on fait aussi entrer le dégorgeoir dans la lumiere pour la nettoyer. On la remplit de poudre très-fine ; & ensuite deux soldats prennent chacun l’un des deux boutefeux ; le premier met le feu à la fusée & le second au mortier. La bombe chassée par l’effort de la poudre va tomber vers le lieu où elle est destinée ; & la fusée qui doit se trouver à sa fin lors de l’instant où la bombe touche le lieu vers lequel elle est chassée, met dans ce même instant le feu à la poudre dont la bombe est chargée : cette poudre, en s’enflammant, brise & rompt la bombe en éclats qui se dispersent à peu-près circulairement autour du point de chute, & qui font des ravages considérables dans les environs.

Remarques. Si la fusée mettoit le feu à la bombe avant qu’elle fût dans le lieu où on veut la faire tomber, la bombe creveroit en l’air, & elle pourroit faire autant de mal à ceux qui l’auroient tirée qu’à ceux contre lesquels on auroit voulu la chasser. Pour éviter cet inconvénient, on fait ensorte que la fusée dont on connoit assez exactement la durée, ne mette le feu à la bombe que dans l’instant qu’elle vient de toucher le lieu sur lequel elle est chassée ou jettée. Pour cet effet, comme la fusée dure au moins le tems que la bombe peut employer pour aller dans l’endroit le plus éloigné où elle puisse tomber ; lorsqu’on veut faire aller la bombe fort loin, on met le feu à la fusée & au mortier & en même tems ; lorsque la bombe a peu de chemin à faire, on laisse bruler une partie de la fusée avant de mettre le feu au mortier.

De la position du mortier pour tirer une bombe, & de la ligne qu’elle décrit pendant la durée de son mouvement. Comme l’un des effets de la bombe résulte de sa pesanteur, on ne la chasse pas de la même maniere que le canon ; c’est-à-dire, le mortier dirigé, ou pointé vers un objet déterminé, on lui donne une inclinaison à l’horison, de maniere que la bombe étant chassée en haut obliquement, à peu-près de la même maniere qu’une balle de paume est chassée par la raquette, elle aille tomber sur l’endroit où on veut la faire porter. On voit par là que le mortier n’a point de portée de but-en-blanc, ou du moins qu’on n’en fait point d’usage.

Le mortier étant posé dans une situation oblique à l’horison, ensorte que la ligne AC (Pl. VIII. de la fortific. fig. 1.) qui passe par le milieu de sa cavité, étant prolongée, fasse un angle quelconque B & D avec la ligne horisontale A B ; la bombe chassée suivant le prolongement de cette ligne, s’en écarte dans toute la durée de son mouvement par sa pesanteur qui l’attire continuellement vers le centre ou la superficie de la terre : ce qui lui fait décrire une espece de ligne courbe AEB que les Géometres appellent parabole. Voyez Parabole & Jet de bombes.

Maniere de pointer le mortier. Pointer le mortier, c’est lui donner l’angle d’inclinaison convenable, pour que la bombe soit jettée dans un lieu déterminé.

Pour cet effet, on se sert d’un quart-de-cercle divisé en degrés, au centre duquel est attaché un fil qui soutient un plomb par son autre extrémité. On porte un des côtés de cet instrument sur les bords de la bouche du mortier, & le fil marque les degrés de l’inclinaison du mortier.

On se sert quelquefois pour le même usage d’un quart-de cercle brisé, tel qu’on le voit dans la figure N de la Pl. VII. de fortific. La fig. O de la même Pl. montre le même quart-de-cercle par derriere, où sont divisés les diametres des pieces & des boulets, & le poids & demi-diametre de sphere des poudres.

Comme ces sortes d’instrumens ne peuvent pas, à cause de leur petitesse, donner avec précision l’angle d’inclinaison du mortier ; que d’ailleurs on les pose indifféremment à tous les endroits du bord de la bouche du mortier : il arrive le plus souvent, dit M. Bélidor dans son Bombardier franç. « que le métal n’étant pas coulé également par-tout, & le pié de l’instrument ne posant, pour ainsi dire, que sur deux points, on trouve des angles différens chaque fois qu’on le change de situation. J’ai aussi remarqué, dit le même auteur, que lorsqu’on avoit pointé le mortier à une certaine élevation, si on appliquoit sur le bord de sa bouche plusieurs quarts-le-cercle, les uns après les autres, chacun donnoit un nombre de degrés différens, quoique posés au même endroit, parce que la plûpart sont mal-faits ou devenus défectueux, pour les avoir laissé tomber, ce qui en fausse le pié.

» Pour éviter ces inconvéniens, il faut avoir un grand quart-de cercle de bois, tel qu’on le voit sur le mortier A fig. 8. Pl. VII. de fortific. Il est accompagné d’une branche ou regle BC qu’on pose diamétralement sur le mortier, ensorte qu’elle en coupe l’ame parfaitement à angles droits. Au centre F du quart-de-cercle est attaché un pendule qui n’est autre chose qu’un fil de soie, au bout duquel est un plomb G qui va se loger dans une rainure, afin que la soie réponde immédiatement aux divisions de l’instrument. »

Il est évident que l’angle CFG est celui de l’inclinaison du mortier ; car si le mortier étoit pointé verticalement, le fil de soie tomberoit au point C ; mais il s’en écarte autant que la position du mortier s’écarte de la direction de la verticale. C’est pourquoi l’angle CFG est l’angle dont le mortier est incliné, ce qu’il falloit démontrer.

Pour ce qui concerne le service du mortier à un siege, voyez Batterie de Mortiers.

Mortier-plerrier. (Fortif.) Voyez Pierrier.

Mortier-perdreaux, ou à perdreaux (Fortif.) est un mortier accompagné de plusieurs autres petits mortiers pratiqués dans l’épaisseur de son métal. Chacun de ces petits mortiers a une lumiere percée à un pouce de son extrémité, laquelle répond à une pareille lumiere percée dans l’épaisseur du gros mortier, immédiatement au-dessous de la plinthe qui arrête les petits mortiers.

Ces petits mortiers sont propres à tirer des grenades, & on appelle ce mortier qui les contient à perdreaux, parce qu’en le tirant, sa bombe peut être regardée comme la perdrix accompagnée de grenades qui lui tiennent lieu de perdreaux. Les alliés ont fait beaucoup d’usage de cette sorte de mortiers dans la guerre de 1701 ; mais ils n’ont point eu une parfaite réussite dans les épreuves qui en ont été faites en France en 1693, & qui sont rapportées dans les Mémoires d’Artillerie de M. de Saint-Remy.

Mortier a la coehorn, (Fortificat.) ce sont de petits mortiers propres à jetter des grenades, & qui sont de l’invention du celebre ingénieur dont ils portent le nom.

Mortier aux pelotes. (Fonderie en sable.) Les fondeurs de menus ouvrages nomment ainsi un mortier de bois ou de pierre, & plus ordinairement de fonte, dans lequel ils forment avec un maillet des especes de boules ou de pelotes avec du cuivre en feuilles, qu’ils ont auparavant taillées en morceaux longs & étroits avec des cisailles. Voyez Fondeur en sable.

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Étymologie de « mortier »

Bourg. motey ; wallon, moirtei ; namur. morti ; provenç. mortier ; cat. morter ; esp. mortero ; port. morteiro ; ital. mortaio, le mortier à piler ; du lat. mortarium, qui signifie à la fois le mortier à construire, et le mortier où l'on pile, parce que le mortier à construire se pilait. Mortarium paraît avoir des affinités avec marcus, martulus, marteau ; radical sanscr. mar, broyer, a changé en o, comme dans mori, radical mar.

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(c. 1150) Du latin mortarium.
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Phonétique du mot « mortier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
mortier mɔrtje

Citations contenant le mot « mortier »

  • Celui qui doit vivre survit même si tu l'écrases dans un mortier. De Proverbe africain
  • Quand les poules de la basse-cour deviennent trop nombreuses autour du mortier et harcèlent les pileuses, celles-ci suspendent leur action. De Proverbe africain
  • C'est un effet du déconfinement: des jeunes ont décidé de lâcher les chevaux. Rodéos à scooter ou à moto, tirs de mortier, feux d'artifice, incendies de voiture, des habitants de Lyon et de son agglomération sont excédés. Les autorités doivent trouver une réponse appropriée dans les prochains jours. France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, Rodéos urbains et tirs de mortier dans la métropole de Lyon: le préfet de région face à l'exaspération des habitants
  • Des "tirs de barrage". Elles visent des forces de l'ordre en pleine intervention dans des quartiers sensibles, des commissariats en banlieue, et même le siège parisien de l’état-major du 2e régiment d’infanterie, dans le 13ème arrondissement, mercredi. Les attaques aux tirs de mortier d'artifice sont de plus en plus nombreuses en France, et notamment au commissariat de Sarcelles, dans le Val d'Oise, comme l'explique au micro d'Europe 1, le commissaire Olivier Keith, chef du service d'intervention, d'aide et d'assistance de proximité de la ville.  Europe 1, À Sarcelles, les tirs de mortier contre les forces de l'ordre se multiplient
  • Il faut dire que les tirs de mortier se multiplient dans les communes d’Ile-de-France et du Val-de-Marne depuis de nombreux mois. En avril dernier, le commissariat de Champigny-sur-Marne avait été pris pour cible, dans le quartier du Bois l’Abbé. Des jets de mortier et de feux d’artifices ont été commis. De source policière, un membre des forces de l’ordre avait été légèrement blessé au cours de la soirée.  , Tirs de mortier, nuisances sonores... Les villes du Val-de-Marne prennent des mesures | Actu Val-de-Marne
  • Feux d'artifice sauvages, tirs de mortiers, affrontements avec la police, incendie, interpellations et garde à vue. La nuit du 14 juillet a été agitée. Comme à son habitude, la préfecture de police n'a pas communiqué de chiffres des incidents, interpellations et garde à vue de la nuit. leparisien.fr, 14 juillet à Paris : tirs de mortier, incendies et interpellations - Le Parisien
  • « S'amuser à lancer des pétards de mortier en direction des immeubles est un jeu stupide : un drame aurait pu se produire ! », s'énerve un habitant du quartier. leparisien.fr, Yvelines : 120 personnes évacuées après un incendie provoqué par un tir de mortier - Le Parisien
  • Autre fait marquant de la soirée, plusieurs équipages de police ont été pris pour cible par des tirs de mortier. Des jets de ces dispositifs de feux d’artifice ont été observés dans différentes communes, comme Melun, le Mée, Savigny-le-Temple, Gretz-Armainvilliers, Pontault-Combault, Noisiel ou encore Lognes.  , Seine-et-Marne. Tirs de mortier, véhicules et poubelles incendiés... une nuit agitée pour la police | La République de Seine et Marne
  • Il était 3h30 du matin, dans la rue du Général-Brunet, quand des Compagnies républicaines de sécurité (CRS) ont été « ciblées par des tirs de mortiers d’artifice par un groupe de plusieurs individus », explique une source policière à actu Paris. , Un appartement détruit par un incendie après des tirs de mortiers d'artifice, à Paris | Actu Paris

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Traductions du mot « mortier »

Langue Traduction
Anglais mortar
Espagnol mortero
Italien mortaio
Allemand granatwerfer
Chinois 砂浆
Arabe مونة الاسمنت
Portugais argamassa
Russe строительный раствор
Japonais モルタル
Basque morteroak
Corse mortaio
Source : Google Translate API

Synonymes de « mortier »

Source : synonymes de mortier sur lebonsynonyme.fr

Mortier

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