La langue française

Délies

Sommaire

  • Définitions du mot délies
  • Étymologie de « délies »
  • Phonétique de « délies »
  • Évolution historique de l’usage du mot « délies »
  • Traductions du mot « délies »
  • Antonymes de « délies »

Définitions du mot délies

Trésor de la Langue Française informatisé

DÉLIÉ, ÉE, adj.

Littéraire
A.− [En parlant de choses physiques, personnes, animaux] Qui est d'une grande finesse, d'une grande minceur et souplesse. Écriture déliée; trait de plume fort délié; le corps délié d'un adolescent. Le cheval avait cette allure déliée (...) qui trahit la race pure (Balzac, Illus. perdues,1843, p. 410).Scapin (...) fort agile et délié de son corps (Gautier, Fracasse,1863, p. 427):
... un tuyau d'argent creux, le plus menu que l'on pût voir, et aussi délié qu'une aiguille. Bourges, Le Crépuscule des dieux,1884, p. 312.
Emploi substantivé masc. sing. avec valeur de neutre. L'étroitesse longue de leurs pieds, le délié presque inquiétant de leurs doigts (Lorrain, Sens. et souv.,1895, p. 239).
Spéc., CALLIGRAPHIE. Le délié, subst. masc. sing. ou plur. Partie fine d'une lettre (p. oppos. au plein). Il subsiste (...) dans la typographie, des traits d'exécution manuelle : déliés et pleins, qui y sont toujours sensibles (Huyghe, Dialogue avec visible,1955, p. 34).
B.− Au fig. Fin, pénétrant.
[En parlant d'une pers.] Habile à surmonter les difficultés. L'un des plus vieux renards du Palais [Grévy], merveilleusement prudent et délié (Barrès, Appel soldat,1897, p. 99).
[En parlant des capacités intellectuelles d'une pers.] Tel était Barthélemy à quinze ans : âme modérée, affectueuse et fine, esprit vif, curieux, délié, avide de savoir (Sainte-Beuve, Caus. lundi,t. 7, 1851-62, p. 189).Lui seul avait l'intelligence assez déliée pour analyser la situation (Zola, Germinal,1885, p. 1284).
[En parlant d'une étude quelconque] Analyse déliée. Une objectivité spécifique (...) offre (...) au sens du mystère une problématique plus déliée que l'objectivité naturaliste (Ricœur, Philos. volonté,1949, p. 19).
Prononc. : [delje]. Étymol. et Hist. A. Adj. 1. 1121-35 « fin, mince, délicat » fém. plur. delïetes (Ph. de Thaon, Bestiaire, 782 ds T.-L.); 2. 1585 « habile, fin (au fig.) » (N. Du Fail, Contes d'Eutrapel, éd. J. Assézat, Œuvres facétieuses, t. 2, p. 57 et 58). B. Subst. 1706 le délié de la plume (Rich.). Du lat. class. delicatus qui est à l'orig. des formes d'a. fr. de type deugié attestées dep. la Chanson de Roland (éd. J. Bédier, 3389 : herbe verte et delgee, v. aussi Gdf. et T.-L., s.v. deugié; FEW t. 3, p. 33 b), le type délié étant formé sur delicatus sur le modèle de mots où -ié correspond au groupe phonét. -icatu (FEW t. 3, p. 34) et ayant été ultérieurement influencé par le part. passé de délier*. Fréq. abs. littér. : 467. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 717, b) 484; xxes. : a) 473, b) 829. Bbg. Gottsch. Redens. 1930, p. 136. − Quem. 2es. t. 4 1972.

DÉLIER, verbe trans.

A.− Dégager de ses liens.
1. [L'obj. désigne une pers. ou une partie du corps hum., un animal ou une chose] Délier un bœuf, une gerbe, un fagot. Les valets délièrent la meute (Hugo, Rhin,1842, p. 209).Tous disparurent (...), me laissant libre de délier (...) mon compagnon (Alain-Fournier, Meaulnes,1913, p. 138).
Emploi pronom. réfl. dir. J'entendis (...) une chute molle de corps liés sur la terre (...). Mais ils [les garçons] se délièrent aussitôt avec une hâte sage (Colette, Sido,1929, p. 159).
Constr. pronom. réfl. indir. fig. Se délier les jambes. Se détendre par un exercice physique. Il danse comme pour se délier les membres (Valéry, Variété III,1936, p. 103).
Au fig. Délier la langue de qqn. Le faire parler. Comme tous les gens dont le vin délie la langue, il avait le verbe haut (Theuriet, Mariage Gérard,1875, p. 144).
Emploi pronom. à sens passif. Le capitaine dont la langue se déliait en parlant à une fille des rues (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 285).
2. [L'obj. désigne le lien lui-même] Dénouer. On m'enleva du brancard; on délia les cordes (About, Roi mont.,1857, p. 232).Catherine délia le cordon [de la boîte] et ouvrit (Erckm.-Chatr., Conscrit 1813,1864, p. 19).
Loc. fig.
Sans bourse* délier (par brachylogie); délier les cordons* de sa bourse.
Je ne suis pas digne de délier les cordons* de ses souliers.
B.− Au fig. Libérer quelqu'un d'un lien moral ou affectif, en particulier des liens du mariage sacramentel. Ne sommes-nous pas plus que frère et sœur? Ne déliez jamais ce que le ciel a réuni (Balzac, Lys,1836, p. 91).
Emploi pronom. à sens passif. C'est effrayant comme les familles se délient! À ces rendez-vous de la mort (...), on voit un tas de gens qu'on ne connaît pas, qui se trouvent vos cousins (Goncourt, Journal,1863, p. 1322).
P. ext. Libérer quelqu'un d'un engagement, d'une obligation. La reine de Courtelande vous délie du serment prêté (Audiberti, Mal court,1947, III, p. 197).
Emploi pronom. réfl. Naturellement, par nonchalance, il en vint à se délier de toutes les résolutions qu'il s'était faites (Flaub., MmeBovary,t. 1, 1857, p. 9).
Spéc., RELIG., absol. :
1. Il [Jésus] confie à l'Église le droit de lier et de délier (c'est-à-dire de rendre certaines choses licites ou illicites) ... Renan, Hist. des orig. du Christianisme,Vie de Jésus, 1863, p. 308.
En partic., THÉOL. CATH. [Le suj. désigne un membre du clergé ayant pouvoir de confesser] Libérer quelqu'un de ses péchés; absoudre :
2. ... mon fils, voulez-vous que je [le prêtre] sois seul avec vous, afin que je vous délie de vos péchés, au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit? Du Camp, Mémoires d'un suicidé,1853, p. 228.
Rem. On rencontre ds la docum. le part. passé empl. comme adj. délié, ée. Qui est dégagé d'un lien. Fagot délié (Hugo, Alpes et Pyr., 1885, p. 121). Fig. et fam. a) Avoir la langue déliée. Avoir la langue bien pendue, la parole facile. Il [Jeuselou] savait cinquante-trois bourrées à chanter et avait la langue si déliée qu'on ne pouvait le suivre (Pourrat, Gaspard, 1925, p. 199). b) Sans bourse* déliée.
Prononc. et Orth. : [delje], (je) délie [deli]. Fér. Crit. t. 1 1787 souligne : ,,Au futur et au conditionnel : je délierai(s), l'e est tellement muet, qu'on ne le fait pas sentir : on prononce [deliʀ ε] en trois syllabes``. Admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. a) 1remoitié xiies. « délivrer, détacher » (Psautier Oxford, CXLV, 6, éd. Fr. Michel, p. 226); b) 1160-85 « desserrer le cordon de, ouvrir » borse (...) deslier (v. bourse1étymol.); c) xiiies. deslier ma langue (Dit des Planètes ds Jubinal, Nouveau Recueil de Contes, Dits, Fabliaux, I, 378); 2. 1174-76 « absoudre, pardonner (les péchés) » (G. de Pont-Ste-Maxence, St Thomas, éd. E. Walberg, 5283); 3. 1erquart xiiies. de le loi de Dieu desloiié (Reclus de Molliens, Miserere, 237, 4 ds T.-L.); 1470 plus spéc. « libérer (d'un serment, d'une promesse) » absous et delié de ses foy et promesses (Document ds Bartzsch, p. 18). Dér. de formation anc. (cf. les correspondants romans du mot : REW3, no2672) issu d'un b. lat. disligare (de ligare, v. lier) attesté ds le glossaire de Reichenau (éd. Klein-Labhardt, I, p. 145, 3142 : solvit ... disligavit). Fréq. abs. littér. : 409 (déliant : 26). Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 593, b) 571; xxes. : a) 530, b) 608.

Wiktionnaire

Forme de verbe

délies \de.li\

  1. Deuxième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe délier.
  2. Deuxième personne du singulier du subjonctif présent du verbe délier.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DÉLIER. v. tr.
Dégager de ce qui lie. Délier une gerbe. Délier un fagot. Ce paquet s'est délié. Il se prend aussi pour Dénouer. Délier des cordons, des rubans. Délier les cordons de sa bourse, Donner de l'argent. Il ne délie pas volontiers les cordons de sa bourse. Par ellipse, Sans bourse délier, Sans avoir rien à débourser. Fig. et fam., Ils ne sont pas dignes de délier les cordons de ses souliers. Voyez CORDON. Fig., Délier la langue, Donner occasion de parler. Cette circonstance lui délia enfin la langue et lui permit de s'expliquer. Il signifie au figuré Dégager d'une obligation, d'un serment, etc. On l'a délié de toute obligation. Délier quelqu'un d'un serment. On l'a délié de ses vœux. Il se dit particulièrement, en termes de Théologie, pour Dégager des fautes, des péchés; et alors il s'emploie presque toujours absolument. L'Église a reçu de JÉSUS-CHRIST le pouvoir de lier et de délier.

Littré (1872-1877)

DÉLIES (dé-lie) s. f. plur.
  • Terme d'antiquité. Fêtes d'Apollon que les Athéniens célébraient à Délos, tous les quatre ans.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « délies »

Τὰ Δήλια, de Δῆλος, l'île de Délos.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « délies »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
délies deli

Évolution historique de l’usage du mot « délies »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Traductions du mot « délies »

Langue Traduction
Anglais unties
Espagnol línea de pelo
Italien attaccatura dei capelli
Allemand haaransatz
Chinois 发际线
Arabe خط الشعر
Portugais linha do cabelo
Russe волосной
Japonais 生え際
Basque hairline
Corse linea di capelli
Source : Google Translate API

Antonymes de « délies »

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