Orient : définition de orient


Orient : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

ORIENT, subst. masc.

A. − [Avec une minuscule] Littér.
1.
a) Celui des quatre points cardinaux opposé à l'ouest, correspondant au lever du soleil; point du ciel, côté de l'horizon où le soleil apparaît le matin. Synon. est, levant; anton. couchant, occident (littér.), ouest, ponant (vx ou région. ou littér.).Au milieu d'un azur déjà pâle Le point d'or d'une étoile éclate à l'orient (Hugo,Rayons et ombres,1840, p.1104).
Rem. Rarement avec majuscule. Et, comme un long linceul traînant à l'Orient, Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche! (Baudel., Fl. du Mal, 1861, p.134).
Soleil levant. Au rayon du brillant orient nous nous délivrerons de cette obscurité (Chateaubr.,Paradis perdu,1836, p.105).
b) P. anal.
α) Éclat nacré propre aux perles, rappelant la lumière du soleil levant, et qui entre dans l'appréciation de leur valeur. Synon. eau.Perle d'un bel orient:
1. La scintillation de quelque passementerie d'or faux, l'orient trompeur d'un collier en perles de Venise l'éblouissaient et la tenaient comme en une sorte d'extase. Gautier,Fracasse,1863, p.64.
P. métaph. Éclat, reflet de lumière. Son sourire se forme, et suit sur ses bras blancs Qu'éplore l'orient d'une épaule meurtrie, De l'humide Thétis la pure pierrerie (Valéry,Alb. vers anc.,1900, p.77).Ses yeux (...) que leur orient noir douait d'une sorte de connaissance prématurée (Romains,Hommes bonne vol.,1939, p.135).
β) Arg. Or (métal). C'est [cette chaîne de cou] du faux orient (Sue,Myst. Paris,t.1, 1842, p.268).
c) Au fig. Ascension vers la réussite, débuts brillants. Anton. déclin, occident:
2. Aussi le même attrait qu'il avait éprouvé pour Gambetta dominateur des foules, à l'orient de sa vie publique, il l'éprouvait, aujourd'hui qu'il étudiait les budgets, pour le Grand Français qui commandait à l'argent [M. de Lesseps]... Barrès,Appel soldat,1900, p.80.
2. Région située à l'est par rapport à un lieu donné (et sur une carte, à main droite par rapport au consultant). L'aube commençait à dessiner vivement les contours des sapins sur la montagne à l'orient de Verrières (Stendhal,Rouge et Noir,1830, p.220).
3. Orientation de marche, direction. Trouver son orient. On ne sait plus de quel côté les fleuves coulent; on est obligé de casser la glace pour apprendre à quel orient il faut se diriger (Chateaubr.,Mém.,t.2, 1848, p.450).P. métaph. J'avais erré jusqu'à ce jour à l'aventure; je découvrais soudain un nouvel orient à ma vie (Gide,Si le grain,1924, p.434).
B. − [Avec une majuscule]
1. Ensemble des pays situés à l'est de l'Europe et aussi parfois certains pays du bassin méditerranéen ou du sud de l'Europe centrale. Marseille, porte de l'Orient; peuples d'Orient; contes, épices, tapis d'Orient; couleurs, lumière, luxe, parfums de l'Orient; voyage en Orient:
3. Ce fut l'âge des voyants, d'hommes passifs et contemplatifs, ainsi que l'Orient actuel en oppose encore à notre type occidental, actif et cérébral. Béguin,Âme romant.,1939, p.79.
Extrême-Orient, Moyen-Orient, Proche-Orient (v. rem. infra).
P. méton. Pensée, philosophie, culture, civilisation orientales. Cette obstination de l'Orient à ne pas sortir du symbole se retrouve dans son architecture même (Faure,Espr. formes,1927, p.222).
HISTOIRE
Empire d'Orient. Synon. empire byzantin.V. empire II E 1 e.
Empire latin d'Orient. V. empire II E 1 f.
Question d'Orient. Ensemble des problèmes politiques posés par la décadence de l'Empire ottoman à partir du xviiiesiècle. La Prusse avec son Zollverein nous préparait des embarras. La question d'Orient restait pendante (Flaub.,Éduc. sent.,t.2, 1869, p.79).
RELIG. Église(s) d'Orient
Au sing. Église orthodoxe byzantine, par opposition avec l'Église d'Occident. Le scrupule a des frontières historiques. Il était inconnu de l'Église d'Orient (Mounier,Traité caract.,1946, p.694).
Au plur. Églises chrétiennes d'Orient, notamment du Proche-Orient, de rite latin ou oriental, catholique ou non, ayant des liens d'attache avec Rome. Églises nestoriennes d'Orient; chrétiens d'Orient. Quant à la liturgie gallicane, l'on peut, en examinant son ossature, la croire issue, en partie, des Églises de l'Orient (Huysmans,Oblat,t.2, 1903, p.185).
Grand schisme* d'Orient.
2. États, nations d'Orient. Relations de l'Orient et de l'Occident:
4. Pour l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie, la révolution jeune-turque a été une grosse déception. Parce qu'elles avaient partie liée avec l'ancien régime; parce qu'elles méditaient, grâce à la somnolence vieille-turque, une main mise sur l'Orient dans la direction du golfe Persique... Romains,Hommes bonne vol.,1932, p.107.
C. − FR.-MAÇONN. Grand-Orient. L'une des principales loges maçonniques françaises (constituée initialement à Paris par des représentants des loges de province). Prends d'abord l'exemple de la Haute-Maçonnerie (...). D'un côté, le Grand-Orient, à tendances politiques, se trouve en gros attiré par la Révolution politique et économique dont le pôle est en Russie (Abellio,Pacifiques,1946, p.262):
5. Un ordre du jour du Grand-Orient de France a proclamé que les insurrections, jadis le plus saint des devoirs, deviennent abominables et scandaleuses dans les pays qui affichent sur les murs la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Maurras,Kiel et Tanger,1914, p.144.
P. méton. Ville où siège une loge. Trois ans à l'Orient de Douai: la loge des Amis-réunis (Adam,Enf. Aust.,1902, p.241).
REM. En compos. a)
Orient-Express. Célèbre train rapide international reliant Paris à Istambul. Voir Larbaud, Barnabooth, 1913, p.275.
b)
Extrême-Orient. Ensemble des pays de l'Asie orientale. Voir Goncourt, Journal, 1877, p.1171.
c)
Moyen-Orient. Ensemble des pays s'étendant de la Turquie à l'Inde. Voir De Gaulle, Mém. guerre, 1954, p.112.
d)
Proche-Orient. Ensemble des pays à l'est de l'Europe occidentale; ensemble des pays de l'Europe de la côte méditerranéenne bordant l'Asie (Albanie, Yougoslavie, Bulgarie, Roumanie, etc.). Voir Sartre, Nausée, 1938, p.54.Rem. Moyen-Orient et Proche-Orient ont pu désigner les mêmes pays et être ainsi considérés tous deux comme synon. de Levant (v. ce mot III B 2).
Prononc. et Orth.: [ɔ ʀjɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1100 «l'Asie et certains pays du bassin méditerranéen» (Roland, éd. J. Bédier, 401); b) 1641 «habitants, nations de l'Orient» (Corneille, Horace, IV, 5); c) 1778 fr.-maçonnerie orient (d'apr. FEW t.7, p.413a); 1778 grand-orient (ibid.); 2. début du xiies. «région située vers l'est par rapport à un point donné» (S. Brendan, éd. I. Short et B. Merrilees, 211); 3. a) 1remoitié du xiies. «un des quatre points cardinaux, situé du côté de l'horizon où le soleil se lève» (Psautier Oxford, éd. Fr. Michel, 67, 36); b) 1573 «éclat (des yeux)» (Ph. Desportes, Les Amours de Diane, I, XXI, éd. V. E. Graham, p.58); 4. 1742 «reflet nacré des perles» (A. J. D'Argenville, L'Hist. nat., 101 d'apr. FEW t.7, p.413b). Empr. au lat. class. oriens «un des quatre points cardinaux, l'est; pays du levant», part. prés. de oriri «se lever». Fréq. abs. littér.: 1671. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3956, b) 2857; xxes.: a) 1357, b)1382.

Orient : définition du Wiktionnaire

Nom commun

orient \ɔ.ʁjɑ̃\ masculin

  1. (Géographie) Est : point cardinal d’où le soleil se lève aux équinoxes.
    • Jusqu’à ce que les ombres descendent de l’occident à l’orient, nous attendrons pour voir s’il se présentera un champion pour cette femme malheureuse. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • « Singulière affaire, assurément », se disait-elle. Elle en fut si bouleversée qu'elle ne devait même pas s’apercevoir que le coq avait déjà annoncé l'aube et que l’Orient peu à peu s'éclairait. — (Belle de Candeur : Roman érotique de la dynastie Ming, traduit du chinois par Christine Barbier-Kontler, Arles : Éditions Philippe Picquier, 1990, 1994, page 27)
  2. (Par extension) Europe de l’Est ou Asie, par rapport à l’Europe de l’Ouest.
    • Les peuples de l’orient.
    • Voyage en orient.
  3. (Arts) L’eau, la couleur d’une perle.
    • …le front, […], reste discret, calme jusqu’à la placidité, quoique lumineux de pensée ; mais quand et où pouvait-on en voir de plus uni, d’une netteté si transparente ? il semble, comme une perle, avoir un orient. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • La coiffure était une sorte de hennin à deux cornes, que des perles d’un bel orient rendaient clair et lumineux comme le croissant de la lune. — (Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy ; éd. Le Livre de Poche, 1967, p. 96.)
  4. (Franc-maçonnerie) Partie du temple située à l’est. (Par métonymie) les personnes situées à l’orient.
    • Le vénérable, l’orateur, le secrétaire et les invités de marque siègent à l’orient lors de la tenue.
  5. (Franc-maçonnerie) Nom symbolique donné à la localisation géographique d’une loge maçonnique.
    • La loge Liberté et Humanité à l’orient de Paris.
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Orient : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ORIENT. n. m.
Point de l'horizon où le soleil se lève. Le ciel commençait à se colorer vers l'orient.

ORIENT désigne plus précisément Celui des quatre points cardinaux où le soleil se lève aux équinoxes. De l'orient à l'occident. Ce pays est à l'orient de tel autre, Il est situé, à son égard, du côté de l'orient. Il se dit encore des Divers pays de l'Europe orientale et de l'Asie par rapport à l'Europe occidentale. Le proche Orient, L'Europe orientale et les pays du Levant. L'Extrême-Orient, La Chine, le Japon, la Cochinchine, le Tonkin, etc. Les peuples de l'Orient. Voyage en Orient. Question d'Orient se dit de l'Ensemble des problèmes politiques concernant l'empire ottoman. Empire d'Orient, Partie orientale de l'empire romain, qui avait pour capitale Byzance. Église d'Orient, Partie de l'Église chrétienne comprenant les fidèles de l'ancien empire d'Orient et de la Russie. L'orient d'une carte de géographie, Le côté qui est à notre droite, lorsque la carte est étendue sous nos yeux dans son sens naturel. En termes d'Arts, L'orient d'une perle, Son eau, sa couleur. Cette perle est d'un bel orient.

Orient : définition du Littré (1872-1877)

ORIENT (o-ri-an ; le t se lie dans le parler soutenu) s. m.
  • 1Le point du ciel où le soleil se lève sur l'horizon. Qu'Ismaël en sa garde Prenne tout le côté que l'orient regarde, Racine, Athal. IV, 5. Que le poëte… prenne pied dans tel siècle ou dans tel climat, qu'il soit du midi, du nord, de l'occident, de l'orient, qu'il soit antique ou moderne…, Hugo, Orientales, préface.

    Orient d'été, orient d'hiver, points où le soleil se lève en été, en hiver.

    Ce pays est à l'orient de tel autre, il est situé, à son égard, du côté de l'orient.

  • 2Précisément. Celui des quatre points cardinaux où le soleil se lève à l'équinoxe. Entre l'orient et le midi.
  • 3L'orient d'une carte de géographie, le côté qui est à notre droite.
  • 4 Fig. Ce qui est comparé à un lever de soleil. Les six âges, les six pères des six âges, les six merveilles de l'entrée des six âges, les six orients à l'entrée des six âges, Pascal, Pens. XXV, 99 bis, éd. HAVET. Cette inspiration [de vous faire religieuse], c'est votre étoile ; elle s'est levée sur votre orient, c'est-à-dire dès vos premières années, Bossuet, Sermon pour une profess. jour de l'Épiphanie, 2. Il n'y a rien de si aimable que l'enfance des princes destinés à l'empire… ce sont des soleils dans leur orient qui réjouissent les yeux et qui ne les éblouissent pas encore, Fléchier, Mme de Mont. Tant de choses éclatantes ont eu leur orient et leur couchant, Voltaire, Louis XIV, 19.
  • 5L'ensemble des grands États, des provinces de l'Asie (on met une majuscule). Va jusqu'en Orient pousser tes bataillons, Corneille, Hor. I, 1. Personne n'en a jamais tant fait [de bruit] dans l'Egypte, dans la Perse, dans les Indes, dans toute la terre, en Orient et en Occident ; depuis plus de deux mille ans, on ne parle que d'Alexandre, Bossuet, la Vallière. Dans l'Orient désert quel devint mon ennui ! Racine, Bérén. I, 4. … L'Orient accablé Ne peut plus soutenir leur effort redoublé [des Romains], Racine, Mithr. III, 1. Les lois, les mœurs et les manières, même celles qui paraissent indifférentes, comme la façon de se vêtir, sont aujourd'hui en Orient comme elles étaient il y a mille ans, Montesquieu, Esp. XIV, 4. La coutume était ancienne en Orient d'envoyer étrangler un gouverneur qui déplaisait : elle était du temps des Mèdes, Montesquieu, ib. Sire, répondit le phénix, je suis encore trop jeune pour être instruit de l'antiquité ; je n'ai vécu environ que vingt-sept mille ans ; mais mon père, qui avait vécu cinq fois cet âge, me disait qu'il avait appris de son père que les contrées de l'Orient avaient toujours été plus peuplées et plus riches que les autres, Voltaire, Princ. de Babyl. X. Tout vient d'Orient, le bien et le mal, Voltaire, Polit. et lég. Fragm. hist. sur l'Inde, XX. Il résulte de tout cela [l'ardeur des études orientales] que l'Orient, soit comme image, soit comme pensée, est devenu pour les intelligences autant que pour les imaginations une sorte de préoccupation générale à laquelle l'auteur de ce livre a obéi, peut-être à son insu, Hugo, Orientales, préface.

    L'extrême Orient, les parties de l'Asie qui sont le plus à l'orient, telles que la Chine et le Japon.

  • 6Commerce d'Orient, le commerce qui se fait dans l'Asie orientale par l'Océan, à la différence du commerce du Levant, qui se fait dans l'Asie occidentale par la Méditerranée.
  • 7Empire d'Orient, moitié orientale de l'empire romain dont Constantinople était la capitale.

    Schisme d'Orient, la séparation qui eut lieu en 862 entre l'Église grecque et l'Église latine.

  • 8Grand Orient, espèce de diète formée, dans une capitale, des représentants de toutes les loges maçonniques des provinces.

    Grand Orient désigne aussi le lieu où se tient la réunion.

  • 9L'orient des perles, le brillant produit par leurs reflets. Les perles, comme les coquilles, se dissolvent dans les acides, elles peuvent également se réduire en chaux, qui bouillonne avec l'eau, elles ont à très peu près la même densité, la même dureté, le même orient que la nacre intérieure et polie des coquilles à laquelle elles adhèrent souvent, Buffon, Min. t. VII, p. 168.

REMARQUE

Orient et oriental s'étendent souvent, par abus, fort au delà de leurs limites ; on entend plus d'une fois appeler de ce nom les pays d'Afrique, leurs habitants et les choses qui s'y rapportent. Il est bon de prévenir contre cette faute.

HISTORIQUE

XIe s. [Il] Conquerrat [à] lui d'ici qu'en orient, Ch. de Rol. XXIX.

XIIe s. C'est orient, meridiès, E occident, qui vient emprès Septemtrion…, Benoit de Sainte-Maure, I, V. 51. Li parreins fu ocis e gist en orient ; Car saint iglise esteit idunc en creissement, Th. le mart. 157.

XIIIe s. L'endemain au chemin se met, Et du cheminer s'entremet Vers oriant la droite voie, Rutebeuf, II, 121.

XVIe s. Que celui renonce la vie, qui ne se sçait pas tenir joyeux pour elles [les dames], lesquelles sont orient de plaisir et midy de joye, bien unique au monde, Nature d'amour, f° 20, dans LACURNE. Ces deux beaux yeux, ma gloire et mon pouvoir, Dont l'orient mes tenebres eclaire, Desportes, Diane, I, 21.

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Orient : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

ORIENT, s. m. se dit dans l’Astronomie & dans la Géographie, du point de l’horison qui répond au levant, ou à l’est. Voyez Est & Levant. Ce mot vient du latin oriri, se lever, parce que c’est dans le point dont il s’agit, que le soleil paroît se lever. Voyez Lever.

Orient équinoctial, signifie le point de l’horison où le soleil se leve, quand il est dans l’équateur, c’est-à-dire, quand il entre en aries ou en libra. Voyez Printems & Automne.

Orient d’été, est le point où le soleil se leve au commencement de l’été, dans le tems des plus longs jours.

Orient d’hiver, est le point où le soleil se leve au solstice d’hiver, dans les tems des plus courts jours. Chambers. (O)

Orient, (Critique sacrée.) les Hébreux désignoient l’orient par kedem, qui signifie le devant ; ils l’entendoient souvent par rapport à la Judée ; magi ab oriente venerunt, Math. ij. 1. les mages vinrent de l’Arabie ou de la Chaldée, pays qui sont à l’orient de la Judée. Ils l’entendoient aussi à l’égard de la ville de Jérusalem ; qui mons est contra Jerusalem ad orientem. Zach. xiv. 4. la montagne des oliviers est vis-à-vis de Jérusalem vers l’orient. Ils l’entendoient encore par rapport au tabernacle, asperget digito septies ad orientem, Levit. xvj. 14. Ils prenoient même ce mot absolument, sicut fulgur exit ab oriente, Marc, xxiv. 27. Orient signifie quelquefois en général un pays éloigné, qui suscitavit ab oriente justum, Is. xlj. 2. qui a fait sortir le juste de l’orient. Enfin, il se prend pour J. C. le soleil de justice, visitavit nos oriens ex alto, Luc, j. 78. Jesus-Christ nous est venu visiter d’en haut. (D. J.)

Orient, empire d’(Hist.) c’est ainsi qu’on appella l’empire romain, lorsque Constantin par la vanité de faire une ville nouvelle, & de lui donner son nom, transporta le trône à Bizance. Alors on vit Rome presque entiere passer en orient ; les grands y menerent leurs esclaves, c’est à-dire presque tout le peuple, & l’Italie fut privée de ses habitans. Par cette division du sceptre les richesses allerent à Constantinople, & l’empire d’occident se trouva ruiné. Toutes les nations barbares y firent des invasions consécutives ; il alla de degré en degré de la décadence à la chûte, jusqu’à ce qu’il s’affaissa tout-à-coup sous Arcadius & sous Honorius.

Justinien reconquit à la vérité l’Afrique & l’Italie par la valeur de Bélisaire ; mais à peine furent-elles subjuguées, qu’il fallut les perdre. D’ailleurs Justinien désola ses sujets par des impôts excessifs, & finalement par un zele aveugle sur les matieres de religion. Animé de cette fureur, il dépeupla son pays, rendit incultes les provinces, & crut avoir augmenté le nombre des fideles, lorsqu’il n’avoit fait que diminuer celui des hommes. Par la seule destruction des Samaritains, la Palestine devint déserte, & il affoiblit justement l’empire par zele pour la Religion, du côté par où quelques regnes après, les Arabes pénétrerent pour la détruire.

Bien-tôt toutes les voies furent bonnes pour monter sur le trône : un centenier nommé Phocas, y fut élevé par le meurtre. On y alla par les présages, par les soldats, par le clergé, par le sénat, par les paysans, par le peuple de Constantinople, par celui des villes, des provinces, par le brigandage, par l’assassinat ; en un mot, par toutes sortes de crimes.

Les malheurs de l’empire croissant de jour en jour, on fut naturellement porté à attribuer les mauvais succès dans la guerre, & les traités honteux dans la paix, à la conduite de ceux qui gouvernoient. Les révolutions firent les révolutions ; & l’effet devint lui-même la cause. Comme les Grecs avoient vu passer successivement tant de diverses familles sur le trône, ils n’étoient attachés à aucune ; & la fortune ayant pris des empereurs dans toutes les conditions, il n’y avoit pas de naissance assez basse, ni de mérite si mince, qui pût ôter l’espérance.

Phocas dans la confusion étant mal affermi, Héraclius vint d’Afrique, & le fit mourir ; il trouva les provinces envahies, & les légions détruites.

A peine avoit-il donné quelque remede à ces maux, que les Arabes sortirent de leurs pays pour étendre la religion & l’empire que Mahomet avoit fondés d’une même main. Apôtres conquérans, comme avoit été leur chef, animés d’un zele ambitieux pour leur nouvelle doctrine, endurcis aux fatigues de la guerre, sobres par habitude, par superstition, & par politique, ils conduisoient sous l’étendart de leur prophete des troupes d’enthousiastes, avides de carnage & de butin, contre des peuples mal gouvernés, amollis par le luxe, livrés à tous les vices qu’entraîne l’opulence, & depuis long-tems épuisés par les guerres continuelles de leurs souverains. Aussi jamais progrès ne furent plus rapides que ceux des premiers successeurs de Mahomet.

Enfin, on vit s’élever en 1300 une nouvelle tempête imprévue qui accabla la Grece entiere. Semblables à cette nuée que vit le prophete, qui petite dans sa naissance, vint bien-tôt à couvrir le ciel, les Turcs méprisables en apparence dans leur origine, fondirent comme un tourbillon sur les états des empereurs grecs, passerent le Bosphore, se rendirent maîtres de l’Asie, & pousserent encore leurs conquêtes jusques dans les plus belles parties de l’Europe ; mais il suffit de dire ici, que Mahomet II. prit Constantinople en 1453, fit sa mosquée de l’église de sainte Sophie, & mit fin à l’empire d’orient, qui avoit duré 1123 années. Telle est la révolution des états. (D. J.)

Orient, (Commerce.) ce terme s’entend de toutes les parties du monde qui sont situées à notre égard vers les lieux où nous voyons lever le soleil. Il ne se dit néanmoins communément que de celles qui sont les plus éloignées de nous, comme la Chine, le Japon, le Mogol, & le reste de l’Inde, l’Arabie, & la Perse. Les autres dont nous sommes plus voisins, comme les îles de l’Archipel, & les côtes de la Méditerranée, où sont Constantinople, Smirne, Alep, Seyde, &c. même le Caire, ne sont connues dans le Commerce que sous le nom du Levant. (D. J.)

Orient, port de l’(Géog.) ou simplement Orient, port de France en Bretagne, au fond de la baie du Port-Louis, à l’embouchure de la riviere de Scorf, qui vient du pont Scorf. On y a bâti depuis environ 35 ans une ville, où la compagnie des Indes tient ordinairement ses gros magasins. Long. suivant Cassini, 14d. 8′. 40″. lat. 47d. 44′. 50″. (D. J.)

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Étymologie de « orient »

Étymologie de orient - Littré

Provenç. orient, orien ; esp. et ital. oriente ; du lat. orientem, de oriri, surgir, se lever ; de même radical que le grec ὄρνυμι.

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Étymologie de orient - Wiktionnaire

Du latin oriens (« levant, orient »), participe présent de orior (« naitre, surgir, se lever, paraître »).
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Phonétique du mot « orient »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
orient ɔrjɑ̃ play_arrow

Citations contenant le mot « orient »

  • Le bombage de torse turc inquiète la Grèce, notamment en Méditerranée orientale. L'Orient-Le Jour, Semaine houleuse entre Ankara et Athènes - L'Orient-Le Jour
  • « À force d’entendre parler d’Israël depuis que je suis petit, haïr cet État à tout-va, le voir condamner de tous les maux de la planète, je n’ai eu qu’une seule envie, m’y rendre », explique celui qui pensait, lorsqu’il était adolescent, qu’« acheter un simple falafel certifié Beth Din finançait directement Tsahal et faisait de (lui) un collabo. » La crédulité parfois outrée de ce Candide oriental est un puissant ressort comique du récit de Sabyl Ghoussoub, qui se compose de deux grandes parties. « Kess emek » relate l’interrogatoire burlesque et loufoque que doit subit le personnage français d’origine libanaise, face à une administration israélienne bornée à souhait, qui ne parvient pas à saisir l’identité du voyageur qui revendique le fait de ne pas avoir de nom. L'Orient-Le Jour, Plongée jubilatoire dans un Moyen-Orient décloisonné - L'Orient-Le Jour
  • Les chants syriens, égyptiens, irakiens ou encore saoudiens résonnent entre les murs vitrés du Mucem. La nouvelle exposition « Orient Sonore » qui s’y tient jusqu’au 4 janvier prochain donne à voir, mais surtout à entendre, des contrées pas si éloignées de notre cité phocéenne. Une exposition montée en partenariat avec la fondation libanaise Amar – Arab Music Archiving and Research -, qui possède quelque 10 000 disques 78 tours représentatifs de la musique orientale au XXe siècle. Gomet, Partez en voyage dans l'Orient musical au Mucem - Gomet
  • Le sens de la réalité n'exclut pas une orientation morale mais au contraire l'accompagne. De Vaclav Havel / Méditations d'été
  • L'homme oriente sa voile, appuie sur le gouvernail, avançant contre le vent par la force même du vent. De Alain
  • Celui qui s’oriente sur l’étoile ne se retourne pas. De Léonard de Vinci
  • C'est déjà grand savoir que s'orienter dans le dédale de ses ignorances. De Pierre Dehaye
  • La raison discute. La sagesse oriente. La connaissance aiguise Sa vision. De Anonyme
  • Que de pas restent à faire ! La femme pauvre est aussi bien esclave et vendue en orient qu’en occident. Seulement elle a de plus la flétrissure et la misère. Le lupanar n’est autre chose qu’un sérail en commun. De Victor Hugo / Océan prose, 1858
  • Le bonheur entre et sort. C'est l'éclair qui vient de l'orient et disparaît à l'occident. Toute la terre le voit et tressaille ; mais il passe. De Henri Lacordaire / Lettres à un jeune homme
  • Le Canada est délimité au nord par l'or, à l'ouest par l'orient, à l'est par l'histoire et au sud par des amis. De Frances Shelley Wees / Leçon de géographie
  • Dans l'Orient désert quel devint mon ennui ! Jean Racine, Bérénice, I, 4, Antiochus
  • Laissez-moi un peu regarder du côté de la plus haute Asie, vers le profond Orient. J'ai là mon immense poème. Jules Michelet, La Bible de l'humanité

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Traductions du mot « orient »

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Synonymes de « orient »

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Antonymes de « orient »



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