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Marc

Sommaire

  • Définitions du mot marc
  • Étymologie de « marc »
  • Phonétique de « marc »
  • Citations contenant le mot « marc »
  • Traductions du mot « marc »
  • Synonymes de « marc »

Définitions du mot marc

Trésor de la Langue Française informatisé

MARC1, subst. masc.

MÉTROLOGIE
A.− Unité de mesure utilisée avant la réforme métrique pour peser les métaux précieux, valant 244, 753 grammes; p. méton., poids matériel correspondant à cette unité. Marc de Paris ou de Troyes. Il s'y trouvait encore l'argenterie (...) que deux orfèvres-fondeurs soupesaient de la main, en en estimant les marcs approximativement (E. de Goncourt, Faustin, 1882, p.279).Quarante-huit [salières] assorties aux moutardiers, pesant ensemble 11marcs 2onces 6gros (Grandjean, Orfèvr. XIXes.,1962, p.96).
Quantité (de quelque chose) pesant un marc. Marc d'or. [Le roi] ordonnait (...) qu'il serait recueilli (...) un impôt en marcs d'argent. Ces marcs devaient être mis à la monnaie (Barante, Hist. ducs Bourg., t.4, 1821-24, p.325).
Spécialement
DR. Au marc la livre (vx), au marc le franc. Proportionnellement; au prorata (de la créance, de ses intérêts). Si vous devez dix mille francs, et que vos créanciers saisissent par opposition mille francs, ils ont chacun tant pour cent de leur créance, en vertu d'une répartition au marc le franc, en terme de Palais, c'est-à-dire au prorata de leurs sommes (Balzac, Homme d'affaires, 1845, p. 419).Les créanciers chirographaires du failli sont payés au marc le franc (Cap.1936).
HIST. Marc d'argent. Contribution équivalente à la valeur d'un marc d'argent placée comme condition à l'éligibilité à l'Assemblée Nationale par les Constituants de 1789. Le décret du marc d'argent, qui déniait l'éligibilité au mérite s'il ne s'associait l'aisance, les [les députés] émut beaucoup plus (Lefebvre, Révol. fr., 1963, p. 195).
B. − Poids de marc. [Formule indiquant que l'on utilise pour unité de poids la livre de Paris] J'observai dans ses herbages plusieurs boeufs estimés peser 1325 liv[res] poids de marc (Crèvecoeur, Voyage,t. 2, 1801, p.359).
C. − V. marc, rem. s.v. mark.
Prononc. et Orth.: [ma:ʀ]. ,,Sous l'influence de la graphie, à la pause finale``, prononc. [maʀk] (Buben 1935, § 194). Martinet-Walter 1973 [maʀk], [ma:ʀ] (11/5). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1130 ,,quantité d'or, d'argent, pesant huit onces`` (Lois Guillaume le Conquérant, éd. F. Liebermann, § 17, 1); 2. ca 1140 «poids de huit onces, servant à peser les métaux précieux» (Geffrei Gaimar, Hist. des Anglais, éd. A. Bell, 4888); 3. 1690 au marc la livre (Fur.); 1804 au marc le franc (Code civil, art. 876, p. 159). De l'a. b. frq. *marka (cf. le m. h. all. marke, marc, march «moitié d'une livre d'or ou d'argent», all. Mark, v. mark, issu du sens «marque, signe» par l'intermédiaire de celui de «lingot de métal muni d'une marque officielle»). Le lat. médiév. marca, au sens 2, est att. dep. le ixes. (Nov. Gloss.). Bbg. Belz (G.). Die Münzbezeichnungen in der altfranzösischen Literatur. Strasbourg, 1914, pp.79-82.

MARC2, subst. masc.

A. − Résidu obtenu après pressurage de divers fruits. Marc de pommes, d'olives. On prépare l'eau distillée de framboises en distillant 10 livres de marc obtenu par l'expression du suc de framboises mûres (Kapeler, Caventou, Manuel pharm. et drog., t. 1, 1821, p. 240).Après une première pression le marc ou tourteau est broyé de nouveau et pressé. L'huile ainsi obtenue est moins pure (A. Wurtz, Dict. chim., t. 2 1ervol., 1873, p.43).
Marc de raisin, p. ell., marc. Eau de vie de marc. C'est un fagot de tiges d'asperges sauvages qu'on met dans la cuve, devant la bonde, pour que le marc ne bouche pas le robinet (Giono, Baumugnes, 1929, p. 109).
P. méton. Eau-de-vie obtenue en distillant du marc de raisin. Boire un verre de marc, du vieux marc, marc de Bourgogne. Colombel (...) commanda des tournées de marc et il les but la tête renversée, le gosier bouffant (Huysmans, Soeurs Vatard, 1879, p. 33).C'est un mélange (...) de prune et de marc, vieux de trois ans (Renard, Journal, 1901, p. 669).Verre de marc. Boire un petit marc. Deux voyageurs (alors...) S'arrêtèrent dans un buffet, dans une gare, (...) Burent sans trop compter, marcs, rhums, bitters, absinthes (Verlaine, Œuvres compl., t. 3, Invectives, 1896, p. 331).
B. − Résidu obtenu après décoction, infusion ou macération de diverses sustances. Marc de thé. On fait cuire cette racine dans l'huile d'olives, et après l'avoir fortement exprimé, on ramasse le marc ou sédiment qui se dépose, et on en fait des onctions (Geoffroy, Méd. pratique, 1800, p.438).
Marc de café, p. ell., marc. Il ne restait plus de café, elle dut se contenter de passer l'eau sur le marc de la veille (Zola, Germinal, 1885, p.1150).[Moyen de prédiction de l'avenir] Lire dans le marc de café. J'ai vu plus d'une fois dans du marc de café que nous devions finir ensemble (Mérimée, Carmen,1847, p. 64).Dans le cas des tarots ou du marc de café, c'est le patient lui-même, je veux dire le médium, qui se lit (Huygue, Dialog. avec visible,1955, p. 380).
Faire le marc de café (à qqn.). Prédire l'avenir (à quelqu'un) en lisant dans le marc de café. J'ai fait faire le marc de café à quelqu'un qui est venu me voir (...). Elle m'a vue sur mes deux jambes dans quelques mois (Goncourt, Soeur Philom.,1861, p. 151).
C. − Marc de soude. Résidu de la fabrication du carbonate de sodium. Le résidu insoluble qui reste dans les bassins de lixiviation (...) est désigné sous le nom de marc de soude ou de charrée de soude (A. Wurtz, Dict. chim.,t. 2, 2evol., 1876, p. 1586).
Prononc. et Orth.: [ma:ʀ]. ,,Sous l'influence de la graphie, à la pause finale``, prononc. [maʀk] (Buben 1935, § 194). Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1330 «résidu des fruits que l'on a pressés, foulés, dont on a extrait le jus, pour la fabrication de boissons» (Guillaume de Digulleville, Pèlerinage vie hum., 12046 ds T.-L.); b) 1793 eau-de-vie de marc «eau-de-vie faite avec du marc de raisin» (Cours complet d'agriculture... 4, 30 d'apr. FEW t. 16, p. 530b); 1879 marc «id.» (Huysmans Soeurs Vatard, p. 33); 2. 1755 «résidu d'une substance que l'on a fait infuser, bouillir, pour en extraire le principe» (Vadé, La Canadienne, 5 ds IGLF: on lisoit son destin dans du marc de caffé). Déverbal de marcher* «fouler, piétiner».
STAT.Marc1 et 2. Fréq. abs. littér.: 222. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 428, b) 127; xxes.: a) 318, b) 319.

Marc, subst. masc.,vieilli, var. Brunner le père fut obligé (...) de placer la fortune du jeune Fritz en beaucoup de marcs banco dans la maison Al-Sartchild (Balzac,Cous. Pons,1847, p.60).Le marc courant, monnaie réelle de Hambourg, vaut, ainsi que celui de Lubeck, 1 franc 53 centimes (Chesn.1857-58).

Wiktionnaire

Nom commun 1

marc \maʁ\ masculin

  1. Résidu obtenu après pressurage de divers fruits.
    • On fait encore en Bourgogne des eaux-de-vie avec les marcs du raisin. Cette eau-de-vie a toujours un goût d’empyreume, causé par une certaine quantité de marc ou de lie qui s’est attachée aux parois intérieures de l’alambic, et qui a été en partie décomposée par le calorique, […]. — (M. Salmon, Art de cultiver la vigne et de faire de bon vin, page 229, 1826)
    • On fait quelquefois de la piquette avec le marc définitif qu’on délaye dans un peu d’eau et qu’on soumet à une nouvelle pression. C’est un vin très-faible et qui s’aigrit facilement. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 135)
  2. (Par métonymie) Eau-de-vie obtenue en distillant du marc de raisin.
    • Boire un verre de marc de Bourgogne.
    • Le Grand Jules buvait un « café-marc » à la terrasse d’un bar, tout seul, en regardant l’avenue. — (Charles-Louis Philippe, Bubu de Montparnasse, 1901, réédition Garnier-Flammarion, page 101)
    • Elle se mit encore à boire des verres d’un marc bien raide qu’elle avalait d’un coup sec et qu’elle désignait d’un nom doux : un petit marc. Ils se suivaient à la file indienne comme des enfants qui jouent, elle les prenait et les poussait au fond d’elle-même par une rage d’étouffer tout ce qui pouvait y rester encore. — (Charles-Louis Philippe, Bubu de Montparnasse, 1901, réédition Garnier-Flammarion, pages 177-178)
    • C’étaient chaque jour des reproches, des menaces, des coups. Puis on se réconciliait autour de la bouteille de marc et l’on faisait sortir l’enfant. — (Marcel Arland, Terre natale, 1938, réédition Le Livre de Poche, page 74)
    • Lorsqu'il eut abandonné la massette, la grand-mère, qui le dorlotait, fit remarquer qu'il ne risquait plus de tomber d'un échafaudage, et affirma qu'un peu de marc, qui arrivait tout droit de la vigne, soutenait le cœur des vieillards, et ils prirent l'habitude de boire chaque soir, dans la tisane, une petite lumière d'alcool. — (Marcel Pagnol, Le temps des secrets, 1960, collection Le Livre de Poche, page 51)
    • Vous voudrez bien prendre un marc vraiment noble, un marc des tanneurs ? On le fait fermenter avec du cuir de vache dans le tonneau. — (Luis Sepúlveda, Le Monde du bout du monde, 1989 ; traduit de l’espagnol du Chili par François Maspero, 1993, p. 78)
  3. Résidu obtenu après décoction, infusion ou macération de diverses substances.
    • Marc de thé, de café, de soude (ou charrée de soude).
    • Il ne restait plus de café, elle dut se contenter de passer l’eau sur le marc de la veille.
    • On fait cuire cette racine dans l’huile d’olives, et après l’avoir fortement exprimé, on ramasse le marc ou sédiment qui se dépose, et on en fait des onctions.
    • Faire le marc de café c’est prédire l’avenir (à quelqu’un) en lisant dans le marc de café.
    • D’ailleurs il avait ses principes pour la préparation du café. Il n’utilisait pas le marc et versait l’eau bouillante goutte à goutte sur le café fraîchement moulu. L’opération est un peu plus longue, mais pour avoir de bonnes choses il faut prendre beaucoup de peine. — (Charles-Louis Philippe, Bubu de Montparnasse, 1901, réédition Garnier-Flammarion, page 113)

Nom commun 2

marc \maʁk\ masculin

  1. (Métrologie) Unité de mesure utilisée avant la réforme métrique pour peser les métaux précieux, et valant la moitié de la livre de Paris ou huit onces, soit 244,753 grammes.
    • Je suis raisonnable, répondit Front-de-Bœuf, et, si l’argent est rare, je ne refuse pas de l’or au taux d’un marc d’or pour chaque six livres d’argent, […]. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
  2. (Par métonymie) Poids matériel correspondant à cette unité.
    • Marc d’or, d’argent.
    • Il y a à la chapelle des saints Féréol et Ferrution deux statues, l’une de saint Jean-Baptiste, l’autre de saint Antoine, toutes d’or, pesant ensemble dix-sept marcs d’or et quinze estellins. — (Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831)
  3. Unité monétaire des pays germaniques valant cent pfennigs.
    • Trente marcs allemands.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MARC. (Dans ce mot et le suivant, le c ne se prononce pas.) n. m.
Ancienne mesure qui contenait environ deux cent cinquante grammes. Les ouvrages d'or et d'argent se vendaient au marc. Cent marcs de vaisselle d'argent. Au marc le franc, Manière de répartir ce qui doit être reçu ou payé par chacun, en proportion de sa créance ou de son intérêt dans une affaire. Les créanciers ont été payés au marc le franc. On disait autrefois Au marc la livre.

Littré (1872-1877)

MARC (mar ; le c ne se prononce et ne se lie jamais) s. m.
  • 1Poids de huit onces, qui sert à peser les matières d'or et d'argent. On prend tant par marc pour la façon de la vaisselle d'argent.
  • 2Le marc d'or, quantité d'or pesant un marc, et dont la valeur numéraire varie suivant les époques. Depuis 1456 jusqu'en 1461, année de la mort de Charles VII, le marc d'or valut cent livres, et le marc d'argent huit livres quinze sols, Duclos, Hist. Louis XI, Œuvres, t. V, p. 85.

    Le marc d'or, droit qu'on prélevait sur tous les offices de France à chaque changement de titulaire, et qui avait été établi par Henri III.

  • 3Marc d'argent, quantité d'argent pesant un marc, et variant de valeur suivant les époques. Il [Colbert] n'avait poussé la valeur numéraire du marc d'argent, de vingt-six francs où il l'avait trouvée, qu'à vingt-sept et à vingt-huit ; et après lui dans les dernières années de Louis XIV, on étendit cette dénomination jusqu'à quarante livres idéales ; ressource fatale par laquelle le roi était soulagé un moment pour être ruiné ensuite ; car, au lieu d'un marc d'argent, on ne lui donnait presque plus que la moitié ; celui qui devait vingt-six livres en 1668, donnait un marc ; et celui qui devait quarante livres ne donnait qu'à peu près ce même marc en 1710, Voltaire, Louis XIV, 30. Il est clair que Philippe Auguste fut le plus puissant prince de son temps, si, indépendamment des pierreries qu'il laissa, les sommes spécifiées dans son testament montent à près de neuf cent mille marcs d'argent de huit onces, qui valent à présent environ quarante-neuf millions de notre monnaie, à cinquante-quatre livres dix-neuf sols le marc d'argent fin, Voltaire, Mœurs, 51. Il [Pierre le Grand] n'a jamais eu vingt-quatre millions de revenu, à compter le marc à près de cinquante livres, comme nous faisons aujourd'hui et comme nous ne ferons peut-être pas demain, Voltaire, Charles XII, 1.

    Marc d'argent, droit que les notaires payaient au roi, en pays de droit écrit, pour le joyeux avènement à la couronne.

  • 4Poids de marc, huit onces ou la moitié de la livre de Paris, telle qu'elle existait avant le système décimal. J'ai acheté trois livres de cette marchandise, poids de marc (c'est-à-dire au poids de l'ancienne livre de Paris).
  • 5Au marc la livre, manière de répartir proportionnellement une somme quelconque, en remettant à chacun ou faisant fournir par chacun une part déterminée par la somme totale afférente à chacun ; c'est ce qu'on nomme aujourd'hui au marc le franc, et, mieux, au centime le franc. Ordonnons que toutes blanches monnaies… des-ores-en-avant soient abattues du tout, et n'aient nul cours pour quelque prix que ce soit, fors au marc pour billon, Ordonn. juin 1613.

    Au marc la livre a été employé primitivement en parlant des poids appelés marc et livre, puis transporté aux monnaies par confusion du mot livre, Legoarant La locution, comme le montre l'exemple de Beaumanoir, est une altération de au marc ou à la livre.

HISTORIQUE

XIe s. Li burgeis qi ad en soun propre chatel [bien, avoir] demi marc vailant, Lois de Guill. 18.

XIIIe s. Quant li mars d'or sera vendus XX libres…, Comput, f. 23. [La couronne] Cent mile mars valoit et plus, à droite vente, Berte, X. Et puis doit on regarder combien il converroit paier à cascun au marc ou à le [la] livre, Beaumanoir, XXI, 26.

XIVe s. Si come seroit la loy de racheter chescun qui est pris en guerre pour un marc ou autre pris, Oresme, Eth. 156.

XVIe s. Par quoi, point ne le faut celer ; J'en ay le marc, si vous en avez l'once, Les marguer. de la marguer. f° 381, dans LACURNE. Fiens de chien et marc d'argent seront tout un au jour du jugement, Cotgrave

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. MARC. Ajoutez :
6Unité de monnaie allemande, valant 1 fr. 23. La pièce d'argent de 1 marc vaut, au pair, 1 fr. 11.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MARC, Evangile de S. ou selon S. (Théol.) histoire de la vie, de la prédication, & des miracles de Jésus-Christ, composée par S. Marc, disciple & interprete de S. Pierre, & l’un des quatre évangélistes. C’est un des livres canoniques du nouveau Testament, également reconnu pour tel par les Catholiques & par les Protestans.

On croit communément que S. Pierre étant allé à Rome vers l’an de Jésus-Christ 44, S. Marc l’y accompagna, & écrivit son évangile à la priere des fideles qui lui demanderent qu’il leur donnât par écrit ce qu’il avoit appris de la bouche de S. Pierre. On ajoûte que ce chef des apôtres approuva l’entreprise de S. Marc, & donna son évangile à lire dans les églises comme un ouvrage authentique. Tertullien, liv. IV. contra Marcion. attribue cet évangile à S. Pierre ; & l’auteur de la synopse attribuée à S. Athanase veut que cet apôtre l’ait dicté à S. Marc. Eutyche, patriarche d’Alexandrie, avance que S. Pierre l’écrivit ; & quelques-uns cités dans S. Chrysostome (homil. j. in Matth.) croient que S. Marc l’écrivit en Egypte : d’autres prétendent qu’il ne l’écrivit qu’après la mort de S. Pierre. Toutes ces diversités d’opinions prouvent assez qu’il n’y a rien de bien certain sur le tems ni sur le lieu où S. Marc composa son évangile.

On est aussi fort partagé sur la langue dans laquelle il a été écrit, les uns soutenant qu’il a été composé en grec, & les autres en latin. Les anciens & la plûpart des modernes tiennent pour le grec, qui passe encore à-présent pour l’original de S. Marc ; mais quelques exemplaires grecs manuscrits de cet évangile portent qu’il fut écrit en latin ; le syriaque & l’arabe le portent de même. Il étoit convenable qu’étant à Rome & écrivant pour les Romains, il écrivit en leur langue. Baronius & Selden se sont déclarés pour ce sentiment qui au reste est peu suivi. On montre à Venise quelques cahiers que l’on prétend être l’original de la main de S. Marc. Si ce fait étoit certain, & que l’on pût lire le manuscrit, la question seroit bientôt décidée ; mais on doute que ce soit le véritable original de S. Marc ; & il est tellement gâté de vétusté, qu’à peine peut-on discerner une seule lettre. Entre les auteurs qui en ont parlé, dom Bernard de Montfaucon qui l’a vu, dit dans son voyage d’Italie, chap. iv. page 55. qu’il est écrit en latin ; & il avoue qu’il n’a jamais vû de si ancien manuscrit. Il est écrit sur du papier d’Egypte beaucoup plus mince & plus délicat que celui qu’on voit en différens endroits. Le même auteur, dans son antiquité expliquée, liv. XIII. croit qu’on ne hasarde guere en disant que ce manuscrit est pour le plus tard du quatrieme siecle. Il fut mis en 1564 dans un caveau dont la voûte même est dans les marées plus basse que la mer voisine, de-là vient que l’eau dégoutte perpétuellement sur ceux que la curiosité y amene. On pouvoit encore le lire quand il y fut déposé. Cependant un auteur qui l’avoit vû avant le P. de Montfaucon, croyoit y avoir remarqué des caracteres grecs.

Quelques anciens hérétiques, au rapport de S. Irénée (lib. III. cap. ij.), ne recevoient que le seul évangile de S. Marc. D’autres parmi les Catholiques rejettoient, si l’on en croit S. Jérome & S. Grégoire de Nysse, les douze derniers versets de son évangile depuis le vers. 9. surgens autem manè, &c. jusqu’à la fin du livre, apparemment parce que S. Marc en cet endroit leur paroissoit trop opposé à S. Matthieu, & qu’il y rapportoit des circonstances qu’ils croyoient opposées aux autres évangélistes. Les anciens peres, les anciennes versions orientales, & presque tous les anciens exemplaires, tant imprimés que manuscrits grecs & latins, lisent ces douze derniers versets, & les reconnoissent pour authentiques, aussi-bien que le reste de l’évangile de S. Marc.

Enfin en confrontant S. Marc avec S. Matthieu, il paroît que le premier a abrégé l’ouvrage du second ; il emploie souvent les mêmes termes, rapporte les mêmes circonstances, & ajoûte quelquefois des particularités qui donnent un grand jour au texte de S. Matthieu. Il rapporte cependant deux ou trois miracles qui ne se trouvent point dans celui-ci, & ne se conforme pas toûjours à l’ordre de sa narration, surtout depuis le chap. iv. vers. 12 jusqu’au chap. xiv. vers. 13. de S. Matthieu, s’attachant plus dans cet intervalle à celle de S. Luc. Calmet, dictionn. de la bibl. tom. II. pp. 616 & 617. (G)

Marc, (Hist. ecclés.) chanoines de S. Marc, congrégation de chanoines réguliers fondés à Mantoue par Albert Spinola, prêtre qui vivoit vers la fin du douzieme siecle. Voyez Chanoine.

Spinola leur donna une regle qui fut successivement approuvée & corrigée par différens papes. Vers l’an 1450, ils ne suivirent plus que la regle de S. Augustin.

Cette congrégation qui étoit composée d’environ dix-huit ou vingt maisons d’hommes & de quelques-unes de filles dans la Lombardie & dans l’état de Venise, après avoir fleuri pendant près de quatre cens ans, diminua peu-à-peu, & se trouva réduite à deux couvons où la régularité n’étoit pas même observée. Celui de S. Marc de Mantoue, qui étoit le chef-d’ordre, fut donné l’an 1584, du consentement du pape Grégoire XIII. aux Camaldules, par Guillaume Duc de Mantoue, & cette congregation finit alors. Voyez Camaldule.

Ordre de S. Marc est l’ordre de la chevalerie de la république de Venise, qui est sous la protection de S. Marc l’évangéliste ; les armes de cet ordre sont un lion aîlé de gueule, avec cette devise, pax tibi Marce evangelista. On le donne à ceux qui ont rendu de grands services à la république, comme dans les ambassades, & ceux-là reçoivent ce titre du sénat même. Ils ont le privilége de porter la stole d’or aux jours de céremonie, & un galon d’or sur la stole noire qu’ils portent ordinairement. Ceux à qui on le donne comme récompense de la valeur ou du mérite littéraire, le reçoivent des mains du doge, & portent pour marque de chevalerie une chaîne d’or, d’où pend le lion de S. Marc dans une croix d’or. Le doge crée quand il lui plaît des chevaliers de cette seconde espece, qu’on regarde comme fort inférieurs à ceux de la premiere.

Marc, (Commerce.) poids dont on se sert en France & en plusieurs états de l’Europe, pour peser diverses sortes de marchandises, & particulierement l’or & l’argent : c’est principalement dans les hôtels des monnoies & chez les marchands qui ne vendent que des choses précieuses ou de petit volume, que se marc & ses divisions sont en usage. Avant le regne de Philippe premier, l’on ne se servoit en France, sur-tout dans les monnoies, que de la livre de poids composée de douze onces. Sous ce prince, environ vers l’an 1080, on introduisit dans le commerce & dans la monnoie le poids de marc, dont il y eut d’abord de diverses sortes, comme le marc de Troyes, le marc de Limoges, celui de Tours, & celui de la Rochelle, tous quatre différens entre eux de quelques deniers. Enfin ces marcs furent réduits au poids de marc, sur le pié qu’il est aujourd’hui.

Le marc est divisé en 8 onces, ou 64 gros 192 deniers, ou 160 esterlins, ou 300 mailles, ou 140 felins, ou 4608 grains.

Ses subdivisions sont chaque once en 8 gros, 24 deniers, 20 esterlins, 40 mailles, 80 selins, & 576 grains ; le gros en 3 deniers, 2 esterlins & demi, 5 mailles, 10 felins, 72 grains ; le denier en 24 grains, l’esterlin en 28 grains, quatre cinquiemes de grain. Le felin en 7 grains 1 cinquieme de grain ; enfin le grain en demi, en quart, en huitieme, &c. Toutes ces diminutions sont expliquées plus amplement à leur propre article. Il y a à Paris dans le cabinet de la cour des monnoies un poids de marc original gardé sous trois clés, dont l’une est entre les mains du premier président de cette cour, l’autre en celle du conseiller commis à l’instruction & jugement des monnoies, & la troisieme entre les mains du greffier. C’est sur ce poids que celui du châtelet fut étalonné en 1494, en conséquence d’un arrêt du parlement du 6 Mai de la même année : & c’est encore sur ce même poids que les Changeurs & Orfevres, les gardes des Apoticaires & Epiciers, les Balanciers, les Fondeurs, enfin tous les marchands & autres qui pesent au poids de marc sont obligés de faire étalonner ceux dont ils se servent. Tous les autres hôtels des monnoies de France ont aussi dans leurs greffes un marc original mais vérifié sur l’étalon du cabinet de la cour des monnoies de Paris. Il sert à étalonner tous les poids dans l’étendue de ces monnoies. A Lyon on dit échantiller, & en Bourgogne égantiller, au lieu d’étalonner. Voyez Etalon & Etalonner. Louis XIV. ayant souhaité que le poids de marc dont on se servoit dans les pays conquis fût égal à celui du reste du royaume, envoya en 1686 le sieur de Chaffebras, député & commissaire pour cet établissement. Les anciens étalons qu’on nommoit dormans, lui ayant été représentés, comme il paroît par son procès-verbal, & ayant été trouvés dans quelques lieux plus forts & dans d’autres plus foibles que ceux de France, furent déformés & brisés, & d’autres établis en leur place, pour être gardés à la monnoie de Lille, & y avoir recours à la maniere observée dans les autres hôtels des monnoies du royaume. Ces nouveaux étalons sont époinçonnés & marqués de L couronnée de la couronne impériale de France, & continuent d’y être appellés poids dormans, comme les anciens, qui avoient pour marque un soleil, au-dessus duquel étoit une fleur-de-lis. En Hollande, particulierement à Amsterdam, le poids de marc se nomme poids de troy, il est égal à celui de Paris. Voyez Poids. Voyez aussi Livre. On appelle en Angleterre un marc les deux tiers d’une livre sterling. Sur ce pié les mille marc font six cens soixante-six & deux tiers de livre sterling. Voyez Livre, où il est parlé de la monnoie de compte. L’or & l’argent se vendent au marc, comme on l’a dit ci-dessus ; alors le marc d’or se divise en vingt-quatre karats, le karat en huit deniers, le denier en vingt-quatre grains, & le grain en vingt-quatre primes. Autrefois on contractoit en France au marc d’or & d’argent, c’est-à-dire qu’on ne comptoit point les especes dans les grands payemens, pour les ventes & pour les achats, mais qu’on les donnoit & recevoit au poids du marc. Avant les fréquens changemens arrivés dans les monnoies de France sous le regne de Louis XIV. on faisoit quelque chose de semblable dans les caisses considérables, où les sacs de mille livres en écus blancs de trois livres piece ne se comptoient pas, mais se donnoient au poids.

Lorsque dans une faillite ou abandonnement de biens l’on dit que des créanciers seront payés au marc la livre, cela doit s’entendre qu’ils viennent à contribution entre eux sur les effets mobiliers du débiteur, chacun à proportion de ce qui lui peut être dû : c’est ce qu’on appelle ordinairement contribution au sol la livre.

Marc s’entend aussi d’un poids de cuivre composé de plusieurs autres poids emboîtés les uns dans les autres, qui tous ensemble ne font que le marc, c’est-à-dire huit onces, mais qui séparés servent à peser jusqu’aux plus petites diminutions du marc. Ces parties du marc faites en forme de gobelets sont au nombre de huit, y compris la boîte qui les enferme tous, & qui se ferme avec une espece de mentonniere à ressort attachée au couvercle avec une charniere. Ces huit poids vont toûjours en diminuant, à commencer par cette boîte qui toute seule pese quatre onces, c’est-à-dire autant que les sept autres ; le second est de deux onces & pese autant que les six autres ; ce qui doit s’entendre, sans qu’on le répete, de toutes les diminutions suivantes hors les deux derniers ; le troisieme pese une once, le quatrieme une demi-once ou quatre gros, enfin le septieme & le huitieme qui sont égaux, chacun un demi-gros, c’est-à-dire un denier & demi ou trente-six grains, à compter le gros à trois deniers & le denier vingt-quatre grains. Voyez les Pl. du Balancier.

Ces sortes de poids de marc par diminution se firent tout fabriqués de Nuremberg ; mais les Balanciers de Paris & des autres villes de France qui les font venir pour les vendre, les rectifient & ajustent en les faisant vérifier & étalonner sur le marc original & ses diminutions, gardés, comme on l’a dit, dans les hôtels des monnoies. Dictionnaire de Commerce. (G)

Marc, (Balancier.) On appelle un marc une boite de cuivre en forme de cone tronqué : voici les noms des pieces qui le composent. 1°. La poche est dans quoi sont renfermés tous les autres poids, dont il est composé ; 2°. le dessus qui sert pour fermer les poids dans la poche ; 3°. deux charnieres, une de devant, & l’autre de derriere qui sert à tenir le marc fermé. Les deux marottes ou les piliers, sont deux petites figures ou piliers où l’anse est ajustée ; 4°. l’anse.

Dans la poche sont les différens poids dont il est composé ; supposons-en un de trente-deux marcs, la poche avec son tour garni, pese seize marcs ; le plus gros des poids de dedans, en pese huit ; le second, pese quatre marcs ; le troisieme, deux marcs ; le quatrieme, un marc ; le cinquieme, pese huit onces ; le sixieme, quatre onces ; le septieme, deux onces : le huitieme, une once ; le neuvieme, quatre gros ; le dixieme, deux gros ; le onzieme, un gros ; le douzieme & treizieme, chacun un demi-gros, qui sont les derniers poids d’un marc.

Le Balancier vend aussi les poids de fer, dont le plus fort est le poids de 50 liv. les autres au-dessous, sont 25 liv. 12 liv. 6 liv. 4 liv. 2 liv. 1 liv. demi-livre ; un quarteron & demi-quarteron, qui est le plus petit de ces sortes de poids.

Marc, (Econ. rustiq.) se dit de ce qui reste du raisin, quand il a été pressuré ; il se peut dire encore du verjus, du houblon, des pommes, des poires, & des olives, quand ces fruits ont rendu la liqueur qu’ils contenoient.

Ce marc n’est point inutile, il entre dans la composition des terres pour les orangers, & est encore propre à améliorer les terres grasses ou humides, dont les parties peu volatiles fixent les principes trop exaltés du marc.

Marc d’Apalache, saint (Géog.) baie, riviere & fort de l’Amerique dans la Floride Espagnole, lat. 30. 25.

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Étymologie de « marc »

(Nom 1) (1330) De l’ancien français marcher (« fouler, piétiner »).
(Nom 2) (1130) De l’ancien français mark (quantité d’or, d’argent, pesant huit onces, issu du sens « marque, signe » par l’intermédiaire de celui de « lingot de métal muni d’une marque officielle »), provenant du latin médiéval marca (limite) attesté depuis le IXe siècle.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Prov. marc ; esp. et ital. marco ; bas-lat. marka ; de l'anc. haut allem. marc, marque, signe.

ÉTYMOLOGIE

Ajoutez : D'après les Édits, etc. sur les monnaies, t. VI, f° 160 (Archives des finances), marc vient de l'allem. Mark, marche, frontière, parce que, les foires se tenant souvent sur les frontières, les marchands donnèrent à ce poids, fort usité dans les transactions, le nom de poids de mark ou de frontière.

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Phonétique du mot « marc »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
marc mar

Citations contenant le mot « marc »

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Traductions du mot « marc »

Langue Traduction
Anglais marc
Espagnol bagazo
Italien marc
Allemand marc
Chinois 马克
Arabe مارك
Portugais marca
Russe марк
Japonais マーク
Basque marc
Corse marcà
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Synonymes de « marc »

Source : synonymes de marc sur lebonsynonyme.fr
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