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Maréchal

Sommaire

  • Définitions du mot maréchal
  • Étymologie de « maréchal »
  • Phonétique de « maréchal »
  • Citations contenant le mot « maréchal »
  • Images d'illustration du mot « maréchal »
  • Traductions du mot « maréchal »
  • Synonymes de « maréchal »

Définitions du mot maréchal

Trésor de la Langue Française informatisé

MARÉCHAL, subst. masc.

I. − Grade ou dignité militaire donné(e) suivant les époques à divers officiers ou sous-officiers.
A. − HISTOIRE
1. Maréchal des écuries. Officier responsable du soin de l'écurie et du cheval du Roi au moyen âge (d'apr. Marion 1968).
2. Maréchal de camp. Grade d'officier général jusqu'au xviiiesiècle, remplacé depuis par celui de général de brigade. L'autre colonne était commandée par Neuwinger, un ancien rengagé six mois avant comme volontaire, et que la République venait de nommer maréchal de camp (Erckm.-Chatr.,Hist. paysan,t. 2, 1870, p. 30).
3. Maréchal, Maréchal de France d'Empire. Grade le plus élevé d'officiers généraux depuis le xiiesiècle, auxquels étaient confiées de hautes fonctions de commandement ou d'administration dans les armées royales ou impériales et qui au moyen âge exerçaient avec des prévôts une juridiction dont dépendait un corps de troupe chargé du maintien de l'ordre public (cf. maréchaussée). Uniforme de maréchal; État major du Maréchal. Quittez votre sommeil, mes Maréchaux d'Empire, Mes soldats d'Italie! Allons, ouvrez vos yeux. Vous dormirez demain; et jamais sous les cieux, Non, jamais sous mon toit, sous mes tentes guerrières, Un sommeil plus pesant n'aura clos vos paupières (Quinet,Napoléon,1836, p. 230).Peut-être viendra-t-il un temps où elles [ces inimitiés] n'existeront pas plus qu'elles n'existaient sous le principat du Maréchal de Mac-Mahon, ou du moins dans les prémices trompeuses de ce principat, et sous le ministère décevant du 16 mai (A. France,Orme,1897, p. 145):
1. Pendant que les défenseurs du camp repoussaient ainsi la contre-attaque de Saladin, Philippe Auguste recommençait l'assaut de la tour maudite. Il fut bien près de réussir. Le Maréchal de France Aubri Clément, qui avait juré de prendre Acre ou de mourir, se jeta sur la brèche de la tour, mais les échelles se brisèrent et il fut tué. Grousset,Croisades,1939, p. 268.
Rem. Sous le Premier Empire le titre de maréchal était parfois une dignité conférée à un officier qui n'avait plus de fonction de commandement dans l'armée mais qui occupait un poste civil, par exemple celui de sénateur d'Empire.
B. − Moderne
1. Maréchal de France et p. ell. Maréchal. Dignité la plus élevée conférée à un officier général de l'armée de terre, généralement pour de hauts faits en temps de guerre. Dois-je vous confier, Mesdemoiselles, que j'ai vu, du côté de la Coupole, des écrivains célèbres, que dis-je... des maréchaux de France, des hommes qui ont commandé des millions d'hommes, tout déconcertés, tout émus et inquiets à la pensée qu'ils allaient paraître et prendre la parole devant une assemblée presque purement composée de dames (Valéry,Variété IV,1938, p. 145).Malgré tout le chiqué de ses thuriféraires et les appels, les trémolos du Maréchal de France à la radio nationale, jamais Pétain n'a pu mettre la main sur un poète français assez bas pour rédiger ses manifestes et ses belles promesses du Retour à la terre (Cendrars,Bourlinguer,1948, p. 138).
Étoiles de Maréchal. Insigne marquant le grade de Maréchal. Les cinq étoiles du Maréchal, peintes sur les assiettes et les menus, foisonnaient déjà au-dessus des têtes (Giraudoux,Siegfried et Lim.,1922, p. 52).
Absol. [Le plus souvent avec une majuscule] Le Maréchal. Le Maréchal Pétain occupant les fonctions de chef du Gouvernement de Vichy pendant la Deuxième Guerre mondiale. Maurois se trompe parce qu'il est trompé. Il croit de son devoir de demeurer fidèle au Maréchal, et le croit d'autant plus que ce devoir lui coûte et que, ce faisant, il se met à dos tous ses amis d'hier (Gide,Journal,1943, p. 248).Célestin revint avec les premières notes de: Maréchal, nous voilà... Il alla à la radio, la ferma (Triolet,Prem. accroc,1945, p. 62).
Bâton de maréchal. Signe distinctif de la dignité de maréchal. Si l'Empire eût été plus fort que ses fautes et que ses ennemis, nous eussions vu le général Drouot porter le bâton de maréchal, siéger au Sénat, et gouverner comme ministre le département de la guerre (Lacordaire,Éloge fun. Drouot,1847, p. 22).
Au fig. Le grade ou l'emploi le plus élevé auquel on peut prétendre dans une activité donnée (cf. aussi giberne A loc.). Au moment où Pons rencontra Schmucke, il venait d'obtenir, sans l'avoir demandé, le bâton de maréchal des compositeurs inconnus, un bâton de chef d'orchestre! (Balzac,Cous. Pons,1847, p.21).
P. métaph. V. bâton ex. 4.
2. Maréchal des logis, maréchal des logis-chef et p. ell. maréchal-chef, maréchal des logis-major. Grade de sous-officier de cavalerie et actuellement d'artillerie, de gendarmerie et de l'armée blindée. Synon. (p. abrév.) margis, marchis, marchef (infra rem.).J'étais alors maréchal des logis de hussards, et depuis quinze jours rôdant en éclaireur en face d'une avant-garde allemande (Maupass.,Contes et nouv.,t.2, Rois, 1887, p.289).De temps en temps, une grognasse comme celle-là, ça te met la vie en belle. Seulement, voilà: faut du rupin. Y a eu le vaguemestre, le maréchal-chef, maintenant le brigadier. Toujours occupée... Alors, tu comprends? (Giono,Gd troupeau,1931, p.90).Le maréchal des logis chef Gaspard, commandant la brigade de Monistiers et ses quatre gendarmes, MM. Lagoutte, Nizan, Pierpont et Ghil, n'ont guère chômé pendant l'année 1923 (Sartre,Nausée,1938, p.204).
II. − Maréchal (vieilli), maréchal grossier (vx). Artisan dont le métier était de façonner le fer et dont l'activité se confondait parfois avec celle du forgeron ou du serrurier. Synon. maréchal-ferrant.Nous avons besoin d'un maréchal, pour réparer nos instrumens (car, comme vous le savez, le fer est le sceptre de notre puissance) (Crèvecoeur,Voyage,t.1, 1801, p.149).À moins que le maréchal et le serrurier ne descendent du forgeron, descendant lui-même de l'armurier primitif. En tout cas, le titre de maréchaux grossiers, encore usité au XVIIIesiècle, semble indiquer une origine commune (Fillon,Serrurier,1942, p. 45).
III. − Titre porté par une personne exerçant de hautes fonctions dans un ordre, une cour, un gouvernement dans certains pays. Ermolaï venait de descendre de la villa et traversait le jardin, allant à la rencontre d'un personnage en uniforme que le jeune homme reconnut immédiatement pour être le grand maréchal de la Cour qui l'avait introduit auprès du Tsar (G. Leroux,Roul. tsar,1912, p. 50).Tout va être rendu clair. Notre maréchal de la noblesse, général Silvestrius, qui est, en même temps, ministre de Courtelande pour les affaires étrangères, voyage avec nous. Il eut l'occasion de voir maintes fois le roi d'Occident (Audiberti,Mal court,1947, i, p. 143):
2. Seul le couvent-forteresse des Templiers tenait toujours. Situé sur la mer, avec des murailles énormes, c'était le suprême réduit. Après la mort du grand maître, le maréchal du temple Pierre de Sevry et le commandeur Thibaut Gaudin s'y barricadèrent avec les derniers survivants, après avoir fait réunir au pied des murailles toutes les embarcations encore disponibles. Grousset,Croisades,1939, p. 383.
IV. − Au fig. Chef de file d'une idéologie, d'une politique, d'un courant artistique. Pour la première fois, je me plains à Dieu de n'être pas de race militaire. Nous autres grands industriels, nous sommes les maréchaux de la paix (Sandeau,Sacs,1851, p. 28).V. aussi connétable ex. 2.
REM. 1.
Marchis, margis, subst. masc.,arg. milit. Abrév. de maréchal des logis. Le certificat d'aptitude donne le droit de choisir son régiment, celui d'être brigadier au bout de 4 mois, sergent ou marchis au bout de 8 ou 10 et officier pendant les 6 derniers mois (Alain-Fournier,Corresp.[avec Rivière], 1914, p. 243).Son père, margis de gendarmes vient d'être affecté ici au commandement de la brigade (Genevoix,Avent. en nous,1952, p.15).
2.
Marchef, subst. masc.,arg. milit. Abrév. de maréchal des logis-chef. L'excellent bougre, haussant sa voix jusqu'à des diapasons inconnus même aux plus étonnants marchefs, commanda: − Halte! (Verlaine, Œuvres compl.,t. 4, L. Leclercq, 1886, p. 141).
Prononc. et Orth.: [maʀeʃal], plur. [-o]. Ac. 1694, 1718 mareschal; dep. 1740 -ré-. Étymol. et Hist. 1. 1086 dans un texte lat. marescal «artisan dont le métier est de ferrer les chevaux et les animaux de trait» (Domesday book ds Z. rom. Philol. t. 8, 1884, p. 338); 1230 (Gaidon, 37 ds T.-L.); 2. 1155 «officier préposé au soin des chevaux» (Wace, Brut, éd. I. Arnold, 10343); 3. 1213 «grand officier chargé du commandement d'une armée» (Fet des Romains, éd. Flutre et Sneyders de Vogel, t. 1, p. 527); 4. a) 1263 marichauz de France «maréchal de l'Ile-de-France» (Arch. Mus., vit. 45, pièce 263 ds Gdf.); b) 1617 mareschal de France «officier qui occupe le grade le plus élevé dans l'armée» (A. d'Aubigné, Aventures du baron de Faeneste, I, 9 ds Œuvres complètes, éd. E. Réaume et F. de Caussade, t.2, p.410); 5. a) 1545 mareschal des logis «officier chargé du logement» (J. Bouchet, Epistres morales du Traverseur, II, 2 ds Hug.); b) 1824 «sous-officier de cavalerie dont le grade correspond à celui de sergent dans l'infanterie» (Balzac, Annette, t. 1, p. 128); c) 1835 maréchal des logis chef (Ac.). De l'a. b. frq. *marhskalk «domestique chargé de soigner les chevaux», cf. l'a. h. all. marahskalk «id.», comp. de marh «cheval» et de skalk «valet». Le mot s'est développé d'une part dans le sens de «maréchal-ferrant» (1), d'autre part dans celui d'«officier», d'abord «officier préposé au soin des chevaux» (2-5). Le lat. médiév. mariscalcus, marescalcus est attesté au sens de «valet d'écurie» dès la Loi salique, au sens de «chef de l'écurie et de l'armée» dep. le ixes. (Nov. Gloss.), au sens d'«officier chargé du logement» dep. le xies. (ibid., Nierm.). Fréq. abs. littér.: 2786. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 6019, b) 2286; xxes.: a) 2551, b) 3952.
DÉR.
Maréchalat, subst. masc.Dignité de maréchal de France. Mon autorité s'exercerait de Paris, où je serais en contact intime avec le Gouvernement, et, pour la renforcer, M. Briand m'annonça ma prochaine élévation au maréchalat (Joffre,Mém., t.2, 1931, 407).P. métaph. Fonction la plus élevée à laquelle on peut prétendre. Synon. bâton de maréchal.Il eut un cri. − Le chef est mort ! (...) C'était leur rêve caché, caressé: la mort du chef de bureau, pour que lui, sous-chef depuis dix ans, pût enfin monter au grade suprême, son maréchalat (Zola,Lourdes,1894, p.252).Au fig. Fonction d'un précurseur, d'un chef de file dans une discipline. Barrès (...) s'est affirmé l'homme des «magnifiques luttes rhénanes». Déjà l'ironie sourit des métaphores casquées du civil, mais enfin la littérature est un maréchalat (Thibaudet,Princes lorr.,1924, p. 121). [maʀeʃala]. Att. ds Ac. dep. 1878. 1reattest. 1830 «dignité de maréchal de France» (Balzac, Paix mén., p. 329); de maréchal, suff. -at*.
BBG. Quem. DDL t. 16; 17 (s.v. margis). _ Scoones (S.). Les N. de qq. officiers féodaux des orig. à la fin du 12es. Paris, 1976, pp.97-103.

Wiktionnaire

Nom commun

maréchal \ma.ʁe.ʃal\ masculin (pour une femme on dit : maréchale)

  1. Titre de la plus haute dignité dans la hiérarchie militaire.
    • C’est à Rambervillers que Charles IV, duc de Lorraine, se retrancha en 1635, et arrêta l’armée française commandée par le maréchal de la Force. — (Gustave Fraipont; Les Vosges, 1895)
    • De toutes parts s'élevaient les acclamations et les cris : « A Paris! » Ces vivats, ces enthousiasmes faisaient contraste avec la froideur, les réserves, les critiques, les refus d'obéissance des maréchaux comme Ney, Lefebvre, Oudinot, Mac-Donald qui, la veille, avaient déclaré à Napoléon qu'un projet de retour sur Paris était une folie. — (René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Hachette, 1900, Flammarion, 1941, p.8)
    • On lui a donné le bâton de maréchal, ou simplement le bâton.
    • La femme d’un maréchal de France s’appelle Madame la maréchale.
    • Tout soldat porte dans sa giberne le bâton de maréchal.
  2. Grands officiers ou dignitaires civils en divers pays.
    • L’électeur de Saxe était grand maréchal de l’Empire. — Maréchal héréditaire. — Maréchal de la diète, de la foi.
    • En Pologne, les chambres du parlement sont présidées par le maréchal de la diète et le maréchal du sénat. Les exécutifs des voïvodies sont dirigés par un maréchal de voïvodie.
  3. (Par ellipse) (Maréchalerie) Maréchal-ferrant.
    • Il y a la forge d’un maréchal et ensuite un charron avec deux ou trois charrettes neuves. — (Gustave Flaubert, Madame Bovary, Michel Lévy frères, Paris, 1857)
    • On voit par le statut ici reproduit que les maréchaux, les férons, les serruriers et les taillandiers formaient, à Abbeville, une seule corporation industrielle et une même confrérie religieuse sous l’invocation de saint Eloy; […]. — (Augustin Thierry, Recueil des monuments inédits de l’histoire du Tiers État, vol.4, 1870, p.286)
    • En tournée au domaine des Tutons, à Saint-Marcel, Demort y trouve « le sieur Sabourin maréchal à Lothiers qui administrait un prétendu spécifique contre (la maladie charbonneuse) à plusieurs bêtes à cornes, […]. » — (La France démocratique: combats, mentalités, symboles : mélanges offerts à Maurice Agulhon, Publications de la Sorbonne, 1998, p.74)
  4. (Lorraine) (Vieilli) (Zoologie) Faucheux.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MARÉCHAL. n. m.
Titre de la plus haute dignité dans la hiérarchie militaire. En récompense de ses victoires, ce général a été élevé à la dignité de maréchal. Le doyen des maréchaux. On l'a fait maréchal de France. On lui a donné le bâton de maréchal, ou simplement le bâton. La femme d'un maréchal de France s'appelle Madame la maréchale. Fig., Tout soldat porte dans sa giberne le bâton de maréchal. Voyez BÂTON.

MARÉCHAL se dit aussi de Certains grands officiers en divers pays. Grand maréchal du Palais. L'électeur de Saxe était grand maréchal de l'Empire. Maréchal héréditaire. Maréchal de la Diète. Maréchal de la foi. Feld-maréchal, Le plus haut grade militaire dans certaines armées européennes. Maréchal des logis, Sous-officier des troupes de cavalerie ou d'artillerie. Le grade de maréchal des logis répond à celui de sergent dans l'infanterie. Celui de maréchal des logis chef, au grade de sergent-chef. Maréchal des logis était aussi, sous l'ancien régime, le Titre des officiers chargés de faire préparer les logements pour la cour en voyage. Grand maréchal des logis chez le roi, chez la reine. Maréchal de camp, Officier général dont le grade était immédiatement au-dessus de celui de colonel. Ce titre est remplacé aujourd'hui par celui de Général de brigade. Un maréchal de camp commandait sous les ordres d'un lieutenant général.

Littré (1872-1877)

MARÉCHAL (ma-ré-chal) s. m.
  • 1Artisan qui ferre les chevaux, et qui les traite quand ils sont malades.

    On dit dans le même sens : maréchal ferrant, maréchal vétérinaire. J'étais étonné qu'avant vous les bêtes à cornes ne fussent que du ressort des bouchers, et que les chevaux n'eussent pour leurs Hippocrates que des maréchaux ferrants… vous avez seul mis fin à cet opprobre si pernicieux, Voltaire, Lett. Bourgelat, 18 mars 1775.

  • 2Titre de divers officiers qui avaient soin des chevaux et des écuries. Dans l'origine, il n'y avait que deux maréchaux, ils n'étaient que les premiers écuyers sous les connétables.

    Maréchal des écuries, celui qui était préposé aux écuries d'un prince ou d'une princesse. Je vis entrer chez moi Genson, le maréchal des écuries de la Dauphine, Marmontel, Mém. V.

  • 3Titre d'une dignité qui n'était primitivement que celle d'un officier de cavalerie.

    Maréchal de Malte, c'était la seconde dignité de l'ordre.

  • 4Maréchal des logis, sous-officier des troupes à cheval. Le grade de maréchal de logis répond à celui de sergent dans l'infanterie. Maréchal des logis chef ; ce grade répond à celui de sergent-major. Maupertuis était arrivé par les degrés de maréchal des logis des mousquetaires jusqu'à les commander en chef, Saint-Simon, I, 23.

    Maréchal des logis est aussi le titre des officiers chargés de faire préparer les logements pour la cour en voyage.

  • 5Maréchal de bataille, officier général dont les fonctions consistaient à ranger les troupes en bataille et à régler les postes.
  • 6Maréchal de camp, officier général dont le grade est immédiatement au-dessus de celui de colonel, et qui correspond à celui de général de brigade.

    Anciennement, leur office était de marcher devant les armées, pour assurer la route et régler le camp.

  • 7Maréchal de France, celui qui occupe le grade le plus élevé et dont la fonction est de commander les armées. Les maréchaux de camp de l'armée du roi étaient nommés maréchaux de France pour les distinguer des maréchaux des autres seigneurs féodaux ; ces maréchaux de France furent naturellement élevés au-dessus de tous les autres maréchaux de camp, et, après la suppression de la dignité de connétable en 1627, ils eurent le premier rang dans l'armée ; un bâton est la marque distinctive de cette dignité ; les fonctions de maréchal ne sont à vie que depuis François 1er ; auparavant elles étaient temporaires. Le maréchal de Grammont fut appelé, qui soutint les droits des maréchaux de France, Sévigné, 134. Revenons aux huit maréchaux : en 1668 on en fit trois, et ce nombre étonna tout le monde ; en voici huit qu'on vient de faire [à la mort de Turenne]… pour peu qu'on augmente la première promotion qu'on en fera, ce seront véritablement des maréchaux à la douzaine, Bussy-Rabutin, dans ID. t. IV, p. 8, éd. RÉGN. Les maréchaux précédaient le roi, devant lequel on portait un dais de brocard, Maintenon, Lett. à M. de Villarceaux, 27 août 1660. Les maréchaux de France étaient originairement les premiers écuyers du roi sous le connétable ; mais leur dignité fut militaire avant la sienne, parce qu'ils devinrent lieutenants du sénéchal de France, chef des troupes, avant que le connétable eût succédé à la place et aux fonctions du sénéchal, Duclos, Hist. Louis XI, Œuvres, t. II, p. 121, dans POUGENS. La dignité de maréchal de France n'était pas anciennement à vie, comme aujourd'hui ; il n'y en avait d'abord que deux ; il y en eut quatre sous Charles VII ; on n'en trouve que trois au plus à la fois sous les règnes suivants, jusqu'à François 1er, qui en fit cinq, Duclos, ib. p. 122. Chaque soldat a dans sa giberne le bâton de maréchal de France, Parole attribuée à Louis XVIII, pour exprimer que les hauts grades sont accessibles à tout le monde.

    Maréchaux d'empire, nom donné sous le premier empire aux maréchaux de France.

    La femme d'un maréchal de France se nomme maréchale. Madame la maréchale.

    Les maréchaux formaient autrefois un tribunal chargé de prononcer sur les affaires d'honneur. Messieurs les maréchaux, dont j'ai commandement, Vous mandent de venir les trouver promptement, Molière, Mis. II, 7.

    Par plaisanterie, une maréchale, une femme qui arrange une affaire d'honneur. Ses yeux et son rire [de Mme de la Boulaye] m'ont assuré qu'elle trouve cette petite affaire [la querelle de M. de Bussy et de M. de Roussillon] toute comme elle est ; cela me mit dans la disposition de lui promettre ce qu'elle me demandait, qui est d'être la maréchale de France de cette querelle, Sévigné, à Bussy, 19 août 1681.

    Prévôt des maréchaux, officier qui commandait, sous l'autorité des maréchaux, une compagnie d'archers à cheval, pour la sûreté publique, dans les provinces.

  • 8Titre de certains grands officiers en divers pays. Grand maréchal du palais. Le grand maréchal de Pologne. Maréchal de la diète. C'est un Anglais qu'on appelle milord maréchal tout court, parce qu'il était ci-devant grand maréchal d'Écosse, Voltaire, Lett. Mme Denis, 24 août 1751.
  • 9Nom qu'on donne, dans les environs de Niort, au rossignol de muraille.

HISTORIQUE

XIIIe s. Touz les chevaus que il achatent muerent avant le chief [le bout] de l'an ; car il ne les sevent tenir ne garder ; et aussi n'ont il nulz mareschaux, Marc Pol, p. 615. Là se departi Joffrois li mareschaus de Champaigne, Villehardouin, XX. Nus ne puet estre fevre à Paris, c'est à savoir marischax, que il n'achate le mestier du roi, Liv. des mét. 44. Quant la court le roi fu jostée, Moult veïssiez bele assemblée, Les mareschaux ostex [hôtels, logis] livrer, Soliers et chambres delivrer, Du Cange, marescalci. Li quens [le comte] li done de sa terre les clés ; Dorenavant sera ses avoés, Et marechaus de sa terre clamés [nommé], Aubri, p. 168, dans DU CANGE, Gloss. fr.

XIVe s. Adont sor son cheval, est li enfes montez, Devant le marissal de l'ost s'en est alés, Baud. de Seb. VIII, 211.

XVe s. Et estoient marechaux de l'ost d'Angleterre le comte de Northantonne et de Clocestre…, Froissart, I, I, 84.

XVIe s. Y a-t-il un seul gouverneur de province ou mareschal de France qui doive son avancement à un duel ? D'Aubigné, Faen. I, 9. Madame la mareschale, D'Aubigné, ib. I, 13. Chappin Vittelle, mareschal general de cette armée, D'Aubigné, Hist. I, 186. Il repaist deux heures à Chasteau-neuf, là prend son mareschal des logis l'Espine pour guide, D'Aubigné, ib. II, 188. Mareschal de camp, D'Aubigné, ib. II, 448. Eau de mareschal [eau ferrée], Paré, VI, 19. C'est avec un peu d'eau allumer plus de feu, comme faict le mareschal, Charron, Sagesse, I, 23.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

MARÉCHAL. Ajoutez :
10Nom vulgaire du taupin, insecte (voy. TAUPIN, n° 3).
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MARÉCHAL, s. m. (Hist. mod. & art mil.) il y a un grand nombre d’officiers de ce nom. Voyez les articles suivans.

Maréchal de Bataille, (Art milit.) c’étoit autrefois, dans les armées de France, un officier dont la principale fonction étoit de mettre l’armée en bataille, selon l’ordre dans lequel le général avoit résolu de combattre. Ce titre ne paroît pas plus ancien que Louis XIII. Il s’est seulement conservé dans le commencement du regne de Louis XIV. Il n’en est plus question depuis la guerre de Hollande en 1672.

Marechal de camp, (Art militaire.) officier général de l’armée dont le grade est immédiatement au-dessus de celui de brigadier, & au-dessous de celui de lieutenant général.

C’est l’officier de l’armée qui a le plus de détail lorsqu’il veut bien s’appliquer à remplir tous les devoirs de son emploi. On peut dire qu’un officier qui s’en est acquitte dignement pendant sept à huit ans de pratique & d’exercice, est très-capable de remplir les fonctions de lieutenant général.

C’est sur le maréchal de camp que roule le détail des campemens & des fourrages.

Il est de jour comme le lieutenant général, dont il prend l’ordre, pour le donner ensuite aux majors généraux de l’armée. Son poste dans une armée est a la gauche des troupes qui sont sous les ordres du lieutenant général & sous les siens.

Quand le général veut faire marcher l’armée, il donne ses ordres au maréchal de camp, qui conduit le campement & l’escorte nécessaire pour sa sûreté, aux lieux qui lui ont été indiqués. Lorsqu’il est arrivé, il doit envoyer des partis dans tous les endroits des environs, pour reconnoître le pays & observer s’il n’y a point de surprise à craindre de l’ennemi : on ne sauroit être trop alerte & trop vigilant sur ce sujet ; mais il est à-propos de ne faire aller à la découverte que de petits partis conduits par des officiers intelligens, afin de ne point fatiguer excessivement & sans nécessité les troupes de l’escorte.

Avant que de faire marquer le camp, il doit en poster les gardes & sur-tout n’en pas trop mettre, car c’est ce qui fatigue extrèmement l’armée quand il faut les relever journellement. Il est absolument nécessaire d’épargner aux troupes toutes les fatigues inutiles, elles en ont toujours assez, sans qu’il soit besoin de leur en ajoûter de superflues.

Quand les gardes sont postées & que le terrein est bien reconnu, le maréchal de camp doit examiner, conjointement avec le maréchal des logis de l’armée & les majors généraux, la disposition qu’il veut donner au camp, & observer de mettre les troupes dans le terrein qui leur convient. Il prend ensuite les points de vûe nécessaires pour l’alignement du camp. Le maréchal général des logis fait après cela la distribution du terrein aux officiers majors de l’infanterie & de la cavalerie, qui en font la répartition aux majors des régimens, suivant l’étendue fixée pour le front de chaque bataillon & de chaque escadron.

Le maréchal de camp doit s’instruire des fourrages qui se trouvent dans les environs du camp, & rendre après cela compte au général de tout ce qu’il a fait & observé.

Les maréchaux de camp ont à proportion de leur rang des honneurs militaires réglés par les ordonnances.

Un maréchal de camp qui commande en chef dans une province par ordre de sa majesté, doit avoir une garde de quinze hommes commandés par un sergent, sans tambour. Il en sera de même s’il commande sous un chef au dessus de lui.

Si un gouverneur de place est maréchal de camp, l’usage est que l’officier de garde fasse mettre sa garde en haie & le fusil sur l’épaule lorsque le gouverneur passe, mais le tambour ne bat pas.

Que si le maréchal de camp a ordre pour commander en chef un corps de troupes, alors il a pour sa garde trente hommes avec un tambour, commandés par un officier, & le tambour doit appeller quand il passe devant le corps-de-garde.

Les maréchaux de camp ont en campagne neuf cens livres d’appointemens par mois de campagne ou de 45 jours.

Le grade de maréchal de camp est aujourd’hui une charge dont l’officier est pourvu par brevet du roi.

Maréchal de France, (Art milit.) c’est le premier officier des troupes de France. Sa fonction principale est de commander les armées en chef. Voyez Général.

Le P. Daniel prétend que c’est du tems de Philippe Auguste qu’on voit pour la premiere fois le commandement des armées joint à la dignité de maréchal. Avant ce prince l’office de maréchal étoit une intendance sur les chevaux du prince, aussi-bien que celui de connétable, mais subordonné & inférieur à celui-ci.

Le premier maréchal de France qu’on trouve avoir quelque commandement dans les armées, est Henri Clement, qui étoit à la tête de l’avant-garde dans la conquête que Philippe Auguste fit de l’Anjou & du Poitou, ainsi que Guillaume le Breton, historien de ce prince le rapporte. On voit dans le même historien que ce maréchal commandoit l’armée par sa dignité de maréchal.

Jure marescalli cunctis pralatus agebat.

La dignité de maréchal de France n’étoit point à vie dans ces premiers tems : celui qui en étoit revêtu la quittoit lorsqu’il étoit nommé à quelqu’autre emploi qu’on jugeoit incompatible avec les fonctions de maréchal. Il y en a plusieurs exemples dans l’histoire, entr’autres celui du seigneur de Morcul, qui étant maréchal de France sous Philippe de Valois, quitta cette charge pour être gouverneur de son fils Jean, qui fut son successeur sur le trône, mais il y fut rétabli dans la suite.

Il n’y eut d’abord qu’un maréchal de France lorsque le commandement des armées fut attaché à cette dignité ; mais il y en avoit deux sous le regne de S. Louis : car quand ce prince alla à son expédition d’Afrique, l’an 1270, il avoit dans son armée avec cette qualité Raoul de Sores, seigneur d’Estrées, & Lancelot de Saint Maard. François I. en ajouta un troisieme, Henri II. un quatrieme ; ses successeurs en ajouterent encore plusieurs autres : mais il fut ordonné aux états de Blois, tenus sous le regne de Henri III. que le nombre des maréchaux seroit fixé à quatre. Henri IV. fut néanmoins contraint de se dispenser de cette loi, & d’en faire un plus grand nombre, qui a encore augmenté par Louis XIII. & par Louis XIV. Il s’en est trouvé jusqu’à vingt sous le regne de ce prince, après la promotion de 1703.

La dignité de maréchal de France est du nombre de celles qu’on appelle charges de la couronne, & il y a déja long-tems : on le voit par un acte rapporté par le P. Anselme, où il est dit : En l’arrêt du duc d’Orléans, du 25 Janvier 1361, est narré que les offices de maréchaux de France appartiennent à la couronne, & l’exercice auxdits maréchaux, qui en font au roi foi & hommage.

Les maréchaux ont un tribunal où ils jugent les querelles sur le point d’honneur, & de diverses autres choses qui ont rapport à la guerre & à la noblesse. Ils ont des subdélégués & lieutenans dans les provinces pour en connoître en premiere instance, avec leur jurisdiction au palais à Paris, sous le titre de connétablie & maréchaussée de France. Ils ont des officiers qui exercent la justice en leur nom.

Le revenu de leur charge n’étoit autrefois que de 500 livres, encore ils n’en jouissoient que pendant qu’ils en faisoient les fonctions ; à-présent leurs appointemens sont de 12000 livres même en tems de paix. Quand ils commandent l’armée, ils en ont de beaucoup plus forts, savoir 8000 livres par mois de 45 jours : outre cela, le roi leur entretient un secrétaire, un aumônier, un chirurgien, un capitaine des gardes, leurs gardes, & plusieurs aides de camp.

Les maréchaux de France, en quelque ville qu’ils le trouvent, quand même ils n’y seroient point de service, ont toujours une garde de 50 hommes, compris deux sergens & un tambour, commandés par un capitaine, un lieutenant, avec l’enseigne & son drapeau.

Lorsqu’ils entrent dans une ville, on fait border les murs d’une double haie d’infanterie, depuis la porte par où ils entrent jusqu’à leur logis : les troupes présentent les armes, les officiers saluent, & les tambours battent aux champs. S’il y a du canon dans la place, on le salue de plusieurs volées de canon.

La dignité de maréchal de France ne s’obtenoit autrefois que par le service sur terre, mais Louis XIV. l’a aussi accordée au service de mer. Jean d’Etrées, pere du dernier maréchal de ce nom, est le premier qui l’ait obtenu : il y en a eu depuis plusieurs autres, comme MM. de Tourville, de Château-Renaud, &c.

Les maréchaux de France portent pour marque de leur dignité, deux bâtons d’azur semés de fleurs-de-lis d’or, passés en sautoir derriere l’écu de leurs armes. Hist. de la milice françoise.

Maréchal général des camps et armées du Roi, (Art. milit.) c’est une charge militaire qui se donne à-présent à un maréchal de France auquel le roi veut accorder une distinction particuliere. Dans son origine elle étoit donnée à un maréchal de camp, & c’étoit alors le premier officier de ce grade. Le baron de Biron en étoit pourvu avant que d’être élevé au grade de maréchal de France ; il en donna sa démission lorsque le roi le fit maréchal de France le 2 Octobre 1583. Voyez sur ce sujet la chronologie militaire par M. Pinard, tome I. p. 320, & le commencement du tome II. du même ouvrage.

La charge de maréchal général des camps & armées du roi fut ensuite donnée à des maréchaux de France. On trouve dans l’histoire des grands officiers de la couronne, trois maréchaux de France qui en ont été revêtus, le maréchal de Biron, second du nom, le maréchal de Lesdiguieres, depuis connétable de France, & M. le vicomte de Turenne. On trouve dans le code militaire de M. de Briquet, les provisions de cette charge pour M. de Turenne : elles ne portent point qu’il aura le commandement sur les autres maréchaux de France ou qu’ils lui seront subordonnés ; c’est la raison sans doute pour laquelle le feu roi ordonna en 1672 qu’ils fussent sous ses ordres, sans tirer à conséquence.

Depuis M. de Turenne, M. le maréchal de Villars à obtenu cette même charge en 1733, & M. le maréchal de Saxe en 1746.

Maréchal général des logis de la cavalerie, (Art milit.) c’est en France un officier qui a à-peu-près les mêmes fonctions & les mêmes détails dans la cavalerie que le major général dans l’infanterie. Voyez Major général. Cet officier va au campement ; il distribue le terrein pour camper la cavalerie sous les ordres du maréchal de camp de jour, dont il prend l’ordre pour le donner aux majors de brigades ; il a chez lui à l’armée un cavalier d’ordonnance pour chaque brigade, afin d’y porter les ordres qu’il peut avoir à donner. Cette charge, selon M. le comte de Bussy, ne paroît point avant le regne de Charles IX.

Il y a, outre la charge de maréchal général des logis de la cavalerie, deux autres officiers qui ont le titre de maréchal des logis de la cavalerie, dont la création est de Louis XIV, ils font dans les armées, lorsque le maréchal général de la cavalerie n’y est point, les mêmes fonctions qui appartiennent à cet officier : ils ont les mêmes honneurs & privileges, & des aides de même que lui. Hist. de la milice françoise.

Maréchal général des logis de l’armée, (Art milit.) est un des principaux officiers de l’armée, dont l’emploi demande le plus de talens & de capacité. Ses fonctions consistent à diriger les marches avec le général, à choisir les lieux où l’armée doit camper, & à distribuer le terrein aux majors de brigade. Cet officier est chargé du soin des quartiers de fourrage, & d’instruire les officiers généraux de ce qu’ils ont à faire dans les marches & lorsqu’ils sont de jour. Le roi lui entretient deux fourriers, dont les fonctions sont de marquer dans les villes & les villages que l’armée doit occuper, les logemens des officiers qui ont le droit de loger.

Le maréchal général des logis de l’armée est en titre d’office, mais le titulaire de cette charge n’en fait pas toujours les fonctions : le roi nomme souvent pour l’exercer un brigadier, un maréchal de camp ou un lieutenant général. Celui qui est chargé de cet important emploi, doit avoir une connoissance parfaite du pays où l’on fait la guerre ; il ne doit rien négliger pour l’acquérir. Ce n’est qu’à force d’usage & d’attention, dit M. le maréchal de Puységur sur ce sujet, qu’on peut y parvenir ; que l’on apprend à mettre en œuvre dans un pays tout ce qui est praticable pour faire marcher, camper & poster avantageusement des armées, les faire combattre, ou les faire retirer en sûreté.

Comme tous les mouvemens de l’armée concernent le maréchal général des logis, il faut qu’il soit instruit des desseins secrets du général, pour prendre de bonne heure les moyens nécessaires pour les exécuter. Quoique cet officier n’ait point d’autorité sur les troupes, la relation continuelle qu’il a avec le général pour tous les mouvemens de l’armée, lui donne beaucoup de considération, sur-tout, dit M. de Feuquiere, lorsqu’il est entendu dans ses fonctions.

Maréchal des logis, le, (Art milit.) dans une compagnie de cavalerie & de dragons est un bas officier qui est comme l’homme d’affaire du capitaine ; il a sous lui un brigadier & un soubrigadier : ces deux derniers sont compris dans le nombre des cavaliers ou dragons ; ils ont cependant quelque commandement sur les autres.

Le maréchal des logis doit faire souvent la visite dans les tentes, pour voir si les cavaliers ne découchent point, & s’ils ont le soin qu’il faut de leur équipage. C’est lui qui porte l’ordre aux officiers de sa compagnie ; il doit être pour ainsi dire l’espion du capitaine, pour l’avertir exactement de tout ce qui se passe dans sa compagnie. Lorsqu’il s’agit de faire quelque distribution aux cavaliers, soit de pain ou de fourrage, c’est le maréchal de logis qui doit les conduire au lieu où se fait la distribution.

Maréchal. (Hist. de Malte.) Le maréchal, dit M. de Vertot, est la seconde dignité de l’ordre de Malte, car il n’y a que le grand-commandeur devant lui. Cette dignité est attachée à la langue d’Auvergne dont il est le chef & le pilier. Il commande militairement à tous les religieux, à la réserve des grands-croix, de leurs lieutenans, & des chapelains. En tems de guerre, il confie le grand étendard de la religion au chevalier qu’il en juge le plus digne. Il a droit de nommer le maitre-écuyer ; & quand il se trouve sur mer, il commande non seulement le général des galeres, mais même le grand-amiral. (D. J.)

Maréchal ferrant, (Art méchan.) est un ouvrier dont le métier est de ferrer les chevaux, & de les panser quand ils sont malades ou blessés. Voyez Ferrer.

Les instrumens du maréchal sont les flammes, la lancette, le bistouri, la feuille de sauge, les ciseaux, les renettes, la petite gouge, l’aiguille, les couteaux & les boutons de feu, le brûle-queue, le fer à compas, l’esse de feu, la marque, la corne de chamois, le boétier, la corne de vache, la cuiller de fer, la seringue, le pas-d’âne, le leve-sole, la spatule, &c. Voyez tous ces instrumens aux lettres & aux figures qui leur conviennent.

Les jurés & gardes de la communauté des maréchaux se choisissent entre les anciens & les nouveaux. Deux d’entr’eux sont renouvellés chaque année, & pris parmi ceux qui ont été deux ans auparavant maîtres de la confrairie de S. Eloi patron de la communauté, & encore auparavant bâtonniers de la même confrairie.

Chaque maître ne peut avoir qu’un apprentif outre ses enfans : l’apprentissage est de trois ans.

Tout maréchal a son poinçon dont il marque son ouvrage, & dont l’empreinte reste sur une table de plomb déposée au châtelet.

Avant d’être reçus maîtres, les apprentifs font chef-d’œuvre, & ne peuvent tenir boutique avant l’âge de 24 ans ; permis néanmoins aux enfans de maitres, dont les peres & meres seront morts, de la lever à dix huit ans.

Aucun maître, de lettres, ne peut entrer en jurande, qu’il n’ait tenu boutique douze ans.

Il n’appartient qu’aux seuls maréchaux de priser & estimer les chevaux & bêtes chevalines, & de les faire vendre & acheter, même de prendre ce qui leur sera volontairement donné pour leurs peines par les vendeurs & acheteurs, sans pouvoir y être troublés par aucuns soi-disans courtiers ou autres.

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Étymologie de « maréchal »

Bourg. mairichau, maréchal ferrant ; picard, marichau, maricha, marissau ; Berry, maréchau, malichaud ; wallon, marihâ ; namur. marechau ; Hainaut, marissiau, maricau, marichau ; provenç. manescalc, manescal ; esp. mariscal ; ital. maniscallo ; bas-latin, marescalcus ; de l'anc. haut allem. marah, cheval, et scalc, celui qui soigne. Remarquez que le celtique a aussi march, cheval. Le marescalcus ou serviteur des chevaux fut le machal ferrant, et aussi, à l'origine, un domestique chargé du soin des chevaux. Elle [la reine Marcowèfe] lui confia la garde de ses meilleurs chevaux, et lui donna, parmi ses domestiques, le titre de mariskalk, comme on disait en langue tudesque, AUG., THIERRY, Récits méroving. 5e récit. Cette dernière fonction est allée toujours s'agrandissant dans l'ordre militaire.

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De l’ancien français mareschal (« officier des écuries »), du vieux-francique *marhskalk (« palfrenier », « garçon d’écurie ») de mare (« cheval » en ancien français) issu de *markhaz en proto-germanique, mot possiblement d’origine gauloise, et du proto-germain *skalkaz (« serviteur »).
Du vieux-francique marahscalh, latinisée en latin mariscallus qui à donné en ancien français mareschal.[1]
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Phonétique du mot « maréchal »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
maréchal mareʃal

Citations contenant le mot « maréchal »

  • Le pluriel d'un maréchal, c'est des maraîchers. Le pluriel d'un général, c'est des générés. De Boris Vian
  • Chaque semaine, retrouvez les trésors des Archives municipales de Boulogne-sur-Mer. L’occasion de découvrir des documents, objets ou lieux qui font l’histoire de la ville. Aujourd’hui, le manuscrit autographe du discours d’inauguration du monument aux morts par le maréchal Foch. La Voix du Nord, Il y a 96 ans, le maréchal Foch inaugurait le monument aux morts de Boulogne
  • Ouvert le 23 juillet 1945, le procès va durer trois semaines. Le premier jour à 13H10, Pétain fait son entrée dans la salle d'audience. Il est en uniforme de maréchal de France, et ne porte comme décoration que la médaille militaire. "D'une voix forte et qui tremble à peine", selon le journaliste de l'AFP présent dans la salle, il prend la parole pour s'adresser au seul peuple français, celui-là même qui, dit-il, "par ses représentants, réunis en Assemblée Nationale le 10 juillet 1940, m'a confié le pouvoir". Geo.fr, Il y a 75 ans, s'ouvrait le procès du maréchal Pétain - Geo.fr
  • Quoi qu'on pense sur le fond de l'argument d'Olivier Faure, son exemple de Pétain semble assez mal choisi. Car il n'y a jamais eu de statue du maréchal à Vichy. Ni donc aucun déboulonnage en 2014. Il est d'ailleurs aisé de trouver l'origine de l'erreur du premier secrétaire du PS. Une rapide recherche sur Internet au sujet du retrait d’une statue de Pétain à Vichy mène à une seule source : un article du site satirique belge Nordpresse. On peut y lire que « la dernière représentation du maréchal Pétain a finalement été retirée sur la place du "10 Juillet" de Vichy. La statue de bronze a été retirée hier par les services de la ville. Elle trônait sur cette place depuis 1942 et continuait d’être entretenue par les services de la ville depuis plus de soixante-dix ans ». Franceinfo, Désintox. Non, il n'y a pas eu de statue du maréchal Pétain à Vichy

Images d'illustration du mot « maréchal »

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Traductions du mot « maréchal »

Langue Traduction
Anglais marshal
Espagnol mariscal
Italien maresciallo
Allemand marschall
Chinois 元帅
Arabe مارشال
Portugais marechal
Russe маршал
Japonais 元帥
Basque mariskalaren
Corse mariscal
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Synonymes de « maréchal »

Source : synonymes de maréchal sur lebonsynonyme.fr
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