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« Ce » ou « se » ?

« Je suis allé voir ce magicien. Il se dit dans tout Paris qu'il est très bon ! »

Voici une des règles de base de l'orthographe française. Comment faire la différence entre le démonstratif (pronom ou déterminant) « ce » et le pronom « se » ? Nous vous donnons quelques astuces dans cet article. Bonne lecture !

Comment distinguer « ce » et « se »

On écrit « ce » : « ce » est un démonstratif. Tout comme « ces », il cherche à désigner des choses ou personnes. L'astuce consiste à le remplacer par « le ». Son équivalent féminin est « cette ».

Exemples :  

  • Ce monsieur a beaucoup voyagé (on peut remplacer par « Le monsieur a beaucoup voyagé ») ;
  • Je suis allé voir ce spectacle en particulier (on peut remplacer par « Je suis allé voir le spectacle... ») ;
  • Cette dame est habillée en blanc (on peut remplacer par « La dame est habillée en blanc »).

On écrit « se » : « se » est un pronom personnel qui précède toujours un verbe pronominal, c'est-à-dire un verbe qui se construit justement avec le pronom « se » (se demander, se perdre, se fier etc.) Une astuce pour savoir s'il s'agit bien du pronom et non du démonstratif « ce » est d'ajouter lui-même, elle-même, soi-même, eux-mêmes ou elles-mêmes après le verbe pronominal. Si la phrase garde son sens, alors il faut bien écrire « se » avec un -s.

Exemples :  

  • Il ne se fie qu'à ses amis (on peut remplacer par « il ne se fie lui-même qu'à ses amis ») ;
  • Ils se prennent pour le Président de la République (on peut remplacer par « ils se prennent eux-même pour le Président de la République »).

Exemples d'usage de « ce » et « se » chez Proust

« Ce n’est pas comme cela que vous le rendrez robuste et énergique, disait-elle tristement, surtout ce petit qui a tant besoin de prendre des forces et de la volonté. »

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

« Ce n’est pas comme cela que vous le rendrez robuste et énergique, disait-elle tristement, surtout ce petit qui a tant besoin de prendre des forces et de la volonté. »

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

Elles finissent par gonfler si parfaitement les joues, par suivre en une adhérence si exacte la ligne du nez, elles se mêlent si bien de nuancer la sonorité de la voix comme si celle-ci n’était qu’une transparente enveloppe, que chaque fois que nous voyons ce visage et que nous entendons cette voix, ce sont ces notions que nous retrouvons, que nous écoutons.

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

Sa pensée tâtonna un instant dans l’obscurité, il retira ses lunettes, en essuya les verres, se passa la main sur les yeux, et ne revit la lumière que quand il se retrouva en présence d’une idée toute différente, à savoir qu’il faudrait tâcher d’envoyer le mois prochain six ou sept mille francs à Odette au lieu de cinq, à cause de la surprise et de la joie que cela lui causerait.

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

Il la caressait, se réchauffait à elle, et, éprouvant une sorte de langueur, se laissait aller à un léger frémissement qui crispait son cou et son nez, et était nouveau chez lui, tout en fixant à sa boutonnière le bouquet d’ancolies.

Marcel Proust, Du côté de chez Swann

Vous savez désormais la différence entre « ce » et « se », en espérant que nos quelques astuces vous aideront à ne plus les confondre. N'hésitez pas à parcourir les autres articles de notre section dédiée à l'orthographe.

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