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Maréchal

[mareʃal]
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Définitions de « maréchal »

Maréchal - Nom commun

  • Titre le plus élevé dans la hiérarchie militaire, attribué à un officier général.

    C’est à Rambervillers que Charles IV, duc de Lorraine, se retrancha en 1635, et arrêta l’armée française commandée par le maréchal de la Force.
    — Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895
  • Désignation spécifique pour Philippe Pétain durant la période du régime de Vichy en France.

    Ils s’habituèrent à ce que Mme Loiseau parlât avec émotion du Maréchal, qu’elle devînt véhémente quand des attentats contre les Allemands provoquaient des représailles. Le crime était double : celui de commettre un assassinat et celui de faire punir des innocents ! C’était malhonnête aussi, on faisait mentir le Maréchal, puisqu’il avait accepté pour nous les conditions de l’armistice !
    — Elsa Triolet, Le premier accroc coûte deux cents francs
  • (Par ellipse) Professionnel chargé du ferrage des chevaux et potentiellement d'autres tâches liées aux soins des pieds des équidés.

    Il y a la forge d’un maréchal et ensuite un charron avec deux ou trois charrettes neuves.
    — Gustave Flaubert, Madame Bovary

Expressions liées

  • Bâton de maréchal (signe distinctif de la dignité de maréchal.)
    Au moment où Pons rencontra Schmucke, il venait d'obtenir, sans l'avoir demandé, le bâton de maréchal des compositeurs inconnus, un bâton de chef d'orchestre!
    — Balzac, Le Cousin Pons
  • Maréchal de camp (grade d'officier général jusqu'au xviiiesiècle, remplacé depuis par celui de général de brigade.)
    L'autre colonne était commandée par Neuwinger, un ancien rengagé six mois avant comme volontaire, et que la République venait de nommer maréchal de camp
    — Erckmüller-Chatelain, Histoire paysanne
  • Maréchal de france et p ell maréchal (dignité la plus élevée conférée à un officier général de l'armée de terre, généralement pour de hauts faits en temps de guerre.)
  • Maréchal des écuries (officier responsable du soin de l'écurie et du cheval du Roi au moyen âge.)
  • Maréchal, maréchal de france d'empire (grade le plus élevé d'officiers généraux depuis le xiiesiècle, auxquels étaient confiées de hautes fonctions de commandement ou d'administration dans les armées royales ou impériales.)
  • Maréchal, maréchal grossier (artisan dont le métier était de façonner le fer et dont l'activité se confondait parfois avec celle du forgeron ou du serrurier.)
  • Uniforme de maréchal
  • État major du maréchal
  • Étoiles de maréchal (insigne marquant le grade de Maréchal.)

Étymologie de « maréchal »

Du vieux-francique *marhskalk (palfrenier, garçon d'écurie), composé de mare (cheval en ancien français), issu du proto-germanique *markhaz, possiblement d'origine gauloise, et du proto-germanique *skalkaz (serviteur). Ce terme est latinisé en mariscallus en latin, puis devient mareschal en ancien français.

Usage du mot « maréchal »

Évolution historique de l’usage du mot « maréchal » depuis 1800

Fréquence d'apparition du mot « maréchal » dans le journal Le Monde depuis 1945

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Synonymes de « maréchal »

Citations contenant le mot « maréchal »

  • Le pluriel d'un maréchal, c'est des maraîchers. Le pluriel d'un général, c'est des générés.
    Boris Vian
  • Chaque semaine, retrouvez les trésors des Archives municipales de Boulogne-sur-Mer. L’occasion de découvrir des documents, objets ou lieux qui font l’histoire de la ville. Aujourd’hui, le manuscrit autographe du discours d’inauguration du monument aux morts par le maréchal Foch.
    La Voix du Nord — Il y a 96 ans, le maréchal Foch inaugurait le monument aux morts de Boulogne
  • Si d’un état agréable j’étois passé tout d’un coup à un état malheureux, je sentirois tout ce que vous sentez ; mais on m’a fait avaler huit ans durant tant de couleuvres, dont je ne me vantois pas, que je regardois la fin de ces misères, de quelque façon qu’elle pût arriver, comme je regardois avant cela d’être maréchal de France ;
    Comte de Bussy-Rabutin —  Lettres à Madame de Sévigné
  • Au marché de Briv'-la-Gaillarde,A propos de bottes d'oignons,Quelques douzaines de gaillardesSe crêpaient un jour le chignon.A pied, à cheval, en voiture,Les gendarmes, mal inspirés,Vinrent pour tenter l'aventureD'interrompre l'échauffouré'.[…]En voyant ces braves pandoresÊtre à deux doigts de succomber,Moi, j'bichais car je les adoreSous la forme de macchabées.De la mansarde où je résideJ'excitais les farouches brasDes mégères gendarmicidesEn criant :"Hip, hip, hip, hourra !"Frénétiqu' l'une d'elle attacheLe vieux maréchal des logisEt lui fait crier : "Mort aux vaches,Mort aux lois, vive l'anarchie !"
    Georges Brassens — Hécatombe
  • Nous avouerons que notre héros était fort peu héros en ce moment. Toutefois, la peur ne venait chez lui qu’en seconde ligne ; il était surtout scandalisé de ce bruit qui lui faisait mal aux oreilles. L’escorte prit le galop ; on traversait une grande pièce de terre labourée, située au delà du canal, et ce champ était jonché de cadavres.— Les habits rouges ! les habits rouges ! criaient avec joie les hussards de l’escorte, et d’abord Fabrice ne comprenait pas ; enfin il remarqua qu’en effet presque tous les cadavres étaient vêtus de rouge. Une circonstance lui donna un frisson d’horreur : il remarqua que beaucoup de ces malheureux habits rouges vivaient encore ; ils criaient évidemment pour demander du secours, et personne ne s’arrêtait pour leur en donner. Notre héros, fort humain, se donnait toutes les peines du monde pour que son cheval ne mît les pieds sur aucun habit rouge. L’escorte s’arrêta ; Fabrice, qui ne faisait pas assez d’attention à son devoir de soldat, galopait toujours en regardant un malheureux blessé.— Veux-tu bien t’arrêter, blanc-bec ! lui cria le maréchal-des-logis. Fabrice s’aperçut qu’il était à vingt pas sur la droite en avant des généraux, et précisément du côté où ils regardaient avec leurs lorgnettes. En revenant se ranger à la queue des autres hussards restés à quelques pas en arrière, il vit le plus gros de ces généraux qui parlait à son voisin, général aussi, d’un air d’autorité et presque de réprimande ; il jurait. Fabrice ne put retenir sa curiosité ; et, malgré le conseil de ne point parler, à lui donné par son amie la geôlière, il arrangea une petite phrase bien française, bien correcte, et dit à son voisin :— Quel est-il ce général qui gourmande son voisin ?— Pardi, c’est le maréchal !— Quel maréchal ?— Le maréchal Ney, bêta ! Ah ça ! où as-tu servi jusqu’ici ?Fabrice, quoique fort susceptible, ne songea point à se fâcher de l’injure ; il contemplait, perdu dans une admiration enfantine, ce fameux prince de la Moskowa, le brave des braves.Tout à coup on partit au grand galop. Quelques instants après, Fabrice vit, à vingt pas en avant, une terre labourée qui était remuée d’une façon singulière. Le fond des sillons était plein d’eau, et la terre fort humide, qui formait la crête de ces sillons, volait en petits fragments noirs lancés à trois ou quatre pieds de haut. Fabrice remarqua en passant cet effet singulier ; puis sa pensée se remit à songer à la gloire du maréchal. Il entendit un cri sec auprès de lui ; c’étaient deux hussards qui tombaient, atteints par des boulets ; et, lorsqu’il les regarda, ils étaient déjà à vingt pas de l’escorte. Ce qui lui sembla horrible, ce fut un cheval tout sanglant qui se débattait sur la terre labourée en engageant ses pieds dans ses propres entrailles ; il voulait suivre les autres : le sang coulait dans la boue.Ah ! m’y voilà donc enfin au feu ! se dit-il. J’ai vu le feu ! se répétait-il avec satisfaction. Me voici un vrai militaire. À ce moment, l’escorte allait ventre à terre, et notre héros comprit que c’étaient des boulets qui faisaient voler la terre de toutes parts. Il avait beau regarder du côté d’où venaient les boulets, il voyait la fumée blanche de la batterie à une distance énorme, et, au milieu du ronflement égal et continu produit par les coups de canon, il lui semblait entendre des décharges beaucoup plus voisines ; il n’y comprenait rien du tout.
    Stendhal — La Chartreuse de Parme
  • Puis, comme Fabrice se sentait très faible, le maréchal des logis lui apporta une écuelle de vin chaud et fit un peu la conversation avec lui. Quelques compliments inclus dans cette conversation mirent notre héros au troisième ciel.
    Stendhal — La Chartreuse de Parme

Traductions du mot « maréchal »

Langue Traduction
Anglais marshal
Espagnol mariscal
Italien maresciallo
Allemand marschall
Chinois 元帅
Arabe مارشال
Portugais marechal
Russe маршал
Japonais 元帥
Basque mariskalaren
Corse mariscal
Source : Google Translate API


Sources et ressources complémentaires

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.