Jurement : définition de jurement


Jurement : définition du Wiktionnaire

Nom commun

jurement masculin

  1. (Vieilli) Serment qu’on fait en vain, sans nécessité et sans obligation.
    • On ne nous croira pas, malgré tous vos jurements.
  2. (Religion) Blasphème, imprécation.
    • Voici le moment où vous devez, père Duchesne, vous repentir de tous vos jurements contre le ci-devant ordre du clergé. — (Jacques Hébert, La confession du père Duchesne à l'abbé Maury, page 2, dans une livraison du Père Duchesne, 1790)
    • … ; quant aux autres, deux mousses leur attachaient les pieds, malgré d'affreux jurements. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • Une des choses les plus bouffonnes que j’aie vues, c’est le mayoral se lamentant sur les débris de sa carriole ; il en rajustait les morceaux comme un enfant qui vient de casser un verre, et, voyant que le mal était irréparable, il éclatait en affreux jurements, trépignait, se donnait des coups de poing, se roulait par terre, imitant les excès des douleurs antiques, ou bien il s’attendrissait et se livrait aux plus touchantes élégies. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
    • Pas plus tôt la porte ouverte, voilà un grand cheulard de soldat à Guillaume qui se lève en grognant de dessus les copeaux et vient vers moi, les yeux hors de la tête, avec un tas de jurements que je ne comprends pas. — (Alphonse Daudet, Le Prussien de Bélisaire, dans Contes du lundi, 1873, Fasquelle, réédition Le Livre de Poche, 1974, page 68)
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Jurement : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

JUREMENT. n. m.
Serment qu'on fait en vain, sans nécessité et sans obligation. On ne nous croira pas, malgré tous vos jurements. Il se dit plus ordinairement dans le sens de Blasphème, imprécation. Il fit d'horribles jurements. Proférer un jurement. Il est vieux.

Jurement : définition du Littré (1872-1877)

JUREMENT (ju-re-man) s. m.
  • 1Action de jurer, de faire un serment. On ne vous croira pas malgré tous vos jurements. Ils [les manichéens] croyaient tout jurement défendu, Bossuet, Var. X.

    Terme de droit coutumier. Serment fait en justice

  • 2Blasphème, imprécation. Le roi a fait commandement à l'abbé Bois-Robert de sortir de Paris pour divers jurements qu'il avait proférés du nom de Dieu, après avoir perdu son argent contre les nièces de son Éminence [Mazarin], Patin, Lett. t. II, p. 179. Des querelles, des clameurs, dont le bruit se joint aux roulements des tambours, aux jurements des charretiers, au bruit des caissons et des canons, Ségur, Hist. de Nap. IV, 7.

HISTORIQUE

XIIIe s. Si dist li uns à l'autre : ci a bon jurement ; Graciés en soit Diex, à cui le mont apent, Ch. d'Ant. VII, 546.

XVIe s. Mon ami, je vous convie, suivant vos juremens, à venir mourir avec votre affectionné, D'Aubigné, Vie, XC. Jurement est une attestation de Dieu, pour confermer la verité de nostre parole ; car les blasphemes manifestes, qui se font pour despiter Dieu, ne sont pas dignes qu'on les appelle juremens, Calvin, Instit. 289. Moyenant les plus grands juremens et sermens du monde qu'il presta, Amyot, Dion, 62.

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Jurement : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

JUREMENT, s. m. Littérat. & Mythol.) affirmation qu’on fait d’une chose, en marquant cette affirmation d’un sceau de religion.

Les juremens ont pris chez tous les peuples autant de formes différentes que la divinité ; & comme le monde s’est trouvé rempli de dieux, il a été inondé de juremens au nom de cette multitude de divinités.

Les Grecs & les Romains juroient tantôt par un dieu, tantôt par deux, & quelquefois par tous ensemble. Ils ne reservoient pas aux dieux seuls le privilége d’être les témoins de la vérité ; ils associoient au même honneur les demi-dieux, & juroient par Castor, Pollux, Hercule, &c. avec cette différence chez les Romains, que les hommes seuls juroient par Hercule ; les hommes & les femmes par Pollux, & les femmes seules par Castor : mais ces regles même, quoiqu’en dise Aulugelle, n’étoient pas inviolablement observées. Il est mieux fondé quand il observe que le jurement par Castor & Pollux, fut introduit dans l’initiation aux mysteres éleusyniens, & que c’est de-là qu’il passa dans l’usage ordinaire.

Les femmes juroient aussi généralement par leurs Junons, & les hommes par leurs Génies ; mais il y avoit certaines divinités, au nom desquelles on juroit plus spécialement en certains lieux, qu’en d’autres. Ainsi à Athènes, on juroit le plus souvent par Minerve, qui étoit la déesse tutélaire de cette ville ; à Lacédemone, par Castor & Pollux ; en Sicile, par Proserpine ; parce que ce fut en ce lieu, que Pluton l’enleva ; & dans cette même île, le long du fleuve Simettre, on juroit par les dieux Palices. Voyez Palices.

Les particuliers avoient eux-mêmes certains sermens, dont ils usoient davantage selon la différence de leur état, de leurs engagemens, & de leurs goûts. Les vestales juroient volontiers par la déesse Vesta, les femmes mariées par Junon, les laboureurs par Cérès, les vendangeurs par Bacchus, les chasseurs par Diane, &c.

Non-seulement l’on juroit par les dieux & les demi-dieux, mais encore par tout ce qui relevoit de leur empire, par leurs temples, par les marques de leur dignité, par les armes qui leur étoient particulieres. Juvenal, qui comme Séneque, ne sait pas toûjours s’arrêter où il le faut, nous présente une longue liste des armes des dieux, par lesquels les jureurs de profession tâchoient de donner du poids à leurs paroles. Un homme de ce caractere, dit-il, brave dans ses juremens les rayons du soleil, les foudres de Jupiter, l’épée de Mars, les traits d’Apollon, les fleches de Diane, le trident de Neptune, l’arc d’Hercule, la lance de Minerve, & finalement, ajoute ce poëte dans son style emphatique, tout ce qu’il y a d’armes dans les arsenaux du ciel.

Quicquid habent telorum armamentaria cœli.

Les Poëtes & les Orateurs imaginerent de certifier leurs affirmations, en jurant par les personnes qui leur étoient cheres, soit qu’elles fussent mortes ou vivantes : j’en jure par mon pere & ma mere, dit Properce.

Ossa tibi juro per matris, & ossa parentis.

Quintilien s’écrie au sujet de sa femme, & d’un fils qu’il avoit perdu fort jeune : j’en jure par leurs manes, les tristes divinités de ma douleur, per illos manes, numina doloris mei : j’en atteste les dieux, & vous, ma sœur, dit tendrement Didon dans l’Eneïde, testor, cara, deos, & te germana.

Quelque fois les anciens juroient par une des principales parties du corps, comme par la tête ou par la main droite : j’en jure par ma tête, dit le jeune Ascagne, par laquelle mon pere avoit coutume de jurer.

Per caput hoc juro, per quod pater ante solebat.

Dans la célebre ambassade que les Troïens envoient au roi Latinus, Ilionée qui porte la parole, emploie ce noble & grand serment : j’en jure par les destins d’Enée, & par sa droite aussi fidele dans les traités, que redoutable dans les combats.

Fata per Æneæ juro, dextramque potentem
Sive fide, seu quis bello est expertus, & armis.

Æneid. VII. v. 234.

On ne doit pas être surpris que les amans préférassent à tout autre usage celui de jurer par les charmes, par les beaux y eux de leurs maitresses : c’étoient-là des sermens dictés naturellement par l’amour, attestor oculos, sydera nostra, tuos : je me souviens, dit Ovide, que cette ingrate me juroit fidélité par ses yeux, par les miens ; & les miens eurent un pressentiment de la perfidie qu’elle me préparoit.

Perque suos nuper jurasse recordor,
Perque meos oculos, & doluere mei.

Amor. lib. III. Eleg. 3.

Mais on est indigné de voir les Romains jurer par le génie, par le salut, par la fortune, par la majesté, par l’éternité de l’empereur.

Il semble que les dieux n’auroient jamais dû employer de juremens ; cependant la fable a voulu leur donner une garantie étrangere, pour justifier aux hommes la sainteté de la parole. Ainsi la Mythologie déclare, que les divinités de l’Olympe juroient elles-mêmes par le Styx, ce fleuve que nous concevons sous l’idée d’un dieu, & que les Grecs concevoient sous l’idée d’une déesse. Hésiode conte fort au long, tout ce qui regarde cette divinité redoutable.

Dii cujus jurare timent, & fallere numen.

Elle étoit, dit-il, fille de l’Océan, & épousa le dieu Pallas. De ce mariage naquirent un fils & trois filles, le Zele, la Victoire, la Force, & la Puissance. Tous quatre prirent les intérêts de Jupiter dans la guerre qu’il eut à soutenir contre les Titans : le maître du monde pour marquer sa reconnoissance, ordonna qu’à l’avenir tous les dieux jureroient par le Styx, & en même tems il établit des peines séveres contre quiconque d’entre les dieux oseroit se parjurer. Il devoit subir une pénitence de neuf années célestes, garder le lit la premiere année, c’est-à-dire demeurer tout ce tems-là sans voix & sans respiration, être ensuite chassé du ciel, exclus du conseil & des repas des dieux, mener cette triste vie pendant huit ans, & ne pouvoir reprendre sa place qu’à la dixieme année.

C’est par ces fictions qu’on tâchoit de rappeller l’homme à lui-même, & le contenir dans le devoir. Les sages disoient simplement que la déesse Fidélité étoit respectable à Jupiter même. Voyez Styx, Fidélité, Fidius, & Serment. (D. J.)

Jurement, (Théologie.) Dieu défend le faux serment, & les sermens inutiles ; mais il veut que quand la nécessité & l’importance de la matiere demandent que l’on jure, on le fasse en son nom, & non pas au nom des dieux étrangers, ou au nom des choses inanimées & terrestres, ou même par le ciel & par les astres, ou par la vie de quelque homme que ce soit. Notre Sauveur qui étoit venu, non pour détruire la Loi, mais pour la perfectionner, défend aussi les juremens ; & les premiers chrétiens observoient cela à la lettre, comme on le voit dans Tertullien, dans Eusebe, dans saint Chrisostome, dans saint Basile, dans saint Jérome, &c. Mais ni J. C. ni les Apôtres, ni les Peres, universellement n’ont pas condamné le jurement, ni même les sermens pour toutes occasions & pour toutes sortes de sujets. Il est des circonstances où l’on ne peut moralement s’en dispenser ; mais il ne faut jamais jurer sans une très grande nécessité ou utilité. Nous devons vivre avec tant de bonne-foi & de droiture, que notre parole vaille un serment, & ne jurer jamais que selon la justice & la vérité. Voyez saint Augustin, ép. 157. n. 40. & les Commentateurs sur saint Matthieu, v. 33. 34. Calmet, Dictionnaire de la Bible.

Jurement, (Jurisprud.) se prend quelquefois pour serment ou affirmation que l’on fait d’une chose en justice. Voyez Affirmation & Serment.

Mais le terme de jurement, se prend plus souvent pour certains termes d’emportement & d’exécration que l’on prononce dans la colere & dans les passions. Saint Louis fit des réglemens séveres contre les juremens & les blasphèmes ; les ordonnances postérieures ont aussi établi des peines contre ceux qui proferent des juremens en vain. L article 86. de l’ordonnance de Moulins défend tous blasphêmes & juremens du nom de Dieu, sous peine d’amende & même de punition corporelle, s’il y échet. Voyez Blasphême. (A)

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Jurement : définitions subjectives sur Dicopedia

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Étymologie de « jurement »

Étymologie de jurement - Littré

Provenç. jurament ; espagn. juramento ; ital. giuramento ; du lat. juramentum, de jurare, jurer.

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Étymologie de jurement - Wiktionnaire

 Dérivé de jurer avec le suffixe -ment.
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Phonétique du mot « jurement »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
jurement ʒyrœmɑ̃ play_arrow

Citations contenant le mot « jurement »

  • Dans cette situation le mari prétendument trompé doit jurer par quatre fois de sa véracité, et le cinquième jurement implique la malédiction de Dieu s’il est des menteurs. Mizane info, La lapidation en islam : entre mythe et réalité 1/2
  • Comme dans la rue Mayousse, qui « n'a point non plus, à l'exemple de certains coins de la vieille ville, fait table rase de sa langue et de ses habitudes. Vers les cinq et six heures du soir, quand les barques reviennent de Sormiou, de Niolon et du Podestat, que les pêcheurs traînent leurs filets sur les dalles du quai, que femmes et enfants courent, vont et viennent autour des larges paniers de poissons, il y a là un véritable régal à entendre, dans un pur provençal, les cris, les jurements, les plaisanteries, les propos gaillards, les réflexions bouffonnes, l'explosion de gaieté et de verve, en un mot de tout ce petit peuple (4). » www.lamarseillaise.fr, [Mémoire] Marseille, sur les quais, au retour de la pêche
  • La petite fratrie se retrouve à l’orphelinat, sorte « d’hôtel pour les enfants qui n’ont plus de parents ». Et font alors un « jurement », celui de ne jamais être séparés. Siméon retrouve deux membres de leur famille : Josiane, une ophtalmologue de 37 ans, et Bart, sans emploi. Tous deux sont convoqués chez la juge des tutelles. Cette dernière propose à Bart de devenir tuteur. « Comme le bâton qui aide les plantes à rester droites ! ? » Finalement, il dira oui, juste pour embêter sa sœur Josiane. Commence alors pour Bart une nouvelle vie. Une vie douce-amère, balancée entre rires et pleurs. SudOuest.fr, « Oh Boy ! », une fine fable de vie
  • «Jmaâ liman » est une phrase complète dite en kabyle. Elle est douée de sens et c’est par elle qu’on émet un serment qui signifie « au nom des croyances », au sens des trois religions. Ce jurement est considéré dans la culture kabyle comme étant une hauteur d’application. L’explication de ses composants va d’elle-même, et son utilisation annonce un engagement ou une décision canonique. Le verbe « jmaâ » (également nominal) se rapporte à l’action de rassembler ou de grouper. Le complément « liman » est le pluriel de l’emprunt à la langue arabe «iman ». Cette formule explique, si besoin est, que la terre d’Algérie a été successivement, et au plan de la spiritualité d’abord, une terre juive, puis chrétienne et enfin musulmane. Mais au-delà de cette succession des trois religions, qui renvoie à des périodes et à des événements historiques bien précis, on relèvera le sentiment de considération qu’ont les berbères vis-à-vis des trois religions monothéistes, mais dans le cadre du strict respect et d’application des valeurs de la pensée kabyle sur la base desquelles la Kabylie est organisée et gérée. Ces valeurs n’étaient phagocytées par aucune foi. Cette observation est très bien relevée par une déclamation d’un grand, du magistral maître du verbe kabyle, du penseur et du philosophe, Chikh Mohand Oulhoucine, qui annonçait : « taqbaylit d rray, ddin d nniya ». L’amussnaw, Mohand Oulhoucine, replace ici toute religion dans un rapport de foi, c’est à dire « nniya » directement à Dieu, sans tricherie ni manipulation. Cependant que la raison « rray » est restituée dans la dynamique de l’activité et l’intelligence humaine, ouvertes aux débats d’idées qui reposent sur la force de persuasion, loin de toute forme de despotisme. N’accédait à la formule « Jamaâ liman » que les grandes personnes de sexe masculin, c’est-à-dire des adultes en homme faits. Il fallait tout au moins avoir le statut de marié pour en user. Le serment était trop rigoureux pour être vulgarisé à tout vent. Mais, aujourd’hui, il est de moins en moins utilisé à mesure que disparaissent les personnes âgées. Les femmes ont-elles aussi leur jurement spécifique non moins important. Nous rapportons ici un fait d’histoire, un fait de société qui mérite, encore plus, une analyse pour un argument d’un thème de mémoire. La Dépêche de Kabylie, De la notion de «Jmaâ Liman» - La Dépêche de Kabylie

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Traductions du mot « jurement »

Langue Traduction
Corse giura
Basque zin
Japonais 誓う
Russe клясться
Portugais xingar
Arabe أقسم
Chinois 发誓
Allemand schwören
Italien giurare
Espagnol jurar
Anglais swear
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Synonymes de « jurement »

Source : synonymes de jurement sur lebonsynonyme.fr

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