Oie : définition de oie


Oie : définition du Wiktionnaire

Nom commun

oie \wa\ féminin (pour le mâle on dit : jars)

  1. (Ornithologie) Oiseau palmipède aquatique, apparenté au canard mais plus gros et plus grand, vivant à l’état sauvage ou à l’état domestique.
    • Cette année-là, une épidémie s’étant abattue sur les phasianidés, Mme Lefur dut s’estimer heureuse de pouvoir remplacer par une oie sa dinde noëlesque. — (Lectures pour tous : revue universelle et populaire illustrée, Hachette et Cie, 1908, page 254)
    • On ouvrait une oie. On la vidait. On la désossait. On faisait fondre sa graisse. On faisait cuire le tout. Enfin, dans des pots de terre vernissée on enfouissait ces morceaux. On versait dessus la graisse chaude. Elle se figeait et l’oie se conservait, avec sa saveur, dans ce tombeau. — (Paul Guth, Le mariage du Naïf, 1957, réédition Le Livre de Poche, page 141)
  2. Femelle de cette espèce, le mâle étant le jars.
  3. (Canada) (Familier) Indistinctement, bernache du Canada (« outarde ») ou oie des neiges (« oie blanche »).
    • Pour ma mère, il était bien compréhensible que la bernache soit l'espèce représentative des oies sauvage, puisque pendant la plus grande partie de sa vie, ce sont les bernaches qui passaient par chez elle, en Mauricie, au temps de la migration. Il en est d'ailleurs ainsi pour les habitants de plusieurs régions du territoire québécois. Là où sont présentes les deux espèces, on ne précise pas toujours de laquelle on parle. On dira qu'on a entendu les oies, que les oies sont arrivées. À la nuit tombée, il n'est pas donné à tous de distinguer avec certitude le cacardage d'une volée d'outardes de celui d'une volée d'oies blanches. Même en plein jour, il peut être difficile de déterminer l'espèce d'une formation en V passant devant un soleil éblouissant.
      Pendant que le concert des outardes s'amenuise en s'éloignant, je pense à Robert Lalonde [...]. Il me semble qu'il évoque le passage des oies dans
      Le monde sur le flanc de la truite. [...] et je tombe enfin sur le passage : « Je suis réveillé par le grand cri des oies. » De quelles oies parle-t-il? Lalonde précise qu'il entend les outardes sans les voir. — (Gérald Baril, Si près, si loin, les oies blanches, Montréal, XYZ, 2020, p. 179-180)
  4. (Figuré) Personne sotte.
    • C’est une vraie oie.
  5. (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries. Elle est généralement représentée passante sans aucun caractère particulier la distinguant du jars, ce qui peut induire une confusion. À rapprocher de canard, cane, canette, cygne et jars.
    • D’azur au pont d’or à trois arches maçonné de sable sommé d’une oie d’argent becquée et membrée d’or, qui est de Lapoutroie → voir illustration « armoiries avec une oie »

Forme de verbe

oie \wa\

  1. Première personne du singulier du présent du subjonctif de ouïr.
  2. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de ouïr.
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Oie : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

OIE. n. f.
Espèce d'oiseau palmipède, de la même famille que le canard, vivant soit à l'état sauvage, soit à l'état domestique. Oie grasse. Plume d'oie. Jeu de l'oie, Jeu que l'on joue avec deux dés, sur un carton où il y a, entre autres, des figures d'oies, placées dans un certain ordre. Contes de ma Mère l'Oie. Voyez conte. Fig. et fam., C'est une oie se dit d'une Personne sotte et niaise. Une petite oie blanche se dit d'une Jeune fille très innocente et élevée à l'ancienne mode. Patte d'oie. Voyez PATTE-D'OIE. Fig., Petite oie se disait autrefois pour désigner les Bas, le chapeau, les gants et autres accessoires de toilette. Fig. et fam., Petite oie désignait encore, dans le langage de la galanterie, les Menues faveurs.

Oie : définition du Littré (1872-1877)

OIE (oî) s. f.
  • 1Espèce d'oiseau aquatique plus gros et plus grand que le canard : l'oie sauvage, anser segetum ; l'oie domestique, anser cinereus, dite absolument oie ; l'oie à cravate, anas canadensis, L. ; l'oie nonnette, la bernache nonnette, anser erythropus, L. Faire rôtir une oie. Garder les oies. L'oie nous fournit cette plume délicate sur laquelle la mollesse se plaît à reposer, et cette autre plume, instrument de nos pensées, et avec laquelle nous écrivons ici son éloge, Buffon, Ois. t. XVII, p. 47. La domesticité de l'oie est moins ancienne et moins complète que celle de la poule, Buffon, ib. p. 49. Les oies sauvages sont peut-être de tous les oiseaux les plus sauvages et les plus farouches, Buffon, ib. p. 79. Les Gaulois, bien instruits du sentier qui mène au Capitole, y montent pendant la nuit ; toutes les sentinelles dormaient, les oies consacrées à Junon veillaient seules ; elles crient : un personnage consulaire, M. Manlius, s'éveille, appelle du secours…, Lévesque, Inst. Mém. sc. mor. et pol. t. III, p. 224.

    Terme d'antiquité romaine. Oies sacrées, les oies qu'on promenait en triomphe tous les ans en mémoire de ce qu'elles avaient donné l'alarme dans l'attaque nocturne des Gaulois.

    Tirer l'oie, se dit d'un jeu barbare qui consiste à attacher une oie par le cou, et à y lancer des bâtons jusqu'à ce que le cou ait été rompu. Fontaubin : Monsieur a l'air… - Lisette : D'un marinier qui va tirer l'oie, Legrand, l'Usurier gentilh. SC. 13.

    Bête comme une oie, qui se laisse plumer sans crier, c'est-à-dire très bête.

    On dit de même : n'avoir pas le sens d'une oie. La paix ! il n'y aura point de paix ; c'est un labyrinthe dont on ne se peut tirer ; ah ! pauvres Français, réjouissez-vous ; car vous n'avez pas le sens d'une oie, Voltaire, Lett. d'Argental, 14 sept. 1761.

    Fig. C'est une oie, se dit d'une personne très sotte.

  • 2Jeu de l'oie, jeu que l'on joue avec des dés sur un carton où des figures d'oie sont placées dans un certain ordre. Plus, un trou-madame et un damier, avec un jeu de l'oie, renouvelé des Grecs, fort propres à passer le temps lorsqu'on n'a que faire, Molière, l'Avare, II, 1. Le jeu de l'oie vous a renouvelée, comme il l'a été par les Grecs, Sévigné, 125. Mme la Dauphine s'était mise à jouer à l'oie, ne pouvant mieux, Saint-Simon, 303, 199. J'aime les jeux galants où l'esprit se déploie : C'est, monsieur, par exemple un joli jeu que l'oie, Regnard, le Joueur, I, 7. Le jeu de l'oie n'est pas la seule chose qui soit renouvelée des Grecs, Arnault, Loisirs d'un banni, t. II, p. 45, dans POUGENS.
  • 3Contes de ma mère l'oie, contes dont on amuse les enfants. Et ne m'émeus non plus… Que d'un conte d'Urgande et de ma mère l'oie, Régnier, Sat. X. Qu'aurait-on dit de Virgile, bon Dieu ! si à la descente d'Énée dans l'Italie, il lui avait fait conter par un hôtelier l'histoire de Peau d'âne et des contes de ma mère l'oie ? Boileau, Dissert. sur Joconde (en 1669)

    Fig. Faire des contes de ma mère l'oie, dire des choses où il n'y a nulle apparence de raison et de vérité.

    D'après J. Grimm, les contes de la mère l'oie se rattachent à Berthe la fileuse ou Berthe pied d'oie, dite dans le midi la reine Pedauque ; Berthe, Berchta est une divinité germanique.

  • 4Merde d'oie (on prononce mêr-doi), se dit d'une couleur mêlée de vert. Couleur merde d'oie.
  • 5Petite-oie, ce qu'on retranche d'une oie quand on l'habille pour la faire rôtir, comme les pieds, les bouts d'aile, le cou, le foie, le gésier. C'est ce qu'on appelle aujourd'hui un abatis.

    Fig. Petite-oie, les bas, le chapeau, et les autres ajustements pour rendre un habillement complet ; ainsi dit par comparaison avec l'abatis d'une volaille. Ne vous vendrai-je rien ? monsieur, des bas de soie, Des gants en broderie, ou quelque petite-oie ? Corneille, Galer. du pal. IV, 14. Que vous semble de ma petite-oie ? la trouvez-vous congruente à l'habit ? Molière, Préc. 10. À la vérité, nos modes changent de temps en temps ; mais avez-vous pris garde que ces changements ne vont pas tant à l'essentiel des habits qu'aux ajustements et à la petite-oie ? Bouhours, Entret. d'Ariste et d'Eug. 2.

    Fig. Les petites faveurs que les femmes accordent à leurs amants. Hors de cela, elle lui accorda après deux ou trois conversations ce qu'une fille peut accorder honnêtement à un homme ; et il fut maître de ce que nous appelons en France la petite-oie, Bussy-Rabutin, la France galante, p. 305, édit. POITEVIN, 1857. Menu détail, baisers donnés et pris ; La petite-oie ; enfin ce qu'on appelle En bon français les préludes d'amour, La Fontaine, Orais.

    Par extension, toute sorte de prélude, de diminutif. Je mettais mon chapeau en garçon qui n'était pas un sot ; enfin j'avais déjà la petite-oie de ce qu'on appelle usage du monde, Marivaux, Pays. parv. part. I. Cette légère mortification a fait dire à une dévote janséniste, que leur sort était bien digne d'envie, et qu'ils avaient obtenu la petite-oie du martyre, D'Alembert, Destruct. des jésuit. Œuv. t. V, p. 202, dans POUGENS.

    Petite-oie est vieux dans toutes ses acceptions.

  • 6Patte-d'oie, voy. PATTE-D'OIE, à son rang.
  • 7Oie noire, synonyme de macreuse.
  • 8Petite constellation qu'on réunit ordinairement à celle du Renard. Le Renard et l'Oie forment la constellation dite Fleuve du Tigre.

    Le Toucan, autre constellation, est appelé Oie d'Amérique, Legoarant

HISTORIQUE

XIIIe s. Auwes ne capons, Tailliar, Recueil, p. 140.

XIVe s. Chars de buef, d'oies, H. de Mondeville, f° 45. Que nulz n'achate oes que en la place ou es champs qui sont entre le ponceau de Roulle du pont de Chaillouau jusques aus faubours de Paris, Liv. des mét. 176.

XVIe s. C'est toy qui maints de los très amples doues ; Mais endroit moy tu fais cignes les oues, Marot, II, 380. De chacun baril d'auve, sain, oinct, et autres graisses, Arrêt du parlement, 20 sept. 1527. Il est bien mal-aisé que tels esprits croyent aux petites oyes de vostre religion, comme au baptesme des cloches, D'Aubigné, Faen. IV, 15. Verd de gris, merde d'oye, jaune paisle, jaune doré…, D'Aubigné, ib. I, 2. Voilà une bataille avec ses petites oyes [détails], D'Aubigné, Hist. III, 58. Je luy appris à tourner les talons en dedans, à cheminer en oye et de pareille gravité, D'Aubigné, Conf. II, 1. Qui mange de l'oye du roi, en cent ans il en rend la plume, Carloix, I, 32. Or ça on plume l'oye sans la faire crier, Rabelais, Pant. V, 13. Se hoyes sont trouvées en prés ou en vignes, en quelque temps que ce soit, ou en terres embloyées ou semées, La Thaumassière, Cout. du Berry, p. 328, dans LACURNE. Petite oue [abatis], Oudin, Dict. Petite oue d'habit, Oudin, ib.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

OIE. Ajoutez :
9Oie de mer, nom sur les côtes de Normandie, d'un petit cétacé, ainsi dit à cause de la forme de son museau.
10Les oies du frère Philippe, les femmes ; locution qui provient d'un conte de La Fontaine, lequel est tiré de Boccace, qui, à son tour, l'a emprunté à une pieuse légende du moyen âge : Un jeune homme élevé loin du monde voit pour la première fois des femmes ; le jeune homme, touché de cette vue, demande ce que c'est ; le vieillard répond : ce sont des oies.
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Oie : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

OIE, s. f. anser domesticus, (Hist. nat. Ornithol.) oiseau qui est plus petit que le cygne, & plus gros que le canard : il a environ deux piés dix pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité des piés, & à-peu-près deux piés huit pouces jusqu’au bout de la queue : le bec a deux pouces & demi de longueur depuis la pointe jusqu’aux coins de la bouche, & environ trois pouces & demi jusqu’aux yeux. La queue est longue à-peu-près de dix pouces, & composée de dix-huit plumes, dont les extérieures sont les plus courtes ; les autres augmentent de longueur successivement jusqu’à celles du milieu qui sont les plus longues de toutes. La couleur des oies varie comme dans tous les autres oiseaux domestiques ; elles sont ordinairement brunes, ou cendrées, ou blanches ; on en trouve aussi dont la couleur est en partie brune, & en partie blanche. Le bec & les pattes sont jaunes dans les jeunes oies, & deviennent ordinairement rouges avec l’âge : il y a vingt-sept grandes plumes dans chaque aîle. Quand on irrite cet oiseau, il fait entendre un sifflement semblable à celui d’un serpent : l’oie vit très-long-tems. Willughby rapporte que l’on avoit gardé chez le pere d’un de ses amis pendant quatre-vingt ans un oie qui paroissoit pouvoir vivre encore autant de tems, si l’on n’avoit pas été obligé de la tuer, parce qu’elle faisoit une guerre continuelle aux autres oies. Willughby, Ornith. Voyez Oiseau. (I)

Oie sauvage, anser ferus, oiseau qui ressemble à l’oie domestique par la grosseur & par la forme du corps, & qui en differe un peu par la couleur. Il a toute la face supérieure du corps brune, ou d’une couleur cendrée obscure, excepté les plumes de la racine de la queue qui sont blanches. Toute la face inférieure a une couleur blanchâtre ; cette couleur est de plus en plus blanche, à mesure qu’elle se trouve plus près de la queue, & les plumes qui sont sous la queue ont un très-beau blanc ; le bec a la racine & la pointe noires ; le milieu est de couleur de saffran. Raii, synop. meth. avium. Voyez Oiseau. (I)

Oie de Bassan, voyez Oie d’Ecosse.

Oie de Brenta, Brenta anas, torquenta Bellonii, oiseau qui est un peu plus gros & plus alongé que le canard : la tête, le cou, & la partie supérieure de la poitrine sont noires : il y a de chaque côté sur le milieu du cou, une tache ou une petite ligne blanche, en forme de collier, le dos est d’une couleur brune cendrée, comme dans l’oie domestique ; cependant la partie postérieure a une couleur plus noirâtre ; les plumes qui recouvrent le dessus de la racine de la queue sont blanches ; la poitrine a une couleur brune cendrée ; le bas-ventre est blanc ; la queue & les grandes plumes des aîles sont noires, les petites ont une couleur brune cendrée ; les piés sont noirâtres. Cet oiseau a environ un pié six pouces & demi de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue. Willughby, Ornith. Voyez Oiseau. (I)

Oie de Canada, anser canadensis, oiseau qui ressemble beaucoup à l’oie domestique ; il a cependant le corps un peu plus alongé. Le dos est d’un brun cendre, comme dans l’oie domestique, & le croupion est noir : les plumes qui recouvrent en-dessus la racine de la queue sont blanches ; le cou est presque entierement noir, excepté la partie inférieure qui a une couleur blanche ; il y a derriere la tête, au dessous des yeux, une large bande blanche qui entoure le cou presque en entier ; le ventre est blanc ; la queue & les grandes plumes des aîles sont noires ; les petites plumes & celles qui recouvrent immédiatement les grandes, ont une couleur brune cendrée ; celle des pattes est noire. Ray, synop. meth. avium. Voyez Oiseau. (I)

Oie d’Ecosse, Oie Soland, Oie de Bassan, anser bassanus, oiseau qui est de la grosseur de l’oie domestique ; il a le bec long, droit dans toute son étendue, à l’exception de l’extrémité, qui est un peu courbe ; ce bec a une couleur cendrée obscure ; la piece supérieure a de chaque côté un petit appendice situé près de l’endroit où commence la courbure ; l’ouverture de la bouche est grande ; les narines ne sont pas apparentes au-dehors ; le dedans de la bouche a une couleur noire ; la langue est petite, & les pieces du bec sont dentelées. Cet oiseau est entierement blanc, excepté les grandes plumes des aîles qui ont une couleur noirâtre : quand il est vieux, le dessus de la tête a une teinte de roux ; il prend difficilement son essor lorsqu’il est posé sur la terre, parce que ses aîles sont très-longues. Raii, synop. meth. avium. Voyez Oiseau. (I)

Oie d’Espagne, anser hispanicus, an potius guineensis, oiseau qui a comme l’oie domestique le dos d’une couleur brune mêlée de cendrée. Le ventre est blanc, la gorge & la poitrine sont brunes & ont une teinte de roux. Il y a sur la tête une bande d’un brun noirâtre qui s’étend jusqu’au dos en passant sur le face supérieure du cou. Le bec est noir, & il a à sa racine un tubercule proéminent, qui augmente avec l’âge, & qui est toujours plus gros dans les mâles que dans les femelles. La tête est entourée d’une bande blanche en forme de collier placé entre les yeux & la racine du bec. Les plumes de la queue sont de la même couleur que celles du dos & des aîles, & ont l’extrémité blanchâtre. Les piés sont rougeâtres. Il y a des individus qui ont aussi le bec de cette couleur. Le doigt de derriere est très-petit. Willughby, ornit. Voyez Oiseau. (I)

Oie de Magellan, voyez Pengouin.

Oie de marais, anser palustris noster, Raii, oiseau qui est le même que l’oie sauvage ; car la description qu’en donne Ray, d’après Lister, est exactement conforme avec celle de l’oie sauvage, à l’exception de la couleur des piés & du milieu du bec, qui est d’un rouge tirant sur le pourpre dans l’oie de marais ; ces mêmes parties sont de couleur de safran dans l’oie sauvage. Voyez Oie sauvage, Oiseau

Oie de mer, nom que l’on a donné au dauphin, parce que les machoires de ce poisson cetacée ressemblent au bec d’une oie. Voyez Dauphin. (I)

Oie de mer, voyez Harle.

Oie de Moscovie, oiseau qui est plus grand que l’oie domestique. Il a environ trois piés six pouces de longueur depuis la pointe du bec jusqu’à l’extrémité de la queue, & cinq piés d’envergure. Le dessus de la tête & la partie supérieure du cou sont d’un brun obscur, & les côtés de la tête & du cou d’un brun plus pâle. Le bec est noir à la racine, & de couleur orangée dans le reste de sa longueur ; il y a sur la piece supérieure une sorte de tubercule aussi de couleur orangée. Les plumes du dos sont d’un brun obscur ; cette couleur est moins foncée sur les bords extérieurs de chaque plume. Toutes les autres parties du corps & les aîles sont blanches, à l’exception de quelques plumes qui recouvrent le dessus de la racine de la queue. Les jambes & les piés sont d’une couleur orangée. La femelle differe un peu du mâle ; elle a la tête, le cou & la poitrine d’un brun clair, & le dos, les aîles & les cuisses d’un brun obscur ; les bords extérieurs des plumes sont d’un blanc sale. Le tubercule du bec est moins gros que celui du mâle. Albin, Hist. nat. des oiseaux, tome II. Voyez Oiseau. (I)

Oie nonette, voyez Tadorne.

Oie soland, voyez Oie d’Ecosse.

Oies, (Diet. & Mat. méd.) oie domestique & oie sauvage ; ces deux oiseaux ont entr’eux le plus grand rapport, quoique le dernier passe généralement pour meilleur. On mange l’oie jeune & ayant acquis à peine la moitié de son accroissement (à cet âge elle est connue sous le nom d’oison), ou bien dans l’état adulte, c’est-à-dire après avoir acquis tout son accroissement.

La chair de l’oison passe pour avoir éminemment le défaut propre aux jeunes animaux, c’est-à-dire, pour être gluante & comme glaireuse ; & en effet, les personnes qui n’y sont point accoutumées, la trouvent sans consistance & d’un goût plat, & ils la digerent mal ; elle leur donne le dévoiement : ainsi elle doit être rangée avec les alimens suspects & peu salutaires. On sert pourtant l’oison sur les bonnes tables dans le pays où on éleve beaucoup d’oies. On a coutume, & on fait bien de ne le manger que rôti, & avec des sausses piquantes, ou arrosées de jus de citron, ce qui est encore mieux.

L’oie adulte, lorsqu’elle est vieille, est seche, dure & de mauvais goût : les auteurs de diete disent même que l’usage de sa chair est sujet à engendrer des fievres ; ce qui paroît outré : si elle est jeune & grasse, sa chair est fastidieuse & toujours d’un goût plat. En général l’oie n’est servie que dans les festins du peuple ; celui de Paris en mange beaucoup. M. Bruhier observe dans son addition au traité des alimens de Louis Lemeri, que quoiqu’on consomme encore aujourd’hui beaucoup d’oies à Paris, c’étoit toute autre chose autrefois : que la rue nommée à présent la rue aux ours, se nommoit la rue aux oies, ou aux marchands d’oies, qui en faisoient un débit prodigieux, soit qu’ils les vendissent crûes ou rôties. On les mange aujourd’hui soit rôties, soit en ragoût, & principalement en daube. Pour les rendre sous cette derniere forme moins malfaisantes, & plus agréables qu’il est possible, on doit les apprêter avec des assaisonnemens piquans & acides.

Les cuisses d’oie qu’on prépare dans plusieurs pays en les salant à sec, les faisant cuire à demi dans de la graisse d’oie, & les en recouvrant ensuite, qu’on envoie en cet état dans tout le royaume, paroissent un peu corrigées par le sel, & ne sont ni desagréables ni mal saines, étant mangées bouillies : elles font assez bien dans le potage, & sur-tout dans les potages aux choux verds, que les Béarnois appellent garbure, & qui est à présent aussi en usage à Paris, sous le même nom ; servies encore avec de la purée, &c.

La graisse d’oie est très-fine, très-douce & très fondante. On s’en sert dans quelques pays au lieu de beurre : & les pharmacologistes n’ont pas manqué de lui accorder plusieurs vertus médicinales particulieres : mais elle ne possede absolument que les qualités diététiques & médicamenteuses communes aux graisses. Voyez Graisse, Diete, & Mat. méd.

La fiente d’oie est aussi un remede, recommandé à la dose d’environ demi-gros, comme sudorifique, diurétique, emmenagogue & spécialement propre contre la jaunisse. La peau qui recouvre les pattes de l’oie, a été déclarée astringente ; & sa langue séchée & pulvérisée, comme un spécifique contre la retention d’urine. Ettmuler, qui est un des pharmacologistes qui a proposé sérieusement ce prétendu spécifique, assure encore que la langue du même animal mangée fraîche, guérit l’incontinence d’urine. (b)

Oie, foie d’, (Art culin. des anc.)les Grecs & les Romains faisoient grand cas des foies d’oies blanches qu’ils engraissoient. Pline le dit lui-même, lib. X. c. 20. nostri sapientiores qui eos jecoris bonitate novere. Fartilibus in magnum amplitudinem crescit. Sumptum quoque lacte mulso augetur. Nous avons encore un passage d’Horace pour le prouver ; c’est dans la Satyre de Nasidiénus homme riche & avare, qui se met en frais pour regaler Mécénas. Il lui donne dans un des plats le foie d’une oie blanche qu’ils ont nourrie de figues fraîches, pinguibus & ficis pastum jecur. Les Grecs appelloient ces foies συκωτα, en latin, ficata. La maniere de préparer les foies d’oie étoit la même en Italie qu’en Grece. On les servoit rôtis ou frits à la poêle, & enveloppés de la membrane appellée omentum, que nous nommons la coëffe. C’est sur cela qu’est fondé le bon mot d’un aimable courtisanne, qui croyant, étant à table, prendre un foie dans un plat, & ne trouvant sous l’enveloppe qu’un morceau de poumon, s’écria :

Ἀπόλωλα, πέπλων m’ωλεσαν περιπτυχαί.

« Je suis perdue ! cette maudite robe m’a trompée & me fait mourir ». C’est un vers d’une tragédie greque, qui est dit par Agamemnon, que Clytemnestre & Egyste tuent après l’avoir embarrassé dans une robe sans ouverture. L’application en est fort jolie, & nous prouve bien que les courtisannes de ce tems-là savoient leurs poëtes par cœur : elles enchaînoient les hommes les plus sages par trois puissans moyens, la beauté, l’esprit cultivé & les talens. (D. J.)

Oie d’Amérique ou Toucan, (Ast.) constellation de l’hémisphere austral, qui est du nombre de celles qu’on ne voit point dans ces climats. Voyez Constellation & Circumpolaires. (O)

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Oie : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « oie » les plus populaires.

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Étymologie de « oie »

Étymologie de oie - Littré

Berry, oche ; wallon, âwe ; namur. auwe ; anc. espagn. auca ; espagn. mod. et portug. oca ; bas-lat. auca, de avica, dérivé fictif de avis, oiseau. Le nom général avica, oiseau, a été réduit à un sens spécial, comme jumentum, bête de somme, a donné jument.

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Étymologie de oie - Wiktionnaire

(Fin XIIe siècle) Du moyen français oie[1], de l’ancien français oe, oue, du bas latin auca, contraction de *avica[2], du latin avis (« oiseau »).
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Phonétique du mot « oie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
oie wa play_arrow

Citations contenant le mot « oie »

  • Après, si l’on explore à nouveau la voie mariant PS et N-VA, il ne faut pas pour autant hurler au retour à la case départ. "Ce serait commettre une erreur de perspective", avance Pascal Delwit. Parce que tant le PS que la N-VA ont évolué. S’ils pouvaient tous deux, durant l’été 2019, envisager l’opposition au fédéral, opérant une sorte de repli régional, le cru 2020 est venu chambouler cette certitude. "Pour la N-VA, des élections anticipées constitueraient le pire des scénarios." Ce serait risquer de perdre la couronne de premier parti de Flandre au profit du Vlaams Belang. Au PS aussi, elles risqueraient de faire mal. "Le parti est attaqué par le PTB sur son électorat populaire et par Ecolo du côté des classes moyennes." L'Echo, Voilà plus de 420 jours que la Belgique joue au jeu de l'oie politique | L'Echo
  • Mercredi, dans le cadre des « Estivales » organisées par l’office de tourisme, en partenariat avec l’association Kastell Kozh, trois équipes se sont affrontées afin de remporter le jeu de l’oie géant dédié au patrimoine de la ville. Les petits et les grands ont joué en famille pour découvrir le Moyen Âge grâce aux vestiges du château des Rohan-Guémené. Ce jeu a été l’occasion de parler des seigneurs Rohan-Guémené, de la construction du château, de la guerre de Cent Ans et de la toilette. Les équipes étaient originaires de Saint-Aignan et Ploërdut. Le Telegramme, Trois équipes ont participé au jeu de l’oie géant sur le patrimoine - Guémené-sur-Scorff - Le Télégramme
  • « L’art de l’imposition consiste à plumer l’oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris », rappellent les auteurs d’un récent mémo de l’Institut C.D. Howe, en reprenant une citation de Colbert, le grand argentier du Roi-Soleil. La Presse, L’oie, les plumes et vos futures hausses d’impôt
  • Les oies mangent de la neige. C'est peut-être ce qui les rend si blanches. De Tomi Ungerer / Nos Années de boucherie
  • Quand le loup enseigne aux oies leurs prières, il les croque pour ses honoraires. De Proverbe allemand
  • Trois femmes et trois oies font déjà un marché. De Proverbe polonais
  • Renard n'est pas juge à un concours d'oies. De Proverbe anglais
  • Vous venez voir l'écrivain ? Méfiez-vous, c'est décevant... C'est comme si après avoir mangé le foie gras vous rencontriez l'oie en personne. De Arthur Koestler
  • L'intérêt qu'elle prenait à l'histoire naturelle était limité à l'observation des pattes d'oie qui se formaient autour de ses yeux. De Eric Bentley
  • La femme a plus de sagesse qu'une oie ; quand il pleut, elle se met au sec sous un toit. De Geiler de Kaysersberg
  • C'est l'eau qui fait le cygne. Qui veut faire le cygne sans l'eau fait l'oie. De Gilbert Cesbron
  • L'art de l'imposition consiste à plumer l'oie pour obtenir le plus possible de plumes avec le moins possible de cris. De Jean-Baptiste Colbert
  • Mettez une plume d'oie dans la main d'un moraliste qui soit écrivain de premier ordre. Il sera supérieur aux poètes. De Lautréamont
  • Il écrit si bien qu'il me donne envie de rendre ma plume à la première oie qui passe. De Fred Allen
  • Qui mange l’oie du roi, cent ans après il en rend les plumes. De Proverbe français
  • L'alouette en main vaut mieux que l'oie qui vole. De Proverbe français
  • Une oie va pliant le cou, mais à ses yeux rien n'échappe. De Le Talmud / Megilla
  • Les événements ont ceci de commun avec les oies qu'ils vont en troupe. Léon Bloy, Le Désespéré, Mercure de France

Images d'illustration du mot « oie »

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Traductions du mot « oie »

Langue Traduction
Corse oca
Basque antzara
Japonais ガチョウ
Russe гусь
Portugais ganso
Arabe بجعة
Chinois
Allemand gans
Italien oca
Espagnol ganso
Anglais goose
Source : Google Translate API

Synonymes de « oie »

Source : synonymes de oie sur lebonsynonyme.fr

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