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Colombier

Définitions du mot « colombier »

Trésor de la Langue Française informatisé

COLOMBIER1, subst. masc.

A.− Endroit où l'on élève des pigeons. Synon. pigeonnier.Les colombiers étaient établis dans des tours construites de distance en distance sur toute l'étendue du pays (A. Ledieu, E. Cadiat, Le Nouveau matériel naval,t. 2, 1899, p. 445).Au colombier militaire un soldat a posé sur sa main l'oiseau qui fut, comme un coureur, blessé en service commandé (Bordeaux, Les Derniers jours du fort de Vaux,1916, p. 228).
Colombier à pied. Colombier dont toute la hauteur est garnie de boulins.
HIST. [Sous l'Ancien Régime] Droit de colombier. Droit de posséder un colombier, réservé à la noblesse.
Loc. fig., vx, fam. Attirer, faire venir les pigeons au colombier; chasser les pigeons du colombier. Attirer, faire venir, chasser les clients.
B.− P. anal., vx, pop. Galerie supérieure d'un théâtre. Synon. mod. poulailler.
Rem. Attesté ds Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Lar. 19e, Lar. Lang. fr., Littré, Guérin 1892.
Prononc. et Orth. : [kɔlɔ ̃bje]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1121-1135 columbier (Ph. de Thaon, Bestiaire, éd. Wallberg, 2391). Du lat. class. de même sens columbarium.

COLOMBIER2, subst. masc.

Grand format d'impression. Les plus grands formats étaient le grand-jésus ou le grand-colombier; encore ce dernier ne servait-il guère que pour les atlas ou pour les gravures (Balzac, Les Illusions perdues,1843, p. 117).Le format « colombier » des pierres lithographiques employées dans le commerce est de : 65 X 86 centimètres (R. Chelet, Manuel de lithographie,1933, p. 25).
Prononc. et Orth. : [kɔlɔ ̃bje]. Ds Ac. 1835-1932. Étymol. et Hist. 1739 (Texte ds Bulletin de la Société archéologique de la Charente, 1878, 153 ds IGLF : Le papier dénommé grand-colombier ou Impérial). Du nom d'un fabricant de papier (DG).
STAT. − Colombier1 et 2. Fréq. abs. littér. : 110.

Wiktionnaire

Nom commun 1

colombier \kɔ.lɔ̃.bje\ masculin

  1. Bâtiment en forme de tour ronde ou carrée, où l’on loge et nourrit des pigeons.
    • Colombier, ſ. m. [Columbarium.] Bâtiment en forme de tour, où l’on nourrit des pigeons.
      Faire venir, attirer les pigeons au colombier. C’eſt figurément & proverbialement attirer des châlans, des perſonnes qui aportent du profit.
      Chaſſer les pigeons du colombier. C’eſt éloigner, éfaroucher ceux qui aportent du profit dans une maiſon.
      […] Il y a diférentes sortes de colombiers. Les uns ſont à boulins […] Les Maçons apellent boulins, des trous faits dans le mur intérieur d’un colombier, pour y faire nicher les pigeons […] Colombier à pié, eſt celui qui tient à la terre, & qui a des boulins depuis le toit juſques au rez-de-chauſſée. Volière. C’eſt un pigeonnier où l’on nourrit des pigeons domeſtiques, qui ne vont point chercher leur pâture dans la campagne. Volets. Ce ſont de petits réduits, qui n’ont qu’une médiocre ouverture, fermée avec une jalouſie ou un ais […] Fuie. C’eſt une petite volière qu’on ferme avec un volet, & où on nourrit des pigeons domeſtiques en petit nombre : on a apellé auſſi fuie, un colombier qui n’a point de couverture. Mais dans la Coûtume de Tours, art. 37, le mot de fuie, ſignifie, ſelon Palu, un colombier à pié avec boulins, juſques au rez-de-chauſſée : il dérive le mot à fodiendo. […] Les pigeons d’un colombier à pié ſont réputez immeubles, & ceux de la ſimple volière, ſont meubles. — (César-Pierre Richelet, Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne, tome premier : A–D, Pierre Bruyset-Ponthus, Libraire, Lyon, 1759)
    • On estime à une centaine de francs la valeur de la colombine produite dans un colombier de 700 à 800 pigeons. — (Charles-Victor Garola, Engrais : Les matières fertilisantes, J.-B. Baillière & fils, Paris, 1925, 7e éd., p. 181)
    • Une fuie, de pied ou intégrée, est composée de boulins, c’est-à-dire de « nids » dans chacun desquels vit un couple de pigeons. Dans les colombiers de pied, les boulins font partie intégrante de la structure : les murs, épais d’environ un mètre, sont évidés en une multitude de boulins de 40 centimètres de profondeur. — (François Julien-Labruyère, Paysans charentais : histoire des campagnes d’Aunis, Saintonge et bas Angoumois, tome I, Rupella, 1982)
    • Les pigeons, lapins, poissons, qui passent dans un autre colombier, garenne ou plan d’eau visé aux articles L. 231-6 et L. 231-7 du code rural, appartiennent au propriétaire de ces objets, pourvu qu’ils n’y aient point été attirés par fraude et artifice. — (Article 564 du Code civil français)

Nom commun 2

colombier \kɔ.lɔ̃.bje\ masculin

  1. (Papeterie) Papier d’un grand format.
    • Grand colombier.
  2. (Imprimerie) Grand espace laissé entre les mots.
    • Colombiers, en terme d’Imprimerie, ſe dit du trop grand eſpace qu’on laiſſe entre les mots. […] Acad. Franç. — (César-Pierre Richelet, Dictionnaire de la langue françoise, ancienne et moderne, tome premier : A–D, Pierre Bruyset-Ponthus, Libraire, Lyon, 1759)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COLOMBIER. n. m.
Bâtiment en forme de tour ronde ou carrée, où l'on loge et nourrit des pigeons. Colombier bien garni. Peupler un colombier L'échelle, les boulins d'un colombier. Colombier militaire, Celui où l'on élève des pigeons voyageurs. Colombier à pied, Colombier qui a des boulins ou trous, depuis le sommet jusqu'au rez-de-chaussée. Autrefois il n'était permis qu'aux seigneurs hauts justiciers d'avoir des colombiers à pied.

Littré (1872-1877)

COLOMBIER (kolon-bié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel l's se lie : les colombiers et les pigeons ; dites : les ko-lon-bié-z et…) s. m.
  • 1Bâtiment où l'on élève des pigeons.

    Colombier à pied, colombier qui a des boulins ou trous depuis le sommet jusqu'au rez-de-chaussée.

    Fig. Attirer, faire venir les pigeons au colombier, attirer la clientèle, procurer des profits ; et dans le sens contraire, chasser les pigeons du colombier.

    Fig. Toute la bande des amours Revient au colombier ; les jeux, les ris, la danse, Ont aussi leur tour à la fin, La Fontaine, Fabl. VI, 21. Après avoir en grand courrier Voyagé pour chercher un sage, J'ai regagné mon colombier, Voltaire, Lettres en vers et en prose, 72.

  • 2Dans le langage familier, les places les plus élevées dans une salle de spectacle. Je n'ai trouvé place qu'au colombier. On dit aujourd'hui plus communément poulailler.
  • 3 Terme de papeterie. Papier d'un grand format.
  • 4 Terme d'imprimerie. Trop grande distance que le compositeur met entre les mots.
  • 5 Terme de marine. Forte pièce de bois qui fait partie du ber d'un bâtiment en construction.

HISTORIQUE

XIIIe s. … Et vola tant [le pigeon] qu'il vint au colombier où il avoit esté nouris, Chron. de Rains, p. 95. En leu de chevaus atelés Ot es limons huit colombiaus, Pris en son colombier moult biaus, la Rose, 15988.

XIVe s. Ne m'eschapperez pas ainsi que le coulon Qui ist [sort] du columbier et va sur le buisson, Guesclin. 12255. Il est li colomiers de touz les esgarez, Girart de Ross. V. 1521.

XVe s. Là dit une haute parole le comte de Devensiere : Et comment, seigneurs ! en nostre nouvelle chevalerie nous tiendra [arrêtera] meshui ce colombier [cette bicoque] ? Froissart, II, II, 65.

XVIe s. Nul ne peut bastir coulombier à pied, sans le congé de son seigneur, Loysel, 240.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

* COLOMBIER, s. m. (Œconn. rustiq.) endroit où l’on tient des pigeons ; c’est un pavillon rond ou quarré garni de boulins. Il faut le placer au milieu ou dans un angle de la basse-cour ; le plancher & le plafond doivent en être bien joints, pour en écarter les rats & autres animaux : il faut qu’il soit blanc en-dedans, parce que les pigeons aiment cette couleur ; que la fenêtre soit à coulisse pour l’ouvrir & la fermer d’en-bas, soir & matin, par le moyen d’une corde & d’une poulie, & qu’elle soit tournée au midi ; les boulins seront ou des pots ou des séparations faites de tuse ou de torchis ; on les fera grands ; le dernier rang d’en-bas sera à quatre piés de terre ou environ ; le dernier d’en-haut à trois piés du faîte ; on pratiquera au-bas de chaque boulin une avance sur laquelle le pigeon puisse se reposer.

Colombiers, (Jurisp.) les lois Romaines n’ont point de disposition au sujet des colombiers, ni pour fixer le nombre des pigeons. Il étoit libre à chacun d’avoir un ou plusieurs colombiers en telle forme qu’il jugeoit à-propos, & d’y avoir aussi tel nombre de pigeons que bon lui sembloit. Les lois Romaines avoient seulement décidé par rapport aux pigeons, que leur naturel est sauvage, & qu’ils appartiennent à celui qui en est propriétaire tant qu’ils ont conservé l’habitude de revenir à la maison ; que s’ils perdent cette habitude, alors ils appartiennent au premier occupant. Il étoit néanmoins défendu de les tuer lorsqu’ils sont aux champs pour y chercher leur nourriture, ou de les prendre par des embuches, & ceux qui y contrevenoient étoient coupables de vol. ff. 10. tit. 2. l. 8. § 1.

En France on a poussé beaucoup plus loin l’attention sur les colombiers & sur les pigeons ; c’est pourquoi il faut examiner à quelles personnes il est permis d’avoir des colombiers & en quelle forme ; quelle quantité de pigeons il est permis d’avoir ; si les pigeons renfermés dans un colombier sont meubles ou immeubles ; enfin les peines dont doivent être punis ceux qui prennent ou tuent les pigeons.

Il est défendu d’abord dans toutes les villes d’avoir des pigeons soit privés ou fuyards, & cela pour la salubrité de l’air ; c’est évidemment par ce motif que la coûtume de Melun, art. 340. dit que nul ne peut nourrir pigeons patés & non-patés dedans la ville de Melun : celle d’Etampes, artic. 192. défend de nourrir dans cette ville des pigeons privés, à peine de cent sols parisis d’amende. Quelques autres coûtumes, comme celle de Nivernois, ch. x. art. 18. défendent de nourrir dans les villes différens animaux qu’elles nomment ; & quoiqu’elles ne parlent pas des pigeons, la prohibition a été étendue à ces animaux. Charles V. par des lettres-patentes du 29. Août 1368. défendit expressément à toutes personnes de nourrir des pigeons dans la ville & faubourgs de Paris ; & la même défense fut renouvellée par une ordonnance du prevôt de Paris, du 4. Avril 1502. sur le requisitoire des avocats & procureurs du roi, à peine de confiscation & d’amende arbitraire. trait. de la police, tom. I. p. 751.

Dans les campagnes il est permis à toutes sortes de personnes d’avoir des pigeons privés, pourvû qu’on les tienne enfermés dans une chambre ou volet, & qu’ils n’aillent point aux champs ; car de cette maniere ils ne causent aucun dommage à personne.

A l’égard des pigeons bizets ou fuyards qui vont aux champs, quelques-uns ont prétendu que, suivant le droit naturel, qui permet à chacun de faire dans son fonds ce qu’il lui plaît, il étoit libre aussi d’y faire édifier tel colombier que l’on juge à-propos ; que la nourriture des pigeons ne fait point de tort aux biens de la terre, victus columbarum innocuus existimatur, can. sanctus August. 7. canon. non omnis, qu’en tous cas c’est une servitude aussi ancienne que nécessaire pour la campagne ; que le dommage qu’ils peuvent apporter par la nourriture qu’ils prennent aux champs est compensée par l’utilité de leur fiente qui rechauffe les terres.

Il est néanmoins constant que malgré cet avantage, la nourriture que les pigeons prennent aux champs est une charge, sur-tout pour ceux qui n’en ont point, & pour lesquels le bénéfice que l’on tire des pigeons n’est pas réciproque. C’est principalement dans le tems des semences qu’ils font le plus de tort, parce qu’ils enlevent & arrachent même le grain qui commence à pousser.

Aussi voyons-nous que chez les Romains même, où la liberté d’avoir des colombiers n’étoit point restrainte, on sentoit bien que la nourriture des pigeons prise aux champs pouvoit être à charge au public. Lampride, en la vie d’Alexandre Sévere, dit qu’il mettoit son plaisir à nourrir des pigeons dans son palais, qu’il en avoit jusqu’à vingt mille ; mais de peur qu’ils ne fussent à charge il les faisoit nourrir à ses dépens : Avia instituerat maxime columbarum quos habuisse dicitur ad viginti millia ; & ne eorum pastus gravaret annonam, servos habuit vectigales qui eos ex ovis, ac pullicinis & pipionibus alerent.

Cette considération est principalement ce qui a fait restraindre parmi nous la liberté des colombiers ; on en a fait aussi un droit seigneurial. Pour savoir donc à quelles personnes il est permis d’en avoir & en quel nombre, & en quelle forme peut être le colombier, volet ou fuie, il faut d’abord distinguer les pays de droit écrit des pays coûtumiers.

Dans les pays de droit écrit l’on se sert plus communément du terme de pigeonnier que de celui de colombier ; on se sert aussi du terme de fuie pour exprimer un colombier à pié ; au lieu que dans les pays coûtumiers on n’entend ordinairement par le terme de fuie, qu’un simple volet à pigeons qui ne prend point du rez-de-chaussée.

Sous le terme de colombier à pié on entend communément un édifice isolé, soit rond ou quarré, qui ne sert qu’à contenir des pigeons, & où les pots & boulins destinés à loger les pigeons vont jusqu’au rez-de-chaussée ; car si dans un colombier à pié la partie inférieure du bâtiment est employée à quelque autre usage, le colombier n’est plus reputé colombier à pié ni marque de seigneurie.

Les colombiers ou pigeonniers sur piliers, les simples volets, fuies ou volieres, sont tous colombiers qui ne commencent point depuis le rez-de-chaussée.

La liberté des colombiers est beaucoup moins restrainte en pays de droit écrit que dans les pays coûtumiers, ce qui est une suite de la liberté indéfinie que l’on avoit à cet égard chez les Romains : on y a cependant apporté quelques restrictions, & l’usage des différens parlemens de droit écrit n’est pas uniforme à ce sujet.

Salvaing, de l’usage des fiefs, ch. xliij. pose pour principe général, que chacun a droit de bâtir des colombiers dans son fonds sans la permission du haut-justicier, s’il n’y a coûtume ou convention au contraire ; plusieurs autres auteurs, tant des pays de droit écrit que des pays coûtumiers, s’expliquent à-peu-près de même.

Cependant il ne faut pas croire que même en pays de droit écrit, il soit permis à toutes sortes de personnes indistinctement d’avoir des colombiers à pié, cette liberté ne pourroit concerner que les simples volets.

En Dauphiné on distingue entre les nobles & les roturiers : les nobles ont le droit de faire bâtir colombier à pié ou sur piliers, comme bon leur semble, sans la permission du haut-justicier. Les roturiers au contraire, quelque étendue de terres labourables qu’ils ayent, ne peuvent avoir un colombier à pié ou sur solives sans le congé du haut-justicier, qui peut les obliger de les démolir ou de détruire les trous & boulins, & de faire noircir la cage pour s’en servir à tout autre usage.

En Provence au contraire, on tient que si le seigneur n’est point fondé en droit ou possession de prohiber à ses habitans de construire des colombiers de toute espece, que dans le pays on appelle colombiers à pié ou à cheval, c’est-à-dire sur piliers ou sur solives, ou garennes clauses, les habitans peuvent en faire construire sans son consentement, pourvû que ces colombiers n’ayent ni crénaux ni meurtrieres, qui sont des marques de noblesse. Boniface, tit. 1. liv. III. tit. 3. ch. iij.

On observe la même chose au parlement de Toulouse & pays de Languedoc, suivant la remarque de M. d’Olive, liv. II. ch. ij. de la Rocheflav. des droits seign. ch. xxij. art. 2. & l’explication que fait Graverol sur cet article.

Au parlement de Bordeaux on distingue : chacun peut y bâtir librement des pigeonniers élevés sur quatre piliers ; mais on ne peut, sans le consentement du seigneur, y bâtir des colombiers à pié, que dans ce pays on appelle fuies. Voyez La Peyrere, édit de 1717. lett. S. n. 9. & la note, ibid.

Tel est aussi l’usage du Lyonnois & autres pays de droit écrit du ressort du parlement de Paris. Salvaing, loco cit.

Ainsi dans ces pays & dans le pays Bordelois, la liberté d’avoir un colombier sur piliers, volet ou voliere, ne dépend point de la quantité de terres que l’on a comme à Paris ; il n’y a que les colombiers à pié qui sont une marque de justice.

On observe aussi la même chose à cet égard, dans la principauté souveraine de Dombes.

Pour ce qui est des pays coûtumiers, plusieurs coûtumes ont des dispositions sur cette matiere ; mais elles ne sont pas uniformes en certains points ; d’autres sont absolument muettes sur cette matiere, & l’on y suit le droit commun du pays coûtumier.

L’usage le plus commun & le plus général, est que l’on distingue trois sortes de personnes qui peuvent avoir des colombiers, mais différens & sous différentes conditions ; savoir les seigneurs hauts-justiciers, les seigneurs féodaux qui n’ont que la seigneurie fonciere, & les particuliers propriétaires de terres en censive.

Dans la coûtume de Paris & dans celle d’Orléans, le seigneur haut-justicier qui a des censives, peut avoir un colombier à pié, quand même il n’auroit aucune terre en domaine ; & la raison qu’en rendent nos auteurs, est qu’il ne seroit pas naturel que l’on contestât le droit de colombier à celui qui a seul droit de les permettre aux autres ; que d’ailleurs le seigneur haut-justicier ayant censives, est toûjours réputé le propriétaire primordial de toutes les terres de ses tenanciers, & qu’il n’est pas à présumer qu’en leur abandonnant la propriété ou seigneurie utile, moyennant une modique redevance, il ait entendu s’interdire la liberté d’avoir un colombier, ni les décharger de l’obligation de souffrir que ses pigeons aillent sur leurs terres. Ces coûtumes ne fixent point la quantité de censives nécessaire pour attribuer le droit de colombier à pié au seigneur haut-justicier, qui n’a que justice & censive. Paris, art. lxjx. Orléans, clxviij.

Le droit de colombier à pié est regardé comme un droit de haute-justice dans plusieurs coûtumes, telles que Nivernois, tit. des colomb. Bourgogne, ch. xjv. Bar. art. xlvij. Tours, art. xxxvij. & de Châteauneuf, art. clij.

Le seigneur de fief non haut-justicier ayant censive, peut aussi suivant les mêmes coûtumes, avoir un colombier à pié, pourvû qu’outre le fief & les censives il ait, dans la coûtume de Paris, cinquante arpens de terre en domaine, & dans celle d’Orléans, cent arpens. Paris. lxx. Orléans, clxxviij.

La coûtume de Tours ne donne au seigneur féodal que le droit d’avoir une fuie ou voliere à pigeons. Celle du Boulonnois dit qu’il peut avoir un colombier, sans expliquer si c’est à pié ou autrement.

Celle de Bretagne, art. ccclxxxjx. dit qu’aucun ne peut avoir de colombier, soit à pié ou sur piliers, s’il n’en est en possession de tems immémorial, ou qu’il n’ait trois cents journaux de terre en fief ou domaine noble aux environs du lieu où il veut faire bâtir le colombier.

La coûtume de Blois porte, qu’aucun ne peut avoir de colombier à pié, s’il n’en a le droit ou une ancienne possession.

On ne trouve aucune coûtume qui ait interdit aux seigneurs la liberté de faire bâtir plusieurs colombiers dans une même seigneurie ; & dans l’usage on voit nombre d’exemples de seigneurs qui en ont plusieurs dans le même lieu : il n’y a que la coûtume de Normandie qui semble avoir restraint ce droit par l’article cxxxvij. qui porte qu’en cas de division de fief, le droit de colombier doit demeurer à l’un des héritiers, sans que les autres le puissent avoir, encore que chacune part prenne titre & qualité de fief avec les autres droits appartenant à fief noble par la coûtume : que néanmoins si les paragers ont bâti un colombier en leur portion de fief, & joüi d’icelui par quarante ans paisiblement, ils ne pourront être contraints de le démolir.

Le nombre des pigeons n’est point non plus limité par rapport au seigneur, on présume qu’il n’abuse point de son droit. Les colombiers à pié ont communément deux mille boulins ; mais on en voit de plus considérables. Il y a à Châteauvilain en Champagne un colombier qui est double, c’est-à-dire, dans l’intérieur duquel il y a une autre tour garnie des deux côtés de boulins ; & le tout en contient, dit-on, près de 12000.

A l’égard des particuliers qui n’ont ni justice, ni seigneurie, ni censive, ils ne peuvent avoir que de simples volets. La coûtume de Nivernois dit qu’on en peut bâtir sans congé de justice. Celle d’Orléans permet à celui qui a cent arpens de terre, d’avoir un volet de deux cents boulins ; & Lalande, sur cet article, dit qu’on ne peut avoir qu’une paire de pigeons pour trois boulins. Celle de Calais demande pour un colombier, qu’on ait la permission du Roi & cent cinquante mesures de terres en domaine ; mais pour une voliere de cinquante boulins, elle ne demande que cinquante mesures de terres. Torisand, sur la coûtume de Bourgogne, dit que les volets ne peuvent avoir que quatre cents pots ou boulins.

Dans les autres coûtumes qui n’ont point de disposition sur cette matiere, la jurisprudence a établi que ceux qui n’ont aucun fief, peuvent avoir une voliere, pourvû qu’ils ayent au moins cinquante arpens de terre en domaine dans le lieu. Par un arrêt du 2 Septembre 1739, rendu en la quatrieme chambre des enquêtes, trois gentils hommes qui avoient des colombiers à pié, furent condamnés à n’avoir que de simples volieres contenant deux boulins par arpent.

Les curés ne peuvent point avoir de colombier ni de volet, sous prétexte qu’ils ont la dixme dans leur paroisse.

Les particuliers qui ont droit d’avoir un volet, ne sont point tenus communément de renfermer leurs pigeons dans aucun tems de l’année. J’ai cependant vû une ordonnance de M. l’intendant de Champagne, rendue en 1752, à l’occasion de la disette de 1751, qui porte que tous particuliers, autres que les seigneurs & ceux qui ont droit de colombier à pié, tant dans les villes que dans les bourgs & paroisses de la généralité de Châlons, seront tenus de renfermer leurs pigeons chaque année, depuis le 10 Mars jusqu’au 20 Mai, depuis le 24 Juin jusqu’après la récolte des navettes, & depuis le tems de la moisson des seigles jusqu’au 20 Novembre suivant ; il leur est défendu de les laisser sortir pendant ce tems, à peine de cent livres d’amende applicable aux besoins les plus pressans des communautés où ils demeureront. Cela feroit près de sept à huit mois que l’on seroit obligé de tenir les pigeons renfermés.

Quant à la qualité des pigeons, ceux des colombiers à pié sont réputés immeubles, comme faisant en quelque sorte partie du colombier : mais le pigeons de voliere sont meubles. Voyez le tr. de la police, tom. I. pag. 770.

Il est défendu de dérober les pigeons d’autrui, soit en les attirant par des odeurs qu’ils aiment & autres appas, soit en les prenant avec des filets ou autrement. Coût. d’Etampes, art. cxciij. Bretagne, cccxc. Bordeaux, cxij.

Il n’est pas non plus permis de tirer sur les pigeons d’autrui, ni même sur ses propres terres ; parce que ces animaux ne sont qu’à moitié sauvages, & que sous prétexte de tirer sur ses pigeons, qu’il est fort difficile de reconnoître, on tireroit sur les pigeons d’autrui. Ordonnance d’Henri IV. du mois de Juillet 1607. (A)

Colombiers, (Mar.) ce sont deux longues pieces de bois endentées, qui servent à soûtenir un bâtiment lorsqu’on veut le lancer à l’eau. Ces pieces different des coites en ce que les colombiers suivent à l’eau avec le bâtiment, & que quand il vient à flot, les colombiers qui y sont attachés avec des cordes flotant aussi, on les retire ; mais les coites demeurent en leur place, & le vaisseau glisse dessus & s’en va seul. Les Hollandois se servent de coites, & les François de colombiers. Voyez Coites. (Z)

Colombier, dans la pratique de l’Imprimerie, se dit par allusion ; c’est le trop grand espace qui se trouve entre les mots : ce défaut répété dans une suite de lignes, produit dans une page d’impression un blanc considérable, qui devient un des défauts essentiels. Les petites formes en gros caracteres, & celles à deux colonnes, sont sujettes à cet incident : mais un ouvrier qui a de la propreté dans son ouvrage, ou n’y tombe pas, ou sait y remédier en remaniant sa composition.

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Étymologie de « colombier »

Berry, coulombier ; wallon, colèbîre ; namurois, colèbî ; provenç. colombier ; anc. catal. colomer ; ital. colombajo ; du latin columbarium, de columba (voy. COLOMBE 1).

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(Nom commun 1) Du latin columbarium (« pigeonnier », « columbarium (niche pour les urnes) », « ouverture ménagée dans le flanc d'un vaisseau pour donner passage à la rame »). (XIIe siècle) columbier.
(Nom commun 2) De colombe avec le suffixe locatif -ier.
(Nom commun 3) De colombe grosse pièce de bois.
(Nom commun 5) (Fromage de Savoie) Du nom du mont Colombier, en Savoie.
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Phonétique du mot « colombier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
colombier kɔlɔ̃bje

Évolution historique de l’usage du mot « colombier »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « colombier »

  • Chacun peut y adhérer avec ou sans pigeons, à la condition de parrainer un jeune de moins de 15 ans. Chaque adhérent se voit attribuer un lot de vingt pigeons moyennant une cotisation et une licence fédérale pour une participation de moins de 50 € par an. Chaque colombophile possède ses propres volatiles dans le cadre d’un colombier pédagogique et collectif. midilibre.fr, Le Colombier cailaren initie les jeunes à la colombophilie - midilibre.fr
  • Ce mercredi était jour particulier : Tout d’abord, tôt ce matin, ses responsables s’étaient donné rendez-vous pour en loger une bonne centaine des pigeons voyageurs du colombier, et les emmener à une trentaine de kilomètres en vue d’un entraînement de plus avant le premier véritable concours prévu sous quelques jours. Voir Plus, Un après-midi au Colombier Cailaren - Voir Plus
  • Chacun peut y adhérer avec ou sans pigeons voyageurs, mais à la condition de parrainer un jeune de moins de quinze ans. Cette notion de parrainage demeure essentielle et tout à fait prioritaire dans le projet pédagogique de l’association qui attribue alors à chaque adhérent jeune un lot de 20 pigeons voyageurs. Moyennant cotisation et licence fédérale pour une modeste participation financière (moins de 50 € pour l’année) chaque jeune colombophile dispose de ses propres pigeons dans le cadre d’un colombier pédagogique et collectif. Voir Plus, Unique dans la région : Le Colombier Cailaren, lieu d'initiation à la colombophie, mais pas que... - Voir Plus

Images d'illustration du mot « colombier »

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Traductions du mot « colombier »

Langue Traduction
Anglais dovecote
Espagnol palomar
Italien colombaia
Allemand taubenschlag
Chinois 鸽舍
Arabe برج الحمام
Portugais pombal
Russe голубятня
Japonais 鳩小屋
Basque dovecote
Corse culomba
Source : Google Translate API

Synonymes de « colombier »

Source : synonymes de colombier sur lebonsynonyme.fr

Colombier

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